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30/08/2009

Trois articles en anglais sur le business mondial florissant de l'adoption internationale

Fabriquee en Coree.jpg






Ecrits par des adoptés coréens, publiés dans le magazine Conducive de août/septembre 2009.



1. Transnational Adoption and the “Financialization of Everything”


L'adoption internationale est souvent considérée comme une relation mutuellement bénéfique entre les enfants ayant besoin d'un foyer et les adultes financièrement stables qui veulent élever un enfant. Mais c'est aussi une entreprise qui rapporte beaucoup d'argent. En accord avec le néolibéralisme, ou le vide des services gouvernementaux, de nombreux enfants adoptés sont nés de mères célibataires qui se voient proposer peu ou pas de ressources pour s'occuper de leurs enfants. Les agences d'adoption internationale ont comblé cette lacune en offrant des logements, et en faisant des profits dans le processus. La transformation de l'adoption en un business mondial crée une incitation supplémentaire à ne pas aider les mères, qui pourraient recourir à l'adoption en désespoir de cause, non par le désir. Les adoptés activistes travaillent à faire comprendre ce problème. En s'intéressant particulièrement à la Corée du Sud, l'auteur et co-fondateur de Truth and Reconciliation for the Adoption Community of Korea (TRACK), Jane Jeong Trenka soutient le processus devrait être réaménagé de manière à remettre l'argent et les décisions fatidiques là où ils devraient: avec les mères et leurs enfants. TRACK travaille actuellement avec le gouvernement coréen pour que les voix des parents biologiques et des adoptés coréens soient entendus dans les révisions des lois d'adoption de la Corée du Sud.



2. EDITORIAL Trading in Babies

 

L'adoption transnationale est une entreprise mondiale florissante. Son succès et le manque de réglementation ont créé un mobile lucratif pour le trafic d'enfants. Écrivaine, activiste et cinéaste, So Yung Kim recommande de réorganiser l'industrie de l'adoption transnationale afin de protéger les droits des enfants. Les adoptés nationaux et internationaux se réunissent déjà pour discuter des options et pour s'associer sur les questions politiques. Kim propose également plus de coalitions entre les groupes des adoptés et d'autres groupes d'action luttant pour les droits fondamentaux de tous les peuples.



3. EDITORIAL International Adoption and the Fight for Human Rights



L'adoption internationale est devenue tranquillement un business lucratif. Alors que les agences d'adoption internationale voudraient sans doute la maintenir telle quelle, les adoptés adultes internationaux posent aujourd'hui des questions. Ils participent au débat sur à qui la pratique sert en fait de meilleurs intérêts, ou à qui elle devrait servir: l'adoptant ou l'adopté? Jetant un coup d'œil critique à la pratique de l'adoption internationale, président de United Adoptees International http://uai-news.blogspot.com/, Hilbrand Westra explore les chevauchements inquiétants des pratiques du marché libre et des justifications religieuses, et énonce des solutions pour une réforme juridique pratique. Westra montre la puissance d'un groupe naissant de voix des adoptés qui façonne ce qui était autrefois considéré comme une inégalité inévitable.



Publié par Kim Myung-Sook sur Fabriquée en Corée.

20/08/2009

"En Occident, le désir d'enfants et les intérêts économiques l'emportent lourdement sur l'intérêt de l'enfant."

Ina Hut quitte Enfant du Monde.jpgIna HUT, directrice de Wereldkinderen, la plus importante agence pour l'adoption internationale aux Pays-Bas.

 

Source : Trouw. 19 août 2009.

 

 

L'argent joue un rôle trop important dans l'adoption internationale.


Ina Hut, la directrice d'Enfants du Monde la plus grande agence d'adoption aux Pays-Bas, dit qu'elle est lasse de la bataille et très désillusionnée par tous les méfaits qu'elle a trouvé par hasard au cours des dernières années sur la façon dont les choses sont gérées dans le monde de l'adoption internationale des enfants.

Source : Money plays too big a role in adoption.
Ina Hut says she is battle-weary and very disillusioned by all the wrongs she has come across over the past years.
Radio Netherlands / Expatica. 6 septembre 2009.

19/08/2009

Pays-Bas. La directrice de l'organisme d'adoption "Wereldkinderen" démissionne après des intimidations.

Ina Hut.jpgLa directrice de la plus importante agence d'adoption aux Pays-Bas démissionne après des pressions du gouvernement néerlandais de se tenir à l'écart des scandales de l'adoption en Chine.

 

[Via United Adoptees International - News]


Ina Hut, la directrice d'Enfants du Monde, dit que l'Autorité Centrale des Pays Bas l'a forcée à renoncer à toute enquête concernant les scandales de l'adoption en Chine car cela pourrait endommager les relations avec les Pays-Bas.

 

En raison de la relation difficile entre Mme Hut et le gouvernement hollandais, pour garder une vue d'ensemble transparente du processus d'adoption, dans une interview à la télévision, elle a déclaré qu'elle ne pouvait plus continuer son travail avec une conscience claire, et particulièrement concernant les adoptions chinoises.

 

... ...



The final push for Hut to resign was 'Black Thursday', 11 of June this year. The day, when it became clear, that the parliament choose for the interest of would be-parents and the homo-lobby in the Netherlands. After the intimidation of Hut by employees of Ministry of Justice last year to stop 'nosing around' regarding the Chinese adoptions and Black Thursday, Hut's patience was over and she decided to step down and resigned.


With Huts resignation, The Netherlands, and the international adoption community, will loose an important 'whistleblower', says dr. Pien Bos from University Nijmegen this morning in Trouw. Not everybody is regretting that Hut leaves Wereldkinderen. Adoptive parents already responded this morning, to be happy, to see Hut go. Some responded harsh and said that her resign is a relief for would be- and adoptive parents and that Hut was bad for the adoption world.


United Adoptees International finds Huts resignation more as pity, while "Wereldkinderen", under management of Hut, changed views from a pure adoption agency (deliverer) to an organisation with heart and mind for adoptees and children. But this stance and view was not welcomed by many organisation and adoption agencies in the Netherlands and abroad. With Hut's statement and resignation, Ina Hut is the first director of an adoption agency in the world, who resigned due the opposition of would be-parents, the homo-lobby and the pressure of governmental bodies to keep the truth behind.


That Ms. Hut decided, more or less was forced, to go, is a very bad signal about the present adoption culture in the Netherlands and abroad. American tactics in all levels of the adoption world has been penetrated in the Netherlands and this is not only worrying but should raise a red flag. It is clear, with Huts resignation, that it is not longer about the interest of children but about the power of the right to get a child. The days of helping children with a clear consciousness is over. Adoption became an industry and no one is willing to fight this practice says Joan Hansink, spokeswoman of United Adoptees International.



Adoption boss says ministry puts trade before children

The head of the Netherlands' largest adoption agency has announced her resignation in response to what she describes as intimidation by the Justice Ministry.


Speaking in Tuesday's edition of the current affairs television programme Netwerk, adoption agency director Ina Hut said the Justice Ministry had threatened to withdraw the agency's licence if it continued its investigations into allegedly corrupt adoption practices in China.

Homes for orphans
Wereldkinderen works to provide homes for orphans from Africa, Asia and Latin America. In Tuesday's Netwerk, Ms Hut said that when she joined the agency in 2003 she was under the impression that adoptions were carried out in the interests of children. However, she was shocked at what she discovered. Her concerns at the practices in international adoption were enough for her to stop an adoption procedure of her own.

In 2005 a series of adoption scandals began to emerge in the Netherlands. The demand in Western countries was reported to be fuelling a trade in adoption children in countries like India, Colombia and Romania. There were claims that children were being kidnapped and sold for adoption. When Ina Huts heard that money had also been changing hands for adoption children in Hunan, China, she called on the Justice ministry to investigate the matter.

Corrupt practices
The Justice Ministry contacted the Chinese government and was given assurances that none of the children involved in the scandal had been adopted in the Netherlands, and all were genuine orphans. Those responsible for the corrupt practices had been prosecuted and measures had been put in place to prevent such things happening in future.

However, in 2008 Netwerk again featured a report claiming that local authorities in China were taking children away from their parents to sell them on for adoption.  A Chinese orphanage director confirmed that children were sold to the orphanage willing to pay the highest price.

Ministerial pressure
In response, Wereldkinderen proposed to carry out its own undercover investigation in China. But Ina Huts says she was approached by Justice Ministry officials who pressurised her to put a stop to the inquiry in the interests of relations with the country. Wereldkinderen falls under Justice Ministry supervision, and the officials allegedly threatened to withdraw the agency's licence if it refused to comply.

Ms Huts says she concludes that the Justice Ministry consistently puts trade considerations before the interests of children. In a statement she says, "Particularly in recent years I observed that [...] both in the Netherlands and at international level, economic and diplomatic considerations often prevail above the interests of children."

The Justice Ministry denies that any pressure was put on Ms Huts. The ministry says its objections to Wereldkinderen's investigations were that they were to be carried out under cover. It says this is unacceptable given the agency has an official relationship with the ministry.

"It could have unintentional consequences for cooperation with China," runs the ministry statement, "in the first place in the field of adoption, but also concerning other relations."

Radio Netherlands Worldwide


Repères


- Bébés de la Chine vendus pour l'adoption
Des dizaines de bébés-filles dans le sud de la Chine auraient été enlevés de leurs parents qui avaient enfreint les lois de la [...] Un orphelinat au sud-ouest de la Chine a été accusé de retirer des enfants de leurs [...]
Lire la suite

- Au moins un enfant chinois volé adopté réside...
qu'un cas d'adoption illégale est jusqu'à présent avéré et que des enquêtes sont en cours tant en Belgique qu'en Chine. Le numéro de téléphone du service adoption de la Communauté française est accessible pour les parents qui souhaitent [...]
Lire la suite


- Chine: L'industrie de l'abandon des nourrissons
qui décrit la façon dont le programme d'adoption internationale est détourné par les autorités locales qui arrachent à leurs parents des nouveaux-nés à la [...] Research-China.Org translated an article, Manufacturing abandon infants, [...]
Lire la suite


- Adoptions en Chine. Les autorités enlèveraient...
ChristenUnie veut un débat urgent avec le ministre Hirsch Ballin de la Justice au sujet de cette affaire et estime que les adoptions venant de la Chine [...] Les organisations d'adoptions aux Pays-Bas sont préoccupées depuis plusieurs années [...]
Lire la suite

 

13/08/2009

Adoption Népal. Appel à témoignage de parents adoptifs.

Forum Espace Adoption.jpg[Via le forum d'Espace Adoption.]

 

 

A travers une étude, conduite en 2008, nous nous sommes rendus compte que de nombreux enfants népalais sont adoptés avec de faux papiers et/ou sans le consentement de leurs familles biologiques. Afin de sensibiliser les pays d'accueil, Terre des hommes - aide à l'enfance lance le tournage d'un documentaire pour dénoncer ces pratiques contraires au respect de l'enfant et à ses droits fondamentaux. Les parents adoptifs sont le plus souvent trompés par des responsables d'institutions sur la véritable situation de l'enfant qui, parfois, raconte par lui-même qu'il a une famille biologique dans son pays. Le tournage est presque finalisé au Népal. Il mêle enquêtes, preuves et témoignages de parents népalais dont l'enfant a "disparu".


Terre des hommes lance aujourd'hui un appel pour récolter des témoignages - mêmes anonymes - de parents français, suisses ou d'ailleurs..., ayant adopté leur enfant au Népal dans des circonstances incertaines.

 

Merci de prendre contact avec Marlène Hofstetter, responsable secteur adoption.
Tél. 058 611 06 05, email: mho@tdh.ch

 

 

Corruption in Nepal Child Adoption Business.
abc – an opinionated & politicaly incorect blog from nepal. 13/08/2009.


12/08/2009

Dossier Europe. Défis dans les procédures d'adoption en Europe : garantir et préserver l'intérêt supérieur de l'enfant.

UAI-NL.jpgLa Conseil Européen a probablement essayé d'éviter les questions critiques des organisations d'adoptés pendant qu'il faisait parvenir la lettre ci-dessous - seulement - aux ministères et aux organisations de parents adoptifs & adoptants.

Cette lettre a été interceptée la semaine dernière, alors que la période d'inscription officielle était déjà terminée.

United Adoptees International vous fait partager cette information.

 


Madame, Monsieur,

Le Conseil de l'Europe et la Commission européenne organise conjointement une conférence sur: "Les défis dans les procédures d'adoption en Europe: garantir et préserver l'intérêt supérieur de l'enfant », qui aura lieu du Lundi 30 Novembre (09.30) au Mardi 1er Décembre 2009 (18.00) au siège du Conseil de l'Europe, à Strasbourg (Palais de l'Europe, Salle 5).

 

Le premier jour de la Conférence sera consacrée à l'adoption nationale et le deuxième jour de l'adoption transnationale. Plus précisément, les thèmes suivants seront abordés:

- La Convention européenne sur l'adoption des enfants et l'intérêt supérieur de l'enfant
- Les adultes dans le processus de l'adoption
- Le rôle et la responsabilité des autorités
- L'accès aux origines: comment trouver un équilibre entre les différentes parties concernées ?
- De l'adoption nationale à l'adoption transnationale: la Convention de La Haye sur l'adoption de 1993
- Le droit à une famille: l'adoption transnationale est-elle la solution du dernier recours ?
- Pour une politique européenne de l'adoption?

 

Cette conférence est ouverte à l'Union Européenne, aux Etats membres de Conseil de l'Europe ainsi qu'aux praticiens du droit et les institutions ou des associations concernées par l'adoption des enfants. Les participants devraient idéalement être des experts en droit de la famille, et en particulier dans l'adoption d'enfants.

 

Par conséquent, nous vous saurions reconnaissants de transmettre la présente lettre d'invitation
aux autorités compétentes de votre pays afin que des représentants puissent être désignés pour participer à cette conférence.

 

Nous vous prions d'envoyer les coordonnées de chaque représentant au Secrétariat du Conseil de l'Europe par courrier électronique (cdcj@coe.int), avec une copie à la Commission européenne à Patrizia.DE-LUCA@EC.EUROPA.EU) si possible avant le 10 août 2009, afin de faciliter l'organisation pratique du séjour et du logement.


La traduction simultanée sera assurée en plusieurs langues officielles de l'Union Européenne.

 

Cet événement - qui s'inscrit dans le travail effectué par le Comité européen de la Coopération Légale (CDCJ) et le Comité d'experts en Droit de la Famille (CJ-FA) - offrira une excellente occasion  pour une nouvelle collaboration entre le Conseil de l'Europe et la Commission européenne dans le domaine de la famille.


Veuillez agréer, Monsieur (formule de politesse)

 

Secrétariat de la Division Droits publics et privés
Direction générale des droits de l'homme et des affaires juridiques
Conseil de l'Europe

 

Source : United Adoptees International - News.

08/08/2009

Enfants placés, des « produits » bons pour l’adoption ?

Prenons la parole Francoise Boisseau.jpg

 

Voici l’essentiel d’un article d’Anne-Marie Illera, paru en mai 2009 dans le numéro 285 de Journal du Droit des Jeunes - la revue d'action juridique & sociale, intitulé « Adoption : vers où allons-nous ? ». Ce texte était joint au dossier de presse remis aux journalistes présents le 3 juin 2009 à l’écoute de Catherine Gadot, de Jean-Pierre Rosenczveig et de Pierre Verdier. Madame Illera  est une psychologue clinicienne branchée sur l’intérêt vrai des enfants, celui des enfants « placés » notamment.


Avant cette note, 2 billets sur ce blog à propos de la conférence de presse du 3 juin 2009. L’un du 11 juin intitulé  « Enfants placés à adopter ? Un scandale ! » introduisant à ce qui a été dit ce 3 juin sur le thème : 29 000 familles en attente, 29 000 enfants en magasin, suite au Projet de Loi relatif à l’adoption déposé au Sénat le 2 avril 2009. L’autre du  24 juillet 2009  « Enfants « placés » à saisir ! » avec le résumé et l’intervention en vidéo de Catherine Gadot à ce sujet.

 

Anne-Marie Illera est claire : « Et voilà que revient, encore une fois, le projet de « faire adopter » les enfants de l’ASE  (…) Sait-on encore que l’adoption c’est trouver une famille pour un enfant qui n’en a pas ? Et non l’inverse ! ».

 

Tout est là.

 

Pour des raisons diverses, il faut trouver des enfants à adopter pour satisfaire - non pas les enfants de l’ASE (Aide sociale à l'enfance) - mais des familles en mal d’enfants.

 

Il y a d’emblée un hic, et de taille ! Car si des adultes demandent à adopter, il est très rare que les enfants, eux, souhaitent être adoptés. C’est même carrément exceptionnel !

 

Ce n’est pas moi qui invente cela mais Cécile Delannoy qui l’écrit, une personne dont l’avis compte pour l’avocat Pierre Verdier qui n’est pas un imbécile.

Madame Illera poursuit : « La ministre nous dit qu’ils « ont besoin d’amour et de stabilité pour bien grandir. »

« Un enfant quoi qu’on en pense » poursuit plus loin Anne-Marie « est inscrit dans sa filiation de naissance et attaché à ses parents, sauf dans de rares exceptions…même lorsqu’il y a maltraitance. »

La maltraitance, ça va ça vient. Il fut une époque où, en cas d’alcoolisme d’un parent, on arrachait systématiquement les enfants à leur famille même sans maltraitance. Et Dieu sait si les personnes touchées par l’acool sont des parents affectueux, attachés à leurs enfants !


La ministre déclare encore joliment quant à ces adoptions curieusement organisées : « Ce sera au cas par cas, il n’y a pas d’objectifs chiffrés ».

A quoi Anne-Marie Illera rétorque : « Je ne sais pas vous, mais moi, j’ai du mal à le croire ça dans le contexte actuel où tout n’est plus que chiffres et performances. Bien sûr que si ! Demain il faudra satisfaire les candidats à l’adoption (qui sont aussi des électeurs) et il faudra « faire du chiffre », avec l’adoption des enfants délaissés comme avec le reste … »

Madame Illera pose ensuite la question : « Pourquoi faire une loi par-dessus celle qui existe déjà ? »

Facile.

Alors qu’aujourd’hui on peut déjà, après un an de délaissement, prononcer officiellemnt un abandon pour rendre un enfant adoptable, il sera possible avec cette loi miracle – si on ne réagit pas – de faciliter le circuit abandon-adoption, sans penser un instant à l’intérêt vrai de ces enfants.

Et Anne-Marie poursuit : «Puis, nous pourrons passer à six mois car le temps presse : le séjour en famille d’accueil sera enfin déclaré néfaste pour les enfants. Cela permettra, de surcroît, de réelles économies pour le budget de l’ASE.
Comme cela, discrètement, rapidement, en toute légalité, et presque sans faire exprès, « la machine » ASE pourrait enfin rendre « ses » enfants adoptables.
Le rapport Colombani, à l’origine de cette réforme, ne serait-il pas le reflet du positionnement de certains « gens de terrain » ? (…)
Le risque de dérive est grand car nous voyons bien qu’il sera plus facile de « laisser couler » une situation que de se battre jour après jour, semaine après semaine, souvent sans reconnaissance, pour que des parents en difficulté relèvent la tête et reprennent une vie plus ou moins « ordinaire » avec leurs enfants. Ceci, pour que leurs enfants reviennent à leur côté, sous le toit familial ou qu’ils soient, juste à côté d’eux, le temps qu’il faudra à chacun, chez une assistante familiale bienveillante et bien accompagnée.
Pouvons-nous encore leur laisser le temps de la différence, le droit à la différence ? »


En principe, un enfant devrait être placé de manière très provisoire et non durable. Certainement pas jusqu’à 18 ans, comme c’est très souvent le cas. Force est de constater qu’en général la bienveillance qui devrait être la règle vis-à-vis des enfants placés et de leurs familles « cabossés » par la vie se situe aux abonnés absents.

Tout est axé sur la mise à l’écart quasi systématique des familles, une surveillance malveillante des rencontres entre parents et enfants quand elles sont autorisées façon peau de chagrin, rencontres « maquillées » sous le nom de visites médiatisées. En fait de médiation il y a erreur sur le terme.


Je cherche dans le ciel, sur terre et sur la mer comment l’adoption forcée du côté des enfants, telle qu’envisagée par le projet Colombani-Morano, comblerait  le « besoin d’amour et de stabilité pour bien grandir » de ces jeunes.

 

De qui se moque-t-on ?

 

On a déjà bien secoué ces enfants avec des placements impensables et brutaux. On a continué en les isolant au maximum de leurs parents et de leur environnement habituel. Et on s’imagine qu’ils ne seront pas conscients qu’on les utilise comme des machines à faire plaisir au profit de familles autres que la leur ?

 

Ces enfants-là sont des êtres humains. Ils observent, réfléchissent, pensent, jugent.

 

D’ailleurs Anne-Marie Illera continue ainsi : « Et la personne dans tout cela ? Qu’en est-il de l’écoute et du respect du positionnement psychique de l’individu ? Qui va aller regarder où en est le parent qui « délaisse » ? Délaisse-t-il « vraiment » où est-il rongé par ses propres problèmes au point de ne pouvoir exercer, d’une manière que nous estimerions appropriée, son rôle de parent ? Qu’en est-il de ces enfants « délaissés » que l’on conduira vers une décision d’abandon et qui ne seront pas psychiquement dans une position d’enfants abandonnés ? (…)

Il faut absolument comprendre qu’une déclaration d’abandon n’a rien à voir avec une adoption. Ce systématisme : délaissement => déclaration d’abandon => adoption, est dangereux. »


Je le répète : ces enfants marchandises ne sont pas des enfants orphelins.

Et il est fort dommage pour les enfants de l’Aide sociale à l'enfance ASE que l’on va destiner  à l’adoption si rien n’est fait que monsieur Colombani n’ait pas vécu de près un placement d’enfant au sein de sa propre famille. Confronté au réel, sur le tas du concret, il eut raisonné – fort probablement – très différemment !


Ce qui me fait frémir, les jeunes, c’est qu’on ne sait pas qui peut se trouver demain dans ces « cabossés » de la vie ? Au sein de ceux-là pour qui une demande d’aide faite à l’ASE peut se métamorphoser en « placement » non justifié d’un ou plusieurs enfants.

 

Source : Blog de Françoise Boisseau. Prenons la parole.


Repères

- A propos du projet de loi relatif à l'adoption.
La lettre et l’esprit. Par Pierre VERDIER.
Dès qu’il arrive au pouvoir, chaque nouveau gouvernement annonce qu’il veut améliorer l’adoption. On ne compte plus les réformes depuis la loi fondatrice de 1066. Chaque fois pour « assouplir », « faire sauter les verrous ». Après Jean-Pierre Raffarin qui avait promis il y a peu de doubler le nombre d’adoptions, après la récente réforme de 2005, le présent gouvernement ne déroge pas à la règle. Nadine MORANO vient de présenter, au nom de Brice HORTEFEUX son Ministre de tutelle, un nouveau projet de loi relatif à l’adoption.
Mais rarement un projet de loi aura manqué à ce point d’ambition.
Cinq maigres articles, de portée plus que limitée, face aux enjeux. Qu’on en juge ...

- Vers où allons-nous ?
Anne Marie ILLERA, psychologue clinicienne.
Aujourd’hui, adopter un enfant en France est de plus en plus difficile. Nous devrions nous en réjouir ; il y a de moins en moins d’enfants à adopter à l’étranger, de moins en moins d’enfants abandonnés sur le territoire français mais, et c’est une réalité bien difficile pour ceux qui la vivent, le nombre de couples en attente d’adoption ne cesse de croire.
Les facteurs qui engendrent ces phénomènes sont multiples mais ne seront pas développés ici.
Mon propos est de tenter de poser un regard critique sur le projet de loi dans ce qu’il pourrait représenter de précipitations, de surplus de souffrance pour les parents et les enfants.
Et voilà que revient, encore une fois, le projet de « faire adopter » les enfants de l’ASE.
Je parle volontairement de manière abrupte et directe car c’est de cela que çà parle et c’est cela que çà risque de faire : des prises de décisions abruptes et directes pour le bien supposé de certains (les parents adoptifs et les enfants « délaissés ») au détriment confirmé de certains autres (les parents de naissance « défaillants »).
Source: Défense des Enfants International - France.


- Réforme de l'adoption en France. Des faux espoirs ...
Ces services sociaux négligeraient fréquemment d’engager la procédure d’adoption et son préalable la déclaration judiciaire d’abandon. [...] les procédures de délaissement et favoriser l'adoption aille à l'encontre des besoins des familles et [...]
Lire la suite

- En France, la polémique enfle sur l'adoption ...
qui modifient l'article 350 du Code civil, relatif à la déclaration d'abandon à la suite d'un délaissement manifeste des parents naturels. [...] Le délaissement parental sera apprécié sur de nouveaux critères.La secrétaire d’État à la famille [...]
Lire la suite

- L’adoption encore et encore.
Je cite Mme Morano (La Croix du 27 juillet 2008) : “Nous ne devons plus laisser filer les situations de délaissement parental. [...] on a dénombre seulement 219 demandes de déclarations judiciaires d’abandon, soit moins d’1% d’enfants adoptables.
Lire la suite

- Souffrances dans l'adoption
C’est que la rumeur enfle : il y aurait de plus en plus d’échecs d’adoption. [...] que l’adoption puisse tout résoudre par [...] et préféreront parfois même détruire le lien qui leur est proposé, de crainte de connaître à nouveau le délaissement.
Lire la suite

 

06/08/2009

L'adoption transnationale et la "financiarisation de tout". Jane Jeong Trenka.

Jane J Trenka.jpgTransnational Adoption and the “Financialization of Everything”

[Via United Adoptees International.]



Par Jane Jeong Trenka (Auteure de "Le Langage du Sang" et "Visions Fugitives".)

 

L'adoption internationale est souvent considérée comme une relation mutuellement bénéfique entre des enfants ayant besoin d'un foyer financièrement stable et des adultes qui veulent élever un enfant. Mais c'est aussi une grande affaire d'argent.


Conformément au néolibéralisme, ou le manquement, le vide des services gouvernementaux, de nombreux enfants adoptés sont nés de mères célibataires qui n'avaient peu ou pas de moyens, de ressources pour s'occuper de leurs enfants. Les agences d'adoption internationale ont renforcé cette lacune en proposant des foyers, et en faisant du profit dans ce processus.


La transformation de l'adoption en une entreprise globale, mondiale crée une incitation supplémentaire à ne pas aider les mères, qui  se tournent vers l'adoption,  en désespoir de cause mais non par désir.
Des militants adoptés travaillent à faire la lumière sur cette question.

En mettant particulièrement l'accent sur la Corée du Sud, l'auteure et co-fondatrice du mouvement TRACK "Truth and Reconciliation for the Adoption Community of Korea" (Vérité et Réconciliation pour la Communauté d'Adoption de la Corée) Jane Jeong Trenka soutient que le processus devrait être repensé pour remettre l'argent et les décisions fatidiques là où elles appartiennent c.à.d. : les mères et leurs enfants.

 

TRACK travaille maintenant avec le gouvernement coréen pour obtenir que les voix des parents de naissance et celles des coréens adoptés  soient entendues lors de la révision de la loi sur l'adoption en Corée du Sud.

 

Au cours de la présentation d'un document appelé "L'adoption domestique (intérieure) et d'outre-mer(étrangère) et le bien-être des mères célibataires"  dans le complexe du Parlement de la Corée du Sud à Séoul le 4 mars 2009, le Dr Mi-Jeong Lee, de l'Institut de Développement coréen de la Femme a fait remarquer qu'après la Guerre coréenne, la Corée du Sud capitaliste  a envoyé des enfants à l'étranger de façon permanente aux parents adoptifs, alors que la Corée du Nord socialiste, avait une philosophie différente dans le traitement de la crise. Au lieu d'envoyer des enfants à des fins d'adoption, elle a envoyé les enfants dans d'autres pays avec des nourrices nord Coréennes, et les enfants ont été ramenés plus tard. Le Dr Lee a déclaré que, compte tenu de cela, lorsque le Nord a critiqué le Sud pour "exporter" des enfants pour l'adoption, le Sud "n'a rien pu réfuter contre la Corée du Nord."


Le texte complet (en anglais) sur CONDUCIVE.

 

* * *

 

Pays-Bas & Corée. Parler de l'adoption est mauvais pour les relations diplomatiques.


La cinquième rencontre internationale des adoptés corréens a lieu cette année aux Pays-Bas. Amsterdam, la capitale des Pays-Bas accueille cette manifestation internationale. IKAA, l'organisation de toutes les associations des adoptés coréens dans le monde, présente  le thème : la vie et de travail en Corée.

En lire plus sur United Adoptees International News.

 


02/08/2009

Regretter d’avoir adopté. aspasia411

Aspasia open salon.jpgThe regrets of adoption.


Other parent/writers confess to the joy their disabled children have brought them.  Can I confess to regrets?  I adopted my son when he was eight from the foster care system.  He was sweet, charming, and bright -- with a social background that I know now should have scared the heck out of me.  I went through training.  I knew there were no guarantees.  I knew kids who had been abused/neglected/abandoned were bound to have emotional problems.  I was committed to love him.  I had committed my professional life to social justice/making a difference.  I could make a difference for one small child and know the joy of parenting, expanding our family from the small single parent household-with-bio-son that I currently had.  Besides, everybody who knew me said I was a great mom.  My son would have a brother.



Twelve years later, I can tell you with clarity that I would not do it all over again.  By the time this son was 13, I had long experience with emergency rooms, police calls, psychiatric units.  I kept looking for the right psychiatrist or therapist who would make the right diagnosis and have the right therapy or the right medicine.  He was fetal alcohol, reactive attachment disordered, depressed, oppositional defiant, ADHD... I am sure we could have kept accumulating diagnoses, none of which helped manage behavior.  He lied,  he stole, he was sexually inappropriate, he destroyed our house, he let the dog out to run the neighborhood, he broke into neighbors' houses, he went joy riding, he was expelled.  He was funny, he told good stories, he could cuddle, he was an athlete, he made friends instantly.  One psychiatrist told me he was a sociopath in progress.  At one residential treatment center, he flung his own shit around the room, and refused to bathe for months.   I lost at least one job because I couldn't manage the stress of the constant phone calls, emergencies, etc.  Co-workers are only sympathetic so long.  People said "I don't know how you do it," and I didn't know if that was admiringly or despairingly.



He is twenty now.  He has been a gang member.  He has worked a total of about 2 months in the past 2 years, when I have tried to encourage that he get a job.  He just can't keep a job.   He deals.  He lies.  He has been back home, to get back on his feet.  He doesn't get back on his feet.  He plays video games all day.  I kick him out again, because he isn't keeping up the bargain...  get a job, or volunteer, or help with chores.  He has had years of therapy.  He has had years of support.  He has had years of tough love.



He feels entitled.  He will be one of those guys who lives off girls.  He will not hold a job.  He will circle between social service agencies and jail.  He will become the kind of person I have spent a lifetime as a social activist railing against:  a leech on the system, on someone else, a petty criminal, a non-contributor to the larger good. He will have children he cannot support.  I thought we could create policies, programs, and just plain love enough to make a difference.  I cannot know, maybe he cannot know, if his brain is just too damaged, if he is truly incompetent, or he cannot muster the will to live a succesful life when the culture provides so many alternative pathways.  I know I lost years of my life, and my bio son --with my encouragement -- has sought his own opportunities far away, as he, too, figures out what is healthy and what is the detritus of a life with a brother that was always generating chaos.



Source: Aspasia's Blog | aspasia411 | JULY 25, 2009.


La mère blogue. Silvia Galipeau.


On ne sait jamais ce que la vie nous réserve. Certaines femmes optent pour la banque de sperme, avec les risques que l’on sait. D’autres vont du côté de l’adoption. Et le regrettent….



Dur témoignage, sur ce blogue du webzine Salon [Aspasia's Blog], d’une femme qui confesse ses «regrets»: elle a adopté un petit ange de huit ans, de l’équivalent de la DPJ locale. Sage, souriant, brillant, même. Mais son historique familial aurait dû lui mettre la puce à l’oreille, disons. «Je savais que les enfants qui ont été abusés, négligés, abandonnés risquent d’avoir des problèmes émotifs», dit-elle. Et comment …



Fiston devenu grand, il est devenu violent, voleur, menteur. Abonné des ailes psychiatriques, il était tantôt agressif, limite déviant, tantôt doux, gentil, athlétique. Un psy l’a diagnostiqué sociopathe. À vingt ans, il s’est retrouvé dans une gang de rue.



«Douze ans plus tard, je peux vous dire en toute connaissance de cause, que si c’était à refaire, je ne le referais pas.»



Ouch.



J’ai déjà rencontré une famille adoptive du genre, aux prises avec deux enfants souffrant de troubles de l’attachement. Comme le fiston en question. Le pédiatre Jean-François Chicoine m’avait fait un commentaire très cru, d’une grande dureté, mais finalement très vrai:

«Les gens (qui adoptent) ont toujours l’impression que l’amour va tout changer. Mais il y a des enfants qui vont mieux évoluer hors d’une famille. Ces enfants ont trop souffert, ils ont été trop longtemps en institution pour profiter des liens d’une famille.»



Source : Cyberpresse.ca | 28 Juillet 2009.

14:35 Écrit par collectif a & a dans Témoignage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : échecs dans l'adoption | |  del.icio.us