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27/08/2006

La souffrance psychique des adolescents et des jeunes adultes

medium_souffrance_psychique.jpgJamais comme aujourd’hui l’adolescence n’a été si longue et les adolescents si nombreux. L’état de santé d’un nombre important d’entre eux est préoccupant. Face aux multiples symptômes de leur mal-être, une attention particulière doit être apportée à la souffrance psychique qui peut apparaître dans des circonstances multiples, parfois de façon insidieuse.

Cette souffrance demeure mal définie, car elle recouvre des troubles du comportement de nature très diverse associés à des conduites toxicomaniaques, des passages à l’acte et une agressivité considérés comme des équivalents dépressifs.

Ce rapport dresse un panorama des principaux indicateurs de santé psychique des jeunes de 12 à 25 ans et s’attache à apporter un éclairage sur les petits signes d’alerte repérables par chacun. Les difficultés sociales, la désagrégation familiale, mais aussi l’échec scolaire doivent alerter précocement.

Des mesures de prévention et des réalisations spécifiques sont proposées pour répondre aux situations difficiles. Elles nécessitent une adaptation des institutions et des professionnels au contact des jeunes et une meilleure articulation entre eux.

Dans ses recommandations, le Haut Comité de la Santé Publique [HCSP] préconise d’améliorer les actions d’éducation à la santé, d’accroître la vigilance des adultes de proximité, de développer l’action des intervenants de crise, de favoriser la création de structures d’accueil, mais aussi de développer des recherches sur la résilience.

Avis et rapport du HCSP

15:27 Écrit par collectif a & a dans Etude - Recherche | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us

25/08/2006

L'enfant dans l'adoption

medium_enfant_adoption.2.jpgL’adoption fait la une des médias, le plus souvent pour décrire le parcours difficile des parents adoptants ou pour retracer la douloureuse « recherche des origines » des enfants adoptés parvenus à l’âge adulte – toutes questions essentielles qui ne doivent pas occulter pour autant un autre aspect moins débattu : comment l’enfant, qui est le premier concerné, vit-il l’adoption ? L’adoption, il faut le rappeler, doit rester avant tout un moyen de permettre aux enfants de (re)trouver une famille susceptible de les aimer et de les élever, au sens noble du terme. C’est donc sous cet angle que nous avons choisi d’aborder ce nouveau dossier d’enfances & psy .



Le plus souvent, l’enfant n’a pas demandé à être adopté. Sa voix n’accède pas aux médias, qu’ils soient professionnels ou publics : il a donc besoin de porte-parole. Nous-mêmes, en élaborant ce numéro, nous avons observé qu’il n’était pas si facile pour les professionnels de garder leur propos centré sur l’enfant. Ceci témoigne d’autant de la nécessité de le faire. C’est aussi pour cette raison que nous avons donné la parole dans ce numéro à des adoptés, jeunes ou moins jeunes, pour qu’ils nous parlent chacun à leur façon de leur expérience.



À côté d’articles plus théoriques, fidèles en cela à l’esprit d’enfances & psy , nous avons privilégié des contributions concernant le travail des professionnels de l’enfance avec ces enfants et leurs familles.

L’adoption peut correspondre à des situations très diverses : être adopté très précocement est différent d’être adopté tardivement, alors qu’on a déjà un long vécu familial ou institutionnel ; venir d’un autre pays apporte encore de nouvelles dimensions ; autant d’enfants adoptés, autant d’histoires singulières. L’ensemble des points de vue du dossier reflète la diversité de ces situations.

Il n’y a pas de « pathologies » spécifiques à l’adoption. En revanche, on peut repérer de grandes problématiques qui seront vécues et traitées différemment en fonction de l’enfant et de ses ressources, de ses expériences passées, de son histoire, mais aussi bien sûr en fonction de ses parents adoptifs, de la façon dont ceux-ci peuvent l’accueillir et de tout ce qui fait la dynamique de n’importe quelle famille.

L’histoire commence par une séparation, qui est une perte et pour beaucoup un abandon : Sylvie Lang-Lainé évoque le cheminement de ces mères qui accouchent dans l’anonymat et leur accompagnement par une équipe spécialisée. Elle nous montre comment, grâce au cadre proposé, ces femmes, souvent très jeunes, vont pouvoir passer du déni initial de grossesse et du rejet de l’enfant à la reconnaissance de leur état et à un projet de don porteur de vie pour l’enfant.

Abandonné, l’enfant n’est pas pour autant livré à lui-même : dans le Val-de-Marne comme dans d’autres départements, dès la sortie de la maternité, il sera confié transitoirement, jusqu’à son adoption, à une famille d’accueil. Psychologue dans le cadre d’un placement familial adoption, Vida Malek raconte de façon très sensible tout le travail d’élaboration qui accompagne ce passage et nous fait sentir l’importance pour la psyché infantile d’un environnement soutenant, porteur d’un désir pour lui et garant de la transmission de ces premiers vécus.

L’adoption commence aussi par un désir d’enfant, un désir de devenir parents chez les futurs parents adoptifs. Un désir qui s’origine dans une histoire familiale s’étendant sur plusieurs générations, dans laquelle viendra s’inscrire ou non l’enfant et qu’il pourra faire sienne : ce seront alors, au-delà du biologique, son histoire familiale, ses origines. Danielle Lacombe évoque la façon dont s’exprime et s’élabore ce désir dans le cadre des entretiens préalables à l’agrément d’adoption, et comment on tente ainsi de garantir un minimum de sécurité à l’enfant.

En France, et pour les enfants nés en France, l’État a prévu des dispositifs pour encadrer cette rencontre sous l’égide des services départementaux d’aide sociale à l’enfance. Huguette Le Bont nous éclaire sur les aspects légaux et administratifs concernant les pupilles de l’État, et sur le rôle du conseil de famille chargé, notamment, de la délicate mission de choisir tels parents pour tel enfant.

Mais l’adoption ne se limite pas aux enfants nés en France – où l’adoption internationale s’est considérablement développée ces dernières années, pour représenter actuellement plus des deux tiers des adoptions. Jean-Jacques Choulot en décrit la difficile réalité dans les multiples situations que sa longue pratique pédiatrique dans ce domaine l’a amené à rencontrer et met en garde contre les conditions d’adoption, quelquefois anarchiques et douteuses sur le plan éthique, des filières non agréées.

Les choses évoluent vite au plan international, certains pays s’ouvrent à l’adoption, d’autres se ferment. La logique de l’administration départementale rencontre ici ses limites et, pour harmoniser les pratiques et les compétences, il a fallu réformer la loi : Muriel Eglin, magistrate, fait donc le point sur la réforme de l’adoption récemment votée par l’Assemblée nationale.

Claire Brisset, Défenseure des enfants, soulève les questions éthiques concernant la protection de l’enfant : lutte contre les dérives financières, accompagnement des familles, etc.

Les associations ont également un rôle important à jouer pour faire évoluer les choses. Janice Peyré, présidente de la plus importante d’entre elles, l’efa, évoque avec justesse et sensibilité la façon dont s’établit le lien parent-enfant dans les diverses dimensions à prendre en compte : celle de l’enfant, celle de ses parents adoptifs, celle de la famille, celle de la société.

Pour aller plus loin dans la compréhension de l’enfant adopté, il fallait interroger les spécialistes du développement et ceux qui œuvrent dans des structures d’aide psychologique spécialisées dans ce domaine.

Nicole Guedeney et Claire Dubucq-Green rappellent l’importance des premiers liens dans l’acquisition d’une sécurité de base mise en évidence par les travaux sur l’attachement – inaugurés par Bowlby et considérablement développés depuis. La séparation ne sera pas vécue de la même manière selon qu’elle survient avant sept ou huit mois ou après, et l’impact sur le care giver, celui qui procure les soins, en sera lui-même transformé.

Élisabeth Fortineau-Guillorit, dans le cadre de L’Arbre vert, a créé un lieu d’accueil parents et enfants où sont abordées et accompagnées les problématiques œuvrant souterrainement dans les difficultés rencontrées : la question des origines, l’abandon, le roman familial, etc., que Nazir Hamad, psychanalyste, identifie chez beaucoup d’adoptifs en quête de repères symboliques – tels qu’une date, un lieu, une adresse qui permettent de commencer à élaborer une histoire. Dans sa consultation, Martine Paucher, sans ignorer l’apport de la réalité du parcours de l’enfant avant son adoption, traite du lien filiatif dans sa réalité interne, tout en avançant quelques idées à propos des représentations parentales chez les enfants adoptés.

Pierre Denis rapporte dans le détail une tentative psychothérapique pour aider Bob. On sent dans son propos l’importance des sentiments transférentiels et contre-transférentiels soulevés par l’enfant mais aussi par ses parents (sa mère), et la nécessité pour une continuité de la prise en charge d’obtenir une alliance thérapeutique avec les parents.

Les légendes, les mythes regorgent d’enfants adoptés : Remus et Romulus, Moïse, Œdipe, Mowgli, qui sont souvent aussi de grands fondateurs. La tragédie d’Œdipe, rapportée par Didier Lauru et Jean-Yves Le Fourn, nous fait comprendre l’ambiguïté de la quête des origines et les enjeux incestueux particuliers à l’enfant adopté, notamment à l’adolescence. C’est sur le mode du conte, bon moyen de décentrer les affects et de faire passer des réalités difficiles, que Nicole Vacher-Neill et son équipe soignante abordent l’adolescence. L’adolescence, justement, l’âge des remises en cause, d’un profond remaniement qui affecte le corps, la psyché, et l’inscription familiale et sociale – un passage souvent difficile pour l’enfant adopté. Jean-Louis Le Run, en insistant sur la singularité de chaque sujet, cherche à dégager en quoi l’adolescence va être affectée par les problèmes majeurs de l’adoption : la question de l’abandon et celle de l’identité, lorsqu’elles entrent en résonance avec les registres mobilisés par l’adolescence, l’objectal et le narcissisme.

Se préoccuper de l’enfant dans l’adoption, c’est nécessairement interroger les nouveaux modes de parentalité. Christian Flavigny aborde la délicate question de l’homoparentalité et l’articule sur celle de l’adoption au sein d’une relation qui ne porte pas l’enfantement. Contestant avec nuance le présupposé d’une parentalité « perverse », Geneviève Delaisi de Parseval invite à réinterpréter dans des termes culturels contemporains les notions de multiparentalité désormais courantes dans nos sociétés. Les adoptions « monoparentales » posent d’autres problématiques qui n’ont pu être traitées. Ce dossier n’est évidemment pas exhaustif.

Comme toutes les questions qui interrogent la parentalité et mettent en cause le mythe des bons parents, ici bousculé par la notion d’abandon, l’adoption suscite des réactions passionnelles, des clivages, des prises de position tranchées qui nuisent parfois au débat. L’accès aux origines, évoqué dans plusieurs articles de ce numéro, en est l’exemple le plus frappant.

À travers ces articles se dessine le cheminement, le travail psychique que doit faire l’enfant adopté pour adopter sa nouvelle famille, accepter cette filiation, construire son identité, surmonter la blessure de l’abandon et faire le deuil d’une unification illusoire. Pour certains, ce travail passera par une quête : comprendre ce qui s’est passé, voire retrouver leur mère de naissance, plus rarement leur géniteur. Tout dépendra de la qualité des liens qu’ils auront formés avec leur famille (adoptive) et des rencontres, mises à l’épreuve de ces liens avec l’environnement, en particulier à l’adolescence. Ce cheminement s’effectue avec les parents qui ont choisi d’accueillir et d’aimer cet enfant, de le désirer et de le porter à travers les épreuves et les joies du parcours. L’adoption est une belle aventure.

En centrant le propos sur l’enfant, en exposant les réflexions et les pratiques, nous avons surtout cherché à offrir un outil qui permette aux professionnels de l’enfance de mieux comprendre et aider les enfants et les familles qui font appel à eux.


Jean-Louis Le Run est pédopsychiatre, chef de service d’un intersecteur à Paris, rédacteur en chef de la revue enfances & PSY.  Antoine Leblanc est pédiatre. Isabelle Cluet est assistante sociale.

Co-Auteurs : Marguerite Blais - Claire Brisset - Jean-Jacques Choulot - Johanne De Champlain - Geneviève Delaisi De Parseval - Pierre Denis - Claire Dubucq-Green - Muriel Eglin - Christian Flavigny - Elisabeth Fortineau-Guillorit - Nicole Guedeney - Nazir Hamad - Danielle Lacombe - Sylvie Lang-Lainé - Didier Lauru - Huguette Le Bont - Jean-Yves Le Fourn - Vida Malek-Yonan - Martine Paucher - Janice Peyré - Nicole Vacher-Neill


©2006
Enfances & PSY - La Petite Collection - - collection dirigée par Jean-Louis Le Run

ISBN : 2-7492-0651-0
11 x 17, 288 pages
15.00 €

09:10 Écrit par collectif a & a dans Livre - Revue | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us

17/08/2006

Pour avis du Conseil Supérieur de l'Adoption ...

La Ministre de l'Enfance et de l'Aide à la Jeunesse réagit aux critiques formulées par un groupe de parents candidats à l'adoption qui avait publié une pétition virtuelle.

Catherine Fonck précise que le contenu de la préparation à l'adoption - très critiquée par ce groupe de parents - sera soumis et évalué par le Conseil Supérieur de l'Adoption. Celui-ci vient justement d'être mis en place et réunit à la fois des experts du secteur, des représentants des adoptants et des adoptés ainsi que des organismes d'adoption.

En attendant les conclusions des experts, elle rappelle que l'enquête de satisfaction réalisée auprès des 400 candidats qui ont suivi cette préparation par l'autorité communautaire a montré un taux de satisfaction important : 92% des fiches complétées par plus de 320 candidats reflètent une bonne ou très bonne appréciation.

La ministre de tutelle entend néanmoins tenir compte de l'avis du CSA attendu pour le mois de septembre pour, le cas échéant, apporter les améliorations nécessaires à l'étape de préparation des candidats.

La ministre tient à insister sur le fait que la procédure d'adoption mise en place depuis le 1/9/2005 a comme objectif premier la protection de l'enfance.



Dix étapes pour le respect des droits de l'enfant.

Rappel de la nouvelle procédure d'adoption pour protéger l'intérêt supérieur de l'enfant.
 

28.09.06. Le Conseil supérieur de l'adoption a rendu son avis sur la préparation des candidats adoptants.
 
Le contenu du programme de préparation des candidats adoptants a fait l'objet d'une demande d'avis de la ministre Catherine Fonck au Conseil Supérieur de l'Adoption (CoSA). Celui-ci vient de rendre sa copie.
 
Globalement, l'avis est positif. Il constate que l'actuelle préparation semble veiller principalement à sensibiliser les candidats aux enjeux psychologiques, familiaux et relationnels de l'adoption. Il insiste néanmoins pour que l'accent soit à la fois autant mis sur les embûches potentielles de l'adoption que sur les objectifs de la filiation adoptive.

En bref, ni de décourager ni d'encourager, mais d'informer.

Il suggère également de confier à un organisme spécialisé en audits une mission d'évaluation périodique du programme et des cycles de préparation.

Source

11:05 Écrit par collectif a & a dans Décret | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us