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21/10/2008

Notre adoption est un échec.

[Via le forum Enfances & Familles d'adoption, témoignage d' Ophélie]


Notre vie a basculé dans l'enfer, il y a 7 ans quand nous avons adopté Pauline.
1997, aprés une grossesse qui n'est pas arrivée à terme et une ITG qui laissera quelques séquelles temporaires, nous décidons d'adopter un enfant.
Déjà parents d'un fils biologique de 7 ans, nous prenons cette décision à trois.

Je vous passe les différentes étapes de notre parcours et en 2001, Pauline arrive de Madagascar. Elle a six ans et demi et notre fils a 11ans et demi.
J'ai vécu le deuxième plus beau jours de ma vie ce jeudi là. Mais ce fut le seul depuis que Pauline vit avec nous.

Nous l'avions attendu avec amour et impatience. Comme tous les parents qui attendent un enfant.
Mais elle, nous avait beaucoup moins attendue, j'ai compris plus tard qu'elle n'avait pas forcément envie d'avoir des parents.
Dès le lendemain de son arrivée, Pauline a commencé a faire des "caprices".Comment, un enfant qui sort d'un orphelinat Malgache peut-il faire des caprices ?

Elle a voulu aller à l'école le lundi suivant et à la cantine 2 semaines après son arrivée. Moi qui avait tellement d'amour a lui donner...

Les semaines qui ont suivies ont été de plus en plus difficiles. Refus de l'autorité en permanence et mensonges.
Mais, elle venait d'arriver et il lui fallait du temps pour comprendre. C'est ce qu'on se disait ...

Les mois ont passés et notre vie de famille est devenu de plus en plus difficile.
Notre relation avec Pauline, au lieu de se construire, s'est dégradée au fur et à mesure.

2003, elle nous a accusé de maltraitance. J'ai vécu certainement les moments les plus douleureux de ma vie de mère et de femme.
Pauline est manipulatrice et depuis maintenant 7 ans elle manipule les gens .
Nous nous sommes repliés sur nous même. Nous n'avons pratiquement plus d'amis, plus de famille ( même nos parents ont doutés de nous).

Pauline ne nous parle plus depuis 4 ans, sauf quand il lui faut un bouquin pour le collège, payer sa carte de cantine ou tout autres demandes nécessaires. C'est le strict minimun qui régie notre vie.

Nous avons consulté, bien-sûr. Pédo- psychiatre, psychologue, psychomotricien, test de QI, test de personnalité etc...

Je suis fatiguée, heureusement que j'ai un fils et que je sais qu'il a encore besoin de moi.

L'adoption c'est pas toujours les belles histoires qu'on nous montre à la téle. Il y a aussi des drames, des souffrances immenses et des vies gachées.

Je n'ai plus qu'un seul espoir aujourd'hui, c'est qu'elle parte vite de chez nous mais elle n'a que 13 ans....


La suite des échanges sur le forum EFA.

 

"De l'adoption encore, peut-on les aider?", un regard lucide et très juste d'Isabelle de Penfentenyo, sur Blogosapiens.

 

* * *

- Restitués à l'orphelinat
Une adoption sur cinq débouche sur des situations dramatiques. La bonne volonté ne peut pas toujours éviter la rupture. 
Traduction de Kim Myung-Sook sur Fabriquée en Corée d'un article intitulé "Devueltos al orfanato" suivie par celui intitulé "Las mil y una razones detrás del fracaso" par Lola Galàn publiés sur le site El País, le 6 janvier 2008.

 

 

- Doublement ratée.
Je fais partie de ceux qui ont été adoptés : ces enfants qui n'ont rien demandé à personne et qui se voient arrachés à leur pays, à leurs racines, à leurs traditions pour faire le bonheur d'autres personnes (ne pas y voir un caractère haineux). bien sûr, j'ai eu la chance de ne pas être séparée de mon frère (peu ont eu cette chance).
Le monde des adoptés.


- Choquée.
Je dois préciser tout d'abord que je suis née en corée du sud. J'ai été adoptée il y a de cela 20 ans à l'âge de 6 ans par un couple français avec un fils biologique,par l'intermédiaire de l'assocaition "Rayon de soleil". J'ai donc 26 ans aujourd'hui et je suis maman d'un petit garçon de 23 mois. Mon adoption est ce que l'on peut appeler une adoption "ratée".
Je n'ai désormais plus aucun contacts avec ma famille adoptive et j'estime n'avoir plus de famille du tout.
Forum France5 les maternelles.

 

- Et si, malgré tous les efforts fournis, l’adoption échoue?
Une des plus grandes craintes, pour ne pas dire la plus grande, de toutes les personnes concernées par une
adoption et impliquées dans la procédure, est que l’adoption ne parvienne pas à créer de liens et que,
malgré les efforts fournis par tous, l’évaluation de la situation de l’enfant montre qu’il est dans son meilleur
intérêt d’être séparé de sa famille adoptive. Comment éviter une telle situation, et comment y remédier?
Centre international de référence pour les droits de l’enfant privé de famille (SSI/CIR). Bulletin Mensuel n° 9/2007.


- La post adoption : vers un équilibre des droits et intérêts des adoptés, des adoptants et des familles d’origine.
Contribution au Séminaire européen sur la post adoption organisé à Florence par ChildONEurope le 26 janvier 2006.
Isabelle Lammerant, Coordinatrice.
Centre international de référence pour les droits de l’enfant privé de famille (SSI/CIR).

 

- Enfants adoptés, l'envers du décor.
Première enquête française sur les ratés de l'adoption. Etude non-publiée. 2006.

 

 

Commentaires

La première enquête française sur les ratés de l'adoption. Etude non publiée. 2006
Cette enquête a en fait été remise à l' ASE de chaque département en 2007. J'ai pu en obtenir un exemplaire. C'était un constat de ce qui se passait; cependant l'enquête était loin d'être exhaustive sur le sujet, mais suffisamment édifiante pour attester de la réalité des problèmes vécus par les familles adoptives

Écrit par : Aldalala | 21/10/2008

En réponse au témoignage d’Ophélie

Pauline souffre-t-elle des troubles de l’attachement ? Peut-être mais ceux-ci ne proviennent pas de son adoption à 7 ans. Peut-être ! viennent-ils de son histoire antérieure ? A-t-elle été abandonnée dès la naissance, a-t-elle vécu en foyer, a-t-elle été placée dans une ou plusieurs familles d’accueil ? A-t-elle vécu à la rue ?
Une rupture a lieu à 6.5 ans ; elle est transplantée de Madagascar en France ? D’un pays chaud à un pays tempéré et plus gris, d’une vie avec des gens de couleur à une vie avec des blancs, des odeurs tropicales à de odeurs si différentes, d’une culture malgache à une culture française, de coutumes malgaches à des coutumes françaises etc. etc.
Qui n’y perdrait pas la tête ? Troubles de l’attachement, peut-être ? Déracinement, oui !
Et que fait-on à 6.5 ans quand on perd tous ses repères ? On essaie de survivre, on apprend à survivre : on ment, on est violent, on manipule. Ce n’est pas l’adoption qui est en cause, c’est l’abandon, le déracinement, l’impression d’être un objet qui est ballotté, qui tombe dans un abîme sans fond, sans savoir à qui ou à quoi se raccrocher !
Comment dire cette douleur, cette souffrance ? à des visages inconnus, à des gens qui ne parlent pas votre langue ?

Et que dire de la souffrance de cette famille ? N’a-t-elle reçu aucune aide sérieuse ? C’était en 2001 Les problèmes de l’adoption étaient connus. Mais tout le monde se taisait. Malheureusement la majorité des psys de tout poil ne comprennent rien aux souffrances de l’abandon, du moins en France. Pourtant déjà en Angleterre Caroline Archer commencé à mettre sur pied l’association « Family Futures » et l’expliquait dans son livre en 2003, livre traduit en 2008 sous le titre « Traumatisme, Attachement et Permanence familiale » ; cette association regroupant des équipes multidisciplinaires de psychiatres, psychologues, éducateurs, psychomotricien, etc. travaillait avec les familles, parents et enfants, pour essayer de mettre en place les liens familiaux. Egalement aux USA des psychothérapeutes, dont l’une des plus célèbres Nancy Verrier dans ses livres « La Blessure primitive » (2004) et « Renouer avec soi » (2008), montraient les atteintes neurobiologiques dont souffraient les enfants abandonnés et montraient comment y remédier. Le Dr Chicoine, pédiatre canadien, dans ses conférences en France ces dernières années se désespérait de voir comment la France traitait les enfants adoptés. La Belgique montrait un peu la voie et créait à Bruxelles l’Envol clinique de l’adoption.
Pourquoi les associations qui s’occupent d’adoption et qui souvent sont dans le déni de ces problèmes n’ont-elles rien mis sur pied ? Peur de salir l’image de l’adoption ? De faire fuir les candidats à l’adoption ?
Même les associations qui prétendent s’occuper de ces familles en difficultés et manient avec dextérité les notions de troubles de l’attachement n’apportent rien de concret et restent souvent malheureusement au niveau du bureau des pleurs, au lieu de s’organiser au niveau de chaque département pour faire pression sur les responsables des ASE afin qu’ils voient ce qui se passe en réalité, qu’ils créent des équipes pluridisciplinaires spécialement formées : qu’ils aillent se renseigner au Canada ou en Angleterre ! Cela vaudrait mieux que d’accuser les parents adoptants. Hélas ! la frilosité est le maître mot dans ces associations.

Écrit par : Aldalala | 22/10/2008

@Aldalala

Merci pour votre commentaire très pertinent.

Écrit par : collectif a & a | 22/10/2008

Ophélie,

Votre histoire me fait de la peine. Je suis une maman adoptante d'une petite perle de Chine que nous avons adopté mon mari et moi il y a déjà 3 ans. Elle était un bébé quand nous l'avons eu (9 mois) et nous avons eu la chance de se documenter sur l'adoption, l'attachement, le choc de l'adoption, les douleurs de l'abandon, avant d'aller chercher notre fille. De plus, nous avons la chance d'avoir une enfant qui est bien dans sa peau et heureuse... je ne suis pas une experte en adoption mais mes lectures et les liens que j'ai avec des intervenants en pré et post-adoption mon permis d'apprendre beaucoup de choses.

Premièrement, quelle tristesse de voir que vous n'avez pas sû vous mettre au niveau de ce que vivait votre fille au jour un de son adoption. C'est vrai, pour nous, parent adoptant, le premier jour est la réalisation d'un grand bonheur. Nous sommes au sommet de la pyramide de Maslow... Pour l'enfant par contre, il est tout en bas. On le déracine, il n'a plus de repères. On lui demande de nous faire confiance alors qu'il ne nous connait pas. Aura-t-il a mangé, sera-t-il logé? Il y a aussi les odeurs, les bruits, la nouriture, le langage... tout est différent. Vous êtes vous déjà demandé comment vous vous seriez senti à sa place si à l'âge de 6 ans et demi on vous envoyait chez de Malgaches, pour toujours?

Et puis, vous ne parler pas de son histoire avant l'adoption... Car elle en a une. Comment était-ce? Il est certain que son passé explique (du moins en partie) son désir de ne pas s'engager dans une nouvelle relation... Combien de fois avant a-t-elle été attaché à quelqu'un qui l'a abandonné par la suite...

L'amour ne suffit pas. De toute façon, il me semble que l'amour n'est même plus là. Je ne vous juge pas car je ne sais pas comment je réagirais à votre place. Mais il me semble incompréhensible que vous ayez décidé de baisser les bras et d'attendre tout simplement qu'elle parte... Elle n'est encore qu'une enfant. Son comportement n'est qu'un symptôme de son mal être et de sa souffrance. Son comportement n'est même pas diriger contre vous, il s'agit d'un mécanisme de défense de sa part. Elle ne doit pas continuer de souffrir comme ça parce que vous avez abandonné! Si elle n'arrive pas à s'attacher dans les premières années de sa vie, comment y arrivera-t-elle plus tard? Faites quelque chose. Les spécialistes rencontrés n'ont peut-être pas posé les bons diagnostics? Frappez à d'autres portes. Documentez-vous sur les troubles graves d'attachement. Achetez des livres sur le sujet. Il y a plein de lien intéressant sur le site de Abandon & adotion.

Ne l'abandonner pas comme les autres avant vous! Vous êtes sa mère, envers et contre tous. Montrer le!

Écrit par : sonia | 24/10/2008

Votre souffrance est légitime. Celle de votre fille aussi.
J'adhère au message d'Aldala: traversant de grosses difficultés avec mes enfants, l'oeuvre que j'appelais au secours est restée silencieuse. Mais les choses bougent: une oeuvre m'a récemment dit combien ils étaient à la recherche de thérapeutes pour accompagner les parents, en particulier pendant la traversée de l'adolescence. Je suis moi-même psychothérapeute, j'ai trois enfants adoptifs, et je n'ai pas été épargnée par leur blessure. Ce qui m'a le plus aidé a été de comprendre combien leur blessure faisait écho aux miennes, y compris inconscientes. Et c'est en travaillant sur moi que j'ai pu le mieux les aider. Êtes-vous aidée psychologiquement? Il est essentiel de comprendre que notre propre évolution a toujours un impact sur notre environnement.
Je comprends que vous soyez à bout. C'est une expérience très difficile que vous traversez. Et je vous conseille vraiment, si ce n'est déjà fait, de vous faire aider, vous. Votre fille est à un âge où l'on commence à rejeter toute thérapie, mais le travail que vous pourrez faire sur vous l'aidera indirectement.
bon courage.
:-)
Isabelle

Écrit par : Isabelle | 08/12/2008

Isabelle, bonjour. Je ne pense pas qu'Ophélie lise ce qui est dit sur ce site. Ce serait sympa si vous pouviez lui envoyer le même message sur le forum http://forum.adoptionefa.org/viewtopic.php?f=9&t=156
amicalement
Aldalala

Écrit par : aldalala | 11/12/2008

Merci, Aldalala, c'est chose faite. Je me suis inscrite sur le forum et ai reporté mon message. N'hésitez pas à me recontacter si je peux être d'une aide quelconque.
:-)

Écrit par : Isabelle | 13/12/2008

bonjour, jai lu votre message de desespoir. cest triste a mourir, que de deception. je suis presentement en demarche dadoption internationale, pour une fille plus agee, et je suis a laffut des lectures sur le lien dattachement. je suis tombée par hasard sur vous, et je trouve que cest un film dhorreur que vous vivez. jai vecu un petit bout de film comme ca avec mon fils biologique lan dernier et jau fait une descente aux enfer . un ados en pleine crise qui sest mis a consommer des drogues dures ,plus un conflit majeure avec son pere. donc il a frappé sur la personne en qui il avait le plus confiance, moi sa mere, parce que nous sommes séparé, moi et son pere. donc jai passé au test et je navait plus de qualité et plus de compétences de mere, ca lui donnait le droit de fesser plus fort et cest ce que son inconscient lui disait de faire probablement. jetais son souffre douleur. il était tres souffrant et en colere, il ne saimait pas et ne croyait plus en notre amour. jai du consulter un psy , mon conjoint aussi et mentourer dune équipe dintervenant au scolaire. jai travailler tres fort pour garder mon lien. des heures a parler et a lui dire que je laimais meme sil me crachait dessus en parole. jusquau jour ou jen pouvais plus, de le voir se detruire dans la drogue et dendurer sa violence psychologique. je lui ai dis que je laime et que pour son bien quil allait partir un mois en centre jeunesse travailler sur lui. il a frappeé son mur, il ma menacer de me banir de sa vie. jai toujours continuer a dire , je taime et je ne tabandonne pas, mais je ne sais plus comment taider, taimer sest tarreter aussi. il a changé du tout au tout , plus de drogue dure, plus de violence , aujourdhui, ilme remercie ,jai retrouver mon garcon, le bon fond est reve nu. cest un exemple que je vous donne. jai souffert parce quil venait jouer dans mes blessures denfance, pqil me rejetait, moi qui pensait laimer comme ,il faut . jai changer mon approche , je lui dit mes forces ,mes faiblesses, je lui demande pardon , quand je me trompe. jai grandit beaucoup dans ca. je ne suis pas la pour vous faire la morale, je ne sais pas tout ce que vous avez essayez. ce que javais en tete cest que jallais tout essayer, jaimais lacher, pque, cest ca qui veulent, provoquer le rejet ca fait moins mal ,que se faire abandonner. parlez-lui meme si elle ne veut pas vous parler. dites lui que vous ne savez plus quoi faire, dites lui la verite. que vous netes pa parfaits. elle a besoin daide et dun suivi en psychologie. un voyage dans son pays natal pourrait etre bénéfique, pour qulle prenne conscience et quelle arrete didéaliser sa vie davant. quelle réalise quelle ne serait peut-etre pas si bien la-bas. des idées comme ca. lalbum photo denfance laissé volontairement sur le lit. des souvenirs de ladoption. lacher pas , parce quelle sent votre résistance et votre fermeture, meme si sest attroce ce quelle vous fait vivre, bon courage.

Écrit par : manon pilote | 05/04/2010