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30/06/2006

France. L'avenir de l'adoption repond au Parti Socialiste

Enfants orphelins ou abandonnés : simples OBJETS DE DROIT ?

Qui sunt regna, nisi magna latrocinia ?
Augustin d’Hippone, IVème siècle ;
Répondre au projet parental de couples de même sexe fait appel à notre conception de la filiation,
François Hollande, XXIème siècle.


Par L’Avenir de l’Adoption

C’est cette question fondamentale que l’ont peut se poser au regard de la proposition de loi du Parti Socialiste, qui souhaite permettre l’adoption par des couples de même sexe au nom du principe d’égalité, figurant dans la devise même de la République. Pour récupérer les voix de certains électeurs, on veut rallier les énergies et les bonnes intentions derrière le mot d’ordre apparemment facile et évident de la banderolle de tête, toujours très politique, d’une Marche des Fiertés – lesbiennes, gaies, bi & trans- que certains croient aujourd’hui seulement festive, veulent pousser leur monde derrière : « Vers l’Égalité » !

 

Ainsi pour le P.S. comme pour une frange de la communauté homosexuelle, l’adoption se résume à un droit pour celles et ceux qui en réclament le plein accès, et ce droit ne peut souffrir d’aucunes exceptions ni restrictions, au risque de provoquer des discriminations inadmissibles pour les personnes qui en seraient privées. La lutte contre la discrimination va trouver alors tous son sens grâce à cette proposition de loi, car au même titre que le droit pour tous de bénéficier d’allocations sociales, de dispositions fiscales, etc., le droit à l’adoption, c’est-à-dire le droit à l’enfant, ne pourra plus être réservé aux seuls couples hétérosexuels ou aux personnes seules hétérosexuelles.

 

Cette conception de l’adoption, participe en réalité au détournement, au piratage, au brigandage de cette institution, institution déjà entamée par le désir de certains couples hétérosexuels comme par des personnes seules « d’avoir un enfant » et ce, sans aucune considération première des besoins et des intérêts de ce même enfant.
En effet l’on constate depuis une bonne décennie l’existence d’une idéologie parentocentrée basée sur le droit à l’enfant qui ne prend en compte que les seuls besoins des adultes ne pouvant naturellement avoir d’enfant(s) et se tournent vers l’adoption comme vers un moyen légitime et naturel d’assouvir leur désir / besoin d’enfant(s), quand il ne s’agit pas de soigner leur parentalité blessée.

 

Ce fameux désir / besoin d’enfant de la part d’hétérosexuels comme d’homosexuels est compréhensible. Le drame de ne pouvoir naturellement procréer est pour certains, qui ne savent ou ne peuvent pas déplacer ou sublimer leur désir, une douleur immense.
Pour autant et jusqu’alors, l’institution de l’adoption ne consistait pas à permettre à des personnes d’accéder à la parentalité, mais bien aux orphelins et abandonnés, privés d’un père et d’une mère par les hasards de la vie ou du fait d’un rejet par les parents biologiques, d’obtenir par les soins de l’État, un père et une mère de substitution pour remplacer ses parents disparus.

 


Ce qui est surprenant dans la démarche du P.S. et de ses responsables qui se déclarent en principe et habituellement proches des préoccupations sociales des plus faibles et des plus démunis, c’est que jamais l’intérêt des orphelin(e)s ou des abandonné(e)s n’est avancé pour justifier cette forme d’adoption. On pouvait pourtant s’attendre à ce que les partisans de l’adoption par des couples homosexuels nous démontrent qu’ils ont débattu de ce sujet, qu’ils rencontré des personnes adoptées et découvert les bienfaits de l’adoption homoparentale pour des enfants qui souffrent de la perte de leur mère et de leurs père et partant qui, comme le dirait Lapalisse, s’ils n’étaient pas orphelins ou abandonnés, auraient, comme une majorité d’entre nous, un père et une mère… Or il n’en est rien.

 

Même Marie-Ségolène Royal déclare que « si les personnes seules homosexuelles peuvent adopter, les couples homosexuels peuvent alors aussi adopter ». Avec un tel syllogisme, on peut dire que si n’importe qui peut aller prendre un verre dans n’importe quel café du XIVe Arrdt de Paris, il faut ouvrir les portes de la prison de la Santé à l’heure de l’apéritif. Elle ne s’interroge pas une seule seconde sur le fait de savoir si l’adoption par une personne seule (quelle que soit son orientation sexuelle qui n’a rien à voir avec fond du débat au contraire de ce que prétendent les extrêmes-gays et leurs soutiens), privera ou non l’enfant d’une double figure paternelle et maternelle. Elle ne se demande pas si son choix démagogique (une étude de marché a dû lui prouver qu’une telle prise de position n’était pas défavorable à l’avancement de sa cotte dans l’opinion) n’est pas en définitive une mauvaise solution pour la personne adoptée, qui ne bénéficie pas au contraire d’ailleurs de l’adoptant, de la chance d’avoir un père et une mère de substitution pour remplacer de manière appropriée ses parents biologiques disparus.

 

Pourtant, même dans le cadre d’une adoption par des couples qui permette à l’enfant d’avoir un schéma parental polysexué, l’expérience nous prouve que la seule adoption n’est pas la fin des problèmes pour l’enfant et que ce dernier est confronté à de nombreux problèmes liés à sa particularité dramatique d’avoir un jour, contre toute logique, été privé de son père et de sa mère soit parce qu’ils sont décédés soient parce que ils ont rejeté cet enfant. Au risque de choquer, un orphelin ou un abandonné est un enfant « anormal », « handicapé » par le poids psychologique de la perte de ses parents, vécue comme une injustice inique, comme une différence subie marquée au fer rouge par rapport aux autres, différence que cet personne n’acceptera peut-être jamais complètement. L’institution de l’adoption, en lui offrant un père et une mère de substitution, permet, dans une moindre mesure, de manière évidement fictive, et souvent vécue comme telle, de « gommer » tant bien que mal et partiellement cette différence, d’atténuer ce handicap.

 

Lorsque Martine Aubry déclare que finalement seul l’amour apporté à l’enfant est nécessaire, elle prouve sa méconnaissance du sujet. Cette affirmation, digne pourtant des dames patronnesses d’un autre siècle qui aujourd’hui se trouvent le plus souvent à l’autre extrémité de l’échiquier politique, est une affirmation qui ne prend pas en compte la nécessité pour l’enfant orphelin ou abandonné d’avoir beaucoup plus que de l’affection ou une bonne éducation. Bien sûr l’amour comme une bonne éducation participe à l’apaisement des souffrances de l’enfant, et peut contribuer à estomper son sentiment différence. Mais ce n’est pas suffisant. Une personne qui a été adoptée sait qu’elle n’est pas « comme tout le monde ». Et les homosexuels qui ont connu la douloureuse expérience de vivre leur différence avec peine, sous le regard injurieux et méprisant des homophobes, savent au premier chef la réalité de vivre en étant différent. Pour une personne adoptée, il est très difficile d’oublier sa particularité .Tout lui rappelle qu’il est différent. Ne serait ce qu’une visite chez le médecin qui lui demande ses antécédents médicaux génétiques, ou la surprise d’un camarade de classe qui s’étonne que ses parents soient si petits et si bruns quand lui est grand et blond. L’adoption par un homme et une femme l’aide pourtant, parfois, à oublier qu’il a perdu son père et sa mère, et s’il a le pouvoir de mettre de côté sa douleur, à s’abandonner dans le bonheur simple d’avoir un père et une mère, « comme tout le monde », y compris ceux qui voudraient priver les enfants de cette chance, bref d’oublier cette cruelle vérité, et d’être enfin « normal ». Pour éclairer Madame Aubry, on pourra également lui opposer que lorsque un handicapé physique perd une des roues de son fauteuil, le fait de lui apporter de l’amour est certes pour lui bien réconfortant, mais n’enlève en rien l’absence de sa seconde roue et l’empêche tout simplement d’avancer.

 

Parmi les partisans de l’adoption par des couples homosexuels, certaines personnes tentent de la justifier en avançant l’argument « qu’il faut mieux être adopté par un couple homosexuel aimant que par un couple hétérosexuels violent à l’encontre de l’enfant ». Ce sophisme là encore, rencontre beaucoup de succès. Pourtant, il révèle une méconnaissance totale de la procédure d’adoption. Car les longues enquêtes des services sociaux à l’enfance sont justement faites pour éviter qu’un enfant ne soit confié, et ce mot est important, à des personnes dont ont aurait détecté les germes de la violence ou de la maltraitance.

 

Enfin, cet argument optimiste sinon rousseauiste tend à considérer que les homosexuels sont évidemment doux et bons au contraire des hétérosexuels. Nous pensons qu’un homosexuel n’est pas différent d’un hétérosexuel, tant dans sa capacité à être un bon parent, qu’un parent maltraitant. Autre argument, réfutable lui aussi, c’est celui d’expliquer qu’il faut mieux être adopté par des homosexuels que de rester orphelins. Cela revient à dire, qu’il faut mieux être riche et bien portant que pauvre et malade, et même qu’il faut mieux avoir ses parents qu’être orphelin ou abandonné… Au-delà de ces puissantes arguties, il serait tout de même intéressant d’avoir de véritables arguments pour justifier l’adoption par des homosexuels, comme bienfait évident pour les orphelins ou abandonnés.

 

Et ce n’est pas l’affirmation que l’homoparentalité existe déjà et qu’elle ne pose aucun problème pour les enfants (« évidence » tellement évidente qu’on prépare minutieusement les esprits à cette évidence, à grand renfort d’interviews de filles hétéros normales de lesbiennes gentilles) qui va démontrer sérieusement et suffisamment les bienfaits de cette forme d’adoption. Car comparer l’homoparentalité de fait et l’adoption, c’est confondre deux situations très différentes. Se basant sur une étude américaine et une autre en provenance du Québec, ô combien imparfaites et tronquées dans leur douteuse méthodologie, les partisans de l’adoption par des homosexuels brandissent ainsi veulent comme argument ultime, qu’il existe bel et bien des enfants qui vivent avec des homosexuels et que ces enfants n’ont pas plus de difficultés que les enfants élevés par des hétérosexuels. Cette évidence encore évidente, que nous ne la rejetons pas, car nous ne doutons pas des qualités parentales des homosexuels ; mais nous pensons le schéma parental constitué par des homosexuel(le)s inadapté à l’adoption et ses particularités, considérant surtout, encore, la fragilité particulière de l’enfant à adopter.

 

Car les enfants qui vivent aujourd’hui avec des homosexuels, sont dans la majorité des cas des enfants de parents hétérosexuels divorcés ou séparés où l’un des deux à décidé de vivre ses sentiment amoureux et ses préférences sexuelles avec un autre homme ou avec une autre femme. Un homme et une femme ont donné naissance à un enfant (c’est pour l’instant le seul moyen de faire naître un être humain faut-il le rappeler)… la nature -même si ce mot presque choquant peut sembler douloureux à certain(e)s en raison de leur passé et des quolibets des petits camarades, est capricieuse (eh oui !)

 

Dans ce type de famille, après un jugement de divorce, l’enfant aura été confié à son père oui à sa mère qui aura décidé de vivre ses sentiments et sa préférence homosexuels. L’enfant vit donc avec son père et le compagnon de celui-ci, ou sa mère et la compagne de celle-là. Il n’empêche que cet enfant conserve « de l’autre côté », une référence maternelle ou paternelle plus que forte, en la personne de sa mère. Qu’importe alors que sa mère soit homosexuelle, qu’importe qu’elle vive avec une femme, ou que son père soit homosexuel et vive avec un homme : l’enfant, lui, aura toujours un père et une mère !
Alors qu’avec l’adoption monoparentale ou homoparentale, l’enfant est privé de manière irrémédiable et définitive d’une figure paternelle ou maternelle au sein de la cellule familiale, car on objecte aussi souvent qu’il pourra compter sur les membres rapportés de la famille ! La différence est de taille et mérite selon nous d’être soulignée.

 

En définitive cette proposition de loi du P.S., traduction politique du mot d’ordre de la Marche des Fiertés (lesbiennes, gaies, bi, trans, etc.) consacre la dramatique et très hédoniste notion de « droit à l’enfant ». En appréhendant l’adoption comme un droit pour l’adulte adoptant, c'est-à-dire par le mauvais bout de la lorgnette, le Parti Socialiste est solidaire de plusieurs conséquences inacceptables que son choix va immanquablement engendrer :

 

La première des conséquences est sans nul doute le fait que par l’application d’une telle loi qui rappelons le, consacre le droit à l’enfant pour tous ceux (et toutes celles, comme dit le solécisme contemporain) qui en font la demande, l’enfant devient un simple objet de droit pour autrui. En effet, l’institution de l’adoption, dans la logique de la proposition du P.S., est un instrument pour que les adultes puissent jouir du droit à avoir un enfant, réservé injustement aux seuls couples hétérosexuels. Dès lors les homosexuels doivent eux aussi jouir de ce droit. Mais en réalité quel est alors l’objet de ce droit ? L’enfant tout simplement. Et l’institution de l’adoption devient alors un simple instrument pour exercer ce droit. Ainsi, en 2006, un parti politique considère qu’un être humain est un droit pour un autre être humain, sous prétexte que le premier est disponible par sa situation d’orphelin(e) ou d’abandonné(e) et que le second en réclame la possession. Mânes de Schölcher, réveillez-vous, ils sont devenus fous !

 

La seconde conséquence, c’est que le P.S. viole la Convention des Droits de l’Enfant, qui dispose en son article 21, que les états parties qui autorisent l’adoption s’assurent que « l’intérêt supérieur de l’enfant est la considération primordiale » en la matière. Or cette proposition de loi vise uniquement les intérêts des adultes qui souhaitent adopter ;

 

La troisième conséquence, dont nous avons déjà abordé quelques points, c’est la suppression définitive et irrémédiable pour l’enfant orphelin ou abandonné d’une référence paternelle et maternelle. L’enfant qui a perdu une première fois son père et sa mère, se voit priver de nouveau, et cela sans aucune justification, d’avoir la possibilité d’un père une mère de substitution. Q’importe que cette privation entraîne des difficultés pour l’enfant, que ses besoins de stabilité psychologique, sociale et personnelle soit mis à mal par cette forme d’adoption. L’ironie, c’est que celles et ceux qui veulent priver un orphelin ou un abandonné d’un père et d’une mère, ont généralement toujours leurs deux parents de sexe complémentaire…

 

Et enfin la dernière conséquence et non la moindre, est d’ordre plus philosophique et porte sur la conception de la filiation, c'est-à-dire en d’autres termes l’idée que tout un chacun retient pour déterminer la place de l’homme et de la femme par rapport à un enfant et dans la société. Car si l’on approuve l’affirmation des partisans de l’adoption homosexuelle qui est d’expliquer qu’un enfant en réalité peut se passer d’une figure féminine et maternelle par exemple, et que seul l’amour est important, ce qui justifie alors l’adoption par deux hommes, quelle est alors la place de la femme, la place de l’homme ?

 

Si comme le laissent à penser les partisans de l’adoption par des homosexuels, la femme n’est pas utile… que devient-elle donc ? Dans cette forme d’adoption, elle disparaît du schéma parental de l’enfant. En définitive elle n’aura été utile que pour… enfanter ! Alors même que notre société avait enfin amenuisé une certaine oppression « patriarcale » dénoncé en son temps par les féministes et que la femme, son identité et ses qualités propres, différentes et aussi importantes que celles de l’hommes, étaient reconnues, la logique de l’adoption par des couples homosexuels ramène cette dernière à sa seule qualité de procréatrice ! La femme est utile pour porter et enfanter, le phénomène redoutable des « mères porteuses » existe depuis longtemps. Ensuite cette femme peut disparaître puisque elle est devenue inutile ! Et si l’on considère finalement qu’une femme par son identité et par ses particularités est importante pour l’équilibre et la construction de l’enfant, pourquoi alors priver celui de cet atout ?

 

Cette logique est identique pour l’homme, qui de figure masculine et paternelle ne devient plus qu’utile par sa semence, et réductible à une sorte d’étalon qu’on laissera à l’écurie après qu’il aura servi… Les banques du sperme sont déjà là pour attester cette lugubre réalité en Belgique, où au mépris de l’éthique médicale française, un nombre grandissant de femmes seules, en couple lesbien ou hétérosexuel vont se faire inséminer.

 

Site : http://www.avenir-adoption.org
Courriel : avenirdeladoption@hotmail.com
CONTACT TÉL : [+33] (0) 6.15.87.81.37

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09/06/2006

Conseil supérieur de l'adoption

Un Conseil Supérieur de l'adoption de la Communauté française a été mis en place le 8 mai 2006 par la Ministre de l'Enfance, de l'Aide à la Jeunesse et de la Santé, Catherine FONCK.


Ce Conseil, prévu dans le décret relatif à l'adoption, aura pour missions de formuler des avis, des propositions ou des recommandations dans le domaine de l'adoption et de rédiger un rapport d'activités tous les 2 ans.


Il sera composé de 11 membres avec voix délibérative et 7 autres avec voix consultative. Le Conseil sera présidé par le professeur Michel VERWILGHEN.

 

09:22 Écrit par collectif a & a dans Décret | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us