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26/06/2007

No Kid - Corinne Maier

70ea3aefa4e9ba47fbb2358d9114f984.jpgQuarante raisons de ne pas avoir d’enfant

Des moutards ? Non, merci !
"Les enfants, c'est l'enfer !", pensent les nombreux couples qui refusent d'en élever.

 

Corinne Maier, mère de surcroît décrit l'enfer de devenir parent : "C'est être prêt à tout sacrifier. Couple, loisirs, vie sexuelle, amis - et réussite sociale si vous êtes une femme. Tout ça pour des gosses qui vous prennent pour leur boniche. Franchement, demande l'iconoclaste, est-ce que ça en vaut la peine ?"

Excessif comme tous les pamphlets, No Kid livre 40 bonnes raisons de ne pas engendrer. Drôle, car souvent véridique, son réquisitoire s'adresse à tous ceux qui continuent à résister, mais aussi à ces pères et mères au bord de la crise de nerfs, excédés par leur progéniture, et qui se demandent si personne ne pourrait "reprendre" (pour un jour ou pour toujours) ces abominables tueurs de désirs, ces gouffres financiers, ces despotes sans pitié que sont leurs sales petits chronophages de 2, 8, 15 ou 20 ans.

L'idée est venue comme ça à l'auteur, d'une discussion avec deux amies sur la méfiance que suscitent les nullipares, dans une société qui encense les bébés. Pourtant, nul besoin d'afficher une haine viscérale des morpions, comme Courteline ou Houellebecq, pour trouver d'innombrables motifs de s'en passer. Ne pas vouloir y consacrer des paquets de temps et d'argent, ne ressentir aucun attrait pour l'éducation, se trouver en aucune façon à la hauteur de la tâche, ne pas apprécier la proximité des mouflets, se satisfaire de la compagnie d'animaux, privilégier sa carrière et sa mobilité, estimer que la planète est déjà surpeuplée sont autant de mobiles valables, sinon respectables.

Or le refus des réfractaires reste toujours suspect. Certains le taisent donc comme une maladie honteuse, d'autres l'expriment d'autant plus crânement que l'entourage est pressant : "Alors, tu t'y mets quand ?" Lorsqu'on lui pose la question, Katia, 35 ans, lâche systématiquement un bien fade "On verra ..." Façon polie de clore le débat, à propos d'une décision qui ne concerne qu'elle.

Face à la réprobation, à la commisération ou à la très fréquente accusation d'égoïsme une contre-offensive s'est depuis longtemps mise en place, surtout dans le monde anglo-saxon. "Babies suck !"
("Les enfants têtent !" ou, plutôt, "nous pompent jusqu'au trognon !")

"No Kid" n'est pas un chef d'oeuvre, mais un opus salvateur pour parents à bout de nerfs et célibataires sans enfant culpabilisés par le discours ambiant. Un petit plaisir de lecture, acide et incisif.


Morceaux choisis


"Vouloir à tout prix se reproduire est un souhait d'une banalité consommée. Mais il faut croire que faire comme tout le monde et imiter son voisin sécurise. Etre 'inclus' dans la société, aujourd'hui, c'est avoir un emploi et/ou faire un enfant. Engagez-vous, engagez-vous. Pour être dans le coup, ceux qui ne parviennent pas à avoir d'enfant font preuve d'un acharnement procréatif qui défie l'entendement. Ces obnubilés de la reproduction affrontent le parcours du combattant des traitements contre une stérilité. Avec la complicité de médecins un peu désarmés, comme tout le monde, face à la science qui cavale."


"La merdeuf est une mère de famille qui est avant tout... une mère de famille. Elle travaille, certes, mais pour des raisons économiques et aussi parce que le modèle de la-mère-de-famille-à-la-maison toute une vie n'est guère épanouissant. Sa propre mère témoigne. La mère de la merdeuf a été toute sa vie une mère au foyer et a consacré sa vie entière à ses rejetons, leur répétant sans cesse qu'elle a fait de grands sacrifices pour eux, et qu'elle est passée à côté de quelque chose d'essentiel et d'enrichissant : le travail. Les quadragénaires de ma génération ont, le plus souvent, été élevés par ce type de femmes : consacrées corps et âme aux tâches ménagères et à l'éducation des enfants, totalement frustrées par le vide de leur existence. Fatigue chronique, solitude, insatisfaction, excès de table et intérêt obsessionnel pour les enfants : souvent grosses et ballonnées dans des gaines disgracieuses, nos mères étaient des harpies. La merdeuf, elle, fera mieux, elle se l'est juré."


A propos de l'auteur

Psychanalyste à Paris, Corinne Maier est l'auteur de livres fortement inspirés par Jacques Lacan ouvrant une initiation à la fois drôle, lumineuse et bien renseignée sur ce monde singulier qui est le nôtre où la règle est plutôt de faire compliqué quand on peut faire simple. Elle est diplômée de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris, formation complétée par deux diplômes de troisième cycle de relations internationales et d'Economie, et par une thèse soutenue à l'université Paris VIII en 'Psychanalyse et champ freudien'. Elle est également chercheuse à la direction recherche et développement d'EDF, à Clamait.


Sources : Evene et Le Vif/ l'Express

11:25 Écrit par collectif a & a dans Livre - Revue | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us