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« Nous, on évite les adoptions. Les procédures sont beaucoup trop longues. Pendant ce temps, nous n'aidons pas les autres. En plus, adopter, c'est enlever l'enfant à sa communauté d'origine pour l'enraciner ailleurs. Ce n'est pas évident. | Page d'accueil | La Corée continue de nier accès aux adoptés coréens de l'étranger »

19/07/2009

En Flandre, un second nouveau-né abandonné dans le tiroir à bébés de l'asbl "Moeders voor Moeders".

boite a bebes d ANVERS Vlaanderen.jpgUn nourrisson d'environ 2 jours a été déposé dans un "sas à bébés" d'une asbl anversoise, c'est le second en 9 années d'existence de cette structure. Le bébé, un petit garçon, est en bonne santé, a confirmé l'asbl "Moeders voor Moeders" (Des mères pour des mères). Il restera ce dimanche encore dans les murs de l'asbl avant d'être confié au home pour enfants du CPAS anversois, le "Good Engels". Le CPAS d'Antwerpen va d'ores et déjà se mettre à la recherche de parents candidats à l'adoption du nouveau-né déposé.

 

Le parquet d'Anvers a ouvert une information judiciaire pour tenter d'identifier ses parents, mais elle ne dispose à l'heure actuelle d'aucun indice. Le nouveau-né, auquel on a donné temporairement le nom de Michaël De Kleine, devrait être adopté si ses parents biologiques ne le réclament pas. Les policiers espèrent, grâce à cette enquête, en apprendre plus sur le milieu de l'enfant.

 

Le bébé - le deuxième à avoir été déposé en neuf ans d'existence la "boîte à bébés" de Borgerhout - recevra automatiquement le nom de De Kleine (Le Petit), tout comme son prédécesseur Thomas, abandonné en novembre 2007 et qui a depuis été confié à une famille d'accueil souhaitant adopter. Sa tutrice sera la présidente du CPAS d'Anvers (OCMW Antwerpen) Monica De Coninck. Le phénomène des abandons de bébé à la naissance est "loin de se tarir", indiquaient encore récemment les parlementaires du Conseil de l'Europe, réclamant le développement de centres d'hébergement mère/enfant et des délais de rétractation plus longs pour la mère qui abandonne son bébé.



Selon un rapport du Conseil de l'Europe, il s'agit le plus souvent de très jeunes femmes, souvent d'origine étrangère, sans autonomie (migrantes irrégulières, prostituées) et qui n'ont pu recourir à la contraception ou à l'avortement interdits dans certains pays. Outre à Anvers, des "boîtes à bébés" existent en Allemagne, Suisse, Autriche, Hongrie, Slovaquie, Italie. On en compte 80 en Allemagne et quelques dizaines dans des pays comme l'Italie ou la République tchèque.



Le Japon en a créé une à Kumamoto tandis qu'aux Etats-Unis, depuis 1999, la plupart des Etats permettent la dépose anonyme des bébés, de la naissance jusqu'à un an, dans des lieux sécurisés, sans risque de poursuites pénales. La "boîte à bébés" fait cependant controverse parce qu'elle "incite à accoucher dans la solitude" et parce que l'abandon reste un crime dans certains pays, selon le rapporteur. Ses partisans avancent des arguments éthiques: lutte contre l'avortement, prévention des abandons sauvages, des infanticides et de la maltraitance, et certitude de voir les enfants adoptés.



Le parlementaire français André Schneider estime que ce système "est un moindre mal car la vie de l'enfant n'est pas mise en péril et il devient adoptable".

Source : La Libre Belgique, Le Soir, RTBF Info.

20.11.2007. Premier nouveau-né abandonné dans une « boîte à bébé » en Flandre.
Lire la suite.

Prévenir la première des violences faites aux enfants: l'abandon à la naissance
Preventing the first form of violence against children: abandonment at birth

Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe. Doc. 11538. 25 mars 2008.

Commentaires

Boîte pour abandonner son bébé dans l'anonymat. Un constat d'échec.

Mais le parquet d'Anvers enquête pour identifier les parents biologiques. Selon l'article 424 du code pénal, l'abandon d'un enfant dans le besoin est en effet passible de poursuites pénales.

Certes, avec ce système ont fait diminuer les abandons clandestins "dans la nature". Mais il ne permet malheureusement pas de prendre en charge la détresse de la mère !
Il est odieux que notre société, au lieu d'aider ces mères à élever leurs enfants, laisse des situations de misère financière et psychologique telles que ces femmes ne voient d'autre recours que de placer leurs enfants dans des "tiroirs à bébés." L'installation de ces boites à bébés ne peut qu'encourager ces dépôts d'enfants du style, ni vu(e),ni connu(e) et je n'assumerai pas une seule once de mon geste et de mon identité vis à vis de tiers. Je n'aurai pas à me justifier mon geste , triste pour ces enfants !

On sait aussi à quel point certains enfants adoptés souffrent parfois de ne pas pouvoir connaître leur véritable origine. Sans parler de ces mères qui des années plus tard, peuvent souhaiter retrouver leur enfant.

Écrit par : Isabelle | 20/07/2009

Allemagne. L'accouchement anonyme.
Le Comité d'éthique veut fermer les "tiroirs à bébés".

Environ 80 "tiroirs à bébés" (Babyklappe) sont installés en Allemagne. Cependant, Les scientifiques n'ont apparemment trouvé aucune preuve que l'accouchement anonyme comme prévention de l'infanticide. Selon le Comité d'étique, ces boîtes à bébés doivent être supprimée. Ce système enlève à l'enfant son droit fondamental et également la possibilité de connaître son origine.

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Anonyme Geburten. Ethikrat will Babyklappen schließen lassen.


Rund 80 Babyklappen gibt es in Deutschland. Wissenschaftler finden allerdings offenbar keinen Beleg, dass anonyme Geburten Kindstötungen verhindern. Babyklappen sollten nach Ansicht des Ethikrates daher abgeschafft werden. Durch sie werde Kindern das Grundrecht genommen, einst ihre Abstammung zu erfahren.

Babyklappen sollten nach Ansicht des Deutschen Ethikrates abgeschafft werden. In einer am Donnerstag veröffentlichten Stellungnahme zum „Problem der anonymen Kindesabgabe“ spricht sich die Mehrheit des von Bundesregierung und Bundestag eingesetzten Gremiums dafür aus, dass „die vorhandenen Babyklappen und bisherigen Angebote zur anonymen Geburt aufgegeben werden sollten“. Dann gäbe es an Kliniken keine Vorrichtungen mehr, in denen Neugeborene geheim abgelegt werden können. Auch wäre es nicht mehr möglich, dass Frauen unter Verheimlichung ihrer Identität in Krankenhäusern ein Kind gebären, dem seine Abstammung dann dauerhaft verborgen bleibt.

Allenfalls möglich solle eine „vertrauliche“ Geburt oder Kindesabgabe „mit vorübergehend anonymer Meldung“ sein. Dabei müsste sich die Mutter zu erkennen geben, doch würde ihr Name für maximal ein Jahr nur einer Beratungsstelle bekannt sein, nicht aber dem Standesamt. Damit will man Rücksicht auf Notlagen nehmen, in denen Frauen bei familiärem Widerstand oder bei psychischer Überforderung nicht zugeben können oder wollen, Mutter geworden zu sein.

Sechs Mitglieder des 26-köpfigen Ethikrates plädierten hingegen für die Beibehaltung anonymer Angebote. Zu ihnen zählen der frühere baden-württembergische Ministerpräsident Erwin Teufel und der Mediziner Eckhard Nagel. Empfehlungen des Deutschen Ethikrates, der als Nachfolger des Nationalen Ethikrates seit 2008 die Politik und die Öffentlichkeit bioethisch beraten soll, sind nicht bindend.

Laut Ethikrat gibt es in Deutschland rund 80 Babyklappen und etwa 130 Krankenhäuser, die anonyme Geburten anbieten. Geschätzt wird, dass seit 1999, als diese Möglichkeiten aufkamen, rund „300 bis 500 Kinder zu Findelkindern mit dauerhaft anonymer Herkunft wurden“, wie es in der Stellungnahme heißt. Neben genauen Zahlen fehlt auch eine Rechtsgrundlage für anonyme Geburten und Babyklappen, deren Anbieter, meist freie Träger, damit verhindern wollen, dass Frauen aus Angst vor dem Bekanntwerden der Geburt ihr Neugeborenes aussetzen oder gar töten.

Doch für diesen Effekt – Babyklappen verhindern Kindstötungen – gibt es laut Ethikrat keinen Beleg. Studien sprächen dagegen, dass solche Angebote „Frauen, die ihr Neugeborenes töten, erreichen“, heißt es in dem Text. Diese Frauen seien „aufgrund ihrer Psychodynamik“ gar nicht fähig, anonyme Angebote zu nutzen, sondern handelten „im Affekt, nachdem sie aufgrund der Verdrängung ihrer Schwangerschaft von der Geburt überrascht wurden und in Panik gerieten.“ So gebe es auch keine Daten über einen Rückgang der Kindstötungen seit Einrichtung der Babyklappen.

Fehlen aber Belege für die lebensrettende Wirkung der Anonymität, dann gibt es für die Ethikrat-Mehrheit auch keinen Anlass, einem Kind das Grundrecht zu nehmen, einst seine Abstammung zu erfahren – und der Mutter die Chance zu nehmen, sich später doch zum Kind zu bekennen, statt sich mit lebenslangen Vorwürfen zu plagen. Solche Gefahren darf man laut Ethikrat nicht bloß wegen der Vermutung riskieren, dass ohne Babyklappe das Kind womöglich gestorben wäre. Diese Vermutung beruhe „auf bloßer Spekulation“.

Indem der Ethikrat solche „Spekulation“ nicht gelten lässt, schlägt er einen neuen Ton in der Bioethik an, wo auch bei Sterbehilfe oder Humangenetik empirisch ungedeckte Sorgen Gesetze legitimieren sollen. Bemerkenswert ist auch, wie sehr der Ethikrat die Verantwortung für das Kind betont. „Das eigene Kind anzunehmen und sich zu ihm zu bekennen, ist die erste Pflicht der Eltern“, heißt es in dem Text, der an Babyklappen kritisiert, dass diese eine „Rechtsverletzung durch die in der Anonymität verschwindenden Eltern begünstigen, indem sie eine normal erscheinende Handlungsoption eröffnen“. Stattdessen solle man Eltern durch intensive Beratung und Hilfe die Möglichkeit geben, sich doch zum Kind zu bekennen – oder es so zur Adoption freizugeben, dass es später seine biologischen Eltern noch eruieren kann.

Dagegen erklärten am Donnerstag Anbieter von anonymen Verfahren, hieran festhalten zu wollen, etwa die EKD-Ratsvorsitzende Margot Käßmann, deren Hannoversche Landeskirche ein „Babykörbchen“ betreibt, oder der Hamburger Verein Sternipark, laut dem der Ethikrat-Vorschlag „in Einzelfällen eine wirksame Hilfe, ja sogar Menschenleben“ gefährdet. Der Vorsitzende der Deutschen Kinderhilfe, Georg Ehrmann, warf dem Ethikrat vor, dieser habe „Praktiker nicht angehört“.

Das Bundesfamilienministerium begrüßte „wichtige Anstöße“ des Ethikrates, erklärte aber, schwangere Frauen in Not bräuchten „alle erdenkliche Hilfe und Unterstützung – auch wenn sie ihren Namen nicht preisgeben wollen.“ Zur Erhellung der Faktenlage habe man ein Forschungsvorhaben gestartet. Gespalten sind die Grünen. Laut ihrer Bundestagsabgeordneten Priska Hinz, Fraktionssprecherin für Biotechnologie, hat nun „die Politik mit den betroffenen Einrichtungen zu klären, wie die Babyklappen Schritt für Schritt aufgegeben und die Hilfe für Frauen verbessert werden können“. Hingegen erklärte die Frauenpolitikerin Monika Lazar, dass „für Mütter in einer schweren Konflikt- und Überforderungssituation die Möglichkeit einer anonymen Geburt auch weiterhin gewährt werden“ solle.

Von Matthias Kamann. 26. November 2009.

Écrit par : Welt | 23/12/2009

En Allemagne, polémique autour des "boîtes à bébés" qui recueillent les nourrissons abandonnés.

Une allée dérobée contourne l'hôpital Waldfriede, à Zehlendorf, un quartier résidentiel de l'ouest de Berlin. Ici et là, quelques arbustes ont été plantés pour protéger des regards indiscrets. Une pancarte fléchée montre le chemin : "Babywiege" ("berceau"). Encastré dans un mur du bâtiment A, le "berceau" est un gros coffre métallique muni d'une poignée. Une "boîte à bébés" ("babyklappe"), comme disent les Allemands, où les mères en détresse peuvent déposer leur nourrisson non désiré en gardant l'anonymat.

Tapissé d'un molleton aux couleurs vives, l'intérieur est chauffé à 37 °C. Il est pourvu d'une mini-caméra et d'une alarme qui retentit au bout de trente secondes pour alerter le personnel de la maternité de la présence d'un enfant. Une lettre cachetée, "A emporter", est adressée aux mamans. "On leur dit que nous sommes contents qu'elles aient laissé leur nouveau-né ici, en sécurité, et qu'elles peuvent revenir le chercher si elles changent d'avis", explique la pasteure Gabriele Stangl, qui soutient le projet depuis sa création.

Le système existe depuis bientôt dix ans en Allemagne, mais il continue de diviser l'opinion. Fin novembre, le Conseil national de l'éthique a ravivé la controverse en recommandant de supprimer les quelque 80 boîtes à bébés qui existent à travers le pays. Celles-ci sont "éthiquement et juridiquement problématiques, a estimé ce comité de scientifiques, chercheurs et politiques, chargé de conseiller les pouvoirs publics. Elles portent atteinte au droit de l'enfant à connaître ses origines." Un droit inscrit en toutes lettres dans la Loi fondamentale allemande. "On n'imagine pas le traumatisme et la douleur ressentis par ces enfants, à la fois abandonnés par leurs parents et privés complètement de leur identité", affirme Irmela Wiemann, psychologue spécialiste de l'adoption, qui a participé aux délibérations du Conseil de l'éthique.

Les experts assurent que les mères utilisant cette solution ne sont pas de celles qui tuent leur bébé. La preuve ? Le nombre de nouveau-nés retrouvés morts n'a pas régressé d'un iota depuis l'introduction du système. "Mais pour un infanticide découvert, combien ne seront jamais connus ? interroge Gabriele Stangl. Et quand bien même nous n'aurions sauvé qu'une vie en dix ans, cela aurait valu la peine."

La première boîte à bébés a ouvert en 2000 à Hambourg, après la découverte du corps d'un nourrisson dans une benne à ordures. Depuis, le modèle a fait école au-delà des frontières allemandes ; en Autriche, en Suisse, en Hongrie, en Italie et jusqu'au Japon. Le mécanisme est calqué sur une pratique d'abandon qui remonte au Moyen Age. Au XIIe siècle, le pape Innocent III avait ordonné l'installation de "tourniquets" dans les orphelinats.

A l'hôpital Waldfriede, quelque 130 enfants ont été déposés en neuf ans. Les nouveau-nés sont immédiatement signalés à l'état civil et aux services responsables des adoptions. "Nous espérons toujours que les mères repassent pour laisser une lettre, des photos, ou même récupérer leur petit", confie Mme Stangl, dont le bureau est orné de photos de bébés endormis. Le système leur donne huit semaines pour se rétracter, voire un an pour faire valoir leurs droits. Les empreintes ADN sont relevées sur le corps du nourrisson afin d'éviter toute ambiguïté. Mais, au total, selon la pasteure, à peine une mère sur dix revient sur sa décision.

Juridiquement, les boîtes à bébés bénéficient d'une "zone grise". Aucune loi ne les autorise ni ne les prohibe expressément. L'accouchement "sous X", comme en France, est en revanche interdit. Mais un certain nombre de cliniques et d'hôpitaux le pratiquent malgré tout, invoquant l'obligation de porter assistance à personne en danger. Inquiets de devoir agir dans l'illégalité, de plus en plus de médecins appellent à légiférer.

"Pour les cas, où c'est absolument nécessaire, il faut légaliser ces deux pratiques", estime Monika Lazar, chargée de la politique de la femme au groupe parlementaire des Verts. La branche berlinoise de son parti avait lancé, mi-2007, une campagne très remarquée en faveur des babyklappe : "Avant que les bébés ne soient jetés à la poubelle", clamaient les affiches placardées sur les murs de la capitale. "Mais même chez les Verts, les opinions sont très partagées, comme dans tous les autres partis", fait remarquer la députée écologiste, qui prédit "un débat sur ce sujet sera long et difficile".

Dans son contrat de coalition, le nouveau gouvernement de centre-droit indique vouloir se saisir du débat. L'une des pistes privilégiées est la légalisation de l'accouchement "discret", et non pas "sous X". Cette solution permet à la mère d'être prise en charge en milieu médicalisé. Ses données personnelles sont conservées, et éventuellement restituées à l'enfant au bout d'un temps et d'une procédure déterminés.

Écrit par : Le Monde | 25/12/2009

Depuis dix ans en Allemagne, des « babyklappen » (boîtes à bébés) permettent à des mamans en détresse d'abandonner un enfant anonymement et sans lui faire courir trop de risques. Mais au détriment du droit de l'enfant à connaître ses origines, contestent les détracteurs de ce système.


C'est la lettre déchirante d'une mère à son enfant, déposée anonymement dans une « boîte à bébés » de Lübeck. Dans ce message, publié par le journal Bild, la mère implore le pardon de son enfant, mais écrit ne pas pouvoir faire autrement car « sa vie est un chaos ».
Une lettre évoquant un geste dramatique, c'est souvent le seul moyen dont dispose l'enfant pour garder trace de son origine biologique.

Une petite minorité revient sur sa décision

A Berlin, dans une allée boisée jouxtant l'hôpital Saint-Joseph, au coeur du quartier résidentiel de Tempelhof, une « boîte à bébés » est nichée discrètement au bout d'une impasse. Une poignée ouvre un caisson métallique molletonné pour accueillir le nourrisson. Une alarme se déclenche au bout d'une minute pour prévenir le personnel de la « Kinderklinik » que la boîte est habitée.
A l'intérieur du caisson, une lettre « à emporter », en plusieurs langues, explique d'éventuelles démarches juridiques aux mamans. Elles ont huit semaines pour récupérer leur enfant et conservent leurs droits pendant un an. Une petite minorité de femmes revient sur sa décision. Avant d'être confié aux services d'adoption, le bébé subit des prélèvements génétiques, utilisés comme preuve en cas de réclamation.
Le système est très ancien, préconisé par le pape Innocent III au XIIe siècle. Un mécanisme remis en service en l'an 2000 après la découverte d'un nourrisson trouvé mort dans une benne à ordures.

Un « portrait-robot » difficile à établir

Depuis, presque une centaine de « babyklappen » ont essaimé en Allemagne. Et bien au-delà : l'Autriche, l'Italie ou le Japon ont des pratiques identiques.
Du fait de cet anonymat, le « portrait-robot » de ces mamans est difficile à établir. Selon les défenseurs du système, il s'agit le plus souvent de jeunes femmes démunies en situation précaire. La honte, l'impossibilité matérielle d'élever l'enfant ou un milieu familial désapprouvant la grossesse poussent ces mères vers l'abandon.
En Allemagne, ce système qui aura dix ans en avril reste source de discussions. Le comité national d'éthique a rendu un avis en décembre pour condamner cette mesure « au nom du droit de l'enfant à connaître des origines », inscrit dans la Loi fondamentale allemande. D'autres opposants font valoir que cette mesure n'a pas fait baisser d'un iota le nombre de meurtres de nouveau-nés. Dans le camp d'en face, on loue la possibilité offerte aux mères d'abandonner un enfant sans le mettre en péril.
Dans le contrat de coalition, les deux partis au pouvoir veulent légiférer sur le principe de l'abandon d'enfant. Au profit de l'adoption au secret. Des documents permettant à l'enfant abandonné d'établir ultérieurement sa filiation véritable seraient conservés.

David Philippot

Écrit par : DNA | 08/01/2010

Suisse. La boîte à bébés, boîte à controverses

Il y a trois semaines, un nourrisson était déposé dans la boîte à bébés de l'Hôpital régional d'Einsiedeln, dans le canton de Schwytz. C'est le cinquième nouveau-né recueilli par ce biais depuis l'ouverture voici neuf ans de l'unique Babyklappe de Suisse. Une installation qui ne cesse depuis 2001 d'alimenter la polémique sur fond de campagne pro- et anti-avortement


Ce samedi 23 janvier 2010, quand elle est arrivée à la maternité de l'Hôpital régional d'Einsiedeln, la sage-femme Andrea Schärer a vu sa collègue avec un nourrisson dans les bras. «Ah, tu as eu une naissance cette nuit?» «Non, a répondu la collègue. Le bébé n'est pas né ici.» Andrea Schärer a compris: le nourrisson avait été déposé la veille dans la «boîte à bébés» de l'établissement.

De cette petite fille, nous ne saurons ni le prénom qui lui a été donné, ni son âge - «on peut essayer de l'estimer avec l'état du nombril» - ni la couleur de sa peau. Juste qu'elle est en bonne santé et qu'elle a été déposée à la nuit tombée, comme les quatre autres bébés qui l'ont précédée depuis l'installation de la «fenêtre à bébés» en 2001. Sur le reste, l'hôpital comme les autorités de tutelle d'Einsiedeln gardent le silence.

L'enfant a, depuis, quitté l'hôpital pour une famille d'accueil. «Je me dis qu'ils doivent avoir du mal à la coucher. Ici, nous la portions quasi en permanence», sourit Andrea Schärer. Dans la petite maternité, elle était soignée et dormait dans une pièce à part, pour la protéger de trop de curiosité. «Bien sûr, s'en occuper provoque toutes sortes d'émotions, raconte la jeune femme. Les enfants qui naissent ici, on les recroise au supermarché ou sur le terrain de jeux. Elle, on sait qu'on ne la reverra jamais. Ça fait un peu mal. Mais, en fait, ajoute-t-elle, ce n'est pas elle qui m'a fait le plus de peine. Je voyais qu'elle allait bien, je me dis qu'elle va faire le bonheur d'une famille. C'est quand je pensais à sa mère que les larmes montaient. On ne sait pas dans quelles conditions elle a accouché, si elle n'a pas de complications. J'aimerais lui dire qu'elle se manifeste, et que j'espère qu'elle s'est fait examiner.»

Lettre en dix langues
Le bébé a été amené en voiture à Einsiedeln, vraisemblablement par sa mère qu'une tierce personne avait conduite à l'hôpital. Depuis la route, il suffit de faire quelques pas dans la neige jusqu'au bâtiment principal. Une flèche discrète indique la direction de la Babyklappe. Dans le mur, une fenêtre qui s'ouvre de l'extérieur et donne sur un berceau d'hôpital. Dès l'ouverture actionnée, le chauffage se met en route. Sur la couette, une lettre en dix langues - allemand, français, anglais, bosniaque, serbe, turc... - qui remercie la mère d'avoir donné à l'enfant «une nouvelle chance de connaître une vie heureuse» et lui recommande de se faire examiner et de se manifester. Comme le veut la loi, les parents ont un an pour récupérer la petite fille déposée fin janvier.

Une fois refermée, la fenêtre ne peut plus être rouverte de l'extérieur. Après trois minutes - le temps de quitter les lieux - une alarme se déclenche. A l'intérieur, le personnel alerté va chercher l'enfant en ouvrant la vitre de plexiglas fermée à clé qui protège le berceau. Le petit lit est caché des regards par un simple paravent japonais, au bout d'un couloir donnant sur le hall d'accueil. Le bon fonctionnement de la boîte est testé toutes les deux semaines, précise Andrea Schärer. A Hanovre, en 2008, un nouveau-né déposé devant une fenêtre à bébés qui refusait de s'ouvrir avait été retrouvé mort de froid.

Initiatives et controverses
La culture catholique dont la région est imprégnée explique sans doute plus la bienveillance envers le dispositif que la découverte, si tragique soit-elle, du corps d'un nouveau-né sur les bords du lac de Sihl, en 1999. Des crucifix ornent ça et là les murs de l'établissement, dont les médecins ne pratiquent pas l'avortement. En 2007, la Babyfenster était d'ailleurs l'un des thèmes de l'assemblée générale des médecins catholiques de Suisse, réunis à l'abbaye d'Einsiedeln. Le bébé de janvier vient relancer la controverse sur le bien-fondé de ce dispositif, à la limite de la légalité puisque la Constitution interdit l'accouchement anonyme.

«C'est vrai, mais c'est un moindre mal, plaide le directeur de l'hôpital, le docteur Meinrad Lienert. Il ne s'agit que d'une solution partielle à un problème de société. Nos patientes n'ont pas non plus le droit d'accoucher anonymement.»

En septembre dernier, le National refusait de donner suite à deux initiatives parlementaires, notamment d'une socialiste d'Einsiedeln, visant à autoriser l'accouchement anonyme et ce afin que le droit aux origines continue à être garanti pour l'enfant. Un échec pour la fondation Aide suisse pour la mère et l'enfant (ASME), initiatrice de la «boîte à bébés». «Le fait qu'une mère ne déclare pas la naissance à l'état civil transgresse la loi sur les enregistrements, reconnaît Dominik Müller, président de la fondation. Cependant nous avons eu, jusqu'à présent, de bonnes expériences. En général, la mère s'est annoncée, et aucune amende n'a été retenue pour transgression de la loi», précise-t-il. Dans un cas, les parents ont repris leur enfant.

Reconnue d'utilité publique, la fondation ASME, qui vise à aider femmes ou couples «sombrant dans la détresse à cause d'une grossesse ou d'une naissance» a répondu en 2009 à quelque 1500 demandes par une assistance matérielle, financière et juridique. Elle collabore également avec des services d'adoption privés. Elle-même controversée, elle est née de l'association Mamma, qui milite clairement contre l'avortement. Depuis Bâle, cette dernière, qui avait lutté en vain contre l'initiative parlementaire sur le régime des délais en 1992, soutient l'initiative «Financer l'avortement est une affaire privée» lancée le 26 janvier dernier. Le docteur Lienert, lui, refuse d'entrer dans la polémique. «Je ne vois pas la fenêtre à bébés comme une alternative à l'avortement. C'est simplement une réponse à une situation extrême.»

Les mères écrivent à leur enfant abandonné

Derrière l'abandon se cache l'immense souffrance de ces mères qui ont décidé de se séparer de leur enfant. C'est ce que montre des lettres déposées avec les nouveau-nés dans la fenêtre à bébés de Lübeck, dans le nord de l'Allemagne, et récemment publiées sous leur forme manuscrite par le magazine alémanique Das Magazin.

«Chère Felicitas (...) Les heures passées avec toi ont été les plus belles de ma vie», a écrit l'une.

Une autre: «Cela nous brise le coeur (...) s'il vous plaît occupez-vous bien de lui, il le mérite. (...) S'il vous plaît, gardez la lettre et montrez-la lui quand il sera assez grand, qu'il sache qu'il ne nous était et ne nous est pas égal!»,

Une troisième: «Je n'ai rien accompli de bien dans ma vie à part ton frère et toi. (...) J'ai vraiment eu du mal à prendre la décision, tu dois me croire. Surtout quand je te compare à ton frère. Vous vous ressemblez beaucoup. (...) Tous ces mots me semblent si vides, mais je ne peux tout simplement pas exprimer ce que je ressens (...) J'espère que tu auras une vie heureuse et belle (...) et que tu me pardonneras un jour.»

Un passé qui remonte au Moyen Age

La «fenêtre à bébés» est la version contemporaine du «tour d'abandon». Répandu en Europe au Moyen Age, il se voulait une alternative aux avortements prohibés par l'Eglise catholique et aux infanticides. En France, Saint-Vincent-de-Paul fera construire le premier à Paris en 1638. Le tour, généralement un cylindre coulissant proche des églises, tombe en désuétude vers la fin du XIXe siècle, avant de réapparaître sous sa forme moderne vers la fin des années 1990, en Allemagne notamment ainsi qu'en Autriche, en Belgique (depuis 2007), en Lituanie, au Japon...

En Suisse, cinq bébés ont été placés dans la fenêtre à bébés d'Einsiedeln depuis 2001. L'avant-dernier cas remonte à août 2008.

L'Allemagne, où la première Babyfenster a été installée en 2000 dans la région de Hambourg, en compte désormais près d'une centaine.

A fin 2009, 209 bébés au total avaient été abandonnés par ce biais, avec une augmentation présumée l'année dernière.

En novembre dernier, le Conseil de l'éthique allemand a demandé la fermeture de ces boîtes à bébés.

Écrit par : Le Matin | 15/02/2010

Les « boîtes à bébés » allemandes en question

Le Conseil d’éthique allemand préconise l’introduction d’un accouchement « confidentiel », qui permettrait aux enfants abandonnés d’avoir accès à leurs origines à l’âge de 16 ans

«Anna s’est couchée dans le lit de bébé, suçant son ancienne tétine qu’elle avait apportée pour l’occasion. Elle est restée là, immobile. Puis elle s’est levée et s’est remise à jouer. » Eva Winkler-Jansen se souvient avec émotion du jour où elle a revu Anna. Cinq ans auparavant, la responsable de l’activité Mère et enfant au Service social des femmes catholiques (SkF) de Cologne l’avait recueillie dans la « boîte à bébé » de son service.

Un lit autochauffant installé derrière une fenêtre aménagée dans le mur de l’institution, sur lequel la mère anonyme peut déposer l’enfant qui vient de naître, déclenchant un signal sonore dans le bâtiment.

Anna est revenue, car, à l’occasion de l’adoption d’un deuxième enfant dans sa famille, elle a voulu en savoir plus sur ses origines. Ses parents adoptifs sont alors partis avec elle à Cologne pour lui montrer le lieu où elle avait été abandonnée, le 28 septembre 2001.

Susceptibles d’être poursuivies pour « abandon d’enfant »
Il y a dix ans, la première Babyklappe a été installée à Hambourg. Depuis, on en compte une centaine dans tout le pays. À côté de ce système s’est développée la pratique des accouchements sous X, tolérés dans quelques hôpitaux. Mais ces accouchements ne sont pas légaux. Les femmes sont susceptibles d’être poursuivies pour « abandon d’enfant ».

« Il nous faut un règlement légal pour toutes les personnes concernées par l’abandon anonyme d’un bébé », dit Ingrid Fischbach, vice-présidente du groupe parlementaire CDU-CSU (chrétiens-démocrates) au Bundestag. Il n’existe pas de statistiques précises concernant ces abandons, certaines organisations refusant de communiquer leurs chiffres. On estime de 300 à 500 leur nombre depuis une dizaine d’années.

Le groupe CDU-CSU prépare un projet de loi qui permettra aux femmes un accouchement « confidentiel ». Il se base sur les recommandations du Conseil d’éthique allemand, une institution indépendante composée de 26 experts de différents domaines (sciences, médecine, théologie, psychologie, philosophies) et d’anciens hommes et femmes politiques d’expérience. Son but : discuter des sujets sensibles d’un point de vue éthique de sa propre initiative ou à la demande du gouvernement ou du Parlement.

Deux droits fondamentaux en collision
En novembre dernier, la majorité des membres du Conseil d’éthique ont pris position sur l’« abandon anonyme d’enfants », qui fait entrer en collision deux droits fondamentaux : le droit à la vie et le droit de connaître ses parents. Le Conseil suggère la suppression des boîtes à bébé et la fin l’accouchement sous X. Sa recommandation prévoit qu’un service spécialisé enregistre confidentiellement les données personnelles de la mère pour un an, sans les transmettre au bureau de l’état civil, pour donner à la mère le temps de changer d’avis.

À l’issue de cette période, si elle poursuit dans son projet d’abandon où ne donne pas de nouvelles, l’enfant est déclaré adoptable. Les données concernant son origine sont communiquées à l’état civil, données auxquelles l’enfant pourra avoir accès à son seizième anniversaire.

Membre du Conseil au titre de sa qualité de juriste et d’ancienne responsable du parti Vert, Ulrike Riedel a, semble-t-il, joué un rôle important dans cette orientation. « On ne peut justifier l’existence de ces offres aux femmes enceintes en détresse en privant les enfants ainsi nés de leur droit de connaître leurs origines », souligne-t-elle.

« On ne peut légiférer sur tout. »
Six membres du Conseil éthique ont refusé l’opinion de leurs collègues. « On ne peut légiférer sur tout. À notre avis, les boîtes à bébé sont une solution ultime. On ne devrait pas les favoriser expressément, mais pas non plus les fermer », estime Eberhard Schockenhoff, théologien moraliste catholique et vice-président du Conseil. Ils insistent sur le fait que personne ne sait ce qu’il serait arrivé à Anna, s’il n’y avait pas eu la boîte à bébé à Cologne. Peut-être sa mère l’aurait-elle acceptée, peut-être l’aurait-elle abandonné n’importe où. Peut-être l’aurait-elle tuée après avoir accouché.

Les personnes critiques envers les boîtes à bébé invoquent pour leur part des études montrant que les mères tuant leurs enfants après avoir accouché (elles sont une vingtaine par an en Allemagne, selon Terre des hommes Allemagne) n’auraient pas été capables d’envisager une autre issue en raison de leur trop grande détresse.

Le service social des femmes catholiques (SkF), qui entretient plusieurs boîtes à bébé en Allemagne, dont celle de Cologne, salue aussi la suggestion du conseil éthique. « En général, ce que les femmes enceintes en détresse accouchant sous X ou abandonnant leur petit ne veulent pas, c’est que les personnes de leur milieu social soient au courant de leur grossesse, explique Anne Rossenbach, chargée de communication du SkF. D’après notre expérience, elles devraient être d’accord pour que leurs enfants puissent connaître leur nom. »

Le projet de loi « est sur de bons rails »
Selon Ingrid Fischbach, le projet de loi « est sur de bons rails ». Avant son dépôt au Parlement, il faut attendre les premiers résultats d’une enquête sur les boîtes à bébé, faite à la demande du ministère de la famille, qui sera publiée à l’automne.

« Je suis très optimiste sur le fait qu’on puisse régler cette question durant la législature actuelle, estime-t-elle. Mon avis est que les boîtes à bébé ne pourront pas être maintenues. » Mais tout le monde dans son parti ne partage pas son point de vue.

Anna ne connaît ni le nom de sa mère biologique, ni la raison pour laquelle elle l’avait abandonnée. Il est peu probable qu’elle puisse un jour rencontrer sa vraie maman pour lui poser des questions.

La Croix

Écrit par : La Croix | 04/07/2010

La version italienne des "boîtes à bébés" : des « berceaux pour la vie ».

La capitale italienne crée, à côté de 42 pharmacies ouvertes jour et nuit, des points où pourront être déposés les nouveau-nés abandonnés

Les « berceaux pour la vie » représentent la version ultramoderne des fameux tours pour les enfants trouvés, créés à l’initiative du pape Innocent III en 1198. On peut d’ailleurs encore voir un de ces « tours d’abandon », utilisés jusqu’au XIXe siècle, à l’hôpital Santo Spirito à Rome.

Aujourd’hui, la situation n’a plus rien à voir avec le Moyen Âge mais il n’en demeure pas moins qu’en 2009, trois mille nourrissons, selon la Caritas de Rome, ont été trouvés, vivants ou morts, en Italie.

Le tribunal pour mineurs de Rome communique le chiffre de 400 bébés abandonnés par an dans la capitale ou ses banlieues. Certains cas ont particulièrement bouleversé les consciences.

« Il y a quelque temps, les services municipaux de récolte des ordures ménagères ont retrouvé le corps d’un nouveau-né, complètement broyé », raconte, très affectée, la responsable des politiques sociales de la ville de Rome, Sveva Belviso. C’est à son initiative et à celle de la société Farmacop, qui regroupe les pharmacies communales, qu’est né le projet romain des « berceaux pour la vie ».

L'anonymat des mères est garanti
Le premier berceau sera mis en fonction dans quelques jours, à l’intérieur d’une petite pièce séparée par un mur de la pharmacie communale du quartier Colle Prenestino, caractérisé par une forte densité d’habitants pauvres.

Au cours des prochains mois, 41 autres pharmacies communales (toutes ouvertes 24 heures sur 24) seront également équipées de berceaux thermiques, pour un coût de 15 000 € le berceau.

Pour garantir l’anonymat aux mères qui y abandonneront leur enfant, la pièce jouxtant la pharmacie dispose d’une entrée indépendante. Dès que la porte est ouverte, un détecteur se met en marche, le berceau est lui aussi doté de détecteurs et un signal d’alarme se déclenche dans la pharmacie au bout d’une minute.

Le temps pour la mère de déposer l’enfant et de refermer la porte. Lorsqu’un bébé sera trouvé dans un berceau, le personnel en service devra immédiatement appeler le centre des ambulances spécialisées dans le transport des nouveau-nés.

Sauver le plus grand nombre possible de bébés
L’enfant sera conduit dans un hôpital où il recevra tous les soins et les attentions qui lui sont dus. « Notre objectif vise avant tout à sauver le plus grand nombre possible de bébés abandonnés par des mères en détresse qui veulent garder l’anonymat », explique Sveva Belviso.

Parmi elles, il y aurait beaucoup d’Italiennes avec faible niveau d’alphabétisation mais aussi des immigrées sans papiers.

« Nous travaillons dans deux directions : informer les femmes des possibilités d’aides financières et psychologiques à leur disposition, rappeler aux étrangères en situation irrégulière qu’elles peuvent bénéficier d’un permis de séjour temporaire si elles sont enceintes et leur fournir toutes les indications, grâce à des dépliants en plusieurs langues, pour pouvoir accoucher sous “x” en toute sécurité. »

Pour cela, il existe un service d’assistance itinérant baptisé Roxane qui permet de mettre en contact direct les femmes en difficulté avec des assistantes sociales. Des volontaires sillonnent ainsi régulièrement les quartiers les plus dégradés et les routes sur lesquelles les prostituées attendent leurs clients.

Des enfants qui seront adoptés
« Le plus grand défi consiste à démontrer à ces femmes, souvent jeunes, que ce service n’a qu’un seul but, leur venir en aide, insiste Sveva Belviso. On leur tend la main pour les convaincre de ne pas abandonner leur enfant, on leur rappelle aussi qu’elles ont un délai de 60 jours pour le reconnaître. »

Dès l’arrivée à l’hôpital d’un nouveau-né abandonné, un fonctionnaire chargé de l’état civil lui donne un prénom et un nom, puis avertit le tribunal pour mineurs qui sera chargé de choisir un couple parmi ceux qui ont présenté une demande d’adoption, pour lui confier l’enfant. Le feu vert à l’adoption définitive n’est donné par le tribunal qu’un an après lui avoir confié l’enfant.

Écrit par : La Croix | 15/10/2010

Un quatrième nouveau-né a été abandonné samedi 4/11/2012 vers 17H30 dans la "boîte à bébé" de l'association "Moeders voor Moeders" à Anvers, a rapporté vtm dans l'édition du soir de son journal télévisé. L'information a également été confirmée par l'administration communale anversoise. Une enquête de police a été ouverte.

Le nouveau-né, un petit garçon, semble en bonne santé. Il sera transféré au Centre de soins à l'enfant et de soutien à la famille, a indiqué le CPAS d'Anvers.

Il s'agit du quatrième bébé abandonné auprès de l'association depuis l'installation de la boîte à bébé en 2000. En juillet dernier, un autre petit garçon avait été abandonné.

Les parents de l'enfant disposent en théorie de 6 mois pour se faire connaître avant que ne débute une éventuelle procédure d'adoption.

Écrit par : Bart | 04/11/2012