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« A-t-on bien compris ce que serait une «adoption homosexuelle» ? Jean-Louis Renchon | Page d'accueil | Accouchement sous X et adoption. Nazir Hamad. »

14/12/2005

Origines personnelles : entre mémoire, solidarité et avenir. Corinne DAUBIGNY

" Je voudrais bien être le confesseur de la vérité, non pas le martyr"
Montesquieu

Résumé


Contrairement à la grande majorité des pays européens, la France admet l’effacement de l’identité des parents d’origine, tant dans les pratiques de dons de gamètes que dans l’accouchement anonyme légalement organisé.  Seule une minorité de psychanalystes reconnaissent les risques liés à ces pratiques pour le devenir des personnes concernées. L’impact d’une dimension républicaine hostile au « lien de sang » participe à cette résistance, sans qu’on puisse écarter les rêves eugénistes que permettent les dons de gamètes anonymes.
 Au moment où, pour lutter contre les trafics d’enfants dans l’adoption internationale,  la Convention internationale de La Haye préconisait le recueil de l’identité des parents de naissance afin de s’assurer de leur consentement, la France renforça au contraire son dispositif en faveur de l’accouchement anonyme.
Un mouvement social s’est néanmoins développé  pour le droit d’accès aux origines personnelles et contre la pratique de l’accouchement anonyme, composé de personnes concernées (adultes nés sous X, pupilles de l’Etat, adoptés, mères d’origine ayant accouché sous X, et quelques parents adoptifs), de chercheurs et de professionnels, mettant en œuvre des échanges nouveaux entre ces catégories de personnes.
Il aboutit en 2002 à l’instauration d’un droit « conditionnel » à l’accès aux origines, les parents de naissance pouvant déposer leur identité sous forme de secret réversible; mais l’accouchement anonyme n’est pas aboli, et l’on peut craindre de nouvelles complications. Dans le même temps l’opinion publique découvrit l’ampleur des trafics d’enfants dans l’adoption internationale, alors que la France occupe en ce domaine le deuxième rang mondial. Ces trafics existent aussi à une échelle moindre à l’intérieur du pays.
Le recueil de l’identité des parents de naissance et le droit d’accès à la connaissance des origines personnelles apparaissent  dès lors comme une des conditions permettant de maintenir le fondement éthique de l’adoption. L’adoption serait à reconsidérer dans le sens de l’acceptation d’une pluri-parentalité, du développement des « liens sociaux autour de la naissance » (Derrida) et même d’une forme de solidarité. La cohérence du droit mènerait à modifier la conception de l’adoption plénière et à remettre en cause l’anonymat des dons de gamètes.
En matière de coopération internationale dans le champ de l’adoption certaines recherches cliniques et pluridisciplinaires devraient aujourd’hui se poursuivre, concernant :
-          les conséquences des conditions traumatiques du recueil d’enfants sur le développement des familles et des personnes , compte tenu de  l’histoire économique et politique mondiale de ces dernières décennies ;
-          l’effet de la mise en application de la Convention de la Haye sur l’évolution du nombre d’enfants nés sans filiation ; les éventuels problèmes psychologiques et sociaux que posent ces mesures  ;
-          les conséquences de l’anonymat des origines  sur les dynamiques familiales et pour le développement des personnes;
-          les effets des retrouvailles tardives sur les familles adoptives comme sur les parents de naissance.
Cette coopération, responsable devant les enjeux éthiques et politiques de l’adoption internationale,  permettrait de mieux orienter tant les pratiques sociales que les pratiques cliniques.

Rapport complet

Commentaires

Le droit à la connaissance de ses origines personnelles semble être devenu, depuis quelques années, une évidence politique et une nécessité métaphysique.

Les enfants qui vivent dans cette ignorance se disent réduits à avoir la même forme d'existence que les spectres et les fantômes tant que le nom magique de leur "mère" ne leur est pas dévoilé.

Ces souffrances et ces dysfonctionnements psychiques atteindraient aussi les enfants nés par des dons de gamètes. Savoir d'où l'on est sorti, de quel corps, de quel ovocyte, de quel spermatozoïde est une manière de se retrouver, de se mettre en accord avec soi-même et avec le monde.

Écrit par : Marcela | 21/12/2005

http://blog.libero.it/MAMMA09SETTEMBRE/

IN ITALIA COME IN FRANCIA.
ANCHE NOI VOGLIAMO CONOSCERE LE NOSTRE ORIGINI. E' UN DIRITTO UMANO

Écrit par : brujita | 02/01/2007