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26/01/2007

L’adoption en questions - Sur le blog de Jean-Pierre Rosenczveig, juge des enfants.

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Le procés des “enfants bulgares vendus” qui se déroule actuellement à Bobigny pose bien évidemment de nombreuses questions. Il serait hors de propos de ma part d’aborder l’affaire elle-même. En revanche en arrière-fond, on trouve le dossier adoption qui vaut quelques remarques pour alimenter la réflexion de chacun.

 

Tout d’abord il faut observer que derrière ce mot se posent deux problèmes :

1° le souci pour des adultes d’accueillir un enfant soit parce qu’ils ne peuvent pas en avoir autant qu’ils ne souhaitent soit même pas en avoir du tout,

2° le souci, généralement pour la puissance publique, de procurer une famille à un enfant qui en est privé pour avoir été délaissé soit explicitement - la remise aux fions d’adoption ex-abandon - ou une déclaration judiciaire d’abandon à l’encontre de parents qui pendant une année n’auront pas exercé leur autorité parentale.

 

Une première difficulté résultent des données chiffrées et qualitatives.

 

 Selon les chiffres 15 à 25 000 personnes veulent adopter. Ils sont demandeurs d’un enfant en bas-âge, en bonne santé et de type européen. Bref, l’enfant qu’ils n’ont pas pu avoir naturellement.

 

Dans le même temps les services de l’ASE accueillent 3 300 enfants qui ayant le statut de pupilles de l’Etat sont adoptables. Outre le différenciel (15 000 - 3 300) qui saute aux yeux , il faut savoir que ces enfants pupilles de l’Etat sont plutôt âgés (60% ont plus de 10 ans, ils sont souvent handicapés, de couleur et fréquemment ont des frères et soeurs aussi adoptables !

 

Les termes de l’équation sont connus avec ses conséquences : les délais d’attente pour être “servi” même si on a été agrée officiellement comme “candidat à l’adoption”.

 

D’où la tentation de se diriger vers l’étranger.

 

Mais l’adoption “transnationale” n’est pas si simple que cela. Quoique l’on voit des drames vécus par tant d’enfants du monde le nombre d’enfants - juridiquement et politiquement - adoptables n’est pas si important que cela. Tous les enfants pauvres ne sont pas sans parents; tous les pays du monde n’acceptent pas facilement que leurs enfants soient adoptés à l’étranger mettant en évidence leur incapacité à les nourrir et les élever ! La France elle-même est soucieuse de poser des cadres pour  ne pas être éclaboussée de scandales de trafics d’enfants qui font mauvais genre au plan international.

 

En d’autres termes tant pour accueilir un enfant de France ou un enfant venu d’accueilir les candidats - couples ou célibataires- doivent recevoir un agrément délivré par le président du conseil général de leur domicile. Le taux de refus est minime. L’agrément pour autant ne garantit pas d’adopter; il faut encore se voir confier un enfant par une oeuvre d’adoption ou par l’aide sociale à l’enfance sous le contrôle du conseil départemental des pupilles de l’Etat, puis du TGI qui prononcera l’adoption.

 

En d’autres termes beaucoup de candidats et peu d’élus s’agissant des personnes qui souhaitent adopter. L’orientation vers l’adoption transnationale n’est pas toujours elle-même couronnée de succès. Il faut en payer le prix dont le temps n’est pas la moindre dimension.

 

Dans le même temps tous les enfants qui devraient être adoptés ne trouvent pas de famille d’accueil même si des gestes extraordinaires sont faits en direction des enfants gravement handicapés désormais (1984) adoptables puisque l’on n’a plus que l’enfant objet d’un projet d’adoption soit en bonne santé.

 

Et on se trouve devant ce paradoxe que tous les enfants adoptables de France ne trouvent pas famille tandis que des français sont près à tout faire- y compris - violer la loi pour accueillir un enfant venant d’ailleurs! Il ne s’agit pas de porter un jugement de valeur sur le désir d’enfant et le projet de vie de chacun. Respect ! Il s’agit simplement de constater que ce désir d’enfant peut amener à soulever des montagnes. Pour autant des limites doivent être posées. Je renverrai au débat sur l’adoption par les couples homosexuels qui est posé depuis quelques années. Un homosexuel peut adopter. Ses orientations sexuelles n’ont d’ailleurs pas à entrer en ligne de compte (dixit à juste titre le Conseil d’Etat). La question juridique se pose pour les couples. Il ne s’agit pas de nier la légitimité de deux personnes homosexuelles d’adopter, mais simplement de s’interroger sur cette formule en se plaçant du côté de l’enfant qui doit préoccuper la puisance publique qui l’a en charge. L’adoption d’enfant est un mode recent de création de filiation entre un enfant et un ou des adultes. Il a été introduit en 1923 pour répondre au souci de l’enfant sans famille ( les enfants des morts de Verdun!), mais pas pour satisfaire le désir d’enfants des adultes. Bien sûr ce n’est pas mal de faire coup double. On se garantit d’ailleurs plus souvent la réussite de la greffe. Mais de là à poser en premier le droit de l’adulte à l’enfant, il y a une marge que personnellement je n’ai pas franchi.

 

Ce débat va rebondir à coup sûr en France dans les mois et années à venir. Pour autant on ne peut pas oublier l’ordre des choses et le balayer d’un revers de la  main pas plus qu’on ne peut sans réagir laisser des officines vendre des enfants et des personnes les acheter. La personne humaine est hors du commerce, en entier comme en pièce ! La fin - le bonheur de l’enfant et des adultes qui l’accueillent - ne saurait justifier les moyens.

 

On peut tout comprendre et même sans punir poser des limites. Par exemple, pour les enfants “bulgares” indépendamment de la fin de l’instance pénale est posée la question de la filiation des enfants concernés. Ils sont certes pour la majorité d’entre eux dans les familles d’accueil, mais leur filiation est anéantie ou le sera. Il va falloir en reconstruire une.

 

Les difficultés ne font que commencer pour ces enfants.

 

D’une manière générale l’adoption n’est qu’une étape d’un parcours difficile pour les enfants concernés. Le plus souvent le bonheur est à la clé. Il peut aussi y avoir des accidents et des difficultés. Le législateur l’a entendu qui permet désormais de former un nouveau projet d’adoption en cas d’échec du premier.

 

Dernière remarque sur le sujet : trop souvent , dans l’intérêt affiché des enfants - on privilégie l’adoption plénière qui substitue d’une manière irréversible une filiation à une autre sur l’adoption simple en théorie réversible et qui ajoute une filiation à la première. Souvent s’agissant d’un enfant âgé qui a la mémoire de son passé il aurait fallu se contenter d’une adoption simple ! Une réforme s’impose qui tout en créant un lien irréversible ne prive pas l’enfant de sa filiation première et a tout le moins ne lui interdise pas d’accéder à la connaissance de ses origines.

 

Source.

Pour en savoir plus.

 

25/01/2007

France. Trafic de bébés bulgares : procès de parents acheteurs et d'intermédiaires.

medium_proces-bebe-bulgares.4.jpgDepuis ce lundi 22.01.2007.
Une filière bulgare jugée par le tribunal correctionnel de Bobigny.
Ils vendaient des bébés à des couples stériles.

 
Ils ont tous entre trente et quarante ans. Ils sont 41 parents. Des parents en mal d'enfants qui doivent répondre, depuis ce lundi matin, devant le tribunal correctionnel de Bobigny, en région parisienne, de « provocation à l'abandon d'enfant » et de dissimulation de l'état civil des bébés.
  A leurs côtés, sur le banc des prévenus, onze intermédiaires - dont six font défaut et sont encore recherchés -, deux mères biologiques et deux proxénètes présumés. Tous - 56 au total - sont soupçonnés d'avoir pris part à un commerce de nouveaux-nés bulgares entre 2001 et 2005.
  Une affaire qui avait scandalisé la France et dont le jugement est attendu pour le 2 février 2007.
L'histoiore commence en Bulgarie. De jeunes tziganes enceintes sont récupérées par les intermédiaires du trafic qui s'organise en France. Elles sont le plus souvent seules, totalement désargentées. Moyennant 300 à 500 euros, les 11 intermédiaires leurs proposent d'accoucher en France et d'abandonner leur nourrisson. Arrivées dans l'Hexagone, les jeunes mères porteuses accouchent doit sous leur propre identité - le père acheteur entre alors en jeu et reconnaît le nouveau-né - soit sous le nom de la future mère acheteuse.

 
Contraintes à se prostituer

 
Les parents adoptifs, également tziganes, ne pouvaient avoir d'enfants de manière naturelle. Chaque couple a ainsi payé entre 5.000 et 7.500 euros pour obtenir le nourrisson. L'enquête, longue de 2 ans, a révélé  que la bande aurait vendu 22 enfants dans diverses régions françaises.
Les parents adoptifs risquent jusqu'à 3 ans de prison  et 45.000 euros d'amende, les intermédiaires, eux, encourent une peine de 10 ans pour traite d'être humains.

 
Autre prévention retenue contre ces intermédaires, celle de proxénétisme. Car, abusant au maximum des jeunes femmes désorientées sur le sol français, ils les ont souvent contraintes à se prostituer, faisant d'elles leurs esclaves. Souvent forcées par leur proxénète à vendre leurs enfants, ces jeunes femmes ne sont pas poursuivies par la justice. Appelées à venir témoigner, elles ont préféré décliner la proposition...
Seule l'une d'entre elles, Nikolova Hristova Guinka, 29 ans, a décidé de briser le silence. Forte de son expérience, elle éclairera le tribunal sur la façon dont les trafiquants organisaient leur triste business. C'est elle, déjà, qui avait décleché l'enquête en portant plainte en juillet 2004. Nikolova Guinka devra cependant aussi répondre d'un me,songe sur l'état civil de son enfant.

 
Particularité de l'affaire, après avoir été placés en famille d'acccueil au début de l'enquête, quasi tous les enfants ont depuis lors, été rendus à leurs parents adoptifs, après que ces derniers ont fait l'objet d'une enquête sociale.

Sources : Le Monde, Libération, Le Figaro, Le Soir


“La personne humaine ne peut faire l’objet d’un commerce”

Remarquable jugement prononcé, vendredi 2 février 2007, dans l’affaire du trafic des bébés bulgares, qui porte sur une vingtaine d’enfants vendus entre 2001 et 2005 à des parents de la communauté tsigane française. La présidente Catherine Feyler-Sapene a pris soin d’expliquer précisément la démarche suivie par le tribunal avant d’annoncer les peines retenues contre les 56 prévenus de ce dossier (lire , “Le bébé, il est sorti…c’est 6000 euros" )

Confrontés pour la première fois à ce délit de “traite d’être humain” institué par la loi du 18 mars 2003 devenue article 225-4 du code pénal,  les juges ne disposaient en la matière d’aucune jurisprudence. Il leur a fallu se plonger dans les débats et les textes préparatoires du projet de loi afin d’interpréter la volonté du législateur. Il est ainsi apparu au tribunal que, contrairement à ce qui avait été soutenu en défense, la question du consentement des mères bulgares qui avaient vendu leur enfant ne devait pas entrer en ligne de compte. “Ce qui est puni, c’est de faire de la personne humaine, l’objet d’un commerce, a indiqué la présidente. Le législateur est unanime sur le fait que le consentement est totalement indifférent”.

A l’égard des parents acheteurs, les juges ont voulu à la fois tenir compte du “désir d’enfant difficilement réalisable” par les voies légales de l’adoption pour des personnes majoritairement membres de la communauté des gens du voyage, mais aussi leur rappeler le principe de l’interdiction de tout commerce d’être humain en prononçant contre la plupart d’entre eux des peines “symboliques” de six mois avec sursis.

Mais le tribunal a tenu à établir des distinctions entre les multiples situations humaines qui lui étaient soumises. Il a ainsi condamné plus lourdement un couple, déjà parents de quatre filles, qui a acheté un garçon, ou une mère âgée qui avait fait acheter - et reconnaître civilement - par l’un de ses fils, un bébé qu’elle élève elle-même. Des enfants de confort personnel, en quelque sorte.

Chroniques Judiciaires de Pascale Robert-Diard. 02.02.2007


medium_StandartBulgarie.3.jpgTrafic de bébés en Bulgarie : une vieille histoire

 
L’affaire qui a éclaté en France en 2004 autour d’un trafic de bébés en provenance de Bulgarie met en lumière une vieille « tradition ». Des médecins revendaient déjà des bébés déjà à l’époque communiste, sous le règne du « père » Jivkov. Des bébés peuvent être déjà vendus 1000 euros avant leur naissance. Les trafiquants gagnent dix fois plus que les mères.

 
Le trafic des bébés bulgares fleurit chez nous et ailleurs dans le monde. Les prix, bien sûr, varient selon le pays de la famille adoptive. À Athènes, ils peuvent atteindre 10 000€ pour un nourrisson de sexe masculin et la moitié de ce prix pour un bébé de sexe féminin.

 
Selon des données informelles, en Crète, un bébé de sexe masculin peut coûter jusqu’à 15 000€. Pourtant, la mère ne reçoit que 1/10e du prix négocié. Le schéma des canaux internationaux est le même - la femme enceinte part pour l’étranger un mois avant l’accouchement pour éviter l’enregistrement du bébé à la frontière. Après son séjour à l’étranger elle retourne avec le ventre vide, sans enfant et plus riche de 1000€. Le contact avec les parents adoptifs, l’hospitalisation de la mère à et le voyage aller-retour est à la charge des trafiquants.

 
« Le trafic de bébés est pratiqué en Bulgarie depuis plusieurs années », dit catégoriquement Maria M., sage femme de Varna à la retraite. Cependant, dans le passé, les mères célibataires ne vendaient pas leurs enfants pour s’enrichir, mais pour éviter la honte pesant sur elles mêmes et sur leurs familles. Le plus souvent, c’étaient des étudiantes ou des lycéennes qui n’étaient pas mariées et préféraient que leur enfant ait une famille au lieu de grandir dans un orphelinat.

 
Déjà à l’époque communiste

 
« Tout se passait dans le stricte secret de la conspiration, parce que c’est illégal », explique la sage femme. Selon elle, les hôpitaux avaient des « fichiers » non officiels de parents qui voulaient adopter un enfant. Dans les documents de la future mère devait être inscrit le nom du père. La case vide signalait le besoin de contact entre les deux parties. Si les négociations aboutissaient, une grande partie de la somme allait pour le médecin et le reste du personnel initié au secret, l’autre partie était pour la mère. À la place du père, signait le père adoptif solvable qui devenait officiellement père du bébé. Après avoir reçu la somme préalablement négociée, la mère renonçait officiellement à son droit parental.

 
Selon Maria, il y a 20 ans, les sommes se situaient entre 200 et 300 leva, mais ces dernières années le prix d’un enfant en Bulgarie a atteint 3000 à 5000 leva (de 1500 à 2500€, NdT). Toutefois, le prix a toujours été estimé selon les moyens des parents candidats.

 
« Nous avons eu tout sorte de cas, des ingénieurs, des médecins, des professeurs, même de grands hommes du Parti », avoue la sage femme retraitée. Elle dit que ce type de secrets ne seront jamais dévoilés parce que tous les participants se rendent compte du danger de se trouver devant les tribunaux. La vérité pourrait infliger de graves traumatismes psychiques aux adoptés innocents. « Vu sur un plan purement humain ce serait très douloureux pour tous » dit la femme et ajoute qu’aujourd’hui les schémas sont les mêmes. Elle-même connaissait trois femmes qui avaient consenti à vendre leurs bébés et qui attendaient l’accouchement sous soins médicaux.

 
« Même si le trafic de bébés est illégal, il rapporte à tout le monde » explique Maria. « Si un enfant n’est pas voulu par sa propre mère, il est préférable pour lui de vivre avec d’autres gens qui s’occuperont de lui », insiste la sage femme. Elle n’approuve pas le comportement des mères qui servent d’incubateurs pour gagner de l’argent, mais elle est convaincue que la majorité d’entre elles le font poussées par la pauvreté. « Dans le même temps, des gens qui désirent élever un enfant et ont les moyens de lui assurer une vie merveilleuse, attendent pendent des années par la procédure officielle. Les trafiquants de bébés le savent et profitent du malheur des gens, mais au bout du compte, ils leur font du bien », assure-t-elle.
 
 
Source: Le Courrier des Balkans


Trafic d'enfants : Le trafic de bébés se développe en Europe.

 
Le phénomène, loin d'être nouveau, semble au contraire se répandre dans toute l'Europe. C'est du moins le constat de Ruth-Gaby Vermot-Mangold, rapporteuse de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe. Cette dernière enquête depuis plus d'un an sur les réseaux de trafiquants d'enfants. Des affaires similaires à celle jugée en France ont été mises au jour en Italie, au Portugal et en Grèce.

 
Devant l'urgence de la situation et le vide juridique qui entoure cette traite d'êtres humains, Madame Vermot-Mangold a soumis à l'Assemblée une recommandation  qui préconise l'ouverture d'une réflexion sur l'harmonisation des législations d'Europe sur l'adoption. 

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Disparition de nouveau-nés aux fins d'adoption illégale en Europe
 
Proposition de recommandation présentée par Mme Vermot-Mangold et plusieurs de ses collègues
 
La présente proposition n’a pas été examinée par l’Assemblée et n’engage que ses signataires
1. Le trafic des êtres humains ne cesse de se développer en Europe. Outre la traite des êtres humains et surtout de femmes et de mineurs déjà répandue en Europe de l'Est, un autre commerce se développe dans la région: le trafic des nouveau-nés.
 
2. Chaque jour, des nouveau-nés disparaissent dans des circonstances mystérieuses. A titre d'exemples connus, des bébés ont été enlevés à leur mère quelques heures après leur naissance, dans une clinique de Kharkov en Ukraine. Le personnel médical avait déclaré que les bébés étaient nés prématurés ou décédés à la suite de complications. Les parents n'ont jamais pu voir le corps du bébé.
 
3.  D'autres cas ont été également évoqués en Moldova. Des annonces dans les journaux ciblent les mères célibataires qui seraient prêtes à vendre leur enfant pour une somme de 3 000 euros. Là encore, les bébés sont les victimes d'un trafic et d'adoption internationale illégale.
 
4. Tenant compte de l'intérêt supérieur de l'enfant et de la diversité dans la législation sur l'adoption, notamment dans le domaine de l'adoption internationale et de la nécessité de l'harmonisation de la législation au niveau européen, l'Assemblée parlementaire propose que sa commission compétente poursuive son enquête sur les causes de la disparition des nouveau-nés et étudie les possibilités d'harmoniser la législation en matière d'adoption au niveau européen.
 
5.  L'Assemblée parlementaire souligne que cette problématique s'inscrit en droite ligne dans le plan d'action du 3e Sommet du Conseil de l'Europe et de son programme triennal "Une Europe pour et avec les enfants".   

 

medium_stop-trafics-enfants.jpgTrafics d'enfants et adoption internationale

 

 
Campagne de la Fondation Terre des Hommes | octobre 2001.

24/01/2007

Pour un respect des droits de l’enfant dans l’adoption internationale

medium_logo-conseil-europe.jpgRappel de la Recommandation 1443 (2000)1 de l' Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe


1. L’Assemblée rappelle que tout enfant a des droits, tels que consacrés par la Convention de l’Onu sur les droits de l’enfant, et a notamment le droit, dans la mesure du possible, de connaître ses parents et d’être élevé par eux; l’adoption internationale doit permettre à un enfant de trouver une mère et un père dans le respect de ses droits, et non à des parents étrangers de satisfaire à tout prix un désir d’enfant; il ne saurait y avoir un droit à l’enfant.

 

2. Aussi l’Assemblée s’insurge-t-elle contre la transformation actuelle de l’adoption internationale en un véritable marché régi par les lois capitalistes de l’offre et de la demande, et caractérisé par le flux à sens unique des enfants qui viennent des pays pauvres ou en transition vers les pays développés. Elle condamne fermement tous les actes criminels commis aux fins de l’adoption ainsi que les dérives et pratiques mercantiles telles que les pressions psychologiques ou d’ordre économique sur des familles vulnérables, l’adoption directe auprès des familles, la conception d’enfants aux fins d’adoption, les fausses déclarations de paternité, ainsi que l’adoption d’enfants via l’Internet.

 

3. Elle souhaite que les opinions publiques européennes prennent conscience que l’adoption internationale peut malheureusement donner lieu au non-respect des droits de l’enfant et qu’elle ne correspond pas forcément à l’intérêt supérieur de l’enfant. Les pays d’accueil véhiculent une vision souvent déformée de la situation des enfants dans les pays d’origine et des préjugés tenaces sur les bienfaits pour un enfant étranger d’être adopté et de vivre dans un pays riche. Les dérives actuelles de l’adoption internationale vont à l’encontre de la Convention de l’Onu sur les droits de l’enfant, qui préconise, en cas de privation du milieu familial de l’enfant, des solutions de remplacement qui doivent dûment tenir compte de la nécessaire continuité dans son éducation, ainsi que de son origine ethnique, religieuse, culturelle et linguistique.

 

4. La communauté internationale s’est donné, en 1993, une éthique et des règles en élaborant la Convention de la Haye sur l’adoption, qui privilégie le principe de subsidiarité, selon lequel l’adoption internationale ne doit être envisagée qu’à défaut de solutions nationales. L’Assemblée doit constater que la portée des engagements de cette convention est insuffisamment connue et qu’elle reste peu ratifiée par les Etats membres.

 

5. L’Assemblée demande donc au Comité des Ministres du Conseil de l’Europe d’afficher clairement sa volonté politique de faire respecter les droits de l’enfant en invitant instamment les Etats membres:

i. à ratifier, si ce n’est pas déjà fait, la Convention de la Haye sur l’adoption et à prendre l’engagement d’en respecter les principes et les règles même dans leurs relations avec des Etats qui ne l’ont pas eux-mêmes ratifiée;

ii. à mener des campagnes d’information auprès des professionnels et des candidats à l’adoption internationale pour une pleine compréhension des engagements nés de la Convention de la Haye et de leurs implications;

iii. à développer la coopération bilatérale ou multilatérale indispensable à une application effective de cette convention;

iv. à assister les pays d’origine des enfants étrangers dans l’élaboration de leur législation sur l’adoption ainsi que dans la formation d’un personnel compétent de l’Etat, des agences dûment homologuées concernées et de tout autre professionnel impliqué dans l’adoption;

v. à s’assurer de la capacité adoptive des candidats à l’adoption internationale, à leur offrir une préparation approfondie et obligatoire comme étape préalable à cette démarche et à assurer un suivi - notamment psychologique - des enfants étrangers adoptés;

vi. à assurer à l’enfant étranger en cas, par exemple, de divorce des parents adoptifs ou d’abandon ou de difficultés dans la procédure d’adoption, etc., le respect de ses droits fondamentaux, comme le droit à un nom, à une nationalité, etc.;

vii. à assurer le droit de l’enfant adopté de connaître ses origines au plus tard à sa majorité et à éliminer de leurs législations nationales toute disposition contraire.

6. L’Assemblée demande également au Comité des Ministres d’inviter les Etats membres à renforcer leur coopération par tous les moyens, notamment via Europol, dans la lutte contre le trafic d’enfants et pour l’éradication des réseaux mafieux ou illicites, et de ne pas laisser sans sanction le moindre abus commis dans le domaine de l’adoption internationale.

 

7.    Par ailleurs, l’Assemblée invite le Comité des Ministres:

i. à affirmer davantage le rôle que Conseil de l’Europe, garant des droits de l’homme, doit jouer dans la défense et la promotion des droits de l’enfant;

ii. à traduire ce rôle dans le secteur de la coopération intergouvernementale – en direction en particulier des nouveaux Etats membres – par l’élaboration de politiques sociales et familiales favorables à l’enfant, qui visent à la prévention de l’abandon d’enfants et au maintien des enfants dans leur famille d’origine, et, à défaut, au développement des alternatives familiales et à la promotion de l’adoption nationale de préférence au placement en institutions;

iii. à réviser la Convention européenne sur la nationalité du 6 novembre 1997 afin de faciliter l’acquisition de la nationalité du pays d’accueil pour un enfant étranger en cas de faillite de l’adoption ou de rupture de la procédure d’adoption.

 

Assemblée du Conseil de l'Europe

16/01/2007

Les troubles de l'attachement dans l'adoption internationale.

 

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L'Association Namuroise de Psychothérapeutes et Systémiciens organise une conférence sur le thème
"Les troubles de l'attachement dans l'adoption internationale", par le Dr Jean-François Chicoine, Professeur à l'Université de Montréal - Vice-président de la Société de Pédiatrie Internationale.

 

Date : le 23 janvier 2007 de 9h à 12h30

 

Lieu : Acinapolis à Namur.
Rue de la Gare fleurie 16
5100 Jambes
BELGIQUE

 

PAF: 30€ à verser sur le compte 360-1072176-41.

 

Renseignements

A.N.P.S., Association Namuroise de Psychothérapeutes et Systémiciens
Siège social asbl : Route des Forts 16 - 5100 Wépion - Belgique
Secrétariat : Rue Chapelle Lessire 19 - 5020 Malonne - Belgique
Tél : 00 32 81 44 52 45
Fax : 00 32 81 44 73 39
E-mail : sky76031@skynet.be

Site Internet : http://www.systemique.net

 

 

 

 

15/01/2007

Orphelins génétiques

 

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Depuis plusieurs années, les adoptés revendiquent leur droit à l'identité. Aujourd'hui, comme il était à prévoir, les enfants conçus en cliniques de fertilité, de pères anonymes, veulent connaître leurs antécédents médicaux...


Le mercredi, 17 janvier 2007 à 21h00 sur les ondes de Radio-Canada.  Une émission à ne pas manquer.

 

Ils sont des milliers au pays à avoir été conçus dans des cliniques de fertilité. Ils sont nés grâce à des donneurs de sperme anonymes. Plusieurs de ces enfants, une fois adulte, souhaitent connaître l’identité de leur géniteur. Mais ils se heurtent à nos lois qui protègent l'anonymat des pères génétiques. Qu'est-ce qui doit prévaloir ? Le droit des enfants de connaître d'où ils viennent ou celui des donneurs de demeurer anonymes?

REDIFFUSION - Jeudi de la semaine suivante à 13 h

REDIFFUSION SUR RDI - Samedi 20 h et dimanche à 0 h 30



Pour contacter les responsables de l'émission Enjeux :

Courrier électronique : enjeux@radio-canada.ca

Adresse postale :
Enjeux
Société Radio-Canada
1400 René-Lévesque Est,
1er étage
Montréal (Québec)
H2L 2M2

Téléphone :
1 877 597-5796
Télécopieur :
514 597-5629
 
Visitez le site Internet de l'émission Enjeux

 


Félicitations à l'émission "Enjeux" de Radio-Canada

Le 17 janvier 2007, la journaliste Solveig Miller présentait un magnifique reportage sur les orphelins génétiques.


Premièrement, je tiens à féliciter toute l'équipe pour ce reportage et un gros bravo à Olivia , enfant conçu par insémination artificielle, pour son courage et sa détermination dans sa lutte pour le droit à l'identité. Tout comme elle, des milliers d'orphelins génétiques et des milliers d'enfants confiés à l'adoption vivent une situation de "discrimination légalisée" par l'anonymat ou la confidentialité promis aux donneurs de spermes ou aux parents biologiques. J'espère que nos gouvernements provinciaux et fédéral prendront très au sérieux ce non-respect d'un droit fondamental, celui de droit à l'identité.

Les membres du Groupe de travail sur le régime québécois d'adoption, formé en mai 2006, devraient prendre bonne note des interventions présentées, car la situation des orphelins génétiques sera probablement la prochaine bataille pour le droit à l'identité. L'individu, qu'il soit conçu par insémination artificielle ou qu'il ait été confié à l'adoption sous les pressions sociales, famililiales et religieuses, est un être humain au même titre que tout enfant conçu de façon dite "normale".

Le droit à l'identité est un droit fondamental pour tous. En espérant que ce reportage soulèvera suffisamment de question pour qu'enfin soit levé le voile sur la confidentialité et l'anonymat.
Caroline Fortin

Présidente, Mouvement Retrouvailles, Adopté(e)s-Non adopté(e)s-Parents


Mère : connue. Père : éprouvette

De plus en plus de psys confrontés aux jeunes issus de la fécondation in vitro.
Voici 25 ans naissaient les premiers bébés-éprouvette. Ils sont aujourd'hui 800 par an.
Certains sont toujours en quête d'identité.
Le Soir.
 

09/01/2007

Reconstructing Stephen - Why Adoption Hurts

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At the age of 39, Stephen Francis, management consultant, is fast approaching mid-life crisis. Subject to anxiety, panic attacks, exhaustion and burnout, his life is rapidly going into freefall. Only when he reaches his lowest point, and seeks the help of a counsellor, is he able to address the roots of his malaise, which lie in his early life as an adopted child.

 
What Nancy Verrier Says About Reconstructing Stephen

 
Nancy Verrier, Author of two seminal works on adoption: "The Primal Wound" and "Coming Home to Self" has this to say about Reconstructing Stephen:

 
"What a refreshing book! Stephen Francis has written a book that is both honest and heart-felt. Finding out later in life that he was adopted, Stephen's experience once again reinforces the necessity for honesty in adoption. Adopted people have a sense that they are different from their families, and not being told they are adopted only leaves them feeling confused about this. Many, many adoptees will relate to this book because of the honest portrayal of the many ways in which Stephen expresses his pain and frustration about his situation. It also demonstrates the value of therapy in healing the pain and overcoming the behavorial responses to that pain. His relationship with his half-sister can give hope to those adoptees whose birth mothers have died or who refuse reunion and points to the importance of having some biological connection. I highly recommend this book to anyone connected to adoption."

 
Why Read Reconstructing Stephen?

 
Ever since Dave Pelzer published "A Boy Called It", ordinary people with extraordinary life stories have felt empowered to tell them and in this outspoken autobiography the author uncovers, with unerring frankness and honesty, the truth about his own life and that of the little spoken of – and virtually taboo – subject of adoption from the point of view of an adoptee who feels no sense of kinship or belonging to his adoptive parents. As he retraces the path that led to his shattering discovery that he has been adopted – and realises that the sense of alienation he has felt all his life is grounded in fact rather than paranoia, Stephen describes the inevitable breakdown and deconstruction of his identity and the slow healing process of reconstruction that can then begin to take place, with the help of his wife, his child, his half sister, and his counsellor.

 
Although, in seeking to get in touch with his natural parents, Stephen receives a severe emotional and psychological blow, and the long-waited meeting with his birth mother is potentially traumatic, Stephen becomes stronger through the experience, particularly through being reunited with his half sister Debra. As Stephen Francis movingly writes:


 
"You are confronted by a stranger who nevertheless carried you in her womb for nine months, who held you in her arms albeit briefly perhaps and who decided to cease to be the most important person in your life, who had abandoned you, rejected you, chosen a life without you. Even so you know that in some way you are intimately associated with this person, that you have inherited her genes and she is linked to you by blood, after a lifetime in which you have come to realise that you shared none of these with your adoptive family. In that strange, biological sense, you still feel that whether she likes it or not, and whether you like it or not, she holds the key to your very identity."


 
The author


 
Stephen Francis is a 40 year old successful management consultant though he'd rather not be. He does want to be a good father and husband and to become in some sense whole, whatever that means.
He also wants to give up wine and lose 50 pounds and not have grey hair (though thankfully so far he's not bald). He lives in Southern England but wants really to live in Italy.
 
Reconstructing Stephen is his first book and tells his adoption story.
 
Stephen publishes a regular blog at http://stephenfrancis.blogware.com/


 
 
Source : http://www.reconstructingstephen.co.uk/default.aspx

05/01/2007

The Baby Business - L'enfant, un nouveau produit ?

medium_bebe_business.jpgDans un dossier sur " l'essor du bébé-business ", Courrier International enquête sur la commercialisation des enfants et les marchés florissant de la fertilité et de l'adoption.

 

Debora Spar, professeur à la Harvard Business School, vient de publier The Baby Business. Cet ouvrage, étayé de chiffres, montre l'importance du marché de l'assistance médicale à la procréation (AMP) - fécondation in vitro (FIV), dépistage prénatal (DPN), dépistage préimplantatoire (DPI)…- aux Etats-Unis, secteur très peu contrôlé.

 

Aux Etats-Unis, en 2004, l'industrie de la fertilité pesait 3 milliards de dollars. La location d'un utérus, par exemple, coûte entre 25 000 et 45 000 dollars pour neuf mois et il faut compter entre 2 500 et 50 000 dollars pièce pour un ovule. En 3 ans, le nombre de recours aux dons d'ovules a augmenté de 40% : on en comptait 14 323 en 2003 contre 10 389 en 2000. Le site Internet d'enchères Ebay a même proposé des ovules à vendre au Royaume-Uni, bien que la législation en vigueur dans le pays interdise cette marchandisation. Joséphine Quintavalle qui appartient au groupe Comment On Reproductive Ethics (CORE), souligne que le don d'ovules n'est pas un acte anodin : " C'est votre matériel génétique que vous transmettez à quelqu'un. Feriez-vous don de votre bébé à quelqu'un d'autre ? Vendriez-vous votre enfant 15 000 livres ? ".

L'évolution sans précédent que connaît cette pratique est due notamment à l'âge, de plus en plus tardif, de la maternité. Pourtant, les risques liés à une maternité tardive sont connus. Bien sûr, " grâce à l'amélioration constante des techniques de dépistage prénatal (…) le nombre d'enfants nés avec le syndrome de Down (trisomie 21) a chuté " et " les progrès réalisés en matière de dépistage préimplantatoire devraient assurer à l'avenir un meilleur taux de natalité par fécondation in vitro " en améliorant la sélection des embryons, ajoute l'hebdomadaire.

 

Le recours à la congélation des ovules anticipe une grossesse tardive, même si les résultats sont " décevants " : 4 300 ovocytes sont nécessaires pour 80 bébés. Aux Etats-Unis, en 2002, 263 bébés sont nés de femmes âgées de 50 à 54 ans. Outre le fait qu'elle est douloureuse et qu'elle comporte des risques, cette technique s'adresse exclusivement aux femmes qui en ont les moyens financiers. Une clinique américaine facture 10 000 dollars pour le prélèvement et le stockage pendant un an d'ovocytes.

 

Malgré ces coûts élevés, les cliniques de reproduction se multiplient, notamment à l'Est où un véritable " tourisme de la reproduction " se développe. Pour Valeri Kichon, directeur de la clinique Isida en Ukraine, la commercialisation croissante de la procréation ne pose aucun problème puisqu'elle permet à des personnes de sortir de leur difficulté financière en aidant d'autres couples. " Nous sommes sensiblement moins chers (…) Nous avons de belles femmes " argue-t-elle encore.

 

Quant à la question du clonage humain qui ne bénéficierait pas d'un marché porteur, pour le moment, Debora Spar annonce que cela pourrait bien changer si cela permettait à des couples d'avoir un enfant. " On accusera alors les anti-clonage de ne pas avoir de cœur ", prévient-elle.

 

Parce que la science rend possible une certaine maîtrise de la génétique, la tentation existe de sélectionner les enfants selon leurs caractéristiques. Le diagnostic préimplantatoire (DPI) connu pour ses " répercussions eugénistes " implique qu'un enfant puisse être estimé "défectueux", et qu'un autre soit déclaré "indigne de vivre".

 

Selon Debora Spar, la plupart des DPI sont faits pour choisir le sexe de l'enfant plutôt que d'éviter des maladies génétiques. Le DPI permet à des parents atteints d'un handicap, comme la surdité ou le nanisme, de choisir des enfants atteints du même handicap qu'eux.

 

Le dossier du Courrier International cite le Dr Stéphane Viville, responsable du centre de DPI de Strasbourg. Il pratique des DPI pour empêcher la naissance d'enfant nain. Il explique qu'il ne réimplanterait pas d'" embryons nains ". Il craint que le DPI puisse produire des " monstres génétiques " sur commande.

 

Le Dr Darshak Sanghavi, cardiologue-pédiatre à la faculté de médecine de l'université du Massachussetts, ne s'inquiète nullement de cette déviance qu'il justifie ainsi : " même la reproduction naturelle a tendance à l'erreur ".

Le Courrier International s'intéresse également aux " Docteurs Fol Amour " qui consacrent leurs recherches à satisfaire la demande d'enfants de la part des couples infertiles en essayant de reproduire des ovocytes, des spermatozoïdes…

 

L'adoption aussi est devenue un enjeu financier de taille pour les pays pauvres. En 2004, pour des parents américains, une adoption coûtait 6 700 dollars pour un éthiopien noir et 15 000 dollars pour un russe blanc, tant les intermédiaires sont nombreux et gourmands. Ignoré par naïveté ou volontairement, l'adoption fait l'objet de nombreuses tractations. Le Guatemala, par exemple, où l'adoption n'est pas contrôlée par le gouvernement, est devenu " une usine à bébés, où ces-derniers sont traités comme de la marchandise ". Les demandes d'adoption pour l'étranger se multiplient. Pour la seule année 2005, on comptait 19 298 enfants guatémaltèques adoptés par des couples américains. En 2003, la Chine, 1er " exportateur d'enfants " devant la Russie, en a " exporté " 11 231. La même année, les Etats-Unis, champion de " l'importation d'enfants ", ont enregistré 21 616 adoptions d'enfants étrangers. La France se place au second rang avec 3 995 enfants étrangers adoptés. Ces pratiques prospèrent en dépit de la Convention de La Haye  qui souhaite " prévenir l'enlèvement, la vente ou la traite d'enfants " et précise que l'adoption internationale ne doit être qu'un dernier recours.

 

Pour Debora Spar, si " personne ne veut imaginer qu'un enfant puisse être un produit ", il faut se rendre à l'évidence : " nous usons d'euphémisme pour masquer ce qui se passe vraiment ".

 


Source : Courrier International

 

09:48 Écrit par collectif a & a dans Ethique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us