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« De graves problèmes chez les enfants adoptés d'origine roumaine aux Pays-Bas. | Page d'accueil | L'intérêt de l'enfant adopté passe au deuxième plan pour la Commission-Kalsbeek (NL). »

17/06/2008

Des enfants adoptés, déracinés et qui souffrent.

Parents, éducateurs, spécialistes sont déconcertés par les « troubles de l'attachement » qui s'emparent de certains enfants adoptés. L'association Petales fédère et soutient les parents concernés.

 

C'était un gamin enjoué, peu avare de risettes au temps du berceau. Et puis, les années passant, sa métamorphose comportementale s'est accomplie. Il est devenu impulsif, accaparant, incapable de contrôler ses humeurs et ses pulsions.

Manipulateur, parfois violent - envers les autres mais aussi envers lui-même - le gosse adorable d'hier s'est mué en un « empoisonneur » dont parents et éducateurs ont un mal fou à comprendre et gérer les écarts de conduite, à la maison, à l'école ou, plus tard, au travail.

Les pédopsychiatres qualifient de « troubles de l'attachement » cette pathologie qui survient au cours des deux ou trois premières années de la vie. Elle concerne, pour une très large part, des enfants adoptés.

D'une manière générale, des jeunes qui, pour des causes diverses (naissance prématurée, hospitalisation de la mère, séparation des parents...), ont mal vécu une rupture avec leurs parents biologiques.

 

Une réunion interrégionale à Angers.

 

L'association Petales France (1) connaît le problème : 95 % de ses centaines d'adhérents sont des parents adoptifs. Elle organise, le 21 juin, à Angers, une réunion interrégionale sur ce thème douloureux. Elle aura lieu de 13 h 30 à 17 h, au parc de loisirs du lac de Maine.

« Pour l'instant, hélas, il n'y a pas de solutions pour ces enfants qui souffrent », commente la Bretonne Marie-France Gicquel, en évitant pudiquement d'entrer dans les détails de son drame personnel.

La « théorie de l'attachement », dont elle relaye les principes pour aider les autres à mieux comprendre, c'est le pédopsychiatre anglais John Bowlby, mort en 1990, qui l'a établie.

« La construction des premiers liens entre l'enfant et la mère répond à un besoin biologique fondamental, écrivait-il. Et, s'ils ne sont pas construits durant les douze premiers mois de la vie de l'enfant, son développement et son humanisation sont en péril. »

Des carences affectives précoces, des traumatismes liés à la négligence ou à une rupture de ces premiers liens gomment donc chez l'enfant « le sentiment de baigner dans un environnement favorable et protecteur » et font émerger chez lui, a contrario, l'idée d'un abandon.

Du coup, explique Marie-France Gicquel, « on assiste chez lui à d'étonnantes métamorphoses. Il fabule. Il ment. Il provoque parfois des punitions en jouant aux victimes. Il est capable de violences et d'automutilations. Les éducateurs, qui s'interrogent sur la signification de ces comportements, ont souvent tendance à incriminer les parents, sans connaître les drames intérieurs que ceux-ci vivent, impuissants... »

Les groupes d'entraide de Petales France s'évertuent à briser justement l'isolement des parents. La réunion d'Angers contribuera à rechercher des solutions susceptibles de déboucher sur des soins adaptés aux enfants. Faute, aujourd'hui, d'une thérapie efficace.

 

(1) Le sigle "Petales" signifie Parents d'enfants présentant les troubles de l'attachement : Ligue d'entraide et de soutien.
Contact : www.petalesfrance.fr/index.html ; BP 50 132, 02303 Chauny Cedex ; tél. 03 23 39 54 12.

 

Sources : Ouest France. Vitré et sa région.


Sur le même sujet


-> Les enfants adoptés sont-ils plus fragiles que les autres ?
Etude "The Mental Health of US Adolescents Adopted in Infancy."

-> Troubles de l'attachement.
 Meanomadis.

-> L'histoire de Marie.
Meanomadis.

-> Touchez pas à mon coeur.
Meanomadis.

Commentaires

Enfants adoptés, déracinés et qui ... souffrent.

L’adopté est particulièrement fragile : outre l’absence de lien physique avec l’adoptant et la blessure consécutive à l’abandon dont il a fait l’objet, l’enfant subit un déracinement traumatisant.

Parents, vous êtes-vous parfois demandés, si vous n'étiez pas, en partie, peut-être aussi responsable de leur souffrance ?
Pourquoi vous obstinez-vous à "déraciner" ces enfants ?

- pour sauver des vies;
- pour répondre à une vocation;
- pour combler un manque d'enfant;
- pour faire le deuil d'une souffrance;
- pour être parent comme tout le monde;
- pour justitfier, valoriser votre couple;
- pour partager votre amour, votre bonheur;
- pour donner une chance à un enfant pauvre;
- pour former une famille colorée, multi-ethnique, multiculturelle.


Avez-vous conscience de ce que signifie le fait de « transplanter » en Europe un enfant issu d’une autre culture ?
Au minimum, êtes-vous capable de vous remettre en question ?

Écrit par : Pascale | 19/06/2008