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02/11/2007

Le Congo suspend les adoptions internationales

Le gouvernement entend également vérifier la situation de 17 enfants congolais récemment adoptés par des familles espagnoles.



Le ministre congolais de la justice Me Emmanuel Aimé Yoka a annoncé jeudi 1er novembre la suspension des procédures d'adoptions internationales d'enfants au Congo. Cette décision intervient alors que des membres de l'association l'Arche de Zoé sont actuellement retenus au Tchad, accusés d'avoir tenté d'enlever des enfants pour les emmener en France: "Le cas de l'Arche de Zoé, actuellement poursuivie pour trafic d'enfants tchadiens, nous interpellent tous. Ce qui est arrive au Tchad peut également arriver dans d'autres États africains", a mis en garde Loamba Moké.
 

Prévenir le trafic d'enfants



"Cette affaire est une véritable coïncidence car elle intervient quelques jours seulement après l'adoption de 17 enfants congolais par des familles espagnoles", a ajouté le ministre, précisant que des démarches officielles allaient être entreprises par le Congo afin de vérifier la situation de ces enfants actuellement établis en Espagne.

Déjà en août dernier l'Association des droits de l'homme et de l'univers carcéral (ADHUC), avait mis en garde les autorités congolaises contre un  réseau de trafic d'enfants vers l'Europe, organisé par l'ONG espagnole ADIC (Association pour l'adoption des enfants congolais).

Cette décision satisfait le président de l'ADHUC, Loamba Moké, qui demande au gouvernement de "s'impliquer désormais sur la situation en prenant des mesures pratiques de lutte contre ce fléau".

Il a également mis en cause des magistrats, qui représentent ces ONG: "L'ADIC par exemple est représentée au Congo par trois magistrats. Dans ces conditions, on comprend aisément la facilité avec laquelle ces procédures d'adoption aboutissent", affirme-t-il, jugeant que "la présence des magistrats dans ces réseaux rend ainsi difficile la lutte contre le trafic illicite des enfants".


Risque d'amalgame


Alors que les procédures d'adoption d'enfants étrangers relèvent déjà du parcours du combattant pour les familles françaises, Marie-Claude Arnauld, vice-présidente de l'association "Enfance et famille d'adoption" chargée de l'adoption internationale, déplore "l'amalgame" de cette décision, jugeant cela "très triste parce que ça va rendre l'adoption dans certains pays difficile, voire impossible dans certains cas".

Selon Marie-Claude Arnauld, en 2006, 20 enfants ont été adoptés par des familles françaises au Congo-Brazzaville, contre 44 en 2005. "Pour ces familles, ca va être la catastrophe, pour plusieurs raisons", a-t-elle noté. "Ces familles connaissent déjà l'enfant, ont sa photo, des détails sur lui. Pour ces familles ça va être dramatique".

"Tant que cette affaire n'est pas éclaircie, certains pays vont être un peu plus frileux pour ne pas être taxés de laxisme", conclue la vice-présidente. (AP)



Source : Nouvel Observateur