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24/04/2009

Souffrances dans l'adoption

Souffrances dans adoption Cath Sellenet.jpgLe dernier ouvrage de Catherine Sellenet résonnerait-il comme un coup de tonnerre dans un ciel serein ?
Mais le firmament n’est immaculé que pour ceux qui refusent de voir les nuages qui s’accumulent depuis des années. C’est que la rumeur enfle : il y aurait de plus en plus d’échecs d’adoption. On évoque des chiffres allant de 2 à 40 %.



L’auteure prend ici le sujet à bras-le-corps et nous livre l’une des rares études sur une problématique longtemps taboue. Un travail riche, détaillé et approfondi qui, sans prétendre à l’exhaustivité, fournit néanmoins un abondant matériau favorisant la compréhension de la question.

 

Bien sûr, il apparaît nécessaire de se méfier des causalités linéaires et des lectures univoques. Pour autant, plusieurs facteurs qui s’enchaînent dans une spirale interactive peuvent être évoqués.

 

Le premier élément relève de l’illusion voulant que l’adoption puisse tout résoudre par elle-même. Elle se doit de réussir : l’enfant adopté illustre la revanche du plus faible. Il doit surprendre par son intégration fulgurante et ses capacités à trouver sa place au plus vite dans sa nouvelle famille. « Tout est rose, la violence n’est pas de mise, la rencontre est le plus souvent magnifiée » (p.22). Tout revers provoque une recherche de responsables qui passe par la diabolisation des mauvais parents, des mauvais enfants ou des mauvais professionnels.

 

Second facteur, l’ignorance voulant faire croire à un enfant ne pouvant qu’accepter la main qui lui est tendue. Son refus de l’adoption interroge la capacité de l’adulte à entendre ses ancrages antérieurs, sa non-mobilisation et ses capacités à être acteur y compris dans son opposition au projet qui est fait pour lui.

 

Troisième facteur, l’accélération du temps qui suit l’arrivée de l’enfant et la précipitation dans les demandes de familiarités qui tournent le dos au nécessaire apprivoisement progressif et à la prise en compte des éventuelles différences culturelles.

 

Quatrième facteur, l’occultation de ce qu’a pu vivre l’enfant. L’accumulation de ruptures et de déracinements bloque parfois la capacité à se projeter dans de nouveaux liens. Même si tous ceux qui sont adoptés ne sont pas abandonniques, certains présentent une telle avidité, une crainte si intense de perdre leur nouvel objet d’amour qu’ils peuvent se montrer difficilement capables de s’abandonner à la douceur de l’étreinte et préféreront parfois même détruire le lien qui leur est proposé, de crainte de connaître à nouveau le délaissement.

 

Pour l’auteure, il n’y a pas pourtant de fatalité dans l’échec. Elle propose d’établir un diagnostic aussi complet que possible de l’état mental, physique, émotionnel et relationnel de l’enfant, afin de définir son adoptabilité et le profil de la famille qui pourra le mieux l’accueillir.

 

Source:  Lien Social - Publication n° 926 du 23 avril 2009 - Jacques Trémintin

 

Repères

 

- Le coin du bibliothécaire. Souffrances dans l'adoption de Catherine Sellenet.
Petales bulletin de liaison n°85. Décembre 2009.

 

- L'adoption à risque
Pr. D. Marcelli. AFA. 6 octobre 2009.

 

- Enfants adoptés : Une vulnérabilité et des besoins de mieux en mieux cernés.
L’adoption internationale s’est considérablement développée depuis une trentaine d’années sans susciter de nombreuses recherches sur le devenir des enfants adoptés. Aujourd’hui que ceux-ci ont grandi, on en sait plus sur les problèmes qu’ils peuvent rencontrer au cours de leur développement, comme sur leurs facultés de récupération.
Actualités Sociales Hebdomadaires - Numéro 2594 du 30/01/2009 - par Caroline Helfter


- Recherche sur les enfants adoptés en difficultés. Volume 2 - 2006.
Catherine SELLENET. Professeur des universités en sciences de l'éducation. Directrice du centre de recherches éducation - culture.
Source: Agence Française de l'Adoption.

 

Enfants adoptés, l'envers du décor.
Un compte-rendu d'une étude est paru dans le numéro 3107 (17 mars 2005) du magazine "La vie".
Il rapporte le résultat d'une étude du ministère de la Santé français selon laquelle 15 % des enfants adoptés finissent par être replacés en institution.

 

- Est-il possible que je souffre du trouble de l'attachement ?
Forum EFA. sisi02. 27.04.2009

 

-  Halte à l'adoption internationale !
Certains le savent, d'autres pas mais ce n'est pas un secret : je suis un coréen du sud de naissance adopté en France en 1985 quand j'avais 8ans par une famille française. 
Quand j'ai commencé à faire des recherches sur mon passé , mes parents adoptifs ne comprenaient pas vraiment pourquoi je me sentais mal dans ma peau. 
Pour resumer mon état d'esprit : j'avais comme l'impression de devoir quelque chose à mes parents adoptifs... Jun Hyun Jin | 3 avril 2009

 

- Difficulté avec mon fils.
Forum EFA. gaella. 09.12.2008

11:04 Écrit par collectif a & a dans Livre - Revue | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : étude, recherche, catherine sellenet, adoption | |  del.icio.us

23/04/2009

Situations d’urgence et adoption internationale : quelle éthique ?

adoption.jpgPar Julie Sence-Herlihy, Maitre de conférences en civilisation britannique.
Thèse : " L'Adoption en Angleterre: histoire, acteurs, et enjeux d'un véritable moteur social " soutenue en décembre 2007 à l'université de Rennes 2 sous la direction du Professeur Claire Charlot.
Via Le Mensuel de l'Université.


En octobre 2007, l’association française l’Arche de Zoé a fait la une de l’actualité lorsque les autorités tchadiennes ont arrêté plusieurs de ses bénévoles et responsables alors que ceux-ci s’apprêtaient à emmener illégalement une centaine d’enfants vers l’Europe dans le but de les faire accueillir par des familles. Les nombreuses réactions suscitées par ce scandale de fausse évacuation sanitaire, d’opération secrète et d’incertitude quant aux origines des enfants montrent à quel point les questions éthiques de l’adoption internationale sont délicates en situation d’urgence.


Ces dernières années, de nombreuses régions du monde ont dû faire face à des catastrophes naturelles (Tsunami en Asie en décembre 2004, tremblement de terre en Chine en mars 2008) ou à des situations de guerre (conflit au Rwanda, au Darfour). Dans de telles situations d’urgence, beaucoup d’enfants sont séparés de leurs parents et se retrouvent abandonnés à leur sort. L’attention des parents candidats à l’adoption internationale peut alors se porter naturellement vers ces enfants, à qui ils aimeraient offrir un foyer aimant et la stabilité qui leur fait cruellement défaut dans leur pays d’origine. Bien que ces « élans du coeur » soient compréhensibles, l’adoption est-elle pour autant une solution dans ces cas précis.


D’une manière générale, les organismes internationaux tels que le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) ou l’Unicef, ainsi que les Organisations Non Gouvernementales en poste parlent de ces enfants perdus en employant le terme d’enfants « non accompagnés ». Ils souhaitent ainsi souligner le fait que les enfants ont été séparés de leurs familles, mais ne sont pas orphelins pour autant. Il est donc préférable de considérer qu’en situation d’urgence, un enfant n’est pas susceptible d’être adoptable. Les autorités des pays victimes de catastrophes naturelles ou en situation de guerre évitent ainsi de se tourner vers l’adoption internationale en premier recours, car les recherches pour retrouver les familles - même éloignées - des enfants prennent en moyenne deux ans (1).


Bataille judiciaire pour un enfant


Cette mesure permet d’éviter de graves erreurs concernant l’avenir des enfants, comme cela a été le cas pour Edita Keranovic, une enfant originaire de Bosnie-Herzégovine adoptée par une famille au Royaume-Uni dans les années quatre-vingt dix. Edita est âgée de seulement neuf semaines lorsque sa ville de Sanski Most est prise par les Serbes. Sa mère, son frère, ainsi qu’un grand nombre de ses tantes et cousins meurent lors du massacre, et son père disparaît. Edita est rapidement recueillie par l’orphelinat de Banja Luka. Lorsque son histoire est relayée par les médias britanniques, un couple se propose de l’emmener en Angleterre afin qu’elle bénéficie de traitements médicaux. Son grand-père s’oppose à une adoption, et tente de récupérer la petite fille.


Une bataille judiciaire s’engage alors : le juge de la Haute Cour, ne souhaitant pas qu’Edita soit de nouveau arrachée à une famille, accorde la garde au couple britannique, soulignant toutefois que le comportement des nouveaux parents est irresponsable et lamentable (2) . Cette attitude, qui consiste à « arracher » un enfant à son pays et à sa famille, est d’ailleurs dénoncée par Catherine Stevens, membre active du Romanian Orphanage Fund, dans une lettre ouverte au rédacteur en chef du journal The Independent le 22 février 1997:

« Les organismes tels que le Romanian Orphanage Trust travaillent dans le but de promouvoir des solutions sur place et à long-terme aux problèmes de gardes d’enfants en Europe Centrale et en Europe de l’Est. Nous avons connu un succès considérable en Roumanie, où nous avons permis à plus de 3 000 enfants de quitter l’orphelinat pour retrouver une vie de famille, et ce, en respectant entièrement le cadre légal roumain. Quatre-vingt pour cent de ces enfants sont retournés vivre dans leur famille d’origine ou chez des membres de la famille éloignée. Quand cela s’avère impossible, il y a de nombreuses familles roumaines désireuses de les adopter. Une solution peut être trouvée si les droits et les intérêts de l’enfant passent en premier. Ces droits, et ceux de leurs familles, doivent être préservés. L’adoption internationale ne devrait jamais être le premier recours.»


“Faire une bonne action”


De plus, l’adoption internationale n’apparaît pas comme une solution dans de telles situations car il existe un risque qu’elle soit motivée par des raisons purement humanitaires. Adopter un enfant pour avoir le sentiment de faire une bonne action, pour le « sortir de la misère » implique en effet le danger de le considérer éternellement comme un rescapé, comme celui que l’on a tiré d’affaire, mais également, selon Enfance et Familles d’Adoption, une fédération française qui représente quatre-vingt dix associations et 10 000 familles  :
« Celui de ne pas fonder un véritable lien de filiation, voire celui de considérer l’adopté comme ayant contracté une dette envers ses parents. Sans compter que, contrairement à l’engagement humanitaire (on peut en revenir au bout de cinq, dix, vingt ans, si la vie nous fait changer d’orientation), adopter nous engage à vie! Construire une famille, c’est partager la même chance de créer ensemble une vie heureuse pour tous. Pour les parents, c’est le plaisir d’accompagner un enfant tout au long de sa vie afin qu’il se construise lui-même et qu’il se sente le mieux possible.» (3)


Un débat à recadrer


D’une manière générale, les chercheurs et les sociologues s’intéressent moins souvent à l’expérience des personnes adoptées, et en particulier à celle des enfants. En effet, le point de vue des adoptants est fréquemment mis en avant dans leurs travaux. Pourtant, l’enfant est bien le premier concerné par une adoption: ce paradoxe doit pouvoir aider à recadrer le débat, car comme le précise Muriel Eglin, magistrate, « l’adoption vise à donner une famille à un enfant et non à consacrer un “droit à l’enfant” pour les familles ». (4)


Il s’agit donc de mettre de côté un a priori bien vivace: la parentalité n’est pas un droit. Seul l’enfant a un droit, celui d’avoir des parents. Si l’on considère le monde de l’adoption en général - et de l’adoption internationale en particulier - en se basant sur ce point de vue, il est plus aisé de mieux appréhender son actualité et de mieux comprendre, par exemple, dans quelle mesure les activités de l’Arche de Zoé, exposées par les médias, vont à l’encontre de tous les principes qui devraient guider l’adoption.


Notes

1. Entretien avec Madame Chantal Cransac, Chargée de communication à l’AFA, l’Agence Française de l’Adoption, le 23 juin 2008.
2. Moyes, Jojo, Family furious as judge says war baby must stay, The Independent, 18 février 1997.
3. Texte relevé sur le site internet de l’association, www.adoptionefa.org, le 25 septembre 2007.
4. Le Run, Jean Louis, et al.,L’Enfant dans l’Adoption, Petite collection enfances et psychologie, Ramonville, Eres, 2006, p. 27.

 

Source: Le Mensuel de l'Université.

 

Repères


- Tchad. L'affaire "Arche de Zoé".
Neuf Français sont soupçonnés d'avoir voulu faire partir illégalement 103 enfants originaires du Darfour pour la France. Selon eux, il s'agissait d'une "évacuation sanitaire".

 

- Tu veux du poisson ou un enfant?
Les professionnels de l'humanitaire mesurent les dégâts causés par l'opération commando de L'Arche de Zoé: des années d'efforts dans le sens de la rigueur éthique décrédibilisées. Réactions en Suisse.

 

- «L'adoption privée favorise les filières douteuses » Marlène Hofftetter, responsable du service adoption de Terre des hommes.
Experte internationale en matière de traite d'enfants, elle a été contactée par la diplomatie française au Tchad pour obtenir son avis sur l'opération montée par l'association française "Arche de Zoé". Elle est catégorique: «Il est évident qu'aucune procédure n'est respectée dans cette affaire. On ne sait même pas si les 103 enfants ont encore des parents, on ne connaît ni leur statut ni leur point de chute. Leur évacuation en bloc est intolérable. D'ailleurs, cette association voulait déjà faire adopter en masse des enfants victimes du tsunami, sans se soucier de l'intérêt de l'enfant. » Marlène Hofstetter n'est pas étonnée d'apprendre que des familles suisses figurent sur la liste des volontaires pour accueillir un enfant du Darfour. «Le problème fondamental, c'est que la Suisse, comme la France, autorise les adoptions privées sans exiger que des instances intermédiaires contrôlées fassent le lien entre les enfants et les familles adoptantes. Cette situation favorise le recours aux filières plus rapides, mais aussi plus que douteuses ». Le Matin.ch 10.05.2001

 

- Douter des ONG n'est plus tabou. Laure Lugon Zugravu.
Le scandale de l'Arche de Zoé accroît la méfiance envers les ONG. Déjà ébranlée par la gestion floue de l'après-tsunami, l'opinion publique ose en fin se poser des questions. La journaliste Laure Lugon Zugravu, auteur d'un livre sur certaines dérives humanitaires observées sur le terrain, s'en réjouit. Tout comme Nago Humbert, président de Médecins du monde Suisse. 20.01.2008

 

- L'adoption n'est pas une action humanitaire.
Titulaire d’un doctorat d’études arabes et islamiques de l’université de la Sorbonne, Mohamed Al-Haddad est maître de conférences à la faculté des lettres et sciences humaines de Tunis. Il est aussi chroniqueur à Tayyarat, le supplément politique du quotidien panarabe Al-Hayat, et est considéré comme l’un des meilleurs connaisseurs arabes de la vie politique française.

 

- Le complexe occidental du sauvetage d’enfants.
De l’affaire de l’Arche de Zoé à la mise en cause du système de l’adoption internationale. Un "point de vue" clinique et politique. Sandrine Dekens.

- L'adoption dans tous ses états. Enjeux et pratiques.

Un document d’analyse publié par le service adoption de Terre des hommes, basé sur plus de 40 ans d’expérience dans le domaine de l’adoption internationale.
Partant de l’enfant et de ses besoins, cet ouvrage de 112 pages aborde les différents aspects liés à l’adoption internationale en général et au travail de l’intermédiaire en particulier. Tenant compte de la complexité du sujet, les thèmes sont divisés en cinq chapitres qui peuvent être lus ensemble ou séparément : l’enfant et son adoptabilité, la préparation et le suivi des parents, le devenir de l’enfant adopté, l’évolution de l’adoption au niveau légal ainsi que l’éthique et le trafic d’enfants.

 

- Orphelins du tsunami : l’adoption en dernier recours.
Janvier 2005. Le gouvernement français a mis en place la semaine dernière un collectif “Asie enfants isolés” pour venir en aide aux enfants orphelins du tsunami. Recréer des lieux de vie où ils seront à l’abri des trafics humains qui sévissent dans la zone et mettre tout en œuvre pour retrouver leur famille sont les priorités de la France.

 

- Tsunami : cas de trafic d'enfant signalés et gel des adoptions en Asie du Sud-est.

 

- Adoptions en Europe : à quel prix ?
"Terre des hommes" pointe les lacunes législatives des pays d'accueil.
L'organisation fustige en particulier l'adoption privée.
"Souvent, les parents ne sont pas conscients qu'ils sont piégés dans des situations de trafic d'enfants."

 

- La situation toujours plus tendue de l’adoption internationale.
Les statistiques de l'adoption internationale montrent une situation particulièrement tendue, les candidats adoptants étant toujours plus nombreux dans la plupart des pays d’accueil.

 

- Adoption internationale, une forme de néocolonialisme.
Dans son billet intitulé "Adoption ou abstention", Guillaume Bardon, Avocat à Tours, souligne à juste titre que certains aspects du projet de la Xème réforme de l'adoption en France ont des inspirations colonialistes. Par le lancement d'un "Peace Corps" à la française, un réseau des volontaires pour l'adoption internationale, cette réforme participe d'une conception colonialiste de l'adoption internationale.

 

22/04/2009

Les perdants de "Qui veut jouer à Slumdog millionnaire ?"

Rubina Ali.jpgCe qui était un film décalé et palpitant a viré au psychodrame. Le piège tendu par le News of the world au père de la petite Rubina Ali, l'heroïne de Slumdog Millionaire, vient nous rappeler qu'en Inde comme ailleurs, la realitée dépasse souvent la fiction. S'il suffisait de quelques gouttes d'eau de rose pour parfumer ce bas monde...

 

Casting. II y a d'abord Rubina Ali, 9 ans, un visage d'ange, héroïne on l'a dit du film aux huit Oscars de Danny Boyle. II raconte la vie d'un gosse des bidonvilles de Mumbai (Bombay), vainqueur enrichi de "Qui veut gagner des millions ?" Rafiq Qureshi ensuite, son pere biologique, qui cherchait "à garantir l'avenir de sa fille", information arrivée par un vent favorable a News of the World. Un journaliste du tabloïd britannique enfin, déguisé en cheik de Dubai, et qui « ému par tant de pauvreté» s'en vint offrir une forte somme (310.000 euros) pour « adopter» la petite. Et le père d'accepter...

 

Tout ceci n'est pas un mauvais film. La rencontre a bien eu lieu la semaine dernière, à Mumbai. News of the worlds diffuse une vidéo de la rencontre. Confondant.

 

Vous me direz : c'est quoi ce monde ou l'on vend son gosse pour le prix d'une quatre-facades en Brabant wallon ? On appelle ça le tiers monde et ce genre de transaction motivé ou non par la survie n'est pas rare, l'usage local défiant à l'occasion la loi...

 

Dès avant la rencontre avec le faux cheik (mais vrai journaliste), le papa de Rubina Ali s'etait plaint de ne pas avoir bénéficié financièrement de la gloire de sa fille. II devait être très pressé, Rafiq Qureshi, car les producteurs de Slumdog Millionaire se sont bien engagés a verser 744.000 dollars en faveur des enfants des bidonvilles de Mumbay. Jai Ho Trust a été crée pour subvenir aux besoms des deux enfants du film, Azharuddin Mohammed Ismail et bien sûr Rubina Ali.

 

Cupidité crasse ? Malgré ses démentis, tout laisse penser que le père de la gamine a voulu profiter du battage médiatique fait autour de Slumdog pour réaliser la bonne affaire. « Si vous vous mettez d'accord avec Rajan (le beau-père) sur une somme, je l'accepterai ", a-t-il soufflé au journaliste qui le piègeait, sans se préoccuper davantage de savoir à qui, exactement, il allait confier sa progéniture.

 

Les révélations du News of the World ont plongé le bidonville où Rubina vit toujours dans l'effervescence. Divorcée de Rafiq Qureshi, la maman de la petite en réclame désormais la garde. Les familles s'en sont mêlées et la presse locale exhibe des photos qui attestent d'un sacré crêpage de chignons. Commentaire du Mumbai Mirror: « Rubina s'effondre alors que la prise de bec continue.»

 

Au moment de tirer le rideau sur cette tragicomédie digne d'Ettore Scola, les perdants sont nombreux. Une petite fille devra se relever de cette histoire sordide. Un père indigne restera discredité. Danny Boyle aura tout le loisir de méditer sur les dommages collateraux du succès. Et il y a l'«Inde qui brille» bien sur, celle des Tata et des Mittal, l'Inde émergente qui travaille depuis des années à se donner une image autrement reluisante que celle d'un «pouilleux millionnaire», puisque tel est le titre francais de Slumdog.

 

Un seul gagnant: le tabloïd News of the world qui, en empruntant à ce bon vieux Walraff ses ruses journalistiques, a realisé un scoop planétaire, fendant l'air du temps d'un grand coup de rapière facon chevalier blanc. Et vlan!

 

Source: Le Soir. 21.04.2009

Repères


- Je n’aime pas Slumdog. Arundhati Roy.
Architecte de formation et romancière acclamée pour son Dieu des petits riens en 1997, Arundhati Roy est désormais essayiste et militante. Elle œuvre pour les droits des plus défavorisés et écrit régulièrement dans la presse.
Courrier International. Mars 2009.


- Arundhati Roy : "I Don't Like Slumdog Millionaire"
The night before the Oscars, in India, we were re-enacting the last few scenes of Slumdog Millionaire. The ones in which vast crowds of people – poor people – who have nothing to do with the game show, gather in the thousands in their slums and shanty towns to see if Jamal Malik will win. Oh, and he did. He did. So now everyone, including the Congress Party, is taking credit for the Oscars that the film won!
Do follow net.


- Un million de « Slumdogs » bientôt expulsés de Dharavi. Après les contes de fées, la dure réalité ...
A Bombay, le bidonville où Danny Boyle a tourné son film doit être rasé et reconstruit. Un projet qui ne réjouit pas ses habitants.  « L'opportunité du millénaire ». Dans tous les grands journaux, des publicités la vantaient. Le gouvernement a décidé de vendre Dharavi, terrain de 215 hectares occupé par un million de personnes, à cinq promoteurs étrangers chargés de reconstruire entièrement la zone : nouveaux immeubles, écoles, hôpitaux, égouts, assainissement des eaux... Dans moins de sept ans, Selwyn et toute sa famille se verront offrir un appartement de 25 mètres carrés, avec électricité et eau courante. Ils ne vivront plus au milieu des mouches, des rats et des scorpions. L'opportunité du millénaire. Promesse d'un avenir meilleur. Et pourtant, rares sont les habitants de Dharavi à souhaiter ce plan. En réalisant ce plan, c'est toute l'économie du bidonville qui sera anéantie. Selon la Société de promotion des enquêtes territoriales (SPARC), Dharavi génère un chiffre d'affaires annuel de plus 340 millions d'euros. Les gens vivent sur leur lieu de travail, la famille de Selwyn en est un bon exemple. L'oscar à Hollywood ne retiendra pas les bulldozers Quatre Golden Globes, oscar du meilleur film parmi huit récompenses, ‘Slumdog Millionnaire’ sort Dharavi de l'ombre. Accoudé à la table d'un café chic de Bombay, Irrfan Khan, l'un des acteurs majeur du film, me fixe en soupirant. Il ne pense pas que le film puisse changer le cours des événements. Il a visité ces ruelles, décors d'enfance de Latika et Jamal. Il ne sait pas si, dans trois ou quatre ans, elles ne seront plus que des images d'archives. Il a goûté à cette joie qui vous prend au tripes quand vous parcourez ces rues, quand vous rencontrez ces habitants qui ont une envie extraordinaire d'avancer malgré leur dénuement.
Source: Rue89. 31 mars 2009.

 

 

19:29 Écrit par collectif a & a dans Film & documentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : inde, slumdog millionaire | |  del.icio.us

21/04/2009

A propos de la filiation. Une confusion très grande existe entre ce qui relève du biologique et ce qui relève du social.

francoise heritier.jpgDans le quotidien Le Monde, l'anthropologue Françoise Héritier revient sur la confusion qui règne actuellement sur la question des mères porteuses et de la parenté. Elle relève dans la presse des confusions terminologiques entre filiation, engendrement, procréation, parenté et parentalité. Il existe une confusion entre ce qui relève du biologique et ce qui relève du social.



Elle rappelle que la filiation relève d'un acte social : la reconnaissance volontaire et dûment enregistrée qu'un enfant est rattaché à une ou à des lignées nettement désignées, ce qui lui confère son identité, des droits et des devoirs.



Selon les besoins, la confusion des mots "entrelace, conjoint ou oppose" le biologique au social.



Il existe trois critères pour établir la filiation : la naissance légitime (dans le cadre du mariage) ou naturelle, la volonté (c'est à dire la "reconnaissance en paternité") et la possession d'état, soit la réputation d'être l'enfant d'un couple ou d'une personne. A ces trois critères, le législateur a rajouté celui de vérité biologique, c'est à dire l'engendrement certifié par des méthodes ad hoc. Il a rendu ce critère opposable aux trois autres, y compris à la naissance dans le cadre du mariage.



Françoise Héritier rappelle que le grand oublié du législateur est l'enfant. Le droit de l'enfant à connaître ses origines est pour elle légitime, même si elle remet en question la confidentialité sur le don de gamètes ou le secret de l'accouchement sous X. Dans la plupart des cas, cette curiosité à connaître ses origines ne remet pas en cause la filiation.



En ce qui concerne la gestation pour autrui, Françoise Héritier estime que s'il devait y avoir une loi, celle-ci devrait être strictement encadrée pour éviter l'accumulation de problèmes impossibles à résoudre. La filiation devrait revenir au(x) parent(s) de volonté, non à la donneuse d'ovocytes ni à la prêteuse d'utérus, même si un droit de réflexion devrait être laissé à celle-ci. Il ne devrait pas être possible aux parents d'intention de récuser un enfant qui ne leur conviendrait pas.



En dehors de l'aspect de filiation, la gestation pour autrui suscite d'autres interrogations, comme l'exploitation des femmes. Elle craint aussi une commercialisation clandestine des cellules et des utérus. Pour François Héritier, la gestation pour autrui ne devrait pas pouvoir se faire en famille, comme le suggére Nadine Morano, secrétaire d'Etat à la famille.



Enfin, elle s'interroge : si l'on pense à la volonté d'égalité de cette demande, ne faudrait-il pas reconnaître le droit de tout homme à faire des enfants "tout seul".



Pour conclure, l'anthropologue explique qu'"inventer des formes nouvelles de vie en société est une des prérogatives saisissantes de l'espèce humaine, à condition que la liberté des uns ne soit pas contraire à celle des autres ni à leur dignité". Il convient pour elle de sauvegarder le caractère social de la filiation.



Source: Gènéthique

17/04/2009

Trafic d'enfants au Libéria. Une ONG poursuit en justice les autorités.

Liberia.jpgMonrovia - Une organisation libérienne de défense des droits de l’Homme a annoncé jeudi qu’elle avait porté plainte pour trafic d’enfants contre le gouvernement et un organisme d’adoption après la disparition le mois dernier de 35 petits Libériens.

 

Selon le Centre indépendant des droits civils et humains (CHRC) les enfants, âgés de un à douze ans, ont disparu alors qu’ils étaient en passe d’être adoptés par le biais du Réseau ouest-africain d’aide aux enfants (WACSN), organisme enregistré auprès du gouvernement pour faciliter l’adoption d’enfants Libériens par des familles américaines. "Nous avons porté plainte contre le gouvernement et l’organisme d’adoption" pour trafic d’enfants, a indiqué à l’Afp Mervin Page, dirigeant du CHRC.

 

L’affaire sera examinée vendredi par un juge de Monrovia, a-t-il ajouté. Selon le Chrc, les enfants ont été interceptés par les autorités alors qu’ils s’apprêtaient à s’envoler vers les Etats-Unis avec leurs familles adoptives. "D’après nos informations, ces enfants étaient prêts à partir avec leurs parents adoptifs quand le ministère de la Santé, avec le soutien du ministère de la Justice, les ont interceptés à l’aéroport."

 

Source : Le Soleil - Sénégal.

16/04/2009

La «barbarie» des mères porteuses.

Sylviane Agacinski.jpg Libération consacre un article à l'essai publié par la philosophe Sylviane Agacinski sur la "barbarie" des mères porteuses : Corps en miettes (Flammarion).

 

"On peut se demander si la leçon du nazisme a réellement été tirée tant l'opinion semble se soucier peu de ce que signifie notre humanité ou de l'esprit de nos lois. Elle privilégie la puissance technique et la demande individuelle. Certains techniques permettent de confectionner des enfants, et il y a des individus qui "demandent" à utiliser ces moyens. Le reste a-t-il vraiment de l'importance ?", écrit-elle.

 

Elle dénonce par ailleurs l'usage du mot "gestatrice" qui "relève d'une ruse rhétorique qui contribue à secondariser la femme portant un enfant, pour faire un sac, une sorte de logement temporaire, simple entrepôt où stocker l'enfant conçu par d'autres qui en attendront la livraison". Idem pour l'abréviation "GPA" (pour "gestation pour autrui") : "trois petites lettres (...) sans doute rassurantes" mais qui "constituent une mystification et maquillent une forme inédite de servitude et d'abaissement des femmes".

 

La philosophe s'élève contre l'exploitation du corps d'autrui au centre du "baby business", "l'aliénation biologique" qui "s'installe dans la procréation artificielle". "Devant l'indifférence à l'égard de ces femmes, dont on fait aujourd'hui des couveuses "indemnisées", on ne peut s'empêcher de reconnaître la froideur égoïste et le vieux mépris de classe de ceux qui estiment normal de mettre la vie des autres à leur service." Elle se demande enfin si le fait que les mères porteuses justifient leur "don" par générosité ou altruisme n'est pas "l'aspect le plus répugnant de l'affaire".

 

Par ailleurs, Le Parisien publiait, vendredi 10 avril dernier, un dossier sur les mères porteuses, au lendemain de l'appel lancé par 60 personnalités en faveur de la légalisation de cette pratique (cf. Gènéthique, synthèse de presse du 31/03/09)  et alors que le sujet devrait être évoqué au cours de la révision de la loi de bioéthique. Secrétaire d'Etat à la Famille, Nadine Morano s'est de nouveau prononcée en faveur de la légalisation de cette pratique.

 

En réponse à la position de Nadine Morano, Jean-Frédéric Poisson, député UMP des Yvelines et porte-parole du Forum des républicains sociaux (FRS), a déclaré que : "défendre les mères porteuses, c'est aller vers une société libertaire et utilitariste". "C'est une chose de déclarer vouloir dépassionner le débat, c'en est une autre de traiter les questions de société à coup de bulldozer", a-t-il poursuivi.

 

Source: Gènéthique.


Repères


- Ventre à louer. Moins cher, plus rapide que l'adoption.
C'est l'argument qu'avancent les "parents" que le reportage d'Envoyé Spécial vient de présenter, des "parents" qui viennent en Inde louer le ventre d'une mère porteuse pour satisfaire leur désir d'enfant, un enfant "de leur sang". Mais je mets le mot parents entre guillemets. Cet enfant, sera-t-il le leur?
Montagnes d'ici et d'ailleurs.

- Sylviane Agacinski : «La gestation pour autrui est un commerce dégradant»
Le dernier livre de la philosophe Sylviane Agacinski est un vibrant réquisitoire contre la gestation pour autrui
La Croix

- Haro sur les femmes «incubatrices»!
La «grossesse pour autrui» n'est-elle rien d'autre qu'un nouvel esclavage?
Qui a dit que la colère était mauvaise conseillère? Voici, né d'un violent mouvement d'humeur, un petit bijou d'une centaine de pages, pédagogique autant que polémique. C'est aussi un précieux outil démocratique fort opportunément disponible au moment où s'ouvrent en France les premiers Etats généraux de bioéthique, ce préalable citoyen à la révision de la loi du même nom. Signé de Silviane Agacinski, cet opuscule vient d'arriver dans les librairies. En prendre connaissance c'est, sous une plume tenue par une femme située à gauche de l'échiquier politique, découvrir la pertinence d'un ample réquisitoire contre cette nouvelle forme de marchandisation du corps humain qu'est, selon l'auteur, la pratique des mères porteuses. Une initiative d'autant plus originale que nombre de voix féministes - émanant officiellement du même univers de gauche -  plaident ouvertement et avec virulence en faveur de la dépénalisation de cette pratique. Certains vont même, au nom de la liberté de disposer de son corps et de sa fonction de reproduction, jusqu'à oser un parallèle avec l'interruption volontaire de grossesse.
Source: Slate.fr 20 avril 2009 
 

- En Ukraine, des femmes louent leur ventre.
L’Ukraine autorise la pratique des mères porteuses. Particulièrement libérale sur le sujet, sa loi ouvre la voie à un véritable marché de la procréation, accessible aux étrangers.
La Croix.

 


- Mûre porteuse...

Sur le blog de Maître Laurent Epailly.


- Portera ? portera pas ?
Sur le blog de Maître Laurent Epailly.

 
- Mères porteuses, à quel prix ? Caroline Eliacheff, René Frydman.
Au fond, de quoi s'agit-il ? Tout simplement de faire un enfant. Mais encore ? Un enfant génétiquement de soi. Et pour y satisfaire quand on n'y arrive pas à deux, on n'hésiterait pas à faire courir des risques à de nombreuses personnes. Comment ? D'abord en pratiquant une fécondation in vitro (FIV) avec les ovules de la femme dépourvue d'utérus et le sperme de son compagnon. Puis en transférant l'embryon ainsi obtenu dans l'utérus d'une femme porteuse. Ce qui compte, c'est l'enfant de soi, de ses gènes.
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- Mères porteuses. Va-t-on en France pouvoir "acheter" des enfants ?
Dans le journal France Soir, Bernard Debré, professeur de médecine, revient sur le cas de la petite Donna, pour dénoncer les problèmes posés par la pratique des mères porteuses.
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15/04/2009

Confier les enfants éthiopiens aux Occidentaux ou tout faire pour les laisser grandir chez eux ?

Mariama VAI en Ethiopie.jpgMariama, la nouvelle volontaire pour l’adoption internationale, le "Peace Corps à la française" créé par Rama Yade, est arrivée en Ethiopie, le deuxième pays où les Français adoptent.


Au consulat d’Addis-Abeba, les fonctionnaires ravis se sont un peu emmêlés les pinceaux en accueillant cette grande jeune fille aux cheveux en pétards. « Ah voilà, notre VIA ! » (Volontariat International en Administration). Mariama sourit, très pro, serre les mains, imagine déjà où elle va installer son bureau. En réalité, elle est une VAI, un sigle encore tout neuf pour les employés des ambassades : Volontaire pour l’Adoption Internationale.

 

Embarquée dans les valises de Rama Yade pour un voyage officiel en Ethiopie durant ce week-end de Pâques 2009, cette jeune métisse de 31 ans papa guinéen, maman hollandaise n’allait pas se formaliser pour un sigle écorché : elle est la seule (La journaliste a oublié Elodie Chemarin qui est déjà en Ethiopie depuis février 2009), parmi les dix premiers volontaires missionnés dans les pays où les Français adoptent, à avoir la chance de faire un voyage de repérage avec la secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme.


« Je vais avoir du boulot »


Il faut dire que l’Ethiopie est un « gros morceau » du programme si cher à Rama Yade, pour ce réseau de volontaires comparables à des Peace Corps américains, chargés de tendre la main aux associations sur le terrain, très en amont de l’adoption. Cet Etat mythique de la corne de l’Afrique est devenu, sans bruit, le deuxième pays où les Français adoptent, derrière Haïti. Et à voir les dossiers dans des cartons alignés dans le bureau du consul, le nombre de visas accordés enfle tous les ans… Ce qui soulève beaucoup d’espoir chez les 30 000 candidats à l’adoption en France et inquiète ceux qui pensent aussitôt « dérives » .

 

« Je ne suis pas là pour augmenter ou faire baisser ce chiffre, précise d’emblée Mariama. Ma mission sera d’harmoniser, d’être une sorte de pont pour que tout le monde soit rassuré. » Dans les orphelinats, les associations et les ONG, « sister Mariama » est accueillie avec espoir, sympathie et un peu de circonspection par des messieurs fiers de montrer les cases en parpaings fraîchement balayées où les enfants jouent avec des Barbie démantibulées, les salles de classes sommaires remplies de bouilles sombres mangées par des grands yeux craquants.

 

«Il y a du chauffage ? » s’inquiète la jeune volontaire en visitant le dortoir d’un orphelinat pour les 5-12 ans où vingt lits superposés sont alignés sous le regard de la Vierge Marie. « Je découvre. Trente-deux filles dans une même pièce, c’est beaucoup… ».
Au final, 5 % seulement seront adoptées. « Les Américains, les Français, les Espagnols, ils veulent tous des petits », soupire le directeur. Mariama sait que ce sera compliqué. Penser aux enfants, à ce qui est le mieux pour eux. En Ethiopie, le taux de fécondité des femmes tourne autour de six enfants. Et leur espérance de vie plafonne à 43 ans.

 

Des milliers, peut-être des millions d’enfants sont orphelins. Mais il y a aussi des enfants des rues qui pourraient, moyennant un soutien à des associations, réintégrer leur famille d’origine. Même les Ethiopiens ne sont pas d’accord sur le bon choix : confier leurs enfants aux Occidentaux ou tout faire pour les laisser grandir chez eux ?
« Je vais avoir du boulot », concède Mariama, qui entrera en fonction dans un mois.


Source: Le Parisien. 14.04.2009

 

Repères

- Adoption in Ethiopia
Capsule overview of adoption issues
News reports of adoption irregularities
The Schuster Institute for Investigative Journalism

11/04/2009

Exploration des liens entre les adoptions passées et le suicide.

 

Dr Susan Gair.jpgExploring links between past adoptions and suicide.

 

Un article traduit en français par Kim Myung-Sook et publié sur son blog Fabriquée en Corée.

 

 

Les histoires de dépressions et de pensées suicidaires étaient fréquentes chez les personnes adoptées et les parents de naissance qui participaient aux recherches menées par une travailleuse sociale enseignante de l'Université James Cook, Dr Susan Gair.

 

Les recherches portaient sur la collecte des données empiriques par des entrevues avec les parents de naissance, les adoptés et les parents adoptifs.

 

Dr Gair a déclaré que ses recherches montraient que les processus des adoptions passées n'étaient pas idéaux et que les récentes réformes iront très loin pour améliorer les futures situations d'adoptions.

 

"En février, The Adoption Bill 2009 (Le Projet loin d'adoption 2009) a été introduit au Parlement du Queensland, accordant plus de souplesse et de choix aux personnes impliquées dans l'adoption. Ce projet de loi ramène Queensland dans le rang d'autres États australiens", dit-elle.

 

"La théorisation des pratiques des adoptions passées peut et devrait informer la pratique clinique et la législation et les politiques des adoptions futures", a déclaré le Dr Gair.

 

Dr Gair a dit que l'étude révélait des histoires de dépression, de tentatives de suicide et de suicides.

 

"Il y avait des thèmes communs dans les histoires: l'impuissance, les sentiments de rejet et de désespoir", a déclaré le Dr Gair.

 

"Beaucoup de participants ont évoqué comment ils se sentaient obligés de subir en silence ces sentiments puisque la société dictait un niveau de reconnaissance et de honte associée à l'adoption".

 

Certaines des histoires racontées par les parents de naissance révèlent que, au moment de l'adoption, on leur a dit qu'ils n'avaient aucun droit et de simplement "continuer avec leur vie".

 

"Certaines personnes adoptées ont discuté des sentiments de dépression, d'être un "citoyen de seconde classe', et d'avoir "emprunté une identité". Un parent adoptif a parlé de la façon dont son enfant est mort par suicide après avoir été incapable de faire face d'autres rejets", a déclaré le Dr Gair.

 

Le rapport a également présenté des histoires où les participants ont identifié "des points tournants" qui ont été décrits comme ayant "sauvé (leur) vie". Ces événements impliquaient surtout de trouver un lien avec leurs parents/enfants biologiques, rencontrer un grand-parent ou de trouver un apparentement sur l'internet.

 

Source: James Cook University. April 2009

 

 

Repères

 

- Les adolescents adoptés sont-ils plus à risque de suicide que leurs pairs non adoptés ? Brigitte Prati
Dans les pays développés, les enfants adoptés représentent moins de 1% des naissances, mais ils peuvent représenter jusqu’à 20% des patients dans les services de psychiatrie. Ce déséquilibre soulève une interrogation sur le lien entre adoption et pathologie et, plus particulièrement, entre adoption et crise suicidaire à l’adolescence.
À partir d’une revue de la littérature scientifique et de son expérience clinique, l’auteur propose quelques hypothèses psychodynamiques et dégage des pistes de réflexion sur cette problématique.
Cairn.

 

- Suicide, psychiatric illness, and social maladjustment in intercountry adoptees in Sweden: a cohort study. Dr Anders Hjern.
L' expérience scandinave. Johanne Lemieux, travailleuse sociale Bureau de consultation en adoption de Québec, Ste-Foy, Québec, Canada.
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- Les enfants adoptés sont-ils plus fragiles que les autres ?
Si la plupart vont bien, l'étude "The Mental Health of US Adolescents Adopted in Infancy" met en évidence un peu plus de troubles du comportement, d'anxiété et de dépression que chez les non-adoptés.
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- Adoption as a Risk Factor for Attempted Suicide During Adolescence. Gail Slap, Elizabeth Goodman, and Bin Huang.
Depression, impulsivity, and aggression during adolescence have been associated with both adoption and suicidal behavior. Studies of adopted adults suggest that impulsivity, even more than depression, may be an inherited factor that mediates suicidal behavior. However, the association between adoption and adolescent suicide attempts and the mechanisms that might explain it remain unknown. The objective of this study was to determine the following: 1) whether suicide attempts are more common among adolescents who live with adoptive parents rather than biological parents; 2) whether the association is mediated by impulsivity, and 3) whether family connectedness decreases the risk of suicide attempt regardless of adoptive or biological status.
Pediatrics. Avril 2001.

 

 

07:32 Écrit par collectif a & a dans Etude - Recherche | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : australie, adoption, suicide, troubles | |  del.icio.us

10/04/2009

129.000 enfants américains sont actuellement en attente d'adoption.

LA TONYA FRELIX.jpgIs international adoption about passion or trend ?


Just last week Madonna was denied the option to adopt a Malawi child, and as a result, blogs and commentary boards are abuzz on whether celebrities should adopt from overseas.

 

There's nothing wrong with giving a child a home, stable environment and loving parents. Does Madonna really have to adopt internationally to help a child become a productive adult? My first thought goes to all the children in the U.S. who are without mothers and fathers and are awaiting someone like a Madonna or Angelina Jolie to come in and sweep them out of the system.

 

According to the Dave Thomas Foundation, 129,000 American children are currently awaiting adoption. And while 79,000 children were approved for adoption last year, only 51,000 found homes through the foster care system, leaving 28,000 American children without adoptive families last year alone.

 

I'm not knocking the process and the intention, but why not seek a domestic adoption before heading overseas?

 

The Adoption Guide Web site breaks the financial costs:

- The majority of domestic newborn adoptions cost less than $25,000, while more than 75 percent of international adoptions cost more than $20,000.

- The majority of adoptions from Ethiopia and China cost between $15,000 and $25,000.

- The majority of adoptions from Russian and Guatemala cost more than $30,000.

 

Money may not be an object for Madonna, but what if she adopted locally and used whatever money she would have spent on adopting the Malawian girl on a charity?

 

I don't know what the time frame is on domestic adoptions versus international adoptions, but I recall one blog post stating some countries are tightening the laws making it difficult to adopt if the prospective parents are from another country. Is it really worth the hassle if you have children at home in dire needs as well?

 

What's the old saying? Oh, yeah. "Charity starts at home."

 

E-mail: lfrelix@hattiesburgamerican.com.


Source : Hattiesburg american.

 

06/04/2009

Grand ménage sur le marché de l’adoption au Guatemala.

 

Guatemala-Grand-Menage-sur-le-Marche-de-l-Adoption.jpgDevant l’ampleur du trafic d’enfants qui sévit dans le pays, le gouvernement a choisi de mettre de l’ordre. Un changement d’attitude qui complique la vie de milliers de familles américaines en quête d’un bébé.

 

Le gouvernement du Guatemala a reconnu, le 23 mars 2009, qu'il détenait des preuves indiquant que des orphelins de la guerre civile avaient été proposés à des familles étrangères - en majorité américaines - en vue d'une adoption, plutôt qu'on s'efforce de retrouver leurs proches. 

Une enquête est en cours, dont les conclusions devraient être publiées en avril.

 

Source : Courrier International n° 961.

 

Repères

 

- Guatemala: 46 enfants découverts dans un orphelinat clandestin
Quarante-six enfants destinés à une adoption illégale ont été découverts dans un orphelinat clandestin du Guatemala. [...] Les adoptions d'enfants par des étrangers, notamment des Américains, se multiplient au Guatemala.
Lire la suite


- Un médecin arrêté au Guatemala pour adoptions frauduleuses
Un médecin a été emprisonné ce jeudi 3 juillet au Guatemala sur décision d'un tribunal qui le soupçonne d'être [...] Des intermédiaires véreux tentent d’exploiter le désir de couples du Nord d’adopter un enfant abandonné au Sud.
Lire la suite


- Le Guatemala suspend les adoptions d'enfants par des étrangers
Le Guatemala suspend, sauf exception, les adoptions d'enfants par des ressortissants étrangers, mettant fin à une pratique qui [...] Jusqu'à la création du CNA, les vols d'enfants aux fins d'adoption illégale étaient [...]
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- Pour satisfaire la demande d'adoption, le Guatemala exporte ses enfants
Au Tchad, l'Arche de Zoé a tenté d'enlever une centaine d'enfants. Le Guatemala, lui, en exporte des milliers chaque année, un commerce lucratif. Deux exemples extrêmes. 
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