19.06.2009
Belgique. Aide à la jeunesse. Changement de cap, SVP...
Le secteur réclame une réorientation vers l'éducation et la prévention.
Prévenir et éduquer avant, plutôt que d’enfermer. Le secteur de l’Aide à la jeunesse en Communauté française a réclamé jeudi du prochain gouvernement une (ré) orientation claire des moyens disponibles vers des politiques éducatives et préventives, après une législature marquée à ses yeux par une priorité à la création de places en milieu fermé pour les jeunes qui commettent des faits qualifiés d’infractions.
On sait que le constat ne fait pas plaisir à la ministre sortante, Catherine FONCK (CDH), qui a été en charge de l’Aide à la jeunesse au cours de la dernière législature, mais il est largement partagé par le secteur.
Pour l’Inter-fédérations de l’Aide à la jeunesse (AAJ), qui regroupe 360 services subventionnés employant environ 5 000 travailleurs, un changement de cap est nécessaire. La délinquance concerne une population de jeunes très minoritaire, mais certains faits divers largement médiatisés ont poussé le gouvernement sortant à attribuer d’importants moyens à l’augmentation des places fermées (nouvelle section à Braine-le-Château, aménagement prévu d’une aile de la prison de Saint-Hubert ), indique Pascal Rigot, au nom de l’Inter-fédérations.
Cette plate-forme s’oppose ouvertement à une politique de contrôle social, sécuritaire, et se prononce pour "l’émancipation des personnes" par l’aide individuelle et l’action collective. Sous la précédente législature, elle avait exprimé tout haut ses réserves lors de l’instauration du stage parental, censé replacer les parents défaillants sur le droit chemin.
Parmi les revendications de l’Inter-fédérations, il y a d’abord le souhait du secteur d’être considéré par le prochain ministre comme un partenaire à part entière. La plate-forme estime avoir connu de gros problèmes de dialogue avec le cabinet de la ministre FONK, évoquant une "pseudo-concertation" laissant le sentiment amer de ne pas avoir été réellement écouté.
S’agissant des statuts, le secteur, qui assume 10 000 prises en charge de jeunes et de familles suivis au quotidien, réclame notamment l’harmonisation des barèmes avec ceux des soins de santé et un financement complet des emplois Maribel social. Pour les jeunes hébergés dans les services résidentiels, logements autonomes ou familles d’accueil, il demande entre autres une augmentation des subsides pour les frais variables (alimentation, habillement, frais scolaires, kot, etc.)
Source : La Libre Belgique | 19.06.2009
- Le nouveau Mémorandum AAJ 2009-2014. [pdf]
- Les Positions de l'Inter-Fédérations de l'Aide à la Jeunesse sur les défis sociaux actuels, les débats en cours et les nouvelles mesures pour le secteur AAJ et les concepts politiques actuels. [pdf]
- La synthèse des valeurs de l'Inter-Fédérations. [pdf]
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| Tags : belgique, aide à la jeunesse, catherine fonck |
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29.11.2006
Aide à la Jeunesse: dérive sécuritaire ?
Le secteur de l’Aide à la Jeunesse souffre d’un manque de moyens. D’une absence, aussi, de vision à long terme cohérente. Alors qu’elles sont confrontées à de nouveaux défis, bon nombre d’associations de terrain ont le sentiment de ne pas être entendues par le pouvoir politique. Le tout sécuritaire semble prendre le pas sur un travail socio-éducatif de fond, pourtant seule planche de salut pour nos « djeunes » en difficulté.
Dans toutes les sociétés, l’adolescence est une période réputée difficile. Dans un monde qui évolue à grande vitesse et où le jeune est en permanence sollicité, un encadrement précoce s’avère souvent utile. Philippon Toussaint, directeur de l’ASBL « Dynamo », observe une dérive dans la façon dont le jeune est aujourd’hui considéré. On ne parle de lui que lorsqu’il s’agit d’un délinquant ou d’un surdoué. Or, la majorité des jeunes ne sont pas des délinquants. « Ce qui m’inquiète personnellement, c’est l’augmentation de la pauvreté. Le jeune se débat souvent dans des difficultés économiques et en même temps, il est sollicité en permanence par un mode de vie que véhicule principalement la télévision : consommation à outrance et sexualité débridée, sont autant de ‘valeurs’ qui créent des conflits dans lesquels se débattent les jeunes. »
Les jeunes, classe dangereuse
Le ton est donné. La perte de valeur et de références est le principal constat des animateurs des Service d’Aide en Milieu Ouvert (AMO). On voudrait alors renvoyer la balle à Phillipot et aux services de programmation de nos chaînes nationales. Mais la balle ricoche bientôt dans le camp des écoles et des parents puisque le décrochage scolaire, et les problèmes de manque de communication qui peuvent aller jusqu’à la fugue, représentent plus de 50% du travail quotidien d’une AMO comme SOS Jeunes. La particularité de celle-ci est qu’elle a la capacité d’accueillir et d’héberger des jeunes en difficulté 24h sur 24. Le travail de cette structure d’accueil consiste à aider le jeune à rétablir le dialogue avec ses parents ou, parfois, à provoquer la rupture s’il s’avère qu’il y a maltraitance. L’idée étant de mobiliser les ressources du jeune et de sa famille dans le cadre d’une médiation. Bernard Devos, directeur de SOS Jeunes, constate que ce travail est de moins en moins aisé à accomplir étant donné qu’une réelle pression s’exerce toujours davantage sur le jeune que l’on considère comme une catégorie à part dont il faut d’emblée se méfier. Cette image faussée de la jeunesse, considérée comme dangereuse, est susceptible d’enflammer les esprits. Cette approche ne s’est pas améliorée depuis les premiers contrats de quartier où l’on a mis l’accent sur l’occupationnel, notamment par l’engagement de « grands frères » dont la mission était de prémunir la société de ces éléments perturbateurs, qui ne sont capables de rien de positif. Jusqu’à créer des ghettos.
« La meilleure prévention c’est la sanction »
C’est un discours récurrent mais plus virulent en période de crise. « Le discours ‘sarkozien’ est en train de dépasser les frontières. Sa phrase : ‘La meilleure prévention c’est la sanction’, semble séduire certains politiques », constate Bernard Devos. « La confusion, dans le monde politique, entre l’autorité et la répression, s’amplifie. Et il faut ajouter à cela, avec la médiation, le règne de la délégation. On se renvoie la balle et l’éducation est reléguée dans son impuissance et son manque de moyens. Je constate que la violence institutionnelle est souvent plus grave que la violence des jeunes. » Olivier Leblanc, directeur de l’association « CARS » souligne qu’on oublie trop souvent le travail positif qui est fait dans les AMO pour contrer cette image qui veut que le jeune soit considéré comme un pestiféré. De fait, le travail social réside aussi dans restauration de la confiance du jeune qui se demande s’il a bel et bien une place au sein de cette société. Mais qui, sinon le jeune lui-même, y est incarne l’avenir ?
Source : Le Journal du Mardi
15:45 Publié dans Aide à la jeunesse | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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