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30/08/2008

Fabriquée en Corée - adoption internationale - enfance volée.

Sur son blog "Fabriquée en Corée" , Kim Myung-Sook produit et publie un travail remarquable de traduction d'articles en langue française.
Quel rendement svp! Merci à elle.



- À la recherche des enfants volés.
Traduction de l'article "In search of the stolen children" publié dans smh.com le 30 août 2008.
Malgré une vague de scandales, le trafic des enfants demeure un énorme problème pour l'Inde, rapporte Matt Wade à Chennai.


- Le Népal demande instamment de mettre l'accent sur les droits de l'enfant en adoption.
Traduction de l'article "Nepal urged to focus on child rights in adoption' publié dans Reuters India , le 29 août 2008.



- Peut-être que maintenant, nous aurons la justice.
La version originale "Maybe now, we will get justice" se trouve dans smh.com, le 30 août 2008, par Scott Carney.
Les parents de Zabeen, fillette volée à l'âge de 2 ans et vendue à des Australiens, racontent leurs cauchemars.



- Des enfants volés retracés dans un orphelinat hollandais.
Traduction de "Stolen kids traced to Dutch orphanage" paru dans Times Now, le 28 août 2008.
Le cas des enfants volés et vendus à des parents adoptifs à l'étranger (Australie) par une agence d'adoption d'enfants Malaysian Social Services devient plus sombre. Les parents de deux enfants auraient été "vendus" à des parents d'accueil de la Hollande ont révélé à TIMES NOW qu'ils avaient reçu une lettre, après 12 ans, de leurs enfants qui ont été abandonnées dans un orphelinat des Pays-Bas.



- Une adoptée examine minutieusement un passé volé.

Adoptee sifts through a stolen past paru dans JoongAngDaily le 2 mai 2007.



- L'adoption d'orphelins éthiopiens n'est peut-être pas la meilleure solution.
C'est ce que conclut l'article dont la version originale intitulée "Adopting Ethiopian Orphans May Not be the Best Solution" est publiée par New America Media.

29/08/2008

Au Cambodge, les scandales n’ont toujours pas servi de leçon.

Les passe-droits et l’opacité perdurent autour des procédures d’adoption internationale, même après les révélations de plusieurs scandales.

 

Nus, assis sur un chemin caillouteux, des gamins hauts comme trois pommes regardent passer les motos. Derrière eux, leurs aînés s’affrontent dans une bruyante partie de volley-ball. Dans cet orphelinat de la banlieue de Phnom Penh, la capitale cambodgienne, vivent 75 enfants, âgés de 2 à 17 ans. 

 

Certains sont orphelins, mais la plupart ont encore leurs deux parents en vie. Ils ont été abandonnés. L’an dernier, deux enfants de moins de 8 ans de cette structure ont été adoptés. 

 

"Les Français leur ont donné de l'argent"

 

« Des Français sont venus à l’orphelinat et ils ont choisi un garçon et une fille. Les autorités françaises étaient au courant. Puis, les Français sont allés voir les parents cambodgiens dans leur village d’origine pour savoir s’ils étaient d’accord. Les parents, paysans, sont très pauvres. Les Français leur ont donné de l’argent », explique un des responsables de l’orphelinat sous le couvert de l’anonymat. Combien ont-ils payé pour obtenir ces enfants ? « C’est privé. »

 

En 2003, toutes les adoptions ont été suspendues entre la France et le Cambodge. Les trafics les plus sordides avaient poussé les autorités à la prudence. Des enfants étaient achetés. La demande alimentait les abandons. Un vaste marché, entretenu par la corruption, enrichissait des fonctionnaires cambodgiens véreux. 

 

La France espère prévenir les abus

 

En 2007, la France a rouvert les procédures en assurant désormais encadrer mieux le système, pour prévenir les abus. Désormais, les adoptants français doivent impérativement s’adresser à deux organismes pour trouver un enfant cambodgien : l’Agence française de l’adoption (AFA), ou les Amis des enfants du monde (AEM). Ils ne sont plus autorisés à entreprendre les démarches par eux-mêmes, d’orphelinat en orphelinat.

 

Comment, alors, expliquer que deux couples aient pu, l’an dernier, adopter en se rendant directement dans cet orphelinat de la banlieue de Phnom Penh ? « Il y a des passe-droits, des appuis, des pressions », témoigne une responsable d’un organisme d’adoption français. « Le gouvernement français a très envie qu’il y ait beaucoup d’adoptions. L’AFA a énormément de dossiers. » Visiblement, les restrictions appliquées par la France en 2007 n’ont pas suffi…

 

"Aucune réelle action des autorités cambodgiennes"

 

Les autres pays ayant également suspendu les procédures avec le Cambodge refusent de les reprendre, considérant que rien n’a changé. « Nous ne voyons aucune réelle action de la part des autorités cambodgiennes pour réformer le système et punir les auteurs de trafics », analyse Jason Barber, consultant pour l’ONG cambodgienne de défense des droits de l’homme Licadho. De fait, aucun intermédiaire n’a été arrêté, ni jugé, sur le territoire cambodgien.

 

Dans ces conditions, comment être sûr que les enfants actuellement adoptés légalement au Cambodge, et dont les dossiers transitent par l’AFA ou l’AEM, ne sont pas issus de trafics ? « Nous n’avons pas vraiment de prise sur cette question », reconnaît, désolée, la responsable de l’organisme d’adoption. Le volontaire français qui sera nommé au Cambodge le mois prochain (lire l’encadré) aura donc fort à faire. En attendant, l’ambassade de France à Phnom Penh a refusé de s’exprimer sur sa future mission ainsi que sur les adoptions en cours dans ce pays.

 

Jérôme BORUSZEWSKI, correspondant à Phnom Penh 

 

Source : La Croix.

 

 

28/08/2008

La situation toujours plus tendue de l’adoption internationale.


A la lecture des recommandations émises en novembre 2007 par Stéphanie ROMANENS-PYTHOUD et Cécile MAURIN du Service Social International - Centre international de référence pour les droits de l’enfant privé de famille (SSI/CIR), il ressort clairement que Rama YADE n'est pas "the right woman at the right place" en matière d'adoption internationale. Les mesures prises par la secrétaire d'Etat chargées des Affaires étrangères et des Droits de l'Homme - voir les Peace Corps à la française pour faciliter l'adoption internationale - vont principalement dans le sens contraire du SSI/CIR de Genève. Courage politique ?


Les statistiques de l'adoption internationale montrent une situation particulièrement tendue, les candidats adoptants étant toujours plus nombreux dans la plupart des pays d’accueil.

 

L’adoption internationale a beaucoup évolué dans une période relativement courte. Dans les années 1950, elle était plutôt une réponse humanitaire spontanée à des situations de conflit ou de catastrophe naturelle. Puis, au fil des ans, elle a peu à peu été mieux encadrée par diverses règlementations, tant au niveau national qu’international, pour être reconnue, aujourd’hui, comme étant avant tout une mesure de protection des enfants privés de famille. A ce titre, l’adoption internationale est la rencontre des besoins d’un enfant avec le désir d’un adulte (en couple ou célibataire) dans laquelle doit être privilégié l’intérêt supérieur de l’enfant. La situation actuelle de l’adoption internationale met cependant en danger ce principe fondamental. En effet, les statistiques montrent une situation particulièrement tendue, les candidats adoptants étant toujours plus nombreux dans la plupart des pays d’accueil. Il est difficile d’obtenir des chiffres à ce sujet. Mais les données de la seule France, que l’on connaît, illustrent bien le phénomène: le nombre de couples ou d’individus en possession d’un agrément approche les 30'000, ceci alors que le pays réalise environ 5000 adoptions par année, dont près de 80% à l’étranger, et que le nombre annuel d’adoptions internationales réalisées dans le monde dépasse à peine les 40'000.


Si des mesures ne sont pas prises rapidement, cette situation risque de devenir encore plus tendue ces prochaines années, le nombre d’adoptions internationales tendant à diminuer.
Ainsi, comme vous le savez, la France a connu une diminution de ses adoptions internationales de 5% en 2006 (2006: 3977 / 2005: 4136). Mais certains pays ont connu une diminution beaucoup plus importante que la France: moins 10% pour les Etats-Unis (2006: 20,679 /2005: 22,728), moins 20% en Suède (2006: 879 / 2005: 1083), moins 25% en Norvège (2006: 448 / 2005: 582). Le Canada a, quant à lui, connu une diminution de 18 % en 2006. Le nombre d’adoptions internationales en Espagne a également fortement diminué: en 2006, 4472 enfants venant de l’étranger ont été adoptés par des Espagnols, soit 951 de moins qu’en 2005, ce qui représente une diminution de plus de 20%6. En Allemagne, le nombre d’adoptions internationales 2006 est légèrement inférieur à celui de 2005 (moins 1%), mais le pays avait déjà connu une diminution de 6% en 2005 par rapport à 2004. Dans ce contexte, seule l’Italie fait exception et affiche une augmentation de 10% de ses adoptions internationales par rapport à 2005 (2006: 3188 / 2005:2874). Le pays reste toutefois en dessous de l’année 2004 (3402). Nous verrons plus loin une explication possible au cas de l’Italie.

 

Les explications à ce ralentissement sont multiples. Parmi elles, le contexte prévalant dans le pays d’origine joue un rôle très important. Par exemple, et c’est peut-être le cas le plus flagrant en raison de l’ampleur des chiffres, le nombre d’adoptions avec la Chine a sensiblement diminué depuis que ce pays a mis en place de nouvelles structures suite à l’entrée en vigueur de la Convention de La Haye de 1993 et depuis qu’elle a introduit des normes plus strictes concernant les candidats adoptants. Ainsi, pour le Canada, la diminution des adoptions internationales en Chine (moins 37,5%) est même la principale explication à la diminution générale de ses adoptions internationales. La Chine étant le choix de plus de 40% des Canadiens adoptant à l’étranger, cette diminution a induit une baisse générale des adoptions internationales canadiennes, ceci malgré l’augmentation du nombre d’adoptions avec plus de la moitié des 25 pays avec lesquels le Canada réalise le plus d’adoptions. Le Canada n’est certainement pas seul dans ce cas. La France a, par exemple, également réalisé un peu plus de 30% d’adoptions en moins avec la Chine en 2006 par rapport à 2005. Le nouveau contexte prévalant en Chine n’a, en revanche, eu aucune incidence sur l’Italie qui ne fait pas d’adoption avec ce pays. C’est peut-être là une des principales raisons pour lesquelles l’Italie n’a pas connu de diminution de ses adoptions internationales en 2006.

 

Les changements survenus dans d’autres pays d’origine ont également eu des conséquences directes sur le nombre d’adoptions internationales. Dans ce contexte, on peut notamment citer les nouveaux critères d’accréditation des intermédiaires en Russie, qui ont entraîné une diminution des adoptions pour certains pays, comme les Etats-Unis (933 adoptions de moins en 2006 qu’en 2005, soit 3706 adoptions au total); les adoptions avec l’Ukraine qui ont été réduites en raison des différentes réformes en cours dans le pays; ou encore le cas de l’Inde où les adoptions internationales continuent de baisser à la suite du développement des adoptions nationales. A l’inverse, on constate que de nouveaux pays apparaissent, parfois même dans le peloton de tête, dans les récentes statistiques de nombreux pays d’accueil, comme le Kazakhstan, l’Ethiopie, le Kenya ou le Mali. Ainsi les Etats-Unis ont réalisé 732 adoptions avec l’Ethiopie en 2006, alors qu’ils n’en avaient réalisé que 441 l’année d’avant et 150 en 20019. La France a réalisé 109 adoptions avec le Mali en 2006, alors qu’elle n’en avait réalisé que 85 en 2005 et 79 adoptions en 2004.

 

Ce contexte chiffré posé, il apparaît clairement que les demandes d’adoption des pays d’accueil  sont de plus en plus difficiles à satisfaire. Les restrictions imposées par des pays d’origine importants en termes de nombre d’adoptions internationales annuelles poussent les candidats à rechercher ailleurs des possibilités d’adoption. Or, l’histoire contemporaine de l’adoption montre que ces mouvements induisent systématiquement le même phénomène: lorsqu’un pays s’ouvre à l’adoption internationale, il est rapidement submergé par les dossiers de candidats étrangers, beaucoup trop nombreux par rapport aux besoins de ses enfants adoptables. Ce déséquilibre induit une forte pression sur le pays d’origine et entraîne immanquablement des abus qui finissent par être dénoncés dans la presse, provoquant une prise de conscience populaire et politique. Le pays prend alors des mesures, tant au niveau structurel que politique et socio-juridique, pour enrayer le phénomène, mieux protéger les droits des enfants et mettre au centre des préoccupations leur intérêt supérieur et leurs besoins: adhésion à la Convention de La Haye de 1993 sur l’adoption internationale, création d’une autorité centrale, réformes législatives incluant de nouvelles normes en matière d’adoption (concernant la procédure, le suivi post-adoptif, la détermination du nombre de pays d’accueil et d’organismes agréés…), développement de l’accueil familial et de l’adoption nationale, formation des intervenants…

 

Ces dispositions sont nécessaires pour offrir une réponse adéquate aux besoins des enfants privés de famille, même si elles sont plus restrictives à l’égard des pays d’accueil et des candidats adoptants, et induisent immanquablement une diminution des adoptions internationales avec le pays concerné. Les candidats cherchent alors d’autres pays d’origine, parfois moins regardant sur les procédures, qui, à leur tour, se trouvent submergé par les dossiers de candidats étrangers et finissent par prendre des mesures. Considérant que ce mouvement est inéluctable, un jour arrivera où la très large majorité des pays d’origine sera passée par ce processus et limitera en conséquence encore bien davantage le nombre d’adoptions internationales. D’autant que certains Etats d’origine ont pris, et vont certainement encore prendre, des mesures plus drastiques pour se protéger de la pression de la demande d’enfants adoptables de la part des pays d’accueil : certains pays ont ainsi choisi d’imposer des quotas annuels, comme la Thaïlande ou la Corée du Sud. Chaque année, ces pays informent les autorités centrales de quelques Etats d’accueil du nombre d’enfants qu’ils souhaitent leur confier en adoption pour éviter de recevoir un nombre ingérable de dossiers auxquels il ne sera de toute façon pas possible de répondre. D’autres Etats, comme la Lituanie ou les Philippines pour leurs enfants à besoins spéciaux, ou l’Etat de Porto Alegre au Brésil pour tous ses enfants, n’acceptent plus de recevoir des dossiers de candidats adoptants, mais envoient eux-mêmes les dossiers des enfants en besoin d’une adoption internationale aux Etats d’accueil pour que ces derniers procèdent à l’apparentement.

 

Ces mesures permettent certes de protéger les pays d’origine et leurs enfants adoptables de la pression mais elles ne peuvent pas fournir à elles seules une solution aux tensions qui distordent le paysage de l’adoption à travers le monde. En effet, tant que les pays d’accueil n’auront pas fait leur part du chemin, ces mesures auront des effets secondaires néfastes. Elles peuvent notamment engendrer une concurrence toujours plus aiguë entre les pays d’accueil. La rigidité des règles des pays d’origine peut également conduire à la corruption et au trafic d’enfants pour satisfaire les candidats les moins scrupuleux.

 

Une fois de plus, il apparaît donc essentiel que les pays d’accueil consacrent plus d’efforts à sensibiliser leur population à cette réalité, en soulignant le sens réel de l’adoption internationale telle que consacrée par les textes internationaux. Il est urgent que les pays d’accueil prennent des mesures pour gérer le flux de leurs candidats adoptants. Il est notamment capital que les autorités des pays d’accueil ne perdent pas de vue le nombre d’adoptions internationales réalisées en moyenne chaque année lorsqu’elles délivrent les agréments aux candidats adoptants. Sans forcément établir de corrélation stricte entre les deux éléments, il est important que le nombre de candidats adoptants d’un pays donné bénéficiant d’un agrément ne soit pas sans commune mesure avec le nombre d’adoptions internationales réalisées en moyenne chaque année dans ce même pays. Un tel écart induit une pression difficilement gérable pour les pays d’origine comme pour les pays d’accueil. Il génère en outre d’importantes frustrations parmi les nombreux candidats et aboutit parfois à des abus.


 
Au vu de ces éléments, une sélection plus fine des candidats adoptants est vraisemblablement inévitable. Une telle mesure est, certes, difficile à prendre pour les pays d’accueil soumis à d’importantes pressions politiques et populaires, mais les chiffres montrent qu’elle devient toujours plus nécessaire pour garantir l’intérêt supérieur de l’enfant. Rappelons à ce sujet que les bébés en bonne santé étant de plus en plus souvent adoptés dans leur pays d’origine, les enfants concernés par l’adoption internationale présentent fréquemment des particularités qui exigent des capacités d’accueil plus spécifiques. Dans ce contexte, la question extrêmement controversée de la limite d’âge supérieure des candidats à l’adoption mériterait également une réflexion ouverte et constructive. Une solution telle que la limitation de l’écart d’âge maximum entre l’adopté et l’adoptant est, à notre sens, une piste qui mérite d’être explorée sérieusement. En effet, selon les spécialistes en sciences humaines, l’adoption suppose des capacités d’adaptation et une souplesse psychologique spécifiques présumées en diminution avec l’âge. Par ailleurs, le développement de l’enfant peut pâtir d’un modèle parental trop âgé ou de la disparition précoce des adoptants.

 

Pour les candidats adoptants en possession d’un agrément, les organismes autorisés pour l’adoption (OAA) ont également un rôle de régulation à jouer. En effet, leur intervention peut être un atout dans le renversement de la logique demande – offre ainsi que dans la réduction des pressions et des abus aggravés par l’arrivée, dans les pays d’origine, de nombreux candidats adoptants non encadrés. Mais pour cela, le nombre, le profil professionnel et l’éthique des OAA doivent être établis en partant des besoins des enfants du pays d’origine et non de la demande des adoptants ou des intermédiaires.

 

Le développement d’alternatives à l’adoption internationale au sein des pays d’accueil peut constituer un autre élément de réponse. Certains pays d’accueil ont de nombreux enfants institutionnalisés pour lesquels peu de projets de vie permanents de type familial sont élaborés. Aux Etats-Unis par exemple, on estime que 23% des quelque 500'000 enfants placés attendent une adoption, soit un peu plus de 117'000 enfants; ceci alors que le pays réalise plus de 20'000 adoptions internationales par année. Le développement et la promotion de l’adoption nationale pourraient donc répondre aux besoins de ces enfants tout en répondant à la demande des candidats adoptants. Parlant de la France, il y a environ 1000 adoptions nationales par année alors que le pays compte quelque 3000 pupilles de l’Etat et environ 125'000 enfants placés en protection de l’enfance14. S’il est difficile de savoir combien de ces enfants seraient véritablement adoptables, il semble évident qu’ils sont plus nombreux que les quelque 1000 enfants adoptés chaque année.

 

L’adoption internationale ne trouvera son équilibre que si chaque acteur fait sa part du chemin. Nous sommes conscients qu’initier de telles démarches demande un réel courage politique, ainsi qu’un véritable effort didactique de la part de chaque intervenant. Si les professionnels de l’adoption sont souvent conscients de ce phénomène, il devient de plus en plus urgent d’en informer le public et de lui proposer d’autres moyens de soutenir l’enfance en détresse.

 

Source : Service Social International - Centre international de référence pour les droits de l’enfant privé de famille (SSI/CIR).
Archives novembre 2007.

 

- Diversification of countries of origin and an increase in the age of adopted children against a background of inter-country adoption that continues to be tense.


The fall in inter-country adoptions, which is common throughout the world, reflects amongst other things, an improvement in the provision of domestic care for children in the countries of origin. Faced with this situation, the receiving countries are looking for new countries to adopt in, particularly in Africa.


The 2007 statistics illustrate clearly: inter-country adoptions around the world are continuing to plunge. This pattern, which started for certain countries at the beginning of the 2000, was clearly confirmed in 2005, and seems to be continuing. It is explained by several factors that this bulletin has already addressed, namely, the fact that more and more countries of origin are developing and strengthening their national systems for child protection, particularly by means of family placement and domestic adoptions, thus reducing their need for inter-country adoption. Today, the latter therefore constitutes an appropriate response for older children and/or those suffering from problems of physical or psychological health, for whom it is more difficult to find a family.

Source : SSI-CIR, bulletin n°7-8/2008.
 

27/08/2008

Les adoptés exhortent le gouvernement sud-coréen à enquêter sur la vérité de l'adoption outre-mer.

Adoptees urge S. Korean gov't to inquire into truth of overseas adoption.


L'article a été traduit et publié en français par Kim Myung-Sook, sur son blog Fabriquée en Corée.

 

Jeudi, des dizaines d'adoptés coréens envoyés à l'étranger pour l'adoption ont exhorté le gouvernement sud-coréen à faire une enquête officielle sur le programme d'adoption internationale de la Corée du Sud, a indiqué Yonhap News Agency.

 

"La question d'adoption et son histoire n'ont jamais été complètement traités au niveau national par le gouvernement de la Corée (du Sud)" a dit Truth and Reconciliation for the Adoption Community of Korea (TRACK - Vérité et réconciliation pour la communauté d'adoption de la Corée) dans une déclaration. "L'objectif principal de l'enquête nationale est de faire le premier pas décisif dans le processus de documentation de l'histoire pleine et complète de l'adoption internationale de la Corée du Sud"

 

La première assemblée générale de TRACK a eu lieu le jeudi au centre-ville de Séoul, avec quelques 50 participants, y compris les adoptés coréens d'outre-mer et ses partisans.

 

L'organisation basée à Séoul a été lancée en 2007, visant à pousser le gouvernement sud-coréen à mettre en place une commission indépendante de vérité et de réconciliation chargée d'étudier les 50 ans d'histoire de l'adoption internationale de la Corée du Sud.

 

Avec le parrainage d'une ONG sud-coréenne et les conseillers des universités locales et la South Korean Truth and Reconciliation Commission (Commission Sud-Coréenne de Vérité et Réconciliation), TRACK a été lancée principalement par des adoptés coréens résidant en Corée du Sud.

 

TRACK espère qu'en révélant les problèmes dans le programme d'adoption coréen, les droits des enfants coréens et les familles seront mieux préservés dans l'avenir, selon les agents.

 

"Une telle enquête permettrait de rectifier et de réconcilier le passé pour répondre à un brillant avenir collectif. Ça serait un symbole de la dignité humaine et de la justice civile, et un acte de compassion humaine pour des milliers et des milliers de familles divisées et brisées sur la péninsule coréenne", indique le rapport.

 

Au début de cette année, elle a réussi à apporter six cas d'adoptions internationales douteuses datant des années 1970 aux années 1980 devant la Commission anti-corruption et droits civils de la Corée du Sud (Anti-Corruption and Civil Rights Commision of South Korea), ont dit les fonctionnaires.

 

Sur les six cas, quatre demandes concernaient des Coréens adoptés qui ont déclaré avoir été envoyés à l'étranger pour adoption sans le consentement de leurs mères, ce qu'ils ont découvert après avoir été réunis avec leurs familles coréennes à l'âge adulte.

 

Toutefois, dans le même rapport, la mère et le père de deux enfants ont fait valoir qu'ils n'avaient pas abandonné leurs enfants, mais l'agence d'adoption Holt a réitéré sa position que les enfants avaient été abandonnés.

 

Selon le ministère sud-coréen de la santé et du bien-être, 161 202 enfants ont été envoyés à l'étranger pour adoption à la fin de la guerre de la Corée en 1953 à 2006. L'année dernière, le nombre d'enfants sud-coréen adoptés à l'échelle nationale a dépassé les adoptions outre-mer pour la première fois depuis la fin des années 1960. La Corée du Sud a envoyé 1388 enfants, 52,3 pour cent du total de 2652, à l'étranger en 2007.

ygkim@yna.co.kr

26/08/2008

L’adoption encore et encore.

[Via le blog Les droits des enfants vus par un juge des enfants. Par Jean-Pierre Rosenczveig.]

 

Rosenczveig.jpgLa communication en Conseil des ministres sur l’adoption de Mme Morano prévue le mercredi 21 août a donc été reportée du fait des événements d’Afghanistan. La ministre s’étant exprimée préalablement sur ses intentions, on connait les orientations qu’elle retient avec sa collègue Rama Yade concernée par l’adoption transnationale.

 

Ce qui en première intention frappe l’observateur un brin expérimenté dans les mesures annoncées est bien leur caractère répétitif, pour ne pas dire récurrent depuis une vingtaine d’années. On tourne vraiment en rond sans répondre vraiment aux difficultés rencontrées par les candidats à l’adoption soucieux d’obtenir satisfaction à la hauteur de leurs attenttes. Mais peut-il en être autrement ?

 

Il est même de fait que le nombre d’adoptions prononcées chaque année diminue. En tout cas, d’une manière non constestable, les adoptions d’enfants de France sont en chute: un peu moins d’un millier - 800 exactement - en 2005. L’adoption transnationale prend donc une place très importance - 80 % - dans les adoptions prononcées. Mais, à un seuil moins élevé qu’il ne fut : environ 4000.

 

Bien évidemment dans ce qui est annoncé, il y a des mesures positives notamment lorsqu’il est proposé de réactualiser chaque année les demandes afin d’être au clair sur les chiffres. La ministre parle de 25 000 agréments en cours, 8 000 nouveaux étant délivrés chaque année. En d’autres temps récents, on avançait le chiffre de 15 000. Quelle est la réalité ? Ici comme ailleurs, nous avons besoin de disposer d’instruments de mesures fiables.

 

On avance aussi l’idée d’une session d’information et de formation obligatoire pour les demandeurs d’agrément afin de les préparer au parcours qui les attend. OK.

 

Mais le préoccupant est ailleurs. Il tient une nouvelle fois dans cette idée que l’ASE (service de l'aide sociale à l'enfance) serait un reservoir d’enfants adoptables qu’on n’exploiterait pas suffisamment. Les arguments avancés font frémir sur la méconnaissance de la réalité de l’aide sociale à l’enfance moderne.

 

Je cite Mme Morano (La Croix du 27 juillet 2008) : “Nous ne devons plus laisser filer les situations de délaissement parental. Regardez les chiffres : en 2006, sur 23 000 enfants placés après une décision d’un juge, on a dénombre seulement 219 demandes de déclarations judiciaires d’abandon, soit moins d’1% d’enfants adoptables. N’y a-t-il pas, parmi les milliers d’autres, des enfants dont le délaissement est avéré et qui seraient plus heureux dans une famille? Il faut en tout cas en avoir le coeur net (...)"

Les 26 000 enfants confiés chaque année par la justice à l’ASE ne correspondent pas à des enfants delaissés, mais à des enfants en danger.
C’est parmi ceux-là, une infime minorité qui sont sans parents exerçant leur autorité. Pour l’immensité des cas, on est avec des parents qui exercent “mal” l’autorité parentale et qu’il faut assister. D’ailleurs, la procédure judiciaire s’appelle “assistance éducative”.

 

La nuance est de taille car contrairement à ce qu’avance la ministre, ces enfants ne sont pas abandonnés et donc pas adoptables en l’état de notre législation.

 

On peut imaginer sanctionner la mauvaise éducation par le retrait de l’autorité parentale, mais là, on entrerait dans un autre registre par lequel nous sommes passés voici quelques décennies avec la déchéance d’autorité parentale. Si on voulait scier la branche sur laquelle l’ASE repose on ne ferait pas mieux.

 

Il faudra voir la réaction à ces analyses et propositions des députés - par ailleurs présidents de conseils généraux - qui connaissent les realités de ce que font leur service de l’aide sociale à l’enfance. Je doute qu’ils partagent l’analyse ministérielle sur le fait que l’ASE regorge d’enfants délaissés.

 

Quelle image surannée de l’ASE est ainsi véhiculée ! Comme sur d’autres sujets, quelle image dépassée les politiques ont de la jsutice des mineurs en alignant les poncifs et les images d’Epinal d’une autre époque.

 

Veut-on ne pas oublier qu’en 1900 pour 26 millions d’habitants, nous avions 150 000 enfants pupilles de l’Etat, aujourd’hui 2500 seulement pour 64 millions d’habitants. Est-ce une régression ou une avancée ? Une avancée, sans conteste. Alors ne cassons pas l’instrument pour quelques poignées d’enfants adoptables de plus.

 

Si l’on ne permet pas à l’ASE de faire son métier de protection de l’enfance en travaillant à faire fonctionner le lien parents-enfant, on fera effectivement de l’enfant adoptable avec des enfants qui quelques années plus tard vilipenderont le systême qui les aura privé de leur famille au seul prétexte qu’elle était pauvre ou en difficulté et d’autres familles attendaient des enfants.

 

Ce qui est choquant une nouvelle fois dans cette approche, c’est qu’avec la meilleure bonne conscience du monde, on mélange les deux problèmes : celui des enfants qui n’ont pas la chance de bénéficier d’entrée de jeu d’une famille capable dans tous les sens du mot de les accueillir et le problème de ceux qui souhaiteraient fonder une famille ou l’agrandir, mais ne le peuvent pas naturellement.

 

Dans le même temps une fois de plus, je me repète à le dire mais c’est l’expérience du dossier qui parle, on va susciter encore de faux espoirs chez tant de gens qui souffrent de n’être pas parents à la hauteur de ce dont ils rêvaient.

 

C’est irresponsable même si cela part d’une bonne intention.
Il faut dire lucidement et objectivement que l’adoption n’est pas une reponse limitée au problème du désir d’enfants.

 

Il faut dire aussi que l’enjeu des pouvoirs publics est d’abord de garantir à tout enfant sans famille qu’il trouvera une famille pour l’acceuillir. Trop d’enfants devenu pupilles de l’Etat ne seront “demandés” par personne du fait notamment de leur handicap, de leur âge ou de leur couleur de peau. L’idée de moderniser le dispositif de rapprochement entre candidats à l’adoption et enfants réellement adoptables (le SIAPE, Système d’Information pour l’Adoption des Pupilles de l’État) est excellente.

 

Je maintiens qu’il faut aussi faire un effort pour aller solliciter des candidcats à l’adoption qui s’ignorent: il y a dans ce pays généreux nombre de gens qui accepteraient d’accueilir un enfant et pourquoi pas de l’adopter si on les sollicitait.

 

Avant de “faire” de nouveaux enfants adoptables sachant que les enfants declarés judicairement abandonnés sont largement plus âgés que ceux confiés par leurs parents aux fins d’adoption préoccupons nous de ceux qui sont déjà pupilles de l’Etat.

 

En tout cas, j’attends que l’on me demontre rationnellement et scientifiquement que l’ASE est pleine de milliers d’enfants qui seraient délaissés.

 

L’adoption transnationale pose d’autres difficultés qu’il faut aussi abordés lucidement et sur lesquels je reviendrai.

 

25/08/2008

Mimie Mathy, en mission en Asie, sur les traces de Yen.

MimieMathyEnMission.jpgQuelques jours après le départ au Cambodge de Madame Adoption, Clémence Fournier, engagée dans les Peace Corps de Rama Yade pour le réseau de volontaires de l'adoption internationale.

 

TF1 diffuse ce 25 août l'épisode "Sur les traces de Yen", de la série télévisée française "Joséphine, ange gardien.
Pour l’occasion, Mimie Mathy (Joséphine) s’est rendue en Asie pour venir en aide à un couple français, venu adopter une petite fille, et se retrouvant mêler à un trafic d’enfants.
Il n'y a pas de hasard.


Le sujet


Joséphine est en Asie pour aider un couple à adopter une fillette et démanteler un réseau de trafiquants d'enfants pour Occidentaux en mal de famille.

«Enfin des vacances bien méritées !», se dit Joséphine lorsqu'elle pose le pied sur le sol asiatique.
Malheureusement pour elle, le Ciel en a décidé autrement. Elle n'est pas là pour se reposer mais pour remplir une nouvelle mission : aider Emilie et Victor, un jeune couple d'une trentaine d'années, venus adopter une petite fille. Lorsqu'ils se présentent à l'agence d'adoption, on leur annonce que leur dossier a été égaré. La petite fille qui leur était promise a finalement été adoptée par un autre couple. Pour Emilie et Victor, c'est la fin du monde. Mais Joséphine ne se décourage pas. Derrière le prétexte d'erreurs administratives, elle découvre un véritable trafic d'enfants...

 

22/08/2008

Enfants kidnappés en Inde adoptés par des familles australiennes.

Stolen Children India.jpgKidnapped children adopted by Australians.

AT LEAST 13 young children from India were kidnapped, given new identities and adopted by unsuspecting Australian families, according to Indian police.

The allegations, detailed in Time magazine, centre on a dubious Chennai orphanage-cum-adoption agency called Malaysian Social Services.

The agency was able to arrange adoptions for Australians, even after an Indian court cancelled one family's proposed adoption in 1995 because MSS had lied when it claimed a five-year-old girl was abandoned.

It continued to send children to Australia - to Queensland, Tasmania and the ACT - before its principals were arrested over the kidnapping racket in 2005.

Citing Indian court documents, Time said children had been snatched by gangs and sold to MSS for 10,000 rupees ($263) each. Of 120 children it sent overseas, at least 13 went to Australia.

One was a two-year-old girl identified only as Zabeen, who was snatched while playing outside a tea shop in northern Chennai, and adopted by a Queensland couple through MSS in 2000, along with her purported sibling, another child stolen from a different family.


Zabeen's mother, Fatima, told the magazine: "I thought someone had taken her for her kidney."


In 2005, she and her husband identified their daughter from photographs taken from MSS files. "When she knows that she has her parents here, I'm sure that she will come looking for us," she said.

Queensland's Child Safety Minister, Margaret Keech, said the allegations were "very concerning", and promised that Adoption Services Queensland would co-operate with investigating authorities.

The state's other MSS child was adopted in 1995, before the time most of the kidnappings are thought to have happened, between 1998 and 1999.

The Sydney Morning Herald


-> Pour la traduction en français

Consulter le blog "Fabriquée en Corée" de Kim Myung-Sook.

 

->  'Stolen babies' adoption racket

A Canberra family who adopted two children from India is still waiting for an investigation into their case more than a year after notifying Indian authorities.
Julia Rollings and her husband Barry adopted brother and sister Akil and Sabila from Madras Social Service Guild orphanage in Chennai, in August 1998.
The Canberra Times. 24.08.08.

 

->  Adoption racket kids 'may be returned'

ANY children kidnapped in an overseas adoption racket will likely have to be returned to their families, federal Opposition Leader Brendan Nelson says.
The Australian. 23.08.08.

 

Stolen Children Australia.jpg->  Un bureau d'adoption indien proposait des enfants enlevés

Un trafic international d'enfants a été mis au jour en Australie. Des filles et garçons, originaires d'Inde, auraient été enlevés à leurs parents et proposés à l'adoption à des couples étrangers via un prétendu orphelinat. C'est ce qu'ont annoncé samedi les autorités australiennes. Selon le journal Time, jusqu'à 120 enfants kidnappés auraient probablement été adoptés par des parents étrangers. 14 d'entre eux vivent à présent en Australie.

Un porte-parole du gouvernement de l'Etat australien du Queensland a confirmé que la société Malaysian Social Services (MSS) de Madras (Chennai), en Inde, intervenait comme intermédiaire lors des adoptions. D'après la police indienne, MSS demandait de l'argent en échange des enfants et ils recevaient une nouvelle identité.

Une femme de Madras a confié au Time que sa fille de 2 ans, Zabeen, a été enlevée il y a 7 ans alors qu'elle jouait dehors. Cette mère a reconnu sa fillette dans une brochure de MSS. Le couple australien qui a adopté Zabeen a déclaré n'avoir jamais soupçonné un instant que l'enfant aurait pu avoir été kidnappé.

Source : AFP/7sur7.

 

->  International Adoption: Aid or Trade

Since beginning of last year there is much debate about intercountry adoption in The Netherlands. It started with the news of a stolen, kidnapped Indian child who allegedly had been adopted by Dutch citizens.

'Marie Claire’ - March 2008 - Anneke Bots.
'India demands stolen adopted child back from the Netherlands'. 'Dutch couple in prison in Sri Lanka because of illegal adoption'. There are scandals all over and criticism on intercountry adoption – yes, also on those of Madonna and Angelina – grows. What is going on?

He lives since seven year with his adoptive parents in the Netherlands, when all of a sudden his biological mother from India announced herself. Nine-year-old Rahul recently became world news. The boy had not at all been voluntarily relinquished, said his mother, but was stolen during the night. Rahul’s story is not the only recent adoption scandal. A Dutch couple was arrested this summer in Sri Lanka because they were trying to take a baby illegally out of the country. And last October the world was shocked by the images of hundreds of so-called orphans from Darfur, who were about to be taken out of the country by a French aid organisation. Another shocking fact? In Guatemala one out of a hundred children is especially delivered for export to the US. The mothers get 600 to 1600 dollar per child, adoptive parents pay around 30.000 dollar for a baby. The difference goes into the pockets of lawyers, baby brokers and directors of orphanages. The reason for all these wrongdoings: the demand for adoptions bypasses the offer, so all children are welcome. According to Unicef there are worldwide fifty potential adopters lining up per adoptable child.

The full article in dutch can be found on 'Adoptie Trefpunt' website. 

Source: Romania - For export only. Roelie Post.

 

->  Adult Example of the Effect to be Stolen and Adopted.

My name is Vanessa. I was born in India and adopted into Canada at the age of eight. I was stolen from my family in India at the age of 4 and then hidden and then adopted out of the country. You can see my video on www.youtube.com/iwasstolen There is a part one and part two to the video. Both videos together are 7 minutes long. I have been searching for my family for quite a long time and any help that you could give would be greatly appreciated.
I am desperate to find my family. My adoption did not turn out and the people that had adopted me had been found mentally unfit to adopt children in Canada but through private international adoption they were able to adopt me into Canada in 1978. I was kept in an attic and sexually and physically abused until children’s services took me away at the age of 14. Any help that you could give me would be greatly appreciated. 28/11/2007.

Source: UAI - News.

 

->  Children snatched & stolen, racket is called adoption

4 vidéos, parus en octobre 2007 dans CNN-IBN, sur le commerce d'enfants volés en Inde et vendus aux parents d'autres pays.
Articles traduits en français sur Fabriquée en Corée.

-> Child adoption in India needs to be transparent

Single and unwed mothers are most vulnerable to child traffickers.
Videos IBN Live : 1 | 2 | 3 | 4

 

->  The adoption market

A Frontline investigation lays bare a multi-billion-dollar, countrywide racket in inter-country adoption of children, run by private adoption agencies that exploit the loopholes in the rules.
Source: Frontline. Asha Krishnakumar. 2005.

 

->  Plusieurs familles québécoises ont peut-être adopté des enfants kidnappés en Inde

Une vingtaine de couples québécois, qui ont déjà adopté un enfant en Inde ou qui s'apprêtent à le faire, vivent dans l'angoisse parce qu'un réseau de trafic d'enfants vient d'être découvert dans ce pays.
Devant ces inquiétudes, le Secrétariat québécois à l'adoption internationale ne permet l'ouverture d'aucun autre dossier.
Au cours des dernières semaines, 188 enfants, que l'on craint avoir été kidnappés ou obtenus contre de l'argent, ont été retirés de sept orphelinats indiens souvent insalubres.
Source : Canoe. Archives 04/05/2001.

17/08/2008

Le Dr. Richard Boas se lève pour les mères célibataires coréennes.

RichardBoas.jpg[Thanks to Romania - For Export Only. Roelie Post]


Dr. Boas stands up for Korean unwed mothers.


A number of adult adoptees, adopted from South Korea, has organised themselves in order to call for "Urgent Need for Truth and Reconciliation for the Adoption Community of Korea".
Their website is worth visiting and a participation form can be downloaded.


Dr. Richard Boas, founder and director of Korean Unwed Mothers Support Network, gave an excellent talk at the Korean Women's Development Institute on Thursday, August 14 in Seoul.

See the video.

Download Richard Boas speech.


->  Dr. Richard Boas speaks on Korean unwed moms

En remerciant Kim Myung-Sook [Fabriquée en Corée] pour la traduction en français.

"Dr Boas est un parent adoptif d'une jeune fille de la Corée. Il avait l'habitude de promouvoir les adoptions internationales, mais après son premier voyage en Corée, il a soudainement fait un virage de 180 degré et il a investi beaucoup de temps, d'argent et d'énergie dans le soutien des mamans coréennes célibataires au cours des deux dernières années. Il a créé un réseau de support pour les mères célibataires en Corée (Korean Unwed Mothers Support Network). Il a également été un merveilleux auditeur à l'adulte a adoptées et mon plus grand respect." J. J. Trenka (du site YouTube)


Traduction du discours du Dr Richard Boas


Bonjour. Je suis honoré de prendre la parole au forum de KWDI d'aujourd'hui. Je suis fondateur et directeur de The Korean Unwed Mothers Support Network (Le réseau de support des mères célibataires coréennes) qui prône et élève la visibilité de la question de la difficile situation des mères célibataires coréennes et de leurs enfants. De plus, j'ai créé à l'hôpital de Norwalk, au Connecticut, ainsi qu'à l'hospice de Connecticut, les fonds qui aident les patients atteints de cancer et leurs familles. Je suis un membre du conseil d'administration de la Charte Challenge Oak Foundation, qui aborde les problèmes de la pauvreté et le manque d'une éducation de qualité à Bridgeport dans le Connecticut, une des villes les plus pauvres aux États-Unis.


En 1987, ma femme et moi avions déjà eu deux merveilleux enfants, et nous souhaitions avoir un troisième enfant. Nous avons décidé d'adopter de la Corée, car nous avions compris que les enfants nés de mères célibataires faisaient face à un avenir difficile, en particulier les filles. En adoptant, nous espérions donner à un enfant une vie meilleure aux États-Unis. De plus, nous avions compris que la Corée et les États-Unis avaient développé les meilleurs systèmes d'adoption internationale au monde. Esther est née à Pusan en Octobre 1987 et est venue à nous trois mois et demi plus tard.


Pendant de nombreuses années, j'ai été un ophtalmologiste spécialisé dans le glaucome, une maladie qui peut rendre potentiellement aveugle. C'était le gratifiant pourtant je souhaitais aider les gens d'une manière différente.


En 2005, j'ai appris que de nombreuses familles locales ne pouvaient adopter en raison d'une hausse exorbitante des coûts. J'ai été particulièrement ému par leur désir d'adopter des frères et sœurs des enfants déjà adoptés, également des enfants avec des besoins spéciaux. J'étais vraiment reconnaissante envers Family and Children's Agency (FCA)dans le Connecticut et à Social Welfare Society dans Séoul (SWS)de nous amener nos enfants et je voulais être en mesure d'aider d'autres familles à adopter, comme nous l'avons fait.


J'ai commencé des rencontres avec d'autres familles adoptives dans ma région. Ensemble, nous avons commencé l'Adopted Fondation à FCA. Alors que j'étais avec la Fondation, nous avons aidé une quinzaine de familles. C'était vraiment gratifiant d'examiner les demandes des familles, et donner des subventions qui les aidaient à adopter.


Je croyais en notre travail, et je voulais faire tout mon possible pour le promouvoir, alors j'ai demandé de me joindre aux travailleurs sociaux de FCA pour leur voyage en Corée, en Octobre 2006, à mes frais.


Le voyage m'a complètement changé.


Je n'étais pas prêt à ma réaction à tenir des enfants (certains âgés d'à peine quatre jours), à rencontré des enfants avec des besoins spéciaux, de visiter des enfants malades à l'hôpital, et de voir un garçon âgé de trois mois et sa mère d'accueil. Ces enfants avaient été abandonnés par leurs mères célibataires, et donc étaient rendus orphelins. Toutefois, j'ai été profondément ému par une douzaine de jeunes femmes dans le service de SWS à Daegu. Elles toutes âgées d'environ 18-24 ans, toutes étaient enceintes et non mariées, et chacune de ces mères avait déjà accepté de renoncer à son enfant. Tout à coup, je me suis rendu compte que 20 ans plus tôt, la mère d'Esther était l'une de ces femmes, et Esther était l'une de ces orphelins. Et j'ai eu la réponse à une question qui m'avait toujours tracassé depuis l'adoption d'Esther; je n'avais pas reconnu ou validé la femme qui a donné naissance à mon enfant, ni la relation entre elles.


J'avais fortement appuyé l'adoption de la Corée. Toutefois, je me suis rendu compte que j'avais été aveugle aux circonstances des mères célibataires coréennes, leurs enfants et les familles, et les éventuels effets négatifs de l'adoption, en particulier l'adoption internationale, sur la mère et l'enfant. Soixante-dix pour cent des mères célibataires coréennes abandonnent leurs enfants. Les États-Unis chiffrent à 2%. Pourquoi cette disparité? Est-ce vraiment nécessaire? Plus important encore, n'est-ce pas le droit de toute mère aimante et capable d'élever son enfant, si elle choisit, non seulement en Corée, mais partout dans le monde? Les femmes que j'ai rencontrées à Daegu, et Young Ja, la mère d'Esther avant elles, ont douloureusement renoncé à leurs enfants, en particulier sans alternative de la société.


Avec ma pensée brusquement changé, je suis retourné la maison, posant la question suivante: Comment puis-je, en tant que parent adoptif américain, aider afin que les meilleurs intérêts des mères célibataires et de leurs enfants soient rencontrés? Existe-t-il un rôle que je devrais jouer, faudrait-il faire une différence, et serait-il accepté et adopté par la société coréenne? Si une femme choisit de garder et d'élever son enfant, comment puis-je aider à augmenter la probabilité qu'elle sera en mesure de le faire? Si elle devait choisir de placer son enfant pour l'adoption, comment pourrais-je l'aider? Si Esther était née la semaine dernière, quelle aurait été la bonne chose à faire pour elle et sa mère?


L'adoption de la Corée a augmenté de plus de 50 ans comme une réponse valable aux besoins des orphelins de guerre et des enfants engendrés par les militaires américains. L'adoption continue pour des raisons complètement différentes. Certaines adoptions internationales pourraient toujours être nécessaires. Toutefois, pourquoi la Corée, un pays démocratique parmi les 12 plus grande économie au monde, n'aide-t-elle pas ses propres citoyens? Pourquoi ne fait-elle pas tout ce qu'elle peut pour aider les femmes célibataires à garder et élever leurs enfants, si elles le souhaitent? Ces femmes courageuses méritent toute l'aide qu'elles peuvent obtenir!


Étourdi, j'ai quitté la fondation de pro-adoption internationale que j'avais aidé à démarrer. Au lieu de cela, j'ai commencé à mettre l'accent sur les mères célibataires coréennes et de leurs enfants. Mon espoir est que je pouvais faire quelque chose pour aider les Coréens à faire positivement face à ce problème.


Une femme coréenne célibataire et son enfant subissent la stigmatisation sociale, l'hostilité, l'aliénation de sa famille, l'insuffisance des ressources pour élever son enfant, et le manque de soutien gouvernemental. Même s'il y a un père, la mère se fait dire que puisqu'elle a créé le problème, elle doit le résoudre, à elle seule. Si la mère abandonne son enfant pour adoption - c'est ce qu'elle fait habituellement, elle est confrontée à la culpabilité et la honte pour le reste de sa vie. J'aime ma fille, et aussi reconnaissant que je sois que Esther soit devenue ma fille, ça me fait souffrir de voir une femme abandonner son enfant parce que la famille, la société et le gouvernement ne la supportera pas - tout comme Esther a été abandonnée par sa mère. J'ai rencontré beaucoup de Coréens qui se sentent coupables à ce sujet, mais qui semblent ne pas vouloir ou ne pas pouvoir le changer.


Je respecte et comprends que les Coréens ont une durée d'histoire de cinq mille ans, avec des traditions patriarcales soulignent la lignée de sang et une stigmatisation à l'encontre des mères célibataires et de leurs enfants. Cette stigmatisation de longue date est largement soutenue par les politiques publiques actuelles.


Il est important pour moi de contribuer à rendre plus visible la situation difficile des mères célibataires et leurs enfants, et d'éduquer, d'informer, de promouvoir des discussions, même débat, et de servir de ressources dans l'espoir que les Coréens traiteront positivement le problème, à leur manière. Les Coréens ont une merveilleuse occasion d'entourer ces mères et ces enfants.


C'est mon cinquième voyage en Corée en moins de deux ans. J'ai entrepris un certain nombre d'activités qui comprennent (mais ne sont pas limités à): le soutien de Ae Ran Won, qui aide les mères célibataires et leurs enfants, le soutien de Korean Women's Worker's Association, Korean Women's Associations United, ainsi que Hanbumo -qui tous fournissent soutien aux mères célibataires âgées. J'ai également le plaisir de soutenir la recherche qui sera entreprise par KWDI, sur un éventail de questions concernant les mères célibataires.


Je suis venu en Corée cette fois-ci pour poursuivre mes travaux en cours, l'avenir contiendra des voyages de retour, j'espère, pour travailler avec mes amis et collègues dans ce merveilleux pays. Merci.





->  Richard Boas speaks in support of Korean mothers.


A couple of years ago I met Rick Boas at the KAAN Conference in Boston. Rick is a physician and the adoptive father of a daughter from Korea. He attended the session Claudia and I did that year, which we called Universal Motherhood, Universal Loss (in which Claudia rocked, by the way). In conversation after the session, Rick shared that he had had a revelation on a trip to Korea some years ago. Edited, with thanks to Rick for the additional information, to add: On a visit to a Korean agency-sponsored home for unmarried mothers, the fact that many mothers were surrendering their children for reasons of poverty, hit him hard. Korea, after all, is the 13th largest economy in the world. That trip was on behalf of a foundation he had founded to assist adoptive families. It opened his eyes, and his focus changed from adoptive families to mothers and children.
Third Mom.


->  American adoptive father launches campaign to help unwed Korean moms

Just one year ago, Dr. Richard Boas, the American father of an adopted Korean girl named Esther, was financially helping other Americans so they could adopt children from overseas.

However, Boas' perspective radically changed after visiting Korea late last year. Now, he is an activist for the rights of single and unwed mothers and their children. Moreover, he has become a staunch supporter of domestic adoption within Korea. "Isn't it in the best interest of a developed society -- any society that loves its children -- to support them in whatever way possible?" Boas asked in an interview with Yonhap News Agency earlier this week.
Korea.net

16/08/2008

"Foster Child" et Cherry Pie Picache gagnants au Festival international du film de Durban en Afrique du Sud.

Foster-Child.jpgBest Film: Foster Child (Philippines), directed by Brillante Mendoza …”delving with remarkable skill into the everyday lives of his extremely well-developed characters, the director fuses documentary and drama to create a brave, humane and unconventional film.”

Best Actress:
Cherry Pie Picache in Foster Child (Philippines) …”delivering a spectrum of emotions and revealing a natural and authentic understanding of her character, Cherry Pie Picache is remarkable as a foster mother in Foster Child.”




"Foster Child," a film about a poor family hired by a local foster care facility to provide temporary care and shelter for abandoned children waiting for adoption, won the Best Film at the 29th Durban International Film Festival in South Africa recently.


In a dispatch to the Department of Foreign Affairs, Philippine Ambassador to South Africa Virgilio A. Reyes, Jr. said the film's lead actress Cherry Pie Picache also won the Best Actress award during the Festival held from July 23 to August 3, 2008 in Durban, KwaZulu-Natal province.


It was Picache's second straight Best Actress award from the Durban Festival. She won the Best Actress award last year for her performance in "Kaleldo (Summer Heat)," an indie film directed by Brillante Mendoza, also the director of "Foster Child."


In the Osians Cine Fan Filmfest in New Delhi, India in 2007, Picache was also named Best Actress for "Foster Child."


"Foster Child" also won the Special Jury award in the 4th Eurasia International Film Festival held in Sept. 23-29, 2007 in Almaty, Kazakhstan .


Reyes said that "Foster Child" was praised by the festival's International Jury in Durban for "delving with remarkable skill into the everyday lives of its extremely well-developed characters, and for fusing documentary and drama to create a brave, humane and unconventional film."


The Durban International Film Festival is organized by the Centre for Creative Arts of the University of KwaZuiu-Natai, and is funded by the National Film & Video Foundation, South African Broadcasting Corporation, and the City of Durban , among others.

Source : The Good News.



Foster Child de Brillante Mendoza.


Drame. Film philippin en couleur, 2007, tous publics. Titre de l'édition française "John John".
Thelma, son mari Dado et leurs deux fils adolescents Gerald et Yuri vivent dans un quartier pauvre de Manille. Ils sont chargés par un service social local de garder des enfants abandonnés avant leur adoption officielle. Le film raconte le moment où John-John, le dernier enfant gardé par Thelma, doit être remis à ses parents adoptifs américains. A mesure que la journée passe, chaque moment avec le petit garçon de trois ans devient de plus en plus précieux.



Les critiques.

- Le tarif d’une mère.


Petite fiction animée de modestes ambitions documentaires, ce film philippin s’avère un peu handicapé par ces dernières, pour lesquelles il se donne des allures de reportage sur un fait de société. Les quelques promesses cinématographiques qui rendent son début intéressant finissent par se diluer dans un propos trop généralisant et balisé pour qu’il soit nécessaire de s’y arrêter. Dommage.

À Manille, des bidonvilles aux quartiers bourgeois, on suit la dernière journée du petit John John au sein de sa famille d’adoption transitoire, avant son accueil dans un foyer d’Occidentaux... Le réalisateur Brillante Mendoza déclare avoir été inspiré par un reportage télévisé sur l’« adoption transitoire », pratique consistant à confier à des familles défavorisées - et rémunérées pour ce travail - des enfants à adopter, dans l’attente de leur trouver des parents plus fortunés et plus aptes à subvenir à leurs besoins. Son film trahit bien cette inspiration-là, habité d’un souci prépondérant de retranscrire dans le détail une réalité pour le grand public. Le parcours, assez linéaire, de John John d’une famille à l’autre sera le prétexte à une exposition des démarches administratives, des institutions sociales et religieuses à l’œuvre dans l’adoption aux Philippines. Or John John peine à être autre chose que cela : « un film sur l’adoption », le traitement d’un sujet de société à l’usage des salles de cinéma, au détriment de toute autre perspective. Le titre-prénom même est trompeur : le petit garçon éponyme, pratiquement muet durant tout le film et qui n’a d’existence à l’écran que par son entourage, s’avère plus un personnage-prétexte qu’un véritable sujet.

Les premières minutes, où la caméra se fraie un chemin dans les bidonvilles, promettent pourtant une exploitation cinématographique plus inspirée du contexte social du récit. On y arpente le dédale d’allées étroites parcourues de câbles électriques sinueux, on y rencontre des habitants porteurs chacun d’une histoire, et surtout l’espace réduit aide à entrer dans l’intimité de l’entourage de John John, où les longues scènes promettent de soulever avec plus de force l’enjeu dramatique attendu - la séparation prochaine du « tout petit ». À ce titre, certains passages où un des membres de la famille évolue seul et silencieux ont quelque chose d’intriguant : plans de solitude perturbant l’harmonie des activités familiales, semblant porter une masse de non-dits peut-être en rapport avec l’échéance d’un départ pas si bien vécu. Dommage que cet intérêt dramatique et sociologique s’étiole au fur et à mesure qu’on s’éloigne de ce berceau à la fois précaire et rassurant, qu’on découvre avec John John et sa mère le fonctionnement des agences d’adoption, le rôle bienveillant des communautés religieuses, et pour finir les hôtels de luxe où vivent des Occidentaux surprotégés, sans que cette fois le modeste dispositif de mise en scène de Mendoza - caméra portée, non-jeu apparent - enrichisse véritablement le regard.

Ce qu’il y a de plus regrettable avec l’aspect documentaire du film, c’est que non seulement l’intérêt de la part de réel qui y est montrée est assez limité, mais qu’il affecte même négativement l’intérêt dramatique de son récit familial. L’adoption est montrée comme un processus globalement bien rodé, mené d’un bout à l’autre par des personnes dévouées - tutrices, employées, bonnes sœurs -, où tout le monde trouve le compte. Même si les « mères de passage » ont évidemment du mal à se séparer de leurs petits protégés après tant d’années de vie commune. De toutes les généralités édifiantes et peu révolutionnaires exposées, cette dernière est la plus dommageable au reste du film, car elle en étouffe, en le banalisant, le principal enjeu dramatique déjà bien attendu - le déchirement de la séparation d’une mère et d’un enfant condamné à ne jamais être le sien. Que reste-t-il alors à se mettre sous la dent ? Au mieux la confrontation sous-jacente entre riches et défavorisés dans l’hôtel de luxe où s’achève le voyage. Le film y atteint son pic d’intensité dans une scène de désarroi de la mère face au confort moderne, mais le réalisateur se montre décidément moins inspiré sur ce terrain que dans les bidonvilles, et sa réflexion sur le profit tiré de ce marché de l’adoption dans un pays en voie de développement par des Occidentaux en mal d’enfants tourne court. Achevant de rendre John John pas désagréable, pas inintéressant, mais pas indispensable.

Critikat. Benoît Smith. 26.02.2008.

 

- "John John" : le courage d'une mère nourricière dans l'enfer de Manille
Il n'y a guère de films notables, aux Philippines, qui ne campent pas dans les bidonvilles. C'est en filmant ces bicoques de tôle que le grand Lino Brocka, disparu depuis, s'était révélé au monde, via Insiang (1976), histoire d'un affrontement entre une mère et sa fille dans le marasme social des taudis.

Aujourd'hui, Brillante Mendoza résout à son tour le problème posé par l'exiguïté des lieux à tout homme muni d'une caméra. John John commence par un plan-séquence virtuose qui nous fait parcourir le dédale de ces ruelles caillouteuses, semées de câbles électriques à ciel ouvert, croiser toute une population grouillante vaquant aux tâches domestiques, franchir d'improbables coursives.

Condamnés à la promiscuité

Ce qu'il dépeint, avec le néoréalisme d'un documentariste, tissant une frontière infime entre reportage et fiction, c'est l'abnégation d'une femme vivant dans ces quartiers pauvres de Manille et élevant, avec l'aide d'un service social, des enfants abandonnés qu'elle doit confier au bout d'un certain temps à des parents adoptifs américains.

Assez répandus aux Philippines depuis les années 1980, organisés par des institutions privées, ces réseaux d'adoption travaillent avec des familles d'accueil sélectionnées en fonction de la qualité de l'ambiance au foyer. Mère courage compensant sa misère par un inlassable altruisme, Thelma se révèle une admirable nourrice qui, évidemment, s'attache aux enfants qui sont chez elle en transit. Mais, en digne héroïne d'un cinéaste qui évite de se vautrer dans le mélodrame, elle contient son émotion, veille à faire bonne figure.

Brillante Mendoza donne ici une leçon de cinéma. Un travelling glissant des gratte-ciel de Manille à l'enchevêtrement de logements condamnés à la promiscuité, un va-et-vient entre le dedans étriqué et le dehors fourmillant de personnages en mouvement, la rencontre au foyer d'adoption de deux mômes soumis au même placement provisoire, le rendez-vous de Thelma dans un hôtel de luxe où elle va devoir abandonner son faux fils à un couple huppé : ces scènes lui permettent de suggérer l'écart entre riches et pauvres, la violence des rapports Nord-Sud, sans discours politiques, en usant du décor, des regards, de l'espace. Le drame de l'exclusion des miséreux et de l'intrusion des nantis (fussent-ils de bonne volonté) est distillé en filigrane de scènes qui se refusent à tout pathos.

Ce savoir-faire culmine à l'instant du dénouement. Le dépaysement de Thelma dans l'hôtel où l'attendent les Américains traduit (par l'ellipse) le déracinement de John John, qui va être certes choyé, mais chez des inconnus. La violence de la dépossession de la mère nourricière est évoquée de façon feutrée.

Son sentiment d'arrachement est exprimé métaphoriquement par la crise qui l'étreint lorsque, sur le chemin du retour, elle se rend compte que le petit garçon a oublié son doudou.

Tirant profit de l'impact dramatique de cet objet, substitut de l'enfant, et suggérant le déchirement affectif qu'il déclenche autant par l'ultime impulsion maternelle que par le désarroi non dit du gamin, ce dénouement prouve que Mendoza est un grand cinéaste.
Le Monde. Jean-Luc Douin. 26.02.08

 

* * *

 

AdoptionHurts.jpgPlaying "adoption hurts - truth ignored".

Tina. Great video mate. Another real talent.
Pound Pup Legacy.

14/08/2008

La Corée du Sud débat sur l'adoption internationale.

Version originale de l'article "South Korea Debates International Adoption", dans VOA News.
Par Jason Strother, à Seoul.



Depuis les années 1950, la Corée du Sud a envoyé plus de 150 000 enfants orphelins pour vivre avec des familles occidentales. C'est en partie dû à un préjugé que de nombreux Coréens ont, à prendre des enfants qui ne sont pas les leurs. Mais un nombre croissant d'avocats appellent à mettre fin à l'adoption internationale et s'efforcent d'encourager les familles coréennes à adopter. 


La suite de la traduction sur le blog Fabriquée en Corée. 13 août 2008.

 

->  La Corée invitée à écrire un nouveau chapitre pour l'adoption.

Traduction en français de l'article "Korea Urged to Write New Chapter for Adoption" par Kim Tae-jong, paru dans The Korea Times, le 27 août 2008.
Source : Fabriquée en Corée.