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« Suicide, psychiatric illness, and social maladjustment in intercountry adoptees in Sweden: a cohort study. Dr Anders Hjern. | Page d'accueil | Avis du Conseil des Femmes Francophones de Belgique sur l'adoption d'enfants par des couples homosexuels »

12/01/2006

France. Neuf enfants adoptés sur dix sont originaires de l'étranger.

Les personnes souhaitant adopter un enfant sont de plus en plus nombreuses en France, alors qu’à l’inverse, le nombre d’enfants adoptables nés en France diminue, la plupart des naissances étant aujourd’hui désirées. Beaucoup de familles candidates se tournent désormais vers l’adoption internationale. D’où viennent les enfants adoptés, et qui sont-ils? Qui sont de leur côté les candidats à l’adoption?
Une enquête inédite de l’Ined éclaire la question et permet notamment de comprendre pourquoi l’adoption est plus fréquente parmi les catégories sociales favorisées.
De plus en plus de parents sans enfant et de femmes officiellement célibataires cherchent à adopter alors qu'il y a de moins en moins d'orphelins en France, ce qui rend incontournable l'adoption internationale.

 

L'Institut national d'études démographiques (Ined) note dans l'étude (*), menée dans dix départements, que cette pénurie d'enfants disponibles en France provient du fait que la plupart des grossesses sont désirées désormais. Sur les 4.500 enfants adoptés dans l'hexagone en 2003, près de 4.000 (90%) sont nés à l'étranger.

 

La France est le deuxième pays au monde en nombre d'enfants étrangers adoptés, derrière les Etats-Unis (plus de 20.000 par an). Plus de 10.000 personnes déposent chaque année une demande d'adoption, un chiffre qui a presque doublé en quinze ans. Sur ce nombre, 8.000 obtiennent l'agrément, les autres renonçant à leur projet ou se voyant opposer un refus.

 

La validité de l'agrément étant de cinq ans, 25.000 candidats agréés étaient dans l'attente d'un enfant en 2003.
Neuf fois sur dix, les candidatures à l'adoption sont déposées par un couple. Lorsque c'est une personne seule, il s'agit presque toujours d'une femme; les demandes masculines sont rarissimes en effet (cinq sur 1.857 dans l'enquête).

 

D'où viennent ces futurs nouveaux Français ?

Il y a un quart de siècle, quatre enfants étrangers adoptés sur cinq venaient d'Asie, de Corée du Sud essentiellement. Aujourd'hui, ils viennent de tous les continents: 27% sont nés en Asie, 27% en Afrique, 26% en Amérique et 20% en Europe. Haïti, la Chine et la Russie sont les trois premiers pays d'origine.

 

En Chine, la politique de l'enfant unique conjuguée à la préférence pour les garçons a pour conséquence que la plupart des enfants proposés à l'adoption sont des filles. En Thaïlande et en Russie, ce sont surtout des garçons, "sans que l'on sache pourquoi": "Les différences d'un pays à l'autre s'équilibrent et il y a au total autant autant de garçons que de filles parmi les enfants adoptés", note l'Ined.

Lors de leur adoption, les enfants ont en moyenne deux ans et dix mois, ce qui recouvre néanmoins de grandes différences. L'âge moyen varie en effet de moins de six mois en Corée du Sud à près de sept ans au Brésil. Dans ce pays, les jeunes bébés sont en effet adoptés de plus en plus en priorité par des Brésiliens. Les enfants nés en France sont placés pour 57% pendant leur première année et 9% après leur septième anniversaire.



Pour sept couples sur dix, l'adoption est la seule solution, ayant dû renoncer à l'assistance médicale à la procréation, inopérante dans certains cas, ou trop contraignante. Mais il peut s'agir aussi du choix de pas recourir à cette méthode.

 

Un quart des adoptants sont dans un autre cas de figure: pour 12% c'est un choix en soi alors qu'ils peuvent très bien avoir des enfants naturellement et 12% sont devenus stériles après avoir au moins un enfant.

 

L'âge moyen à laquelle la mère adopte est de 38,5 ans (contre 27,5 pour celles qui mettent leur premier enfant au monde), la demande d'adoption ayant été déposé trois ans plus tôt en moyenne.

 

Sur le plan social, on trouve plus de cadres que d'ouvriers chez les hommes adoptants, le hiatus étant encore plus important chez les femmes seules. En effet, aucune ouvrière n'adopte un enfant seule, les trois quarts des candidates étant cadres. L'Ined note toutefois qu'au-delà d'éventuelles raisons psychologiques, "une adoption internationale reste difficile à réaliser avec un seul salaire, à moins que ce ne soit celui d'un cadre".

 

(*) "L'adoption en France : qui sont les adoptés, qui sont les adoptants ?"
Juliette Alifax et Catherine Villeneuve-Gokalp

 

Source : http://permanent.nouvelobs.com/