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30/06/2008

Prévenir la première des violences faites aux enfants: l'abandon à la naissance

ConseilEurope.jpgPreventing the first form of violence against children: abandonment at birth

Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe. Doc. 11538. 25 mars 2008.

 

Résumé

L’abandon de nouveau-nés est un phénomène qui est loin de se tarir en Europe. C’est un phénomène complexe qui met en jeu des droits autres que ceux de la mère, à savoir les droits de l’enfant et les droits du père.

L’Assemblée affirme le droit de l’enfant de vivre en famille et son droit de connaître ses origines, droit constitutif de l’être humain et vital pour son développement.

Pour lutter contre l’abandon, l’Assemblée invite les Etats membres à, entre autres, assurer aux femmes le libre choix de la maternité, un accompagnement social et des aides appropriées aux futures jeunes mères et au couple mère/enfant, l’enregistrement gratuit des enfants nouveau-nés et des procédures d’abandon transparentes et équitables aux fins d’adoption.

 


A.       Projet de résolution

1.       L’Assemblée parlementaire est consciente que l’abandon d’enfants, notamment de nouveau-nés, a toujours existé et qu’il existera toujours. Il y aura toujours des mères en détresse qui estimeront avoir de très bonnes raisons d’abandonner leur enfant à la naissance (déni de grossesse, grossesse hors mariage, grossesse précoce, pauvreté, VIH/sida, etc.). Il y a eu également par le passé dans certains Etats de l’Europe orientale des politiques qui ont « institutionnalisé » l’abandon d’enfants ou incité à la remise systématique à l’Etat des enfants de parents en difficultés; ces politiques ont laissé des traces dans les mentalités des populations et dans celles des personnels des maternités.

2.        L’Assemblée est toutefois préoccupée car aujourd’hui, malheureusement, le phénomène de l’abandon d’enfants est loin de se tarir. Les difficultés économiques, la pauvreté, le VIH/Sida font qu’un fort taux d’abandons d’enfants à la naissance perdure dans certains des Etats de l’Europe centrale et orientale et que ce phénomène réapparaît dans les Etats d’Europe occidentale, même s’il n’est certainement pas d’une ampleur comparable.

3.       Elle note d’ailleurs que les données sur la problématique sont rares; pour répondre à ce défi par des mesures pertinentes, il importerait de mieux quantifier le problème et de disposer de données chiffrées et notamment une répartition des abandons par sexe. Il convient également de mieux connaître et de définir avec certitude le profil type de la mère qui abandonne son enfant. En Europe occidentale, il semble s’agir le plus souvent de très jeunes femmes sans autonomie (soit d’origine étrangère, migrantes irrégulières, prostituées).

4.       L’Assemblée note que l’adoption est devenue un marché et que le manque de bébés adoptables en occident apparaît comme un facteur aggravant. L’adoption est étroitement liée à la problématique de l’abandon, tout comme le trafic d’enfants. Un reproche souvent avancé par les organisations non gouvernementales est de ne pas suffisamment informer les mères en détresse sur les possibilités qui leur sont offertes et de profiter de leur faiblesse pour favoriser en quelque sorte l’abandon des nouveau-nés.

5       L’abandon d’enfants à la naissance est une question complexe qui par ailleurs met en jeu des droits autres que ceux de la mère: les droits de l’enfant et les droits du père. Il est impossible aujourd’hui d’ignorer les droits de l’enfant, en particulier le droit de l’enfant de vivre dans une famille et le droit de connaître ses origines; il est tout aussi difficile de passer sous silence les droits des pères.

6.       L’Assemblée constate qu’en Europe et dans le monde entier, on assiste au retour controversé des tours à bébés du Moyen Age. Dans de nombreux pays, l’abandon d’enfants est considéré comme un crime et ce système est alors perçu par certains comme une incitation à commettre un crime et à déresponsabiliser les mères. Les tenants du système invoquent pour arguments en faveur de sa généralisation la lutte contre l’avortement, la prévention des infanticides, de la maltraitance, de l’abandon des bébés dans les lieux publics et la certitude de voir les enfants adoptés.

7.       Pour l’Assemblée, l’abandon de nouveau-nés pose nettement la question de l’accessibilité des femmes - et notamment des femmes migrantes – aux droits sexuels et aux services de santé reproductive. Même lorsque l’interruption volontaire de grossesse est permise, elle reste soumise à de nombreuses formalités administratives qui sont autant d’obstacles pour bien des femmes en détresse.

8.       L’Assemblée réaffirme sa position en faveur de la désinstitutionalisation des enfants abandonnés et de la priorité à donner aux formes alternatives et familiales de prise en charge de ces enfants. Elle réaffirme également que l’adoption nationale doit primer sur l’adoption internationale.

9.        L’Assemblée invite les Etats membres:

9.1.       à articuler leur politique familiale autour d’un principe intangible et prioritaire: le respect des droits de l’enfant, en particulier le droit de l’enfant de vivre dans sa famille et son droit de connaître ses origines, droit constitutif de l’être humain et vital pour son développement;9

9.2.       à prévoir un accompagnement des futures mères et des jeunes mères: ce qui implique notamment un suivi médico-social de la grossesse, la protection contre le virus VIH/Sida et des mesures pour prévenir la transmission mère /enfant, l’accompagnement à l’accouchement, la non séparation de l’enfant de la mère lors de la délivrance, ainsi que le suivi médico-social post natal du couple mère/enfant;9

9.3.       à prendre en compte de façon appropriée la charge financière que représente la venue d’un enfant;9

9.4.       à reconnaître pleinement le droit des femmes au libre choix de la maternité ce qui signifie un accès légalisé et facilité aux droits sexuels et aux services de santé reproductive ;9

9.5.       et à porter une attention particulière aux groupes de jeunes filles et femmes particulièrement vulnérables comme les femmes migrantes, les femmes porteuses du VIH/Sida, ou les femmes originaires de groupes minoritaires.

10.       Les Etats membres sont également invités à élaborer une politique proactive de prévention de l’abandon des nouveau-nés qui:

10.1.       bannisse toutes pressions sur la mère et toutes mesures incitatives à l’abandon d’enfant de la part du personnel médical et paramédical ou des autorités gouvernementales;

10.2.       prévienne l’abandon sauvage qui met la vie du nouveau-né en danger, par des mesures appropriées comme le développement de structures d’accueil accessibles;

10.3.       assure la prévention des maternités précoces et non désirées notamment par l’information et l’éducation sexuelle à l’école;

10.4.       assure une meilleure information des mères appartenant en particulier aux groupes vulnérables sur toutes les possibilités offertes pour les aider, notamment financières pour faire face à la charge économique supplémentaire que représente l’enfant;

10.5.       et aide à la création et au développement de lieux d’accueil et d’hébergement temporaire du couple mère/enfant.

11.       Les Etats membres du Conseil de l’Europe doivent inciter les mères à laisser leur identité même si par ailleurs il convient de développer des formes d’accouchement protégé dans la discrétion au bénéfice de la mère. L’enfant ne doit pas être privé de son droit de connaître ses origines et ce avant même sa majorité.

12.       Pour lutter contre le trafic d’enfants nouveau-nés, l’Assemblée recommande que l’enregistrement de tous les enfants à la naissance soit une obligation totalement gratuite pour les parents; des mesures incitatives pour une telle déclaration peuvent être prévues comme par exemple l’octroi de primes à la naissance.

13. L’Assemblée demande aux Etats membres de prévoir des procédures transparentes d’abandon des nouveau-nés aux fins d’adoption nationale et internationale; des délais raisonnables doivent permettre à la mère de se rétracter si elle le souhaite et dans toute la mesure du possible le consentement du père ne doit pas être négligé; le recours à l’adoption nationale ou internationale ne doit pas priver l’enfant d’accéder à la connaissance de ses origines ni le lui interdire.

14.        Enfin, l’Assemblée considère qu’il y aurait manquement à ses obligations pour tout Etat membre du Conseil de l’Europe qui n’adopterait pas une politique donnant à chaque enfant - quels que soient ses origines et le lieu où il vit - l’opportunité de développer au mieux son potentiel. Chaque Etat doit avoir l’obligation d’assurer, à tout instant un environnement familial sécurisé pour chaque enfant que ce soit dans sa propre famille, sa famille d’accueil ou sa famille d’adoption. Aucun enfant ne doit sans nécessité subir de préjudice dans les structures éducatives, sanitaires et sociales disponibles. Un manquement à ces obligations serait indigne de tout Etat et du maintien de sa qualité de membre du Conseil de l’Europe. Le Conseil de l’Europe, dans son ensemble, se doit de s’assurer que chaque Etat assume ses obligations vis à vis des enfants et des rapports réguliers doivent être présentés à l’Assemblée quant à leur respect par les Etats membres.

 

B.       Exposé des motifs par M. Hancock, rapporteur


 

1.       La proposition « Prévenir la première des violences faites aux enfants: l’abandon à la naissance », Doc. 10921, initialement présentée par Mme Bargholtz (Suède), a été confiée au Président de la sous-commission de l’enfant Michael Hancock (Royaume-Uni), nommé rapporteur.

2.       Le rapporteur a souhaité adresser un questionnaire directement aux différents Etats membres; il tient tout particulièrement à remercier ses assistantes Mmes Vanessa Metcalf et Ekaterina Zatuliveter, qui grâce à leur travail diligent, ont permis de collecter une vingtaine de réponses (Autriche, Belgique, Bulgarie, République tchèque, Finlande, Grèce, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Roumanie, Saint Marin, Slovaquie, Slovénie, Suisse, Turquie, Royaume-Uni et Ukraine.) et d’en tirer quelques enseignements et conclusions.

3.       Lors d’une réunion à Berlin, la commission a notamment entendu Sœur Chiara, Directrice de l’hôpital St Joseph qui a explicité le fonctionnement du Tour à bébés installé en 2001. Le rapporteur a été autorisé à se rendre en visite d’étude en Ukraine (27-30 août 2007).Il remercie les autorités ukrainiennes et tous ses interlocuteurs pour l’accueil qui lui a été réservé et l’intérêt des informations recueillies sur place.

4.       L’abandon d’enfants notamment des nouveau-nés a toujours existé et existera toujours. Il y aura toujours des mères en détresse qui estimeront avoir de très bonnes raisons d’abandonner leur enfant à la naissance (déni de grossesse, grossesse hors mariage, grossesse précoce, pauvreté etc.). Il y a eu également par le passé dans certains Etats de l’Europe orientale des politiques qui ont « institutionnalisé » l’abandon d’enfants ou incité à la remise à l’Etat des enfants de parents en difficultés; ces politiques ont laissé encore des traces dans les mentalités des populations et dans celles des personnels des maternités.

5.       Aujourd’hui, malheureusement, il apparaît que le phénomène de l’abandon d’enfants est loin de se tarir. Les difficultés économiques, la pauvreté, le VIH/Sida etc. font qu’un fort taux d’abandons d’enfants à la naissance perdure dans certains des Etats de l’Europe centrale et orientale. Même si, en comparaison, ce phénomène reste relativement mineur dans les Etats d’Europe occidentale, il est également bien réel et semble en augmentation. L’adoption devenue un marché et le manque de bébés adoptables en occident apparaissent comme des facteurs aggravants.

6.       Les données chiffrées nationales quant aux abandons de nouveau-nés semblent rares voire inexistantes (par exemple en Belgique). On trouve des données statistiques sur les enfants remis aux institutions. Certains Etats avancent que chez eux le phénomène de l’abandon d’enfants nouveau-nés n’existe pas (par exemple en Slovénie et au Liechtenstein) ou est très rare (Finlande). L’Ukraine qui reconnaît la sous estimation du phénomène (1549 abandons en 2004 mais 998 seulement en 2006) a récemment décidé d’adopter une gestion informatisée de ces données.

7.       Les nouveau-nés sont retrouvés abandonnés dans des poubelles, sur des trottoirs etc.: on parle alors d’abandon sauvage et les chances de survie des bébés sont minimes; certains ont plus de chance et sont abandonnés de façon anonyme dans une structure prévue à cet effet ou sont de façon légale donnés aux fins d’adoption à l’hôpital ou dans une institution pour enfants.

8.       On assiste au retour controversé des tours à bébés du Moyen Age en Europe: en Allemagne, Suisse, Autriche, Hongrie, Slovaquie, Belgique, Italie, des boites à bébés sont installées, accessibles de l’extérieur; on peut y déposer le bébé ce qui déclenche en général une alarme; le bébé est alors pris en charge, soigné, nourri et confié à des parents nourriciers en attendant son adoption. L’enfant est en principe immédiatement enregistré; il reçoit un nom et un prénom.

9.       L’Europe n’est pas seule en cause. C’est un phénomène mondial. Le Japon vient d’en créer un dans la ville de Kumamoto. Aux Etats Unis depuis l’entrée en vigueur des lois « Safe Haven » en 1999, la plupart des Etats permettent la dépose anonyme des bébés (de la naissance jusqu’à un an!) dans certains lieux sécurisés sans risque de poursuites pénales.

10.       Le plus souvent une lettre est remise à la mère qui lui indique comment faire pour reprendre son bébé si elle change d’avis et l’informe des diverses aides qui pourraient lui permettre d’assumer la charge de son enfant.

11.       Ces boites à bébés font l’objet d‘une grande controverse; dans beaucoup de pays l’abandon notamment sauvage est considéré comme un crime et ce système est alors perçu par certains comme une incitation à commettre un crime et à déresponsabiliser les mères. Le plus souvent, ces initiatives n’ont pas de base légale (par exemple en Belgique). L’Allemagne a récemment décidé d’en autoriser la publicité.

12.       Les tenants du système invoquent pour arguments en faveur de la généralisation de ces boites à bébés la lutte contre l’avortement, la prévention des abandons sauvages, celle des infanticides, de la maltraitance et la certitude de voir les enfants adoptés.

13.       Ces mêmes arguments valent en faveur de l’accouchement dans l’anonymat qui semble cependant peu répandu. La plupart des Etats connaissent l’obligation légale des parents et notamment de la mère de faire enregistrer l’enfant à sa naissance.

14.       Ce genre d’accouchement anonyme trouve son expression extrême en France qui est un des rares pays à connaître depuis longtemps la procédure de l’accouchement sous X. L’accouchement sous X donne à la femme la possibilité d’accoucher dans l’anonymat complet et l’enfant est privé de filiation maternelle et devient adoptable.

15.       Récemment pour respecter les droits de l’enfant, et notamment son droit à connaître ses origines (cf. la Convention de l’ONU sur les droits de l’enfant de 1989), cette procédure a été quelque peu modifiée: les femmes sont incitées à décliner leur identité sous le sceau du secret et l’enfant devenu adulte pourra ainsi retrouver ses origines, si toutefois la mère en est d’accord. On parle alors d’accouchement dans la discrétion!

16.       Il est impossible aujourd’hui d’ignorer les droits de l’enfant; il est tout aussi difficile de passer sous silence les droits des pères. Quid donc des droits du père en cas d’accouchement sous X ou dans la discrétion? Le père n’a rien à dire, il peut ignorer la grossesse et ne participe pas à la décision d’anonymat. Il sera privé de sa paternité. En France l’accouchement sous X prive en principe le père de tout droit même en cas de reconnaissance de la paternité in utero; ce qui a été remis en cause tout récemment, dans un arrêt de la Cour de Cassation d’avril 2006 (Affaire Peter).

17.       La France connaît encore environ 500 accouchements sous X par an, contre les 10.000 cas des années soixante avant la légalisation de la contraception et de l’avortement.

18.       Il est difficile de connaître et de définir avec certitude le profil type de la mère qui abandonne son enfant. En Europe occidentale, il semblerait qu’il s’agit le plus souvent de très jeunes femmes, souvent d’origine étrangère, sans autonomie (soit migrantes irrégulières, soit prostituées ou encore jeunes filles de milieu musulman) qui pour une raison donnée n’ont pu recourir à la contraception et à l’avortement.

19.       L’abandon d’enfant pose en effet la question de l’accessibilité des femmes (et notamment des femmes migrantes) à la contraception et à l’avortement. Ce dernier n’est pas dépénalisé dans tous les pays .Même lorsqu’il est permis, il reste soumis à de nombreuses formalités administratives qui sont autant d’obstacles pour bien des femmes en détresse. Dans certains cas et dans certains pays, la clause de conscience des médecins ou encore des délais stricts mis à l’interruption de grossesse peuvent parfois vider ce droit reconnu en principe aux femmes de son contenu.

20.       Dans les pays d’Europe centrale et orientale le nombre d’enfants abandonnés en institutions reste élevé. Le cas de la Roumanie est connu et dans ce pays les mentalités restent encore imprégnées de l’héritage de la dictature communiste en ce qui concerne l’abandon des enfants à l’Etat. Aujourd’hui la pauvreté et l’incapacité pour les parents de faire face à la charge que représente l’enfant expliquent les abandons en nombre. En Ukraine les raisons avancées pour comprendre l’abandon des enfants sont les pressions familiales sur la mère, le défaut de logement ou de ressources suffisantes, le fait que la mère était elle-même enfant abandonnée et les problèmes de drogue ou d’alcoolisme. Dans ce pays persiste parfois une mentalité favorable à l’institutionnalisation, pourvoyeuse d’emplois et de revenus; mais grâce aux efforts actuels du gouvernement cette tendance est contrecarrée et l’Ukraine connaît de réelles améliorations, tout comme la Roumanie et la Bulgarie. Le rapporteur à ce sujet rappelle ses rapports précédents (Recommandation 1601 (2003), Doc 9692 et Recommandation 1698 (2005), Doc 1452) consacrés au sort des enfants en institutions.

21.       Il y a également le cas particulier des mères atteintes du virus VIH/SIDA qui abandonnent leur enfant nouveau-né porteur ou susceptible d’avoir le virus. Ce phénomène touche notamment la Russie, l’Ukraine, la Géorgie etc. Faute de structures adéquates et du fait de la stigmatisation attachée à la séropositivité, les nouveau-nés sont victimes de ségrégation dans des institutions spécialisées (quand elles existent et à défaut dans les hôpitaux: Human Rights Watch avançait en 2005 le chiffre de 50 % de ces enfants dans ce cas) au motif qu’ils sont alors plus faciles à soigner. Les institutions existantes refusent bien souvent de les accueillir même si c’est illégal; des prétextes sont toujours trouvés!

22.       Le plus souvent ces enfants ne bénéficient pas de l’attention et de l’éducation nécessaires faute de personnel approprié dans ces institutions, et souffrent de retards importants de développement, ce qui est particulièrement dommageable pour tous ces enfants et notamment ceux qui à 18 mois ont la chance d’avoir un test VIH qui s’avère finalement négatif.

23.       Dans un grand nombre de pays qui ont répondu au questionnaire envoyé par le rapporteur, il semble qu’il existe une obligation légale pour les autorités de rechercher la famille d’origine de l’enfant trouvé abandonné (ex. en Allemagne, Norvège, Pologne, Slovaquie, Suisse, République tchèque). Toutefois peu d’information est disponible sur les formes et les délais que prend cette recherche!

24.       Le rapporteur n’a pas voulu approfondir ici la question des modalités juridiques très complexes des procédures légales d’abandon des enfants qui mériteraient cependant d’être étudiées en détail, mais dans un autre rapport. Ces procédures comportent des conditions diverses selon les pays. Ces conditions peuvent être orientées selon que l’on veut favoriser ou non la rupture totale ou partielle des liens avec la famille d’origine, favoriser ou non l’adoption des enfants en bas âge ou encore viser à la réinsertion future de l’enfant dans la famille d’origine à plus long terme. Il s’agit là alors de choix relevant de la politique familiale.

25.       L’adoption est étroitement liée à la problématique de l’abandon, tout comme le trafic d’enfants. L’adoption est devenue un véritable marché juteux. Les bébés se font rares en Europe de l’ouest; souvent le reproche est avancé par les associations de ne pas suffisamment informer les mères en détresse sur les possibilités qui leur sont offertes et de profiter de leur faiblesse pour favoriser en quelque sorte l’abandon des nouveau-nés.

26.       Le rapporteur a déjà mentionné plus haut les pratiques incitatives à l’abandon qui ont sévi longtemps en Europe centrale et orientale et qui ont laissé des traces dans les mentalités. Les journaux des pays européens font régulièrement état de vente et trafic de nouveau-nés aux fins d’adoption illégale. Le rapporteur a consacré déjà plusieurs rapports à la situation des enfants en institutions et il tient à rappeler que l’adoption nationale, voire internationale, est toujours préférable à l’institutionnalisation des enfants.

27.       Compte tenu de la situation alarmante que connaissent certains pays d’Europe centrale et orientale quant aux abandons d’enfants, de nombreuses ONGs et Organisations internationales comme l’Unicef sont amenées à créer des centres d’accueil pour offrir aux jeunes mères et à leur enfant un accueil temporaire qui évite l’abandon en institution. L’Unicef ainsi a créé d’ores et déjà plusieurs centres en Ukraine qui accueillaient en 2006 une soixantaine de femmes et leurs nouveau-nés et dont l’action aboutit à la reconstitution de la vie familiale. Le rapporteur, au cours de son séjour en Ukraine a visité un tel centre à Cherniliv. La Géorgie connaît de tels centres également depuis 2003.

 

Conclusions


 

28.       L’abandon d’enfants à la naissance est une question complexe qui par ailleurs met en jeu des droits autres que ceux de la mère: les droits de l’enfant et les droits du père. La première constatation à retenir est que les données sur la problématique sont rares: il importerait de quantifier le problème et de disposer de données chiffrées et notamment une répartition des abandons par sexe. Les raisons de l’abandon sont complexes et varient selon les cas et certaines échappent au domaine politique.

29.       Mais en Europe notamment centrale et orientale les principales raisons semblent être la pauvreté, la précarité et l’incapacité de la mère de faire face à la charge économique que représente l’enfant.

30.       Ceci implique des choix de politique familiale qui prennent en compte la charge financière que représente la venue d’un enfant et le nécessaire suivi de la maternité et accompagnement des jeunes mères.

31.       Toutes les mesures proposées devraient s’articuler autour d’un principe intangible et prioritaire: le respect des droits de l’enfant, en particulier le droit de l’enfant de vivre dans sa famille et de connaître ses origines, droit constitutif de l’être humain et vital pour son développement.

32.       Une attention particulière devrait être portée à des groupes vulnérables comme les jeunes femmes migrantes, les femmes VIH/Sida, ou originaires de groupes minoritaires.

33.       Une politique proactive de prévention de l’abandon des nouveau-nés devrait:

33.1.       bannir toutes pressions sur la mère et toutes mesures incitatives à l’abandon d’enfant de la part du personnel médical et paramédical ou des autorités gouvernementales;

33.2.       prévenir l’abandon sauvage qui met la vie du nouveau-né en danger par des mesures appropriées comme le développement de structures d’accueil accessibles;

33.3.       refuser de permettre légalement la maternité secrète; il devrait y avoir obligation pour la mère de laisser son identité même si on peut évidemment développer des formes d’accouchement protégé dans la discrétion pour la mère; mais l’enfant ne doit pas être privé de son droit de connaître ses origines et ce même avant sa majorité;

33.4.       inciter à l’enregistrement de tous les enfants à la naissance; il doit être une obligation et totalement gratuit pour les parents; des mesures incitatives, notamment l’octroi de primes à la naissance devraient être prévues. Un système d’allocations financières suffisantes pour charge d’enfants doit être instauré et ce dès le premier enfant;

33.5.       prévoir des procédures transparentes d’abandon des nouveau-nés aux fins d’adoption; des délais raisonnables doivent permettre à la mère de se rétracter si elle le souhaite et dans toute la mesure du possible le consentement du père ne doit pas être négligé; le recours à l’adoption nationale et internationale ne doit pas priver l’enfant d’accéder à la connaissance de ses origines ni le lui interdire;

33.6.       reconnaître pleinement le droit des femmes au libre choix de la maternité ce qui signifie un accès légalisé et facilité à la contraception et à l’avortement;

33.7.       prévenir les maternités précoces et non désirées par l’information et l’éducation sexuelle notamment à l’école;

33.8.       prévoir un accompagnement des futures mères et des jeunes mères: ce qui implique un suivi médico-social de la grossesse, la protection contre le virus VIH/Sida et sa transmission mère /enfant, l’accompagnement à l’accouchement, la non séparation de l’enfant de la mère lors de la délivrance, ainsi que le suivi médico-social post natal du couple mère/enfant;

33.9.        assurer une meilleure information des mères appartenant notamment aux groupes vulnérables sur toutes les possibilités offertes pour les aider, notamment financières pour faire face à la charge économique supplémentaire que représente l’enfant;

33.10.       et aider à la création de lieux d’accueil et d’hébergement temporaire du couple mère/enfant.

 

Rapport de la Commission des questions sociales, de la santé et de la famille.
Rapporteur: M. Michael HANCOCK, Royaume-Uni.
Source : Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe.

 


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Autre billet sur le "Figaro magazine du we" sur le problème italien des abandons au pays des gentils cathos.
Ce sera long mais je fais l'effort de le taper car remarquez l'esprit du ou de la journaliste(initiales)!
"N'abandonnez pas votre bébé, confiez-le-nous": apposée depuis 2 mois dans Rome, l'affiche est en six langues, dont le chinois et le roumain. Car, elle s'adresse surtout aux immigrées, trés mal informées de leurs droits. Le message leur explique qu'elles peuvent accoucher gratuitement et recevoir des aides financières pour éléver leur enfant; mais qu'elles risquent la prison si elles l'abandonnent n'importe où, au péril de sa vie. Beaucoup l'ignorent en effet. Tout comme, elles ignorent la possibilité d'accoucher anomymement. Résultat: les abandons délicteux se multiplient à Rome. Plus de trente au cours des 2 dernières années dans les rues du quartier pauvre du Casolino; dont beaucoup de bébés trouvés dans les poubelles n'ont pas survécu. D'où, l'idée d'en revenir à une pratique instaurée par le pape innocent 3 au 12° siècle mais aboli par Mussolini, pour déposer le nourrisson... Cela se pratiquait autrefois dans toute l'Europe, sur les marches des églises, sas en pierre dans les couvents... Le "berceau public" inauguré en 12.06 dans le Casolino est nettement plus moderne; bâti à l'arrière d'une maternité et muni de capteurs pour avertir l'infirmière,il contient une couveuse et tout le matériel de réanimation. L'ensemble coûte 40.000 euros. Un seul bébé de 3 mois actuellement. Le dispositif parait donc constituer une solution valable pour tous les pays européens, telles la Belgique, l'Allemagne, la République tchèque ou la Suisse qui se sont équipées elles aussi où le problème se pose, de sas à bébés. En Italie , toutes les grandes villes en seront dotées d'ici peu. Quels progrés!!!!!!!
Forum CADCO. Coordination des Actions pour le Droit a la connaissance des Origines. 11-03-2007.


->  Bébé en boîte en République Tchèque
Info de libération.fr du lundi 20 fev 06. Les deux premières boites à bébé avaient été installées en juin 2005. Le premier bébé a été déposé la semaine dernière. Voici la conclusion du papier du journaliste: "Le concept des boîtes à bébés, très polémique en république tchèque, existe depuis une demi-douzaine d'années en Allemagne,en Suisse, en Autriche ,en Hongie. Lisez l'article! Quelle tristesse!! je me passerais de commentaires!.
Forum CADCO.


->  Boîtes à bébés  un désastre annoncé
BERLIN - "Il y a cinq ans je me suis retrouvée enceinte et le père ne voulait pas reconnaître l'enfant. Ma famille est très pauvre, on ne trouvait pas de travail, et moi qu'est-ce que j'aurais fait? Je ne pouvais pas me permettre d'avoir un enfant et je n'ai pas eu le courage de l'abandonner en rue ou dans un conteneur (Sic! Pourquoi, le reconnaître et le confier «proprement» en adoption, ça ne se fait pas en Allemagne?) comme cela se passe souvent dans ma région. (Un phénomène de mode peut-être?).
J'ai appris qu'il existait des «Centres d'accueil» (Sic!) où, dans le mur, était encastré un tiroir pour nouveau-nés, avec écrit dessus "Babyklappe", et où, en appuyant sur une sonnette, s'ouvrait un portique où l'on pouvait y mettre l'enfant qui aurait ainsi été aussitôt secouru. Le tout dans le plus strict anonymat. Avec une douleur immense, j'ai abandonné mon petit en pensant seulement à son bien vu que si, endéans les huit semaines, je ne l'avais pas réclamé, il aurait été adopté par quelque bonne famille.
Actuellement, ces centres existent dans plusieurs villes vu que nombreux sont les nouveau-nés abandonnés dans des conteneurs. C'est devenu une vraie plaie sociale. Sur les conteneurs apparaissent des inscriptions telles que: "keine Neugeborene hineinwerfen" (ne jetez pas de nouveau-nés ici dedans)".
Journal d'une mère "biologique". Décembre 2005.


->  Ni vu ni connu - la boîte à débarras
Avec beaucoup de tapage médiatique, le groupe anti-avortement «Pour la mère et l'enfant» a installé, au printemps 2001, une «boîte à bébés» à Einsiedeln (canton de Schwyz). Jusqu'à ce jour cependant, aucun enfant n'y a été déposé. Suite au récent incident tragique de Zurich, où une jeune femme droguée a tué son nouveau-né, la discussion autour de la boîte à bébés a été relancée. Conformément aux attentes, cette mesure ne permet toutefois pas d'empêcher de tels drames.
Avortement - Interruption de grossesse : Pour le droit au libre choix. Janvier 2002.

29/06/2008

Accepter sa stérilité

biosphere.jpg[Via le blog Bioshère]




La France se dirige vers la légalisation de la pratique des mères porteuses (Le Monde du 26.06.2008). Rien de nouveau sous le soleil. Dans certaines populations africaines, il existe traditionnellement un mariage légal entre femmes. C'est le cas des Nuer soudanais chez lesquels la fille stérile est considérée comme un homme de son lignage d'origine. La femme stérile perçoit de la sorte une part des dots et avec ce capital, elle peut à son tour acquitter le prix de la fiancée pour une jeune fille qu'elle épouse légalement. Elle lui choisit un homme, un étranger pauvre qui gardera le statut de serviteur, pour engendrer des enfants. Cette histoire, rapportée par Françoise Héritier, montre que le statut de femme stérile engendre socialement des arrangements pour lui procurer un enfant. Il s'agit donc d'une société nataliste pour laquelle l'absence d'enfant est une tare. Les Nuers en arrivent même à procurer un enfant à un mort sans descendance.



En France, les vieux du Sénat proposent aujourd'hui de légaliser la pratique des mères porteuses pour éviter que les enfants nés à l'étranger se trouvent privés de filiation maternelle en France. La maternité pour autrui est en effet tolérée en Belgique et aux Pays-Bas, autorisée au Royaume-Uni au Canada et aux USA, interdite en France par une décision de la Cour de cassation en 1991. Quelques Françaises font donc du tourisme procréatif, par exemple pour 50 000 euros quand on utile les services d'une mère porteuse américaine. Pour les femmes qui ne peuvent mener à terme leur grossesse, par exemple par absence d'utérus, la loi future permettrait d'avoir des enfants en toute sécurité médicale. Mais les humains doivent retrouver le sens des limites, l'éthique est un moyen de mettre un frein à cette volonté occidentale de faire tout ce qu'on a envie de faire du moment qu'on a les moyens de payer. Le bébé n'est pas une marchandise.



Une association défend la légalisation de la gestation pour autrui, la biosphère interdit de contourner la réalité d'une stérilité que la nature a donnée à une femme ou à un homme. D'abord parce que ces différentes pratiques dont les mères porteuses ne sont qu'une facette suppriment une sélection naturelle qui a ses avantages, ensuite parce que le fait de faire des enfants à n'importe quel prix n'est pas une obligation dans un monde déjà surpeuplé, enfin parce que la morale ne peut reposer sur le fait que d'autres pays (ou d'autres personnes) ont mis en place des systèmes qui mettent à mal la filiation.

 

-> Mères porteuses. Va-t-on en France pouvoir "acheter" des enfants ?

28/06/2008

Madonna divorce leaves kids the cold

[ Via le blog de Brian Douglas, "All Children Have Rights" ]



David-Madonna.jpgSome kids have it all - a mother who has defined pop music for decades, a dad who makes movies, and a lifestyle that doesn't leave much to be desired. And they're called Madonna's kids. It is however just fantasy as is the material World the Madonna family lives in and a fantasy that will soon come to an end for the family, with the children being hurt the worst if the news of the Divorce of Madonna and Guy goes ahead as reported in the World press these past few days.

 


Even if the divorce does not go ahead then plainy things are not all rosy in the Madonna family home and this must be having an effect on the children both biological and adopted. Even at a young age children sense family breakdown and feel insecure, often hiding this within themselves.



The shopping spree's that the children have got used to will not matter anymore, but the loss of a Dad in the family home will.



It was well known that Guy was upset when his Wife decided to Adopt young David Banda from Malawi as he had a biological Father there, who could have been given the support needed so he could have had his son at home with him and have seen him grow up into a young man, rather than be whisked away by the material woman Madonna, who just picks kids like you and I go to the supermarket to pick food from the shelves.
What now for David Banda if the divorce goes ahead? Will Madonna give him back to his biological Father or leave him in her home without adoptive Father?



Why didnt she wait and decide on her Marriage first before rushing this adoption through one might ask? The answer as I've said is that sadly the young lad was just a material item for the Rich woman who wanted to prove she could have anything she wanted.



Here we see yet again the lack of respect for the child in intercountry adoptions and these kinds of adoptions must be banned like they are thankfully in Romania, so the rights of the child can be put first.



And lets not foget her son Rocco Richie and Daughter Lourdes Ciccone who will also be torn at the heartstrings by the loss of their Father in the family circle in the future. The loss of a Father will do untold and unseen damage to these children and even the Nanny will not be able to console their fears for the future.



The talk in the press about the prospect of divorce centers around the finacial settlement I note but there is no mention of the children! Clearly they come a sad second.

17:28 Écrit par collectif a & a dans Adoption spectacle | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : madonna, david banda, divorce, abandon, adoption | |  del.icio.us

25/06/2008

Les risques éthiques de l’adoption privée

terredeshommes.jpgDans les pays parties à la Convention de La Haye sur la protection des enfants (CLH), l’adoption privée implique l’intervention au moins des Autorités centrales et/ou compétentes. L’enfant, les candidats adoptants et les parents d’origine peuvent alors manquer de l’accompagnement psychosocial tout au long de la procédure, ainsi que des garanties de contrôle de proximité des partenaires étrangers, en principe offerts par l’OAA. Mais la CLH offre toujours un cadre sécurisant à la procédure, dans la mesure où elle est correctement appliquée - ce qui est loin d’être toujours le cas, raison pour laquelle l’intervention d’un OAA présente également des avantages.

 

La situation est beaucoup plus problématique dans les pays d’origine non parties à la CLH. L’adoption privée ou individuelle recouvre les situations dans lesquelles les candidats adoptants entreprennent eux-mêmes les démarches dans les pays d’origine ou grâce au recours de tiers, pour lesquels l’Etat d’accueil ne dispose pas nécessairement de garanties.

 

Dans les pays où elle est librement accessible, la poursuite de la voie privée ne semble cependant légalement pas plus compliquée qu’une adoption par un OAA - au contraire même parfois plus simple. Au mépris des règles professionnelles de l’apparentement, garantes du processus d’attachement entre l’enfant et les adoptants, ceux-ci pensent souvent préférable de rechercher eux-mêmes l’enfant qui corresponde le plus à leurs attentes. Fréquemment, la voie privée est présentée comme plus rapide que l’adoption à travers un OAA - même si dans certains cas, des adoptants privés ont attendu indéfiniment et en vain l’enfant promis.

 

En outre, les candidats adoptants n’ont pas toujours l’esprit critique face aux sollicitations de toutes sortes. C’est la voie à tous les abus (illégalités, corruption, pression sur les parents ou le pays d’origine, enlèvement d’enfant…). Par ailleurs, même si les candidats adoptants doivent recevoir l’autorisation d’adopter dans leur pays de résidence, ni l’enfant ni les parents d’origine ni les adoptants ne bénéficient d’un accompagnement psychosocial et légal spécifique, élément important pour la réussite de l’adoption.

 

La politique de restriction, voire d’interdiction de l’adoption privée choisie par l’Italie et la Norvège est bien plus cohérente avec la Convention des droits de l’enfant et la CLH. Elle renforce la protection des intérêts des enfants, sans discrimination selon qu’ils vivent dans un pays partie ou non à la CLH. Mais il faut toutefois que les OAA présentent des garanties réelles de protection des droits de l’enfant. Sinon, le problème est simplement déplacé.

 


L’obligation généralisée de passer par un OAA limiterait certainement les risques d’abus et de trafic d’enfants, ainsi que de pratiques non professionnelles. Significativement, elle est d’ailleurs imposée par un nombre croissant de pays d’origine.

 


Lorsque l’adoption privée est autorisée, les pays d’accueil devraient offrir aux enfants adoptés de manière privée les mêmes prestations et garanties qu’aux enfants adoptés par OAA, par application du principe de non discrimination entre les enfants (art. 2 de la Convention des droits de l’enfant). Cette exigence est souvent impossible à respecter pour un grand nombre de procédures concrètes, et milite donc en faveur de la restriction de l’adoption privée. Dans les pays d’accueil n’interdisant pas l’adoption privée, il relève de la responsabilité individuelle et de l’éthique des candidats adoptants d’éviter la démarche de l’adoption privée.

 


CLH : Convention de La Haye sur la protection des enfants
OAA : organisme agréé d'adoption

 

Source : "Adoption: à quel prix? Pour une responsabilité éthique des pays d’accueil dans l’adoption internationale".
Rédigé par: Isabelle Lammerant, experte d’adoption internationale en droit comparé, et Marlène Hofstetter responsable du secteur Adoption internationale.
Fondation Terre des hommes – aide à l’enfance, Lausanne, Suisse - 2007.

 

- Adopter un enfant : à tout prix ?



"Terre des hommes" pointe les lacunes législatives des pays d'accueil. L'organisation fustige en particulier l'adoption privée. "Souvent, les parents ne sont pas conscients qu'ils sont piégés dans des situations de trafic d'enfants."

C'est l'histoire d'une Française, qui s'est directement adressée à un orphelinat à Katmandou pour adopter un petit Népalais. Moyennant 3 000 dollars, on lui a envoyé la photo de l'enfant promis. Sans même vérifier si elle avait obtenu l'agrément des autorités françaises. Sans même donner de garanties d'adoptabilité de l'enfant.

"Au Népal, ils sont spécialistes. On déclare un enfant trouvé, avec rapport de police, alors qu'il a toute sa famille. On lui vole son identité" , explique Marlène Hofstetter, responsable du dossier "Adoption internationale" à la Fondation "Terre des hommes".

L'organisation, qui vient de publier un rapport "pour une responsabilité éthique des pays d'accueil", fustige précisément l'adoption privée, telle qu'elle est encore pratiquée en France, en Espagne ou en Suisse - mais plus en Belgique, sans le recours à un organisme agréé d'adoption.

"Les pires abus"

Elle s'inquiète plus encore lorsque des parents partent à la recherche d'un gamin, sur Internet par exemple, dans des pays qui n'ont pas ratifié la Convention de La Haye réglementant l'adoption entre pays depuis 1993. "Des couples travaillent à l'étranger ou ont des contacts avec ces Etats, et nous n'avons pas voulu faire d'exclusion", justifie Wolfgang Meincke, responsable du placement des enfants au ministère allemand de la Famille. "Mais nous n'avions pas, en 2001, évalué les risques de l'adoption privée", reconnaît-il.

"Ce type de procédure est le lieu potentiel des pires abus de l'adoption internationale : sélection des enfants par les candidats adoptants, pressions sur les parents d'origine, corruption, faux documents, illégalités procédurales, enlèvements d'enfants", égrènent les auteurs du rapport intitulé "Adoption : à quel prix ?" et présenté hier à Bruxelles. Or, en France et en Suisse, deux tiers des adoptions internationales passent par cette filière. "Et souvent, les parents ne sont pas conscients qu'ils sont piégés dans des situations très complexes de trafic d'enfants", précise Marlène Hofstetter. Les lacunes législatives des pays d'accueil sont considérées comme des facteurs favorisant la corruption, la pression et l'illégalité.

"Par la pression sur les pays d'origine que représentent des centaines, voire des milliers d'adoptants individuels insistant auprès des mêmes autorités surchargées, l'adoption privée constitue en outre un frein essentiel au développement d'une adoption internationale centrée sur les enfants et non les adultes", remarque "Terre des hommes". "Notre but est de donner une famille à un enfant et non un enfant à une famille", se défend Richard Bos, secrétaire général de l'Autorité centrale en France, très critiquée par l'organisation.

L'un des problèmes fondamentaux, c'est que, contrairement aux idées reçues, la demande dépasse l'offre. En Belgique, citée en exemple par "Terre des hommes", on informe les parents que l'environnement international est fait de "possibilités décroissante et de concurrence croissante", indique Didier Dehou, directeur de l'Autorité centrale communautaire française. "Nous savons pertinemment que la demande croissante ne sera peut-être pas rencontrée."


Source : La Libre Belgique. 27/02/2008.

 

24/06/2008

L’adoption privée, source importante d’abus

adoptionAquelprixTDH.jpgL’adoption privée (également appelée adoption indépendante ou "sauvage") consiste, pour les candidats adoptants, à réaliser une adoption internationale sans le recours à un organisme agréé d’adoption (OAA). Lorsque les deux pays concernés sont parties à la CLH, les candidats agissent à tout le moins par l’intermédiaire des Autorités centrales et/ou compétentes. Dans la mesure où la CLH est correctement appliquée - ce qui est loin d’être toujours le cas - elle pose un cadre légal et éthique minimal dans l’intérêt des candidats adoptants, des enfants et des parents d’origine. L’intervention d’un OAA offre cependant des garanties additionnelles importantes à la réussite d’une adoption, garanties qui concernent d’une part l’accompagnement psychosocial tout au long de la procédure, d’autre part la fiabilité et le professionnalisme du partenaire local dans le pays d’origine.



Lorsque l’adoption privée est pratiquée dans un pays d’origine non partie à la CLH, aucune garantie n’est présente, autre que celles, très variables et diversement appliquées, inclues dans la législation du pays d’origine.



Ce type de procédure est le lieu potentiel des pires abus de l’adoption internationale: sélection des enfants par les candidats adoptants (prohibée par la CLH et psychologiquement problématique), pressions sur les parents d’origine, corruption, faux documents, illégalités procédurales, enlèvements d’enfants…



Par la pression sur les pays d’origine que représentent des centaines, voire des milliers d’adoptants individuels insistant auprès des mêmes autorités surchargées, l’adoption privée constitue en outre un frein essentiel au développement d’une adoption internationale centrée sur les enfants et non sur les adultes.



Un nombre croissant de pays d’origine et d’accueil restreignent l’accès à l’adoption privée, voire imposent aux adoptants de passer par un organisme agréé, et ce dans l’intérêt des enfants adoptables et sans discrimination selon que la CLH s’applique ou non.
Dans le panel étudié, l’Italie et la Norvège imposent le passage par un OAA, sauf cas tout à fait exceptionnels (de l’ordre de 1% du total des adoptions internationales), essentiellement des adoptions, par des résidents étrangers, dans leur pays d’origine pour lequel il n’existe pas d’OAA actif. La législation allemande sur l’adoption interdit l’adoption privée. Cependant, il est facile de faire reconnaître une adoption prononcée à l’étranger par les autorités allemande et, de ce fait, de pouvoir contourner la loi.



Dans d’autres pays européens (Espagne, France, Suisse), l’adoption privée est légalement totalement ouverte, et elle concerne, en moyenne, en France et en Suisse, les 2/3 des adoptions internationales, en particulier avec les pays d’origine les plus vulnérables au trafic. Ces adoptions privées sont loin de bénéficier de garanties analogues à celles des adoptions par OAA. Depuis la loi du juillet 2005, l’implication de l’Autorité centrale française dans les adoptions « strictement privées » avec les pays non parties à la CLH a ainsi notablement diminué. La situation est donc hautement préoccupante.



Lorsque l’adoption privée est autorisée, fût-ce à titre exceptionnel, il incombe aux Autorités des pays d’accueil et d’origine, pour respecter leurs obligations internationales au titre de la Convention des droits de l’enfant et de la CLH, et notamment pour ne pas discriminer entre les enfants, de garantir elles-mêmes les prestations offertes par les OAA. Il s’agit en particulier de l’accompagnement psychosocial de l’enfant, des parents d’origine et des candidats adoptants tout au long de la procédure et de la vérification de la fiabilité et du professionnalisme du partenaire local dans le pays d’origine (Belgique). Ces tâches, auxquelles les Autorités centrales sont moins bien préparées que les OAA, ne peuvent être sérieusement assurées que dans un nombre limité de situations et ne le sont en pratique fréquemment pas.


Pour centrer l’adoption sur l’intérêt supérieur de l’enfant, Terre des hommes recommande donc à chaque pays d’accueil:

• de restreindre légalement le recours à l’adoption privée, voire d’interdire l’adoption privée

• dans les cas exceptionnels où celle-ci est autorisée, veiller à ce que l’Autorité centrale offre à tous les intéressés des garanties analogues à celles des OAA, notamment concernant l’accompagnement psychosocial et la vérification de la fiabilité et du professionnalisme du partenaire local dans le pays d’origine.


CLH : Convention de La Haye sur la protection des enfants
OAA : organisme agréé d'adoption
CDE : Convention relative aux droits de l'enfant




Source : "Adoption : à quel prix? Pour une responsabilité éthique des pays d'accueil dans l'adoption internationale."
Rédigé par: Isabelle Lammerant, experte d’adoption internationale en droit comparé, et Marlène Hofstetter, responsable du secteur Adoption internationale.
Fondation Terre des hommes – aide à l’enfance (www.tdh.ch). 2007.

 

En savoir plus


-> Adoption internationale : Intérêt de l’intervention obligatoire des organismes agréés des pays d’accueil, sous le contrôle des Autorités centrales.
Pour remplir pleinement leurs obligations internationales et éthiques, il revient aux Etats d’envisager le recours obligatoire, par les candidats adoptants, aux OAA des pays d’accueil. Un nombre croissant d’Etats d’accueil et d’origine l’imposent déjà.
Centre International de Référence pour les droits de l’enfant privé de famille (SSI/CIR). Septembre 2004.


-> Obligation de passer par un organisme agréé pour l’adoption internationale ?
Pour l’adoption internationale, le SSI est favorable à l’intervention d’organismes agréés, particulièrement dans les pays d’accueil car ils assurent le lien concret au cas par cas entre le pays d’origine et le pays d’accueil, entre l’enfant et la famille adoptive, entre le terrain et le niveau gouvernemental.
Centre International de Référence pour les droits de l’enfant privé de famille (SSI/CIR). Octobre 2004.

 

-> Pour un respect des droits de l’enfant dans l’adoption internationale.
Dans la recommandation 1443 (2000), l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe condamne fermement l'adoption indépendante.

23/06/2008

République de Maurice. Bébés à vendre en vue d'adoptions.

bebesavendre.jpgAdopter un enfant. Un rêve inatteignable pour certains. C'est ainsi que certaines familles, dans le besoin, vont jusqu'à vendre leurs enfants à des candidats à l'adoption. Des transactions qui s'élèvent à quelques dizaines de milliers de roupies. Enquête sur ce sordide commerce en République de Maurice.



 
Mala se souvient encore de ce jour de mars, lorsqu'un couple a frappé à la porte de sa maisonnette en tôle. Il avait fait le voyage de Rose-Hill à Roches-Noires pour lui demander une chose qu'elle n'aurait jamais crue possible : son enfant. Déjà mère de trois garçons et de quatre filles, Mala est alors enceinte de sept mois. « Ils m'ont fait comprendre qu'ils étaient prêts à payer pour que je leur donne mon fils à la naissance en échange d'argent. Ils m'ont même assuré qu'ils prendraient en charge tous les frais si j'accouchais dans une clinique », explique ce petit bout de femme, qui nous a accueillis chez elle en début de semaine.


 
Se séparer de son fils. Jamais. Mala les renvoie aussi sec, certaine de ne plus jamais revoir ces gens qui pensaient pouvoir acheter ce qu'elle a de plus cher. Mais elle s'était trompée. Ce couple est revenu à la charge, convaincu de pouvoir abaisser les défenses de cette mère avec un chèque en blanc. C'était il y a un an. Son fils, Krhsna, venait de fêter ses trois ans. « C'est vrai que j'ai beaucoup de mal à joindre les deux bouts, mais je préfère me priver et nourrir mes enfants, plutôt que de les vendre », soutient Mala, ulcérée par les pratiques de ce couple qu'elle a cette fois mis à la porte de chez elle.


 
Qu'à cela ne tienne, le couple n'aura pas à chercher bien loin pour trouver son bonheur. La rumeur que ces gens étaient à la recherche d'un enfant fait rapidement le tour de Roches-Noires et de ses environs. Une famille sans ressources mettra « en vente », quelques jours plus tard, l'une de ses trois filles, âgée de deux ans. L'on ne connaîtra pas la valeur de la transaction. Personne depuis n'a revu l'enfant.


 
Si tous sont au courant de cet épisode, rares sont ceux qui souhaitent en parler. Conciliant, un habitant de la localité nous confie que la mère de la fillette, veuve, était obligée de cumuler deux emplois – cueilleuse dans un champ de tabac et femme de ménage – pour subvenir aux besoins de sa petite famille. Et cela n'a pas toujours suffi. Tout comme Mala, elle constituait donc une cible facile pour tous les déçus de la filière « officielle » de l'adoption.


 
Comment certaines familles font-elles alors pour identifier ceux qui sont prêts à tout ou presque pour devenir parents ? Une mère adoptive raconte : « Alors que mon époux et moi faisions face à des difficultés dans nos procédures d'adoption, nous avons été approchés par un homme qui nous a discrètement fait comprendre qu'il connaissait un moyen de faire accélérer les choses. Désespérés, nous avons accepté de le rencontrer. Mais quand nous avons compris de quoi il s'agissait, nous avons immédiatement décliné son offre. »


 
Et pour cause, l'individu en question venait de leur proposer d'acheter un nourrisson, âgé de trois mois, à une famille du Sud qui était dans le besoin. Cette dernière avait retenu les services de cet intermédiaire pour leur trouver un acheteur. Le couple, selon lui, ferait d'une pierre deux coups : retirer un enfant de la misère et l'« adopter ». Car il ne s'agit pas tout à fait d'une adoption. En échange d'une certaine somme d'argent, la famille s'engage à ne jamais réclamer son enfant. Les prix, apprenons-nous, peuvent varier entre Rs 3 000 et Rs 70 000.


 
Les enfants vendus à des couples candidats à l'adoption n'ont, dans la plupart des cas, pas été déclarés à la naissance. « Les couples ciblent ces enfants, car ils pensent qu'il leur sera plus facile par la suite d'entamer des procédures d'adoption », explique un homme de loi, dont les services ont déjà été retenus par des « acheteurs ». D'autres, explique-t-il, parviennent à déclarer l'enfant en se faisant passer pour les parents biologiques.


 
Une mère a ainsi été arrêtée par la police il y a deux semaines après avoir vendu sa fillette de deux ans pour un peu plus de Rs 60 000. La police, qui est intervenue à temps, a permis de faire avorter cette transaction. Séparée de sa mère, la fillette a été placée dans un abri du ministère. Nous avons rencontré l'une des responsables du centre : « Heureusement pour elle, elle ne semble pas avoir réalisé ce qui lui est arrivée. C'est une fillette qui respire la joie de vivre et qui parle beaucoup. »


 
Tous n'ont pas cette chance. Cette situation peut paraître choquante, mais elle serait, selon un officier du National Adoption Council (NAC) , fréquente. Car même s'il n'existe aucune statistique sur le nombre d'enfants vendusà Maurice, on estimerait leur nombre à une dizaine chaque année. Une filière « parallèle » à laquelle tente de mettre fin le NAC.


 
Ces familles « vendeuses » recourent à des intermédiaires pour trouver des couples adoptifs. Et pour ce faire, ces intermédiaires rôdent autour des tribunaux, où ils tendent l'oreille afin de repérer des couples susceptibles de faire affaire. « Ils privilégient en particulier ceux qui se sont vu refuser leur demande », explique un officier de la brigade des mineurs, très au fait de la situation.


 
Une pratique courante que confirment des couples que nous avons approchés. « Ce business, si on peut l'appeler ainsi, a vu le jour à cause des énormes difficultés qu'ont certains couples à adopter. Les procédures sont longues, stressantes et ne sont pas toujours couronnées de succès », explique le policier. Et de rappeler le récent jugement rendu par une magistrate qui a refusé l'adoption à une Mauricienne mariée à un ressortissant français et cela malgré l'avis favorable du Parquet. Une preuve, s'il en faut, que l'adoption demeure un véritable parcours du combattant.

 

« Les prix varient entre Rs 3 000 et Rs 70 000. Les enfants vendus n'ont, dans la plupart des cas, pas été déclarés. »

 


Nos recherches nous mènent dans l'est de l'île, où les parents d'une adolescente de 19 ans, ont préféré vendre l'enfant de leur fille pour, semble-t-il, ne pas compromettre l'avenir de cette dernière. C'est ainsi qu'ils ont pris contact avec un intermédiaire pour trouver un acheteur. L'enfant sera finalement vendu à un couple marié de­puis 17 ans, sans enfant. Les « acheteurs » ont peu après entamé des pro­cédures d'adop­tion. « L'intermédiaire a bien entendu touché de l'argent dans cette affaire », explique un travailleur social, qui affirme être une connaissance de cette famille.


 
Mais un an plus tard, au moment où l'affaire était appelée en cour, l'intermédiaire aurait fait chanter le couple, exigeant une rallonge, faute de quoi il rapporterait aux autorités – de manière anonyme, cela va de soi – les conditions dans lesquelles se sont déroulées cette adoption. « Le couple a bien essayé de négocier, lui expliquant qu'il était très attaché à l'enfant, mais en vain. Les conditions étaient simples : ils devaient lui donner davantage d'argent, faute de quoi le père biologique de l'enfant ne signerait pas les documents nécessaires à la procédure d'adoption. Ils ont finalement dû payer Rs 10 000 de plus avant de pouvoir mener à terme les procédures », explique ce même travailleur social.


 
Le petit village de Poste-Lafayette résonne d'une histoire similaire. Un couple d'étrangers a proposé, il y a un an, à une mère enceinte de son huitième enfant d'acheter ce dernier pour Rs 3 000. Une proposition qu'a immédiatement acceptée l'époux. Scandalisés, les proches de la famille, qui ont fini par apprendre l'existence de cette transaction, ont fait pression sur le père pour qu'il revienne sur sa décision, faute de quoi ils le dénonceraient à la police. Trois mois plus tard, celui-ci s'est résigné à rendre l'argent avant de récupérer son enfant.
 

« Des intermédiaires rôdent autour des tribunaux pour repérer des couples susceptibles de faire affaire. »

 

Confrontés aux conditions de vie difficiles de certaines familles nombreuses et sans ressources, certains travailleurs sociaux participent parfois inconsciemment à ce phénomène qui s'étend un peu plus chaque année. « Ils sont victimes de leur bonne foi. Il arrive parfois que des gens se présentent à eux sous de faux airs de bons Samaritains et expliquent vouloir venir en aide à des familles nombreuses dans le besoin », raconte un travailleur social qui se fait appeler Kisto. Ils ne se rendent alors pas compte qu'ils aiguillent des intermédiaires qui essaient d'identifier des familles susceptibles de vendre l'un de leurs enfants.


 
Et d'ajouter : « Certaines personnes engagées dans le social sont parfaitement au courant de ces pratiques, mais préfèrent fermer les yeux. Elles y voient une occasion de sortir des enfants d'une misère extrême et de les confier à des couples qui ne demandent qu'à en prendre soin. »
 


Réduits à des « marchandises », que l'on négocie et pour lesquelles l'on exige parfois un rabais, ces enfants demeurent des proies faciles qu'il est souvent impossible de retracer. Devant la demande croissante de couples à la recherche d'enfant, certaines familles vont jusqu'à faire jouer la concurrence pour faire monter les enchères. Un commerce sordide que les autorités tentent par tous les moyens d'enrayer.


 

Comment adopter un enfant ?


 
 
Adopter un enfant, un "parcours du combattant" pour certains, une formalité pour d'autres. Les couples mariés voulant avoir un enfant à qui donner leur amour sont confrontés à de nombreuses épreuves avant que la justice n'intervienne pour que l'état civil leur donne ce droit. Et c'est la Cour suprême qui en décide. Mais avant d'en arriver là, les juges se penchent sur un seul aspect : agir dans l'intérêt et le bien-être de l'enfant.


 
Prendre un enfant issu d'un autre foyer sous le toit familial légalement quand on est Mauricien est simple, à en croire les autorités. « Vous prenez un avocat et vous passez en cour » était l'explication d'un officier du ministère de la Femme. Mais la réalité n'est pas si simple.


 
Car il faut affronter les enquêtes du Parquet, soit les services de la sécurité sociale. Ceux-ci travaillent sur un rapport que les officiers présentent en cour. Le contenu porte notamment sur le lieu où l'enfant sera élevé, la qualité de vie des parents adoptifs, et l'éducation que l'enfant pourra y recevoir. Au final, le juge décidera si oui ou non ceux ayant déposé la requête pourront adopter un enfant. Leur décision est d'autant plus difficile lorsque deux couples veulent adopter le même enfant, comme dans le récent cas du petit Tipo. Mais les démarches pour adopter un petit Mauricien lorsqu'on est étranger ne sont pas si simples. L'exode de la fin des années 80 y est pour quelque chose. Le National Adoption Council (NAC) voit le jour, et les règlements sont renforcés. Un étranger voulant adopter un enfant mauricien doit d'abord fournir des documents : certificats d'état civil et médicaux, rapport sur une enquête sociale menée par une agence reconnue, rapport sur les moyens financiers, extrait du casier judiciaire, certificat de moralité, titres de propriété, certificat attestant la stérilité, si c'est le cas, certificat désignant un tuteur en cas de décès des adoptants, certificats de naissance et de mariage des parents biologiques. Mais la liste ne s'arrête pas là. Il y a aussi les frais. Une somme de Rs 20 000 doit être déposée au NAC au cas où l'enfant ne s'adapterait pas à sa nouvelle vie. Cette somme est remboursable lorsque la déclaration d'adoption est proclamée par la Cour suprême. Sans oublier les frais d'application qui s'élèvent à Rs 5 000. Mais avant d'aboutir à une décision favorable, les adoptants doivent d'abord faire l'objet d'une enquête du NAC qui dure environ deux mois. Si la demande est rejetée, les adoptants ont 15 jours pour loger un appel en Cour suprême.


 
Source : L'Express Dimanche. 22 juin 2008 - No. 16559

 

Près de chez nous


->  France. Trafic de bébés bulgares : procès de parents acheteurs et d'intermédiaires.
Le Monde, Libération, Le Figaro, Le Soir

->  “Le bébé, il est sorti. C’est 6000 euros”
Chroniques Judiciaires. Le blog de Pascale Robert-Diard


->  “La personne humaine ne peut faire l’objet d’un commerce”
Chroniques Judiciaires. Le blog de Pascale Robert-Diard


->  L’adoption en questions
Le procés des “enfants bulgares vendus” a posé bien évidemment de nombreuses questions. Il est hors de propos de ma part d’aborder l’affaire elle-même. En revanche, en arrière-fond, on trouve le dossier adoption qui vaut quelques remarques pour alimenter la réflexion de chacun.
Le droit des enfants vus par un juge des enfants par Jean-Pierre Rosenczveig


->  Vosges: elle propose l'adoption de son enfant de 7 mois...sur Internet
Le Post

 

->  "Reborn", adoptez plutôt des poupées "Fake Babies"
Jaime Eaton a monté son entreprise "Babybuntins Nursery", et propose à des mères en mal de maternité d’adopter un de ses “re-nés” (Reborn), que ce soit des executive women qui ressentent un besoin de maternité sans avoir le temps de l’assouvir, ou des femmes qui ont perdu leur bébé… Jaime peut même reproduire un bébé à partir de photos ! Son succès est tel que son carnet de commandes est plein pour 2 ans. Et bientôt, les "Fake Children" (faux enfants) ...
Ainsi bloggait Zarathoustra.


->  The Baby Business - L'enfant, un nouveau produit ?
Courrier International



 

22/06/2008

Les enfants toujours en marge du développement en Afrique

APA.jpgAPA - Lilongwe (Malawi).

Omatayo Olaniyan, délégué de l’Union africaine (UA) à la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), a déclaré que la plupart des enfants africains sont toujours, les parents pauvres des processus de développement de leurs pays. C’est ce qu’a appris l’Agence de Presse Africaine à Lilongwe.



S’exprimant lors de la commémoration de la Journée de l’Enfant africain dans la capitale Lilongwe, il a indiqué que la paupérisation existe, malgré plusieurs politiques, déclarations et résolutions nationales, régionales, continentales et mondiales qui préconisent l’intégration des enfants dans les processus de développement.



Il a précisé qu’il y avait plus questions à résoudre, dans les domaines de la santé, du trafic et de la prostitution des enfants, des mariages forcés, de l’adoption illégale et du travail des enfants entre autres.



« Cela conduit à la désorientation et à un dysfonctionnement dans le développement des enfants avec des conséquences négatives très importantes sur le développement national », a-t-il souligné.



Des pays ont mis en place des politiques nationales à cet effet, a-t-il noté, ajoutant qu’au niveau continental l’UA avait élaboré des mesures adoptées par les Etats membres.



La ministre de la Promotion de la Femme et de l’Enfant, Anna Kachikho à quant à elle, fait remarquer que même si les efforts visant à faire face à la situation des enfants ont été notés sur le terrain, leur participation effective au développement national n’était toujours pas effective.



La Journée de l’Enfant africain a été initiée par l’Organisation de l’Unité africaine (OUA) qui est devenue l’Union africaine (UA) pour honorer la mémoire des enfants tués dans les rues de Soweto en Afrique du Sud en 1976.



La Journée est une occasion pour plaider pour la promotion, la protection et le respect des droits des enfants en Afrique, soulignent les observateurs.




Source : Agence de Presse Africaine.

19/06/2008

L'intérêt de l'enfant adopté passe au deuxième plan pour la Commission-Kalsbeek (NL).

JustitieNL.jpgCe qui suit est une traduction non officielle de l'article intitulé "Adoptiekind komt op het tweede plan - René Hoksbergen, emeritus-hoogleraar adoptie Universiteit Utrecht" , paru dans Trouw.

 


Pour la Commission-Kalsbeek, l'enfant en danger n'est pas le sujet central, mais bien le désir d'enfant des parents adoptants.

 

La Commission-Kalsbeek a  récemment présenté un rapport épais. Cette commission a été mise en place par le ministère de la Justice pour donner des avis sur les adoptions d'enfants provenant de l'étranger. Que ce sujet nécessita un gros travail, n'est pas surprenant.


 
Ces dernières années, l'adoption d'enfants étrangers a continuellement été évoquée dans l'actualité. Il y avait des discussions sur le professionnalisme des sept organismes intermédiaires, des informations faisaient état de fréquents cas d'adoptions illégales, il y avait des signes que les adoptions en provenance de pays comme le Guatemala, Haïti, l'Inde et la Chine ne se déroulaient pas selon les règles et les procédures régulières. Et, pour compléter la liste, il y avait aussi des discussions sur les 12.000 à 30.000 € que les parents adoptifs néerlandais doivent payer et sur les exigences qui leur sont imposées.


 
La Commission-Kalsbeek se trouvait devant une tâche difficile. Car où se trouve l'équilibre entre d'un côté, les intérêts des enfants adoptables et de l'autre, les souhaits des parents adoptants ? Ces intérêts ne sont parfois pas les mêmes. Toutefois, pour ce qui concerne l'adoption,  les intérêts de l'enfant en détresse  doivent être mis au premier plan.

 

C'est pour cela qu'il est vraiment  dommage  que dans cette Commission, aucun adopté ne figurait. Seulement, les parents adoptifs étaient représentés.  Au Pays-Bas, l'adoption internationale existe déjà depuis 1958, il y a donc suffisamment de personnes adoptées qui peuvent apporter une bonne contribution sur le fond.  La commission elle-même dit que ces dernières années, les intérêts des parents adoptifs "ont plus influencés le débat politique que ceux des adoptés et ceux des parents génétiques".


 
Etait-ce une occasion ratée, en plus, la commission ne dit rien à propos de la conservation des données sur les personnes adoptées. Les organismes néerlandais devraient encourager leurs contacts à l'étranger afin de recueillir et de fournir des données avec une plus grande exactitude sur les parents biologiques. Il est également dans l'intérêt des enfants adoptés que ces données soient contrôlées attentivement. En tout cas, plus scrupuleusement que comme proposées par la commission. La mère ou le père est-il vraiment inconnu ou décédé ? Y a t-il des frères ou des sœurs ? Les grands-parents vivent-ils peut-être encore ? Des programmes de télévision comme "Spoorloos" (Sans traces) nous apprennent combien cela est important pour l'enfant adopté.


 
En ce qui concerne l'aspect financier, la commission suit des chemins étranges et ne semble pas avoir en vue l'intérêt de l'enfant, mais plutôt celui d'encourager l'adoption. La proposition d'effectuer divers paiements aux fonctionnaires publics dans les pays d'origine, afin de les encourager à exécuter leur travail, est hors mesure.  L'attitude qui ressort de ce rapport, est que les Pays-Bas peuvent s'estimer heureux que des enfants arrivent par cette voie. Il est temps de revoir fondamentalement cette vision.

 

L'adoption est une mesure de protection de l'enfance. Mais la Commission-Kalsbeek ne le voit pas comme cela : elle souligne l'importance de l'adoption comme une méthode pour créer une famille. Dans la pratique, cette position peut avoir de graves effets psychologiques, car   l'intérêt de l'enfant en danger n'est pas la préoccupation centrale, mais bien le désir d'enfants des candidats adoptants.


 
Les enfants adoptés et leurs parents ont grand intérêt à faire en sorte que l'adoption se déroule d'une façon correcte, vu les conséquences psychologiques pour l'enfant adopté et la famille. L'avis de la commission sur ce point est peu progressif. Les agences d'adoptions doivent d'un côté veiller à avoir une large expérience, en effectuant au moins trente adoptions par an, mais d'un autre côté ils ont encore  le temps de se préparer à cette nouvelle exigence. Pourquoi cette nouvelle exigence n'est-elle pas appliquée a partir de 1 janvier 2010?


 
Bien sûr, il y a aussi des éléments positifs dans le rapport. La recommandation que l'adopté puisse facilement retrouver son prénom d'origine et / ou son nom de famille mérite l'appréciation. De nombreux adoptés se battent avec leur identité, en se demandant qui ils sont réellement.


 
Mais les propositions sur un suivi post-adoption sont à nouveau totalement insuffisantes. Justement parce que, de plus en plus d'adolescents et des enfants avec des problèmes médicaux ou psychiques sont placés, un accompagnement structurel est nécessaire à compter de la date du placement. Celui-ci ne peut pas consister uniquement en un "accompagnement vidéo-interactif" obligatoire. Il faut aider les parents avec un projet de traitement pour les enfants ayant de (graves) problèmes comportement. Des consultations régulières avec les parents adoptifs sont nécessaires.


 
Ce suivi post-adoption devrait être fait par des experts en adoption, et non par la "Stichting Voorbereiding Adoptie" (Association Préparation Adoption). Celle-ci ne convient pas, car déjà avant l'adoption, les candidats adoptants sont obligés de passer par cette organisation et  par conséquent, n'ont pas le choix après lorsqu'ils veulent consulter pour évoquer des problèmes.


 
Pour conclure. C'est précisément pour le développement de la bonne estime de soi de l'enfant adopté que tout risque dû aux adoptions illégales doit être supprimé.  C'est pourquoi il me manque terriblement des  recommandations sur la façon dont les juges et les conseils de protection de l'enfant doivent agir vis à vis des adoptions clairement illégales. Apparemment, cette commission ne veut pas non plus se brûler les mains.

 

En savoir plus

 

-> Commissie Kalsbeek: Steekpenningen en Omkoping geoorloofd voor het versnellen van Adoptieprocedures.
Facilitation payments and bribery to enforce faster adoption procedures allowed according to newest report of the Official Governmental Committee Kalsbeek. UAI-News

 

-> Verslag Hoorzitting Commissie Kalsbeek.
Amsterdam - United Adoptees International was samen met Samenwerkingsverband Interlandelijke Geadopteerden (SIG) op 15 mei uitgenodigd voor een hoorzitting van de commissie Kalsbeek. Deze commissie onderzoekt hoe om te gaan met interlandelijke adoptie in de toekomst. UAI.

 

-> Rapport Commissie Kalsbeek.
Reactie I - Rapport Commissie Kalsbeek uitvoerig. UAI-News.

 

17/06/2008

Des enfants adoptés, déracinés et qui souffrent.

Parents, éducateurs, spécialistes sont déconcertés par les « troubles de l'attachement » qui s'emparent de certains enfants adoptés. L'association Petales fédère et soutient les parents concernés.

 

C'était un gamin enjoué, peu avare de risettes au temps du berceau. Et puis, les années passant, sa métamorphose comportementale s'est accomplie. Il est devenu impulsif, accaparant, incapable de contrôler ses humeurs et ses pulsions.

Manipulateur, parfois violent - envers les autres mais aussi envers lui-même - le gosse adorable d'hier s'est mué en un « empoisonneur » dont parents et éducateurs ont un mal fou à comprendre et gérer les écarts de conduite, à la maison, à l'école ou, plus tard, au travail.

Les pédopsychiatres qualifient de « troubles de l'attachement » cette pathologie qui survient au cours des deux ou trois premières années de la vie. Elle concerne, pour une très large part, des enfants adoptés.

D'une manière générale, des jeunes qui, pour des causes diverses (naissance prématurée, hospitalisation de la mère, séparation des parents...), ont mal vécu une rupture avec leurs parents biologiques.

 

Une réunion interrégionale à Angers.

 

L'association Petales France (1) connaît le problème : 95 % de ses centaines d'adhérents sont des parents adoptifs. Elle organise, le 21 juin, à Angers, une réunion interrégionale sur ce thème douloureux. Elle aura lieu de 13 h 30 à 17 h, au parc de loisirs du lac de Maine.

« Pour l'instant, hélas, il n'y a pas de solutions pour ces enfants qui souffrent », commente la Bretonne Marie-France Gicquel, en évitant pudiquement d'entrer dans les détails de son drame personnel.

La « théorie de l'attachement », dont elle relaye les principes pour aider les autres à mieux comprendre, c'est le pédopsychiatre anglais John Bowlby, mort en 1990, qui l'a établie.

« La construction des premiers liens entre l'enfant et la mère répond à un besoin biologique fondamental, écrivait-il. Et, s'ils ne sont pas construits durant les douze premiers mois de la vie de l'enfant, son développement et son humanisation sont en péril. »

Des carences affectives précoces, des traumatismes liés à la négligence ou à une rupture de ces premiers liens gomment donc chez l'enfant « le sentiment de baigner dans un environnement favorable et protecteur » et font émerger chez lui, a contrario, l'idée d'un abandon.

Du coup, explique Marie-France Gicquel, « on assiste chez lui à d'étonnantes métamorphoses. Il fabule. Il ment. Il provoque parfois des punitions en jouant aux victimes. Il est capable de violences et d'automutilations. Les éducateurs, qui s'interrogent sur la signification de ces comportements, ont souvent tendance à incriminer les parents, sans connaître les drames intérieurs que ceux-ci vivent, impuissants... »

Les groupes d'entraide de Petales France s'évertuent à briser justement l'isolement des parents. La réunion d'Angers contribuera à rechercher des solutions susceptibles de déboucher sur des soins adaptés aux enfants. Faute, aujourd'hui, d'une thérapie efficace.

 

(1) Le sigle "Petales" signifie Parents d'enfants présentant les troubles de l'attachement : Ligue d'entraide et de soutien.
Contact : www.petalesfrance.fr/index.html ; BP 50 132, 02303 Chauny Cedex ; tél. 03 23 39 54 12.

 

Sources : Ouest France. Vitré et sa région.


Sur le même sujet


-> Les enfants adoptés sont-ils plus fragiles que les autres ?
Etude "The Mental Health of US Adolescents Adopted in Infancy."

-> Troubles de l'attachement.
 Meanomadis.

-> L'histoire de Marie.
Meanomadis.

-> Touchez pas à mon coeur.
Meanomadis.

12/06/2008

De graves problèmes chez les enfants adoptés d'origine roumaine aux Pays-Bas.

UniversiteitUtrecht.jpgErnstige problemen bij Roemeense adoptiekinderen in Nederland

 

Roemeense adoptiekinderen ervaren ernstige problemen in ontwikkeling en gedrag.
Het is voor ouders en leerkrachten moeilijk om hier goed mee om te gaan, en om geschikte hulpverlening te vinden. Dat concludeert promovenda Kathinka Rijk.

 

Roemeense adoptiekinderen in Nederland zijn in de periode vóór hun adoptie blootgesteld aan (ernstige) verwaarlozing in de Roemeense kindertehuizen. Dit heeft ingrijpende gevolgen voor hun ontwikkeling en gedrag. De Rijk volgde voor haar onderzoek 80 kinderen. Van deze kinderen laat ongeveer de helft gedragsproblemen zien in een mate dat professionele hulpverlening geadviseerd wordt. Deze problemen nemen weinig tot niets af over een periode van vijf jaar. Het percentage kinderen in het speciaal onderwijs (47%) is veel hoger dan normaal.

 

De problemen die de kinderen ervaren, vormen voor de adoptieouders een extra uitdaging in de opvoeding. Ondanks deze zwaardere belasting, lijken de ouders de opvoeding over het algemeen goed aan te kunnen. De ouders geven aan dat ze in de opvoeding een warme en accepterende houding aannemen, en dat een zeer consequente en gestructureerde aanpak het beste is voor deze kinderen. Ze blijken het wel moeilijk te vinden om adequate hulpverlening te vinden voor de complexe en specifieke problemen van hun kind.

 

Ook de leerkrachten en hulpverleners benadrukken het belang van een warme, extreem gestructureerde en consequente aanpak. Sommigen van hen worstelen met het feit dat ze weinig kennis hebben over de effecten van verwaarlozing. Kathinka Rijk benadrukt dat adoptieouders van verwaarloosde kinderen en andere direct betrokkenen goed begeleid moeten worden.

 

Promotie : 13-06-2008, 10:30 uur, Academiegebouw, Domplein 29, Utrecht.
 
Kathinka Rijk, Sociale Wetenschappen
Proefschrift: Coping with the effects of deprivation 
Promotor 1: Prof.dr. W. Koops 
Copromotor 1: Prof.dr. R.A.C. Hoksbergen 


Bron : Universiteit Utrecht, Nederland

 

- Adoption of Romanian children in the Netherlands: Behavioral problems and parenting burden of upbringing for adoptive parents. (2004)
René A. C. Hoksbergen, Jan Ter Laak, Cor van Dijkum, Kathinka Rijk.
Igitur Archief Universiteitsbibliotheek Utrecht.

 

- Adoptie van Roemeense kinderen in Nederland : gedragsproblemen van kinderen en opvoedingsbelasting voor adoptieouders. (2002)
René Hoksbergen, Felici Stoutjesdijk, Kathinka Rijk & Cor van Dijkum.

 
Abstract
 
This is the first report of the second part of a longitudinal study of adopted children born in Romania. Seventy two Dutch adoptive parents, who adopted 80 Romanian children, filled in the Child Behavior Checklist (CBCL) and ‘The Nijmegen child earing questionnaire’ (NVOS). They also participated in a semi-structured interview (respons 83%). Of the adoptees scored on Total Problems 36% and on the Externalizing dimension 34% in the clinical range of the CBCL. They frequently scored clinical for ‘Attention problems’, ‘Thought problems’ and ‘Social problems’. A significant number of children who were two years or older at placement and less than five years in the adoptive family scored in the clinical range on almost all CBCL yndromes. The CBCL-scores predicted for 56% of the mothers who filled in the NVOS and for 51% of the fathers, the positive or negative judgement of family-stress.
 
Source : Pedagogiek. 2002, vol. 22, no1, pp. 55-69

 

- Adoptieouders, zwaar belaste ouders ?
René Hoksbergen, Felici Stoutjesdijk, Kathinka Rijk & Cor van Dijkum.
Pedagogiek. 2002, vol.22, n°4, pp. 338-354

 


Résumé
 
  
Les enfants adoptés roumain rencontrent de graves problèmes de développement et de comportement. Il est difficile pour les parents et les enseignants de s'y prendre avec eux et de trouver une assistance appropriée. C'est la conclusion de Kathinka Rijk, candidate au doctorat.

 

Ls enfants roumains adoptés aux Pays-Bas dans la période précédant leur adoption ont été exposés à des abandons et négligences (graves) dans les orphelinats roumains. Ceci a des conséquences profondes sur leur développement et leur comportement. Rijk a mené son enquête sur 80 enfants. De ces enfants, la moitié montrent des problèmes de comportement de telle sorte qu' une aide professionnelle est conseillée. Ces problèmes ne diminuent peu ou pas sur une période de cinq ans. Le pourcentage d'enfants dans l'enseignement spécial (47%) est beaucoup plus élevé que la normale.

 

Les problèmes que ces enfants rencontrent, forment un défi supplémentaire pour les parents adoptifs en matière d'éducation. Malgré la lourde charge, les parents semblent en générale se débrouiller avec l'éducation. Les parents indiquent qu'ils adoptent une attitude chaleureuse et tolérante dans l'éducation, et qu'une approche très cohérente et structurée est la meilleure pour ces enfants. Toutefois, ils semblent  éprouver des difficultés à trouver une aide adéquate pour surmonter la complexité et des problèmes spécifiques de leur enfant.

 

Les enseignants et les équipes soignantes aussi soulignent l'importance d'une approche chaleureuse, très structurée et cohérente.
Certains d'entre eux ont du mal avec le fait qu'ils ont peu de connaissances sur les effets de l'abandon. Kathinka Rijk souligne que les parents adoptifs d'enfants abandonnés et autre parties concernant doivent être bien accompagnés.

 

 

- Ce n'est pas nouveau

 

En particulier, les enfants adoptés à l'étranger présentent une problématique psychosociale plus importante que les enfants non-adoptés. (Feigelman, 2000; Haugaard, 1998; Hoksbergen, 1996; Moore & Fombonne, 1999; Peters, Atkins & McKernan McKay, 1999; Stams, 1998; Wierzbicki, 1993).

- Feigelman, W. (2000). Adjustments of transracially and inracially adopted children. Child and Adolescent Social Work Journal, 17, 165-184.
- Haugaard, J.J. (1998). Is adoption a risk factor for the development of adjustment problems? Clinical Psychology Review, 18, 47-69.
- Hoksbergen, R.A.C. (1996). Traumabeleving door geadopteerden. Tijdschrift voor Orthopedagogiek, 35, 279-293.
- Moore, J.M., & Fombonne, M.D. (1999). Psychopathology in adopted and non-adopted children: A clinical sample. American Journal of Orthopsychiatry, 69, 403-409.
- Peters, B.R., Atkins, M.C., & McKernan McKay, M. (1999). Adopted children’s behaviour problems: A review of five explanatory models. Clinical Psychology Review, 19, 297-328.
- Stams, G.J.J.M., Juffer, F., Rispens, J., & Hoksbergen, R.A.C. (1998). Give me a child until he is seven. The development and adjustment of children adopted in infancy. Part I: a comparative study. In G.J. Stams.(red.), Give me a child until he is seven. A longitudinal study of adopted children, followed from infancy to middle childhood (pp. 113-159). Diss. Universiteit Utrecht.
- Wierzbicki, M. (1993). Psychological adjustment of adoptees. Journal of Clinical Child Psychology, 22, 4, 447-454.

 

- Adolescents adoptés et troubles du comportement : Perspectives psychopathologiques (2007)
Alexandre BEINE, Eric CONSTANT, Serge GOFFINET

Résumé

A l'adolescence, les enfants adoptés sont plus fréquemment orientés vers des services de soins psychiatriques ambulatoires ou hospitaliers. Ils souffrent davantage de troubles du comportement que leurs contemporains non adoptés. Cette observation semble indiquer l'existence de processus psychopathologiques particuliers à la situation d'adoption. Cet article se propose d'en discuter les principales hypothèses étiologiques. Il aborde ainsi la théorie de l'attachement à la lumière des observations cliniques, les hypothèses systémiques concernant la révélation de l'adoption par les parents adoptifs et l'application spécifique au statut d'adopté des réflexions psychanalytiques sur la subjectivation adolescentaire.

Acta psychiatrica Belgica  




- Adolescence et adoption (2007)
Daniel Gorans , Pédopsychiatre, chef de service, SHIP, hôpital Saint-Jacques, 85, rue Saint-Jacques, 44093 Nantes Cedex 1.

Résumé   Summary 

L’adoption est une filiation particulière qui comporte des risques à moyen terme. L’adolescence de l’enfant adopté est parfois l’occasion d’accidents relationnels. À partir de ce qui est observé depuis quelques années dans un service d’hospitalisation pédopsychiatrique, vignettes cliniques, description de facteurs de risque et hypothèses sur leurs mécanismes d’action sont évoqués.

L'Information Psychiatrique. Volume 83, Numéro 5, 377-81, Mai 2007, Adoption

 

15:40 Écrit par collectif a & a dans Troubles DSM-IV | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : kathinka rijk, utrecht, adopté, roumain | |  del.icio.us