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14/09/2014

100 000 enfants pauvres ont été placés de force en Suisse jusqu'en 1981 : ils parlent de leur souffrance

placementdeforceensuisse.jpgLe 31 mars 2014 devant le Palais fédéral à Berne, un groupe d’anciennes victimes ou de leurs descendants ont lancé officiellement la campagne de signatures pour l’initiative populaire demandant la création d’un fonds de réparation.

Jusqu’en 1981 en Suisse, 100 000 enfants de la pauvreté ont été placés de force dans des familles ou des institutions. De plus en plus de victimes franchissent le mur de la honte pour demander reconnaissance et réparation. Rencontres avec notre partenaire swissinfo.ch.

Sources : Rue89 et Swissinfo

11:14 Écrit par collectif a & a dans Abandon, Appel, Maltraitance, Protection de l'enfance | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : suisse | |  del.icio.us

21/02/2014

Les enfants de la Réunion. Une reconnaissance tardive

Du début des années 1960 au début des années 1980, l’État français a organisé la déportation de 1 600 enfants réunionnais (orphelins ou présumés abandonnés) vers la métropole. On leur promettait qu’ils pourraient y faire des études puis s’en retourner vers leur pays natal. Mais, arrachés brutalement à leur environnement, ils furent placés en foyer ou en famille d’accueil dans des conditions souvent indignes, voire utilisés comme main d’œuvre agricole gratuite, dans les champs de la Creuse et d’ailleurs.

Les députés voteront sans doute une motion reconnaissant la responsabilité de l’État français dans cette maltraitance.  Une reconnaissance bien tardive, et dont il est affirmé d’avance qu’elle n’ouvrira droit à aucune réparation !

Source : L’exil forcé des enfants de la Réunion


- Les «enfances perdues» de l’Australie et de la Réunion.
Entretien avec Ivan Jablonka.


- J’ai le sentiment que mes origines n’ont pas été respectées. Du coup, j’ai eu beaucoup de mal à me projeter dans le futur.
Témoignage de Marie-Thérèse Gasp, aussi connue sous le nom de Dominique Foucher.



11/09/2013

Sur internet, des parents américains échangent leur enfant adopté

The_child_exchange.JPG

Reuters révèle l'existence d'un réseau de groupes Yahoo! et Facebook dédiés à l'échange d'enfants aux Etats-Unis.
 

De plus en plus de parents américains proposent sur les réseaux sociaux des enfants qu’ils ont adoptés mais dont, quelques années après, ils ne veulent plus. Cette pratique, facilitée par la législation américaine, ouvre la porte à toutes sortes d’abus.

Le « re-homing », soit une adoption dite de « seconde mains » a fait son apparition aux États-Unis. Des parents proposent sur internet leur enfant adopté dont ils ne veulent plus. Il peut alors être à nouveau adopté par n’importe qui et sans aucun contrôle.

« Nous avons adopté une petite Chinoise de 8 ans. Malheureusement, après cinq jours à la maison, le courant ne passe pas. Cela intéresse quelqu’un ? » Cela ressemble à une annonce pour se débarrasser d’un animal devenu encombrant, et pourtant il s’agit bien d’une petite fille. Une petite fille qui quelques jours seulement après avoir été adoptée est déjà proposée au tout-venant. Aussi choquant que cela puisse paraître, cela n’a rien d’une exception comme le démontre une enquête de 18 mois de l’agence Reuters.


Enfant adopté à donner

Des annonces comme celles-là, Reuters en a découvert plus de 5000 sur le net. Elles ont été publiées sur des groupes Yahoo ou Facebook par des parents voulant se débarrasser d’enfants qu’ils avaient adoptés peu de temps auparavant. La plupart sont âgés de 6 à 14 ans et viennent de pays comme la Russie, la Chine, L’Éthiopie ou l’Ukraine.

 Après avoir été informé de l’existence de ces groupes de don d’enfant sur son site, Yahoo les a immédiatement supprimés. Facebook lui a refusé. La porte-parole du réseau social s’est justifiée en expliquant qu’« Internet est le reflet de notre société. Les gens utilisent toutes sortes de moyens de communication pour aborder toutes sortes de problèmes, y compris les plus compliqués comme c’est le cas ici ». Ce groupe, appelé « Way stations of Love » est toujours actif, mais est désormais privé. Il est donc impossible d’y accéder sans y être invité par un membre.

Des enfants à maltraiter ?

L’enquête de Reuters montre que, souvent, ces enfants « à donner » sont maltraités dans leur nouvelle famille. « Ils n’ont pas été élevés par leurs parents biologiques et ont été envoyés dans un pays qu’ils ne connaissent pas, parfois sans même parler l’anglais » explique Michael Seto, un Canadien expert dans les cas d’abus sexuel sur les enfants. « Ils sont une proie facile particulièrement susceptible d’être exploitée».

C’est notamment le cas de Quita, une adolescente de 16 ans originaire du Liberia. Elle a été adoptée par une famille américaine avant d’être refourguée par petite annonce dans la famille Eason. Problème : Nicole Eason a perdu la garde de son propre bébé à cause de « problèmes psychiatriques sévères et de tendances à la violence ». Quelque temps auparavant elle avait également été accusée d’abus sexuels sur des enfants dont elle s’occupait comme baby-sitter. Pas vraiment le profil de rêve pour une nouvelle maman.
Se débarrasser d’un enfant est très facile aux USA

Selon les lois américaines, une simple procuration permet aux parents de confier la garde de leur enfant à un autre adulte. Si à l’origine cette procédure a été mise en place pour des situations temporaires - comme c’est le cas quand un enfant est confié à un proche en cas d’absence des parents - elle est désormais aussi utilisée pour transférer des enfants adoptés chez de parfaits inconnus. Personne ne vérifie chez qui va l’enfant et les autorités de protection de l’enfance n’enquêtent pas sur le nouveau foyer à moins que ce dernier change d’État. Mais là aussi, rien dans la loi n’oblige les parents à le signaler.

Selon une estimation du gouvernement entre 10 à 25 % des adoptions internes au pays échouent. « Si l’on applique ce pourcentage aux adoptions d’enfant étranger, 24 000 enfants ne seraient plus élevés par les parents qui les ont adoptés initialement ». Les experts ajoutent que ce pourcentage pourrait se révéler plus important encore à cause du manque de soutien accordé aux parents adoptifs.

Sources : RTBF - Le Vif




13/06/2012

L'ONU s'inquiète de la multiplication des "boîtes à bébés" en Europe.

babybox.jpgL'ONU s'inquiète de plus en plus de la progression du nombre de «baby boxes» (boîtes à bébé), où les parents peuvent anonymement abandonner leur enfant, estimant que cette pratique «va à l'encontre du droit de l'enfant à ce que son ou ses parents le connaissent et s'occupent de lui», rapporte le Guardian.

On les trouve à l'entrée des hôpitaux, sur le parvis des mairies, à proximité des églises ou dans des rues très fréquentées. De loin, elles ressemblent à de larges coffre-forts vitrés, souvent peints en jaune vif. A l'intérieur, un lit autochauffant, une caméra, et un signal d'alarme relié au centre de soins le plus proche. Sur la porte, un mode d'emploi rudimentaire indique comment ouvrir le coffre, y déposer son bébé, puis le refermer.

Au Moyen-Age, on les appelait les "tours d'abandon". Aujourd'hui, les "boîtes à bébé". Destinées aux parents en détresse qui veulent abandonner leur nouveau-né dans l'anonymat absolu, ces boîtes se multiplient en Europe, à tel point que les Nations unies tirent la sonnette d'alarme.

11 PAYS EUROPEENS CONCERNÉS

Le système avait pourtant disparu depuis plus d'un siècle en Europe. Mais la médiatisation de faits divers glaçants, comme l'abandon de nouveaux-nés dans des poubelles, a remis au goût du jour cette pratique qui semblait d'un autre temps. L'Allemagne a été la première à réintroduire le mécanisme en avril 2000. Depuis, dix autres pays européens l'ont adopté, comme l'Italie, la Suisse ou encore la Pologne. Aujourd'hui, plusieurs centaines de "boîtes à bébé" sont installées sur le Vieux continent.

Le fonctionnement est simple. Dans la plupart des pays qui utilisent ce système, le parent qui abandonne anonymement son enfant dans une de ces "boîtes" a huit semaines pour revenir sur sa décision. Les services hospitaliers vérifient son identité grâce aux empreintes digitales prélevées sur le nouveau-né au moment où il est récupéré. Passé ce délai, une procédure d'adoption classique est enclenchée, tandis que l'Etat devient légalement responsable de l'enfant.

VIOLATION DU DROIT D'UN ENFANT DE CONNAÎTRE SES PARENTS

S'il semble progressivement être entré dans les mœurs, un tel système n'en est pas moins controversé, tant au point de vue éthique que légal. Les défenseurs de cette pratique sont souvent les mêmes qui militent contre l'avortement. Différents groupes religieux ou partis politiques de droite affirment ainsi que le dispositif "protège le droit d'un enfant à la vie" et sauve "des centaines de nourrissons". Depuis 2000, près de 400 enfants auraient été ainsi abandonnés.

Mais les Nations unies ont exprimé à plusieurs reprises leur inquiétude grandissante sur le système, car il viole le droit fondamental d'un enfant de connaître ses parents. Le comité chargé de contrôler l'application de la Convention internationale des droits de l'enfant estime en effet que ces "boîtes à bébés" vont "à l'encontre du droit de l'enfant à ce que son ou ses parents le connaissent et s'occupent de lui".

La Convention relative aux droits de l'enfant précise en effet que tout enfant a "dans la mesure du possible, le droit de connaître ses parents et d'être élevé par eux". En outre, elle stipule que "si un enfant est illégalement privé des éléments constitutifs de son identité ou de certains d'entre eux, les Etats parties doivent lui accorder une assistance et une protection appropriées, pour que son identité soit rétablie aussi rapidement que possible". Or les bébés récupérés grâce à ces "boîtes" ne peuvent avoir accès, une fois adultes, à l'identité de leurs parents.

Dans les faits, le système soulève également de nombreuses interrogations. Un chercheur de l'université de Nottingham, Kevin Browne, a étudié pendant deux ans le phénomène. Cité par Le Guardian, il affirme que "ce sont fréquemment des hommes ou des proches qui abandonnent l'enfant, ce qui pose des questions sur la situation de la mère, et sur son consentement à cet abandon". Le caractère anonyme de l'abandon empêche également le déclenchement de tout accompagnement du parent, et annihile toute "chance pour l'enfant d'être élevé par d'autres membres de sa famille".

LÉGISLATIONS DIVERSES

Dans la plupart des pays européens qui les ont mises en place, les "boîtes à bébé" viennent pallier une absence ou un flou de la législation sur le droit d'abandonner un enfant, voire sur le droit à l'avortement. Presque toujours illégal, l'abandon d'enfant n'en est pas moins une réalité avec laquelle les Etats doivent composer.

En France, la question ne se pose pas. Une femme a en effet le droit "d'accoucher sous X", ce qui lui permet d'abandonner son bébé juste après l'accouchement. L'enfant ainsi né, lorsqu'il atteint "l'âge de discernement" et avec "l'accord de ses représentants légaux", peut avoir accès aux informations laissées par ses parents à la naissance. Mais le système ne fait pas non plus l'unanimité, et nombreux sont ceux qui réclament sa suppression.

Source : Slate, Le Monde, La Libre Belgique

 

18/02/2012

Les troubles de l’attachement chez les enfants abandonnés

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Comment rescaper un enfant maltraité, abandonné par ses parents? C'est le rôle, la mission de la Direction de la protection de la Jeunesse. La DPJ est souvent critiquée. Sa mission est délicate. Nos collègues de l'émission Enquête ont eu accès au quotidien de ces enfants parmi les plus vulnérables de notre société et qui sont sous la responsabilité de la Protection de la jeunesse reçoivent-ils toujours les soins, les traitements auxquels ils auraient droit?

Sébestien Bovet en discute avec Dr Yvon Gauthier de Ste-Justine, qui s'est occupé toute sa vie des enfants en protection et s’est occupé de la clinique de l'attachement.


Source : Radio Canada | 17.02.2012

 

En savoir plus sur les troubles de l'attachement.

13/02/2012

Haïti - Social : 154 000 euros pour lutter contre l’abandon des enfants haïtiens

enfant haiti abandon.jpgA l’initiative de l’Ambassade de France en Haïti, le Service de l’Adoption Internationale (SAI), en partenariat avec l’Unicef, le Secours Islamique Français (SAI) et l’organisation IRN, a cofinancé à hauteur de 154 000 euros, un projet de lutte contre l’abandon des enfants de la commune de Tabarre.


Cette initiative comprend trois volets principaux :

- Appui technique et financier pour 166 familles identifiées
- Sensibilisation et communication autour de la question de l’abandon des enfants
- Formations pour le personnel des orphelinats de la commune.

Ce projet conçu et mené en partenariat avec l’Unicef, le Secours Islamique Français et la VAI ("Peace Corps à la française" créé par Rama Yade) en poste à l’Ambassade, chargée des questions de protection de l’enfance, permettra la prise en charge de plus de 300 enfants, sur une période de 9 mois. Le budget total de ce projet s’élève à 329 500 euros.

Source : HaïtiLibre 

Haïti met de l’ordre dans ses règles d’adoption

. Haïti, qui compte ratifier la convention de La Haye, entend interdire les adoptions individuelles.
. D’autres pays ont également durci leurs règles dans ce domaine, entraînant une baisse des adoptions internationales en France.

En 2011, seuls 34 petits Haïtiens ont été adoptés par des Français. L’île est pourtant un des pays favoris des adoptants. Il y a eu 653 adoptions en 2009, et environ 1 000 en 2010, à la suite du séisme.

Cette baisse s’explique en partie par la suspension des procédures d’adoption dans le courant de l’année 2010. Dans le chaos post-séisme, certaines de ces adoptions étaient en effet au centre d’un business lucratif qui échappait aux autorités.

Près de deux ans après la catastrophe, les dossiers d’adoption ont été rouverts le 23 décembre dernier. Avec un changement majeur : Haïti souhaite désormais durcir ses règles en la matière.

 « Ce qui s’est passé après le séisme a entraîné une prise de conscience. Les Haïtiens se sont rendu compte qu’il fallait que les procédures d’adoption soient plus transparentes »,  explique Thierry Frayssé, ambassadeur chargé de l’adoption internationale.

En mars 2011, Haïti a donc signé la convention de La Haye de 1993 sur la protection des enfants. Sa ratification par le Parlement de l’île devrait avoir lieu prochainement et une modernisation de la législation est en cours.

 « Cela permettra une meilleure sûreté juridique des adoptions, car tous les candidats adoptants devront passer par une agence officielle » , résume Thierry Frayssé. Les adoptions individuelles (les adoptants contactent directement les crèches et les autorités), majoritaires jusqu’à présent, seront notamment interdites. « Elles encouragent une logique contraire à l’intérêt des enfants, puisque la demande est à l’origine de l’offre »,  explique Didier Le Bret, ambassadeur de France en Haïti.

VÉRIFIER LE CONSENTEMENT DES PARENTS

Les autorités souhaitent également mieux vérifier le consentement des parents ayant placé leur enfant à l’adoption. « Ils ne réalisent souvent pas la portée de leur décision ou agissent pour des raisons économiques »,  rapporte Didier Le Bret.

L’adoption internationale ne sera par ailleurs envisagée qu’en dernier recours.  Mécaniquement, si Haïti se dote des moyens de ses ambitions, il devrait donc y avoir moins d’enfants adoptables.

Le même phénomène est constaté dans d’autres pays. Depuis quelques années, plusieurs États ont ratifié la convention de La Haye et interdisent l’adoption individuelle, la plus courante.

Parmi eux, le Guatemala (2003), la Chine (2006), le Mali (2006), le Vietnam (2011), qui font partie des dix pays où les Français adoptent le plus. Avec le durcissement des règles, les possibilités d’adoption ont diminué dans certains pays et, par report, les procédures se sont rallongées dans d’autres.

Résultat : depuis 2005, année record avec 4 136 enfants adoptés, le nombre d’adoptions internationales a été divisé par deux en France. L’année dernière, 1 995 enfants étrangers y ont été accueillis, contre 3 500 en 2010 et environ 3 000 en 2009. « À long terme, seule l’amélioration des  conditions de vie de la population aura une incidence réelle sur le nombre des enfants adoptables »,  rappelle Didier Le Bret.

Source: La Croix

09:44 Écrit par collectif a & a dans Abandon, Protection de l'enfance | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us

21/04/2011

Le double abandon d'Addis, petite Ethiopienne

RUE89.jpgAddis a débarqué en France un matin de printemps. Dans l'après-midi, elle est arrivée dans l'un des chefs-lieux du Berry. Elle a dû s'interroger sur le pourquoi de sa présence dans ce pays inconnu. Addis avait 9 ans. J'ai fait sa connaissance car je parle sa langue natale et que les services sociaux m'ont demandé de servir d'interprète.
 
Les odeurs, les épices de Bahar Dar, la deuxième ville du pays, des « visages brûlées » lui manquent, les couleurs des vêtements des religieux éthiopiens se sont envolés. Les pélicans et ce lac, un des plus grands d'Afrique, riche en îles avec ses monastères à l'architecture circulaire, ces barques en papyrus qui ne tiennent que quinze jours ne seront plus là pour distraire son regard.
 
Le Lac Tana au bord duquel elle a grandi est à plus de 5 000 kilomètres. Addis le verra-t-elle à nouveau ?
 

Ces nouveaux parents avaient-ils la force de l'accueillir ?
 
Quand quelques mois auparavant, elle a vu cette femme et cet homme à la couleur blanche dans l'orphelinat, elle a eu un mouvement de retrait, voire de peur alors que ces Européens venaient de faire la longue démarche de l'adoption internationale.
 
Malgré ce qu'elle avait vécu de drames familiaux – orpheline, elle avait été recueillie par une tante dont le mari violent la rejetait –, elle n'était pas sûre que son avenir était loin de là, de chez elle.
 
Ces « ferendji » (étrangers blancs) se voulaient ses nouveaux parents, mais avaient-ils la capacité d'accueillir Addis avec son vécu, ses fragilités, que possède tout être humain déraciné ?
 
Etranges parents qui, quinze jours après l'accueil joyeux, dépose la pré-pubère dans une maison de l'aide sociale à l'enfance. L'administration départementale désemparée ne sait plus que faire.
 
L'un des « parents », médecin dans un centre hospitalier, est proche du petit monde politique local. Une affaire d'abandon d'enfants éthiopiens a défrayé la chronique à Nantes, on veut éviter aux notables le scandale. Addis ne sera pas déclarée abandonnée, on lui bricole un statut bancal d'enfant trouvée. L'autre avantage de cette déclaration, artifice juridique, était de pouvoir accomplir une nouvelle démarche d'adoption.
 

Etrangère et apatride
 
Addis, paquet de la lointaine Afrique, a perdu de sa valeur affective. Addis tente à plusieurs reprises de se jeter sous les voitures ou de fuir vers l'aéroport le plus proche pour partir « vers le sud-est ».
 
Sa destinée serait à présent d'être en famille d'accueil, à moins que l'administration locale ne décide qu'elle passe sa vie en hôpital psychiatrique.
 
Devenue étrangère pour le pays des origines, l'Abyssinie, Addis est apatride dans son pays d'accueil. Le préfet, tuteur légal de l'enfant, nouvellement nommé, avait l'intention d'essayer de clarifier cette affaire et notamment qu'elle soit déclarée véritablement abandonnée.
 
Nous avons su que la jeune fille est aujourd'hui sous médicaments… En langue amharique, Addis signifie « nouvelle ».
 

Source: Rue89 | Luc Bonnal | Père adoptif | 21/04/2011