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28/11/2006

L' adoption d'enfants de cultures étrangères

medium_enfants_cultures_etrangeres.2.jpgFanny Cohen-Herlem psychiatre, administrateur du Service Social d'Aide aux Emigrants, chargée de l'adoption internationale et Jacky Mamou pédiatre, ancien président de Médecins du monde, administrateur du SSAE.


 
Fanny Cohen Herlem est l'auteure de "l'Adoption d'enfants de cultures étrangères", qui vient de paraître aux éditions Pascal avec une préface de Simone Veil.
 
Les efforts récents des pouvoirs publics pour améliorer le dispositif français de l'adoption internationale ont notamment pour objectif de mieux respecter les engagements internationaux de notre pays.
Il est important de rappeler que l'adoption internationale, selon la convention internationale des droits de l'enfant de 1989 et la convention de La Haye (CLH) de 1993 (signées et ratifiées par la France), n'est qu'un des moyens de venir en aide aux enfants privés de famille.
 
Le placement dans les pays d'origine, que ce soit dans la famille élargie, en famille d'accueil, ou en institution, et surtout l'adoption nationale sont les premiers recours que les pays qui ont signé la CLH cherchent à mettre en oeuvre.
 
Certains pays ne proposent pas d'enfant en adoption, d'autres sont «contre» l'adoption internationale, blessés à l'idée de voir partir des enfants qu'ils sont, cependant, bien en peine d'aider. Le devoir de tout pays est donc d'aider les autres à trouver les moyens chez eux de faire face à leurs difficultés, comme cela existe déjà, grâce aux programmes d'aide internationaux et aux organisations non gouvernementales (ONG) de terrain.
 
L'adoption internationale, qui est par ailleurs une aventure singulière, ne peut être prise en compte que dans ce contexte.
 
Face à la souffrance des personnes sans enfants qui désirent adopter, la position du pays d'accueil est de les aider à se préparer à accueillir un enfant «de culture étrangère». Il revient aux pays d'origine de déterminer les enfants adoptables et de choisir les futurs parents. Au regard de leur histoire et d'une relation privilégiée, les pays d'origine sont également fondés à choisir les autres pays vers lesquels ils veulent bien laisser partir les enfants.
 
La France peut être fière de ses capacités à faire face à ses responsabilités quant aux moyens qu'elle s'est donnés et continue à se donner en la matière.
 
Les organismes autorisés pour l'adoption (OAA) et, depuis peu, la nouvelle Agence française de l'adoption (AFA) sont des structures qui sont là pour permettre aux futurs parents d'éviter les écueils et les risques de l'adoption individuelle. Les associations de parents travaillent également dans ce sens.
 
Si l'on se réjouit de l'intérêt porté par les médias et l'opinion publique, les associations et les journalistes, que veut dire pour autant «stratégie» quand il s'agit d'adoption ?
Qu'est-ce que cela signifie que d' «aller ouvrir» un pays ?
Comment peut-on parler de «politiques offensives» ? Il ne s'agit pas d'un marché à conquérir ! Allons-nous faire comme plusieurs pays, entre autres les Etats-Unis, qui n'ont justement pas signé la CLH et qui décident de considérer comme tels, sans le moindre scrupule, ces pays d'origine ?
 
Reprenons cette idée fondamentale : on ne cherche pas des enfants pour des parents, ce sont les enfants qui ont «droit» à une famille !
 
Le Service social d'aide aux émigrants (SSAE) souhaite rappeler que des pressions sur des pays d'origine pour augmenter le nombre d'enfants adoptables à l'international seraient à ses yeux irrecevables.

 

Source : "L'enfant adopté n'est pas une marchandise." sur Libération