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25.10.2007
Tchad. L'affaire "Arche de Zoé".
Neuf Français sont soupçonnés d'avoir voulu faire partir illégalement 103 enfants originaires du Darfour pour la France. Selon eux, il s'agissait d'une "évacuation sanitaire".
Coup de filet des autorités tchadiennes. Neuf Français, qui s'apprêtaient à faire partir illégalement d'Abéché, au Tchad, une centaine d’enfants originaires de la province soudanaise du Darfour, ont été arrêtés jeudi. Ils sont accusés d'avoir voulu "enlever" 103 enfants, "sous prétexte d'une évacuation sanitaire". L’information a été confirmée par le ministre tchadien de l’Intérieur à la radio nationale. Selon la radio, "ces enfants ne sont pas du tout malades, ils (les responsables de l'ONG) ont bandé leur tête et pieds pour donner l'impression que ces enfants sont malades". D’après Europe 1 qui a révélé l’information, les autorités ont maintenu au sol hier sur l'aéroport d'Abaché, au Tchad, le Boeing 757 dans lequel se trouvait les enfants, alors que l'appareil était en partance pour la France.
"Les sauver de la mort"
Les enfants, âgés de 1 à 9 ans auraient été kidnappés par des mercenaires locaux pour alimenter un vaste trafic d’enfants à destination de l’hexagone. Le chef présumé du réseau tchadien a été écroué tandis que les enfants ont été pris en charge par des associations humanitaires. Parmi les Français arrêtés figure un dirigeant de l’ONG «Arche de Zoé», une petite association qui avait annoncé en juin une opération controversée d'évacuation de 1.000 enfants du Darfour, "pour les sauver d'une mort certaine" et les faire accueillir par des familles françaises.
D’après Europe 1 toujours, les tarifs pour obtenir un de ces enfants iraient de 2.800 à 6.000 euros. Le butin total s'élèverait à 1,2 million d'euros. Selon le quai d’Orsay, 300 familles françaises seraient concernées. Parmi elles, 50 étaient rassemblées jeudi en fin de journée à l'aéroport de Vatry (Marne), où devait atterrir l'avion. "Il ne s'agit pas d'un trafic d'enfants. Le but de cette opération était de sauver des enfants de la mort", a assuré Delphine Philibert, une mère de famille qui s'était portée volontaire pour accueillir un enfant.
Selon le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés, les enfants "sont très choqués mais ont l'air en bonne santé".
Source : Le Figaro
L'étrange affaire des orphelins du Darfour
HIER à 6 heures du matin, le jour se lève sur Abéché, la grande ville de l'est du Tchad où sont déployées les organisations internationales assistant 230 000 réfugiés du Darfour. Un total de 103 enfants sont regroupés aux abords de l'aérodrome. Les gamins sont encadrés par 9 volontaires de Children Rescue, une organisation non gouvernementale (ONG) française créée par l'association «L'Arche de Zoé» animée par des pompiers d'Argenteuil. L'attroupement attire l'attention d'une patrouille militaire tchadienne. Les humanitaires, interrogés, ne fournissent pas d'explication claire pour justifier leur présence et celle des enfants. Trente minutes plus tard, un Boeing 757 atterrit. Il ne figure pas sur la liste des avions autorisés à se poser sur l'aérodrome d'Abéché.
Alerté, le gouverneur de la province arrive sur les lieux. Les humanitaires passent rapidement aux aveux : ils s'apprêtaient à exfiltrer les 103 enfants, des orphelins soudanais issus des camps de réfugiés, vers la France, sans aucune autorisation. « Le Boeing 757 devait retourner à l'aéroport de Reims-Vatry en fin d'après midi » confirme Jacques Wilmart, un pilote belge à la retraite recruté par Children Rescue. « Nous l'avons loué à la compagnie espagnole privée Girjet, elle-même sous-traitante de Cargo leasing, basée au Luxembourg. »
Cet ancien commandant de bord de la Sabena a été recruté le 3 octobre. Sa mission : transporter les enfants d'Adré, à la frontière soudanaise, jusqu'à Abéché. « J'ai effectué une quarantaine de rotations avec un Cherokee 6, un petit avion de 7 places arrivé de France en septembre », dit-il au Figaro.
« Aucune difficulté pour organiser le plan de vol »
Officiellement, Children Rescue devait créer un centre de santé à Abéché pour soigner des orphelins. Mais les 26 membres de l'ONG qui se sont relayés sur le terrain - présentés comme des infirmières, pédiatres, logisticiens et pilotes d'avion - connaissaient l'objectif final de l'opération : « Elle a été organisée en étroite coopération avec un collectif de Français désirant adopter des enfants du Darfour », explique un autre pilote belge également recruté par l'ONG.
« L'autre but était de faire un coup médiatique pour attirer l'attention de l'opinion publique sur la situation au Darfour », dit-il. « Les responsables de Children Rescue m'ont dit qu'ils avaient le soutien de l'Élysée », poursuit le Belge en précisant n'avoir « rencontré aucune difficulté pour organiser le plan de vol international du Boeing ».
Les deux pilotes belges savaient que la mission était secrète et qu'elle se préparait à l'insu des autorités tchadiennes. Un e-mail adressé à Jacques Wilmart, daté du 28 septembre et signé d'un certain « Christophe », un pompier d'Argenteuil, l'indique : « Cette mission comporte des intérêts politiques importants, tant du côté français que soudanais, c'est pourquoi je te demande d'être très discret et de n'avoir uniquement que deux interlocuteurs, Eric sur le terrain et Christophe en France. »
Le courrier, dont Le Figaro s'est procuré une copie, demande au pilote de se rendre « le mercredi 3 octobre à la caserne des sapeurs-pompiers d'Argenteuil pour la remise de dotation Children Rescue avant (son) départ de Roissy-Charles de Gaulle ». Jacques Wilmart, qui a déjà « participé à des missions de sauvetage à Beyrouth et au Congo », affirme n'avoir reçu aucun salaire. « Nous voulions sauver des gosses qui étaient dans un état pitoyable et en danger de mort. Nous avons donc décidé d'agir dans l'urgence », dit-il.
Éric Breteau, le chef de mission de Children Rescue, rencontré voici trois semaines à Abéché et qui fait aujourd'hui partie des neuf détenus, tenait un discours qui laissait présager un tel dérapage : « Les Nations unies et les grandes ONG sont souvent inefficaces à cause de procédures administratives trop lourdes. Nous sommes ici pour essayer d'apporter une aide plus rapide et plus efficace », disait-il.
« Enlèvement et trafic d'enfants »
En attendant, l'affaire a provoqué l'ire des autorités tchadiennes. Les neuf Français sont détenus dans la prison d'Abéché, accusés « d'enlèvement et de trafic d'enfants. » Le gouverneur les accuse « d'avoir voulu soustraire des petits musulmans à l'islam. »
Du côté de la communauté humanitaire, déjà soumise à une forte insécurité, l'inquiétude règne. La représentation locale de l'importante ONG Save the Children a été caillassée hier par des Tchadiens qui semblaient la confondre avec Children Rescue. « La religion est une question très sensible dans cette région à l'islam très conservateur, et cette affaire risque d'être mentionnée dans un prochain communiqué d'al-Qaida », redoute un responsable local du Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés. « Nous pouvons désormais redouter que les humanitaires soient la cible d'attentats islamistes », ajoute-t-il.
Un acte "illégal et irresponsable " - Rama Yade
La tentative de sortie de 103 enfants au Tchad par des ressortissants français est un acte "illégal et irresponsable", estime Rama Yade, précisant que ces enfants n'étaient pas destinés à l'adoption et que les responsables de l'opération "devront rendre des comptes".
"Je comprends la détresse des familles, mais je crois qu'avant le droit à l'enfant il y a le droit de l'enfant", a déclaré ce matin sur RTL la secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères et aux droits de l'Homme,
"Dès le 22 juillet, toutes les ONG travaillant au Darfour que j'avais réunies ont été unanimes pour condamner cette opération. Aujourd'hui on ne sait rien des conditions de regroupement de ces enfants. On ne connaît rien de leurs origines, de leur nationalité et de la réalité de leur situation familiale et communautaire", déclare-t-elle dans un entretien publié vendredi dans "Le Parisien/Aujourd'hui en France". "Les enlever comme cela est -de mon point de vue- illégal et irresponsable".
Source : Le Figaro
"L'enlèvement" des enfants du Tchad viole les règles internationales (Unicef)
La tentative "d'enlèvement" d'une centaine d'enfants originaires du Soudan et du Tchad est à la fois illégal et irresponsable, en violation de toutes les règles internationales, a déclaré vendredi le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef).
"Ce qui s'est passé au Tchad et la manière dont ça s'est passé est à la fois illégal et irresponsable. Ca s'est passé en violation de toutes les règles internationales", a souligné la porte-parole de l'Unicef, Véronique Taveau, devant la presse à Genève.
Selon la Convention de La Haye sur l'adoption internationale de 1993, "dans le cas où des enfants seraient séparés de leurs parents à cause d'une guerre ou d'une catastrophe naturelle, on ne peut tenir pour acquis qu'ils n'ont plus aucun proche ni parents vivants", a rappelé la représentante de l'Unicef.
"Ils ne peuvent donc pas être pris en compte pour l'adoption internationale et la priorité devrait être donnée à la recherche de leurs familles", a-t-elle souligné.
L'Unicef, qui a eu accès au centre social où se trouvent actuellement les enfants, essentiellement des garçons âgés d'un à huit ans selon l'organisation, a noté qu'ils portaient tous un bracelet avec un numéro d'identification.
"Nous ne savons pas à quoi cela correspond", a relevé la porte-parole, qui a indiqué que des recherches étaient en cours, conjointement avec le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), la Croix-Rouge internationale et des organisations non gouvernementales sur place, pour retrouver leurs familles.
"Même si leur père ou leur mère sont décédés, il se peut qu'ils soient en mesure de trouver des proches encore en vie ainsi qu'une communauté et un foyer où ils pourront retourner à la fin du conflit", a souligné la représentante de l'Unicef.
La police tchadienne a arrêté jeudi neuf Français, accusés d'avoir "enlevé" une centaine d'enfants du Tchad et du Darfour (ouest du Soudan) pour les faire "accueillir" en France moyennant finances.
Source : Le Monde
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20:55 Publié dans Trafic d'enfants | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : tchad, arche de zoé, france, trafic d'enfants, enlèvement, adoption illégale, humanitaire
Commentaires
Il y a un problème d'enfants partout en Afrique. La réponse n'est pas d'aller chercher les gosses qui traînent pour les amener ailleurs, mais de se battre pour amener des réponses locales.
Jean-Paul NGOUPANDE
Ex-Premier ministre centrafricain
Ecrit par : Nougpande | 27.12.2007
Alors qu’en France on assiste depuis le début au spectacle de membres de l’ONG Arche de Zoé cherchant toujours à se dédouaner (et convaincus envers tous que si c’était à refaire, ils recommenceraient), il est positif de voir qu’ailleurs d’autres essayent de tirer les leçons de cette histoire, et d’enfin mettre en place des initiatives envers les véritables victimes du dossier Arche de Zoé : les enfants.
Ainsi en est-il de Madrid, qui vient d’annoncer qu’un don d'un million d'euros sera fait pour venir en aide aux enfants tchadiens que l’ONG française a tenté de faire extrader en Europe, en les faisant passer pour des orphelins du Darfour, ce qui s’est avéré faux.
Pour rappel, sept Espagnols avaient été arrêtés. Ils étaient membres de l'équipage de l'avion qui devait conduire les enfants en France. Les Espagnols avaient par la suite été libérés.
Selon Reuters, une délégation espagnole en provenance de Madrid était lundi à N’Djamena pour y rencontrer des responsables gouvernementaux et des représentants de l'Unicef dans la capitale tchadienne. Le don d’un million d’euros devrait bénéficier à près de 50.000 enfants de l'est et du sud du Tchad, et aussi aux 103 innocents embarqués malgré eux dans l’affaire Arche de Zoé.
On en pense quoi à Culturefemme.com ?
C’est Madrid qui aurait contacté le Tchad pour tenter de mettre en place une coopération pour venir en aide aux enfants, sur place au Tchad. Mais à quoi assiste-on en France ? Des "humanitaires" dont la presse relate les états d'âme (quide des enfants tchadiens et leurs parents?); des "humanitaires" qui entrent en grève de la faim, ressassent à longueur d’articles dans la presse que leur geste était motivé par la générosité, rien d’autre. Des individus qui donnent l’impression de ne pas comprendre que pour beaucoup, leur acte est d’autant plus mal perçu qu’il est possible d’aider des enfants africains en initiant des projets sur place, et non en les enlevant de leur milieu socio-culturel. Des individus qui, ayant profité d’une convention tchado-française pour pouvoir être transféré dans leur pays d’origine, évoquent par la voix de leurs avocats (ndrl : lors de l’audience du 14 janvier à Créteil), une autre convention (européenne) pour se soustraire à l’obligation de la première?
L’acte du gouvernement espagnol arrive donc fort à propos pour rappeler qu’il est possible (et recommandé) d’initier des actions sur place pour venir concrètement en aide aux enfants de zones de conflits, et pas en organisant d'opaques actions d’extradition comme celle désormais dénommé "Arche de Zoé".
Ecrit par : mwana | 16.01.2008
Arche de Zoé, tradition bien française
Ils voulaient offrir à des orphelins du Darfour une enfance heureuse dans un pays en paix ; ils sont rentrés sous les huées. Ils se rêvaient en chevaliers de l’humanitaire ; on les boucle en prison comme de vulgaires malfaiteurs. Bien des choses ont été dites sur ce naufrage : il met en péril la force européenne qui doit bientôt protéger les réfugiés du Darfour, il trahit le néocolonialisme de la France, etc. Mais au-delà des enjeux diplomatiques et militaires, le fiasco de l’Arche de Zoé illustre la manière dont un millénarisme au service de l’enfance en danger peut agir sous couvert du «devoir d’ingérence». Les membres de l’Arche de Zoé sont des illuminés ; mais il faut faire la généalogie de leur folie, car elle emprunte à des schémas de pensée qui, eux, sont non seulement tout à fait rationnels, mais propres à une conception bien française de l’aide à l’enfance.
De même que l’Arche de Zoé a forgé sa pratique pseudo-humanitaire à partir d’un kouchnérisme dévoyé, de même, elle emprunte sa philosophie à une longue tradition. Tout au long du XIXe siècle, l’Assistance publique a retiré des enfants à un milieu jugé déficient pour les faire renaître ailleurs, dans la pureté des campagnes. Entre 1860 et 1940, l’Assistance publique de la Seine transfère près de 250 000 enfants. Ses agences de placement fixent à la campagne les rebuts de la capitale, loin de leur ville natale et surtout de leur famille. Ainsi la République tente-t-elle d’absorber cet allogène qu’est l’enfant à problème. Tout doit céder devant cette mission, la résistance des parents en premier lieu. Dans les années 1960 et 1970, une vaste migration d’enfants a été organisée entre l’île de la Réunion et la métropole. La surpopulation et le chômage dans l’ancienne colonie ont convaincu les élites politiques, le député Michel Debré au premier chef, de transférer 1 600 «orphelins» (ou supposés tels) depuis les bidonvilles et les champs de canne vers les zones dépeuplées du Massif central et du Sud-Ouest.
Pour recruter les enfants, des assistantes sociales démarchent les familles en difficulté et leur font miroiter une formation de qualité dans des écoles et des lycées. Comme dans le cas réunionnais, les parents d’Adré ou de Tiné ont accepté de confier leurs enfants à des Blancs, convaincus qu’on les scolariserait, qu’on ferait un «monsieur» du petit berger en guenilles. Sur place, personne n’a jugé utile de leur apprendre que leurs enfants partiraient pour la France et qu’ils seraient confiés sans retour à des familles. On ne saura jamais ce que seraient devenus les petits Tchadiens une fois installés en France ; on sait, en revanche, que les Réunionnais transférés autoritairement en métropole ont connu l’échec scolaire et professionnel et que certains, brisés à jamais, ont sombré dans la délinquance, la dépression ou la folie. Mais qu’importe le déracinement du moment que les enfants vivent en sécurité «chez nous». Le sauvetage universel de l’enfance en danger, au prix d’une tromperie à l’égard des familles et d’une déculturation assumée, est une utopie qui sert d’abord à satisfaire ses concepteurs. C’est sur ce point qu’il rompt à nouveau avec l’idéal de l’action humanitaire, dont Rony Brauman rappelle qu’elle doit préserver la vie tout en restaurant l’homme dans sa capacité de choix.
Au fond, s’il n’y a pas grand-chose de commun entre l’humanitaire et l’Arche de Zoé, ce n’est pas seulement parce que ses animateurs se sont comportés, sur le plus déshérité des continents, en touristes intoxiqués par les clichés. C’est parce que leur «droit d’ingérence», paravent derrière lequel ils enlèvent des enfants, n’a rien à voir avec le droit imprescriptible et profondément moral au sujet duquel médite Michael Walzer dans Just and Unjust Wars. Leur droit à eux, c’est celui que s’octroyaient les services sociaux aux XIXe et XXe siècles afin de faire reculer les attributions des parents : à cette époque, la France s’est dotée d’un arsenal législatif propre à surveiller et, si nécessaire, à disloquer la famille des milieux populaires.
C’est pourquoi, quittant l’actualité brûlante, il faudrait évoquer tous les transferts d’enfants qui ont bel et bien abouti, dans les campagnes françaises, à la Réunion et ailleurs ; il faudrait décrire toutes ces transplantations ratées, descendre dans tous ces enfers pavés de bonnes intentions, pour comprendre que, dans le passé, les Arches de Zoé républicaines ont beaucoup plus abouti qu’elles n’ont échoué. A l’âge du tout-identitaire, alors que même un pays comme la France évite de rompre le lien entre enfants et parents biologiques, l’adoption d’enfants originaires du tiers-monde est le dernier domaine d’activité où l’idée de couper quelqu’un à jamais de ses origines ne semble pas poser problème. L’absolutisme pédagogique, qui n’a plus cours avec les enfants occidentaux, est encore envisageable en Afrique. L’utopie de la table rase, héritée de l’Assistance publique, a été recyclée au bénéfice supposé de l’orphelin africain : discréditée en raison des souffrances qu’elle provoque, elle reparaît aujourd’hui sous les blancs habits de l’humanitaire. Hier comme aujourd’hui, les enfants en sont les premiers bénéficiaires et les victimes toutes désignées. La seule différence avec les XIXe et XXe siècles, c’est que ce n’est plus l’Etat qui entretient l’utopie de la renaissance, mais une association dont l’incompétence fait communiquer, à l’opposé de son ambition première, l’«authenticité» humanitaire et la vacuité d’une simulation. Son procès, ce n’est pas la France qui l’a instruit, mais une ancienne colonie.
Ivan Jablonka, historien.
http://www.liberation.fr/rebonds/308774.FR.php
Ecrit par : Nicolas | 11.03.2008


