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25/11/2007

La Commission des questions sociales de l’APCE appelle au respect du droit des enfants en matière d’adoption internationale et réfute “le droit à l’enfant”

efa04a001b73f15d70b4fcd5cd9b11e5.jpgStrasbourg. « L’adoption internationale doit permettre à un enfant de trouver des parents dans le respect de ses droits et non aux parents de satisfaire à tout prix un désir d’enfant. Il n’y a pas de droit à l’enfant ! » a déclaré le 8 novembre 2007 Ruth-Gaby Vermot-Mangold (Suisse, SOC), au nom de la Commission des questions sociales, de la santé et de la famille de l’Assemblée parlementaire (APCE), lors d’une réunion de la Commission à Paris.

Dans son rapport, qui s’appuie sur des missions d’enquête en Ukraine et en Moldova, Mme Vermot-Mangold condamne fermement l’utilisation de plus en plus courante de circuits parallèles favorisant la disparition de nouveau-nés à des fins d’adoption illégale en Europe. Elle dénonce l’existence d’un véritable trafic de ventes de bébés en Moldova, où 61 cas ont été portés au pénal en 2006. En Ukraine, la rapporteuse a relevé des cas de disparition d’enfants dès leur naissance, les administrations hospitalières faisant croire à leur mère que l’enfant était mort né, alors qu’on suppose qu’il était vendu aux fins d’adoption.

Ces pratiques visant à voler et vendre des enfants, notamment à la naissance, sont facilitées par l’absence de règles strictes en matière d’état-civil dans certains pays, a déclaré la Commission en adoptant aujourd’hui le rapport de Mme Vermot-Mangold sur la disparition de nouveau-nés aux fins d’adoption illégales en Europe.

C’est pourquoi la Commission préconise au niveau national, l’introduction d’une législation claire dans le domaine du droit de la famille et, au niveau international, la révision de la Convention sur l’adoption internationale des enfants  afin de mettre en place des mécanismes pour contrôler strictement des règles en matière d’adoption. « Ceci permettrait à un certain nombre d’enfants, en l’absence de solutions au niveau national, de connaître une vie plus décente et d’éviter des situations telles que survenues au Tchad », a précisé Mme Vermot-Mangold.

Le rapport sera débattu par l’APCE lors de sa session d’hiver (21-25 janvier 2008).



Source : Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe

20/11/2007

Belgique. Un nouveau-né abandonné dans une « boîte à bébé ».

Moeders voor moeders.jpgUn nouveau-né a été confié à une association flamande d’aide aux mères en difficulté d’Antwerpen grâce à un système de « tiroir à bébés » qui permet un abandon sécurisé et anonyme. C’est la première fois que le système est utilisé.


Le petit garçon, apparemment âgé d’une semaine, a été trouvé samedi par des membres de l’association « Moeders voor Moeders » (Des mères pour les mères) dans le petit sas mis en place en 2000 dans le quartier populaire de Borgerhout mais qui n’avait jamais été utilisé jusqu’ici.


Il avait été installé peu avant midi dans ce grand « tiroir » d’environ un mètre de long et de 50 centimètres de haut, un espace chauffé et équipé d’un matelas.


La porte du tiroir, qui se rabat côté rue pour permettre de déposer l’enfant, garantit l’anonymat. Une fois refermée, cette porte se bloque et le bébé ne peut alors être récupéré que par l’intérieur du bâtiment.


Samedi, un système d’alarme a prévenu les membres de l’association, qui ont récupéré l’enfant quelques minutes plus tard.


Le nourrisson, baptisé Thomas, devrait être confié dans les prochains jours à une famille d’accueil. Si ses parents ne se présentent pas d’ici quatre à six semaines, il sera alors définitivement confié à une famille adoptive.


Pour que la mère ou les parents qui abandonnent leur enfant puissent changer d’avis dans les semaines qui suivent leur geste, le « tiroir à bébés » contient également un tampon encrier et une grande feuille. Les parents doivent imprimer l’empreinte du pied de l’enfant sur le document, qui servira de preuve s’ils veulent le récupérer.


L’enfant trouvé samedi était en bonne santé, n’avait pas faim, était lavé et portait des vêtements propres.


« Nous avons beaucoup de peine à faire connaître cette « boîte à bébés », dit-on du côté de l’ASBL. « Si des boîtes à bébés peuvent sauver la vie de quelques enfants, il faut en parler », considère Monica De Coninck, responsable de l’association et présidente du Centre Public d'Aide Sociale.



Source: Le Soir.

19/11/2007

Affirmer un droit à l'adoption ?

L’affaire de l’arche de Zoé a ouvert à nouveau le débat sur l’adoption en général dans ses deux branches, nationale et transnationale. Droit à adopter contre droit de l’enfant à être ? Et comme tous débats où se trouvent des enfants, on est rapidement dans l’affectif, dans les excès et, bien sûr, dans la caricature. Les textes de Francois-Robert Zacot, « L'Occident, l'adulte et l'enfant »  et de Jacob Rogozinski, « Pour le droit à l'adoption »  parus dans « Le Monde » des 9 et 17  novembre 2007 n’évitent pas l’écueil. Chacun traite l’autre de méchant et joue des enfants pour culpabiliser son interlocuteur, on  n’a pas pour autant progresser. Bien évidemment dans le magma des invectives, il n’y a pas que des erreurs d’analyse. Essayons de retrouver un peu de raison comme il faut régulièrement le faire décennie après décennie.



1° Il est de fait que le désir d’enfant est une réalité dans ce monde, en France en particulier.
Cela n’a rien de blâmable. Généralement, on parvient à y répondre naturellement, parfois avec l’aide de la médecine. Le taux de natalité en France est l’un des plus élevés d’Europe. Et, il a plutôt cru ces derniers temps quand il chutait ailleurs. Personne ne sait pourquoi, mais ce n’est pas le sujet du jour. Reste que des personnes (entre 15 à 20 000 en France) qui n’ont pas pu l’être, souhaiteraient être parents;  d’autres veulent s’ouvrir à plus d’enfants qu’ils n’ont pu être parents. Rien de blâmable à cela.
On peut être stérile et équilibré. Il est aussi des gens qui pensent pouvoir aider un enfant laissé à lui même par les accidents de la vie – décès ou disparition de parents – et lui apporter ce qu’ils ont donné à leurs propres enfants.
Vouloir s’ouvrir à un enfant n’est pas nécessairement être un pédophile qui s’ignore ou un dangereux pervers. C’est une démarche généreuse car il ne suffit pas d’accueillir sur l’instant  on s’engage pour la vie. En d’autres termes, ne jetons pas l’anathème sur ceux qui forment un  projet d’adoption.



2° Il est de fait que la France a de moins en moins d’enfants délaissés ou abandonnés. Il y en avait 150 000 en 1900 et désormais un peu moins de 3 300 pour une population qui au passage à plus que doublé en un siècle et pour environ 450 000 enfants suivis par l’ASE (Aide Sociale à l'Enfance). On doit s’en réjouir.
C’est le fruit d’au moins trois phénomènes : les enfants sont aujourd’hui plus désirés grâce notamment à la maîtrise de la contraception; les aides sociales faites aux foyers monoparentaux sont meilleures et enfin le statut des mères célibataires n’est plus ce qu’il était il y a encore 40 ans. On n’est plus montrée du doigt et tout simplement l’action sociale vise à éviter la rupture parent-enfants.
Inéluctablement, le nombre des pupilles de l'Etat  tend à diminuer : 40 000 en 1960, 20 000 en 1980 et quelques centaines de nouveau chaque année soit par remise aux fins d’adoption, soit par déclaration judicaire d’abandon.Régulièrement, certains pointent du doigt que des enfants qui auraient du faire l’objet d’une déclaration judiciaire d’abandon n’en ont pas profité. Ils y voient là une source non exploitée d’enfants adoptables négligeant que ces enfants sont souvent âgés quand les choses se cristallisent et alors guère adoptables pour ne pas correspondre aux enfants que recherchent les candidats à l’adoption.
Ce n’est donc pas pour rien que les candidats français et plus largement européens se tournent vers l’adoption transnationale. On imagine des millions et des millions d’enfants orphelins – comme Jacob Rogozinski – attendant des orphelinats qu’on vienne les chercher.
De fait, ces enfants existent ; on le voit régulièrement dans les reportages télévisés. Sont-ils pour autant sans famille et adoptable ? On se souvient de l’appel précipité de sœur Emmanuelle pour l’adoption des enfants du tsunami  voici deux hivers quand on ne savait rien du sort de leur famille.

Que ne dirait-on pas  si des étrangers visitaient nos foyers de l’enfance pour y adopter. Il est de fait que les Etats ont des politiques restrictives répugnant à voir consacrer leur incapacité  prendre en charge leurs enfants.

Rares sont les pays comme la Corée du Sud qui affirment que les enfants coréens adoptés à l’étranger sont les fantassins de la conquête du monde par le Pays du Matin calme. Indéniablement on peut améliorer le dispositif d’adoption transnationale en offrant à chacun les garanties qu’il est en droit de recevoir : l’enfant dès lors qu’il est réellement adoptable c’est-à-dire sans famille ,sur ses conditions d’accueil dans le pays hôte, les pays concernés qu’il n’y a pas eu de trafic d’enfants, etc.



3° Une idée doit être combattue : il y aurait beaucoup d’échecs de l’adoption. C’est inexact. Non pas qu’il n’y en ait pas. Les professionnels de l’enfance ont tous des exemples à citer mais le tribunal pour enfants étant un beau lieu d’observation des rejets, je peux affirmer que nous ne croulons pas – et fort heureusement - sous ces situations.
Certainement parce que les personnes qui adoptent ont fait un long cheminement sur eux-mêmes, qu’elles y ont été aidées par l’ASE ou les Œuvres de l’adoption. Bref, ce que l’on qualifie parcours du combattant pour marquer qu’on n’a pas accès à un enfant facilement, n’est pas nécessairement négatif pour lutter contre les échecs.
Reste que l’on a bien fait de prévoir – réforme Mattei de 1996 sauf erreur - qu’il pouvait y avoir une nouvelle adoption quand une première tentative avait échoué.
Dans l’adoption il est vrai que généralement chacun y trouve son compte, l’adoptant comme l’adopté. Là encore rien de choquant, Ces rappels fait peut-on affirmer un droit à l’adoption ?
 Un droit pour qui ? Un droit pour l’enfant ou un droit pour l’adulte qui veut s’ouvrir à l’autre ? Qui dit droit dit qu’il y a une institution – l’Etat – qui s’organise pour gager la reconnaissance de ce droit.
On voit la difficulté de l’exercice. On peut garantir à l’enfant sans famille que l’on fera l’effort de lui rechercher une famille d’accueil susceptible de devenir la sienne par l’adoption. On aura parfois des difficultés à trouver cette famille.
Il est encore des enfants de France qui ne sont pas adoptés car tenus pour trop âgés, porteurs de handicaps, de couleur de peau ou en fratrie. Faut-il même rappeler qu’il a fallu attendre 1984 pour que la loi vienne dire que tous les enfants étaient adoptables même s’ils étaient porteurs de handicap : jusque-là seuls les enfants en bonne santé étaient adoptables.
Bref, l’Etat peut s’engager vis-à-vis de l’enfant à une démarche pour ne pas se contenter d’un accueil en foyer ou même en famille, pas à un résultat. De même,peut-on reconnaître à certaines personnes le droit de demander à adopter en les agréant, mais comment leur garantir qu’il y aura un enfant à leur « servir à l’adoption» pour reprendre l’expression d’un certain  temps. On n’est pas dans le domaine dans lequel on peut offrir un droit opposable.
M. Rogozinski méconnaît le sujet quand il ricane sur les orientations avancées par Mme Rama Yade, notre secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme. Pourtant elle n’innove pas; son discours est celui que tiennent des responsables politiques réellement responsables depuis 20 ou 30 ans : si l’on a réellement l’intérêt de l’enfant en tête – et pas celui des adultes qui s’en repaissent- il faut promouvoir le parrainage et les alternatives à l’adoption.
Il faut aider sur place des politiques qui permettent aux parents d’élever leurs enfants comme on l’a fait  pendant un siècle et demi – et le développement économique est la première condition à réunir. Si des enfants doivent être aidés, ce peut être par le parrainage, et très subsidiairement, par l’adoption quand les conditions en sont réunies.
Reste que le parrainage touche ses limites car les parrains attendent plus que ce qu’on leur demande. L’adoption ne peut pas être à soi seule une politique de protection de l’enfance. Pour certains enfants, elle peut être la réponse adaptée car elle permet d’offrir un univers familial juridiquement conforté – elle crée une filiation nouvelle - à un enfant qui en manque.

L’adoption est une démarche dans une stratégie globale. Doit-on rappeler que l’adoption des enfants n’est légale que depuis 1923 c’est-à-dire après la Premier Guerre Mondiale quand il fallut se préoccuper des enfants de ceux qui étaient tombés à Verdun ou sur d’autres champs de bataille. Jusque-là seuls les adultes étaient adoptables pour prolonger un nom ou garantir le maintien d’une fortune.Mais là encore, une question peut être un test éclairant : faut-il recourir autant qu’on veut le faire à l’adoption plénière qui efface l’histoire de l’enfant et le répute né dans sa famille d’adoption. Il faut un lien pérenne, mais pourquoi effacer l’histoire ? Chacun d’entre nous est un mille-feuilles : pourquoi vouloir nier l’origine de l’enfant et son passé.

Si on recourrait plus à l’adoption simple qui crée un lien de filiation sans pour autant effacer le lien précédent, on admettrait réellement l’enfant pour lui-même, et non pas pour remplacer l’enfant qu’on n’a pas pu avoir par ailleurs. Peut-être serait-on moins soupçonnés par des parents ou des Etats de vouloir s’approprier un enfant.

Pour être respecté dans ses désirs, il faut sans doute commencer par respecter l’autre dans ce qu’il ressent. Une dernière chose est sûre : l’adoption n’est pas qu’une démarche privée. Certes, pour certains, il y a un mystère de l’adoption : comment faire sien un enfant qu’on n‘a pas conçu ? C’est en tous cas l’histoire d’une rencontre qui souvent se déroule bien mais peut aussi mal se  terminer.  
Elle suppose des précautions prises pour l’enfant, pour sa famille naturelle mais aussi pour la famille d’accueil. Elle engage la responsabilité de la puissance publique. Elle peut aussi participer de la politique étrangère d’un Etat. Il est donc bien difficile, si on veut bien y regarder de près d’affirmer un droit à l’adoption. Si on ne l’a pas fait jusqu’ici ce n’est pas par hasard. Sur ce sujet, comme sur bien d’autres méfions-nous des discours incantatoires.



Source : Les droits des enfants vu par un juge des enfants, Jean-Pierre Rosenczveig

16/11/2007

«Les parents adoptifs sont un lobby puissant»

L'analyse de Marlène Hofstetter, responsable des adoptions pour la fondation Terre des hommes.


 
Le Temps: Hormis Haïti et le Guatemala, quels sont les trous noirs de l'adoption internationale?


 
Marlène Hofstetter: Le Népal, où le système est géré par les crèches qui envoient des rabatteurs dans les campagnes. La situation est devenue telle que le gouvernement a décidé de stopper toutes les adoptions au printemps dernier: 440 dossiers restent en suspens, entre la France, l'Espagne et l'Italie, et ces trois gouvernements font pression sur Katmandou pour régulariser la situation des enfants, sans demander d'enquête sur leur provenance. Le Cambodge, le Vietnam et la Russie sont d'autres pays où la situation est catastrophique. Ce sont tous des gouvernements qui n'ont pas ratifié la Convention de La Haye. En réalité, les problèmes surviennent lorsque les autorités n'interviennent pas dans la procédure. On ne vérifie pas l'adoptabilité des bébés alors que, dans la plupart des cas, ils proviennent de familles intactes.


 
- Vous évoquiez la pression des gouvernements occidentaux...


 
- Les parents adoptifs sont un lobby puissant et leurs pays ont le souci de leur procurer des gamins. La France, par exemple - comme la Suisse - autorise l'adoption privée, ce qui augmente les risques de dérives car il est alors très difficile de vérifier les procédures. L'Espagne et l'Italie, de leur côté, imposent une foule d'intermédiaires dans les pays, ce qui multiplie les dossiers de demande d'enfants. Et je ne vous parle même pas des Etats-Unis, qui n'ont pas ratifié la Convention de La Haye!  Les pays «fournisseurs» se retrouvent inondés de dossiers de parents alors qu'ils n'ont pas assez de bébés à proposer. C'est la porte ouverte à tous les abus.


 
- Qu'en est-il de la Suisse?


 
- La Suisse a une autorité centrale responsable de traiter avec les pays ayant ratifié la Convention de La Haye. On ne se soucie pas des autres alors que ce sont ceux qui posent problème! Tout le monde se renvoie la balle, de Berne aux cantons en passant par les ambassades. Cela dit, les ambassades sont dans l'embarras car elles interviennent en bout de course; le visa est la dernière étape de la procédure et il est difficile de le refuser quand les parents se présentent avec le bébé dans les bras. Il n'y a pas de lobby des adoptants en Suisse, ce qui n'empêche pas les autorités de vouloir couvrir la demande. 
 
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Adoption ou trafic d'enfants?


 
Certains pays constituent de véritables trous noirs en matière d'adoption internationale. Cas d'école à Haïti et au Guatemala.


 
 
L'affaire Arche de Zoé
 a réveillé les consciences, alerté l'opinion sur les dérives possibles en matière humanitaire et en termes d'adoption internationale. Si l'ONG continue à défendre sa bonne foi et assure qu'elle entendait tirer 103 gamins de la misère, elle aura permis à la communauté internationale de se pencher sur la manière dont ces enfants sont «échangés» d'un pays à un autre. Des milliers sont adoptés chaque année, souvent au mépris total des lois nationales et des traités internationaux. Achetés à leurs parents, empruntés contre la promesse de les ramener bientôt, volés. Ce trafic est notamment généré par l'absence de l'Etat dans les procédures d'adoption.


 
 
Convention de La Haye


 
Signée le 29 mai 1993, la Convention de La Haye vise à prévenir les enlèvements, la vente et la traite d'enfants. Le texte instaure une coopération entre les Etats contractants et définit les critères de l'adoption internationale. L'enfant, ainsi, ne doit plus avoir ses parents et toutes les solutions de prise en charge à l'intérieur de son pays d'origine doivent avoir été étudiées. 76 Etats l'ont ratifiée. 
 

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A Haïti, un système détenu par des crèches et des avocats sans scrupule
 
 
Neuf enfants adoptés sur dix ne sont pas orphelins.
 
 
«Horizon de l'espoir», «Cœur de lumière», «Coin des cieux»... Port-au-Prince compte officiellement une cinquantaine de crèches. En réalité beaucoup plus. Toutes proposent des enfants à l'adoption internationale. Les hôtels chics plantés sur les hauteurs de la capitale regorgent de familles fraîchement constituées. Là, une Française essaie de dérider un minuscule gamin, à côté un couple cajole avec ostentation son nouvel enfant. Quelque 2500 petits Haïtiens quittent l'île chaque année, la moitié à destination de l'Hexagone. Neuf sur dix ne sont pas orphelins mais confiés aux pouponnières par leur famille, en attendant des jours meilleurs et dans l'espoir de recevoir régulièrement de l'argent grâce à ce bébé placé à l'étranger. «Les avocats ou les responsables de crèche font signer une décharge aux parents biologiques, par laquelle ils acceptent de donner l'enfant à l'adoption. Mais la plupart sont analphabètes et ne savent pas à quoi ils s'engagent», dénonce Marlène Hofstetter, responsable des adoptions pour la fondation Terre des hommes et auteure d'un rapport sur l'adoption en Haïti.


 
Si nombre de crèches œuvrent officiellement pour «tirer les gamins de la misère», d'autres affichent clairement la couleur. Leurs sites internet étalent photos de marmots et grille tarifaire; les futurs parents n'ont plus qu'à choisir. Certaines vont jusqu'à racoler dans les villages lorsque la demande ne correspond pas aux petits qu'elles ont «en magasin».


 
Terre des hommes a décidé d'agir activement pour endiguer le phénomène. La semaine dernière, Marlène Hofstetter était à Port-au-Prince afin de proposer un projet de loi destiné à lutter contre le trafic d'enfants. Le texte, rédigé en collaboration avec les autorités, vise notamment à replacer l'Etat au cœur de la procédure. Les crèches, ainsi, sont invitées à signaler aux services sociaux l'arrivée d'un nouvel enfant dans les 24 heures. L'administration se charge alors d'enquêter et de déterminer si le bébé est adoptable.


 
L'adoption plénière est en outre imposée; le bambin coupe les liens officiels avec son Etat et sa famille d'origine, mais bénéficie des mêmes droits qu'un enfant biologique dans son nouveau pays (nationalité, assurance sociale...). «Cela permet d'éviter que les crèches ne fassent miroiter un futur revenu aux parents biologiques», argue Marlène Hofstetter. La pauvreté n'est d'ailleurs plus considérée comme une raison suffisante d'abandonner un nourrisson. Les dossiers de demande d'enfants, enfin, doivent être adressés par des intermédiaires agréés et non plus par des particuliers.


 
«Les crèches ont évidemment tiqué car on leur enlève le pain de la bouche, note la responsable du secteur adoption de Terre des hommes. Une adoption internationale rapporte aujourd'hui 15000 à 20000 dollars, ce ne sera plus possible avec cette nouvelle loi.» Le texte doit encore être approuvé par le parlement haïtien. Dès que le tiers de députés actuellement manquant aura regagné l'hémicycle...
 

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Des femmes enceintes pour vendre leurs bébés


 
Le Guatemala est le troisième pays au monde à fournir des enfants.


 
Des délais de procédure très courts, une juridiction inexistante et des bébés à la peau relativement claire, le Guatemala a tout pour attirer des Occidentaux pressés d'adopter. Près de 5000 enfants quittent la contrée chaque année, plaçant le pays au troisième rang des adoptions internationales derrière la Chine et la Russie, des Etats largement plus peuplés. L'offre, pourtant, est encore inférieure à la demande.


 
«Tout est bon pour trouver des bébés, note Claudia Rivera Meza, directrice au Guatemala de l'ONG Casa Alianza. Deux cent trente bébés ont été volés entre janvier et juin de cette année. Les avocats font également paraître des annonces dans les journaux du type: «Vous êtes jeune, enceinte, désespérée. Nous allons vous aider.» Ils s'en prennent à des femmes vulnérables et leur offrent 500 ou 1000 dollars contre un petit, ce qui permet de subvenir aux besoins de la famille pendant presque une année.» Les avocats, eux, toucheront entre 20000 et 30000 dollars par enfant. «A l'extrême, certaines tombent enceintes à la chaîne et vendent les nourrissons, c'est devenu leur moyen de subsistance, déplore Claudia Rivera Meza. Elles n'attendent même pas le terme de la grossesse pour accoucher mais demandent des césariennes à sept mois, histoire de ne pas perdre de temps sur le prochain enfant.» On les appelle les «vientres alquilados», les ventres loués.
 


La très grande majorité de ces bambins sont adoptés par des familles américaines. En 2006, 4750 petits Guatémaltèques ont été accueillis aux Etats-Unis, 24 en Grande-Bretagne, 17 en Israël, 9 en Italie et 6 en Espagne. La Suisse a interdit les adoptions dans ce pays. 97% des procédures sont réalisées par les avocats, sans contrôle des autorités. Il suffit qu'une femme se présente avec un nourrisson et signe un papier pour que les formalités soient lancées. «On ne sait pas si elle est vraiment la mère, on ne cherche pas à connaître ses motivations et on ne propose surtout pas de délai de réflexion», argue la directrice de Casa Alianza.


 
Le Guatemala a ratifié la Convention de La Haye le mois dernier. Le texte, paraphé en 1993, vise à «prévenir l'enlèvement, la vente ou la traite d'enfants». Il stipule notamment que l'adoption internationale doit être envisagée en dernier recours, si aucune solution n'a pu être trouvée dans le pays d'origine. «Les autorités doivent maintenant mettre les lois nationales à niveau, mais cela traîne car il y a beaucoup d'intérêts en jeu, souligne encore Claudia Rivera Meza. Certains sénateurs possèdent des agences d'adoption et l'administration est complètement corrompue.» La Convention devrait entrer en vigueur en avril. En attendant, les adoptions internationales redoublent: en ce moment 38 enfants quittent chaque jour le Guatemala pour les Etats-Unis.


 
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Adoption: un enfant pour des parents
 
 
Acte fort de L'Arche de Zoé : enlever 103 enfants au Tchad, dont seulement quelques orphelins, pour les faire accueillir par des familles françaises. Si l'ONG clame son innocence et sa bonne foi humanitaire, le monde entier s'est ému de méthodes si cavalières. En permanence, pourtant, des enfants sont pris à leur famille, ou vendus, pour être mis sur le marché de l'adoption internationale. A un bout de la chaîne, des parents indigents à qui des crèches et des avocats véreux font miroiter la perspective d'un revenu régulier; à l'autre bout, des parents plus riches et parfois prêts à tout pour obtenir un enfant. Entre les deux, des gouvernements tantôt inexistants, tantôt indolents, tantôt complices.


 
L'adoption a changé de visage. Conçue pour améliorer le quotidien des orphelins, elle s'est répandue lors de la Première Guerre mondiale. Le nombre d'enfants abandonnés a largement diminué avec la démocratisation de la contraception. Les familles désireuses d'accueillir un petit se sont tournées vers l'étranger, dans un but humanitaire affiché. Les ONG ont contribué à sensibiliser l'Occident au sort des enfants vivant dans des zones déshéritées ou en conflit.
 
Aujourd'hui, le nombre de «petits malheureux» disponibles pour l'adoption internationale ne cesse de diminuer. Les familles d'accueil, pourtant, sont de plus en plus nombreuses; l'enfant est devenu un droit, au même titre que le logement ou la dignité. Et l'on est passé de la recherche de parents pour un bébé à la quête d'un bébé pour des parents. Certains, ainsi, cautionnent - sans forcément s'en rendre compte - les méthodes d'avocats et d'«orphelinats» sans scrupule qui vendent les bambins comme d'autres les diamants et les armes. Toujours sous le couvert de l'humanitaire.

 

Source : Le Temps

14/11/2007

L'adoption n'est pas une action humanitaire

Titulaire d’un doctorat d’études arabes et islamiques de l’université de la Sorbonne, Mohamed Al-Haddad est maître de conférences à la faculté des lettres et sciences humaines de Tunis. Il est aussi chroniqueur à Tayyarat, le supplément politique du quotidien panarabe ­Al-Hayat, et est considéré comme l’un des meilleurs connaisseurs arabes de la vie politique française.


 
L’affaire de L’Arche de Zoé comporte bien des dimensions politiques. Le Tchad accuse cette association française d’avoir enlevé une centaine d’enfants dans le but de les transférer vers l’Europe. On dit qu’ils devaient être donnés à des familles européennes en quête d’adoption. Par cette affaire, le président du Tchad, Idriss Déby, prend en quelque sorte sa revanche sur la France, qui l’a contraint à accepter la présence de 4 000 soldats étrangers sur son territoire, dans le cadre d’une force internationale qui sera déployée prochainement à la frontière avec le Darfour.



Aujourd’hui, certains indices montrent qu’un commerce est en train de se développer autour des enfants pauvres d’Afrique et d’Asie. Parallèlement, dans les pays riches s’expriment des désirs de paternité et de maternité que chiens et chats ne suffisent plus à combler. Cela concerne des milliers de gens qui avaient voué aux gémonies les valeurs familiales et le mariage dans leur jeunesse, mais qui ont vieilli et commencent à se sentir seuls. Il y a aussi les couples qui n’arrivent pas à procréer pour des raisons médicales. Et puis les couples homosexuels. Pour tous ceux-là, l’adoption est le seul moyen d’avoir un enfant. Quand un produit est très demandé, l’offre suit toujours. Et ce produit, ce sont les enfants du tiers-monde. Les motivations ne sont pas toujours infâmes ; elles sont le plus souvent innocentes, voire philanthropiques.


 
Pourquoi les riches ne s’occuperaient-ils pas des pauvres ? Alors, on interdit l’immigration aux pauvres, mais on l‘autorise à leurs enfants ? Mais, pour décider si un enfant peut être adopté, on ne peut pas appliquer les mêmes critères en Occident et dans le tiers-monde. En Occident, la famille est “nucléaire” ; la condition pour qu’un enfant devienne “adoptable” est donc l’absence de son père et de sa mère. Dans de nombreux pays africains, en revanche, la famille est “élargie”, c’est-à-dire qu’elle englobe également les grands-parents et les oncles maternels et paternels : tous sont solidaires pour s’occuper de l’enfant.



Les registres d’état civil, dans de nombreux pays du tiers-monde, souffrent des guerres, de la corruption ou de lacunes administratives. C’est pour cela que la France va imposer le test ADN comme moyen pour contrôler la véracité des actes d’état civil. Si l’on accorde si peu de crédit aux documents officiels de ces pays, pourquoi alors accorder foi à des attestations d’orphelinat ? Et puis, pourquoi le marché mondial de l’adoption ne fonctionne-t-il que dans un sens ? Un Africain ou un Asiatique, fût-il riche, ne pourra jamais adopter un enfant européen ou américain, fût-il orphelin. Quelle peut être la crédibilité des organismes?d’adoption après le scandale de L’Arche de Zoé, sachant que ces organismes se font payer par les demandeurs d’adoption au titre de dédommagements et de défraiements ?



Le mélange entre adoption et action humanitaire pose en effet problème. L’adoption ne relève pas forcément de l’humanitaire. Il existe souvent d’autres solutions pour aider les enfants sur place. Le travail humanitaire doit être un sacrifice, l’adoption n’en est pas un : elle correspond à la volonté de satisfaire un besoin. Autrefois, les pauvres vendaient leurs enfants pour payer leurs dettes. En Europe et dans l’Empire ottoman, on enlevait les enfants des populations soumises. Il n’est pas acceptable que la piraterie d’enfants redevienne d’actualité et il faut espérer que ce scandale déclenchera une réflexion sérieuse. Que les instances internationales et organisations des droits de l’homme prennent leurs responsabilités et endiguent le retour de toutes sortes de traites humaines que l’on croyait appartenir au passé.



Source : Courrier International
 

08/11/2007

Tu veux du poisson ou un enfant?


 
Les professionnels de l'humanitaire mesurent les dégâts causés par l'opération commando de L'Arche de Zoé: des années d'efforts dans le sens de la rigueur éthique décrédibilisées. Réactions en Suisse. 
 
  
 
  
C'était il y a quelques jours à Nouakchott, la capitale de la Mauritanie. Bernard Boëton, le responsable du secteur droits de l'enfant à Terre des hommes (Tdh), se promenait sur le port après une journée de travail à la mission. Il raconte: «Un pêcheur m'a montré ses poissons espérant m'en vendre un ou deux et puis, tout à coup, il a attrapé un gamin et il a ironisé: vous êtes peut-être venu chercher un enfant mauritanien?» Choc, stupeur et fin de la balade. «C'est là que j'ai vraiment mesuré les dégâts causés par l'affaire de L'Arche de Zoé, dit-il. Dans la plupart des pays d'Afrique, le chef de l'Etat est le père de la nation. Ce qu'il dit est vérité. Quand le président tchadien Idriss Déby parle de pédophilie ou de trafic d'organes, le peuple y croit. Cela va être extrêmement dur à récupérer. Vouloir par exemple ouvrir maintenant un programme de soutien aux enfants des rues revient à remonter aussitôt dans l'avion. Quarante années de travail humanitaire ont été en partie décrédibilisées par la faute d'un commando de sapeurs-pompiers.»

 

Bernard Boëton ne pardonne pas les mensonges de l'association L'Arche de Zoé qui a tenté de faire sortir du Tchad 103 enfants en toute illégalité. Terre des hommes travaille dans les camps au Darfour ouest depuis trois ans. Les expatriés ont vu arriver Eric Breteau, le directeur de LArche de Zoé, «circulant entre les camps»: «Il s'est probablement vite rendu compte qu'il était difficile de prendre comme ça un enfant du côté soudanais, relate Bernard Boëton. Alors il est allé du côté tchadien parce qu'en France 300 familles qui avaient versé de l'argent attendaient. Il s'est mis lui-même dans une logique infernale.»

 

«Seul contre tous», fanfaronnait Eric Breteau en reprenant un discours connu affirmant que rien n'est fait sur place pour sauver les enfants du Darfour. «Faux, s'insurge-t-on à Tdh. Treize mille acteurs humanitaires sont sur place, c'est l'une des plus grosses opérations de secours jamais menée.» «Je suis furieux, confie Bernard Boëton. Ces vingt dernières années, on a su surmonter nos erreurs, nos carences, nos perversions, nos échecs. L'humanitaire s'est professionnalisé, a intégré les lois internationales et les applique. On croyait s'être mis ensemble à l'abri d'erreurs éthiques, mais une bande d'amateurs se comportant comme des néo-colonialistes a prouvé le contraire.»

 

Un vrai gâchis. Les donateurs pourraient perdre confiance. Sur le terrain, il faudra à nouveau expliquer, convaincre. Un enfant doit toujours être toujours considéré, parmi les réfugiés, comme «peut-être orphelin». «Là-bas, il y a toujours un parent, on peut le trouver dans la minute ou cinq ans plus tard», dit Bernard Boëton. Chez Terre des hommes, on se souvient de l'année 1997, la sale affaire de pédophilie impliquant un expatrié en Ethiopie. «On a cherché la faille, on en a tiré les leçons et on a rédigé un code de conduite appliqué dans toute la maison et pour toutes les ONG partenaires.» Le texte fait aujourd'hui référence dans le monde humanitaire et au-delà. Par exemple, un policier lausannois parti en Afrique former des collègues vient de le parapher.

 

«Et les 103 enfants dans tout cela? Que deviennent-ils? Je suis surprise d'en entendre si peu parler», s'inquiète la psychothérapeute Christine Piffaretti qui dirige l'Espace Adoption à Genève. L'association, qui évalue chaque année une cinquantaine de couples candidats à l'adoption (il y a 500 adoptions annuelles en Suisse), qualifie d'«horreur» l'affaire de L'Arche de Zoé: «Elle va faire mal aux gens concernés comme les adoptants. Il est donc essentiel de ne pas faire l'amalgame entre parents adoptifs et trafiquants d'enfants. De plus, sortir un enfant d'un conflit, fût-il orphelin, et le précipiter dans une famille occidentale représente un traumatisme potentiel.» Les professionnels de l'adoption rappellent que l'on ne devient pas parent adoptif en une heure mais qu'il s'agit d'un processus long. «Le désir d'enfant n'est pas le droit à l'enfant, ajoute Christine Piffaretti, citant Simone Veil. Nous, on fait un travail de fourmi, on accompagne des gens qui ne savent pas où ils vont, on les éclaire, c'est un sacré cheminement. Est-on prêt par exemple à ouvrir son cœur et sa vie à un enfant qui n'est pas celui dont on rêvait, qui n'a pas l'âge ou le sexe souhaité, qui est peut-être malade ou handicapé?»

 

Rien ne prouve que l'avenir de ces enfants soit dans nos pays, souligne par ailleurs Espace Adoption, qui rappelle que l'enfant qui ne peut pas être réintégré dans sa famille d'origine a le droit d'être adopté de préférence dans son pays d'origine. «La prévention de l'abandon, la réintégration familiale des enfants placés, le parrainage ont priorité par rapport à l'adoption», relève la psychothérapeute.

 

La pédiatre Geneviève André, responsable de la mission Adoption au sein de Médecins du monde, abonde dans le même sens: «L'adoption internationale n'est pas liée à l'urgence et elle doit rester la dernière alternative. La priorité est de laisser au maximum l'enfant dans son milieu, dans sa famille élargie. Il reste que, devant l'explosion des demandes des pays d'accueil et la diminution des offres dans les pays d'origine, les risques de dérive sont importants. Il faut exclure ce qui se réalise dans le non-droit, même au nom des bons sentiments.»

 

Source : Le Temps

 

07/11/2007

Darfour : parrainer plutôt qu’adopter

ca9caed2078c8d19cbba89055cc3469a.jpgPar Vanessa Voleau, membre de l’ONG Intervida.


Nous avons tous découvert avec stupéfaction la tentative d’évacuation de 103 orphelins du Darfour par l’association l’Arche de Zoé et l’arrestation des organisateurs de cette expédition. Malgré la forte médiatisation de cette affaire, toute la lumière reste à faire sur son déroulement.

 

Cependant, nous nous interrogeons sur les motivations qui ont incité ses bénévoles à faire fuir des enfants victimes de la guerre, alors que ces derniers sont dépourvus de toute faculté de jugement et de choix face à leur avenir.

 

En visitant le site web de cette association, nous pouvons deviner une équipe engagée, prête à braver le droit international pour sauver des vies. Mais il y a des maux qui ne guériront jamais sur des coups de tête, passionnels, irresponsables et peu soucieux de donner l’exemple.

 

Comme l’indique la déclaration des droits de l’enfant des Nations unies : «L’enfant ne doit pas être soumis à la traite, sous quelque forme que ce soit, et doit être élevé dans un esprit de compréhension, de tolérance, […] dans le sentiment qu’il lui appartient de consacrer son énergie et ses talents au service de ses semblables.»

 

Il est totalement légitime de vouloir aider les populations en difficulté, mais les actes passionnels ne résoudront jamais des crises qui nécessitent la pratique de la raison et du bon sens.

 

Tout d’abord, cette action déraisonnable n’a fait qu’aggraver la terreur ressentie par ces enfants : déracinés, traqués, montrés du doigt, ils sont encore plus désemparés aujourd’hui.

 

Des millions d’enfants dans le monde sont menacés par une mort certaine. Non seulement à cause de la guerre, mais aussi en raison de l’insécurité alimentaire et sanitaire dans laquelle ils grandissent. De nombreuses ONG ont compris que pour sauver des vies, il est plus utile d’agir sur le terrain, auprès des communautés concernées par la misère, en leur offrant les outils nécessaires à leur développement. Il faut combattre le mal à la racine.

 

Ce n’est pas en s’appropriant la vie de ces enfants que la situation du Darfour changera. Qu’en est-il de ceux qui resteront sur place, livrés à leur propre sort ?

 

Nous pouvons parler ici d’inégalités et de sélection arbitraire. Et c’est pourquoi la communauté internationale doit poursuivre ses efforts de sensibilisation, de négociation, voire engager des sanctions pour parvenir à une solution au Darfour.

 

Les enfants sont l’avenir de leur pays. Ce n’est pas en les déracinant que l’on pourra aider ces nations, en proie à la violence et à la misère, à se développer dans le respect de la dignité humaine. C’est avant tout grâce à l’éducation et à un environnement sain qu’un avenir plus serein et pacifique pourra se dessiner.

 

Intervida, ONG spécialisée dans le parrainage d’enfants, affirme que l’adoption n’est pas la solution. L’enfant parrainé dans son pays d’origine devient l’ambassadeur de sa communauté qui pourra ainsi acquérir son autonomie économique et sociale et participer au développement de sa nation. Pour aider des enfants menacés d’une mort certaine, nous devons réaliser un travail global, mené sur plusieurs fronts : la santé, l’éducation, la sécurité alimentaire, la participation civile et le développement communautaire.

 

Certes, ce travail de longue haleine demande une intervention dans chaque communauté sur une période de dix à trente ans, mais permet, à terme, d’obtenir des résultats pérennes.

 

Source : Libération 

09:40 Écrit par collectif a & a dans Trafic d'enfants | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Arche de Zoé, ONG, parrainage | |  del.icio.us

02/11/2007

Le Congo suspend les adoptions internationales

Le gouvernement entend également vérifier la situation de 17 enfants congolais récemment adoptés par des familles espagnoles.



Le ministre congolais de la justice Me Emmanuel Aimé Yoka a annoncé jeudi 1er novembre la suspension des procédures d'adoptions internationales d'enfants au Congo. Cette décision intervient alors que des membres de l'association l'Arche de Zoé sont actuellement retenus au Tchad, accusés d'avoir tenté d'enlever des enfants pour les emmener en France: "Le cas de l'Arche de Zoé, actuellement poursuivie pour trafic d'enfants tchadiens, nous interpellent tous. Ce qui est arrive au Tchad peut également arriver dans d'autres États africains", a mis en garde Loamba Moké.
 

Prévenir le trafic d'enfants



"Cette affaire est une véritable coïncidence car elle intervient quelques jours seulement après l'adoption de 17 enfants congolais par des familles espagnoles", a ajouté le ministre, précisant que des démarches officielles allaient être entreprises par le Congo afin de vérifier la situation de ces enfants actuellement établis en Espagne.

Déjà en août dernier l'Association des droits de l'homme et de l'univers carcéral (ADHUC), avait mis en garde les autorités congolaises contre un  réseau de trafic d'enfants vers l'Europe, organisé par l'ONG espagnole ADIC (Association pour l'adoption des enfants congolais).

Cette décision satisfait le président de l'ADHUC, Loamba Moké, qui demande au gouvernement de "s'impliquer désormais sur la situation en prenant des mesures pratiques de lutte contre ce fléau".

Il a également mis en cause des magistrats, qui représentent ces ONG: "L'ADIC par exemple est représentée au Congo par trois magistrats. Dans ces conditions, on comprend aisément la facilité avec laquelle ces procédures d'adoption aboutissent", affirme-t-il, jugeant que "la présence des magistrats dans ces réseaux rend ainsi difficile la lutte contre le trafic illicite des enfants".


Risque d'amalgame


Alors que les procédures d'adoption d'enfants étrangers relèvent déjà du parcours du combattant pour les familles françaises, Marie-Claude Arnauld, vice-présidente de l'association "Enfance et famille d'adoption" chargée de l'adoption internationale, déplore "l'amalgame" de cette décision, jugeant cela "très triste parce que ça va rendre l'adoption dans certains pays difficile, voire impossible dans certains cas".

Selon Marie-Claude Arnauld, en 2006, 20 enfants ont été adoptés par des familles françaises au Congo-Brazzaville, contre 44 en 2005. "Pour ces familles, ca va être la catastrophe, pour plusieurs raisons", a-t-elle noté. "Ces familles connaissent déjà l'enfant, ont sa photo, des détails sur lui. Pour ces familles ça va être dramatique".

"Tant que cette affaire n'est pas éclaircie, certains pays vont être un peu plus frileux pour ne pas être taxés de laxisme", conclue la vice-présidente. (AP)



Source : Nouvel Observateur