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05/12/2005

Suisse | Cherche coparent(s) désespérément

Gays et lesbiennes aspirent à devenir parents et sont de plus en plus nombreux à rechercher un partenaire «idéal» du sexe opposé, puis à choisir de préserver un lien fort entre eux tout au long de l’éducation de leur-s enfant-s. Rencontres avec cinq personnes ayant choisi la voie de la coparentalité.


Cherche coparent(s) désespérément
Gays et lesbiennes aspirent à devenir parents et sont de plus en plus nombreux à rechercher un partenaire «idéal» du sexe opposé, puis à choisir de préserver un lien fort entre eux tout au long de l’éducation de leur-s enfant-s. Rencontres avec cinq personnes ayant choisi la voie de la coparentalité.

En surfant sur les forums du Net consacrés à l’homoparentalité, le nombre d’annonces du genre «maman(s) cherche(nt) papa(s)» ou vice versa est en constante augmentation. Loin des cas de pères ou mères de famille «conventionnelle» découvrant et vivant leur homosexualité, ou même de couples de même sexe assumant à eux seuls l’éducation de leur-s enfant-s, de nombreux homos cherchent à valoriser les rapports de confiance, de connivence et d’amitié profonde entre futurs «coparents» en vue de la procréation d’un enfant dont ils partageront l’éducation sans pour autant former un couple. Un parcours semé d’embûches.

Sophie
Nonobstant son «profond désir d’avoir des enfants», Sophie, une Française de 32 ans vivant avec une autre femme à Genève, s’était longtemps dit qu’en raison de son homosexualité, la maternité n’était pas pour elle. Aujourd’hui, elle est à la recherche d’un coparent: «Je ne voudrais pas d’un enfant sans un père pour participer, même de très loin, à son éducation. Ce serait un choix égoïste de ma part imposé à l’enfant. Je pense qu’un enfant a le droit de savoir d’où il vient, ce qui n’est pas le cas lors d’une adoption ou d’une insémination artificielle avec un donneur anonyme.» Le droit de l’enfant à connaître ses origines se révèle comme un moteur essentiel dans toute démarche qui vise la coparentalité. Sophie raconte qu’après diverses tentatives pour rencontrer un père biologique, un couple d’hommes s’est présenté, dont l’un souhaitait ardemment devenir père: «Rendez-vous a été pris – d’abord à quatre, ensuite juste lui et moi. En premier lieu, la difficulté consistait à s’exposer face à un inconnu, à rompre le sentiment de gêne et, en second lieu, à parler de ce qu’on veut vraiment, car dès qu’un enfant naît, on est lié pour la vie.» Après avoir sympathisé et trouvé un terrain d’entente, les deux parents biologiques ont entrepris une insémination artisanale (lire encadré) – en vain, son partenaire s’étant révélé stérile: «En fait, j’étais soulagée, car je me suis rendu compte de la superficialité de nos liens. Aujourd’hui, je me dis que je devrais faire des concessions… Le père idéal n’existe peut-être pas.» Les échecs successifs, si fréquents dans un domaine aussi sensible, ont provoqué l’intérêt des coparents pour les rencontres par Internet. «Ma copine est très réticente, explique Sophie. Mais c’est un premier point de rencontre entre personnes concernées. On n’est pas sur eBay! Pourquoi laisser le hasard décider d’une chose si importante?»

Arnaud
Arnaud est l’heureux père de deux enfants qu’il a eu avec une mère biologique rencontrée il y a cinq ans, grâce à une petite annonce dans le magazine que vous lisez présentement: «Je peux affirmer qu’il y a eu un coup de foudre entre nous. A l’époque, j’étais en couple – depuis nous avons rompu – et la mère de mes enfants vivait déjà avec sa compagne actuelle. Nous nous sommes beaucoup fréquentés tous les quatre (vacances, week-end, etc.). Au bout d’un an notre décision était arrêtée. Et du fait de notre excellente compatibilité, un garçon est né sous les meilleurs auspices. Comme les filles habitaient un petit village de la campagne genevoise, nous avons emménagé à deux pas et depuis, je vois mon fils tous les jours et tous les week-ends. J’ai réduit mon temps de travail en fonction de cette nouvelle donne.» Mais Arnaud se voyait le père de plusieurs enfants, ce qui eut l’heur de plaire au versant féminin de cette grande famille. «L’année passée, dit-il souriant, ma petite fille est née. Sa mère est celle de son grand frère.» La fratrie s’agrandira-t-elle? «Je ne pense pas. Un garçon et une fille, c’est l’idéal et avec mon nouveau partenaire, nous formons déjà une famille de six personnes.» Aux yeux de l’administration (Service de protection de la jeunesse), Arnaud et la maman de ses enfants, après avoir clairement exposé leur situation, disposent de l’autorité parentale conjointe pour leurs deux enfants. En revanche, aucune reconnaissance n’existe pour les deux autres coparents actifs dans l’éducation des enfants et prodiguant leur amour.

Louise
Louise* nous raconte combien son désir d’être mère est fort. Bien qu’elle ait l’opportunité d’être une seconde maman pour le fils de sa compagne (enfant issu d’une coparentalité), rien n’y fait: le besoin est viscéral: «Concrètement, j’ai commencé mes démarches, il y a quatre ans avec un ami gay. Notre relation est quasi amoureuse et il serait le père rêvé. Pour des raisons de santé, nous avons dû reporter à beaucoup plus tard les inséminations. Mais elles se sont toutes révélées infructueuses. Récemment mon ami n’a plus souhaité continuer cette aventure et malheureusement mon temps pour donner la vie est aujourd’hui compté. Le père est un élément important de la constitution d’un individu, mais si je ne le rencontre pas bientôt, sans doute aurai-je recours à la fécondation in vitro.»

Virginie
Dans la campagne neuchâteloise, Christiane* et Virginie* sont les mamans d’un petit garçon d’à peine deux mois. Ce dernier est le fruit de l’union entre Virginie et François, un Franc-Comtois. «Au préalable, lance la mère biologique, nous avons fait un vrai travail de réflexion et avons consulté des spécialistes, des psy entre autres, par crainte de compromettre le développement de l’enfant dans cette situation familiale très spéciale. Les inséminations artisanales et les échecs se sont succédés pendant deux ans. Mais finalement, grâce à notre ténacité à tous les trois, je peux dire que je suis la femme la plus heureuse qui soit. Mais c’est maintenant que les vrais défis commencent. L’enfant vivra la semaine chez nous et le week-end chez François, comme si nous avions divorcé. A dessein, nous avons signé tous les trois une charte de coparentalité.» Cette charte, rédigée avant la conception, est courante chez les coparents (des exemples de chartes sont disponibles sur les sites référencés ci-dessous). Il va de soi qu’elle n’a aucune valeur juridique. Néanmoins, les parents s’accordent sur le fait qu’elle pourrait être présentée devant un tribunal en cas de litige. Par ce document, les parents s’accordent une confiance mutuelle pour l’éducation, la santé, la sécurité et le droit de garde de l’enfant.

Paolo
L’histoire de Paolo*, un Tessinois homo de 27 ans résidant au bord du lac Léman, est pour le moins originale. «Je me suis très souvent rendu au Mexique. C’est là que j’ai rencontré ma meilleure amie, mexicaine et bisexuelle. La relation est très intense. Un jour alors que nous nous étions rendus chez des amis et que nous nous trouvions devant une porte close, le désir s’est emparé de nous. Ma copine est tombée enceinte. Pour l’un comme pour l’autre, c’était la stupeur et l’angoisse, car il s’agissait d’un accident. Nous avons gardé l’enfant qui est née en mars 2003. Pour la maman, ça a été une période de crise jusqu’au sevrage de notre petite fille. Mais aujourd’hui nous formons une famille harmonieuse. Une famille d’autant plus ordinaire que nous nous avons contracté un mariage blanc. Nous avons donc tous les signes extérieurs d’une famille “normales” mais en fait je n’ai que des relations homosexuelles et ma copine vit toujours sa bisexualité. Comme j’ai un instinct domestique très développé et que l’instinct maternel de ma femme n’est pas excessif, je me charge à la maison de la cuisine et d’autres tâches ménagères.» Cette histoire est remarquable tout d’abord en raison du jeune âge de ses protagonistes. Ensuite, elle reflète, à l’instar de tant d’autres, le profond décalage entre les structures de notre monde et la réalité des familles coparentales qui, bon an, mal an, composent avec ce dernier comme elles le peuvent.

*Prénoms fictif

Source : http://www.360.ch/

10:45 Écrit par collectif a & a dans Homoparentalité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Suisse, homoparentalité, adoption | |  del.icio.us