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05/08/2008

Pour adopter, mieux vaut s'appeler Madonna que Corine Dupont.

TruongQuangSangAngelinaJolie.jpgEntre les adoptions rapides des stars et celles qui durent parfois plusieurs années pour les couples «normaux», il existe une inégalité de traitement qui dérange.


 

«Ces people voyagent pendant quinze jours et rentrent avec un enfant», observe Marlène Hofstetter, responsable du secteur adoption chez Terre des Hommes. «Je n’en pense pas beaucoup de bien. C’est frustrant par rapport aux parents qui doivent patienter pendant des années sur une liste d’attente.» Si l’adoption par Madonna d’un enfant au Malawi avait fait couler beaucoup d’encre (voir une "Petite lettre à un bébé du Malawi" du 18.10.2006), la dernière star en date à se lancer dans l’aventure, c’est Johnny Hallyday. Déjà parent d’une petite Jade, adoptée au Vietnam, le couple Hallyday ira bientôt chercher au Vietnam un second enfant, Joy.

Spécialiste des questions d’adoption, Marlène Hofstetter s’interroge. «Je suis sûr que les stars ont des passe-droits. Car tous les pays d’adoption ont des critères stricts d’adoption. Et l’âge en est un.» Devant l’adoption, tous ne seraient donc pas égaux. «Ce serait un peu choquant qu’ils aient droit à des traitements de faveur, estime Ricardo Graells, le président d'Adopte.ch, une association romande pour adoptés et parents adoptifs. Mais cela reste un épiphénomène. Ils ne sont pas nombreux, mais on en parle beaucoup».

Toujours moins d'enfants

 

Plus généralement, adopter devient plus difficile. Pour plusieurs raisons. « Il y a de moins en moins d’enfants adoptables, constate la spécialiste de TDH. D’une part parce que l’adoption nationale a pris de l’ampleur, d’autre part parce que les enfants sont davantage pris en charge par leur famille.» Pour un pays comme la Colombie, il faut ainsi compter trois à quatre ans d’attente. D’autres pays ont fixé des quotas pour les pays d'accueil. Les procédures pour adopter sont longues. Il faut tout d'abord obtenir une autorisation provisoire d'adopter au niveau cantonal. «Dans certains cantons, ça peut prendre trois mois. Mais à Genève, à cause du manque de personnel, ça peut prendre jusqu’à 18 mois», explique Ricardo Graells. Rien à voir à l’opération express lancée par Madonna au Malawi.

 


La Thaïlande a la cote


Depuis 2003, l’adoption d’enfants nés à l’étranger est régie par la Convention de La Haye. Elle vise à mieux protéger les enfants. Une septantaine d’Etats, dont la Suisse, sont signataires de cette Convention. Les démarches peuvent commencer dans le pays d’origine à travers un intermédiaire agréé par la Confédération. «Chaque pays dispose de sa propre législation, remarque le président d’Adopte. Certains pays demandent par exemple que les parents qui adoptent soient stériles.» Les critères à remplir sont multiples et compliqués. L’attente peut donc être plus ou moins longue, comme en Thaïlande, un pays très recherché par les familles suisses, devant l’Inde et la Colombie. En 2006, plus de 600 enfants ont été adoptés en Suisse, dont près de 300 en Suisse romande.

 

Source : 20min.ch. Didier Bender

 

Adoptieren geht leichter, wenn man Madonna heisst.

MadonnaDavid.jpgProminente können Kinder innert kurzer Zeit adoptieren, während «normale» Paare oft Jahre warten müssen. Diese Ungleichheit ist störend.


«Diese Leute machen zwei Wochen Ferien und kommen dann mit einem Kind zurück», sagt Marlène Hofstetter, die bei Terre des Hommes für Adoptionen verantwortlich ist. «Davon halte ich gar nichts. Es ist völlig ungerecht gegenüber den Menschen, die sich auf eine Warteliste setzen lassen und dann lange Geduld haben müssen.»

Entsprechend wirbelte Madonnas Adoption eines Kindes aus Malawi viel Staub auf. Ihr gleichtun möchte es nun der französische Sänger Johnny Hallyday, der bereits Vater eines in Vietnam adoptierten Mädchens namens Jade ist. Jetzt möchten er und seine Frau ein weiteres vietnamesisches Kind adoptieren, obwohl der Chansonnier schon über 60 Jahre alt ist.

Marlène Hofstetter findet das empörend: «Ich bin überzeugt, dass die Prominenten Sonderrechte geniessen, denn eigentlich haben alle Länder klare Kriterien für Adoptionen, darunter auch das Alter der Eltern.» Ricardo Graells, Präsident der Organisation Adopte.ch, schliesst sich ihr an: «Es wäre schockierend, wenn diesen Leuten eine Vorzugsbehandlung zuteil würde. Andererseits sind diese Fälle nicht sehr zahlreich, sie provozieren einfach immer Schlagzeilen».

Immer weniger Kinder

Adoptionen werden inzwischen aus verschiedenen Gründen zunehmend schwierig. «Es gibt immer weniger Kinder, die für Adoptionen in Frage kommen», stellt Marlène Hofstetter fest, «einerseits, weil die Adoption innerhalb der betreffenden Länder an Bedeutung gewonnen hat, andererseits, weil verwaiste Kinder meist von den Grossfamilien betreut werden.» Wenn man sich in einem Land wie Kolumbien für eine Adoption interessiert, muss man heute mit einer Wartezeit von drei bis vier Jahren rechnen. Andere Länder haben die jährlich zulässige Zahl von Adoptionen mittels Quoten begrenzt.

Das Prozedere ist sehr langwierig und extrem kompliziert, auch in der Schweiz. Zunächst muss man auf Kantonsebene eine provisorische Adoptionserlaubnis beantragen. «In gewissen Kantonen kann das drei Monate dauern, in Genf, wo akuter Personalmangel herrscht, sogar bis zu 18», erläutert Ricardo Graells. Kein Vergleich zu Madonnas Blitzadoption in Malawi…

Thailand sehr beliebt

Seit 2003 wird die Adoption von im Ausland geborenen Kindern durch das Haager Übereinkommen geregelt. 70 Staaten, darunter die Schweiz, haben es ratifiziert. Dennoch hat jedes Land nach wie vor seine eigene Gesetzgebung: «Gewisse Staaten verlangen zum Beispiel, dass adoptionswillige Eltern keine eigenen Kinder bekommen können», sagt Groells. Die Kriterien, die es in manchen Ländern zu erfüllen gilt, sind zahlreich und komplex. Vergleichsweise kurz sind die Wartezeiten in Thailand, dass sich deshalb bei schweizerischen Adoptionseltern in spe grosser Beliebtheit erfreut. Indien und Kolumbien liegen ebenfalls weit vorne. Im Jahr 2006 wurden in der Schweiz über 600 Kinder adoptiert, davon etwa 300 in der Westschweiz.


Source : 20min.ch .


- Madonna, Angelina Jolie et le marché de l’adoption
Stéphane Berne croque le gratin | On ne dira jamais assez combien les stars sont des personnes généreuses, toujours le cœur sur la main et la larme au coin de l’œil.

Et si le public ne l’avait pas compris, il est désormais convaincu par les unes des magazines qui fleurissent comme le muguet au printemps: non contentes de voler au secours de la planète menacée, de défendre des idées progressistes, les personnalités de la sphère people témoignent de leur profonde humanité en se lançant dans l’exaltante aventure de l’adoption. Jamais il n’a autant été question de bébés arrachés par des stars lumineuses à un destin obscur en Afrique ou en Asie!

Certes, il y a celles en mal d’enfant qui, comme la plupart des mères candidates à l’adoption, mais sur le devant de la scène et avec un petit coup de pouce politique ou médiatique, suivent la procédure légale: Laeticia Hallyday, Agnès Jaoui ou Valéria Bruni-Tedeschi… Mais que dire, en revanche, des adoptions à grand spectacle orchestrées par les reines de la communication hollywoodiennes? Leur statut de star les autorise-t-il à bafouer les lois de l’adoption, juste pour ramener devant les photographes un joli petit bambin préalablement choisi lors d’un casting à l’orphelinat avant de devenir la preuve vivante de leur générosité? Force est de reconnaître que les adoptions multiples d’Angelina Jolie, pourtant ambassadrice de bonne volonté auprès du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, sont entachées d’irrégularités. L’intermédiaire qui lui permit en 2002 d’adopter Maddox Chivan au Cambodge, Lauryn Galinda, a été condamnée pour falsifications de dossiers d’enfants dérobés à leur famille à la naissance, sans parler de Zahara, adoptée en 2005 en Ethiopie, orpheline du sida mais réclamées par d’hypothétiques mères biologiques…

Mais celle qui bafoue ouvertement les règles de l’adoption auxquelles toutes les femmes doivent se soumettre, c’est Madonna, dont certains commencent à penser qu’elle «fait son marché au Malawi» d’où elle a ramené David Banda après avoir trouvé les arguments pour décider son père Yohane Banda de le lui laisser. Deux ans plus tard, la Madone a voulu récidiver, mais la justice du Malawi ne s’est pas laissé convaincre. Il faut dire que l’icône pop n’a pas fait dans la dentelle pour obtenir l’adoption de la petite Mercy James, 3?ans, que sa grand-mère et ses oncles ne veulent pas abandonner à la star.

Arrivée en jet privé, installée dans un palace de la capitale avec sa fille Lourdes, Madonna a voulu braver les lois de l’adoption, persuadée que son documentaire sur le Malawi en 2008 lui donnait tous les droits, d’autant qu’elle croyait s’être acheté un ticket d’entrée pour 2,3 millions d’euros en construisant un orphelinat. Passe encore que Madonna ne réside pas depuis dix-huit mois dans le pays, elle a délibérément bafoué la règle qui veut qu’une femme divorcée ne puisse pas adopter… en remplissant la procédure d’adoption juste avant d’annoncer son divorce d’avec Guy Ritchie. Une séparation qui n’est pas passée inaperçue, même pour les juges du Malawi! Certes, une star est une femme comme les autres et a bien le droit d’adopter. Sa célébrité n’implique pas qu’elle soit moins honnête. Mais le non-respect des règles et des lois ne peut qu’augmenter le désarroi et la frustration des familles anonymes qui n’arrivent pas à adopter. Pour jouer les héroïnes des temps modernes, encore faut-il ne pas tricher.

Source: Tribune de Genève. 14.04.2009.

- Malawi Adoption. Take that Madonna!