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17/05/2008

Les enfants adoptés sont-ils plus fragiles que les autres ?

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- The Mental Health of US Adolescents Adopted in Infancy.
Margaret A. Keyes, PhD; Anu Sharma, PhD; Irene J. Elkins, PhD; William G. Iacono, PhD; Matt McGue, PhD 
Archives Pediatrics & Adolescent Medicine.  Vol. 162 No. 5, May 2008 

 


 

Si la plupart vont bien, l'étude "The Mental Health of US Adolescents Adopted in Infancy" met en évidence un peu plus de troubles du comportement, d'anxiété et de dépression que chez les non-adoptés.

 

Il est parfois bien difficile d'être parent de nos jours, le nombre d'ouvrages publiés sur la question en témoigne. Mais que se passe-t-il lorsque l'on est parent adoptant ? Certes, une fois devenus adolescents, la plupart des bambins adoptés n'auront pas plus de difficultés psychologiques que les autres. Mais ce n'est pas toujours le cas selon une étude nord-américaine publiée cette semaine (le 5 mai) dans les Archives de médecine de l'enfant et de l'adolescent, du groupe du JAMA (Journal of the American Medical Association).


«Certains d'entre eux ont eu plus de contact avec des professionnels de santé mentale que les autres enfants», pointe l'équipe de Margaret Keyes, de l'université du Minnesota à Minneapolis. Celle-ci a suivi un groupe de 540 jeunes de 11 à 21 ans nés dans des familles «classiques» et les a comparés à 514 ados adoptés à l'étranger ainsi qu'à 178 autres nés sur le territoire des États-Unis. Elle a interrogé régulièrement parents et enfants pour détecter d'éventuelles difficultés : troubles du comportement, de l'attention avec hyperactivité (très à la mode outre-Atlantique), conduites d'opposition, anxiété voire dépression. L'objectif d'une telle étude était de mieux évaluer les éventuelles difficultés des enfants adoptés, afin de réfléchir à une stratégie de prévention.

«Au final, le fait d'avoir été adopté double l'éventualité d'avoir consulté un professionnel de la santé mentale, estiment ces chercheurs. Certes la grande majorité de ces adolescents vont bien au plan psychologique mais, parmi ceux qui vont mal, ceux issus de l'adoption nationale éprouveront plutôt des troubles du comportement, alors que ceux qui ont été recueillis à l'étranger souffriront plutôt d'anxiété de séparation et de dépression.»


«Je ne suis pas de ce monde »

Ces conclusions méritent cependant d'être nuancées. En effet, pour le Pr Marie-Rose Moro, chef de service de pédopsychiatrie à l'hôpital Avicenne de Bobigny, qui a passé en revue diverses autres grandes études de ce type, «comme un tel résultat n'est pas concordant avec celui d'autres études, il me semble indispensable de relativiser ces conclusions qui risquent d'inquiéter à tort bien des familles». «Une chose est sûre en revanche, poursuit-elle, les parents adoptants consultent plus les psys pour leurs enfants car ils sont probablement plus à l'écoute que les autres familles. Et chaque fois qu'une difficulté apparaît, ils se posent la question de savoir s'il n'existe pas une vulnérabilité psychologique particulière.»

Une opinion que ne partage pas le Pr Marcel Rufo, chef de service de pédopsychiatrie à l'hôpital Salvator de Marseille. «Je reçois beaucoup d'adolescents adoptés qui vont mal et souffrent de troubles de la socialisation. Dans mon service précédent, un sixième des jeunes hospitalisés étaient des jeunes adoptés vivant dans des milieux socioculturels élevés. Comme si le fait d'avoir été adopté par de telles familles était un facteur handicapant. Pourquoi ? Parce qu'à l'adolescence ils vont se dire : je ne suis pas de ce monde, je viens d'ailleurs.»

Ce spécialiste, qui a dirigé durant quelques années la maison des adolescents à Paris (maison de Solenn), interprète d'ailleurs la survenue de toxicomanies et d'addictions diverses ou de fugues chez ces jeunes comme une quête boulimique destinée à vérifier qu'ils sont tout de même aimés, envers et contre tout, par leurs parents adoptifs. D'autant qu'à cette période charnière, ils se posent avec une acuité particulière la question de leurs origines et celle de savoir pour quelles raisons ils ont été abandonnés. Avec peut-être encore plus d'acuité lorsqu'ils viennent de contrées lointaines.

Insistant sur les compétences précoces du tout-petit qui, en quittant son pays, perd aussi les bruits, les odeurs, le langage, bref tout un contexte sensoriel dans lequel il a baigné déjà in utero, dans le ventre de sa mère, Marie-Rose Moro estime «qu'il ne faut pas sous-estimer le traumatisme de cette séparation initiale avec la mère biologique, ni oublier de prendre en compte toute la période où le bébé aura été pris en charge dans un orphelinat ou une collectivité».


«Parents trop laxistes»

 

D'autant que peuvent se poser par la suite tous les problèmes liés à la différence (couleur de peau, texture des cheveux), susceptibles d'engendrer à l'école une stigmatisation de la part des autres, voire un sentiment douloureux d'exclusion. «Ils devront alors pouvoir dépasser cela dans leur construction identitaire, et les parents adoptants devront eux aussi se confronter à la question de la différence», analyse cette spécialiste qui a ouvert l'an dernier à Bobigny une consultation destinée justement à toutes ces problématiques de l'adoption. «Mais lorsqu'un adolescent va mal, on ne peut pas réduire ses difficultés au fait qu'il ait été adopté. C'est un peu court comme raisonnement», lance-t-elle. Une réflexion partagée aussi par Marcel Rufo. «Gare aux bons sentiments, met-il en garde. Les parents adoptants sont toujours trop bons, voire trop laxistes. Ils ont beaucoup de mal à savoir poser des limites.»

Rappelons qu'en France, en 2006, près de 4 000 enfants ont été adoptés, dont près des trois quarts avaient été recueillis à l'étranger. Mais le nombre de familles en mal d'enfant et munies d'un agrément est particulièrement élevé. Plus de 30 000.

 

Source : Le Figaro.

 

+ Featured news - University of Minesota 

 

-> Adoptees More Likely to be Troubled
Memo to Angelina Jolie and Brad Pitt: the next decade may prove to be a difficult one. ... Yet researchers at the University of Minnesota have found that a small minority of those kids — about 14 percent — are diagnosed with a behavioral disorder or have contact with a mental health professional as adolescents, or about twice the odds that non-adopted teens face.
TIME

 
-> Adopted Children at Slightly Higher Mental Health Risk
A small proportion of adopted American teens appear to be at heightened risk for different emotional and behavioral problems than their non-adopted counterparts. ... "Most adoptees are doing fine," said Margaret Keyes, lead author of the study and research psychologist at the Minnesota Center for Twin and Family Research at the University of Minnesota in Minneapolis.
U.S. News and World Report
 

-> Adopted Teens Face Higher Risk for ADHD
People have wondered for a long time whether children who were adopted in infancy are at increased risk for psychological problems. ... "These are kids who argue with their parents, who refuse to follow through on chores, maybe argue with their teachers, blame other people for their own mistakes," says Margaret Keyes, a University of Minnesota research psychologist who led the study.
National Public Radio
 

-> Study: Adolescents adopted as infants are more likely to have psychiatric disorders
Adolescents who were adopted as infants are significantly more likely to have a psychiatric disorder as those who were not adopted, a study released Monday has found. ... For example, about 7 in 100 adolescents studied who were not adopted met the criteria for attention deficit-hyperactivity disorder, which is about half the number for adopted adolescents, said lead study author Margaret Keyes, of the University of Minnesota.
Chicago Tribune

 

-> Disorders are more likely in adopted teenagers
Adolescents adopted as infants are twice as likely to have behavioral disorders as those who are not adopted, according to research published Monday that is the deepest analysis yet of the larger mental health burden carried by some adopted children. ... Researcher Margaret Keyes, a University of Minnesota psychologist, stressed that adoptive parents or those thinking about adopting shouldn't be alarmed by her study, because rates of emotional problems are relatively low among all adolescents studied, but were higher among adopted kids.
Star Tribune

 

-> Study finds adopted teens are more likely to have psychiatric disorder
Adolescents who were adopted as infants are twice as likely to have a psychiatric disorder as teens who were not adopted, a new study released Monday has found. ... About seven in 100 adolescents studied who were not adopted met the criteria for a diagnosis of attention deficit-hyperactivity disorder, said lead study author Margaret Keyes, of the University of Minnesota.
Kansas City Star

 

-> Adopted adolescents more likely to have ADHD, study finds
Adolescents who were adopted as infants are significantly more likely to have a psychiatric disorder as those who were not adopted, a study released Monday has found. ... For example, about 7 in 100 adolescents studied who were not adopted met the criteria for attention deficit-hyperactivity disorder, which is about half the number for adopted adolescents, said lead study author Margaret Keyes, of the University of Minnesota.
Youngstown Vindicator

 

+ Troubles du comportement chez les enfants adoptés  [Premiers entretiens internationaux sur l'adoption - Montpellier 2003]

 

Plusieurs études plus ou moins récentes, émanant de divers pays anglo-saxons essentiellement, tendent à démontrer que la population des enfants adoptés recourt plus souvent aux aides de type psychologique, voire psychiatrique, présente plus de troubles du comportement, plus de diagnostics psychiatriques graves que la population générale leur correspondant (sexe, âge, même milieu de vie).


1. Brodzinsky, D, Long-term Outcomes in Adoption,  The Future of Children, vol.3, 1, 1993.

 

Aux USA, 2 % de la population des moins de 18 ans est adoptée, mais 5 % des enfants qui sont suivi dans les centres de santé mentale sont adoptés, 10 à 15 % des enfants qui sont placés dans des maisons pour enfants ou des institutions psychiatriques sont adoptés, 6,7 % des enfants qui suivent un enseignement spécial pour problèmes neurologiques, 5,4 % des enfants qui suivent un enseignement spécial pour problèmes sensoriels et 7,2 % des enfants qui suivent un enseignement spécial pour problèmes affectifs sont adoptés.

 

Le professeur Brodsinsky (New Jersey, Etats-Unis) et d'autres ont mené des enquêtes auprès de parents d'enfants adoptés et non adoptés du même âge et vivant dans des milieux semblables à l'aide du CBCL (Child Behavior Checklist, de Achenbach). Chez les enfants de 6 à 12 ans, les parents signalent des difficultés de communication chez 20 % des garçons adoptés contre 4.6 % des garçons non adoptés et de l'hyperactivité chez 8,2 % des garçons adoptés contre 0 % des garçons non adoptés. Chez les filles, ils signalent 13,9 % de troubles dépressifs contre 3 % dans la population générale, 13,9 % d'hyperactivité et 10,8 % d'agressivité alors que les parents des autres enfants évalués n'en signalent pas.
Chez les adolescents entre 12 et 17 ans, adoptés bébés, il relève 2,5 fois plus de consultations psychologiques et psychiatriques que dans la population générale.

 

Même si ces chiffres tiennent compte du fait que les parents adoptifs sont peut-être plus vite inquiets et consultent plus rapidement, ce n'est pas suffisant pour rendre compte de la différence.

 

2. Verhulst, F, et al : Problem Behavior in International Adoptees. Jama Acad Child Adolesc. Psychiatry, 29:1, 1990.

 

Le professeur Verhulst (Rotterdam, Pays-Bas) a étudié les enfants adoptés à l'international aux Pays-Bas. Il a comparé 2.148 enfants adoptés âgés de 10 à 15 ans par rapport à la population générale des enfants du même âge vivant aux Pays-Bas, à l'aide du CBCL, questionnaire posé aux parents.

 

Chez les garçons adoptés, il a trouvé 2 fois plus de problèmes de comportement (hyperactivité, délinquance) que chez les garçons non adoptés du même âge. Chez les garçons et les filles, il a observé moins de compétences sociales et scolaires, plus de participation dans les activités non sportives et un peu plus de performances dans les activités sportives et non sportives que chez des enfants appariés de la population générale.
Il constate aussi que plus l'enfant est adopté âgé, plus il aura de problèmes de comportement affectif et de difficultés scolaires.
Les problèmes les plus fréquemment observés sont :
- chez les garçons : délinquance (vol, vandalisme, mensonges, tricherie, absentéisme scolaire …) et non-communication (timidité,
refus de parler, isolement, tristesse, dépression, regard vide …)
- chez les filles : cruauté (destruction de ses biens personnels et de ceux des autres, cruauté envers les animaux, envers les autres enfants ;
agressivité …), dépression (retrait, timidité, refus de parler, dépression, lenteur …) et tendances schizoïdes (hallucinations auditives, regard vide, idées étranges, rêveries éveillées, comportement étrange …)

 

Pour approfondir l'enquête, le professeur Verhulst a réalisé des interviews de 132 adoptés de 14 ans et de leurs parents en les comparant à des enfants du même âge non adoptés. Les parents remplissaient le CBCL (Achenbach) et les adolescents le YSR (Achenbach). Ces questionnaires étaient ensuite revus par 3 psychiatres indépendamment pour poser d'éventuels diagnostics psychiatriques.
Il a retrouvé 22 % de troubles psychiatriques chez les filles et 36 % chez les garçons adoptés, soit une moyenne de 28 % par rapport à une population générale qui se situe suivant diverses études entre 17 et 21 %. Ces troubles sont essentiellement des troubles des conduites :
comportement antisocial (surtout chez les garçons), mauvaises relations avec les parents surtout et avec les pairs et problèmes affectifs (chez les filles surtout).

 

Trois ans après, il a revu la population d'adoptés qu'il avait étudiée. Ces jeunes avaient maintenant entre 13 et 18 ans. Il a constaté une augmentation globale des problèmes. Parmi ceux qui présentaient des difficultés lors de la première enquête, 51 % en présentaient encore,
43 % présentaient une amélioration légère et 6 % une amélioration évidente. Parmi ceux qui n'avaient pas de difficultés particulières lors de la première enquête, 77 % n'en présentaient toujours pas et 10 % présentaient des difficultés importantes.
Globalement, les parents signalaient des problèmes chez 29 % des garçons et 17 % des filles (moins de 10 % dans la population générale). 22 % des garçons reconnaissaient avoir des difficultés ainsi que 18 % des filles.
20 % des adolescents adoptés présentaient un comportement délinquant contre 2 % dans la population normale et 8,5 % des filles contre 1,3 %.

 


3. Benson, P et al : New Study Identifies Strengths of Adoptive families. Search Institute, 1994.

 

Le Search Institute (Etats-Unis) a mené une enquête en 1992-93 auprès de 715 familles de 4 états ayant adopté entre 1974 et 80 un enfant de moins de 15 mois né aux Etats-Unis. Lors de l'enquête, ces enfants ont entre 12 et 18 ans. Ils ont été comparés à des adolescents du même
âge non adoptés et à leurs frères et soeurs biologiques.
Ils n'ont relevé que peu de problèmes d'identité, 54 % de ces adolescents étaient bien attachés aux 2 parents, 30 % à un parent et 16 % n'étaient pas attachés.
Ils ont remarqué que les familles adoptives étaient plus stables que la moyenne des familles des mêmes états (11 % de divorces contre une moyenne de 28 %) et que 75 % des enfants n'avaient pas de problème de santé mentale.
D'après eux, ces excellents résultats sont dus :
- à l'adoption précoce (avant 15 mois)
- au soutien en post adoption assuré par les organismes d'adoption et par divers autres organismes bénévoles ou d'état
- à l'attachement très fort entre les parents et l'enfant et entre l'enfant et les parents
- à une bonne qualité d'ajustement de l'adopté à sa famille
- à une éducation efficace
- à une approche positive des questions propres aux familles adoptives
- à la gestion efficace par les parents de ce qui peut menacer le bienêtre du jeune adopté.

 

Ces résultats peuvent aussi se lire à l'envers : 25 % des jeunes évalués présentent des problèmes de santé mentale et 16 % des troubles de l'attachement importants, ce qui rejoint les études précédentes. De plus dans cette étude, on a sélectionné les situations où l'adoption
pose le moins de problèmes : enfants adoptés très jeunes, en interne, ce qui signifie pour la plupart peu ou pas de négligence ou de maltraitance, et aucun problème culturel.

 

4. Hjern, A et al : Suicide, psychiatric illness, and social maladjustment in intercountry adoptees in Sweden : a cohort study. Lancet, 2002, 360:443-448. 

 

Cette étude scandinave concerne 11.320 adultes vivant en Suède, adoptés à l'étranger nés entre 1971 et 1979. Ils ont été comparés à leurs frères et soeurs nés en Suède, à 4.000 immigrants et à 853.419 Suédois de la même tranche d'âge.

 

On observe par rapport à la fratrie biologique et aux autres Suédois 3 à 4 x plus de tentatives de suicide et de décès par suicide, 3 à 4 fois plus d'admissions en milieu psychiatrique, 2 à 3 fois plus de toxicomanie, d'alcoolisme et d'actes criminels chez ces jeunes adultes adoptés.

On retrouve des chiffres semblables en ce qui concerne les troubles mentaux et l'inadaptation sociale dans la population immigrante.

 

5. Hallet, F : Enquête PETALES, 2002

 

Dans une enquête réalisée auprès des parents de l'asbl PETALES en Belgique, F. Hallet a analysé les réponses à un questionnaire de 37 familles, comptant de 1 à 9 enfants de 8 à 38 ans, soit 116 enfants dont 49 étaient considérés par leurs parents comme présentant des troubles de l'attachement, soit 42 % (mais cela ne reflète pas nécessairement la population générale, puisque ne viennent dans l'association que des parents en difficulté; cependant ceux-ci ont souvent d'autres enfants adoptés ou non qui ne posent pas de problème).

 

Parmi ces enfants, 39 sont ou ont été adolescents : on observe chez eux 62 % de toxicomanie occasionnelle ou régulière, 25 % de consommation régulière de boissons alcoolisées, 46 % de relations sexuelles précoces régulières ou occasionnelles, dont 13 % relèveraient de la prostitution, 33 % de conduites délinquantes (vols, agression, conduite automobile sans permis, armes en poche …)

 

Sur l'ensemble des enfants, 80 % ont consulté un psychiatre ou un psychologue et 29 % ont été hospitalisés dans un service de psychiatrie. 40 % sont suivi par les services d'aide à la jeunesse et 35 % ont rencontré le juge de la jeunesse, 12 % ont séjourné en Institutions Publiques de la Protection de la Jeunesse (IPPJ) et 24 % vivent ou ont vécu en Institut Médico-Pédagogique (IMP).

 

+ Une étude française abandonnée, non-publiée.

 

x % des enfants adoptés finissent par être replacés en institution.  Direction générale à l'action sociale (DGAS) et le Ministère de la Santé. 2004.

 

 * * *

+ Hypothèse


L'on pourrait aussi retourner la question du titre aux parents et formuler l'hypothèse suivante : "Les parents adoptifs & adoptants sont plus fragiles que les autres (parents)."

Sur base d'études et de recherches, ce serait intéressant de voir si :
- les parents adoptifs & adoptants ont plus de contact avec des professionnels de la santé mentale (consultation pour eux-mêmes et non pour leurs enfants) que les autres parents;
- les parents adoptifs & adoptants présentent plus de difficultés psychologiques que les autres;
- les études et les recherches mettent en évidence pour les parents des troubles du comportement, troubles de socialisation, troubles d'attachement, d'anxiété et de dépression, etc ...

Commentaires

Très intéressant !

personnellement, je pense en effet que nos jeunes adoptés, ados, ....ça tourne assez compliqué ;
et malheureusement on ne trouve pas forcément d'interlocuteur professionnel adéquat, les psy ont parfois des opinions toutes faites sur l'adoption, il en faudrait des, spécialisés en adoption !!!

je raconte l'histoire de mon fils faaamu polynésien retourné vivre à Tahiti à 17 ans et demi sur mon blog
catégorie "Jordan" -

Écrit par : Melly | 18/05/2008

de toutes facons , tous ces specialistes n ont jmais rien de bon ou de positif a dire sur les adoptees et adoptants. Cela vient du fait que la societe a des priori et des prejuges sur tous ceux qui sont marginalises

Écrit par : manuela | 07/01/2009

Je suis surpris que l'on s'étonne que des enfants ayant le plus souvent des vies chargées puissent avoir besoin d'être d'avantage suivis...qu'est qu'il y d'étonnant ??? On voit bien que dans des familles dites "normales" un événement anodin peut troubler un enfant alors comment peut imaginer que les adoptés ne sont pas des êtres "fragilisés" mais il y a de dramatique si les parents jouent les roles et trouvent des aides...il est vrai qu'il manque des équipes psy vraiment formées à ces "troubles"...mais, ça me fait sourire que l'on puisse être surpris qu'un enfant abandonné (parfois plusieurs fois...) puisse avoir des troubles de l'attachement !!! lool
Je pense qu'une violentée est plus apte à craindre de s'engager avec un homme...de meme un enfant abandonné ou mal traité a évéidemment plus de difficulté à s'attacher...pas besoin d'études pour ça loool

Écrit par : Lamy | 24/01/2009

Childhood stress affect health years later, UW study says. University of Wisconsin researcher Seth Pollak.
http://tinyurl.com/afve6c

Study looks at how mental health care affects outcomes for foster children. University of Illinois. Jung Min Park, Joe Ryan.
http://tinyurl.com/9586xc

Adoption and Mental Illness. University of Minnesota researchers. Margaret A. Keyes.
http://tinyurl.com/cagln6

Écrit par : More studies | 27/01/2009

Abandon et adoption sont des traumatismes. Comme le souligne Lamy, les troubles de l'attachement sont en l'occurrence une vérité de La Palice. Mais il serait illusoire de penser que les enfants biologiques en sont exempts...!!! Rares sont ceux qui ont bénéficié de ce qu'on appelle un attachement secure.
Dire que les enfants adoptés sont plus fragiles me semble revenir à leur poser une étiquette. Dire que leur histoire les fragilise, c'est autre chose. Il y a là une nuance d'importance qui consiste à ne pas les identifier à l'abandon et l'adoption mais à les regarder comme les êtres qu'ils sont et à leur permettre de retrouver leur puissance intrinsèque pour dépasser leur traumatisme, prendre conscience qu'ils ont profondément, comme chacun de nous, la capacité de dépasser ce qui les fragilise et que ça les rend, ça nous rend plus fort. Ils ne SONT pas fragiles, ils ont une fragilité. C'est subtil, je sais, mais essentiel. Nous avons tous un corps, un psychique, une histoire, des croyances, et aucun n'est parfait. Aucune enfance n'est parfaite car en tout état de cause il n'y a pas de parents parfaits. N'est-il pas de notre chemin de vie, du leur, de prendre conscience de cela pour n'être pas enfermés dans un rôle de victime que confirme cette étiquette d'enfants et d'adolescents fragiles.
Il ne s'agit évidemment pas non plus, bien sûr, de nier le traumatisme, mais encore une fois, de les aider à ne pas s'identifier à lui. Et donc nous , pour les accompagner sur ce chemin, de ne pas les regarder uniquement au travers de ce filtre.
:-)

Écrit par : Isabelle | 02/02/2009