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24.01.2006
Recherche québecoise sur l'adoption internationale. Réjean Tessier
L'adaptation sociale des enfants nés à l'étranger et adoptés par des familles du Québec.De petits Québécois comme les autres et bien adaptés.
À bas les préjugés et les remarques alarmistes à l'endroit des enfants adoptés à l'étranger. Si ce n'est que par leur frimousse exotique, ces petits immigrants ne se différencient pas, ou si peu, des petits Québécois de souche. Selon une nouvelle enquête menée par une équipe de chercheurs de l'Université Laval, ils sont en moyenne aussi attachés à leurs parents, aussi sociables et aussi doués à l'école que leurs copains «pure laine».
Réussite scolaire
08:55 Écrit par collectif a & a dans Etude - Recherche | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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L'étude de Réjean Tessier est en contradiction avec celle de Gérard MALCUIT et Andrée POMERLEAU parue dans le devoir.com : "Les enfants adoptés en Europe de l'Est peinent à s'adapter"
Les enfants adoptés dans certains pays d'Europe de l'Est sont plus nombreux à accuser des retards de développement, qu'ils peinent à rattraper, révèlent les données scientifiques analysées par des universitaires québécois.
Même si les chercheurs qui ont effectué des études sur l'adoption internationale au Québec sont réticents à montrer du doigt les pays qui offrent en adoption des enfants plus vulnérables, leurs résultats n'en démontrent pas moins qu'il en est ainsi.
Dans le cadre d'un congrès de la Society for Research and Child Development, Gérard Malcuit et Andrée Pomerleau, chercheurs au Laboratoire d'étude du nourrisson, rattaché au département de psychologie de l' UQAM, ont rapporté que 60 % des bambins originaires de Russie qu'ils avaient étudiés présentaient des retards de développement à leur arrivée, comparativement à 40 % des enfants provenant de l'Asie de l'Est (Vietnam, Cambodge, Thaïlande, Taïwan et Corée) et à 55 % des petites filles issues de la Chine continentale. Dans cette étude qui a été conduite entre 1999 et 2001, tous les enfants avaient été adoptés avant l'âge de 18 mois.
Lorsque ces mêmes enfants ont atteint l'âge de trois ans, soit plus de 18 mois après leur arrivée, les chercheurs ne comptaient plus que 20 % d'enfants d'Asie du Sud qui accusaient des retards. Parmi les petites Chinoises, ce taux n'était plus que de 9,6 %, soit bien en deçà de ce qui est observé dans la population enfantine normale, dont le taux d'enfants souffrant de retards de développement s'élève à 16 %. «Dans le cas précis des petites Chinoises, un autre phénomène intervient, prévient toutefois M. Malcuit. Les enfants adoptés en Chine sont presque toutes des filles, et les filles ont une meilleure capacité de rattrapage que les garçons.» Par contre, les résultats les plus désolants concernaient les petits Russes, dont 50 % continuaient à éprouver des problèmes à un âge plus avancé.
Les chercheurs ont également noté que la prévalence des problèmes neurologiques était plus élevée chez les enfants adoptés en Russie. Et souvent, ces problèmes n'avaient pas été détectés dans le pays d'origine, ou du moins pas révélés par l'orphelinat...
«Le grand facteur qui, dans nos études, explique le mieux la qualité ultérieure du développement est la malnutrition, poursuit le chercheur de l'UQAM. Les conditions de malnutrition chroniques avant l'adoption peuvent laisser des séquelles au niveau du fonctionnement cognitif. Pour leur part, les petites Chinoises qui arrivent dans un état de malnutrition aigu et avec de gros retards au niveau moteur parce qu'elles sont souvent attachées dans leur lit rattrapent leur retard beaucoup plus facilement.»
Ces résultats éthiquement délicats que l'on hésite souvent à révéler sont corroborés par les données recueillies lors de la vaste enquête menée sur l'adoption internationale au Québec de 1985 à 2002 par des chercheurs de l'Université Laval et de l'UQAM, et dont nous révélions les grandes lignes dans notre édition de samedi. Réjean Tessier, chercheur à l'École de psychologie de l'Université Laval, qui a piloté l'enquête, indique que les enfants originaires de Roumanie et de la Russie continentale présentaient davantage de problèmes d'attention, de troubles de la conduite et de comportements d'opposition que les enfants adoptés dans d'autres contrées, dont notamment le Bélarus (ou Biélorussie) et les pays asiatiques. Inversement, les enfants provenant d'Asie, quant à eux, apparaissaient en moyenne moins mésadaptés socialement que leurs semblables dans la population générale.
Les artisans de l'enquête, qui fera bientôt l'objet de publications scientifiques, ont également calculé que les taux d'échec scolaire au primaire s'élevaient à 40 % chez les petits Russes et à 35 % chez les petits Roumains, tandis qu'ils ne dépassaient pas les 17 % parmi les petits Québécois de souche. Les petites Asiatiques, quant à elles, excellaient puisque leur taux d'échec scolaire se limitait à 6 %. Réjean Tessier souligne que la piètre performance moyenne des enfants adoptés en Russie et en Roumanie est associée à l'époque particulière où ces enfants ont été adoptés. Époque durant laquelle les conditions de vie des enfants étaient malsaines.
«Ce n'est pas les gènes particuliers de certains pays qui sont moins favorables, précise Gérard Malcuit, de l'UQAM. Ce sont les conditions dans lesquelles les enfants vivent avant d'être adoptés dans ces pays et les raisons particulières de l'abandon des enfants. Ces raisons s'insèrent dans une dynamique sociopolitique plus globale. En Chine, la politique de l'enfant unique et de préférence de sexe masculin est la principale raison d'abandon, tandis qu'en Russie et en Europe de l'Est, la raison est souvent liée à l'alcoolisme de la mère et à ses activités de prostitution. Pendant leur grossesse, ces mères buvaient et fumaient, ce qui fait que les enfants partaient moins bien.»
La Société d'adoption parents sans frontières, un organisme agréé par le Secrétariat à l'adoption internationale (SAI), qui procédait à des adoptions en Russie il y a quelques années, a rompu ses liens avec ce pays car de 40 à 60 % des enfants qui leur étaient proposés souffraient de retard mental, affirme sa directrice, Carole Néron.
En 2000, les enfants adoptés en Russie formaient le contingent le plus nombreux (7,9 % de tous les enfants adoptés au Québec) à trouver une famille adoptive au Québec, après les petites Chinoises, qui représentaient 35,4 % de tous les enfants adoptés, et les bambins d'Haïti, qui comptaient pour 12,3 % de toutes ces nouvelles recrues.
Depuis quelque temps, une révision administrative interne a ralenti les activités en matière d'adoption en Russie, ce qui explique le peu de bambins russes qui sont arrivés
récemment au pays. Mais on s'attend à une reprise sous peu, précise Luce de Bellefeuille, directrice générale du SAI.
Les adoptions en Roumanie, quant à elles, sont suspendues depuis 2001, année au cours de laquelle le gouvernement roumain a institué un moratoire dans le but de revoir ses politiques de protection des enfants qui faisaient défaut en vue de son adhésion à l'Union européenne.
Le SAI ne peut décider de suspendre l'adoption d'enfants en provenance d'un pays particulier parce que ceux-ci seraient en moins bonne santé, affirme Luce de Bellefeuille.
«Nous ne faisons pas de sélection de pays en fonction de l'état de santé des enfants qui en proviennent», précise-t-elle. Notre but n'est pas de trouver des enfants pour des parents qui veulent des enfants parfaits. Nous travaillons en coopération internationale et notre mission est avant tout la protection des enfants.»
«Si nous sommes informés de cas de négligence ou des piètres conditions de vie des enfants dans leur pays d'origine, nous en informons l'organisme agréé qui gère l'adoption dans ce pays afin qu'il intervienne dans les orphelinats avec lesquels il est en relation. Le SAI peut aviser les autorités centrales afin que celles-ci effectuent un meilleur suivi de l'orphelinat», poursuit la directrice.
«Nous défendons avant tout le droit de l'enfant à avoir une famille et non pas le droit des parents à avoir un enfant. Ceux-ci jouissent plutôt du privilège de recevoir un enfant», conclut Mme de Bellefeuille.
Écrit par : Barbara | 21.07.2006


