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01/12/2006

Une politique européenne de l’adoption ?

pour une politique europeenne de l adoption.jpgBruxelles. Parlement européen. 9 novembre 2006.
Un colloque organisé par l'Alliance des Libéraux et Démocrates d'Europe avec la participation de Janice Peyré, Présidente d'Enfance et Familles d’adoption.

Ouverture du colloque par Mme Claire Gibault et Mr Jean-Marie Cavada (Députés européens).


Tous deux concernés par l'adoption, ils ont été chargé de préparer un état des lieux de l'adoption en Europe. D'autant plus que certains parlent à ce propos "d'exportation et d'industrie de l'adoption". Si la natalité a diminué dans nos pays et par conséquent le nombre d'enfants adoptables, la corruption, le trafic, les critères religieux et culturels sont des raisons de refus et de frein à l' adoption internationale par certains Etats.



La réalité de l'adoption.


Lors de cette journée, on nous a rappelé que l'adoption internationale n'était pas « la solution» pour les enfants vivant seuls dans le monde. Elle s'adresse à des situations individuelles pour lesquelles aucune solution n'est envisageable dans le pays d'origine. Elle ne peut-être une obligation mais une option pour les Etats, elle doit rester l'exception, être précédée par d'autres alternatives (adoption nationale, famille d'accueil, de parrainage, élargie, ....), librement consentie et exempte de tous gains financiers. D'autre part il ne faut pas oublier que beaucoup d'enfants ne sont pas ou peu adoptables car porteurs de handicaps, de maladies, trop âgés ou issus de fratrie. On sait aussi que l'enfant abandonné et ensuite adopté a subit de nombreuses fractures affectives qui peuvent rendre son intégration dans une famille fort difficile si pas impossible parfois.



Au niveau du droit, il y a une absence de ligne directive dans l' Union Européenne concernant la situation du droit à une famille, la parenté n'étant pas définie de la même manière dans chaque pays et il n'y a pas d'études concernant les législations nationales.



Les pays européens et l'adoption internationale.


Les différentes interventions de l'après-midi ont bien démontré qu'avant d'élaborer une politique européenne commune de l'adoption, il fallait enquêter, analyser les lois de chaque pays mais aussi apprendre de chacun. La réponse à la détresse des enfants n'est pas la même partout et chacune mérite le respect. L'Union Européenne se doit de s'intéresser aux enfants en difficulté en aidant les pays dans leur politique sociale pour prévenir les abandons, rétablir les liens familiaux, .... Et dans le cas de l'adoption internationale mieux cibler les demandes avec les besoins de chaque pays (création d'une banque de données, ...).

Cependant au vu de tout ce qui a été dit, ont peu douter qu'une norme unique puisse être mise en place pour toute l'Europe et si l'adoption internationale est comme on l'a dit une option et non une obligation pour chaque Etats, on peut s'étonner des griefs émis plus spécialement aux représentants Roumains et Bulgares de l'assemblée. Rendre les formalités d'adoption moins restrictives en invoquant la libre circulation des marchandises, de la main d'œuvre, alors que beaucoup de pays tentent de mieux cadrer cette autre filiation pour diminuer les abus n'est certainement pas la meilleure solution.



Extrait d'un Bulletin de "Petales" .



Autre témoignage à chaud


Racontant le côté le côté surréaliste de cette journée et l'impression finalement d'être pris littéralement en otages d'une manipulation politique.


Anthropologiquement parlant, c'était éminemment instructif, mais à ce niveau-là seulement, je crains ...!


Je suis sortie absolument scandalisée de ce que j'ai vécu là. C'est la première fois que je mettais les pieds dans une assemblée de l'Europe et j'avoue que si je ne me suis jamais fait beaucoup d'illusions sur ce qui s'y faisait, cette fois, je crains vraiment pour l'avenir des populations européennes, et de la démocratie dans tous les pays, ici compris bien sûr.


Cette réunion avait pour objectif annoncé "Une politique européenne de l'adoption", et ... pour objectif réel ... d'obliger la Roumanie à mettre fin à son moratoire et à rouvrir ses frontières pour nous donner ses enfants en adoption. Pour cela tous les moyens ont été bons, surtout les pires.


Accuser les représentants roumains de nationalisme, de ne pas vouloir le bien de leurs enfants et de les maltraiter. Ils ont été empêchés de répondre aux accusations en recevant un temps de parole très minimum en fin de journée et en bout de table.


On nous a présenté un film, tourné cet été, qui nous montrait la réalités de certains enfants en institutions. Enfants et adolescents autistes, handicapés physiques et mentaux graves et en nous disant que depuis Ceaucescu rien n'avait changé et que si ces enfants avaient pu être
adoptés à l'étranger, ils ne seraient pas dans cet état. Il était pourtant évident que ces enfants étaient pour la plupart nés avec ces pathologies et qu'ils n'auraient jamais trouvés de parents adoptifs dans nos beaux pays de démocratie occidentale.


Une femme a été mise à la porte de l'assemblée sous prétexte qu'elle aurait agressé une jeune fille roumaine qui venait témoigner de son désir d'enfant d'être adoptée, désir qui n'a pas pu être réalisé.


Nous n'avons pu qu'entendre ce que disait le président, nous n'avons rien vu d'autre. Vrai, faux ? Cette femme n'a pas eu le droit de s'expliquer elle a été mise dehors comme quelqu'un de répugnant à qui personne n'avait rien à dire. Nous aurions du partir devant ces faits, mais nous sommes restés parce qu'il faut voir aussi.


Jean-Marie Cavada, qui présidait la séance, nous a tous pris à témoin de ce que nous n'avons pas vu. Et parlait des personnes présentes (nous étions +/- 70, presse comprise) comme d'un groupe d'accord avec tout ce qu'il disait. Bien sûr, il ne connaissait aucun de nous et n'a jamais demandé l'avis de personne. Mais ses phrases commençaient régulièrement par "Nous sommes tous d'accord ici..."


Bref, on a joué sur l'émotion de l'assemblée, devant des situations graves et réelles, pour dire que l'Europe demandait la levée du moratoire concernant l'adoption des enfants roumains en dehors de Roumanie.


Tout ça était expliqué dans les mêmes termes que s'il s'agissait d'une denrée dont on nous refuserait la fourniture. L'adoption y a été présentée comme la chose la plus merveilleuse à faire pour un enfant, que ces horribles Roumains sans coeur refusaient aux leurs. Sans tenir compte d'aucune de leurs difficultés, avec le passé qu'ils ont, et sans offre d'aide pour les sortir de ces difficultés. Non, "ces enfants, vous nous les devez puisque vous ne savez pas les aider".


Même si la Roumanie ouvrait ses frontières, je crois que bien peu d'enfants seraient adoptés dans nos pays, ce n'est pas de parents adoptifs dont ils ont besoin, mais en général de thérapeutes et pas n'importe lesquels en plus. Mais ça passait visiblement au dessus de la tête de ces personnes pleines de coeur et qui voulaient donner tant d'amour. L'Europe de l'adoption se limitait là à la Roumanie et son moratoire face à tous les autres pays ouverts. C'est un peu court.


Jean-Marie Cavada préconise aussi une "Agence Européenne de l'Adoption", sorte de guichet de commandes, où seraient rassemblées toutes les demandes. Eh bien là, c'est la pire des choses qu'on pourrait faire.


Plus aucune discussion ni contradiction possible. Au nom de l' "intérêt supérieur de l'enfant", qui a bon dos, parce que chacun y entend ce qu'il veut, et en général ses intérêts personnels, on a assisté à des manoeuvres répugnantes.


Il est évident que si j'en ai l'occasion, j'assisterai à quelques autres assemblées de l'Europe, pour voir si c'est vraiment comme cela que cela fonctionne. C'est tout à fait paniquant.

 

 

Mise à jour 12.12.09

ROUMANIE. La révolte des orphelins privés d'adoption.
Dans le magazine MARIE-CLAIRE | décembre 2009.

Il est clair que l'article dans le magazine français Marie-Claire s'inscrit dans une stratégie de pression médiatique en vue d'inciter la Roumanie à ré-ouvrir l'adoption internationale.

En première page, Guy-Pierre Chomette - l'auteur de l'article de MC - écrit même un gros mensonge : "... Bucarest s'apprête à nouveau à autoriser à nouveau l'adoption internationale ... ".  Ce qui est faux.

L'article présente des témoignages des  'jeunes adultes se révoltant'... Ils étaient à l'époque dans la maison d'enfants de Ion Tiriac, avec l'aide des agences d'adoption..

 

05:04 Écrit par collectif a & a dans Colloque | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, adoption, politique, roumanie, cavada, gibault | |  del.icio.us