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27/12/2006

Au-delà des frontières : notre attachement aux enfants et aux familles

Pour aider un enfant ...

Michel Lemay, Pédopsychiatre au Centre hospitalier universitaire mère-enfant Sainte-Justine à Montréal (*) 


La vie d'un enfant ne commence pas à sa naissance mais bien avant. À partir du moment où un adulte désire un enfant et devient ainsi déjà une mère ou un père potentiel, la représentation que ce couple va se faire du bébé à venir génère celui-ci puisqu'il devient une image, se met à occuper une place avant d'exister, mobilise chez les futurs géniteurs leur propre histoire d'enfant.

 

Cet enfant du rêve, est-il un petit être qu'on veut accompagner au fil des années pour qu'il devienne un sujet «individué» ou est-il déjà un objet destiné à réparer les manques, les carences, les souffrances d'un potentiel parent en détresse? Une fois qu'il est devenu embryon puis foetus, est-il déjà inscrit comme le prolongement absolu d'un parent, est-il vu comme une possession qui doit combler le vide?

 

Tous les intervenants de la petite enfance savent que ce passage du bébé de rêve au bébé réel est déterminant. Si un bébé est peu à peu vécu comme un persécuteur auprès d'un parent confronté à la solitude, à l'absence de réseau, à la dépression éventuelle, ce parent reste hanté par l'espoir de pouvoir se réparer par son bébé qui devient en grand danger. S'il ne se constitue pas une structure cohérente d'aide, ce petit enfant risque de connaître la négligence, la maltraitance, les abandons successifs entrecoupés de reprises angoissées et agressives puisqu'il deviendra un sujet mal compris.

 

Si nous sommes éducateurs travaillant auprès d'adolescents ayant connu des placements successifs, des séries d'investissements ratés, nous savons combien ces jeunes, tout en possédant très peu d'images intériorisées d'une mère ou d'un père, ont soif de rejouer leur enfantement puis leur enfance ratée grâce à un bébé poupée dont ils voudraient tout recevoir sans pouvoir beaucoup leur donner.

 

Tout ce que nous faisons pour devenir envers eux des personnes significatives auxquelles ils puissent un peu s'attacher et, de là, tout ce que nous pourrons interpeller sur les motifs de leurs désirs d'enfants, sur la vraie place d'une maternité et d'une paternité, sur les joies et les pièges qui les guettent, sèmera déjà quelques graines susceptibles de germer. Elles aideront ces adolescents devenus parents à être plus disponibles à l'accueil de leur futur bébé.

 

La découverte de l'attachement

Cela mène à parler de l'attachement. La découverte de ce processus revient essentiellement à John Bowlby qui eut l'intuition géniale que le bébé, de la même manière que maintes créatures animales, possédait une capacité innée de se tourner dès les premières semaines de la vie vers un partenaire de son espèce afin de se protéger et d'envoyer des signaux tels que s'accrocher, sucer, se blottir, pleurer, sourire pour établir un lien.

 

Si le bébé cherche à se tourner vers des gens, il faut que ces derniers répondent adéquatement à ses signaux, à ses appels, à ses demandes puis à ses désirs pour qu'un pont puisse se bâtir entre un organisme désirant se créer et un entourage capable de fournir des matériaux permettant d'édifier une vie psychique. Cette mise en évidence des mécanismes d'attachement est certainement l'une des grandes découvertes de ces dernières décennies tout en nous confrontant à d'immenses responsabilités.

 

On connaît bien à présent ce qu'on appelle les troubles de l'attachement, qui vont des états anxieux, des comportements d'ambivalence et d'évitement aux attachements désorganisés débouchant sur les carences relationnelles, les dysharmonies d'évolution, les mouvements apparemment incohérents de petits êtres qui n'ont jamais pu combler le vide issu de leurs premières années. Ils se retrouvent dans des structures familiales profondément détériorées par des facteurs immédiats, mais surtout par l'inaptitude du parent à répondre à leurs besoins du fait de leur passé -- qui ressemble comme deux gouttes d'eau à ce qu'ils sont en train de faire vivre à leurs tout-petits.

 

Comment réparer ces parents, comment les soutenir, réanimer en eux leurs propres capacités d'attachement? C'est le défi que nous, intervenants, avons sans cesse à relever. Il n'est «relevable» que si des structures d'aide à la petite enfance et à la parentalité s'installent de manière stable et cohérente en s'appuyant autant sur des rencontres à domicile, des lieux d'accueil et des ateliers éducatifs parents-enfants que sur des structures d'appoint visant le soutien, l'offre de modèles éducatifs, mais aussi des rencontres à valeur d'apports affectifs substitutifs.

 

Les processus d'attachement ne sont pas en effet réservés à la petite enfance. Ils sont des phénomènes permanents se déroulant durant toute l'existence. On peut donc, dans de nombreux cas, réanimer des potentialités parentales en mettant en place des réseaux d'aide, y compris en envisageant des parentalités partielles tandis que l'enfant séjourne également en famille d'accueil.

 

On sait aussi qu'un trop long acharnement thérapeutique, une trop grande vision utopique des intervenants peuvent prolonger de manière catastrophique des situations pathogènes en désorganisant la personnalité émergente de l'enfant. Il faut donc se donner des balises tant pour l'évaluation des aptitudes parentales que pour la durée, la qualité et l'intensité des interventions. Il faut oser se poser la question redoutable d'un retrait et ceci exige que chacun exerce ses responsabilités au bon moment, puisse s'appuyer sur les collègues d'autres disciplines, ne s'engage pas dans des positions dogmatiques du genre «il faut à tout prix sauvegarder les liens de sang» ou «il faut à tout prix briser les transmissions intergénérationnelles en plaçant le plus vite possible».

 

C'est ici sans doute que la définition de la place de chacun, les limites respectives des actions, la complémentarité des interventions deviennent non seulement des souhaits, mais des obligations éthiques.

 

La part du cerveau

Toute l'évolution d'un être humain n'est donc pas seulement liée à son environnement. Il y a une formidable organisation progressive d'un cerveau dont les circuits neuronaux peuvent être déréglés par des facteurs génétiques, pré, péri et postnatals, mais aussi environnementaux. Ces circuits sont en effet littéralement sculptés par les stimulations, les informations, les stress et les joies offerts par le monde extérieur et créés par ses propres évocations.

 

Le cerveau fabrique des représentations, mais il les reprend, les module, les censure, les transforme au point que nous nous construisons certes en fonction de ce que la réalité nous apporte, mais aussi à partir des représentations que nous nous faisons de cette réalité. Les distorsions, les élaborations d'images nous entraînent dans un univers cognitif et affectif à propos duquel nous avons à nous situer sans jamais trop savoir la part des événements concrets et celle de nos rêveries, de la chimie de nos neurotransmetteurs, et la part des éléments culturels dans ce que nous devenons.

 

Quelles sont nos complémentarités, nos limites, par rapport à cet amalgame d'éléments pouvant déclencher les déboires, les aléas des enfants et adolescents qui nous sont confiés?

 

Il y eut un temps naïf où nous pensions qu'une seule théorie pouvait à la fois nous apprendre ce qu'était un être humain et ce que nous pouvions faire pour l'aider. Tout gourou qui prétend que sa théorie peut offrir une synthèse des processus fondateurs de notre personnalité, et de là un type isolé d'intervention miracle permettant de rectifier les aléas éventuels, est peut-être intéressant dans certaines de ses idées, mais il se ment à lui-même et à nous-mêmes en formulant une telle espérance.

 

De la même manière, si nous pouvons espérer avoir une vision relativement synthétique des mécanismes adaptatifs qui sont à notre disposition, nous sommes incapables de manier correctement les différents moyens qui sont à notre disposition. Il en résulte la nécessité de reconnaître les bienfaits des approches interdisciplinaires.

 

L'enfant-objet

Nous avons à nous définir dans nos spécificités en fonction d'objectifs dépendant de la personnalité du sujet accompagné, de ses forces, de ses faiblesses, en fonction du réseau sociofamilial dans lequel il est inséré, en raison de nos tâches qui peuvent cibler le langage, la motricité, les représentations intérieures, les comportements adaptatifs ou toute autre situation.

 

Cette «centration» sur un aspect ne me gêne pas si elle comprend le rôle de chacun et si elle reste hantée par l'idée de construire un tissu d'accueil qui touche tous les besoins d'un être humain. Je la trouve dangereuse si elle oublie cette vision globale et, prenant comme un dogme l'application de tel modèle qui renie les autres, elle kidnappe l'enfant en le transformant en un objet dont il faut façonner les comportements, les pensées et les désirs au nom de l'effacement de tel symptôme ou, ce qui est pire, au nom d'une vision préconçue de ce qu'il doit être. Nous sommes alors, et souvent à notre insu, dans une violence psychologique qui frise l'abus.

 

En 50 années de psychiatrie, je pense que nous devons accumuler nos connaissances, les vérifier quand cela est possible, les élaguer, oser les remettre en cause tout en gardant les acquisitions qui semblent des pas en avant, conserver comme un trésor les fils qui paraissent solides, bâtir des réseaux d'interventions en sachant que chacune d'entre elles a ses indications et contre-indications, ses richesses et ses limites.

 

Seuls nous ne pouvons rien faire. Nous sommes seulement des médiateurs, c'est-à-dire des sujets qui, par nos professions, sommes placés entre l'être en souffrance et son environnement que vous, collectivités de vie, vous constituez. Si vous ne vous engagez pas au sein de chaque famille, au sein de chaque école, au sein de chaque quartier, au sein de chaque région pour accueillir ces sujets démunis qui vous heurtent, les drames non seulement continueront, mais progresseront.

 

* Extraits d'une allocution prononcée cet automne par l'auteur dans le cadre du congrès international «Au-delà des frontières: notre attachement aux enfants et aux familles», qui se tenait à Montréal.
Le texte intégral est disponible sur le site Internet de l'Association des centres jeunesse du Québec .

08:00 Écrit par collectif a & a dans Troubles DSM-IV | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Québec, Michel Lemay, pédopsychiatre | |  del.icio.us

24/12/2006

La post adoption: vers un équilibre des droits et intérêts des adoptés des adoptants et des familles d'origine.

medium_postadoption.2.jpgContribution d' Isabelle Lammerant (SSI/CIR) au Séminaire européen sur la post-adoption organisé à Florence par ChildONEurope le 26 janvier 2006.

 

 

 



Brève présentation du Centre international de référence pour les droits de l’enfant privé de famille
(SSI/CIR)



Le Service Social International (SSI), ONG internationale, est un réseau de services sociaux nationaux dans plus de 160 pays. Il intervient dans des cas individuels à la demande de personnes, d’organismes ou d’autorités, pour offrir une aide aux personnes et aux famillesconnaissant des problèmes juridiques ou sociaux causés par les migrations ou les déplacements internationaux. Son mode d’action spécifique consiste dans la promotion d’une coopération entreservices sociaux, autorités administratives, voire juridictions des pays concernés par une situation familiale internationale, en vue du rétablissement ou du renforcement de liens familiaux, ainsi quede l’appui à la résolution des conflits.



Programme créé par le Service Social International, le Centre international de référence pour les droits de l’enfant privé de famille (SSI/CIR), situé au Secrétariat général à Genève, a pour butde contribuer, à travers le monde, à une meilleure protection des enfants en situation ou en risque de délaissement familial, et à la promotion de leurs droits notamment dans le cadre du placement et de l’adoption. Il travaille en réseau avec les Autorités des pays concernés, les organismes deprotection de l’enfance et d’adoption agréés et les professionnels partageant une éthique fondée sur les droits de l’enfant.


Le SSI/CIR développe, en anglais, français et espagnol, des activités de documentation, l’information, de recherche, d’expertise et de formation orientées vers la promotion des droits de l’enfant. Il publie notamment un Bulletin mensuel d’information et d’analyse, relatif auxlégislations et pratiques de protection de l’enfant privé de famille à travers le monde. Dans lespays industrialisés qui co-financent le SSI/CIR, le Bulletin est disponible gratuitement pour les professionnels, organisations et autorités. Dans les autres pays industrialisés, il est disponible surabonnement pour les seuls organisations et professionnels privés. Le Bulletin est également isponible gratuitement dans les pays en développement et en transition.

 


I. Existence d’un « triangle post adoptif »



La situation de post adoption concerne les droits et intérêts de trois catégories d’acteurs : l’adopté, enfant puis adolescent et adulte ; les parents adoptifs et le cas échéant la familleadoptive élargie (fratrie, grands-parents, oncles et tantes, cousins…) ; et les parents d’origine et le cas échéant la famille d’origine élargie (fratrie, grands-parents, …).
... ...



II. A la recherche d’un équilibre au sein du triangle post adoptif



Le droit international actuel de l’adoption se fonde sur un corps d’instruments relatifs aux droits de l’enfant, parmi lesquels principalement la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant du 20 novembre 1989 et la Convention de La Haye du 29 mai 1993, sur la protection des enfants et la coopération en matière d’adoption internationale, mais aussi de nombreux principes et bonnes pratiques développés par la Communauté civile internationale, notamment les organisations de protection de l’enfant.
... ...



III. Suivi du placement en vue d’adoption et services de soutien post adoptif



 L’adoption présente une double nature, à la fois institution de filiation et mesure de protection d’un enfant. A ce double titre, elle relève de la responsabilité de l’Etat et, en tant que mesure de protection de l’enfant, elle doit être mise en oeuvre par des professionnels travaillant de préférence en équipe pluridisciplinaire (assistants sociaux, psychologues, médecins, juristes).  
... ...
 
 
IV. Accès aux information et contacts éventuels post adoption



Conformément aux conventions internationales (art. 7 de la Convention des droits de l’enfant, art. 30 et 31 de la Convention de La Haye), l’enfant a le droit de connaître ses parents d’origine, dans la mesure du possible.



Conclusions

La question de la période post adoptive inscrit donc dans la durée les exigences de respect de trois pôles du triangle adoptif : adopté - famille adoptive - famille d’origine, qui naissent dès avant l’adoption.

Ces exigences ne sont souvent pas spécifiquement présentes dans le quotidien des familles, car la finalisation juridique de l’adoption fige une situation de séparation, tout en garantissant à l’adopté et à la famille adoptive une stabilité essentielle au déroulement harmonieux de leur vie privée et familiale.


Mais elles doivent être prises en considération par les autorités, les organismes psychosociaux et les professionnels, en vue de prévoir et d’organiser des politiques et des services les mettant en oeuvre lorsque c’est nécessaire, et notamment lorsqu’une famille adoptive a besoin de soutien, ou lorsqu’un adopté, voire ses parents d’origine, sollicitent des informations ou un contact.


Ces services post adoptifs constituent le dernier maillon d’une chaîne de services professionnels et pluridisciplinaires indispensables, depuis le soutien aux familles d’origine et tout le travail préalable à l’adoption en passant par la réalisation de l’adoption, pour garantir que le processus global de l’adoption se passe au mieux pour le meilleur intérêt de l’enfant, dans le respect de tous les intéressés. L’existence de cette chaîne de services constitue vraisemblablement un des meilleurs outils de prévention des échecs de l’adoption.

 

Source : ChildOnEurope

19/12/2006

Un avenir pour les enfants - Soutenez Plan !

medium_plan_enfants.jpgPlan Belgique est une organisation non gouvernementale indépendante, qui fait partie de l’organisation Plan International. Dans plus de 60 pays (46 dans le sud et 16 dans le nord), Plan vise à améliorer de façon structurelle les conditions de vie des enfants dans les pays en développement.Plan Belgique a été créée en 1983.

 

L’enfant : au centre de toutes les actions

Les enfants ne sont pas de simples consommateurs de projets, ils sont les véritables partenaires dans le long processus de développement.  Les projets sont considérés comme une « réussite » si son impact sur la vie des enfants est mesurable. 

 

Les domaines de programmes et principes d’intervention


La pauvreté demeure le principal obstacle au développement des enfants.  Dès la naissance, les enfants des pays pauvres sont brutalement confrontés aux dures réalités de la vie des pays du sud.  Rester en bonne santé dans les régions du sud est un combat au quotidien.  Souvent malades et fragiles, les enfants n’ont ni la force, ni les moyens d’aller à l’école.  Sans éducation, ni formation, ils n'ont aucune possibilité d’améliorer leur avenir. Chaque année, Plan investit dans la construction d’écoles, la formation d’enseignants, la fourniture de matériel scolaire et intervient financièrement dans les frais d’inscriptions des plus démunis.  Plan réalise les projets en étroite concertation avec les populations bénéficiaires des projets.

En savoir plus : http://www.plan-belgique.org/

 

Parrainage

Un site spécialement consacré au Parrainage Plan est en ligne.
La phrase du jour : « Plus on est de Parrains et Marraines Plan, plus on rit ».
Plan choisi l’humour pour encourager à la solidarité avec les enfants du Sud.

 Merci encore pour votre précieux soutien. 

 

 

 

14:30 Écrit par collectif a & a dans Droits de l'enfant | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Plan International | |  del.icio.us

15/12/2006

Né sous X : adoption simple et droit de visite.

medium_genethique.jpgLa Cour d'appel de Reims a rendu hier un arrêt accordant l'adoption simple, et non plus plénière, aux parents adoptifs de Benjamin. Elle accorde, de ce fait, un droit de visite au père biologique de l'enfant.


Né en mai 2000 sous X, Benjamin Peter avait été adopté quatre mois plus tard par un couple de médecins nancéens. Le 23 février 2004, la Cour d'appel de Nancy avait accordé l'adoption plénière au couple Fau.

 

Quelques semaines avant l'accouchement, Philippe Peter avait pourtant reconnu l'enfant. Et, le 10 avril 2006 , la Cour de cassation avait reconnu la paternité biologique de Philippe Peter.

 

La décision de la Cour d'appel de Reims, conforme à celle de la Cour de cassation, satisfait les parents adoptifs et le père biologique de Benjamin qui avait déjà trouvé un accord en ce sens.

 

NDLR : On distingue l'adoption simple dans laquelle, tout en bénéficiant dans sa famille d'adoption de certains effets du droit de la filiation (nom, droit de succession), l'adopté reste cependant attaché à sa famille biologique, de l'adoption plénière dans laquelle l'adopté entre dans la famille de la personne ou du couple marié qui l'adopte en cessant d'appartenir à sa famille naturelle.
Voir : www.dictionnaire-juridique.com

 

 

Source : Gène Ethique

 

16:25 Écrit par collectif a & a dans Nés sous X | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us

13/12/2006

Prévention de l'abandon d'enfant


medium_TDH.jpgEn Roumanie, Terre des hommes (Tdh) mène des projets de protection sociale et de défense des droits de l’enfant. Ils sont tous menés par des partenaires locaux, soutenus de manière institutionnelle, technique et financière. Une profonde refonte de nos activités en Roumanie prendra effet en 2007.




Protection sociale – Le premier projet à avoir été mis en œuvre par Terre des hommes s’attache à prévenir l'abandon maternel . Pour des raisons socio-économiques, de nombreuses jeunes mères abandonnent leur enfant et sont rejetées par leur famille, sans structure d’accueil. Avec notre partenaire ACSIS, nous les accueillons et leur prodiguons un soutien social. Avec un autre partenaire, FOC, nous menons dans les écoles et auprès des familles un programme de prévention contre la déscolarisation, pour endiguer le phénomène des enfants en situation de rue. Toujours en milieu scolaire, nous effectuons avec l’Association Jean Valjean une prévention à la délinquance juvénile. Enfin, un projet plus récent dans le Sud du pays, à Craiova, effectue une prévention contre les flux migratoires et les trafics d’enfants.


Droits de l’enfant – Avec l’Association Jean Valjean et le cabinet d’avocats Ana Vadan, Tdh accompagne les enfants confrontés au système judiciaire  et qui n’ont pas les moyens de se défendre. En s’appuyant sur la Convention des Droits de l’Enfant, Tdh travaille d’une part à une défense adéquate et à éviter leur placement systématique en institution, et d’autre part propose des formations à tous les acteurs du système judiciaire. Enfin, avec la Fédération UNOPA, nous travaillons au respect, par les autorités nationales, des droits des enfants affectés par le sida.


Tdh hier…

 

Terre des hommes a commencé à intervenir en Roumanie en 1992, 3 ans après la chute du régime Ceaucescu, et concentré ses efforts prioritaires contre la marginalisation des enfants les plus vulnérables, notamment par un premier projet de prévention de l’abandon maternel , puis un autre auprès des enfants en situation de rue. En 1997, Tdh ouvre un programme pour les mineurs en conflit avec la loi, leur offrant assistance juridique et sociale, et formant les professionnels du système judiciaire. En 2000, Tdh ouvre un projet dont le but est de faire respecter les droits des enfants séropositifs. En 2005 nous avons proposé à des institutions étatiques des formations aux meilleures pratiques dans le domaine de la protection de l’enfance.  Quant au dernier programme que nous avons ouvert, il intègre la Roumanie dans un projet régional en Europe de l’Est de prévention et protection contre les trafics d’enfants  et les risques migratoires, et déploie des démarches de plaidoyer pour renforcer la protection de l’enfance.


… et demain

Terre des hommes a planifié de se désengager, dès 2007, de ses partenaires actuels pour se concentrer sur un soutien technique et un transfert de compétences à leurs côtés, et sur des activités de plaidoyer auprès des autorités locales et nationales. Notre intervention directe se prolongera dans le cadre du nouveau projet de prévention des trafics d’enfants, et dans celui du projet régional de protection de l’enfance. Un appui plus conséquent pourrait toutefois être donné à notre partenaire dans le projet de prévention de l’abandon maternel.



Vécu


Je m’appelle Gabriel et j’ai 24 ans. Si j’ai pu m’accomplir sur le plan professionnel, c’est grâce à l’aide de la structure de la Fondation FOC dans le Secteur 5, l’un des quartiers les plus défavorisés de Bucarest.

Mon premier contact avec eux remonte à 1998, alors que j’étais en dernière année au lycée et que je vivais une période assez tourmentée de ma vie. Je ne savais pas trop bien ce que je voulais pour ma vie, j’étais en plein doute existentiel, un malaise courant ici... Cette organisation, soutenue par Terre des hommes, m’a aidé du point de vue affectif, social, professionnel, par leurs programmes éducatifs, créatifs et instructifs, et aussi grâce aux nombreuses discussions qu’ils m’ont accordées. Après quelque temps, j’ai tenu à contribuer à ces activités en y adhérant comme bénévole.


Dès la fin du lycée j’y ai travaillé comme éducateur et cela m’a aidé à mieux me comprendre moi, et les autres autour de moi. Mes collègues m’ont encouragé à développer mes capacités, et à tenter ma chance à l’université. J’ai réussi l’examen d’entrée et ai pu obtenir une bourse à l’Université Technique de Construction de Bucarest.


La première année a été difficile, du fait de ma situation financière précaire. Mais j’ai pu compter, en complément, sur une donation individuelle. Je touche désormais un montant régulier qui m’aidera à terminer mes études, à couvrir les dépenses scolaires et une partie de mes dépenses personnelles.


Depuis ma rencontre avec les gens de FOC et de Tdh, tous les changements dans ma vie, du point de vue social, éducatif, professionnel ou affectif, ont été positifs et salutaires. Cet appui m’a permis de dessiner une trajectoire droite vers un avenir meilleur et plus sécurisant.



Source : Terre des Hommes

09:40 Écrit par collectif a & a dans Protection de l'enfance | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Roumanie, Terre des Hommes | |  del.icio.us

01/12/2006

Une politique européenne de l’adoption ?

pour une politique europeenne de l adoption.jpgBruxelles. Parlement européen. 9 novembre 2006.
Un colloque organisé par l'Alliance des Libéraux et Démocrates d'Europe avec la participation de Janice Peyré, Présidente d'Enfance et Familles d’adoption.

Ouverture du colloque par Mme Claire Gibault et Mr Jean-Marie Cavada (Députés européens).


Tous deux concernés par l'adoption, ils ont été chargé de préparer un état des lieux de l'adoption en Europe. D'autant plus que certains parlent à ce propos "d'exportation et d'industrie de l'adoption". Si la natalité a diminué dans nos pays et par conséquent le nombre d'enfants adoptables, la corruption, le trafic, les critères religieux et culturels sont des raisons de refus et de frein à l' adoption internationale par certains Etats.



La réalité de l'adoption.


Lors de cette journée, on nous a rappelé que l'adoption internationale n'était pas « la solution» pour les enfants vivant seuls dans le monde. Elle s'adresse à des situations individuelles pour lesquelles aucune solution n'est envisageable dans le pays d'origine. Elle ne peut-être une obligation mais une option pour les Etats, elle doit rester l'exception, être précédée par d'autres alternatives (adoption nationale, famille d'accueil, de parrainage, élargie, ....), librement consentie et exempte de tous gains financiers. D'autre part il ne faut pas oublier que beaucoup d'enfants ne sont pas ou peu adoptables car porteurs de handicaps, de maladies, trop âgés ou issus de fratrie. On sait aussi que l'enfant abandonné et ensuite adopté a subit de nombreuses fractures affectives qui peuvent rendre son intégration dans une famille fort difficile si pas impossible parfois.



Au niveau du droit, il y a une absence de ligne directive dans l' Union Européenne concernant la situation du droit à une famille, la parenté n'étant pas définie de la même manière dans chaque pays et il n'y a pas d'études concernant les législations nationales.



Les pays européens et l'adoption internationale.


Les différentes interventions de l'après-midi ont bien démontré qu'avant d'élaborer une politique européenne commune de l'adoption, il fallait enquêter, analyser les lois de chaque pays mais aussi apprendre de chacun. La réponse à la détresse des enfants n'est pas la même partout et chacune mérite le respect. L'Union Européenne se doit de s'intéresser aux enfants en difficulté en aidant les pays dans leur politique sociale pour prévenir les abandons, rétablir les liens familiaux, .... Et dans le cas de l'adoption internationale mieux cibler les demandes avec les besoins de chaque pays (création d'une banque de données, ...).

Cependant au vu de tout ce qui a été dit, ont peu douter qu'une norme unique puisse être mise en place pour toute l'Europe et si l'adoption internationale est comme on l'a dit une option et non une obligation pour chaque Etats, on peut s'étonner des griefs émis plus spécialement aux représentants Roumains et Bulgares de l'assemblée. Rendre les formalités d'adoption moins restrictives en invoquant la libre circulation des marchandises, de la main d'œuvre, alors que beaucoup de pays tentent de mieux cadrer cette autre filiation pour diminuer les abus n'est certainement pas la meilleure solution.



Extrait d'un Bulletin de "Petales" .



Autre témoignage à chaud


Racontant le côté le côté surréaliste de cette journée et l'impression finalement d'être pris littéralement en otages d'une manipulation politique.


Anthropologiquement parlant, c'était éminemment instructif, mais à ce niveau-là seulement, je crains ...!


Je suis sortie absolument scandalisée de ce que j'ai vécu là. C'est la première fois que je mettais les pieds dans une assemblée de l'Europe et j'avoue que si je ne me suis jamais fait beaucoup d'illusions sur ce qui s'y faisait, cette fois, je crains vraiment pour l'avenir des populations européennes, et de la démocratie dans tous les pays, ici compris bien sûr.


Cette réunion avait pour objectif annoncé "Une politique européenne de l'adoption", et ... pour objectif réel ... d'obliger la Roumanie à mettre fin à son moratoire et à rouvrir ses frontières pour nous donner ses enfants en adoption. Pour cela tous les moyens ont été bons, surtout les pires.


Accuser les représentants roumains de nationalisme, de ne pas vouloir le bien de leurs enfants et de les maltraiter. Ils ont été empêchés de répondre aux accusations en recevant un temps de parole très minimum en fin de journée et en bout de table.


On nous a présenté un film, tourné cet été, qui nous montrait la réalités de certains enfants en institutions. Enfants et adolescents autistes, handicapés physiques et mentaux graves et en nous disant que depuis Ceaucescu rien n'avait changé et que si ces enfants avaient pu être
adoptés à l'étranger, ils ne seraient pas dans cet état. Il était pourtant évident que ces enfants étaient pour la plupart nés avec ces pathologies et qu'ils n'auraient jamais trouvés de parents adoptifs dans nos beaux pays de démocratie occidentale.


Une femme a été mise à la porte de l'assemblée sous prétexte qu'elle aurait agressé une jeune fille roumaine qui venait témoigner de son désir d'enfant d'être adoptée, désir qui n'a pas pu être réalisé.


Nous n'avons pu qu'entendre ce que disait le président, nous n'avons rien vu d'autre. Vrai, faux ? Cette femme n'a pas eu le droit de s'expliquer elle a été mise dehors comme quelqu'un de répugnant à qui personne n'avait rien à dire. Nous aurions du partir devant ces faits, mais nous sommes restés parce qu'il faut voir aussi.


Jean-Marie Cavada, qui présidait la séance, nous a tous pris à témoin de ce que nous n'avons pas vu. Et parlait des personnes présentes (nous étions +/- 70, presse comprise) comme d'un groupe d'accord avec tout ce qu'il disait. Bien sûr, il ne connaissait aucun de nous et n'a jamais demandé l'avis de personne. Mais ses phrases commençaient régulièrement par "Nous sommes tous d'accord ici..."


Bref, on a joué sur l'émotion de l'assemblée, devant des situations graves et réelles, pour dire que l'Europe demandait la levée du moratoire concernant l'adoption des enfants roumains en dehors de Roumanie.


Tout ça était expliqué dans les mêmes termes que s'il s'agissait d'une denrée dont on nous refuserait la fourniture. L'adoption y a été présentée comme la chose la plus merveilleuse à faire pour un enfant, que ces horribles Roumains sans coeur refusaient aux leurs. Sans tenir compte d'aucune de leurs difficultés, avec le passé qu'ils ont, et sans offre d'aide pour les sortir de ces difficultés. Non, "ces enfants, vous nous les devez puisque vous ne savez pas les aider".


Même si la Roumanie ouvrait ses frontières, je crois que bien peu d'enfants seraient adoptés dans nos pays, ce n'est pas de parents adoptifs dont ils ont besoin, mais en général de thérapeutes et pas n'importe lesquels en plus. Mais ça passait visiblement au dessus de la tête de ces personnes pleines de coeur et qui voulaient donner tant d'amour. L'Europe de l'adoption se limitait là à la Roumanie et son moratoire face à tous les autres pays ouverts. C'est un peu court.


Jean-Marie Cavada préconise aussi une "Agence Européenne de l'Adoption", sorte de guichet de commandes, où seraient rassemblées toutes les demandes. Eh bien là, c'est la pire des choses qu'on pourrait faire.


Plus aucune discussion ni contradiction possible. Au nom de l' "intérêt supérieur de l'enfant", qui a bon dos, parce que chacun y entend ce qu'il veut, et en général ses intérêts personnels, on a assisté à des manoeuvres répugnantes.


Il est évident que si j'en ai l'occasion, j'assisterai à quelques autres assemblées de l'Europe, pour voir si c'est vraiment comme cela que cela fonctionne. C'est tout à fait paniquant.

 

 

Mise à jour 12.12.09

ROUMANIE. La révolte des orphelins privés d'adoption.
Dans le magazine MARIE-CLAIRE | décembre 2009.

Il est clair que l'article dans le magazine français Marie-Claire s'inscrit dans une stratégie de pression médiatique en vue d'inciter la Roumanie à ré-ouvrir l'adoption internationale.

En première page, Guy-Pierre Chomette - l'auteur de l'article de MC - écrit même un gros mensonge : "... Bucarest s'apprête à nouveau à autoriser à nouveau l'adoption internationale ... ".  Ce qui est faux.

L'article présente des témoignages des  'jeunes adultes se révoltant'... Ils étaient à l'époque dans la maison d'enfants de Ion Tiriac, avec l'aide des agences d'adoption..

 

05:04 Écrit par collectif a & a dans Colloque | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, adoption, politique, roumanie, cavada, gibault | |  del.icio.us