Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« Ce sont les enfants abandonnés qui ont droit à une famille et non l’inverse | Fanny Cohen-Herlem | Page d'accueil | Belgique | Adoption et couples homosexuels »

04/12/2005

Enfants adoptés, l'envers du décor

La première enquête française sur les ratés de l'adoption.

Environ 15 % des enfants adoptés sont placés dans les foyers de l'ASE ou en hôpital psychiatrique. Lorsqu'en septembre 2004 la Direction générale à l'action sociale (DGAS) et le Ministère de la Santé se sont décidés à "quantifier" les échecs de l'adoption, ils n'imaginaient pas un tel résultat. "Nous misions sur un
taux d'échec inférieur à 5 %"
, admet-on à la DGAS. La psychosociologue Catherine Sellenet chargée de cette enquête inédite, ne rendra ses conclusions définitives qu'à la fin de l'année 2005, mais elle est déjà "étonnée par l'ampleur des troubles constatés. Pour la plupart, ces enfants rendus ont été maltraités avant leur
adoption. Le pays d'origine et l'âge entrent peu en ligne de compte."

Elle souligne par ailleurs la nécessité de créer des structures pour les familles adoptives en difficulté, et de sensibiliser les professionnels de l'enfance à "la spécificité des enfants adoptés" et au "sujet encore tabou des risques de l'adoption".
Un état des lieux qui refroidira sans doute les ardeurs d'un gouvernement soucieux de "libérer le désir d'enfant", de ne pas laisser des familles "sur le carreau" - 23 000 en attente - et de doubler le nombre d'adoptions d'ici à 2006 - 5 000 actuellement chaque année, dont 4000 à l'étranger...

Le chiffre qui dérange : selon une étude inédite du Ministère de la Santé (France) , que le magazine La Vie s'est procurée en exclusivité, 15 % des enfants adoptés finissent par être replacés en institution. Les échecs de l'adoption sont plus nombreux qu'on ne le croit.

Ils adoptèrent, furent heureux et aimèrent beaucoup l'enfant. Dans l'imaginaire collectif, l'adoption a tout du conte de fées où l'amour triomphe de la misère, aussitôt achevé le parcours d'agrément. Les résultats partiels d'une étude inédite, commandée par la Direction générale de l'action sociale (DGAS) et le Ministère de la Santé, viennent assombrir l'idyllique tableau : 10 à 20 % des enfants adoptés - selon les départements - sont placés dans les foyers des Aides sociales à l'enfance (ASE), voire, momentanément, en hôpital psychiatrique . Des "cas explosifs" où la "greffe" ne prend pas entre adoptants et adoptés. "Tous les enfants ne sont pas adoptables, et toutes les familles ne sont pas capables d'adopter", résume la psychosociologue et auteur de l'enquête. Un constat politiquement incorrect au regard du si respecté "désir d'enfant". Un constat prévisible au vu des indices qui ne manquaient pas. Malheureusement on n'a pas voulu regarder les travaux à l'étranger, d'après lesquels 30% des enfants adoptés présentent des troubles du comportement. On a feint de ne pas voir la "surreprésentation" de ces traumatisés (environ 15 % des patients) dans les services de psychiatrie et médico-psychopédagogiques de l'Hexagone. On n'a pas souhaité entendre la parole de ceux qui, la culpabilité chevillée au corps, expriment parfois leur désamour : "Mes vrais parents ceux-là sont juste adoptifs." "Je n'étais pas préparée à venir en France et ne souhaitais pas d'autres parents." "On m'a volé mon histoire, mais retourner dans mon pays n'y changerait rien. J'y serais étranger."

L'enfant adopté n'est pas un enfant ordinaire. Il doit composer avec "un traumatisme de l'abandon qui le fragilise, et avec un passé souvent méconnu qui parasite sa vie, analyse la pédopsychiatre et psychanalyste Fanny Cohen-Herlem. Il y a des enfants tellement carencés affectivement qu'ils ont développé des mécanismes de survie les empêchant de s'attacher. Leur histoire et celle de la famille adoptive sont alors incompatibles."

Ancienne responsable des adoptions à Médecins du monde, Fanny Cohen-Herlem propose des consultations spécialisées à l'Arbre vert (1), la seule véritable structure de prise en charge des adoptants en détresse.
Mis sur pied en 2001, ce centre reçoit 60 nouvelles familles chaque année : "Les parents sortent de l'omerta. Nous leur expliquons qu'ils ne sont pas coupables mais qu'il est impératif de relever la tête pour sécuriser l'enfant et l'aider à assumer son traumatisme." Pour papa-maman, c'est la fin du mirage, de l'illusion selon laquelle l'amour cicatrise toutes les blessures. Le gamin reste hanté par ses vieux démons.
Difficile de croire au paradis familial lorsqu'on a été nourri pendant des semaines à travers les barreaux d'un lit-cage, sans jamais avoir croisé une expression de tendresse. Persuadé qu'il n'est pas aimable et ne saura aimer, incapable ou craignant de s'attacher, l'enfant cherche à rompre le lien ténu de l'adoption.
Soit par une simple mais profonde indifférence ; soit par des vols, addictions et violences.

À l'association d'adoptants Pétales France, créée en 2002 et forte de 300 adhérents, Laurence (2) participe chaque mois aux Grep, les groupes de rencontre entre parents. Le public est averti : près de la moitié des membres de l'association ont confié leur enfant tourmenté à une institution, médicalisée ou non. Aucun risque ici d'entendre le traditionnel et guère thérapeutique "vous aimez mal"... Tous s'entraident sans a priori. Chacun se raconte sans honte. Sous les regards solidaires, Laurence évoque le placement, il y a trois ans, de sa fille adoptive de 10 ans en institut médico-éducatif. Elle se remémore le déchirement de la séparation, puis convient qu'il lui fallait préserver son couple et son fils, adopté lui aussi, de la violence quotidienne d'une préadolescente déchaînée. "On sort de ces rencontres soulagés, remplis de cette énergie positive et rassurante que réclament nos petits, commente Laurence. C'est libérateur de comprendre que nous ne sommes pas directement à l'origine de leur mal-être." Des enfants dont le non-initié mesure mal la fureur: "Je finissais par avoir peur de ma propre fille, poursuit Laurence. Le matin, je ne faisais pas de bruit : une heure de sommeil en plus, une heure d'insultes en moins..." Bébé, Elsa détourne le regard, refuse d'être embrassée et ne se laisse pas laver. À sept ans, elle détruit sa chambre, explose son lit et menace d'éventrer la maison. Elle tape Laurence en hurlant: "Les papiers sont faux. Tu m'as volée. Ma maman est venue cette nuit pour me dire de ne pas t'aimer." Adoptée à quatre ans dans un orphelinat d'Éthiopie où elle avait été mal nourrie et maltraitée, Elsa submerge sa nouvelle mère d'un flot de haine : "Quand je te vois, il faut que je te fasse du mal", lui répète - telle. "Son passé l'obsède et elle pense qu'on lui ment lorsqu'on lui dit "je t'aime", se désole Laurence. Alors, évidemment, en la plaçant, on lui donne un peu raison... On lui fait du mal... Mais nous la voyons chez le juge, nous assistons aux rencontres avec les professeurs... Nous restons ses parents."
Et tous les matins depuis trois ans, comme si elle était là, Laurence ouvre les volets de la chambre d'Elsa.

D'autres enfants, une soixantaine par an, n'ont même pas le temps d'être adoptés. Ils sont "rendus" avant. Estelle a habité une année seulement chez Cathy et Serge. Elle avait 10 ans lorsque, déjà parents adoptifs d'une angélique petite Péruvienne, ils l'ont découverte au Chili. Bouleversé par cette enfant des rues errant en guenilles aux côtés de mendiants, le couple la ramène en France.
"Nous pensions qu'il suffisait de l'aimer pour l'aider. Nous imaginions qu'avec de la générosité on sauve le monde. Quelle naïveté!", reconnaît Cathy. Estelle avait appris à se débrouiller seule et à ne faire confiance qu'à elle-même. "Je vais passer quinze jours de vacances avec vous, et je repars chez moi", lançait-elle aussitôt installée dans l'avion. "Elle n'était pas prête à partir. Son passé pesait trop lourd, regrette Cathy. Quant à moi, j'étais incapable de faire face. Cette grande fille qui devait récupérer dix ans d'amour, mais me repoussait à chaque tentative... " Cathy n'a pas caché son désarroi. La Ddass a repris l'enfant pour la placer dans une famille d'accueil où la galère s'est poursuivie. Dix ans plus tard, Estelle est partie au Chili à la recherche de sa mère biologique. Déçue mais apaisée par ces retrouvailles, elle est rentrée en France, puis a contacté Cathy, dont elle a dissipé les remords : "Je n'étais pas adoptable. J'avais trop de comptes à régler", lui a-t-elle dit. L'année suivante, Cathy était témoin d'Estelle à son mariage ; Serge accompagnait "sa fille" à l'autel...

Jamais "rendu", jamais placé, jamais violent, Franck n'apparaîtra pas dans l'étude de la DGAS. Né il y a vingt-quatre ans, adopté à quinze mois, cet ouvrier du bâtiment est pourtant à la dérive : "Mon adoption, c'est une adoption à sens unique. Je n'ai rien demandé. On m'a déraciné. J'ai l'impression d'être E.T. ici. On me dit: « C'est comme si c'était tes parents, c'est comme si tu étais français. » Mais on ne se construit pas sur des comme si ! Dans la bouche du jeune homme, chaque mot pèse son poids de souffrances, chaque phrase est lourde de sens : "Avant mon adoption, il a dû m'arriver quelque chose. Je n'ai jamais supporté que mes parents adoptifs me touchent. J'ai de l'affection pour eux, mais pas d'amour." Il y a peu de chance que Franck puisse un jour éclaircir son passé : l'orphelinat du nord de Bombay (Inde) où il a été adopté est aujourd'hui fermé. Il est néanmoins convaincu de ne pas avoir été désiré, certain d'être condamné au pire. "Ma mère a accouché, mais elle n'a pas donné la vie. J'ai l'impression de ne pas exister et de ne pas être aimable... Je refuse l'amour des autres, parents ou petites amies. Je redoute la trahison ... l'abandon." Franck se raccroche à l'association d'aide aux enfants adoptés qu'il veut fonder pour faire comprendre aux services d'adoption "qu'un bébé de quinze mois a un vécu dont ils doivent tenir compte".
Des convictions qui n'empêchent pas Franck, par intermittence, de croire à des lendemains moins sombres : "Peut-être que les parents adoptifs aussi donnent la vie ?" Toutes ces questions, Hervé, 36 ans, père de deux enfants, se les est longtemps posées. "Je les ai d'abord refoulées. Je pensais : 'Vous pouvez me disputer, vous n'êtes pas mes vrais parents.' Mais je me taisais, je craignais qu'ils me rejettent. J'ai ainsi construit deux histoires en parallèle. Et au collège, tout a explosé." Fugues, acide et colle, échec scolaire. L'adolescent, né au Zaïre d'un Haïtien et d'une Belge, adopté à dix-huit mois, "teste" ses nouveaux parents, obligés d'aller le récupérer dans les rues où il mendie et les squats où il couche. "S'ils m'avaient lâché, cela aurait confirmé mes doutes. Heureusement, ils n'ont pas démissionné. Ils m'ont rassuré en me prouvant que, quelle que soit mon attitude, ils restaient mes parents." Hervé va par la suite se libérer du "fantasme biologique".
Il rêvait d'une mère africaine miséreuse violée par un soldat européen ; il découvre une femme issue de la grande bourgeoisie belge, sacrifiant son nourrisson à l'honneur familial. En bref, il aura fallu vingt-huit ans à Hervé pour se dégager de ses chimères... "L'adoption ne va pas de soi. L'amour n'est pas un dû. C'est avec le temps et les épreuves qu'on a une chance de s'apprivoiser. Lentement, la reconnaissance a cédé la place à l'amour, et j'ai compris que le lien de sang n'était pas forcément le lien suprême. Maintenant, je peux l'affirmer : j'ai adopté mes parents". Il n'y aurait donc pas d'adoption réussie sans choix. Un choix réciproque, où chacun s'efforce d'accepter l'histoire de l'autre, son deuil ou sa joie.
Adopter ne vient-il pas du latin optare qui signifie choisir ?


(1) L’ Arbre vert, centre social Caf, 4, rue d'Annam,
75020 Paris. Tél. : 01 47 97 8919.

(2) Les prénoms ont été modifiés.

Source : Québec Adoption


- Autres articles sur Abandon & adoption

 

 

Commentaires

Cette enquête rejoint aussi un ancien article paru dans "Le Nouvel Observateur" .
Le voici dont sont intégralité.

Adoption : le plus dur commence après.

Pas facile de parler d'un sujet aussi délicat que les troubles des enfants adoptés. Ni d'admettre que le bonheur initial se transforme parfois en une aventure risquée.

Toute la famille était allée chercher le petit frère chez la nourrice où il était placé. C'était un bébé joufflu de 4 mois, d’origine maghrébine, que personne n'avait demandé. Son dossier portait la mention: « Un handicap : ne dort pas. » Ses parents, des intellectuels généreux, avaient souri : ses deux sœurs, adoptées elles aussi, avaient eu des réveils nocturnes, celui-là allait faire pareil.

Il aura fallu en fait attendre l'entrée de Julien en CE2 pour le voir dormir un peu. Écolier, le fiston chaparde et ne donne aucun signe d'affection.
« Vous savez, explique-t-il un jour, l'amour ça s'use ! » En sixième, c'est la dégringolade, il vole, menace, démolit et cogne, y compris ses proches. On le vire deux fois du collège. À la maison, pas un tiroir qu'il ne visite, les parents couchent avec l'argent sous l'oreiller, le quotidien est intenable. À 16 ans, il est dans la rue et rôde avec ses copains beurs dans les cités. « Vous avez voulu un enfant parce que vous n'en aviez pas ! Je ne suis pas votre fils » , lance-t-il avec rage. Suivent ensuite la manche au pied de l'immeuble avec des SDF, le shit, le cambriolage des voisins, deux tentatives de suicide. La seconde fois, c'est sa maman qui le retrouvera la corde au cou.

Incroyable mère, cette Élisabeth qui raconte leur histoire avec sobriété, à coups de mots médités. Décalage affectif, volonté de se mettre en situation de rejet, mise à l'épreuve des parents, abandon toujours à l'œuvre, elle explique tout. Avant de lâcher : « Malgré les psys, les antidépresseurs et les aides en tous genres, on a failli crever plus d'une fois. Notre couple aussi. On s'en est sortis grâce à notre capacité à remuer ciel et terre pour intervenir vite. Qui a la possibilité de faire tout ça ? »
Aujourd'hui seulement, Élisabeth commence à croire que Julien, qui fait de la sculpture en région parisienne, s'en sortira peut-être. « Quand on adopte, il faut parfois apprendre à aimer sans retour, dit-elle. Autrement que sentimentalement. L'aventure comporte en tout cas plus de risques que je ne le croyais. »

Elle n'a pas tort, Élisabeth. Pas besoin de chercher longtemps pour entendre des témoignages comme le sien. Beaucoup sont moins dramatiques. Quand il y en a, les problèmes des familles adoptives ressemblent souvent à ceux d'une couvée qui aurait hérité d'un « vilain petit canard ». Ce sont des enfants colériques et imprévisibles, et qu'on jugerait banals si les mères n'insistaient pas sur leur « isolement » ou leur « retrait » : « Elle s'est construite toute seule » , dit l'une.
« Il est gris, éteint, fermé, ajoute une autre. Il n'a pas besoin de nous, au fond il ne nous aime pas. Après des années à la maison, c'est comme s'ils ne faisaient toujours pas partie de la famille. »

Il y a aussi des histoires plus tristes que celle d'Élisabeth. Celles qui finissent par une rupture : les parents « n'en veulent plus » , ou l'enfant veut « se tirer ». Il fugue et sème des SOS, jusqu'au jour où il atterrit dans un foyer. « Nous avons été détruits par notre fille , juge la mère d’une Elsa partie à 10 ans, l'air triomphant. Je n'ai aucun bon souvenir avec elle. Notre vie avec elle n’a été que souffrance et violence, exprimées à travers sa haine. Quand je l'entendais se lever le matin, j'avais peur d'elle. »
« Nous sommes au fond du trou , avoue une autre maman à qui l’ont à “retiré” deux de ses trois garçons adoptés. Ils nous rejettent, mais je veux les récupérer.»
Il y aurait donc des adoptions ratées. La question est longtemps restée taboue. On préfère mettre en avant le fameux « parcours du combattant » des couples en mal d' enfants. Comme si le bonheur devait forcément suivre après … La question de la « post-adoption », banale chez les Anglo-Saxons, dérange encore en France: « N’allez pas dire , lance la mère d’un bienheureux gamin, que tous les enfants adoptés sont malheureux ! » OK. Reste que si la majorité d' entre eux se portent aussi bien que les autres, il existe des enfants meurtris, qui encaissent mal d'être adoptés, et le font « payer » à des parents exténués … L' amour est indispensable, mais ne suffit pas toujours pour adopter.

Des psychiatres et psychologues sont étonnés de voir autant d'enfants adoptifs dans leurs consultations : à Marseille, ils représenteraient près d' un quart de celles de Marcel Ruffo, le nouveau pape de la pédiatrie. Enorme, puisque seul un enfant sur 250 est adopté. A Saint-Etienne, ces enfants-là ne constitueraient « que » 12% des consultations de pédo-psychiatrie du CHU. Le patron du service, Maurice Berger, est un de ceux qui vont loin sur le sujet. Citant une enquête suisse (1), - 40% d'adoptions d' enfants étrangers échoueraient - il avance qu' on est
« loin d' une certaine imagerie rose ».
Pour lui, « la vie psychique de l'enfant adopté est complexe et douloureuse ». « Elever un enfant n' est peut-être pas à la portée de n' importe quel couple.» « Je vois arriver des parents épuisés psychiquement » , témoigne la psychanalyste Sophie Marinopoulos (2).
Certains veulent rendre leur enfant. Environ 4% des enfants adoptés sont placés.» « Les échecs sont de plus en plus lourds » , confirme sa consoeur Ombline Ozoux-Teffaine (3). Pour elle, l'adoption iternationale, dans son état actuel, y est pour beaucoup. Une opinion largement partagée. Ce sont « les enfants des années boat people » qui courent parfois nos rues en galérant. Quand on a été arraché à la guerre ou à la famine, la greffe ne peut prendre qu' avec beaucoup de précautions.

« Il y a des enfants inadoptables », entend-on aujourd'hui dans les colloques. La polémique s' annonce. Pour beaucoup de psys français, les troubles seraient liés aux « situations d' adoption » : en clair, c' est le sac de noeuds des interactions entre parents et enfant qui serait à l'œuvre.
Plus pragmatiques, les Anglo-Saxons préfèrent, eux, se caler sur une nouvelle pathologie de l' enfant, les « troubles de l' attachement ». L' enfant aurait été rendu « malade » par son abandon initial. Une association d' aide aux parents adoptifs, Pétales (4), émanation d' une pionnière belge, tente depuis deux ans de populariser et de faire admettre ce nouveau concept de troubles de l' attachement. Etiquette commode pour des parents rongés de culpabilité quand le petit n'
« accroche » pas ? Ou nouvelle approche d'être parent, distanciée mais plus efficace ? « Il ne peut pas m’aimer, je n’y suis pour rien et je vais l’aimer autrement … » Pétales, malgré son côté militant, a néanmoins le mérite de proposer une écoute téléphonique et un soutien, sans demander aux appelants s'ils ont bien digéré leur stérilité ou de quelle façon ils aiment leurs enfants. Ce n'est pas rien, vu la carence de lieux d' accueil et d' écoute français.

Un peu noir, ce tableau ? Normal, il émane de « plaignants » et de soignants… La réalité est plus contrastée. Pour s' en convaincre, il faut lire le livre récemment paru d' une dame qui fut une grande pédagogue, Cécile Delannoy (5). Mère adoptive « ayant dû recoller les morceaux », elle a voulu « rompre la pudeur bien-pensante qui interdit de parler juste et vrai ». Elle nous livre une enquête au long cours, patiemment tissée loin des passions et des idéologies d' emprunt. Son périple l'a conduite chez les psys et surtout dans 71 familles dotées de 154 enfants adoptés. On y découvre des familles qui échangent des mots étonnants et vivent des miracles grâce à la stupéfiante faculté de réparation et de volonté d' intégration des enfants. Son verdict est au bout du compte balancé. Elle commence par énoncer :
« L'adoption pose problème, plus qu' on ne veut bien le dire. » Les difficultés scolaires sont massives chez les adoptés malgré les milieux culturels, bourrés d' enseignants, où ils grandissent. L' adolescence est le moment de tous les risques. La moitié des jeunes ont « dérouté » ou « inquiété » leurs parents, et parmi eux, un sur deux a fini par basculer dans la galère : dépression, délinquance, errance. Mais la
bonne nouvelle, c'est que cela finit souvent par s' arranger … Très peu de jeunes atteindraient un point de non-retour. La plupart sortent du tunnel. Avec un temps de retard, un peu moins dotés de diplômes et de carrières prestigieuses, mais prêts à devenir parents à leur tour.
« Si je ne pouvais pas avoir d'enfant , dit Etienne, 22 ans, j' adopterais sans hésiter. C' est beau d' adopter. » .

------------------------------
Raffarin veut faire du chiffre

Ce fut une annonce surprise. Le 24 janvier 2004, le monde des professionnels de l'adoption apprend médusé que Jean-Pierre Raffarin est " déterminé " à doubler le nombre d'enfants adoptés dans les prochaines années. L'argument du Premier ministre est massif : " Il y a 23 000 personnes qui veulent accueillir un enfant et on ne réussit à faire environ que 4 000 adoptions par an. " Ce " nouvel élan à l'adoption " passera par une " agence nationale " . Que signifie cette déclaration ? Où irons-nous chercher nos enfants ? Dans nos services sociaux ? En 2002, 40 en sont sortis pour adoption, contre 1 600 en Italie et 5 000 en Angleterre. Sommes-nous prêts à changer notre regard sur le lien biologique ? Irons-nous à l'étranger ? Evitera-t-on les trafics de nouveau-nés vendus dans les pays pauvres ? Autant de questions qu'il reste à trancher.
--------------------------------
Le Nouvel Observateur N° 2048 - Du 5 au 11 février 2004 - Pages 82 et 83.

Écrit par : Tushani | 05/12/2005

L' article de La Vie sur les échecs en adoption est excellent.

Au titre de diverses associations dans lesquelles je travaille, et notamment la CADCO et Le Fil d'Ariane, j'ai été à de très nombreuses reprises interpellé ces derniers mois par des parents par adoption en grande difficulté avec leur enfant surtout adolescent. Les réponses que ces parents obtiennent des services sociaux sont souvent culpabilisantes et inadaptées ("vous êtes allé le chercher, assumez"). Les difficultés se manifestent par beaucoup de violence. Ces enfants adoptés sont sur-représentés dans les mesures d'assistance éducative et dans les services de pédo-psychiatrie.

Plusieurs livres récents ont abordé ce délicat et nouveau problème et notamment
- Pascal ROMAN L’adoption à l’étranger et la souffrance des liens, (CNFPE-PJJ 2002),
- Cécile DELANNOY Au risque le l’adoption, une vie à construire ensemble. ( La découverte 2004)
- Nancy NEWTON-VERRIER L'enfant adopté: comprendre la blessure primitive qui vient d'être traduit en français par le Dr Françoise Hallé et publié par De Boeck (2004)
- et tout récemment Pascal ROMAN, les enjeux de l'adoption à l'étranger, préface de Pierre Verdier, (Jeunesse et droit 2005)

Aussi, ai-je mis en place un groupe de travail, auquel ont participé Caroline Debladis présidente de l'association Pétales, Laure Nelliaz du Ministère, Catherine Sellenet, psychologue et professeur d'Université auteur de l'étude citée dans La Vie, Frédéric Jésu, pédopsychiatre, Cécile Delannoy, auteur, la fédération Enfance et Familles d'adoption (une fois), etc.

Nos travaux ont conclu à la nécessité d'informer
• les travailleurs sociaux des services de l'Aide sociale à l'enfance
• les adoptants et futurs adoptants
de la spécificité de ce problème souvent ignoré, voire tabou, sous forme d'un colloque ou journée d'étude à leur intention.

Le but serait de comprendre mieux, mais aussi de prévenir la venue de ces problèmes et d'inventer des réponses.

Un colloque pourrait avoir lieu en 2006 sous le type de ceux que nous avons fait au Sénat et au génocentre d'Evry.

Écrit par : Pierre Verdier | 10/12/2005

Question de l'échec de l'adoption - Hebdomadaire La Vie

Curieux les propos tenus par la Présidente d' Enfance et familles d'adoption, lors d'une table ronde organisée par la Mission d'information sur la famille et les droits des enfants :

"S’agissant des chiffres avancés par l’hebdomadaire La Vie, ils résultent de fuites très malencontreuses à propos d’une enquête qui était en cours. Cette enquête avait été bricolée sur un coin de table avec quelques crédits d’un ministère, sans travail préparatoire portant sur les questionnaires, et reposant manifestement sur des a priori : on avait déjà décidé à quels résultats l’enquête devait aboutir. Cet article de La Vie reposait sur des hypothèses, et non sur des résultats. Je crois me souvenir que les départements qui ont répondu à l’enquête ont pu trouver une soixantaine de cas où l’on pouvait parler d’échec de l’adoption, une soixantaine parmi tous les enfants adoptés au cours des dix-huit années précédant l’enquête."

Écrit par : Maryline | 31/01/2006

Je suis Alem, adoptée d'Ethiopie.
cela fait 20 que je suis ici en Belgique. mon adoption c'est mal passé. Ici, je n'entends parler que d'adoptants ayant des problemes avec les adoptés...mais que ce passent ils vraiment chez les adoptés? avez vous des témoignages qui nous donnent les deux sons de cloches? c'est bien de panser les blessures de ces parents, du moins avoir cette écoute, mais nous, qui nous écoute? qui nous guide?...sans jugement, ni colere? qui sommes nous?si vous pouviez me donnez un site qui puisse répondre a ma demande, je vous en serez infiniment reconnaissante. moi aussi j'ai hate de réparer mes blessures, d'être plus vivante.
je vais vous dire un mot sur mon vécu ; j'ai été adoptée a l'age de 7ans par une mere celibataire qui avait déja une fille de 12ans. cela a été une véritable catastrophe. elles n'ont tenu compte ni de mon passé, ni de mon futur, encore moins de mes origines, de ma culture, de mes richesses. j'ai été une bête de foire de qui elles riaient ouvertement parce que j'étais différente...je n'ai rêvé que d'une chose durant tout ce temps, m'en libérer. ce fut un laborieux, horriblement injuste. je vous le dit, si j'avais eu le choix, je serais restée en Ethiopie; mais je suis la.
je regrette pour ces parents, qui ont fait un geste extraordinaire, je regrette pour leur enfants. mais je sais une chose, c'est que nous sommes capable de vivre, différemment que beaucoup d'autres, et que notre vécu si douloureux soit-il est une source de richesse inestimable, si seulement nous la metions a la disposition de ceux qui en ont besoin, nous sommes peutêtre les seuls a pouvoir les comprendres.
je me demande quand mon cauchemards sera fini, quand, je pourrais enfin osez etre moi-même, donner ce que j'ai a donner. je me demande comment j'ai fait pour etre encore en vie...
P.S ; Raffarin est un malade qui s'ignore. les lois belges acceptent que des parents homosexuels adoptent. déja pas évident de se faire une identitées en tant qu'adoptant, mais qu'est ce que cela va donner dans ce cas...
je sais que beaucoup d'adoptions echouent. que ceux qui estiment que ces infos sont des intox continuent a ignorer la réalité. je ferais mieux qu'eux. soyez en convaincu.
une chose encore ; vous pouvez avoir autant de problemes avec vos enfants biologiques.pas besoin d'etre adopté pour ça.

Écrit par : Massai | 13/02/2006

Avez-vous connaissance de travaux sur le sujet "le baby blues ou dépression post partum" après une adoption ?

Écrit par : armelle | 01/03/2006

Je me permets de publier en réponse le constat désasterux concernant l'exploitation actuelle de l'adoption internationale par le Conseil de l'Europe. Nous assistons à une véritable mercantilisation de ces adoptions, dont le flus est à sens unique, sujettes à la loi de l'offre et de la demande :

" Conseil de l'Europe-Assemblée parlementaire, Recommandation 1443 (2000)1. Pour un respect des droits de l’enfant dans l’adoption internationale
1. L’Assemblée rappelle que tout enfant a des droits, tels que consacrés par la Convention de l’Onu sur les droits de l’enfant, et a notamment le droit, dans la mesure du possible, de connaître ses parents et d’être élevé par eux; l’adoption internationale doit permettre à un enfant de trouver une mère et un père dans le respect de ses droits, et non à des parents étrangers de satisfaire à tout prix un désir d’enfant; il ne saurait y avoir un droit à l’enfant.
2. Aussi l’Assemblée s’insurge-t-elle contre la transformation actuelle de l’adoption internationale en un véritable marché régi par les lois capitalistes de l’offre et de la demande, et caractérisé par le flux à sens unique des enfants qui viennent des pays pauvres ou en transition vers les pays développés. Elle condamne fermement tous les actes criminels commis aux fins de l’adoption ainsi que les dérives et pratiques mercantiles telles que les pressions psychologiques ou d’ordre économique sur des familles vulnérables, l’adoption directe auprès des familles, la conception d’enfants aux fins d’adoption, les fausses déclarations de paternité, ainsi que l’adoption d’enfants via l’Internet.
3. Elle souhaite que les opinions publiques européennes prennent conscience que l’adoption internationale peut malheureusement donner lieu au non-respect des droits de l’enfant et qu’elle ne correspond pas forcément à l’intérêt supérieur de l’enfant. Les pays d’accueil véhiculent une vision souvent déformée de la situation des enfants dans les pays d’origine et des préjugés tenaces sur les bienfaits pour un enfant étranger d’être adopté et de vivre dans un pays riche. Les dérives actuelles de l’adoption internationale vont à l’encontre de la Convention de l’Onu sur les droits de l’enfant, qui préconise, en cas de privation du milieu familial de l’enfant, des solutions de remplacement qui doivent dûment tenir compte de la nécessaire continuité dans son éducation, ainsi que de son origine ethnique, religieuse, culturelle et linguistique.
4. La communauté internationale s’est donné, en 1993, une éthique et des règles en élaborant la Convention de la Haye sur l’adoption, qui privilégie le principe de subsidiarité, selon lequel l’adoption internationale ne doit être envisagée qu’à défaut de solutions nationales. L’Assemblée doit constater que la portée des engagements de cette convention est insuffisamment connue et qu’elle reste peu ratifiée par les Etats membres.
5. L’Assemblée demande donc au Comité des Ministres du Conseil de l’Europe d’afficher clairement sa volonté politique de faire respecter les droits de l’enfant en invitant instamment les Etats membres:
i. à ratifier, si ce n’est pas déjà fait, la Convention de la Haye sur l’adoption et à prendre l’engagement d’en respecter les principes et les règles même dans leurs relations avec des Etats qui ne l’ont pas eux-mêmes ratifiée;
ii. à mener des campagnes d’information auprès des professionnels et des candidats à l’adoption internationale pour une pleine compréhension des engagements nés de la Convention de la Haye et de leurs implications;
iii. à développer la coopération bilatérale ou multilatérale indispensable à une application effective de cette convention;
iv. à assister les pays d’origine des enfants étrangers dans l’élaboration de leur législation sur l’adoption ainsi que dans la formation d’un personnel compétent de l’Etat, des agences dûment homologuées concernées et de tout autre professionnel impliqué dans l’adoption;
v. à s’assurer de la capacité adoptive des candidats à l’adoption internationale, à leur offrir une préparation approfondie et obligatoire comme étape préalable à cette démarche et à assurer un suivi - notamment psychologique - des enfants étrangers adoptés;
vi. à assurer à l’enfant étranger en cas, par exemple, de divorce des parents adoptifs ou d’abandon ou de difficultés dans la procédure d’adoption, etc., le respect de ses droits fondamentaux, comme le droit à un nom, à une nationalité, etc.;
vii. à assurer le droit de l’enfant adopté de connaître ses origines au plus tard à sa majorité et à éliminer de leurs législations nationales toute disposition contraire.
6. L’Assemblée demande également au Comité des Ministres d’inviter les Etats membres à renforcer leur coopération par tous les moyens, notamment via Europol, dans la lutte contre le trafic d’enfants et pour l’éradication des réseaux mafieux ou illicites, et de ne pas laisser sans sanction le moindre abus commis dans le domaine de l’adoption internationale.
7. Par ailleurs, l’Assemblée invite le Comité des Ministres:
i. à affirmer davantage le rôle que Conseil de l’Europe, garant des droits de l’homme, doit jouer dans la défense et la promotion des droits de l’enfant;
ii. à traduire ce rôle dans le secteur de la coopération intergouvernementale – en direction en particulier des nouveaux Etats membres – par l’élaboration de politiques sociales et familiales favorables à l’enfant, qui visent à la prévention de l’abandon d’enfants et au maintien des enfants dans leur famille d’origine, et, à défaut, au développement des alternatives familiales et à la promotion de l’adoption nationale de préférence au placement en institutions;
iii. à réviser la Convention européenne sur la nationalité du 6 novembre 1997 afin de faciliter l’acquisition de la nationalité du pays d’accueil pour un enfant étranger en cas de faillite de l’adoption ou de rupture de la procédure d’adoption.
_____________________
1. Discussion par l'Assemblée le 26 janvier 2000 (5e séance) (voir Doc. 8592, rapport de la commission des questions sociales, de la santé et de la famille, rapporteur: M. About; Doc. 8626, avis de la commission des questions juridiques et des droits de l'homme, rapporteur: Mme Wohlwend; et Doc. 8600, avis de la commission des migrations, des réfugiés et de la démographie, rapporteuse: Mme Vermot-Mangold).
Texte adopté par l'Assemblée le 26 janvier 2000 (5e séance)."

Écrit par : Parisnemours | 01/03/2006

Une étude française française jetée aux oubliettes.

En mars 2005, l'hebdomadaire "La Vie" publiait un article concernant une pré-enquête sur les enfants adoptés en France.

Un extrait paraissait aussi sur Nouvelobs.com :

"Environ 15% des enfants adoptés en France finissent par quitter leur famille d'accueil pour être placés dans des institutions, rapporte l'hebdomadaire «La Vie» qui cite une enquête de la Direction générale de l'action sociale (DGAS) et du ministère de la Santé.
Selon les résultats «partiels» de cette étude, «10 à 20% des enfants adoptés, selon les départements, sont placés dans les foyers de l'Aide sociale à l'enfance, voire, momentanément en hôpital psychiatrique», écrit «La Vie» dans son édition de jeudi.
Selon l'hebdomadaire, les auteurs de l'enquête se disent «étonnés par l'ampleur des troubles constatés» chez les adoptés.
«Le pays d'origine et l'âge entre peu en ligne de compte» pour les enfants concernés, détaille Catherine Sellenet, la psychosociologue chargée de cette enquête. «Pour la plupart, ces enfants rendus ont été maltraités avant leur adoption», explique-t-elle dans «La Vie».
En France, un peu moins de 4.000 enfants étrangers ont été adoptés en 2003 et 23.000 familles sont toujours en attente d'une adoption."
----

L' étude française jetée aux oubliettes ...

Suite aux premiers résultats, la Direction générale de l'action sociale (DGAS) a tout simplement suspendu la recherche, et mis les premières conclusions connues dans un tiroir. Le rapport de la chercheuse en psychosociologie Catherine Sellenet n'a donc jamais été fini, et il n'a jamais été publié !

Le public n'aura donc jamais connaissance des résultats de cette étude, ni accès à son rapport.

Écrit par : Barbara | 22/06/2006

Adoptante, je subis un rejet de la part de mon fils de 6 ans.Je m'appercoit seulement maintenant, après 5 ans d'adoption, des problèmes relationnels possible. Je m'attendais à devoir gérer les problèmes de mon fils, pas à subir un rejet.

Les parents concernés par ces problèmes ne s'ouvrent que rarement. Le problème reste tabou : nous les avons voulu, nous sommes allés les chercher, il serait politiquement incorrect d'avouer les nombreux problèmes que nous posent nos chères petites têtes blondes !

Il serait temps de mettre en garde les futurs adoptants, contre les problèmes de cet ordre pouvant survenir.

Écrit par : DELAIN | 31/08/2006

bonjour,
je n'aime pas le terme mettre en garde , je pense que la relation est à la base de tous les rapports humains et dans les cas d'aban-doption je pense qu'ils s'avèrent dificiles surtout lorsque règne encore l'utopie de l'adoption plénière , qui efface le passé et fait de l'adoption une fiction filiative , alors qu'elle est autre chose , une relation d'un autre type ,
reflechir sur ce qu'elle est , voila qui serait interressant ,
mettre en garde ou réfléchir , prendre consciences que l'adoption ne peut pas être un 'palliatif" , un équivalent à la filiation biologique , elle est différente ,
de plus de quelle adoption s'agit il , y a t'il eu déracinement , quel age avait l'adopté , et le succès d'une greffe est il obligé , surtout si la pression sociale qui est derrière la fiction est moindre comme aujourd 'hui ou rien n'est donné ( famille recomposées , mise en question de l'ordre suprème famillial à ll'adolescences)
voila les réflections d'un adopté qui a souffert de l'adoption "en silence " et qui fait le retour sur sa vie à la quarantaine ,
l'adoption ne peut être une réponse au besoin d'enfant mais est un certain type de relation noué pour répondre à un problème ( et à une demande) , la maitrise de ce qui est en jeu me semble difficile , il ne faut pas se tromper sur ses objectifs et avoir une attente 'transactionelle' , non que ce soit votre cas , je ne vous connais pas , juste quelques réflexions d'ordre général ,

Écrit par : aloredelam | 01/09/2006

Nous sommes nous aussi, des parents déchirés. Sébastien avait 5 mois quand on l'a adopté (à Paris). Son enfance s'est déroulée sans problèmes. A partir de sa majorité, tout s'est écroulé. Il s'est drogué, nous a volé de l'argent et du matériel. Il a fait 3 mois de prison pour actes de violence. Nous avons malgré tout continué à être à ses côtés en lui rendant visite en prison et en lui expédiant de l'argent et des vêtements. A sa sortie il a décidé que nous n'existions plus, que nous n'étions plus ses parents ! Pour nous, c'est un drame très dur à vovre au quotidien. Il refuse tout simplement notre amour.

Écrit par : BEAU | 13/03/2007

Quelle aide pouvons nous trouver face à un enfant adopté en Colombie à 17 mois qui a 19 ans.Rejet des études, vols répétés, attaque à main armée à 17 ans actuellement en garde à vue pour trafic de marchandises dans le magasin Carrefour où il travaillait. Violent à la maison. Consommateur ++ de Cannabis Sommes démunis,partagés entre la certutide qu'il faut cesser de l'aider et le mettre à la porte face à ses responsabilités et la culpabiliter de l'abandonner une deuxième fois.D'autant qu'ilest très intelligent et manipulateur Personne ne peutnous aider.

Écrit par : boullier | 10/12/2007

je suis d'origine bresilienne, adoptée à 8 ans par des parents français, tout s'est bien passé mais depuis quelque temps rien ne va plus.. j'ai aujourd'hui 21 ans et je suis de plus en plus mal dans ma peau.. un sentiment de ne pas etre à ma place.. de prendre la place de quelqu'un d'autre... l'adoption devrait être une deuxieme chance mais quand tout va mal..... les parents adoptifs pensent trop qu'ils vont pouvoir éffacer les blessures et le vécu de nous enfant abandonné.. or pour nous construire nous avons besoin de savoir.. aujourd'hui ma mere adoptive regrette de m'avoir adopté et moi dans cette situation je me demande si tout compte fait.. ça n'aurait pas été mieux pour nous tous si je serai resté dans mon payS... le plus dur c'est de ne pas trouver les réponses.......

Écrit par : lulu | 20/06/2008

JE SUIS A LA RECHERCHE DE MA FILLE ELLE A ETE ADOPTER EN 2000 ELLE SE TROUVER AVANT A LA POUPOUNIERE DE BONDOL JAI EU DES PROBLEME JE NE SUIS PLUS ALLER LA VOIR QUELQUE MOI SEULEMENT ET IL LONT FAIT ADOPTER SANS MON AUTORISATION ET MAINTENANT CELA FAIT 8 ANS QUE JAI PAS EU DE NOUVELLE DE MA FILLE LES GENS QUI LON ADOPTER LUI EN MEME CHANCHER DE NON MA FILLE ELLE SAPELER SANTIAGO BRENDA MARIE CARMEN MAIS EN LAPELER BRENDA TOUT COURT ELLE ET NEE LE 15 NOVENBRE 1997 A MARSEILLE L HOPITALE CONCEPTION MOI JE SUIS SA MERE BIOLOGIQUE JE MAPEL SOLANGE CORTES NEE LE 1 02 1976 A MARSEILLE ET SON PERE BIOLOGIQUE C EST ANGE MANUEL SANTIAGO NEE LE 21 01 1974 CAR AUJOURD HUIT SA FAIT 9 ANS QUE JAI PAS VU MA FILLE MERCI BOUCOUP A CEUX QUI POURRONS MAIDER

Écrit par : cortes | 03/11/2009

Quand on entend la souffrance des adoptions ratées , d'un côté comme de l'autre , il serait préférable de laisser ces enfants dans leur pays d'origine quitte à ce qu'ils soient élevés en orphelinat!
Se faire plaisir en adoptant ne l'est pas forcément pour l'adopté qui malgré toute l'attention des parents adoptifs n'y trouve pas son compte .
En fin je pense qu'il est grand temps de songer démographiquement , éduquer les populations pour ne pas procréer tout en sachant pertinemment qu'elles n'auront ni la possibilité de nourrir encore moins d'apporter tout ce les enfants sont en droit d'attendre . Procréer pour laisser des enfants dans la nature et éventuellement charger les autres de les élever , cela n'est pas une solution : la preuve pour ces enfants complètement déboussolés .
Je ne sais qui a dit que dans abandon il avait " don "
C'est une formule qui ne me plait pas un abandon reste un abandon , sans vouloir y trouver le détail qui dédouane un acte qui s'apparente à de la lâcheté .

Écrit par : Rechlili | 31/01/2013

Bonjour,

Dans le cadre de mes études, je réalise un mémoire sur le sujet des parents adoptants face au vécu d'un enfant adopté à l'étranger. A la lecture de vos histoires je pense être sur le bon fil de discussion. En effet, je suis à la recherche de parents ou enfants adoptés souhaitant s'exprimer sur ce sujet afin de m'aider à construire cette recherche qui m’intéresse beaucoup.

vous pouvez me contacter par mail manon.guillemet@gmail.com

Écrit par : Manon G. | 01/04/2013

J ai connu de grosses difficultés avec mon fils d origine maghrébine ne sous x adopte à l âge de 4 mois .est ce courant ? Je souhaiterais avoir des témoignages de parents adoptifs dans le même cas .

Écrit par : Renaudin Eliane | 15/06/2014

Dans notre famille, l'abandon et l'adoption de la fille de ma tante a de graves conséquences sur notre génération nous rendant abandonniques par la peur de l'être à notre tour. Si l'enfant adopté a de réelles séquelles, il convient aussi de prendre en compte les troubles colatéraux de l'abandon d'un enfant chez les enfants de la mère abandonnique et le reste de sa famille au sens large. L'absente est omni présente dans l'insconcient de chacun.
L'abandon d'un enfant est un traumatisme dont il est difficile de guérir et qui handicape une vie.
L'adoption comme l'abandon doivent être accompagnés pour être limité en nombre.

Écrit par : Maurel Catherine | 25/03/2015