Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« Belgique. Pas d'adoption d'enfants pour couples homos en Communauté française | Page d'accueil | L'attachement : ses défis, ses troubles. »

05/10/2007

Trafics d'enfants et adoption internationale

 

c75f93b7e70e88a5db65778ad2e6d418.jpg

Terre des hommes considère que l’adoption internationale est une «industrie» qui engendre un chiffre d’affaires de quelque CHF 8 milliards par an. D’un esprit au départ humanitaire, l’adoption internationale est aujourd’hui gagnée par des dérives mercantiles qui prennent souvent la forme d’un véritable trafic. Terre des hommes se refuse à ce que l’enfant soit défini comme une marchandise à qui on associe des critères de qualité.

 

L’adoption commerciale se développe avec ou sans respect des lois et règlements nationaux et internationaux, et dans l’intérêt quasi exclusif des parents adoptifs et des intermédiaires. Il convient donc de réintégrer la dimension éthique de l’adoption en mettant l’intérêt supérieur de l’enfant au cœur des procédures d’adoption.

 

Dans ce contexte, le rôle essentiel de Terre des hommes consiste à dénoncer auprès des autorités et de l’opinion publique internationale les différentes formes de trafics et les mauvaises pratiques, et à renforcer les compétences des acteurs locaux par des programmes de formation et de sensibilisation à des pratiques éthiques.

 

Terre des hommes travaille sur deux fronts: dans les pays d’origine mais également dans les pays d’accueil. En plus d’activités de plaidoyer, Terre des hommes doit aussi prévenir l’abandon, promouvoir l’adoption nationale, mettre en place des programmes de formation pour les travailleurs sociaux, le personnel institutionnel et les membres du système judicaire.

 

Enfin il est nécessaire, pour renforcer leur efficacité, d’étudier la conformité des lois nationales et internationales avec la Convention de La Haye qui, depuis 1993, s’est fixée trois objectifs principaux: pratiquer l’adoption internationale dans le respect de l’intérêt de l’enfant, établir une coopération entre les Etats pour sauvegarder les intérêts des enfants, et assurer la reconnaissance des adoptions prononcées entre les Etats contractants.
En théorie, les gouvernements et les autorités compétentes aussi bien des pays d’origine que des pays d’accueil affichent leur accord sur le principe du droit de l’enfant à une famille et non l’inverse (le droit à l’enfant). Pourtant, dans la pratique, les procédures existantes ne permettent que très rarement le respect de ce précepte.

 

En Suisse par exemple, le législateur n’a pas pris la décision de rendre obligatoire pour les futurs parents adoptifs le passage par des intermédiaires suisses agréés pour la recherche de leur enfant, laissant la porte ouverte à de multiples abus. Ce qui revient à dire que la Suisse autorise le placement d’enfants étrangers dans des familles suisses sans contrôler, au niveau fédéral ou cantonal, la légalité de la procédure d’adoption dans le pays d’origine de l’enfant.

 

Le trafic d’enfants en vue d’adoption internationale n’a cessé d’augmenter ces vingt dernières années. La diminution du nombre d’enfants adoptables dans les pays occidentaux, et un déséquilibre entre les demandes en adoption et le nombre limité d’enfants adoptables, s’est traduit par le développement d’un marché parallèle illégal.

 

Le phénomène a démarré en Amérique latine et en Asie au début des années 70 et a pris une ampleur considérable depuis. De nouveaux marchés pour l’adoption illégale se sont ouverts au début des années 90, comme en Roumanie par exemple. Sur le continent africain, les trafics liés à l’adoption internationale sont relativement faibles.

 

Les rigueurs du droit et la diversité des règles tant morales, religieuses que juridiques rendent complexe le champ de l’adoption internationale, et sont autant de facteurs favorisant l’implantation du trafic dans certains pays d’origine. Le trafic en vue d’adoption internationale peut être organisé par les futurs parents adoptifs ou avec la participation d’une tierce personne. Dans le premier cas, l’illégalité de l’adoption internationale résulte d’une action des adoptants eux-mêmes: dans le second cas, des intermédiaires kidnappent des enfants et en font trafic, font pression sur les mères pour qu’elles abandonnent leur enfant, ou soudoient de hauts responsables.

 

Le trafic lié à l’adoption prend donc la forme d’actes légaux ou illégaux, attentatoires à la dignité de l’enfant. Le trafic «illégal» peut consister en l’«achat» d’enfants à leurs parents, en l’obtention du consentement des parents à l’adoption par la fraude, en exerçant de fortes pressions sur les mères célibataires, ou par l’enlèvement de bébés. Dans ce dernier cas, l’enlèvement se conjugue avec la falsification de l’état civil du nouveau né.

 

Dans certains cas, payer une somme d’argent peut s’avérer suffisant pour obtenir la proposition d’un enfant pour l’adoption internationale et pour clore la procédure en toute légalité. Plus l’enfant est jeune et en bonne santé plus le coût de la procédure est élevé. Ce type de trafic, qualifié de légal car il ne suppose pas l’accomplissement d’un acte frauduleux au sens de la loi, est néanmoins contraire à l’intérêt de l’enfant.

 

Source : Terre des hommes

Commentaires

En tant qu'adoptée coréenne, je suis soulagée de voir que d'autres personnes que moi voient l'adoption internationale comme une industrie. J'ai été adoptée en 1975, à l'âge de 9 ans; il y a 30 ans, c'était déjà une industrie puisque je n'avais jamais été abandonnée. Deux ans après mon adoption, j'ai lu les papiers d'adoption qui étaient remplis de mensonge. J'ai réussi malgré tout à retrouver ma famille (27 ans plus tard) grâce à Dieu et à ma mémoire. L'adoption internationale implique souvent l'adoption transraciale. L'adoption transraciale devrait être considérée comme un crime; quand j'ai commencé à être assimilée par les blancs, j'ai commencé à haïr ma race et je voulais ressembler à mes parents blancs. Un jour, je me suis rendue compte que je ne savais plus parler ma langue natale: ce jour-là, je l'ai vécu comme une agression sexuelle et je sais de quoi je parle en comparant l'assimilation à une agression car j'ai aussi été abusée par mon père adoptif trois ans après mon arrivée dans la famille adoptive. Je croiyais que j'étais la seule à "mal vivre" l'adoption à cause des abus sexuels mais récemment, je me suis joint à un groupe de KAD (korean adoptees) et sans parler des ceux qui ont été abusés, je me rends compte que la majorité des adoptés vivent avec des conséquences négatives de l'adoption internatioanle, même s'ils ont eu de bons parents adoptifs. De plus, d'autres adoptés que moi n'étaient pas abandonnés, ils étaient juste perdus ou même kidnappés. L'adoption internationale était déjà une industrie à sa création. je trouve ça révoltant de voir un pays aussi riche que la Corée continuer à exporter leurs enfants. Il faudrait davantage encourager l'adoption locale.

Écrit par : Kim | 21/10/2007