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28/02/2008

Dire la vérité sur l’adoption

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Via [Les droits des enfants vus par un juge des enfants], le blog de Jean-Pierre Rosenczveig.



"Le nombre d’adoptions d’enfants étrangers par des français a donc de nouveau baissé en 2007.
3 162 pour 4 136 en 2006. Elles étaient de 6 000 voici encore quelques années. On se souvient que déjà M. Raffarin, alors premier ministre, avait émis un peu inconsidérément le projet de doubler les adoptions transnationales.



Apparemment la nouvelle Agence Française pour l’Adoption n’atteint pas les objectifs assignés. Le pourra-t-elle jamais et même, osons poser la question, est-ce dramatique qu’elle n’y parvienne jamais ?




Avec lucidité Mme de Choiseul, sa directrice générale, observe que les pays d’origine des enfants sans parents conditionnent désormais l’octroi d’autorisations pour adopter à la mise en œuvre de programmes sociaux sur place avec l’aide des pays qui entendent faciliter l’addition par leurs ressortissants. La France ne serait pas bien organisée pour développer cette démarche d’un nouveau style.



Il y a surtout le fait que nombre de pays ayant ratifié la convention de la Haye de 1993 sur l’adoption internationale avec le souci de ne plus être confrontés à des trafics d’enfants, les conditions sont devenues plus strictes pour adopter. Surtout ces Etats ont alors l’obligation de privilégier l’accueil des enfants adoptables par des compatriotes afin de ne pas les déraciner.



Qui n’adhérerait pas à un tel projet dès lors que dans ces pays il y a effectivement des familles susceptibles de s’ouvrir à ces enfants ? Apparemment de plus en plus dans les pays où nombre d’enfants étaient adoptables par des étrangers émerge une classe moyenne qui s’engage dans l’adoption. Marie-Christine Le Boursicot, membre du Conseil supérieur de l’adoption, cite ainsi le cas de la Chine qui en 2000 avait accepté 15 000 adoptions par des étrangers mais où en 2007 l’adoption nationale l’a emporté sur l’adoption transnationale. D’ailleurs, dans ce contexte où la demande intérieure se developpe, la même Chine n’hésite plus à poser de sérieuses conditions de ressources pour délivrer un visa à des étrangers candidats à l’adoption.



Disons le tout net on ne peut que se réjouir de ce que moins d’enfants aient aujourd’hui besoin d’être adoptés en dehors de leur pays. Globalement on doit y voir un signe positif de l’évolution sociale.



La France a été confrontée à cette situation : en 1900, pour environ 22 millions d’habitants, 150 000 enfants étaient pupilles de l’Etat ; aujourd’hui avec 64 millions nous n’avons que 3 300 pupilles. Les explications sont simples : une meilleure maîtrise de la contraception, un meilleur statut de la femme célibataire, des politiques sociales, tout contribue à ce que plus souvent que parle passé les enfants sont désirés et bien accueillis donc moins souvent abandonnés.



Comment ne pas souhaiter que ce que notre pays a connu, d’autres le connaissent pleinement ?



La chute du nombre d’enfants abandonnés n’est finalement que le révélateur d’une amélioration du niveau de vie d’un pays et de ses populations les plus fragiles.



Bien évidemment en avançant ces constats on ne peut pas ne pas prendre en compte la souffrance de ceux qui, ici ou dans d’autres pays où peu d’enfants sont adoptables, entendent être parents. On sait qu’il y a un acharnement procréatique. Il y a aussi un acharnement adoptif. Il n’est pas difficile d’imaginer que certains sont prêts à beaucoup donner pour adopter; d’autres sont prêts à profiter de cette pénurie en internet et de ces difficultés en externe pour faire miroiter un venir plein d’espoir et de joie.



La difficulté sur ce sujet est bien qu’on est confronté à l’irrationnel. Ceux qui entendent s’ouvrir à un enfant pour se réaliser sont quasiment dans l’impossibilité d’entendre que l’exercice devient quasiment impossible, en tous cas très difficile. D’autant qu’à leur yeux, il y a tant d’enfants au monde qui souffrent et ne souffriraient pas avec eux! Ces enfants sont-ils pour autant adoptables ? Dans le 93, on dit communément que  quelques 5000 enfants sont sans domicile; admettrait-on aisément que des Chinois ou des Burkinabe débarquent à Roissy pour les adopter?



Il faut ici éviter la démagogie et les faux espoirs. L’un comme l’autre sont redoutables et font très mal. Les pouvoirs publics doivent tenir un langage de vérité. Il sera ici intéressant de connaitre les conclusions de la mission confiée à J.-M. Colombani et le relais qui lui sera donné par le gouvernement.



Les médias ont leur part de responsabilité quand ils ont une approche compassionnelle du sujet sans en restituer les termes exacts. On doit se réjouir de la chute de l’adoption internationale si on se positionne du côté des enfants et non pas présenter la chose comme une catastrophe nationale.



Il faut rappeler que l’adoption est un droit pour l’enfant, mais une possibilité pour eux qui entendent accueillir un enfant. Comment pourrait-il en être autrement ?"

27/02/2008

Adoptions en Europe : à quel prix ?

143181288.jpg- "Terre des hommes" pointe les lacunes législatives des pays d'accueil.
- L'organisation fustige en particulier l'adoption privée.
- "Souvent, les parents ne sont pas conscients qu'ils sont piégés dans des situations de trafic d'enfants."


C'est l'histoire d'une Française, qui s'est directement adressée à un orphelinat à Katmandou pour adopter un petit Népalais. Moyennant 3 000 dollars, on lui a envoyé la photo de l'enfant promis. Sans même vérifier si elle avait obtenu l'agrément des autorités françaises. Sans même donner de garanties d'adoptabilité de l'enfant.

 

"Au Népal, ils sont spécialistes. On déclare un enfant trouvé, avec rapport de police, alors qu'il a toute sa famille. On lui vole son identité" , explique Marlène Hofstetter, responsable du dossier "Adoption internationale" à la Fondation "Terre des hommes"

 

L'organisation, qui vient de publier un rapport "Pour une responsabilité éthique des pays d'accueil dans l'adoption internationale", fustige précisément l'adoption privée, telle qu'elle est encore pratiquée en France, en Espagne ou en Suisse - mais plus en Belgique, sans le recours à un organisme agréé d'adoption.

 

"Les pires abus"

 

Elle s'inquiète plus encore lorsque des parents partent à la recherche d'un gamin, sur Internet par exemple, dans des pays qui n'ont pas ratifié la Convention de La Haye réglementant l'adoption entre pays depuis 1993. "Des couples travaillent à l'étranger ou ont des contacts avec ces Etats, et nous n'avons pas voulu faire d'exclusion", justifie Wolfgang Meincke, responsable du placement des enfants au ministère allemand de la Famille. "Mais nous n'avions pas, en 2001, évalué les risques de l'adoption privée", reconnaît-il.

 

"Ce type de procédure est le lieu potentiel des pires abus de l'adoption internationale : sélection des enfants par les candidats adoptants, pressions sur les parents d'origine, corruption, faux documents, illégalités procédurales, enlèvements d'enfants", égrènent les auteurs du rapport intitulé "Adoption : à quel prix ?" et présenté hier à Bruxelles. Or, en France et en Suisse, deux tiers des adoptions internationales passent par cette filière. "Et souvent, les parents ne sont pas conscients qu'ils sont piégés dans des situations très complexes de trafic d'enfants", précise Marlène Hofstetter. Les lacunes législatives des pays d'accueil sont considérées comme des facteurs favorisant la corruption, la pression et l'illégalité.

 

"Par la pression sur les pays d'origine que représentent des centaines, voire des milliers d'adoptants individuels insistant auprès des mêmes autorités surchargées, l'adoption privée constitue en outre un frein essentiel au développement d'une adoption internationale centrée sur les enfants et non les adultes", remarque "Terre des hommes". "Notre but est de donner une famille à un enfant et non un enfant à une famille", se défend Richard Bos, secrétaire général de l'Autorité centrale en France, très critiquée par l'organisation.

 

L'un des problèmes fondamentaux, c'est que, contrairement aux idées reçues, la demande dépasse l'offre. En Belgique, citée en exemple par "Terre des hommes", on informe les parents que l'environnement international est fait de "possibilités décroissante et de concurrence croissante", indique Didier Dehou, directeur de l'Autorité centrale communautaire française. "Nous savons pertinemment que la demande croissante ne sera peut-être pas rencontrée."


Sources : Communiqué TDHChild Rights Information Network, La Libre Belgique

 

- Adoption: at what cost?
For an ethical responsibility of receiving countries in intercountry adoption
Isabelle Lammerant, Marlène Hofstetter, Terre des hommes

 

- Playing both side of the fence ?
United Adoptees International News

 

- International adoption, the global baby chace
Marlene Hofstetter, Terre des hommes, Lausanne, septembre 2003.

 

26/02/2008

Joint declaration on intercountry adoption

Via  [Pound Pup Legacy] , an informational resource from and for adults who advocate the needs of abused, abandoned, betrayed, neglected, and sometimes trafficked children, as seen through the eyes of adopted and fostered people.  



Last night I listened to the attached audio file, a press conference held by Maud de Boer-Buquicchio, Claire Gibault and Francois de Combret. Maud de Boer-Buquicchio, I don't know much about, but the other two names certainly rang a bell, having read Romania for Export Only .



After a brief introduction Maud de Boer-Buquicchio takes stage and without any back-up information dishes platitudes as "the child's best interest", "abandoned children in the streets of Romania" after which she lists a set of proposals to change European adoption policies.



Then Claire Gibault takes the stand and in a very confusing speech she tells about the many teen-agers in residential care, who desperately need a family before they age out of the system, hence promoting international adoption. This is a very peculiar twisting of facts. Most international adoptions pertain infants, not teen-agers, so opening up Romania for international adoption is not going to help this group at all and probably wouldn't benefit them at all when they were. What is the point in moving 14-15 year olds to another country, where they don't speak the language and as a result of that won't fit within the educational system.



I read Mrs. Gibault's words as an emotional appeal, to cover up the real agenda, opening up Romania for international adoption of infants. That was very well made clear by Mr. de Combret, who's self-congratulatory speech was a vile attempt to claim Romania's choice to close it's borders for international adoption was a mistake, of which thousands of children suffer today.



None of the contributers to this press conference mentioned the situation in Romania before the moratorium. They simply state the fact the moratorium was wrong and now European law has to change to force Romania to comply to their motivations for adoption legislation.



At the end of the press-conference some questions are asked. None of the pertaining to the real issue at hand, but instead on issues such as gay-couple adoption, which was briefly mentioned. The final question though related to one of the points Mrs. de Boer had presented: consent to adoption for children 14 years and older. When asked why 14? She said it was arbitrary such as any age in law is and when asked if that was based upon scientific study, she stammered that it was some average. An average of what? The average of the weight of a pack of cigarettes, the circumference of a bicycle tire and the air pressure around the Azores?



Clearly Mrs. de Boer shows no sign of knowing what she was talking about. The other two certainly do, but their two-faced attitude prevents them from telling what their real agenda is.



The joint declaration related to this press conference can be found here.

 

A critical expose of the press conference can be found on Brian Douglas' excellent blog All Children have Rights.

 

Source : Pound Pup Legacy

Read more

->  The European Lobby exposed. Roelie Post.
->  In reply to Mrs Maud de Boer-Buquicchio. All children have rights.

16/02/2008

United Adoptees International en ligne !

04fd4ebaed96dc968a00106bbb979b74.jpg[Via Roelie Post]

 

Après "La Voix des adoptés", voici maintenant "United Adoptees International": une organisation internationale dirigée et gérée par des personnes adoptées. Provenant surtout des Pays-Bas, ils recoivent beaucoup d'aide et  soutien de toutes sortes de personnes adoptées et d'organisations du monde entier.

 

L'UAI veut initier un très large dialogue et participer activement aux questions et problèmes concernant l'adoption et ce sur les thèmes du développement social, politique et culturel.

 

Si nécessaire l'UAI veut aussi renforcer son influence sur (l'adoption), la société, là où les droits, la vie des adoptés et des enfants sont mis en danger. Depuis quelques années, UAI est devenu un important leader d'opinion aux Pays-Bas et à l'étranger dans le domaine de l’adoption transnationale.

 

L'UAI est maintenant en ligne :

- Le blog de UAI
- News Blog de UAI

15/02/2008

Petales s’ouvre à Victoriaville. Pour ces enfants «handicapés du cœur»

Petales Québec, joli acronyme pour évoquer les Parents d’enfants présentant des troubles de l’attachement, ligue d’entraide et de soutien, s’implantera à Victoriaville. Il s’agit du premier bureau qu’ouvre l’association en région, elle qui n’est actuellement présente qu’à Montréal et à Québec.


Deux mamans d’ici, Danielle Perreault et Julie Morneau, ayant toutes deux eu besoin de l’association pour leurs fillettes adoptives, travaillent activement à rendre ses services accessibles aux parents des Bois-Francs.

 

L’assemblée de fondation du bureau victoriavillois a lieu le samedi 1er mars à 13 heures, à la Maison des familles située au 86, rue St-Paul à Victoriaville.

 

La présidente de Petales Québec, Danielle Marchand, participera à cette rencontre pour expliquer la mission de cet organisme que des parents québécois ont importé de Belgique où il avait été créé en 2001.


 
«Handicapés du cœur»

 

On y parlera bien sûr des enfants présentant des troubles de l’attachement, de ces petits «handicapés du cœur» comme les désigne Petales.
Plus ou moins sévères, se manifestant de diverses manières, les troubles de l’attachement surviennent en raison d’une ou de coupures du lien affectif du bébé avec ses parents, avec sa maman surtout, dit-on.

 

Diverses circonstances peuvent rompre ces précieux liens affectifs. Un bébé séparé de sa mère parce que né prématurément, un accident, une maladie, une dépression post-partum, un traumatisme, de la négligence, un abandon, tout cela risque de fragiliser, voire de détruire ces liens d’attachement dont l'enfant a besoin pour construire ses relations au monde.

 

Et ces mauvais départs dans la vie ont des conséquences plus ou moins graves sur l’enfant, allant jusqu’à des troubles sévères parfois irréversibles. Les troubles de l’attachement peuvent aussi induire des difficultés d’apprentissage et de comportement. Toute la famille et l’environnement de l’enfant (garderie, école) en sont évidemment affectés.

 

Danielle et Julie racontent comment elles ont découvert que leurs petites filles, l’une originaire d’Haïti, l’autre de la Chine, étaient affligées de ce genre de troubles, de ce «bobo au cœur», comme elles disent.

 

Un sujet tabou

 

Les enfants adoptés sont plus à risques de développer des troubles de l’attachement, expliquent-elles. Ça a été le cas de la deuxième fille adoptive de Julie, la première, une autre petite Chinoise, pourtant adoptée elle aussi, n'a pas développé ce genre de problèmes.
«Elle se débattait quand on voulait lui donner son biberon, elle avait des terreurs nocturnes. Plus tard, elle voulait tout faire toute seule, elle n’avait qu’une relation «utilitaire» avec moi. Elle ne me faisait pas confiance», se rappelle Julie.

 

Danielle était déjà la mère biologique d’un petit garçon avant d’adopter sa fillette. Bien sûr, elle se rappelle l’air effrayé du bébé quatre mois et demi qu’elle tenait sur elle dans l’avion l’amenant d’Haïti. Pendant de longs mois, Danielle s’est inquiétée du comportement étrange de sa fille, allant jusqu'à douter de ses capacités d’être mère. «J’étais déboussolée, je ne sentais pas que j’étais pour elle sa mère à 100%. Je ne sentais aucun investissement affectif de sa part. Un jour, alors que je la tenais et que je pleurais, ce qui aurait fait craquer mon garçon, elle m’a regardée, et sans aucune émotion, m’a tapoté l’épaule en me disant «Pauvre p’tite maman!»»

 

Danielle et Julie ont frappé à bien des portes afin de trouver de l’aide…

 

Mais, disent-elles, il n’y a pas vraiment ici de services spécialisés pour ce genre de troubles. Même que, ajoutent-elles, les troubles de l’attachement auxquels se confrontent des parents adoptants ou même des parents biologiques sont encore mal perçus.

 

«Il y a d’ailleurs un tabou autour de ces problèmes. Les troubles d’attachement sont perçus comme des échecs dont on préfère ne pas parler. Et puis, bien des parents craignent d'être jugés», dit Julie.

 

Un groupe de soutien

 

Depuis un an, toutes deux font partie du groupe de soutien né sous l’aile de l’association Parents-ressources des Bois-Francs à la suite de la conférence de la travailleuse sociale Joanne Lemieux, spécialiste au Québec en adoption internationale.
Et c’est au cours des discussions entre parents, notamment sur la question des troubles de l’attachement qu’on a cru bon démarrer ici l’association Petales Québec.

 

La ligue s’ouvre tout autant aux parents adoptants qu’aux parents biologiques, aux parents qui se questionnent, aux grands-parents qui veulent comprendre, aux familles d’accueil, aux éducatrices en garderie et en milieu scolaire, aux professionnels de la santé, enfin à tous ceux qui vivent ou travaillent avec des enfants ayant des troubles de l’attachement.

 

L’association offre une diversité d’activités : des rencontres d’échanges et de soutien, des ateliers de formation, des conférences, de l’accompagnement aux parents cherchant de l’aide dans les milieux scolaires ou de santé, même une ligne d’écoute et d’information. «Parce que les troubles de l’attachement sont bien mal connus, le monde scolaire, entre autres, n’a pas vraiment développé de plans d’intervention pour ces enfants souvent inquiets et anxieux», précise Julie.

 

«Si la rentrée scolaire est parfois difficile, elle peut rendre complètement dysfonctionnel un enfant qui a des troubles d’attachement», ajoute Danielle.

 

Petales cherche, par ailleurs, à développer des services cliniques, à prévenir les troubles. Elle se présente aussi comme un groupe de pression. «Chez Petales, on offre du soutien et des références, parce que nous ne sommes pas des thérapeutes», précise Julie.

 

Une fois que la section victoriavilloise aura été créée, les deux mamans veulent aller à la rencontre de l'équipe de base en santé mentale jeunesse pour faire connaître Petales. «On se réjouit d'ailleurs de la création de cette équipe», souligne Julie

 

La ligne d’écoute, ce sont Danielle (819 758-1737) et Julie (819 357-4838) qui ont accepté de la tenir. Il faudrait d’ailleurs communiquer avec elles avant le 25 février si l’on veut participer à l’assemblée de fondation du bureau victoriavillois de Petales. On peut aussi se renseigner sur l’organisme au http://www.petalesquebec.org/.

 


Source : La Nouvelle Union

13/02/2008

Internationale adopties: hulp of handel ?

f8e45e6b489a09a158e319c0fc9c73d3.jpg'India eist gestolen adoptiekind uit Nederland terug'. 'Nederlands stel in Sri Lanka vast voor illegale adoptie'. De schandalen zijn niet van de lucht en de kritiek op internationale adopties - ja, ook op Madonna en Angelina - groeit. Wat is er aan de hand?

 

Hij woonde al zeven jaar bij zijn adoptieouders in Nederland toen ineens zijn biologische moeder in India zich meldde. De negenjarige Rahul werd onlangs wereldnieuws. De jongen is destijds helemaal niet vrijwillig afgestaan, meldde zijn moeder, maar 's nachts gestolen uit zijn bedje.
Het verhaal van Rahul is niet het enige adoptieschandaal van de afgelopen tijd. Een Nederlands stel kwam vorige zomer vast te zitten in Sri Lanka omdat het een baby illegaal het land uit probeerde te krijgen. En afgelopen oktober werd de wereld opgeschrikt door beelden van honderden zogenaamde weeskinderen uit Darfur, die op het punt stonden om door een Franse hulporganisatie het land uit te worden gehaald. Nog een schokkend feit? In Guatemala wordt één op de honderd baby's speciaal gebaard voor de export naar voornamelijk de VS. De moeders krijgen 600 tot 1600 dollar per kind, adoptieouders betalen rond de 30.000 dollar voor een baby. Het verschil verdwijnt in de zakken van advocaten, babymakelaars en directeurten van kindertehuizen.
Reden van adoptiemisstanden: de vraag naar adoptiekinderen overstijgt het aanbod, dus alle kinderen zijn welkom. Volgens Unicef staan er wereldwijd vijftig potentiële adoptieouders in de rij voor elk adoptiekind.

 

Lees verder : Marie Claire

Bron: Adoptie Trefpunt

English : International adoptions : aid or trade ?

12/02/2008

Pratiques douteuses d’adoption d’enfants

Une question parlementaire de Madame la députée Nancy Arendt à Madame la Ministre de la Famille et de l’Intégration et à Monsieur le Ministre de la Justice du Grand-Duché du Luxembourg.

 

ffe06c2faca540951744b05bb5789cd5.jpgJ’ai l'honneur de vous informer que, conformément à l'article 80 du règlement de la Chambre des Députés, je souhaiterais poser une série de questions à Madame la Ministre de la Famille et de l’Intégration et à Monsieur le Ministre de la Justice concernant certaines pratiques douteuses d’adoption d’enfants.

 

L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe vient d’adopter une Recommandation (n°1828)  dans laquelle elle donne libre cours à ses inquiétudes concernant la disparition de nouveaux-nés dans certains pays de l’Est aux fins d’adoption. Elle constate que dans certains pays, l’enfant fait de plus en plus l’objet d’un véritable marché régi par l’argent.

 

Dans sa Recommandation, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a vivement condamné la pratique de plus en plus courante de l’utilisation de circuits parallèles et de trafic ainsi que tout le commerce et les pressions psychologiques ou économiques qu’ils entraînent. Ces pratiques auraient été favorisées par l’ouverture des frontières à l’Est qui a vu de nombreuses femmes enceintes originaires de ces pays se rendre dans les pays européens pour y accoucher et donner leur enfant en adoption. Par ailleurs, l’Assemblée cite dans sa recommandation précitée des évènements qui se seraient déroulés dans plusieurs pays où des nouveaux nés ont disparus après leur naissance et où les autorités faisaient croire à leur parents que l’enfant était né mort, alors qu’il était vendu et emmené à l’étranger. Dans ce contexte, l’Assemblée a rappelé la nécessité de mettre en place un cadre législatif commun à tous les pays afin d’éviter l’instauration de disparités qui seraient contraires à l’intérêt des enfants.

 

Dans ce contexte, j’aurais aimé savoir de Madame la Ministre de la Famille et de l’Intégration et de Monsieur le Ministre de la Justice :

Le gouvernement a-t-il connaissance de ces pratiques condamnables ?
Dans l’affirmative, le Luxembourg est-il concerné par celles-ci ? Y a-t-il au Luxembourg des adoptions d’enfants originaires des pays de l’Est ? Quelles sont les garanties dont disposent les parents que ces adoptions aient été faites en respectant les droits de l’enfant et en toute légalité ? 
En tout état de cause, quelles sont les mesures que le gouvernement a d’ores et déjà prises respectivement entend prendre afin de lutter contre les adoptions illégales ? 

 

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Président, l'expression de ma parfaite considération.

 

Nancy Arendt
Députée

Source : Christlich Soziale Volkspartei Luxemburgs

 

Ruth-Gaby Vermot : "Des nouveau-nés disparaissent à des fins d'adoption illégale. Il faut agir!"

 

09/02/2008

Togo: Suspension provisoire des adoptions d'enfants

 Lomé - 08/02/2008

 

Les autorités togolaises ont décidé, jeudi 7 février, de suspendre provisoirement toute adoption d'enfants, expliquant avoir relevé "des dysfonctionnements" dans le système. Rendant compte des délibérations d'un conseil des ministres sur le sujet, le ministre d'Etat, ministre de la Santé, le PR Charles Kondi Agba, a déclaré que cette décision vise à sauver la vie et les intérêts supérieurs de l'enfant togolais dont la sécurité est en péril.



Dans une communication conjointe au conseil, les ministre de l'Action sociale et de la Protection de l'enfant et de la Justice indiquent que les procédures en matière d'adoption sont contournées, malgré les dispositions de la loi du 06 juillet 2007 portant Code de l'Enfant.



Ils relèvent que des adoptions sont prononcées par des tribunaux sur la base de jugements d'abandon sans aucune enquête sociale, ce qui fait du Togo un pays où les adoptions peuvent se faire par des raccourcis procéduraux.



Les deux ministres ont eu mandat du gouvernement de "préciser" les définitions procédurales du code de l'enfant, de faire des distinctions entre les adoptions nationales et les adoptions internationales et de mettre en place un meilleur mécanisme de contrôle de l'adoption au Togo.



Source : Afrique en ligne

07/02/2008

Des ados à adoptés aux Etat-Unis. Qui veut ?

5828a940c843e5bcc0f7f2ce30aaf817.jpgPour favoriser l'adoption d'adolescents, plus difficiles à "caser" que des bébés, des Etats américains ont adopté des méthodes de marketing éprouvées. Quitte, explique USA Today, à donner l'impression qu'il s'agit de biens de consommation.


 
Michael, 15 ans, est un garçon tranquille qui aime les jeux de société. Il aimerait idéalement trouver une famille avec un père, une mère et des frères et sœurs.

Cera, 13 ans, aime chanter et jouer au basket-ball. Un père ou une mère célibataire ou un couple ferait une famille parfaite pour elle.

 

Des photos accompagnées de ce type de description se multiplient sur les sites internet, dans les magazines et les kiosques des centres commerciaux. Les organismes publics de protection des orphelins utilisent de plus en plus les techniques de marketing pour trouver une famille permanente pour des milliers d'enfants sans parents.

 

Ces campagnes de marketing – qui permettent à certaines familles de choisir un enfant comme on choisit un produit – ont une importance capitale pour les adolescents orphelins. Il est en effet beaucoup plus difficile de trouver un foyer pour des adolescents que pour des nouveau-nés, explique Erica Zielewski, membre de l'Urban Institute, un groupe de recherche sur les politiques économiques et sociales.

 

Mme Zielewski estime que, depuis 2000, aux Etats-Unis, 50 000 enfants venant d'orphelinats publics sont adoptés chaque année. Les statistiques sont stables, mais elles signifient que 50 000 enfants doivent rester chaque année dans les foyers familiaux ou de groupe. Selon Mme Zielewski, un enfant demeure en moyenne trois à quatre ans dans un foyer avant de trouver une famille.

 

Des mesures mises en place au niveau fédéral et destinées à encourager l'augmentation du nombre d'adoptions obligent les Etats à faire preuve de créativité. La loi sur l'adoption et la famille de 1997 (Adoption and Safe Families Act)  prévoit en effet le versement de centaines de milliers de dollars aux Etats qui réussissent à améliorer leurs chiffres d'une année sur l'autre.

 

Dans l'Etat de l'Indiana, le département des services à l'enfance prévoit de consacrer 4 millions de dollars à la recherche de foyers pour des enfants comme Michael et Cera. Ils sont nombreux à figurer sur le site internet – où ne sont listés que leurs prénoms – et dans la publication mensuelle des services publics d'adoption.

 

Dans l'Illinois, une exposition itinérante de photos d'enfants adoptables a été organisée dans le cadre du programme Heart Gallery [Galerie du cœur]. L'exposition est présentée par des spécialistes de l'adoption dans les centres commerciaux, les festivals et les lieux de travail.

 

Au Texas, une campagne médiatique utilisant télévision, radio et panneaux d'affichage a permis d'augmenter de 20 % en 2007 le nombre d'adoptions. Le Texas compte poursuivre ses efforts en 2008. Selon Darrell Azar, porte-parole du département des services à l'enfance et à la famille de cet Etat, l'augmentation du nombre d'adoptions en 2005 au Texas a valu à celui-ci une subvention de 300 000 dollars du gouvernement fédéral. Cet argent a été consacré à la réalisation et à la diffusion de spots publicitaires télévisés et radiodiffusés sur l'adoption d'adolescents, sur le thème "Pourquoi pas moi ?"

 

L'Etat de l'Oklahoma a également mis en place une exposition itinérante analogue à la Heart Gallery, posté des listes d'enfants sur son site internet et organisé des réunions FutureWare. Ce concept s'inspire des réunions Tupperware : les parents adoptifs invitent leurs amis et leurs collègues à la maison, explique Audrey Banks, représentante pour l'adoption au département des services sociaux de l'Oklahoma. "C'est une sortie agréable, affirme-t-elle. Et ça permet de faire prendre conscience aux gens du manque de familles adoptives."

 

Le fait de placer sur Internet des photos d'enfants qui ont déjà des difficultés soulève toutefois un débat éthique, reconnaît Erica Zielewski. Pour Dawn Robertson, porte-parole de Honk for Kids , une organisation basée en Indiana, "choisir un enfant comme si on feuilletait un catalogue Sears semble plutôt inapproprié, du moins ça en a tout l'air". "Certaines personnes estiment que c'est de l'exploitation", admet Mme Zielewski. "Mais d'autres soutiennent que ça marche. Au final, c'est ce qui importe le plus."

 

Selon Susan Tielking, porte-parole du département des services à l'enfance de l'Indiana, une campagne de promotion d'une durée de deux ans a permis à l'Etat d'augmenter ses statistiques d'adoption de 15 % en 2006 et de 39 % en 2007 par rapport à 2005.

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Wanted: Good homes for older kids


State agencies turn to Internet listings, TV, radio spots to find adoptive parents

Michael, 15, is a quiet boy who enjoys board games. He says ideally he would like a mother, father and siblings.
Cera, 13, loves to sing and play basketball. She would do well with a single-parent or two-parent family.

Photos with descriptions like these of children looking for a home are showing up on websites, in magazines and at shopping center kiosks, as state child welfare agencies increasingly use marketing techniques to try to find permanent homes for thousands of children in foster or group homes.

These marketing campaigns, which in many cases allow people to essentially shop for children, are crucial because older children are often harder to find homes for than newborns, says Erica Zielewski of the Urban Institute, an economic and social policy research group.

Many of them also have siblings and need to stay together, while others have emotional or physical problems.

According to Zielewski, adoptions from state child welfare systems have remained steady at about 50,000 a year since 2000 ? leaving another 50,000 each year in foster or group homes. The average stay in foster care before a child is adopted is between three and four years, she says.

Federal incentives to move children out of foster care are also pushing states to get creative. Under the Adoption and Safe Families Act of 1997, states could receive hundreds of thousands of dollars for increasing the number of adoptions over previous years.

In Indiana, the Department of Child Services is preparing to spend $4 million to find homes for children like Michael and Cera. The two are among scores of children featured on the state's adoption website, which lists only their first names, and in its monthly magazine.

Child welfare agencies across the USA are ramping up efforts to find permanent homes for children, Zielewski says.

• Oregon. The state has a partnership with Portland KOIN-TV, producing a weekly feature about a child waiting to be adopted.

"The reporter does a really good job talking to the children," says Greg Parker, a state Department of Human Services spokesman. "When you see and are able to hear the children's voices, it makes a real emotional connection."

• Illinois. The Adoption Information Center of Illinois website, the state site established to promote foster care adoptions, gets the most inquiries, says DeAudrey Davis, director of the state agency.

The state also has a Heart Gallery program ? a traveling photo exhibit of adoptable children. The displays and adoption specialists visit shopping malls, festivals and workplaces.

• Texas. Buoyed by the success of a coordinated TV, radio and billboard campaign that boosted adoptions by about 20% in 2007, the state plans to continue the effort on a smaller scale in 2008.

"We hope the results we saw last year were only the tip of the iceberg and that, with some more ads and the ripple effect, even more people will come forward," says Darrell Azar, spokesman for the Texas Department of Family and Protective Services. Azar says the state used a $300,000 federal bonus for increasing adoptions in 2005 to produce and air TV and radio ads that focused on older children. The theme: "Why Not Me?"

• Oklahoma. The state Department of Human Services started approving families for adoption at the same time they are licensed for foster care in August 2007. The fast-track adoption approval can cut time by reducing redundancies in the adoption process.

The state also has Internet listings, a traveling Heart Gallery and FutureWare parties.

FutureWare events are modeled on the Tupperware party concept, with adoptive parents inviting friends and co-workers to gatherings in their home, says Audrey Banks, an adoption representative for the state Department of Human Services. "It's a great way to get out … and spread the word about the need for families," Banks says.

The practice of placing photographs of troubled children on the Internet and in magazines has spurred some ethical debate, Zielewski says.

"Shopping children out like a Sears catalog gives the appearance of impropriety at the least," says Dawn Robertson, spokeswoman for Indiana-based Honk for Kids. The group says it is a family rights organization that monitors Indiana's Department of Child Services.

"There are people who think that (it) is exploitative," Zielewski says. "But there are others who argue it works. And in the end, that's what is important."

A two-year campaign aimed at encouraging foster parents to adopt boosted Indiana adoptions for 2006 and 2007 by about 15% and 39%, respectively over 2005, says Susan Tielking, spokeswoman for Indiana's child services department.

Foster parents were targeted because more than two-thirds of the children adopted in Indiana and the USA are by people who have been foster parents, Zielewski says.

Foster parents Roy and Shelly Higgins of Indianapolis are among those who adopted from the state system.

"We've gotten as much out of this as he has," Roy Higgins says of his 17-year-old son, Brandon Higgins, whom the family adopted in 2002. "There is such a great need and there are so many everyday people out there who would be a blessing for these children."

Higgins says Brandon, who was troubled, has made great progress and is preparing to go to college in the fall. Seeing him leave home will be difficult, Higgins says. "But even when he leaves, he'll always be my son, and I'll always be his dad."


Source : Tim Evans for USA TODAY 

 
 


Repères

 

• En France, l'affaire de L'Arche de Zoé a récemment relancé le débat sur l'adoption internationale, qui concerne la majorité des adoptions. Le sujet est épineux, qui met face à face riches et pauvres, Nord et Sud, Blancs et Noirs. "Aujourd'hui, certains indices montrent qu'un commerce est en train de se développer autour des enfants pauvres d'Afrique et d'Asie", écrivait alors l'intellectuel arabe Mohamed Al-Haddad dans les colonnes d'Al-Hayat, même si "les motivations [de l'adoption] ne sont pas toujours infâmes ; elles sont le plus souvent innocentes, voire philantropiques".

 

• La compassion est un sentiment dont se méfient beaucoup les associations qui œuvrent dans le secteur. Ainsi, après le tsunami de décembre 2004 en Asie , des dizaines de propositions d'adoption "humanitaire" ont afflué. Cet élan de générosité a été refroidi rapidement : les associations ont, au nom de la défense des enfants, privilégié le parrainage des enfants dans leur pays. Et le ministère de la Santé et de la Famille a, par crainte du trafic d'enfants, gelé toutes les demandes d'adoption dans les pays touchés.


 
 
Source : Courrier international
   

06/02/2008

Le complexe occidental du sauvetage d’enfants. De l’affaire de l’Arche de Zoé à la mise en cause du système de l’adoption internationale. Sandrine Dekens.

c1ef7eb58043ac39b39af2c0b68d8b00.jpgUn "point de vue" clinique et politique.


A croire que c’est un syndrome culturel, une compulsion occidentale ! Celle qui consiste à aller aux quatre coins du monde pour « sauver des enfants en danger de mort ». Je cite l’entête du site internet de l’Arche de Zoé : « Il faut sauver les enfants du Darfour pendant qu’il est encore temps. Dans quelques mois, ils seront morts ! ». Cette association n’est pas la seule à s’appuyer simultanément sur l’urgence et sur la nécessité du sauvetage d’enfants, ce sont des arguments publicitaires auxquels nous sommes habitués au fil des campagnes des grands organismes humanitaires internationaux. « Un enfant meurt (de la faim, de la lèpre, de la tuberculose, etc.) toutes les X secondes »... Sur le site de l’Arche de Zoé, vous verrez les mêmes photos d’enfants mourants et pitoyables que sur les brochures officielles d’organismes très honorables comme l’Unicef, Handicap International ou Action contre la faim.

 

Ce complexe est l’héritier à la fois de notre culture judéo-chrétienne (le sauvetage des âmes), et de notre culpabilité à l’égard des populations qui subissent les conséquences dramatiques de l’impérialisme et du cynisme des gouvernants de nos pays... L’espace dans lequel s’exprime le plus aisément ce complexe est légal : il s’agit de l’adoption internationale. Les parents adoptants que j’ai rencontrés dans le cadre d’une recherche en psychologie clinique en 2006 en témoignent : ils veulent « partager leur bonheur » avec un enfant pauvre, un enfant déshérité auquel ils souhaitent « donner une chance ». Certains rêvent ainsi, à la suite de Joséphine Baker, de s’entourer de toute une collection d’enfants venus des quatre coins du monde, pour faire des familles « smarties » ou « bénéthon ». Ils disent que cette vocation leur est venue de très loin, souvent de leur enfance... Ils affirment qu’ils ont toujours su qu’ils adopteraient un jour. Le recueil d’enfants répondrait chez eux à une vocation.

 

Face à de telles motivations, difficile d’évacuer la question de la culpabilité des nantis face à cette misère qui remonte du Sud au Nord. Auparavant, cette misère s’étalait en quatre mètres sur trois, sur les murs de nos villes. Depuis quelques années, ce sont les corps morts des candidats à l’exil qui se fracassent sur nos frontières méditerranéennes... La pression monte.

 

A travers le système légal et organisé de l’adoption internationale, nous nous sommes habitués à l’idée que la transplantation d’enfants des pays du Sud dans des familles du Nord pouvait constituer une réponse acceptable à toutes les situations de détresse : guerres, famines, maladies, etc. Quelque soit le problème, un enfant risque de mourir, une seule réponse : « tu gardes ton problème, je prends ton enfant ». Marché de dupes contre lequel un jour, les populations du Sud ne manqueront pas de se dresser. Arrivera un jour où les gouvernants des pays pourvoyeurs n’accepteront plus le pillage humain... Et l’affaire de l’Arche de Zoé a pour effet réjouissant d’accélérer ce processus.

 

L’adoption d’un enfant à l’étranger n’est pourtant pas sans risque, il ne s’agit pas d’un « coup de baguette magique » qui illuminerait brusquement la vie d’un enfant, grâce à l’amour inconditionnel et au bonheur en kit. La recherche en psychologie qui a été menée en 2006 à l’université Paris 8, a permis de rencontrer des enfants adoptés qui présentaient une psychopathologie très caractéristique. Le plus grand risque est bien sûr la souffrance identitaire, qui dans ses formes extrêmes, s’exprime sous des formes psychotiques ou dépressives (problèmes cognitifs, tentatives de suicide, grande violence, etc.). Arrachés à leur pays et à leurs attachements d’origine, il arrive que les enfants ramenés en France aient des difficultés à se sentir chez eux, à endosser leur nouvelle identité, à se glisser dans la « fiction juridique » qu’est l’adoption. Le risque pour ces enfants déracinés est de rester « suspendus » entre deux identités, comme le décrit Christian Dumortier dans son livre-témoignage « Adopté dans le vide ».. Ces difficultés sont exacerbées lorsque les enfants ont un vécu traumatique dans leur pays d’origine, ce qui est souvent le cas pour cause de guerre, troubles politiques, déplacements de populations, mais aussi maltraitances, absence de soins médicaux, famine... [1]

 

Si je parle de pillage, c’est que l’argument justificatif du système légal (Adoption Internationale) et des diverses formes illégales de « sauvetage » (Arche de Zoé et consoeurs), est le même : ce sont des enfants sans famille, des orphelins. Je me suis amusée cette semaine, d’entendre un ministre tchadien rappeler que cet état, ce statut d’orphelin, n’existe pas au Tchad, en ce qu’il relève d’une conception occidentale de la famille. Je me réjouis d’entendre enfin de tels propos clairement énoncés, car en effet, les anthropologues ne cessent de nous rappeler que les systèmes culturels de parenté africains ont prévu des modalités locales de prise en charge des enfants dont les parents sont morts : le rôle de la famille élargie (oncles, tantes, etc.) est fondamental dans l’accueil des orphelins. D’ailleurs, dans de nombreuses cultures, un enfant qui est accueilli chez sa tante ou son oncle n’est pas considéré comme un orphelin ! Doit-on rappeler qu’actuellement, le principal obstacle au fonctionnement de cette solidarité familiale est la misère économique dans laquelle se trouvent les familles africaines.

 

Au nom de l’urgence, il n’est pas étonnant que nous passions d’un système légal à des mesures illégales. D’ailleurs, les deux systèmes ne sont pas étanches, et la zone qui les sépare est on ne peut plus floue. Où s’arrête la légalité lorsqu’il s’agit de recueillir un « consentement éclairé » de la part de personnes dans des situations de survie [4] ? Je soutiens par conséquent qu’ il existe un continuum entre les deux systèmes, et qu’il est hypocrite de traiter les dérives de l’Arche de Zoé sans interroger les fondements du système de l’Adoption Internationale. D’ailleurs, les pays du Sud ne s’y sont pas trompés : après le tsunami de décembre 2004, l’Indonésie a fermé son pays à l’adoption afin de se prémunir du pillage d’enfants, et cette semaine, c’est le Congo Brazzaville qui annonce qu’il se ferme à l’adoption internationale suite à l’affaire de l’Arche de Zoé... Arrivés à ce point, nous ne nous étonnerons pas en constatant que la mobilisation fondatrice des « sauveteurs de l’Arche de Zoé » est un projet destiné à venir en aide aux enfants et aux familles victimes du Tsunami.

 

Arrivée à ce point, il me semble également important de souligner la vaste hypocrisie de nos dirigeants français dans cette histoire. Car nous pouvons nous interroger sur ce qui déclenche le passage à l’illégalité totale et revendiquée [3] de la part des membres de l’Arche de Zoé ? Au nom de quoi des personnes s’autorisent à « passer aux actes » ? Cette expression citée par l’association française sur son site internet est intéressante du point de vue psychologique... Le passage à l’acte étant le fruit d’une impulsion produite par l’incapacité à élaborer une émotion.

 

C’est bien le sentiment d’urgence qui autorise ces passages à l’acte. Et ce sentiment d’urgence a été alimenté très récemment concernant le Darfour par les politiciens français, qui souhaitent donner à leurs électeurs l’impression qu’ils sont mobilisés pour faire face à la situation dramatique du Darfour, pour donner l’illusion qu’ils sont en train d’agir. Il faut se rappeler qu’au lendemain de l’élection présidentielle, Bernard Kouchner, lui-même ancien french-doctor spécialiste de l’intervention d’urgence, a organisé un sommet appelé « Urgence Darfour »... ce que Rony Brauman dénonçait cette semaine comme « l’installation par les politiques de l’idée que le sauvetage immédiat était un impératif au nom duquel la transgression juridique était possible ». Il ne faut donc pas s’étonner que certaines personnes qui avaient une vocation au sauvetage (comme un ancien pompier Président d’une association) soient passées aux actes. La réaction médiatique et politique de grande ampleur aux dérives mises en actes par l’Arche de Zoé vise certainement à détourner l’attention de la responsabilité morale de ceux qui ont utilisé l’urgence (du Darfour et d’ailleurs) comme « caisse de résonance » à leurs propres intérêts. Une vaste hypocrisie...

 

Pour être très claire et pour conclure, j’affirme donc que les occidentaux abusent de leur position dominante, au mieux pour recueillir des consentements à l’adoption de la part des familles et des Etats, au pire pour organiser du pillage humain, en présentant comme seule solution l’exportation d’enfants devenus marchandises. Et nous soutenons pourtant qu’il en existerait une autre : donner les moyens à ces familles élargies de prendre en charge et d’accueillir leurs orphelins. Il me semble que la réponse d’Orphelins Sida International est clairement engagée à cet égard : les personnes qui parrainent des enfants par notre intermédiaire soutiennent que la meilleure solution est de donner des moyens aux familles pour continuer d’élever leurs enfants au sein de leurs communautés.

 

Il se trouve que notre association existe depuis 7 ans et que nous peinons à nous développer. Malgré les 250 enfants parrainés à l’heure actuelle, nous ne parvenons toujours pas à financer un salarié, et le refus de subventionner notre action fait l’unanimité auprès des pouvoirs publics et des financeurs privés, tant du côté de la lutte contre le sida que de l’aide à l’enfance... Le parrainage d’enfants dont les parents sont morts du sida n’est, en effet, pas une action spectaculaire, difficile à valoriser auprès de l’opinion publique, il s’agit d’un travail peu visible puis qu’il permet simplement à un enfant de vire et d’être scolarisé dans sa communauté. Nous avons toujours refusé l’imagerie du catastrophisme en Afrique [4], et malgré nos diffcultés d’existence, notre action existe ! Ce faisant, c’est sur une note positive que je souhaite terminer cet éditorial, en rappelant que, bien que confrontées à des obstacles, les initiatives de prise en charge des orphelins et des enfants vulnérables sont possibles, et que toutes les actions en leur faveur ne sont pas forcément condamnées au fatalisme.

 


Sandrine Dekens, psychologue clinicienne, experte de la prise en charge des orphelins et enfants vulnérables

 

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[1] Pour aller plus loin sur la psychopathologie des enfants adoptés à l’étranger : Dekens S., (2006), Exposés et sauvés. Le singulier destin des enfanst adoptés à l’étranger, Saint-Denis : Université Paris 8,
Romana V., Dekens S., (2006), « Enfants adoptés en difficulté : pour une prise en charge psychologique spécifique », Le Journal des Professionnels de l’Enfance, Dossier Adoption coordonné par Sellenet C., N°39, Mars-Avril 2006, pp 60-64

[2] voir à ce sujet les malentendus culturels dans les recueils de consentements : Exposés et sauvés, pp 11-12 et p76

[3] Site Internet : « L’Arche de Zoé s’exposera certainement aux foudres de Khartoum, de certains politiciens, de quelques philosophes ou autres « grands penseurs » qui vont crier au scandale en parlant d’éthique, d’illégalité ou de traumatisme psychologique des enfants déracinés (...) pendant que (...) d’autres essuieront les critiques mais agiront »

[4] Agréable visite sur le site de l’association "Orphelins du sida international"

 

Source : OSI BOUAKE, le blog des parrains de Bouaké