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« Holy Lola. Tavernier fait une apologie du supposé droit à l'enfant. | Page d'accueil | Barbara Monestier et Evelyne Pisier »

01/12/2005

Dis merci ! Tu ne connais pas ta chance d'avoir été adoptée | Barbara Monestier

R é c i t  de Barbara Monestier.medium_dismerci.jpg
Editions Anne Carrière : http://perso.wanadoo.fr/annecarriere/ 

“ D’où viens-tu ? ”
Encore cette question qui me déchire les entrailles. C’est comme si, pour la centième fois, on me prenait ma vie.
“ Mais je suis d’ici. J’habite Paris, ma famille est française… ”
On n’est donc rien sans ses origines ?
Lorsque j’étais une toute petite enfant, j’habitais au Chili. Je me souviens encore de la maison de ma nounou : nous vivions là, heureux et insouciants, au milieu d’une petite cour carrée, maîtres d’un minuscule royaume. L’hiver on suçait l’eau gelée, l’été on se baignait dans le lavoir.
Jamais on ne m’avait parlé d’adoption. Au début, ils venaient comme ça, en visiteurs, je les trouvais plutôt gentils mais je ne me doutais de rien. Un jour, ils sont venus pour m’arracher à ma vie. Je me sentais comme une marchandise. J’avais quatre ans et demi. Jamais je n’ai oublié.
Ma mère a fait de moi une petite princesse, mais moi je m’en fichais. Je ne voulais pas de toute cette richesse, de ce bonheur de pacotille. “ Tu ne connais pas ta chance ”, me disait-on souvent. Mais que voulaient-ils dire ? Savent-ils où est le bonheur ? Se donne-t-il ? Se prend-il ? Allais-je devoir toute ma vie remercier d’avoir été adoptée ? Mes parents n’avaient-ils pas besoin de moi, eux aussi ? »

Vingt ans après, Barbara Monestier raconte comment, jour après jour, elle a appris à se réconcilier avec sa vie. Un témoignage courageux sur l’adoption, vue du côté de l’enfant.

« C’est le récit poignant d’un engrenage dans lequel les sentiments et les ressentiments s’affolent puis se raidissent. C’est aussi, heureusement, la lente remontée d’une jeune fille vers la vie. »
Elle, 3 octobre 2005.

« Un texte mené à un rythme haletant, un point de vue sur l’adoption à contre-courant des clichés habituels. »
Psychologies magazines, octobre 2005.

Portrait

Barbara Monestier, 26 ans. D'origine chilienne, elle est l'une des premières filles adoptives à rejeter publiquement l'adoption, en s'en prenant particulièrement à sa mère française.

Chilienne de vie

Barbara Monestier en 5 dates
1979
Naissance de Barbara Reyes au Chili.
1983
Adoption de Barbara, installation à Paris.
1988
La famille déménage près de Montpellier.
1999
Grave dépression, tentative de suicide, maison de santé.
2000
Rencontre avec sa mère biologique, son demi-frère et sa demi-soeur.

Il n'y a pas si longtemps, quand on lui parlait en espagnol, elle jouait l'idiote. Et on s'adresse souvent à elle dans cette langue maternelle, parce qu'elle fait terriblement chilienne. Pas argentine, ni péruvienne. Chilena. «Vraiment ?» élude-t-elle avec un accent légèrement traînant, légèrement snob, pas du tout «typé», très du côté aristocratique de sa mère, en allumant une autre cigarette.

Barbara fut officiellement et reste affectivement d'origine aveyronnaise, comme son père, qui lui a offert sa parentèle chaleureuse. Très jeune, elle a déclaré : «Ici, c'est la maison de famille, c'est là que je reviendrai toujours avec mes enfants.» A tous ceux qu'elle a croisés dans son existence, elle a servi ces racines aveyronnaises pour cacher son statut d'enfant adoptée, érigée par elle seule en secret d'Etat. C'est donc en Aveyron, dans la maison de famille, que son père a voulu lui parler de sa mère chilienne. «Tu as serré tes mains sur tes oreilles et continué à dire : "Non, non, ne me dis rien", lui rappelle-t-il dans une lettre qu'elle a glissé au milieu de son livre. J'ai entendu un cri, un vrai cri de douleur qui résonne et résonnera longtemps en moi. Je t'aurais enfoncé un fer rouge dans une plaie béante, je crois que tu n'aurais pas hurlé si fort.»

Visage sculpté autour des pommettes, yeux noirs ardents, joli nez d'Amérindienne dont elle voudrait se débarrasser, elle semble indestructible et prête à se briser. Elle répond aux questions dans les salons des hôtels alors qu'elle devrait faire le ménage chez les riches de Santiago ou Concepción. Dis merci ! est le titre de son livre, avec en dessous, pour ceux qui n'auraient pas perçu la rage du titre : «Tu ne connais pas ta chance d'avoir été adoptée», récit de sa vie, autrement dit, de son adoption (1). Barbara, fille à papa, peut à 25 ans se permettre de vouloir devenir comédienne, alors que sa soeur aînée-biologique-non abandonnée, Patricia, avait déjà un enfant à nourrir au même âge, là-bas. Elle mesure aujourd'hui que son sort ne paraît pas seulement enviable, il l'est sans doute. Mais elle n'a connu la paix que par intermittence, usant ses parents jusqu'à la folie dans des crises de nerfs, de désespoir, «aimez-moi, ne m'aimez pas, écoutez-moi, ne m'écoutez pas», des années sans sommeil à sombrer dans «le vide». Elle prétend que si sa mère lui avait dit : «Nous sommes allés te chercher parce que nous n'arrivions pas à avoir d'enfant, j'avais besoin de toi pour me sentir mère», plutôt que de lui raconter qu'elle voulait faire son bonheur, elle aurait moins souffert. Elle lui reproche son orgueil, mais on entend surtout qu'aucune femme au monde n'aurait pu subvenir à cette exigence sans fin, ni fond. D'autres adoptés se remettent de l'abandon, bricolent des liens apaisés, opportunistes ou indifférents. Barbara a choisi la guerre passionnelle, contre la mère, et seulement la mère. «A peine rentrée à la maison, à la première remarque de ma mère, je rétorquais violemment : "Tu n'es pas ma vraie mère !" Alors à bout d'exaspération et de souffrance, elle me répondait : "Si tu crois que moi j'avais envie d'avoir une fille comme toi" et ça dégénérait.» C'était en CE2 et ça n'a cessé de dégénérer, jusqu'à mettre en péril le couple parental et les obliger à quitter Paris. «Cria cuervos y te sacaran los ojos», dit un proverbe hispanique. «Elève des corbeaux, et ils t'arracheront les yeux.»

Barbara était âgée de 4 ans et demi quand ces époux français  elle jeune femme d'affaires, lui journaliste proche de la retraite  ont débarqué dans la población où elle vivait en famille avec d'autres enfants abandonnés. Ils dormaient ensemble, se tenaient chaud, elle n'avait pas peur et ignorait le «vide» qui la tourmentera ensuite sans répit. Elle se souvient les avoir défiés. Son père dit «refusés». Surtout la femme, qui lui semblait belle et importante, dorée, quand tous ceux de sa población étaient moricauds. «Le déchirement fut terrible. Je savais que je partais pour une autre vie. Moi, je n'en voulais pas. J'aimais la mienne.» Cette blondeur maternelle, ces yeux bleu vert, ces «ah bon, c'est ta mère ?» incrédules des camarades d'école, elle ne lui pardonnera pas. «Je lui ai tapé dessus, je me frottais à elle dans l'espoir que ça soit contagieux.» Lorsqu'elle est retournée «là-bas», elle a constaté que les pauvres étaient toujours plus typés que les riches. Mais quand elle a découvert sa mère «biologique» en blonde platine décolorée, avec yeux bleu vert, la peau presque claire, elle a été prise d'un fou rire.

Elle a fumé jusqu'à cinq paquets de cigarettes par jour en maison de repos, a ralenti la cadence. Elle a des théories sur l'adoption : tous les adoptés tombent dans la compulsion alimentaire, sexuelle, toxique, alcoolique, alors très tôt, elle s'est jurée de briser cette «fatalité de la délinquance». L'autre théorie, viscérale, c'est de s'opposer à l'adoption par les couples homosexuels. «Moi, si je m'en suis sortie, c'est grâce à la normalité de ma famille», souffle-t-elle. Dans les diverses institutions catholiques où elle avait choisi de s'exiler pour mettre de la distance avec sa «famille» si normale, elle s'est trouvé des marraines, forcément plus gentilles, compréhensives, douces, que sa mère adoptive. Une enseignante, une infirmière, une bonne soeur, une directrice charismatique. Dis merci ! commence par cette dédicace. «Pour mon papa qui est à l'origine de ce livre et qui a toujours été là pour moi.» La petite brune a mis vingt ans à signer un semblant d'armistice avec la femme de son père, il ne faut pas lui en demander plus. «Un déjeuner en famille, ça reste une lutte, un effort.»

Sur la scène de l'adoption internationale, 2005 s'inscrira en France comme l'année du sentimentalement incorrect. Il y a quelques mois, Evelyne Pisier publiait une autofiction aux frontières de la haine sur l'enfant qu'elle avait adopté au Chili (2). Par maison d'édition interposée, Barbara aurait pu tenir le rôle de l'agnelle chilienne qui répond à la méchante bergère. Mais elle ne connaît pas cette femme et elle ne veut pas lire son livre : «Je ne supporterai pas des mots durs.» Elle jure ne pas avoir écrit son récit contre «eux» : ses parents. Elle est moins sûre d'elle quand il s'agit de jurer qu'elle ne l'a pas écrit contre «elle» : sa maman. Et elle semble rester imperméable à cette douceur d'adulte qu'est la gratitude, même ténue. Elle n'est reconnaissante que d'une chose, c'est de ne pas avoir été avortée. Et ça, elle le doit à Marta, sa mère biologique, qu'elle a rencontré à l'âge de 21 ans. «Je lui ai dit merci de ne pas m'avoir supprimé.» C'est tout. Pour l'abandon : «Il n'y a pas de pardon.»

La France, le bel appartement, les institutions sélectes, le ski trois fois par an, les nuits que sa mère a passées à l'aider pour ses devoirs, elle n'était pas demandeuse, mais elle continue à prendre. L'adoption, dit-elle, c'est une tentative de réconciliation entre deux souffrances, celles de l'enfant abandonné et celle du couple stérile, qui échoue presque tout le temps. Cria cuervos, et ils écriront un livre.

(1) Editions Anne Carrière.£

(2) Une question d'âge.

(3) Adolescence et adoption

 

- L'adoption sans merci.
Rencontre avec Barbara Monestier

- Une adoption peut-elle être réussie ?
Barbara Monestier et Evelyne Pisier.
 

 

Commentaires

Elle avait quatre ans et demi quand ses parents adoptifs sont venus la chercher au Chili. Abandonnée par sa mère, elle vivait dans un foyer d'un quartier populaire de Santiago. "Il faut arriver à se dire que c'est son destin, explique Barbara Monestier, qui a aujourd'hui 25 ans et qui vit toujours en France.

Un destin pas facile à assumer quand vient l'adolescence : "Je me sentais mal dans mon corps, mal dans ma vie." Car son combat, c'était de se trouver une identité perdue entre une mère biologique, qu'elle cherchera à retrouver mais qui l'a laissée tomber, et une mère adoptive souvent maladroite, qui ne savait comment s'y prendre avec une enfant écorchée vive.

Au-delà des mots
Ses mots sonnent comme une douleur permanente, souvent enfouie dans son inconscience. Tout se joue dans la démesure, elle se fait virer plusieurs fois de ses écoles, elle défie sans cesse les adultes et se met à hurler pour un oui ou pour un non. Et pourtant, elle se dit "contente de sa vie", car on sent au fond d'elle une forte envie d'exister et d'être quelqu'un.

Ecrire son histoire aura permis à Barbara Monestier d'ouvrir des brèches de dialogue avec ses parents et, aujourd'hui, elle n'a plus qu'à "commencer à vivre de manière plus positive".

Écrit par : Julie Duquenne | 05/12/2005

Indispensable d'avoir le point de vue d'un enfant sur l'adoption


Barbara Monestier parle de ses blessures et de ses sentiments. Son témoignage nous permet de nous remettre en question.

Son livre est tout simplement sublime. J'oserais dire que cela montre une difficulté pour les parents adoptants si l'enfant n'est pas préparé à l'adoption est c'est le cas de BMr pour commencer.

Pour le reste c'est son vecu, son ressenti. Son livre avec delicatesse expose son mal-être , les maladresses de sa mere adoptive mais en aucun cas transpire la haine. Elle cherche la compréhension et indépendemment d'un temoignage bon pour nous c'est aussi un appel à la comprehension de ses parents. Je n'ai trouvé qu'en aucun cas elle les juge. Barbara ne s'en est pas rendue compte elle meme mais c'est un cri d'amour aussi envers sa mère adoptive les pages du livre montrent bien qu'elle est attachée à sa mère même plus que Barbara ne veut se l'avouer tout en parlant de sa souffrance. Elle cherche justement le dialogue avec sa mère.


Le livre d'Evelyne Pisier est trop caricatural, non seulement sur les réactions des personnages mais aussi sur toute la partie pré-adoption, vraiment simplifiée...
Mais, il est vrai qu'on écrit rarement sur les choses quand elles se passent bien parce que ça n'intéresse personne...

Écrit par : Isabelle | 09/12/2005

nous avons adopté Nicolas au Viet Nam il y a 9 ans, il avait 1 mois, et tout est positif, nous n'avons jamais anticipé les questions mais nous ne lui avons jamais rien caché. Par contre, contrairement à la maman de Barbara, nous avons mis en premier notre impossibilité d'avoir un enfant biologique, et lui avons toujours dit que c'était lui qui nous avait fait un grand cadeau, en entrant dans notre vie, nous ne lui avonsjamais dit qu'il avait eu de la chance ou quoi que ce soit, et nous essayons de faire en sorte qu'il soit fier de son pays, nous comptons l'y amener quand il sera un peu plus grand,il vit très bien et quand des enfants lui disent qu'il est adopté, il a des arguments et en fait un plus. Beaucoup d'adoptions sont une reussite, il faut laisser aller son coeur, ne jamais rien cacher, avec beaucoup d'amour et de naturel on arrive à faire que cette grande expérience est une autre forme d'accouchement.

Écrit par : evelyne maurel | 11/12/2005

Je ne sais pas ce qu'Evelyne entend par réussite dans l'adoption...Barbara et ses parents ne disent pas que cette adoption n'est pas une réussite, ( qui dit "problémes" ne dit pas échec ou manque de "probléme" ne dit pas réussite...) et Evelyne a un enfant de 9 ans...c'est un peu tot pour le bilan, que je souhaite positif et surtout pour l'enfant...

Je fus adopté à 6 ans et les "difficultés" furent présentes de façons concrétes que vers 12 ou 13 ans avant je vivais dans un conte de fée mais cela ne voulait pas dire que la souffrance n'était pas présente (ce que j'ai découvert trés récemment...), mais seulement que moi et ma famille avions voulu l'ignorer, faire comme si tout était merveilleux... ....aujourd'hui agé de 31 ans avec une adoption compliquée , je ne dirais jamais que c'est un échec...mais, comme la mére de Barbara, je m'attriste de certains gachis qui ne sont pas dus qu'à l'adoption, mais aussi aux personnalités...Car, je trouve aussi que les relations humaines n'ont pas besoin de l'adoption pour etre compliquées par conséquent l'adoption a parfois le dos large...c'est un peu l'explication facile, vous y ajouté la crise de l'adolescence et vous avez l'alibi idéal pour déculpaliser les parents qui n'ont qu'à trouver un bon pensionnat pour régler le probléme....lol lol lol Je fais de l'ironie, mais comme dans toute caricature, il y a un fond de vrai....lol lol

De plus... Evelyne l'amour c'est trés joli...mais, cela ne suffit pas....il faut de l'intelligence, de la patience, de l'écoute, du recul, de l'abnégation...de l'humour...mais je ne doute pas que vous soyiez largement pourvu de tout cela ...en tout cas, je vous souhaite de rendre votre petit heureux et qu'il acceptera aussi de l'etre...que la vie vous soit douce.

Écrit par : Lamy | 12/12/2005

J'avais six ans et demi lorsque j'ai été adopté, comme Barbara je n'ai rien compris. J'ai dû quitter ma famille "d'accueil", mon père et ma mère de l'époque, un véritable arrachement. Comme Barbara, j'ai mené la vie dure à mes nouveaux parents, avec les moyens qu'un enfant peut avoir. Des larmes, des larmes à n'en plus finir...

Quotidiennement, à toute heure du jour et surtout du soir et la nuit. Je me tapais la tête sur mon oreiller pour fixer les dernières images que j'avais vues de la plage arrière de la DS qui m'emmenait loin de ma famille "d'accueil", la seule que j'avais connu et que j'aimais. Je ne parlais que de ma nourrice à ma nouvelle mère, c'était une obsession qui m'empêchait d'apprendre à l'école d'avoir une vie d'enfant normal. Je suis devenu anormal. Pendant six longues années, j'ai réclamé sans relâche de revoir cette "nourrice" comme on l'appela dans mon nouveau milieu. Psychologue et orthophoniste toutes les semaines, rien n'y faisait, tant que mes parents adoptifs refuseraient que je retrouve la famille qui m'avait élevé jusqu’à six ans et demi, je me détruirais et n'adhérerais pas aux nouveaux usages de cette nouvelle famille. Grâce à mon acharnement et celui de ma psychologue, j'ai retrouvé à douze ans et demi ma première famille, ces "peine zizi" comme ils les décrivaient. J'avais gagné mais à quel prix ! Ces années m'avaient changé, je n'étais plus Elie mais Edouard (ils avaint cru bon de changer mon prénom pour changer aussi ma personnalité...), malgré tout l'amour que j'avais pour ma première famille je n'étais plus des leurs. Pourtant avec le temps et l'amour immenses de ma deuxième mère, cette merveilleuse nourrice, je renouais les liens si violements rompu et retrouvais, dans un respect mutuel, une vraie relation filiale...

Écrit par : Elie Edouard | 13/12/2005

Barbara,,

j'ai bien lu ton livre et je vous ai suivies, toi et ta mère dans vie privé vie public. "Dis merci" est un livre très intéréssante, mais je trouve que malgré tout le mal que tu aies pu vivre, tout le changrin que tu as eu ,,TOUT CE QUE TU ES, TOUT CE QUE TU AS aujourd'hui te le dois quelque part à Ta MERE et à ton père!!!!!. Grâce à leur amour, ils t'ont pas foutue à la porte malgré le mal que tu rendais à ta mère, grâce à cette à elle ,,,tu as connu l'amour maternel, tu as eu droit comme les autres petites filles à un calin avant de dormir, (même si des fois nous les orphelins et les adoptés, nous doutons à l'amour que l'on porte)
.Etant moi même orphine de mère et de père, comme toi, j'ai était élevée par des gens qui n'étaient pas obligés de le faire et comme pour toi étaient des inconnus au départ. Les choses n'ont pas toujours étaient facile, mais je leur remercierai jamais assez de m'avoir donnée la chance d'aller à l'école, de m'avoir aimé, supportée d'avoir était là quand j'avais besion d'eux. A ces inconnus qui t'ont permis de ne pas envier les autres enfants, à ces inconnus qui ont tout fait pour que ça aille bien avec toi,, TU DEVRAIS LEUR DIRE MERCI et tu du plus fond de moi même je crois que tu devrais à ta Mére Anne te montrer plus aimables,,elle mérite au moins ça. Ca m'a tellement choqué hier soir pendant que je regarder vie privée vie public et tu as du mal à soutenir son regard,,,je vous connais pas toutes les deux, mais ayant vécu avec une maman qui n'est pas la mienne,,,crois oi je sais de quoi je parle. Cette mère a besoin de ton amour.

Écrit par : Ghislaine | 15/12/2005

Bonjour Barbara, Je termine ton livre et suis doublement touchée. D'abord par ton audace,celle d'avoir osé regarder ton parcours et de l'avoir écrit et publié. Signe évident de tout un travail d'appropriation de ton histoire. Ensuite, parce que je me sens impliquée par ta démarche car nous avons aussi, Paul et moi adopté un enfant chilien qui a maintenant 26 ans. Comme toi, il a vécu des passes difficiles. Comme toi aussi, il est retourné au Chili et a rencontré sa famille d'origine. Comme toi enfin, il a écrit son histoire et je lui ai prêté ma plume pour l'aider à l'exprimer. Si tu souhaites recevoir son livre, fais le moi savoir. Je te l'enverrai volontiers. Nous offrirons ton livre très prochainement à Jean-Do car il vient de fêter ses 25 ans d'arrivée en Belgique et après la Noël, nous lui avons proposé une sortie pour marquer l'événement. Nous lui donnerons le livre à cette occasion. Grand merci pour ton témoignage émouvant, authentique et rempli de simplicité. Très bon vent, Danielle Defawe Avenue D. Boon, 62 1160 Bruxelles

Écrit par : Defawe Danielle | 18/12/2005

Je n'ai pas encore lu le livre de Barbara Monestier, que je vais m'empresser d'acheter demain dans une librairie.
Je n'ai pas moi-même connue l'expérience de l'adoption, mais j'ai autour de moi beaucoup d'amis qui ont été adoptés en France. C'est pour cette raison que j'ai décidé de consacrer le thème de mon mémoire de sociologie à ce sujet. Par conséquent, je serais ravie s'y vous, participants de ce forum, pouviez me livrer vos témoignages en me laissant vos coordonnées sur mon adresse mail : gaeller21@aol.com. Je pense notamment à Ghislaine, dont je viens d'apprendre qu'elle a aidé son fils adopté à rédiger sa propre histoire. Où serait-il possible de se procurer cet ouvrage ?

Écrit par : Gaelle | 31/12/2005

je suis assistante familiale ( famille d'accueil).Nous avons Louise depuis ses 7 mois;le mois prochain elle aura 3 ans.Depuis peu nous sommes dans une procédure de pré-adoption. J'aimerai avoir des témoignages d'enfants adoptés par leur famille d'accueil. Je tiens à préciser que j'ai 4 enfants biologiques et que je ressens des sentiments très forts pour Louise depuis notre première rencontre. Merci de me contacter

Écrit par : sylvie perez | 03/01/2006

j'apporte une note complémentaire pour les personnes qui ne comprendraient pas mon intervention sur les commentaires que j'ai à donner sur le livre de barbara monestier.
Je n'ai pas encore lu le livre mais je l'ai écoutée parler à la télévision. Je ne porte aucun jugement sur ses propos mais je ne peux m'empêcher d'être du coup très inquiète sur l'adoption de Louise alors que j'ai toujours eu confiance en moi en ce qui concerne mes enfants biologiques.
Pourquoi ces angoisses? ceci-dit les commentaires d'enfants adoptés sont parfois tellement durs que l'on se demande si l'adoption est la panacée
Merci pour toutes vos futures réponses

Écrit par : sylvie perez | 03/01/2006

pour les personnes désireuses de me contacter voici mon adresse
bersonlagironde@hotmail.fr

Écrit par : sylvie perez | 03/01/2006

Bonjour,
Je n'ai pas lu ce livre (mais le lirai bien sûr!), j' ai entendu Barbara Monestier à la radio et ai été très touchée...
J'ai 48 ans et suis l'ainée de 6 .Mon plus jeune frère est un enfant adopté (orphelin de la guerre du Vietrnam, arrivé en Belgique en 1968, à l'âge de 2 ans).
Mon frère aussi a entendu des phrases assassines, jamais de membres de la famille mais des voisins, des instituteurs...
Moi aussi j'en ai entendu des bêtises!
"Vous êtes combien?" ,"6", "Avec ou sans Michel?"
"C'est merveilleux ce que tes parents ont fait!"
"C'est généreux de leur part"!
"Ce n'est pas vraiment ton frère alors?"
Si, Michel est mon frère, et j'ai même joui plus de sa venue que de celle des autres frères et soeurs!
D'abord j'avais déjà 11 ans quand il est arrivé, ensuite nous l'avons tous attendu pendant 2 ans, et pour une fois, ma mère n'avait pas le monopole de l'attente!
Je me souviens de cette attente et de son arrivée à l'aéroport comme si c'était hier; tous les détails sont ancrés dans ma mémoire.
Un frère, c'est une enfance partagée, des moments de tendresse (surtout quand il a 9 ans de moins!), un tas de souvenirs.... que voulez-vous que ça me fasse que mon petit frère soit sorti du ventre de ma mère ou non?
Parfois tout de même je pense à sa famille vietnamienne...Etait-on certain que ses parents étaient morts? N'y-a-t-il pas eu un oncle, une tante, un grand parent qui a cherché après lui? Je sais que c'est impossible, mais j'aimerais tant les rencontrer, leur raconter l'enfance de Michel, permettre les retrouvailles! Et cela n'enlèverait rien à nos liens!
Je suis révoltée quand on parle de remerciement, de gratitude, vraiment écoeurée! Quelle hypocrisie!C'est aux parents de dire merci! Qu'ils soient "biologiques" ou "adoptifs"! Ce sont eux qui éprouvent le désir d'enfant.
Ce sont eux qui se font le cadeau de prendre un enfant dans les bras.
Il n'y a rien de plus égoïste que de vouloir un enfant, ne racontons donc pas de carabistouilles!
Je suis mère de 2 enfants (jeunes adultes maintenant) et je me sens redevable envers eux...c'est grâce à eux que j'ai le bonheur d'être maman (et sans doute bientôt grand maman!).
J'oserais même dire que les parents adoptifs sont encore plus redevables, devraient être encore plus "reconnaissants" envers leur enfant que les parents "biologiques"...
Je m'explique: étant mère "biologique", je ne peux m'empêcher d'éprouver une sorte de culpabilité de les avoir mis au monde . (il faut reconnaitre que même si la Vie est une chose merveilleuse, il faut être fou pour faire un bébé dans un monde pareil!).
Les parents biologiques n'ont pas pris cette responsabilité là , eux, l'enfant était déjà en vie quand ils ont voulu être parents... ils peuvent donc jouir d'être parents sans éprouver cette culpabilité!
Il me tarde de lire le livre de Barbara Monestier!

Écrit par : Claire Brenu | 12/02/2006

chater

Écrit par : douzi | 14/02/2006

à propos de la réponse de ghislaine :
c'est drôle, l'enfant français né sous X a le droit (tout à fait légitime) d'afficher sa douleur, alors que le petit étranger doit toute reconnaissance et doit se taire.
deux poids deux mesures donc ...
je n'ai JAMAIS entendu un mère biologique harceler moralement son enfant pour qu'il la remercie de l'avoir acouché. Vous trouvez ça vulgaire et cru, il en va de même pour l'adoption.
Un enfant n'est pas un CHIEN, un sourire, et sa présence surtout, devraient largement suffire.
Merci pour le déracinement.
Merci pour la perte de repères et d'identité.
Merci pour l'hostilité pour le pays "d'accueil" (laissez-moi rire).
Merci à l'Europe de puiser dans le vivier des pays les plus pauvres afin de se repeupler en toute bonne conscience.
Merci aux "parents" d'avoir créé une nouvelle race de bâtards.
Et enfin merci aux 20000€ versés pour notre adoption et aux années d'attente qui auraient été bien mieux employés (soutien et amélioration des orphelinats, espoirs d'un avenir meilleur pour plus d'un enfant) dans nos pays d'origine.

Écrit par : parisnemours | 02/03/2006

Je lis tous ces témoignages alors que je suis en pleine tourmente. J'ai lu les ouvrages de Barbara Monestier et Evelyne Pisier. Et j'essaie de mettre de l'ordre dans tout ça.
Nous avons adopté notre fille il y a 26 ans. Elle est d'origine coréenne et avait presque 7 ans à son arrivée en France, donc déjà un vécu substantiel.
Il y a 4-5 mois, après une dégradation progressive de ses relations avec nous (éloignement, peu de nouvelles), elle a fait son "coming out", j'entends par là qu'elle nous a crié au visage, je cite : "vous n'êtes rien pour moi, vous n'avez aucun lien de sang avec moi, je ne vous dois rien." Et elle nous a craché ce qu'elle avait "enfoui" comme elle dit si longtemps. Sa mère l'avait soustrait aux attouchements sexuels d'un homme qui vivait avec eux quand elle était petite (son père, un oncle, un grand frère ?) et l'avait conduite chez une grand mère, grand tante ? où elle avait été très malheureuse avant d'être abandonnée dans la rue. Dans ces souvenirs, quelle est la part de vrai, de reconstruction ? Elle nous dit qu'elle est très en colère après nous. Pourquoi ? Qu'avons-nous fait de si répréhensible ? Que faire ? Un procès à l'état coréen qui a laissé partir plusieurs centaines de milliers d'enfants, se débarrassant ainsi d'un problème économique encombrant ? Un procès à la France "terre d'asile" qui a ouvert ses portes pour donner "une chance" à des enfants abandonnés ? Quelle chance finalement ? Un procès à l'association qui nous a aidé à adopter l'enfant en toute légalité ? Un procès à nous, dernier maillon d'une chaîne que nous avons remonté sans trop nous poser de questions.
Je suis durablement perturbée car je n'ai pas de réponse, et mon questionnement pose également le problème du déplacement des populations, du droit d'asile, de la recherche d'un monde meilleur dans la fuite vers des terres soi-disant moins hostiles.
J'ai offert le livre de Barbara Monsetier à ma fille. Je ne sais pas si elle l'a lu. Déjà le titre l'a énervé (elle l'a pris au 1er degré), puis elle a lu la 4ème de couverture, mais tout ce qui vient de moi est pour elle une intrusion dans sa vie privée. En clair, je me mêle de ce qui ne me regarde pas. Je n'ai pas à lui dicter ce qu'elle doit faire, lire. Comment poursuivre la communication ? faut-il la poursuivre ?

Écrit par : Le Logeo | 29/03/2006

Le dernier message est dur!!! Et me fait mal, et pour ces parents et pour cette jeune femme... Quelle souffrance ! Je ne connais pas votre histoire, ne sait si vous vous êtes sentis parents réellement, comment s'est passée votre vie familiale... Mais j'ai envie de vous dire que votre fille a besoin sans doute, malgré son rejet (apparent ou réel?) de vous entendre dire "nous t'aimons et même si tu nous rejettes, nous t'aimerons toujours . Pour nous,peu importe que nous ayons le même sang " Tu ne nous dois rien bien sûr, parce que un enfant ne doit jamais rien à ses parents. L'amour n'a rien avoir avec une queconque dette"...
Je ne suis pas maman adoptive mais soeur adoptive (voir mon message du 12 février) mais je vous assure que c'est ce que je dirais à mon frère s'il me lançait des choses pareilles! Il pourrait dire ce qu'il veut: c'est mon frère et il le sera toujours, quoiqu'il pourrait faire ou dire!
D'ailleurs, imaginez qu'un enfant "biologique", vivant avec ses parents "biologiques", leur sorte ça.... Ben c'est ce que les parents diraient non?
Votre enfant est toujours votre enfant, quoi qu'il dise, quoi qu'il fasse, non?
Maintenant, l'obliger à vous voir est impossible et inutile bien sûr...
Mais je pense qu'il est très important qu'elle sache: que vous l'aimez, qu'elle est votre fille, qu'elle sera toujours la bienvenue chez vous, que la porte luii sera toujours ouverte!
J'y pense aussi: et pourquoi être votre fille l'empêcherait-elle d'être également la fille de ses parents d'origine?
Pourquoi l'un empêcherait-il l'autre?
L'amour ne se partage pas, il se multiplie...
On peut bien aimer chacun de ses enfants, même si on en a beaucoup, on aime ses grands-mères, ses grands-pères, ses amis....sans qu'ils soient uniques, alors pourquoi ne pourrait-on pas avoir 2 mamans et 2 papas?
Cela bien sûr, il faut aussi que les parents, aussi bien les "biologiques" que les "adoptifs" l'acceptent, sans jalousie et en respectant l'autre papa, l'autre maman...
J'ai entendu une fois des parents adoptifs parler avec mépris des parents biologiques de leur fils et ai été révoltée: de quel droit pouvaient-ils les juger (eux qui comme moi sont "le cul dans le beurre" en plus!),, et comment osaient-ils parler ainsi à leur fils ?
Je vous souhaite que tout s'arrange, sincèrement!
J'espère aussi que vous cesserez de vous tourmenter avec le passé, ce qui est fait est fait, vous pouvez juste peut-être dire à votre fille que si elle, elle pense que vous avez fait une erreur, vous ne l'avez faite que par amour et par désir d'aimer un enfant et d'être parents....
Si elle ne veut plus vous parler, peut-être lui envoyer une lettre?
Je vous souhaite à vous et à votre fille de trouver enfin le bonheur et l'affection!

Écrit par : Claire Brenu | 29/03/2006

Nous respectons tout le monde, ses parents bio etc.. Nous lui avons dit que nous l'aimions, nous lui avons écrit pour lui expliquer que les "vérités" qu'elle nous crachait à la figure étaient ses vérités, pas les nôtres. Elle suit une thérapie sur laquelle nous nous interrogeons beaucoup, car si cette thérapie lui est intime, ses effets sur nous ne le sont pas. J'avoue que j'en ai un peu marre, car je cherche désespérément là où nous nous sommes plantés. Ce que j'ai écrit est peut-être dur, mais la réalité est dure...
Faut-il déconseiller l'adoption pour éviter toutes ces souffrances, les siennes et les nôtres ?
J'en ai un peu marre...

Écrit par : Le Logeo | 29/03/2006

Je ne sais plus quoi vous dire...
J'espère que d'autres personnes réagiront à votre appel au secours et pourront vous aider plus efficacement que moi...
Peut-être le problème vient-il du fait qu'elle avait déjà 7 ans quand elle est arrivée chez vous?
Ce serait bien si des personnes adoptées disaient ce qu'elles en pensent!
Je continue à lire les messages de ce forum car je le trouve très respectueux, ouvert et intéressant!
Dommage que les messages ne soient pas plus fréquents!

Écrit par : Claire Brenu | 30/03/2006

Nous avons adopté 2 petites Ethiopiennes et l'avons fait autant pour nous que pour elles, ce qui me semble être la condition siné-qua none pour un amour partagé.
Quand d'autres personnes nous disent que c'est formidable de faire une bonne action, nous les détrompons sur leur perception altérée de notre réalité.
Nous ne disons pas à nos filles qu'elles ont de la chance d'avoir été adoptées, mais que nous avons un bonheur commun d'avoir eu la chance d'être réuni.Il est évident que, l'enfant n'a pas à remercier ses parents adoptifs pour un destin qu'il n'a pas choisi. Et que l'on doit faire extrèmement attention à ne pas le rendre redevable de quoi que ce soit , particulièrement lorsque cet enfant est adopté à un age où il comprend ou plus exactement ne comprend pas ce qui lui arrive.
Dans le cas contraire, les rancoeurs peuvent évidemment être très vives et tenaces, comme pour ce qu'il est advenu à Barbara.
Il n'y a pas de recette exacte, mais de l'attention et de l'amour et du tact devraient faire une bonne atèle permettant de marcher vers un avenir famillial et un équilibre émotionnel stable.

Bruno Mémain

Écrit par : MEMAIN | 09/04/2006

J'ai beaucoup apprecié ton livre, comme Barbara j'ai ete adopte et beaucoup de similitudes m'ont fait rire ou pleurer!

Écrit par : samantha | 18/04/2006

Bonsoir à toutes et à tous

Barbara

J ai vraiment aimé ton livre
Il est d une telle sensibilité et d une telle vérité sur les tabours de l adoption que ca m a aussi beaucoup affecté

A 25 ans, D origine indienne, adopté à l age de 2 ans, je n ai moi non plus pas accepté ma condition d enfant et je suis toujours en quete d identité avec des tensions familiales bien présentes.

Merci pour ton livre, merci de nous avoir ouvert ton coeur béant de blessures et aussi d amour

J aimerais te rencontrer et discuter aussi avec toi
Ton livre m a permis de comprendre pas mal de chozs et de faire ressurgir aussi ce passé que j ai moi et que j ai aussi très mal vécu

je laisse mon mail si vous voulez correspondre avec moi :

indien_magics@hotmail.com

A bientot j espère
Sincèrement

Julien

Écrit par : julien | 20/06/2006

En réponse à "Dis merci, tu connais pas ta chance...", je me permets de vous envoyer la lettre que j'ai adressé à un magazine très célèbre sur le fait que les pays en voie de développement sont devenus les mères porteuses des femmes occidentales :
L’adoption internationale : les pays pauvres, mères porteuses des femmes occidentales ?

Les principes du développement durable ne sont défendus par le gouvernement actuel que lorsqu’il s’agit de justifier celui d’immigration choisie puisque, d’après nos dirigeants, promouvoir le développement des sociétés locales permet de maintenir les populations dans leur pays et donc de limiter l’immigration. Mais dès qu’il est question d’adoption, on nous tient le discours inverse en prétendant que ces enfants, que nous arrachons au seul lien qui leur reste (la société qui les a vus naître), ne peuvent être que mieux s’ils sont élevés dans une riche société occidentale. Deux poids, deux mesures : les principes sont à géométrie variable selon les intérêts qu’ils servent.
Philippe Douste Blazy n’est pas Bernard Kouchner, et aujourd’hui la vocation des demandes d’adoption n’est pas de sauver des vies. Adopter, c’est d’abord et avant tout combler un désir d’enfant. Et je me refuse à considérer les pays dits en voie de développement comme des pouponnières dans lesquelles nous pouvons puiser à loisir, comme nous le faisons, de manière tout aussi intolérable, avec leurs matières premières.

Que ce soit le gouvernement actuel largement impliqué dans des affaires… qui se fasse l’apôtre de ce genre de politique soi-disant humanitaire, n’a finalement rien d’étonnant. La France est, en proportion, le pays qui adopte le plus à l’étranger, devant les USA qui sont pourtant l’archétype d’une forme moderne d’exploitation des plus pauvres par le plus fort (voir la guerre en Irak, le Liban…). Cette seule image en dit long sur l’état et les valeurs du pays qui a vu naître la déclaration des droits de l’homme.

Y-a-t-il une conscience en France?

Écrit par : meiflower | 20/08/2006

le fait qu'il y ai un destin empèche t'il l'homme de hurler sa souffrance aux dieux et à qui que ce soit ,
et de quoi est composé le destin ? il y a aussi l'intervention humaine , la manipulation , la misère etc...
l'amour des parents adoptifs , le fait qu'ils font ce qu'ils peuvent ne supprime pas ce malheur , et c'est un risque dont il faut qu'ils aient conscience
l'enfant n'est pas redevable , même si un malheur plus grand a pu être évité , le couper de ses racines de façon définitive est une souffrance terrible ,
je voudrai crier que le monde est coupable , coupable de ne pas répondre au désir de paix de l'enfant ,coupable de justifier ce cri que l'on entend quand l'enfant nait ,
avec le temps on peut peut être se forger une sagesse qui permette d'accepter un parcours de vie , rompu ,
on ne peut empècher la souffrance de ces gens , dont je fait partie , la haine , le remerciement , le sentiment que nous sommes comme nous sommes maintenant , mais aussi la révolte d'avoir pu être autrement et en tous les cas de l'insulte infligée à l'enfant d'avoir disposé de lui comme d'un rien ,
tous ces malheurs sont bien réels , encrés dans la peau ett l'âme de l'enfant qui s'en sort plus ou moins bien selon son histoire , son caractère , les difficultés à surmonter , les parents qui l'accueille , l'autre vie à laquelle il ne peut remonter ,
moi ce qui me choque le plus au dela de la souffrance ancrée au corps c'est que cela puisse continuer , que l'on nous assure que telle est la vie et qu'il faut être pragmatique et accepter l'inévitable ,
je pense aujourd'hui qu'il faut malgré tout lutter pour son bonheur puisque la vie nous a été donnée ,
parce que nous sommes ce que nous sommes ,
je suis d'accord avec celle qui le dit , que le tiers monde est la mère porteuse de l'occident , et je voudrais dire que l'existence du secret dans la législation française est une blesure ouverte béante dans la vie de ceux que cela touche
alo né sous x

Écrit par : aloredelam | 27/08/2006

Moi j'ai ramassé il y a douze ans une petite fille de 6 mois qui traînait dans la boue dans un village du Cambodge, au bord du Mékhong. Les autres enfants, plus grands, la frappaient et lui lançaient des cailloux.
Je ne connais ni son père ni sa mère, cette dernière l'a abandonnée là et quelques villageois l'on connue, elle n'était pas du lieu, et la traitaient de pute, d'où le nom de l'enfant "fille de pute".
Je l'ai prise chez moi, je l'ai reconnue légalement comme ma fille, elle a maintenant 12 ans, et n'imagine pas qu'elle ait jamais eu d'autres parents que moi-même et mon ancienne compagne cambodgienne. Il ne me viendrait même pas à l'esprit de lui rappeler le moindre détail sur les premiers mois de sa vie, bien que tous les faux-culs que je connais me disent que je la fais vivre dans le mensonge, et qu'il faut que je lui fasse reconnaître sa dette à mon égard.
La plupart des enfants adoptés que j'ai connus avaient vécu une misère abominable. Le dernier que j'ai vu, c'était il y a deux mois, je revenais d'une mission en Haïti, et dans l'avion d'Air Caraïbes qui me ramenait à Fort de France, il y avait, sur le même rang que le mien, une petite fille de 3 ou 4 ans, qui, sur tout le trajet, a versé plus de larmes que son corps ne semblait posséder d'eau: une grosse française qui essayait de la faire cesser de pleurer l'avait sans doute achetée pour quelques milliers de dollars. La petite fille se rendait compte déjà de son arrachement au paradis, même misérable, où elle était née. C'était écoeurant, je me sentais des envies homicides envers cette obèse, mais je suis trop civilisé, donc trop lâche pour laisser parler ma colère comme elle voudrait s'exprimer.

Écrit par : Gallix | 18/12/2006

en voilà d'un point de vue constructif, j'adore. Votre blog me donne envie d'en créer un également... j'espère que j'y arriverai !

Écrit par : Detranspirant | 04/04/2010

Waw, j'apprécie votre travail, je vous remercie pour votre aide, et notez tout d'abord que je suis complètement d'accord avec vous ! J'insiste, votre billet est sincèrement bien bon, j'espère vous lire à nouveau prochainement ! Je vais avoir besoin d'un peu de temps pour bien assimiler tout ça.

Écrit par : e cigarette pas cher | 27/04/2010

Que de mensonges...! Quel horreur ,?vous etes la soeur de barbara ?...Expliquez vous plus precisement

Écrit par : Francoise | 07/11/2012

bonjour.Je demanderais que soit retirer le message de la personne qui mets de notification calomnieuse et mensongères et diffamatoires en mon endroit sous peine de poursuites juridiques

Écrit par : monestier | 08/11/2012

Pauline, votre soeur a ecrit un livre. Pourquoi avoir attendu 8 ans pour contester cet ouvrage ? Vous regurgitez votre propre abandon...ou votre adoption...?

Écrit par : Francoise | 09/11/2012

Pardon .... d'avoir dit Pauline au lieu de Barbara ...

Écrit par : Martine | 13/11/2012