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23/11/2009

Une génération se bat pour réformer les lois sur l'adoption.

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[Via Fabriquée en Corée, traduit en français par Kim Myung-Sook]



Six adoptés coréens ont déposé un recours devant la Commission des droits civils et anti-corruption l'an dernier pour demander une enquête sur des irrégularités dans leurs documents d'adoption et des procédures illégales possibles à leurs agences d'adoption locales.



Maintenant, ils sont impliqués à part entière dans un combat pour réformer les lois et les procédures d'adoption, et ils reçoivent l'aide de quelques poids lourds.



Les droits des adoptés et des groupes communautaires ainsi que les mères célibataires, le cabinet d'avocats d'intérêt public Gong-Gam et la représentative du Parti démocratique Choi Young-Hee, ont uni leurs forces avec les adoptés dans un effort pour convaincre les législateurs de réviser la Loi Spéciale relative à la promotion et la procédure de l'adoption.

L'Assemblée nationale a abordé la question et étudie les changements à travers une série d'audiences.

La dernière audience a eu lieu hier.

Si leurs efforts aboutissent, les groupes vont changer radicalement le paysage de l'adoption nationale et internationale en Corée, un pays qui, a déclaré le législateur Choi à l'audience d'hier, "a toujours un stigmate qui s'y rattache en tant que l'un des principaux exportateurs d'enfants".

Il se classerait également en tant qu'un des quelques cas au monde où les adoptés sont retournés dans leur pays d'origine et changé les pratiques d'adoption par la législation.



Faux documents



Quand ils ont commencé cette quête, les adoptés, venus de trois pays différents, ont déclaré que leurs dossiers d'adoption contenaient des informations contradictoires.

Dans un cas, une adoptée identifiée uniquement par ses initiales, SIA, a dit qu'une agence d'adoption a informé ses parents adoptifs au Danemark en 1977 qu'ils ne possédaient de documents sur ses parents biologiques. Mais quand SIA est venue en Corée en 1998 et a demandé des informations à leur sujet, l'agence possédait en fait des informations sur sa mère biologique. SIA a également constaté que l'adoption a été faite sans le consentement de sa mère.

Dans un autre cas, une adoptée, identifiée seulement comme PYJ, a déclaré que son agence d'adoption a créé une nouvelle identité pour elle quand elle a été envoyée en adoption à la Norvège en 1975.

Leur première tentative visant à approfondir la question a frappé un mur de briques quand la Commission des droits civils a rejeté l'appel, invoquant l'absence de procédures administratives appropriées en Corée au moment de leurs adoptions.



Ils se battent contre la loi



Les adoptés, cependant, ne se sont pas arrêté là. Au lieu de déposer une autre pétition ou demander pour la libération de leurs dossiers aux agences d'adoption, ils ont décidé d'essayer de réviser les lois relatives à l'adoption pour découvrir la vérité et améliorer le système.

Selon le ministère de la Santé et des Affaires sociales et familiales, 161 588 enfants coréens ont été envoyés à l'étranger pour l'adoption à partir de 1958 jusqu'en 2008. La Corée est le cinquième plus grand exportateur d'enfants après la Chine, le Guatemala, la Russie et l'Éthiopie en 2007, selon World Partners Adoption Inc.

"La plupart des adoptés coréens grandissent dans des pays étrangers et font face à la confusion sur leur identité. Même s'ils viennent en Corée afin de retrouver leurs racines, il y a peu de cas dans lesquels ils reçoivent des informations précises sur leur naissance ou réussissent à localiser leurs parents naturels. Pour améliorer la situation, nous avons décidé de tenir une audience sur la révision de la Loi Spéciale", a le législateur déclaré Choi.



Nécessité d'une réglementation plus stricte



Le projet de loi commence avec l'idée que l'adoption étrangère, et même nationale, n'est pas la meilleure option pour les enfants et que l'aide publique devrait être accordée aux mères pour les aider à élever leurs enfants, un concept qui suit les pratiques d'adoption internationale. Il incorpore également la notion selon laquelle les procédures d'adoption doivent être plus strictement réglementées pour éviter des abus possibles par les agences d'adoption.

"Le gouvernement veut pousser l'adoption nationale, mais tous les enfants ont déjà des mères", a déclaré Jane Jeong Trenka, présidente de Truth and Reconciliation for the Adoption Community of Korea et l'une des adoptés qui ont déposé l'appel à la Commission. "Les enfants peuvent rester avec leurs mères. Les mères célibataires devraient disposer de ressources pour élever leurs propres enfants. C'est encore une question de préjugés sociaux en Corée."

Trenka a ajouté qu'un certain nombre d'adoptés avaient des familles, mais ont été reclassés comme des orphelins avant qu'ils ne soient envoyés à l'étranger pour adoption. "Parce que leurs dossiers ont été manipulés, seulement 2,7 pour cent des enfants adoptés réusssisent à localiser leurs parents de naissance", dit-elle.

La majorité des enfants abandonnés pour adoption en Corée sont les enfants de mères célibataires. Sur les 2 556 adoptions en 2008, internationales et nationales, 2 170 étaient des enfants de mères célibataires. D'autres étaient de familles à faible revenu ou de foyers désunis.

L'un des plus grands obstacles qui empêchent ces femmes d'élever leurs enfants elles-mêmes est la stigmatisation sociale auxquels elles sont confrontées en tant que mères célibataires. Un autre est le manque de services sociaux à leur disposition si elles choisissent d'élever leurs enfants.

Trenka a été adoptée par un couple du Minnesota, aux États-Unis, en 1972 quand elle avait six mois. En 2007, Trenka et d'autres adoptés coréens ont fondé TRACK pour aider amener le gouvernement à reconnaître pleinement ses pratiques de l'adoption, passées et présentes.

Le révérend Kim Do-hyun, qui est le directeur de KoRoot, qui offre un hébergement pour les adoptés coréens de retour au pays, reprend ces réflexions.

"Derrière la Loi Spéciale, il y a l'idée que l'adoption doit être encouragée, dit Kim. "Mais l'adoption n'est pas quelque chose que nous devons promouvoir. Plutôt que d'encourager l'adoption, nous devons renforcer la famille d'origine pour éviter d'autres séparation entre les mères et leurs enfants."



Adoption en tant que business

Un des principaux changements proposés par le projet de loi rédigé par le cabinet d'avocats d'intérêt public Gong-Gam est qu'elle exigerait l'approbation du tribunal pour tous les types d'adoption - actuellement c'est exigé seulement pour les adoptions nationales - et augmenterait l'intervention du gouvernement dans les affaires traitées principalement par des agences privées d'adoption.

Les adoptés disent qu'il devrait avoir plus de participation du gouvernement dans les adoptions parce que comme plus d'adoptés adultes réunissent avec leurs parents biologiques et accèdent à leurs dossiers, des exemples de pratiques douteuses d'adoption internationale ont fait surface.

TRACK a documenté ces cas au moyen d'entrevues avec les adoptés et leur famille biologique. Ils ont constaté que dans certains cas, un hojeok (registre de famille) d'orphelin est produit pour l'enfant envoyé à l'adoption internationale, même si l'enfant a une famille. Les contradictions ont également été constatées entre les documents conservés par les parents adoptifs et ceux qui sont conservés par l'agence d'adoption. Dans un cas, l'enfant était sous-alimenté au moment de l'adoption, mais les documents envoyés aux parents adoptifs à l'étranger déclaraient que l'enfant était en bonne santé. Dans un autre cas, un enfant a été confié à l'adoption nationale, mais a été envoyé à l'étranger pour l'adoption internationale.

La coalition des adoptés croit que de telles irrégularités sont arrivées parce que les agences d'adoption manipulent les dossiers pour pousser l'adoption internationale qui est très rentable.

Selon le ministère de la Santé, les quatre agences d'adoption autorisées à faciliter les adoptions internationales chargent de 13 millions de won (17 211 dollars) à 20 millions de won pour chaque enfant envoyé à l'adoption internationale.



La pression sur les mamans



Une autre révision proposée donnerait aux femmes un minimum de 30 jours pour prendre une décision sur l'adoption, qui est la norme dans les pays occidentaux. Il n'y a pas de délai imparti pour cela en Corée du Sud.

Les observateurs disent que les femmes sont souvent forcées de signer un contrat sur l'adoption presque tout de suite après l'accouchement. Si les mères changent d'avis, les agences leur chargent tous les frais encourus, de l'accouchement aux refuges qu'elles opèrent. Ils disent que les agences d'adoption ont tendance à encourager l'adoption plutôt que de dire aux femmes qu'il existe d'autres options disponibles, comme élever leurs enfants elles-mêmes.

"Les agences d'adoption font pression pour que vous abandonniez l'enfant", a déclaré, à l'audience d'hier, Choi Hyang-Sook un membre du groupe Miss Mamma Mia, qui fait également partie de la coalition des adoptés.



L'accès aux dossiers

Troisièmement, les agences seraient tenues d'offrir aux adoptés toutes les informations sur leurs parents de naissance, à l'exception du nom et du numéro d'enregistrement si les parents de naissance ne veulent pas que leur identités soient révélée. Kim explique que les agences d'adoption sont souvent réticentes à partager des informations avec les adoptés qui recherchent leurs parents biologiques et vice-versa, car ils ont peur que les abus du passé deviennent de notoriété public.

"Les agences d'adoption fournissent aux adoptés adultes seulement des informations partielles, en citant la protection de la vie privée de leurs parents de naissance", dit Kim. "Les agences ont souvent falsifié des données pour s'adapter aux goûts des parents adoptifs ou pour respecter les lois du pays auquel elles envoient enfant. Il y a des cas où les adoptés ont été classés comme orphelins quand ils ne l'étaient pas. Plus ils révèlent d'information, plus leur réputation peut être endommagée."

Une agence d'adoption a contesté les accusations. "Il y a des dossiers que l'on peut ouvrir, mais il y a ceux que l'on ne peut pas", a déclaré Choi An-Yeo, responsable chez Holt Children Services Inc, la plus grande et la plus ancienne agence d'adoption en Corée.

Choi a dit les choses étaient différentes il y a quelques décennies. "Il était alors possible d'envoyer un enfant abandonné à l'étranger pour adoption. Si quelqu'un a amené un enfant et a menti qu'il était un tuteur légal, il n'y avait aucun moyen pour nous de le découvrir. Nous avons seulement suivi les lois et nous continuerons à le faire", a-t-elle ajouté.



Unifier les projets de lois sur l'adoption

La représentative du Parti démocratique Choi parraine la proposition, alors que le ministère de la Santé élabore actuellement son propre projet de loi. Ce n'est pas certain comment le projet de loi va être formé, mais Park Sook-ja, la directrice du Bureau de politique de l'enfance, de la jeunesse et de la famille au ministère de la santé, a dit qu'elle sympathisait généralement avec la coalition des adoptés. "Nous partageons les mêmes idées en général, mais nous avons besoin de prendre une étape à la fois", a dit Park.

Le ministère a déjà tenu deux audiences sur le projet de loi, cependant, Park a dit qu'il est trop tôt pour parler du projet de loi puisque la version définitive n'a pas encore été faite.

Choi a indiqué que les différences entre les deux projets de loi seront probablement aplanies avant qu'un projet de loi unifié soit présenté à l'Assemblée au début de l'année prochaine.



Basée sur les mensonges

Des dizaines d'adoptés, y compris Trenka, ont assisté à l'audience d'hier dans l'espoir que le projet de loi présenté par Choi puissent transformer les pratiques d'adoption ici.

Trenka a commenté: "L'adoption est peut-être un acte d'amour, mais toutes les adoptions sont censées séparer les enfants de leurs mères."
Trenka a commencé à écrire à ses parents biologiques régulièrement à 16 ans. Ses parents adoptifs n'aimaient pas qu'elle reste en contact avec ses parents biologiques, mais un jour elle a trouvé des lettres de sa mère biologique dans la boîte aux lettres de ses parents adoptifs. Sa mère biologique avait trouvé l'adresse de ses parents adoptifs et a continué à lui envoyer des lettres. Trenka dit qu'elle se souvient encore du temps où elle a été réunie avec sa mère biologique.

"Ma mère était très émotive. Je n'avais jamais vu un être aussi émotif", dit-elle. "Elle s'est assise sur le sol et s'est épanché."

Trenka a été réunie avec le reste de sa famille dans les années 1990.

"L'adoption est un gros mensonge. Son succès dépend de chacun qui croit en ce mensonge. Ils [mes parents adoptifs] ont voulu croire à ce mensonge, mais je ne pouvais pas faire ça." Lorsqu'on lui a demandé pourquoi elle se consacre à la création de la loi, elle a dit: "Pour ma mère. Ma mère est morte, mais si je n'essaie pas de changer les choses, ma souffrance n'a pas de sens."




Version originale publiée sur JongAngDaily, le 11 novembre 2009, par Limb Jae-un [jbiz91@joongang.co.kr]

Commentaires

Bonjour,
il est fait mention d'autres pays où des personnes adoptées auraient retour dans le but de modifier les lois, sauriez vous par hasard quel autre exemple de pays serait concerné ?
Merci pour vos éventuelles réponses.
Anaïs

Écrit par : anaïs | 15/04/2012