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31/12/2009

Dans un livre paru en 1988, un professeur d'économie libéral, prône "un marché libre de l'adoption".

Pour un marche libre de l adoption.jpgPour un marché libre de l’adoption. Par Bertrand Lemennicier.
Chapitre 6 du "Marché du Mariage et de la Famille". Paris PUF 1988.




Faut-il donc privatiser et déréglementer l’adoption en France ?



Oui. Cette affirmation peut paraître provocante et monstrueuse, mais en réfléchissant plus attentivement aux problèmes posés par l'adoption, on s'aperçoit vite qu'il n'en est rien.

Soyons d'abord conscient qu'un tel marché existe. Au mieux il est gris, au pire il est noir; car l'interdiction par le gouvernement d'acheter ou de vendre un enfant (ou le droit de l'élever) ne fait pas disparaître l'offre et la demande qui émergent, spontanément, des abandons et des couples, qui, pour une raison ou une autre, ne peuvent avoir leurs propres enfants et désirent en élever.
Malheureusement, penseront certains, il existe des parents qui ne veulent pas élever leurs enfants. Le cas le plus courant est celui de la naissance d'un enfant illégitime et de son abandon par une mère célibataire trop jeune pour l'élever. Mais les parents peuvent aussi commencer par s'occuper d'eux et ensuite pour une raison ou une autre (mort, extrême pauvreté, alcoolisme, etc.) les abandonner, les martyriser ou les négliger. Sur la requête d'une assistante sociale ou celle d'un voisin, l'autorité parentale est retirée et l'enfant est placé auprès d'une famille nourricière ou dans une institution publique ou privée qui le prend en charge avant son adoption (s'il peut encore être adopté, car l'âge limite a été fixé à 15 ans par la loi du 11 juillet 1966). Aussi brutal que cela puisse paraître, si certains enfants ne sont pas désirés alors que d'autres parents, faute d'en avoir, en recherchent désespérément, un échange mutuellement bénéfique, est possible même s'il s'agit d'un marché d'occasion .



Le marché des enfants est-il un marché d'occasion?



Les enfants abandonnés et repris par d'autres parents ne sont pas de première main. D'une façon générale, les parents qui désirent élever des enfants préfèrent les leurs. C'est faute de pouvoir les procréer qu'ils sont amenés à rechercher des enfants substituts. Mais les enfants abandonnés ne constituent pas une population représentative de l'ensemble des enfants.

En 1968, 70 % sont nés de père inconnu, 52 % sont des filles. L'âge de l'enfant lors du placement pour adoption est pour 55 % des cas inférieur à 1 an. La catégorie sociale d'origine des enfants abandonnés n'est pas connue. On peut cependant suspecter qu'ils ne viennent pas des catégories sociales supérieures. Deux raisons font pencher la balance en faveur de cette idée : d'une part la pratique de la contraception et de l'avortement est plus fréquent dans les classes supérieures et, d'autre part, la pauvreté incite fortement à abandonner son enfant.

Il est difficile de connaître les caractéristiques de la population des adoptés. L'enquête réalisée sous la direction de Marmier sur un échantillon assez faible de 223 adoptés dans les années 1950 et interviewés en 1968 permet avec toutes les précautions d'usage sur la faiblesse de l'échantillon de s'en faire une idée (au départ, l'enquête a été menée sur 1042 bénéficiaires de l'adoption, sur un total de 993 dossiers exploitables, 582 non réponses ou adresse inconnue et seulement 411 contacts avec ces familles, sur ces 411 seulement 223 ont accepté d'être interviewés). Le tableau suivant montre la réussite scolaire de cette cohorte d'adoptés au niveau de l'Enseignement Supérieur, selon la catégorie socioprofessionnelle des adoptants.

...

A l'exception des familles ouvrières, la proportion d'adoptés entrant dans l'Enseignement Supérieur est inférieure à la probabilité qu'ont les jeunes de cette catégorie d'accéder à un tel enseignement malgré des conditions favorables puisque les foyers adoptifs sont présumés offrir de bonne condition d'éducation sur le plan matériel. Comme pour la population normale, vivre dans un foyer adoptif de cadres supérieurs augmente les chances de faire des études supérieures, mais la réussite scolaire est, malgré des conditions financières avantageuses, moins brillante que pour les enfants de la population normale. Naturellement si ces enfants qui ont été adoptés ne l'avaient pas été, leur réussite scolaire aurait été bien inférieure.

Quand les nouveaux parents bénéficient de tous les droits et obligations légalement reconnus aux parents, on parle d'adoption plénière (à ne pas confondre avec l'adoption simple qui consiste pour un membre du couple à adopter l'enfant de l'autre pour des raisons de succession). Si ces droits sont limités à la garde de l'enfant pour une période transitoire, on parle de placement familial. D'une certaine façon, la garde de l'enfant de parents divorcés s'apparente au cas du placement familial, avec, en droit, une pleine jouissance pour chaque conjoint des droits et obligations associés à son éducation.

Traditionnellement, les gains de l'échange se réalisent spontanément par une transaction monétaire, c'est-à-dire par le marché. Mais, comme il est interdit d'acheter ou de vendre des enfants, de telles transactions se font au marché noir. En effet, la loi du 11 juillet 1966 interdit l'échange d'enfants entre particuliers comme cela se pratiquait dans les années cinquante par l'intermédiaire de la sage femme, du médecin ou de l'avocat. Si des parents désirent voir leurs enfants être adoptés par une autre famille, ces derniers devront d'abord être recueillis par une institution publique ou privée (ayant reçu l'autorisation de l'Etat d'exercer cette activité) et c'est celle-ci qui choisira la famille qui les adoptera - article 348-4 du code civil. Cette réglementation empêche un marché libre de fonctionner pour équilibrer l'offre et la demande d'adoption. La raison en est simple. Le prix officiel des enfants (aux qualités nécessairement différentes) est artificiellement maintenu par la loi au niveau du coût des agences de placements. En fixant arbitrairement un prix voisin de zéro aux enfants susceptibles d'être adoptés, les pouvoirs publics font comme s'ils évaluaient le prix d'un enfant à un niveau différent de celui qui s'établirait spontanément sur le marché. Ce prix légal est inférieur à ce que valent réellement les enfants! Une demande excédentaire d'enfants émerge. Celle-ci n'étant pas satisfaite par les agences publiques de placements, suscite l'apparition d'un marché noir que les journalistes dénoncent régulièrement et que les avocats ou les juges bénissent, en privé, tant le problème est devenu aigu.
Pour convaincre le lecteur de l'intérêt d'un régime de "laissez nous faire " en matière d'adoption d'enfants ou de droits de garde, nous allons discuter les arguments qui sont souvent avancés par les pouvoirs publics afin d'empêcher les couples de profiter d'opportunités de gains à l'échange. Ceci permettra de mieux comprendre le point de vue de l'économiste sur la question.



Les objections à un marché libre de l’adoption des enfants et la contre argumentation



Les objections au commerce des enfants s'organisent sous la forme d'un discours désormais bien balisé. En général les critiques faites au marché sont employées par les groupes de pression auprès des hommes politiques afin de soustraire un bien ou un service aux lois du marché. Cet argumentaire est la plupart du temps le même, qu'il s'agisse de soustraire le travail, les matières premières, la monnaie, les usages du corps humain ou les enfants aux lois de l'offre et de la demande. Nous avons distingué cinq arguments :
- Les prix élevé, supposé, auquel sont échangés les enfants, interdit aux couples pauvres d'adopter des enfants: le marché libre exclut les pauvres de l'adoption;
- Le prix auquel s'échangent les services ne récompense pas les mérites ou la qualité du bien ou du service
offert : le prix du marché n'est pas juste;
- Les offreurs ou les intermédiaires connaissent mieux le produit ou le service qu'ils rendent, ils ont un pouvoir de négocier plus fort que les demandeurs, ils ont donc toute latitude pour être malhonnêtes ou pour profiter de la crédulité de parents désireux d'élever un enfant à n'importe quel prix: le marché est inégal;
- Habituellement, un échange se fait au bénéfice des échangistes et non pas de l'objet de l'échange. Malheureusement, ici, l'objet de l'échange est à la fois un être humain et un tiers involontaire qui ne peut faire prévaloir son intérêt: le marché est défaillant pour préserver l'intérêt de l'enfant;
- Enfin, les échanges monétaires corrompent les relations entre les parents naturels, les adoptants et les adoptés: le commerce d'enfants est moralement dégradant.



Le marché libre exclut les pauvres de l'adoption




Au marché noir, l'achat d'un enfant coûte cher. En revanche, sur un marché légal, le prix à payer pour avoir le droit de l'élever serait vraisemblablement moins élevé. Un marché noir offre toujours un service plus coûteux et de moins bonne qualité qu'un marché légal (l'alcool au temps de la prohibition ou la drogue aujourd'hui sont là pour attester de cette vérité économique). Le marché noir des enfants n'échappe pas à cette règle. Comparativement au marché légal le prix s'élève, d'une part, pour couvrir les risques encourus pour avoir commis un acte illégal, et d'autre part, pour faire face aux difficultés plus grande que les intermédiaires rencontrent pour inciter une femme à conduire à terme une grossesse en vue d'une adoption illégale, ou pour rapprocher les demandeurs des offreurs. Sur un marché légal ces deux coûts seraient réduits considérablement. On ne peut donc juger du prix d'un enfant à l'adoption sur les seuls critères du prix observé au marché noir.
En réalité, l'existence d'un marché légal permettrait aux pauvres, désirant élever un enfant, de pouvoir satisfaire leur souhait car les agences de placement sélectionnent très sévèrement les couples ( voir encadré). Les considérations financières ne sont pas absentes de cette sélection D'une certaine façon un marché libre de l'adoption corrigerait les inégalités de départ, principal argument justifiant toutes les redistributions forcées de revenus en faveur des pauvres. Une famille nécessiteuse dont le cinquième enfant n'a pas été désiré, ne peut lui offrir des espérances de vie et de carrière professionnelle particulièrement alléchantes. En revanche, l'achat de cet enfant par une famille riche lui ouvre toutes les opportunités et tout le monde est satisfait. La famille pauvre se trouve être plus à l'aise après la vente de ses droits au foyer d'accueil, l'enfant voit ses espérances de niveau de vie futur s'améliorer et la famille qui l'achète au prix fort est heureuse! Où est l'injustice? Par ailleurs, quels sont les parents ou le conseil de famille qui voudraient voir l'enfant être adopté par une famille pauvre? C'est, paradoxalement, l'impossibilité légale d'échanger les droits d'élever les enfants qui perpétue les inégalités dues à la naissance!

La suite sur le site le l'auteur.


Et voilà un élève qui a bien appris la leçon du professeur libéral :
"Nous avons réalisé la liberté de circulation des biens et des personnes mais pas celle des enfants adoptables." Jean-Marie CAVADA.

28/12/2009

Troubles autistiques ou troubles de l’attachement ? Une frontière floue et mal definie. C. Denis (1), J. Jacquart (2), W. Pitchot (3)

revue medicale de liege.jpgRÉSUMÉ : Trois cas cliniques d’enfants entre 3 et 5 ans sont analysés : la symptomatologie (retard/absence de langage, repli à la communication, retard de développement) évoque des troubles autistiques. Ces cas paraissent devoir être «lus» davantage en termes de pathologie de l’attachement avec repli «autistique». La prise en charge à moyen ou à long terme montrera une évolution plus favorable que dans les troubles autistiques. Le diagnostic différentiel entre troubles autistiques et troubles de l’attachement est discuté.

 


(1) Pédopsychiatre, Médecin Directeur, Centre de Réadaptation de l’Enfant, Liège.
(2) Médecin-Assistant, Service de Santé Mentale, ASBL Psycho-J, Liège.
(3) Professeur de Clinique, Chef de Service Associé, Université de Liège, Service de Psychiatrie, CHU de Liège.

 

Introduction

 

Dans la pratique courante en pédopsychiatrie, nous rencontrons souvent des enfants qui sont envoyés pour des «troubles autistiques». Le terme «troubles autistiques» est employé couramment, même par les professionnels, pour désigner des troubles graves du contact et de la relation. Cependant, il faut être vigilant et ne pas poser ce diagnostic trop vite.
Les enfants sont fréquemment envoyés dans les centres de réadaptation pluridisciplinaire par les PMS, les écoles ou quelquefois les médecins traitants pour des retards de développement associés à des troubles de comportement qui heureusement, interpellent les professionnels, dès l’enseignement maternel.
Les symptômes à l’avant-plan sont souvent un retard ou une absence de langage, un contact perturbé avec les autres enfants ou même avec l’enseignant, un repli sur soi, un isolement, une absence de jeu symbolique et des activités stéréotypées.
L’enfant ne s’intègre pas dans la classe maternelle et ne s’intéresse pas aux apprentissages.
Sa relation avec le parent est également souvent perturbée.
Ces dix dernières années, le nombre d’enfants présentant ce type de symptomatologie s’est considérablement accru. Ces pathologies graves en termes de retard de développement et de pronostic sont à prendre en charge sérieusement et à traiter précocement. En effet, de nombreux enfants sont adressés trop tardivement, les professionnels du domaine de l’enfance ayant parfois conseillé d’attendre avec l’espoir que le langage apparaîtrait plus tard.
L’objectif de cet article est de mettre en évidence le fait que ces troubles ne sont pas toujours à proprement parler des troubles autistiques. Il conviendrait plutôt de parler de «repli autistique», secondaire à des troubles d’attachement
majeurs. Il est primordial de marquer cette différence, car ces enfants peuvent évoluer au long cours beaucoup plus favorablement que des enfants autistes, à condition d’instaurer une prise en charge précoce et adéquate.
Pour illustrer ce propos, nous avons décidé de présenter 3 cas cliniques. Il nous a paru intéressant de réfléchir sur certaines situations cliniques en termes de diagnostic et de prise en charge permettant une relance du processus psychique et une certaine récupération du retard.


Cas cliniques

1er cas (nous l’appellerons Benji)


Le petit Benji, 4 ans, est adressé par l’école et l’ONE pour un retard de langage. Les parents, d’origine marocaine, paraissent totalement démunis et dépassés face à l’enfant. Ils disent que Benji n’obéit pas du tout. Dans la rue, il court devant et refuse de donner la main. A la maison, il passe son temps devant la télé et dans les magasins. Il prend ce qui l’attire. Selon les parents, son langage est incompréhensible. Cela ressemble à un langage «bien à lui» dont personne
ne comprend le sens. Le père déprimé, n’a aucune prise sur l’enfant et semble avoir renoncé.

Le tableau de l’enfant est dominé par un repli important. Le visage impassible, Benji s’occupe seul, déambule et observe. Son regard semble nous traverser sans nous voir. Il cherche néanmoins à s’occuper en choisissant le plus souvent des tâches concrètes telles que des puzzles ou petits légos où sa motricité fine est précise et adroite.
L’école, contactée, s’interroge sur des «troubles autistiques» tant l’enfant semble isolé, en marge du groupe, ne jouant avec aucun enfant, ne parlant avec personne, et donc très inadapté dans le groupe classe.
Dès le début de la prise en charge, l’orientation vers un Centre de jour est évoquée mais dans l’attente d’une possibilité, une thérapie individuelle, des séances de psychomotricité ainsi que des entretiens avec la famille seront mis en place durant environ 6 mois.

 

Entretiens avec les parents

 

Au départ, les parents sont focalisés sur le retard de langage. Ils voudraient que l’enfant parle, ils voudraient des progrès tout de suite. A chaque consultation, ils insistent, s’impatientent. Plus tard, nous apprendrons par la tante que le père a fait croire à sa famille que Benji parlait français et non arabe, tant il est gêné face au regard de sa famille et de la communauté marocaine.
La tension, la nervosité, la déception sont tangibles dans le contact de ce papa, qui cherche à forcer, faire répéter des mots à l’enfant.
Benji, dans les entretiens, est ignoré comme personne. On parle de lui, de ses difficultés, mais on ne lui parle pas à lui, il n’est pas investi. A sa place, on voudrait un enfant qui parle bien le français, pour réussir à l’école plus tard.
En toile de fond, commencent à s’exprimer les soucis de la famille. En effet, le père n’a pas de travail en Belgique et la famille vit dans un logement exigu. Ils sont très isolés; seules deux tantes, soeurs de la mère et du père, habitent dans la région. La mère vient d’accoucher d’une petite fille il y a quelques mois.
Peu après le début du traitement, les parents partent au Maroc pour un mois (sans nous prévenir)
et Benji est confié à sa tante maternelle. Celle-ci, qui n’a pas d’enfant, va mettre toute son énergie à tenter d’aller vers lui et de l’aider. Cela sera sans doute un élément déterminant dans les progrès que va faire Benji.
Par la suite, nous ne reverrons plus le père et, nous apprendrons, bien plus tard, qu’il a été incarcéré (pour des raisons qui ne sont pas connues). Dès ce moment, la mère va participer beaucoup plus activement aux entretiens avec sa soeur et prendre conscience progressivement qu’il ne s’agit pas que d’un simple retard de langage, mais qu’il faut d’abord aider Benji à sortir de son isolement, à communiquer et à exprimer ses émotions pour pouvoir évoluer.


Travail avec l’enfant

Pendant longtemps, les premières semaines, Benji restera impassible, ne donnant que de brefs signaux de sa présence. Souvent, lors des débuts et fins de séances, il court vers nous et fait de discrets «au revoir» presque cachés dans son manteau. Le temps de la consultation, il s’efface, «disparaît», s’occupe calmement et se ferait oublier si on n’y prenait garde.
Quelques mois plus tard, il se manifeste autrement, il aime venir, il pleure, se fâche quand il doit quitter le local de la psychomotricité. En fait, il veut rester encore. Il commence à parler, des petits mots qu’il écoute et qui l’étonnent, comme s’il s’entendait parler. Son visage s’ouvre, il regarde droit dans les yeux et vient prendre la main.
Quelques mois plus tard, il progresse encore, s’engageant dans de véritables jeux moteurs d’échange (échange de ballons, de quilles). Il rit, se délie, lui dont le visage était si fermé et, impassible. Cependant, on observe encore peu de jeux symboliques. Le langage n’en est encore qu’à des mots très simples, mais est utilisé dans la relation.
Benji vient d’entrer en Centre de jour. Sur ces quelques mois, il nous a montré qu’il était intéressé par une relation, sortant de la neutralité, de cette sorte d’indifférence totale dans laquelle il se cantonnait de longue date.

 

2ème cas (nous l’appellerons Joachim)


Le petit Joachim, 3 ans et demi, nous est adressé par la pouponnière où il est placé depuis sa naissance. La demande de suivi, pour un retard de langage, survient alors que l’enfant est rentré dans sa famille depuis quelques mois. Il en avait été séparé suite à une psychose du post-partum de la mère. Les parents, d’origine congolaise, ont fait un long cheminement avec un service d’accompagnement à la relation parent-enfant pour récupérer leur enfant.
Lors de la première consultation, l’enfant nous inquiète d’emblée. Il est figé, terrorisé, il exprime une tristesse et une détresse infinies. Il ne joue, ni ne parle, et ne sort pas de son état de sidération. Là encore, c’est au moment du départ que soudain, le petit Joachim, alors que nous ne nous y attendions pas du tout, saute, grimpe dans nos bras et s’y agrippe comme un bébé de quelques mois en jouant avec notre collier.
Très interpellés par ce tableau, nous recevons le petit Joachim avec sa maman. Celle-ci, très affairée par les démarches en cours, semble ne pas sentir les besoins et les mouvements du petit. Les gestes de la maman sont opératoires. Elle exprime peu d’affection envers son enfant, bien qu’elle nous dise sa fierté de l’avoir maintenant près d’elle.
Inquiets par la gravité du tableau clinique évoquant un repli autistique, nous contactons l’équipe de la pouponnière. Celle-ci réintervient, et après plusieurs observations à l’école et en famille, conclut à une nette dégradation de l’état de l’enfant, coïncidant avec son départ de la pouponnière. Les parents dénient et disent ne voir aucun problème avec l’enfant, nous accusant d’être le seul lieu où il manifeste son mal-être. Néanmoins, le Service de Protection de la Jeunesse (SPJ) décide le retrait de l’enfant de la famille et le retour en pouponnière.
Très vite, Joachim va retrouver un état plus serein. Le niveau de terreur et d’angoisse qui le figeait va s’estomper progressivement. Le SPJ va orienter l’enfant vers une maison d’enfants en diminuant les contacts à un jour par week-end avec les parents. Le petit Joachim sera suivi dans notre service (en psychomotricité et en psychothérapie) et très vite, les progrès se marqueront.
Investi par la maison d’enfants, le petit Joachim, retrouve vitalité et dynamisme et son développement progresse. Il rit, fait des blagues, se cache, nous étonne par son langage qui progresse de jour en jour. Maintenant, il commence à parler de lui, de ses amis d’école, de son papa. Il investit certains apprentissages (coloriage) et jeux d’échange. Un grand pas a donc été franchi en quelques mois.
Ce cas nous a beaucoup appris. En effet, le tableau clinique de départ évoquant un repli autistique a révélé que celui-ci était l’expression d’une terreur angoissante dans le lien d’attachement, qui figeait tout processus d’évolution.
La décision difficile et douloureuse de retirer l’enfant de la famille fut salutaire pour lui, même si les intervenants ont réagi eux-mêmes avec beaucoup d’appréhension et avec la crainte de précipiter un drame du côté parental ou tout simplement, de se tromper.
Insistons à nouveau sur l’importance du processus de réinvestissement de l’enfant dans une relation sécurisante (institution-thérapie) permettant la relance du développement de l’enfant.


3ème cas (nous l’appellerons Sambibila)
Exemple d’évolution au long cours

 
Ces dernières années, nous avons reçu beaucoup d’enfants d’origine africaine avec un tableau clinique similaire.
Le petit Sambila qui a maintenant 7 ans est suivi depuis 3 ans dans notre Centre. A 4 ans, mutique, il déambulait sur la pointe des pieds dans un état d’isolement complet dans le groupe classe. Après un an en Centre de jour, il a pu réintégrer l’école.
Actuellement, Sambila est un petit garçon de 7 ans qui exprime beaucoup de choses dans le cadre de sa thérapie. Il dit souvent qu’il veut retourner en Afrique, parce que l’Afrique c’est beau.
La thérapeute pressent que Sambila veut redonner le sourire à sa maman, qu’il voit souvent
triste, ailleurs, le regard perdu. La maman tourne rarement son regard vers l’enfant qui court vers elle pour lui montrer un dessin ou ses progrès. Elle est malade, atteinte du virus HIV, mais n’en a jamais dit mot. Le passé chargé de cette famille (violences, viols) a marqué d’une grande insécurité le vécu de l’enfant.


Discussion

Rappelons tout d’abord les critères précis des troubles autistiques et des troubles d’attachement.
Le diagnostic différentiel peut être difficile entre ces deux affections, surtout chez les très jeunes enfants sans langage. En effet l’expression symptomatologique est très proche sur plusieurs points, dont l’altération des interactions sociales et de la communication, le retard de langage, les stéréotypies des activités, l’absence de jeu symbolique (Tableau I).
Cependant, la classification du DSM IV fait nettement la différence entre autisme et troubles d’attachement, mettant l’autisme du côté des troubles envahissants du développement et reliant les troubles de l’attachement à des carences de soins adaptés.
Eléments importants du diagnostic différentiel entre autisme et troubles d’attachement Au premier abord, les tableaux cliniques décrits ont beaucoup de traits communs avec l’autisme : repli, retrait d’investissement et d’émotion, fixité et stéréotypies des activités, retard et /ou dysharmonies du développement.
Dans les processus «autistiques», la modalité selon laquelle s’est construite la relation à l’autre est très perturbée. Dans ces troubles, on est toujours en face d’une tentative d’annihilation de la pulsion vers l’autre et vers l’objet. Cela donne à l’interlocuteur une sensation d’inexistence, tant l’enfant s’est retiré du lien jusqu’à la fixité tonique, émotionnelle Dans les cas présentés ci-dessus, le retrait vital est marqué mais l’origine des troubles semble en grande partie secondaire aux perturbations des liens précoces et paraît relever des troubles d’attachement.
Spitz, dans son étude sur les effets de l’hospitalisme (2), décrivait déjà que les enfants les plus gravement atteints se retiraient de la relation jusqu’à parfois se laisser mourir. Ce processus de retrait d’attachement vital conduit au désintérêt, à l’abandon et à la mort dans les cas extrêmes. Dans plusieurs des cas traités, on observe non seulement chez l’enfant mais aussi chez les parents, un véritable trouble de l’investissement.
Plusieurs signes cliniques peuvent aider au diagnostic.
Dans les cas présentés, c’est à chaque fois l’enfant qui, à des moments impromptus et inattendus, fait soudain «signe» de son désir de communiquer.
L’impact de ce mouvement chez celui qui le reçoit est immédiat, révélant soudain une capacité de lien préservée sous ce dehors figé, et réveillant un espoir et des potentialités.
Chez l’enfant autistique, il est plus difficile de mobiliser la vie pulsionnelle et affective et de percevoir
s’il reconnaît ses propres états émotionnels ainsi que ceux des autres. On pourrait aussi s’interroger sur l’agressivité, peu présente chez les autistes et, par contre, plus présente, voire à l’avant plan, dans certains troubles d’attachement (réactions oppositionnelles). Le diagnostic différentiel entre ces deux pathologies est particulièrement difficile à poser chez les enfants en bas âge. Souvent, le tableau se précise par l’évolution au fil du temps. C’est ainsi qu’un repli mutique, qui semblait autistique, peut prendre un aspect beaucoup plus ludique et mobilisable. Aussi, paraît-il préférable d’examiner les choses en termes de gradation, d’intensité (± importante) de certaines défenses et modalités psychiques utilisées par l’enfant. Comme le disait A. Denis (3), il faut parler des états autistiques au pluriel, car un système autistique peut être plus ou moins complet (tous les symptômes n’étant pas nécessairement présents) et donc, révéler des degrés variables de morbidité. L’expérience et le suivi des cas au long cours nous apprennent à être très prudents, à ne pas émettre trop vite un diagnostic.
Comme le soulignent Ferrari et coll. dans un article de 2001 (4), le problème des classifications diagnostiques en pédopsychiatrie est complexe et dépend de l’état d’avancement actuel des recherches (en matière de génétique, de biologie moléculaire).
Actuellement, deux grandes manières de voir s’opposent. D’une part, les classifications américaines (DSM IV), considèrent plutôt les troubles comme innés, fixés au cours du temps et exclusifs. D’autre part, la CFMEA (Classification Française des troubles Mentaux de l’Enfant et de l’Adolescent) (5) s’interroge davantage sur les mécanismes d’organisation psychopathologique en cause, en insistant sur le processus évolutif, variable chez un même enfant ou entre plusieurs enfants dont le devenir peut être très différent. Ferrari et coll. (4) illustrent également ce point de vue en discutant notamment des affections diverses reprises sous le terme «troubles envahissants du développement», qui incluent ce qu’on appelle dans la terminologie française les psychoses ou dysharmonies psychotiques (6). Ils soulignent la variété des pathologies reprises dans ce concept «fourre-tout» et leur évolution, éminemment variable en termes de pronostic.
Si on regarde l’évolution à long terme de ces enfants, certains deviennent des adultes normaux; d’autres restent «fragilisés» pouvant évoluer vers une personnalité limite ou anxieuse. Tordjman et coll. reprennent certains de ces cas sous un nouveau terme : MCDD «Multiplex Complex Developmental Disorder» dont la symptomatologie est à survenue plus tardive et à évolution plus favorable que l’autisme (7).
Notre réflexion rejoint ces propos. Les affections que nous décrivons ne seraient pas rigides, ni fixées, et le processus d’évolution serait variable d’un cas à l’autre. Dans les cas présentés, la psychopathologie n’est pas tant du côté de la psychose, de l’altération de l’identité et du sens du réel, mais plutôt du côté des troubles de l’attachement et d’investissement du soi, donnant un tableau de retrait psychique. Aussi insistons-nous sur ces signes qui peuvent, par leur symptomatologie, être «confondus » avec des troubles autistiques, alors qu’ils sont de meilleur pronostic.


Impact des carences de soins ou des troubles des intéractions précoces dans la petite enfance


Dans certains cas de troubles de l’attachement, un ou les deux parents présentent des troubles psychiatriques.
Comme l’a bien expliqué M. Berger, certains parents peuvent, par leurs troubles, induire un état d’angoisse et de terreur chez l’enfant qui provoque une sidération, une angoisse et un arrêt du développement (8). Des détails marquants alertent sur une mauvaise qualité du lien et de l’affect dans la relation avec l’enfant notamment dans la manière dont le parent négocie la séparation pour l’examen, parle et interagit avec l’enfant pendant l’entretien. Le parent n’accompagne pas ou mal les mouvements pulsionnels de l’enfant. La question d’une «séparation thérapeutique» se pose quand la pathologie psychiatrique du parent paraît déterminante dans les troubles observés (cfr 2ème cas). D’après M. Berger (8), le lien peut induire une telle terreur et angoisse chez l’enfant, qu’un éloignement reste indispensable pour le soigner.
Ces pathologies se retrouvent aussi chez de nombreux enfants d’immigrés, notamment africains (cf 1er et 3ème cas). Dans les cas d’immigration, la problématique de l’attachement se joue à plusieurs niveaux. Outre l’attachement de l’enfant à sa mère, c’est l’arrachement des parents à leur famille et à leur culture qui les laisse solitaires et sans attache. Outre un passé souvent difficile dans le pays d’origine, la lutte quotidienne de ces parents pour survivre en Belgique, souvent dans une certaine précarité (conditions de travail difficiles – horaires de nuit – logements exigus) les laisse parfois marqués et moins disponibles pour investir l’enfant, sur lequel reposent néanmoins beaucoup d’attentes et d’espoirs. Aussi, les retards et difficultés de l’enfant sont très mal perçus, et parfois même, source d’un certain déni, d’aveuglement, avant que la souffrance plus élargie puisse s’exprimer. Les problèmes liés à l’immigration cumulent dans l’histoire parentale des drames : emprisonnement, violences, meurtre ou mort, abus dans des pays en guerre ou sous dictature, déracinement du pays et précarité parfois longue et douloureuse de l’intégration, maladies touchant un des parents (HIV…).
Dans ce contexte, où la question de survivre est à l’avant-plan, les pathologies sont difficiles à mobiliser et à traiter. Les différences raciale et de culture, nous rendent parfois maladroits ou fort démunis dans nos interventions, avec notre seule présence, là où toute l’intégration d’une famille et d’une communauté aurait bien sa place, comme on le voit dans l’abord des thérapies transculturelles.


Pronostic et conclusion


Comme nous l’avons illustré dans les cas cliniques, ces pathologies graves de l’attachement donnent un tableau pseudo-autistique, mais sont susceptibles d’évoluer plus favorablement que les troubles autistiques vers des améliorations sensibles du comportement et du développement. Comme le montre l’évolution à court, moyen, et long terme, les possibilités de récupération existent.
Chez certains enfants dont nous avons suivi l’évolution sur plusieurs années et qui ont bénéficié des traitements adaptés, nous avons constaté une amélioration lente mais progressive sur le plan développemental, se traduisant par un progrès du rendement intellectuel qui s’améliore lui aussi. De plus, des changements s’opèrent dans les modalités relationnelles à l’autre. La plupart du temps, dès qu’un mouvement d’ouverture s’est créé, l’enfant, quand il a la chance d’être pris en charge dans un milieu adapté qui lui convient, va en quelque sorte, reprendre son évolution là où elle s’était comme figée, arrêtée, tel le petit Joachim de 4 ans qui s’est mis à parler, à jouer, à rire alors qu’il était fermé, que son visage était sévère et triste. C’est un autre enfant qui a surgi. Néanmoins, les séquelles et troubles liés à ces pathologies précoces restent présents et longtemps invalidants.

Nous terminerons en insistant sur la nécessité d’un diagnostic et d’un traitement précoces, d’un travail avec les parents, parallèlement à la prise en charge de l’enfant.


Bibibliographie

1. American Psychiatric Association.— MINI DSM-IV. Critères diagnostiques (Washington DC, 1994). Traduction française. J.D. Guelfi et al. Masson, Paris, 1996, 384.
2. Spitz R.— De la naissance à la parole (La première année de la vie), P.U.F, éd, Paris, 1968; «Le non et le Oui», P.U.F. Ed. Paris, 1962
3. Denis A.— Les états autistiques chez l’enfant et chez l’adulte en relation avec la question de l’inscription sonore. Actes de la Journée d’étude. J. Capiaux et A. Denis, 12/10/2002.
4. Ferrari P, Speranza M, Raynaud J, et al.— Actualités en psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, 2001, 188-193.
5. Mises R, Quemada N.— CIM10, classification française des troubles mentaux de l’enfant et de l’adolescent, classification internationale des troubles mentaux et du comportement (chap. V de la CIM 10 OMS) : version officielle du chapitre V de l’International Statistical Classification of Diseases and Related Health Problems (ICD 10, 1992, OMS, Genève), 3 Ed. Vanves, CTNE RHI, PUF, 1993, 237.
6. Marcelli D.— Enfance et psychopathologie. Masson Collection. Les âges de la vie, 6ème édition revue et complétée, 2000.
7. Tordjman S, Ferrari P, Golse B, et al.— Dysharmonies Psychotiques, Multiplex Developmental Disorder : Histoire d’une convergence. Psychiat Enfant, 1997, 473-504.
8. Berger M.— Les séparations à but thérapeutique, 1992.

 

 

Rev Med Liege. 2009 Oct;64(10):506-11.
[Autistic or attachment disorders? An ill-defined border]

[Article in French]

Denis C, Jacquart J, Pitchot W.

Centre de Réadaptation de l'Enfant, Liège, Belgique. creasbl@scarlet.be

We report 3 cases of 3- to 5-year-old children with symptoms suggesting an autistic disorder (language delay or absence of language, communication withdrawal and developmental delay). We believe that these cases should be preferentially interpreted in terms of attachment disorder with autistic withdrawal rather than pure autistic disorder. Their prognosis is far better than pure autistic disorders. We discuss the differential diagnosis between autistic and attachment disorders.

Source : Revue Médicale de Liège.

Conclusions de la conférence sur "Les enjeux dans les procédures d'adoption en Europe : garantir l’intérêt supérieur de l’enfant"

conseil de l europe.jpgLes participants à la Conférence sur l’adoption qui s’est tenue à Strasbourg les 30 novembre et 1er décembre 2009 tiennent à remercier la Commission européenne et le Conseil de l’Europe d’avoir organisé cet événement qui leur a permis d’étudier ce sujet important.




Les intervenants ont évoqué plusieurs instruments juridiquement contraignants adoptés à la fois aux niveaux national et international, qui protègent les droits de l’enfant au cours du processus d’adoption afin de garantir l’intérêt supérieur de ce dernier. Une attention particulière a été accordée à la Convention révisée du Conseil de l’Europe en matière d’adoption des enfants et à la Convention de La Haye de 1993 sur l’adoption internationale, mettant en lumière les bonnes pratiques qui aident à garantir les droits de l’enfant tout au long de cette procédure sensible et chargée d’émotion. Les intervenants ont noté la neutralité de ces instruments qui n’encouragent ni ne découragent l’adoption. Les choix qui s’offrent aux Etats parties dans cette matière doivent respecter les droits des enfants, et les procédures d’adoption devraient cependant toujours garantir l’intérêt supérieur de l’enfant.



Les participants sont convenus que la signature et la ratification de ces deux instruments juridiques internationaux devraient être encouragés. Dès lors qu’ils sont ratifiés, ils devraient être réellement et scrupuleusement mis en oeuvre dans le but de fixer des normes minimales pour développer davantage la législation et les politiques nationales. Seules trois ratifications sont nécessaires à l’entrée en vigueur de la Convention révisée du Conseil de l’Europe et nous espérons tous que cet instrument deviendra contraignant dès que possible. La Convention révisée en matière d’adoption devrait même aujourd’hui trouver un écho au sein des tribunaux nationaux, et elle a déjà été invoquée dans des affaires d’adoption portées devant la Cour européenne des droits de l’homme 1. Les participants sont particulièrement reconnaissants aux deux juges de la Cour européenne de les avoir éclairés sur l’évolution de la jurisprudence de la Cour en ce qui concerne l’adoption.



Plusieurs participants ont indiqué que leurs pays promulguaient actuellement la législation nationale favorable à la mise en oeuvre des deux conventions permettant de protéger l’intérêt supérieur de l’enfant.



On n’insistera jamais assez sur l’importance des mécanismes de suivi nationaux et des institutions gouvernementales et non gouvernementales qui font la promotion des droits des enfants. Ces institutions jouent un rôle vital dans l’établissement de lignes directrices sur l’application des procédures et politiques d’adoption, destinées aux professionels travaillant dans ce domaine, en conformité avec les normes internationales pertinentes. La clarté des procédures et processus contribue à réduire au minimum la bureaucratie inutile.



Il est nécessaire de renforcer la coopération internationale pour promouvoir l’échange d’informations et d’expériences, recenser les bonnes pratiques, favoriser les meilleures pratiques en matière d’élaboration et de mise en oeuvre effective de normes, et l’élaboration de stratégies nationales intégrées visant à prévenir et à combattre la traite des enfants sous toutes ses formes. Le Conseil de l’Europe et l’Union européenne peuvent jouer un rôle crucial pour encourager les espaces d’échange à l’échelon national, dans le prolongement des enseignements tirés de la conférence et le fondement d’étude déjà menée et bientôt publiée.



Tous les professionnels – en particulier les juges, les psychologues, les travailleurs sociaux et les avocats – qui interviennent auprès d’enfants en contact avec le système judiciaire devraient recevoir une formation appropriée, et avoir l’occasion de se former aux méthodes d’entretiens adaptés aux enfants. Le rôle de médias responsables est reconnu dans la présentation de la question de l’adoption des enfants. La question doit être dépolitisée en faisant primer l’intérêt supérieur de l’enfant sur les sensibilités politiques des pays d’origine ou d’accueil. Qu’il s’agisse de prise en charge en établissement, en famille d’accueil ou d’adoption nationale ou internationale, la meilleure solution pour un enfant qui a besoin d’un foyer doit cependant tenir compte des faits du cas particulier d’espèce.



Le consentement de l’enfant d’âge mûr à l’adoption est désormais nécessaire. L’interprétation de leurs souhaits et de leur intérêt supérieur devraient être facilitée par des pédo-psychologues et autres professionnels qualifiés. Il est extrêment important de prendre en compte l’avis des enfants dans toutes les procédures d’adoption. A cet égard, il faut sensibiliser l’ensemble des professionnels travaillant dans ce domaine. Une interaction pluridisciplinaire, entre les diverses professions concernées, notamment les juges, les avocats, les psychologues, les travailleurs sociaux et d’autres professionnels qui interviennent dans les procédures d’adoption, doit être encouragée pour donner corps à la notion d’intérêt supérieur d’enfant, à leur droit d’être entendu et d’exprimer leurs points de vue. Les informations communiquées aux enfants doivent être adaptées à leur âge, et leurs besoins, pris en compte. A ce titre, il peut être souhaitable de leur désigner un « tuteur ». Nous avons entendu l’expérience encourageante des membres du pouvoir judiciaire qui estiment nécessaire d’entendre les enfants directement avant de prendre une décision quant à l’adoption.



Les participants ont noté des divergences dans les pratiques et procédures sur la condition du consentement des pères non mariés, en dépit de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme sur ce point. Le débat animé sur la possibilité d’une adoption conjointe pour les couples homosexuels a révélé des divergences de points de vues sur cette question. La Convention révisée demeure souple sur ce point. Tous les participants s’accordent sur le fait que l’intérêt supérieur de l’enfant devrait, une fois de plus, être primordial dans le choix concernant l’adoption. Il faut faire le maximum pour éviter la discrimination, y compris celle fondée sur l’origine ethnique ou le handicap des enfants.



La rupture des liens de filiation qui découle d’une adoption plénière met particulièrement en relief les droits des fratries, des parents et des grands-parents. La question de savoir si cela peut avoir un effet disproportionné sur l’adoption a été posée, et, à mesure que les discussions des participants avançaient, il devenait clair que ces points mériteraient d’êtres approfondis.



Le droit de connaître ses origines et l’importance qu’il revêt pour les personnes adoptées est ressorti très clairement du témoignage de plusieurs adultes ayant été adoptés qui se sont exprimées avec une grande émotion sur leurs expériences personnelles, particulièrement fortes et convaincantes. Le besoin de rassembler les pièces de son histoire et la quête d’identité s’est révélé important pour leur bien-être psychologique. Dans les années à venir, il faudrait probablement réexaminer les questions qui se posent concernant la collecte, le stockage et la protection des données.



Il convient de garder à l’esprit que la Convention révisée en matière d’adoption est un instrument d’harmonisation, qui fixe des normes minimales ; il y a lieu d’espérer que les Etats parties continueront d’améliorer et d’élever les normes nationales au fil des ans. Le travail se poursuit sur d’autres conventions internationales pour promouvoir les droits de l’enfant et rétablir l’équilibre entre les droits des enfants et ceux des adultes.



La Convention de La Haye entend avant tout fournir un cadre au processus d’adoption international qui vise à protéger l’intérêt supérieur de l’enfant par l’établissement d’un système de coopération entre les Etats contractants afin de prévenir l’enlèvement, la vente ou la traite des enfants. Cet objectif traduit concrètement les normes internationales énoncées dans la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant. Les pays d’origine et d’accueil ont participé à la formulation de la Convention afin de garantir des procédures d’adoption acceptables pour toutes les parties contractantes. Comme tout instrument juridique, la Convention est un document cadre qui est, par définition, incomplet et imparfait. La coopération et la transparence sont les ingrédients clés pour améliorer sa mise en oeuvre. Les Etats parties doivent faire preuve de vigilance en respectant les obligations de la Convention. Les participants ont été encouragés à prendre une part active dans le processus de révision de cette Convention, prévu pour 2010.



Tout pays qui opte pour l’adoption internationale devrait être partie à la Convention de La Haye puisque celle-ci formule les « meilleures pratiques » de réglementation de l’adoption internationale, donc de protection des droits des enfants en situation d’adoption. Tout Etat partie à la Convention devrait appliquer, dans la mesure du possible, les garanties et procédures énoncées dans la Convention de La Haye lorsqu’il traite avec un Etat non contractant.



Le cadre coopératif de la Convention de La Haye se fonde sur une division convenue des responsabilités entre les pays d’origine et d’accueil. « L’intérêt supérieur » de l’enfant dans des procédures d’adoption internationale est protégé par :

- l’établissement de garanties spécifiques assurant « l’ adoptabilité » de l’enfant ;
- l’assurance que les autres formes de prise en charge permanente de l’enfant dans le pays d’origine ont été mûrement réfléchies ;
- l’assurance que les consentements nécessaires ont été accordés sciemment et librement après que des conseils ont été donnés ;
- la réglementation des aspects financiers de l’adoption ;
- l’accréditation et l’autorisation des agences d’adoption ; et
- la vérification du respect des procédures énoncées par la Convention.



Les pays d’accueil doivent s’assurer que les parents adoptifs remplissent l’ensemble des conditions et correspondent aux critères d’adoption, qu’ils ont reçus des conseils appropriés et que l’enfant est autorisé à entrer et à résider à titre permanent sur le territoire de l’Etat concerné.



Les responsabilités des pays d’accueil et d’origine ne s’excluent pas mutuellement. En effet, ils partagent la responsabilité d’apporter des garanties et des procédures qui protègent l’intérêt supérieur de l’enfant. Les Etats d’accueil devraient éviter de faire pression sur les pays d’origine et aider ces derniers à perfectionner leurs systèmes de protection de l’enfance. Les fonctions des autorités centrales ont à la fois une dimension nationale et internationale. L’attention a été portée sur le Programme d’assistance technique en matière d’adoption internationale, coordonné par la Conférence de La Haye, qui aide les Etats contractants à mettre en place l’infrastructure et les procédures exigées pour respecter les normes internationales. A cet égard, la coopération et l’harmonisation entre les pouvoirs publics est nécessaire et doivent être étayées par des sessions de formation et l’échange de meilleures pratiques. De l’avis de plusieurs participants, l’aide financière des Etats membres de l’Union européenne serait la bienvenue.



Conformément aux principes fondamentaux de liberté de circulation à l’intérieur de l’Union européenne, il importe de mettre en place une reconnaissance mutuelle des attestations d’éligibilité à l’adoption et d’aptitude des futurs parents adoptifs, de la publication et de la diffusion des décisions d’adoption.

 


1 Wagner c. Luxembourg (76240/01), E.B. c. France (43546/02) et Emonet et autres c. Suisse (39051/03).



Sources: Conseil de l'Europe. Droit de la famille. CJ-FA. + les discours.

10:43 Écrit par collectif a & a dans Colloque | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, adoption, origine, identité, enfant adopté | |  del.icio.us

23/12/2009

L'adoption internationale est un "trafic d'enfants légalisé", disent Roelie Post et Arun Dolhe

Het draai om geld geld geld.jpgEnsemble, ils ont fondé Against Child Trafficking. Si cela ne tenait qu'à eux, dans cinq ans, l'adoption internationale a disparu.

Au mur de leur petit bureau à Bruxelles pend une grande carte du monde avec des points verts, rouges et bleus. Le vert indique les pays où l'adoption est "ouverte", le rouge les pays qui ferment leurs portes. Et le bleu représente les régions que Roelie Post (49) et Arun Dohle (36) ont examiné jusqu'à présent: le Malawi, l'Ethiopie, la Chine, le Pérou et l'Inde.


L'article complet a été traduit en français par Kim Myung-Sook sur son blog "Fabriquée en Corée".

 

[Via  Pound Pup Legacy - Niels]


Adoption is legalized child trafficking, say Roelie Post and Arun Dohle. Together they founded Against Child Trafficking. If it is up to them, inter-country adoption disappears in five years time.

 

On the wall of their office in Brussels is a large world map with green, red and blue dots. Green for the 'open' adoption countries, red for the countries that closed the doors. And blue ones representing the regions which Roelie Post (49) and Arun Dohle (36) have so far examined: Malawi, Ethiopia, China, Peru and India.

 

Their goal is a "red world": five years from now inter-country adoptions should have been stopped. According to them, it is "legalized trade of children”, where vulnerable children are exchanged for large sums of money. Their description of adoption has, John Le Carré-like features: stolen babies, unscrupulous traders, cheating orphanage directors and forged adoption procedures. This is, as they say, the rule.

 

To make this "commerce" visible and to frustrate it, Post and Dohle, together founded Against Child Trafficking (ACT). In their office, located in Post's basement, the two make long days: "And often the phone rings here at three at night”.

 

The researchers collected information about bad or dubious adoption cases, partially through the Internet. Their database is growing day by day: "We talk to adoptive parents, adoptees, lawyers and professors from around the world." When they stumble upon a case of kidnapped children or other doubtful cases, they inform the adoption agencies and ministries.

 

That hasn't made them popular in the inner circles of adoption. Bertie Treur, Director of Stichting Kind en Toekomst, heaves a sigh at the sound of the names 'Post' and 'Dohle'. "We are very committed to ethical adoptions," she says. "These people are looking for evil. I think it troubling that they assume that adoption agencies act randomly."

In turn, Post and Dohle hold little regard of the agencies, which cooperate in a system they have experienced as sick and corrupt. They see most governments in a negative light too, because time and again, they succumb to the powerful lobby of (prospective) adoptive parents. Their desire to have children is leading, say the two, not the interests of the child.

 

Against those powerful forces, they conduct their guerrilla fight. Post devotes her time to policy and children's rights, while Dohle is the researcher in the field. With a suitcase full of dossiers, he regularly gets on a plain, for example to Ethiopia or India to check the background of adoptees. It is not like the "Spoorloos Method”, says Post. "That TV program brings biological and adoptive parents children back together and that's that. While we think justice must prevail."

Dohle was closely involved in some of the recent high-profile adoption incidents. He worked on the Netwerk broadcast on 'Rahul', the boy who was stolen from his Indian parents at eighteen month, and who is possibly adoption by a Dutch family. Dohle brought the biological parents in contact with a lawyer, whom has for years requested the Dutch adoptive parents for a DNA test, so far unsuccessfully.

 

Dohle and Post, in collaboration with a local human rights organization, also managed to thwart Madonna. The Court of Malawi first refused her adoption of Chifundo 'Mercy' James, because she is not a resident of Malawi, as the law demands. The Judge based his decision on knowledge provided by Dohle, he says. In second instance the U.S. megastar could eventually got the girl. Post laments: "That´s how adoption works. It's all about money, money, money."

Then there was the recent revelation of adoption agency Wereldkinderen that Ethiopian 'orphans', adopted by Dutch parents, appear to have Ethiopian parents that are very much alive. The agency based its conclusions upon a study done by ACT. As a result Wereldkinderen temporarily stopped adoptions from Ethiopia.

 

Dohle and Post's indignation is great, their position clear: Inter-country adoption is not a "last resort" for children in the need, but a lucrative market that serves involuntarily childless couples. Adoption has little to do with 'child protection', they say. Those really wanting to help, should invest in a local child protection, and provide care to poor parents, to prevent relinquishment of children.

 

Recent cases of child trafficking for adoption are not incidents, the two claim. But can they prove that?

 

Yes, say Post and Dohle: they have so far investigated over one hundred adoption cases and found irregularities in all of them, ranging form abduction of children to wrong files, based on which local judges approved an adoption. "It is a crime to dis-inform the court."

And sometimes the paper work is correct, but mothers didn't know what they signed for. Dohle: "They do not understand what it means to waive their parental rights. They think they can take their child back in their arms, when it reaches age 18"

But: over one hundred acts of wrong-doing, does not show that the approximately 36,000 inter-country adoptions per year are not done well. They do not provide evidence of large-scale corruption and crime. Post sighs deeply at this conclusion: "How much more evidence do you need?" She calls it turning the world upside down: "The adoption agencies should provide evidence that their adoptions are ethical. But that they can and will not do. These agencies stay inactive, they don't investigate anything. Their records are often so vague, you wouldn't buy a second hand car based upon them."

But a messy file does not yet indicate child trafficking or unethical adoption? Post: "The biggest problem is that parents who consider relinquishing their child, for example because they have no money for food, usually don't receive any alternative help. No coaching, no loan, no other recourse but relinquishment and adoption. Adoption Agencies have all sorts of aid projects, but those are intended for other families, not for parents that potentially relinquish. "

 

Doesn't the evil Dohle and Post are convinced of, not color their perception? "If only that were true," says Post. "We are not against adoption, but against child trafficking. Unfortunately those two can not be distinguished from one another."

 

Who are the adoption fighters?


Roelie Post acquired her knowledge about adoption in Romania, where she worked on behalf of the European Commission, for many years. She saw crowded orphanages and aggressive foreign adoption agencies running their "Legalized child trafficking". "The supply was made to match the high demand," Post says. In her book "Romania. For export only. The untold story of the Romanian orphans" (2007) she reports about her experiences.

 

Together with the Romanian authorities, the European Commission, closed the major children's homes and established a system of child protection, that takes care of Romanian children in their own country. But an active lobby kept pressing for the 'export' of Romanian children, which Post strongly opposes.

 

That lobby made her work for the European Commission impossible Post said. She was finally seconded to Against Child Trafficking (ACT), an organization she founded herself. "I've seen children get sucked into the system, instead of helping them," she says. "I must share my knowledge about adoption, that is my social responsibility. Nobody else comes up for these children."

 

Post found a supporter: Arun Dohle, an Indian who was adopted by German parents. Dohle has been doing research into his own roots from India, for years. He suspects that he is an illegitimate child of a member of the famous Pawar family. Before the court of Bombay, Dohle demanded the identity of his mother to be revealed, but the case so far is hindered by "the power of the family". His quest became a true Indian media hype. "Son of Pawar wants to know who his mother is," the newspapers headlined.

 

"I discovered my adoption is complete shit, the paperwork is nothing but a bunch of lies," says Dohle. "Nowhere in my file is a waiver of parental rights, signed by my mother. I think they took me away from her under duress." Dohle also examined some hundred adoption files from other adoptees, which according to him, all contain irregularities.

 

Repère

 

- Australia. Overseas adoptions halted.
The Attorney-General's Department halted Australia's largest international adoption program.
Australia has an average 300 international adoptions a year, the largest number, about 40, from Ethiopia. But the program has been suspended amid fears a request for payments to help needy children left behind breaks international laws on child trafficking.
A spokesman for the Attorney-General's Department said: "The apparent link between the provision of financial assistance and the referral of children for adoption is inconsistent with our understanding of our obligations under the Hague Convention.
"Given these concerns, the Attorney-General considered it was not possible for the program to continue accepting new referrals of children until the review of the program was completed."
Sydney Morning Herald | 27.12.2009

 

- Prévention des abus dans les procédures d'adoption. Suggestions et bonnes pratiques.
Discours de Marlène Hofstetter, Terre des hommes – aide à l'enfance lors Hofstetter, lors d'une conférence au Conseil de l'Europe à Strasbourg. 01.12.2009


- «Les parents adoptifs sont un lobby puissant»
Une analyse de Marlène Hofstetter, responsable des adoptions pour la Fondation Terre des hommes.
Dans le journal suisse "Le Temps" | 16.11.2007

 

- Trafic d’enfants et adoption internationale.
Des informations plus précises sur ce sujet dans l’article de Brigitte TRILLAT et Sylvia NABINGER, Adoption internationale et trafic d’enfants : mythes et réalités, Revue Internationale de Police Criminelle (INTERPOL), janvier-février 1991.
France. Diplomatie. Ministère des affaires étrangères et européennes. 2008.

 

- Le contexte global de l'adoption internationale.
Un déséquilibre flagranr entre les besoins des enfants et le désir des candidats adoptants.
Quelle relation entre la situation prévalant dans les pays d'origine et le nombre d'adoptions internationale s'y déroulant au même moment?
Des standards internationaux pour tenter de diminuer la pression de la demande sur les pays d'origine.
ISS/SSI. Mars 2007.

 

19/12/2009

Une étude suggère que les orphelinats ne sont pas aussi mauvais.

PLoS ONE A Comparison of the Wellbeing of Orphans and Abandoned Children Ages 6–12 in Institutional and Community-Based Care Settings in 5 Less Wealthy Nations.jpgStudy Suggests Orphanages Are Not So Bad




A new study challenges the widespread belief that orphans in poor countries fare best in family-style homes in the community and should be put into orphanages only as a last resort. On the contrary, the care at orphanages is often at least as good as that given by families who take in orphaned or abandoned children, the new research finds.


“We are seeing children thriving in institutions,”
said Dr. Kathryn Whetten, director of the Center for Health Policy at Duke University and the first author of the study on orphans in South Asia and Africa, which was published online on Thursday by the journal PLoS One. “Institutions are not so bad. Community life can be very hard.”


The findings mean that there is peril in blanket generalizations about what is best for orphans, because there are good and bad versions of both orphanages and family homes, Dr. Whetten said.


“There’s a big push now to say institutions are bad,” she said, adding that the pressure had come from influential groups like Unicef, and could force the closing of orphanages that are taking excellent care of orphaned and abandoned children.


A spokeswoman for Unicef said officials had not read the report and could not comment on it.


Some countries, like Malawi, have begun experimenting with programs in which extended families are paid to take in orphaned relatives. Advocates say the programs keep children with their own families and cost far less than orphanages.


The question of how best to care for orphans is urgent and becoming more so, because the numbers are huge and growing. Worldwide, an estimated 143 million children have lost at least one parent. In Africa, about 12 percent of all children are orphans. Many parents have died from AIDS and other infectious diseases, pregnancy complications and natural disasters.


The study was conducted in five countries in Asia and Africa: Cambodia, Ethiopia, India, Kenya and Tanzania. Researchers visited 83 institutions from May 2006 to February 2008; they studied 1,357 orphans ages 6 to 12 who were in institutions and 1,480 who lived in homes in the community. The orphanages had, on average, 63 children each; 28 percent had 20 or fewer children, and 17 percent had 100 or more. The researchers assessed the children’s health, behavior, physical growth, intellectual functioning and emotional state.


The children living in orphanages generally fared as well as those in the community, or even better, the researchers found.


Dr. Whetten said orphanages in Africa and Asia were very different from the barren asylums included in previous studies in Britain and Romania that found institutions harmful.


She provided a separate report that described some of the orphanages. One, in Battambang, Cambodia, had 252 children living in 27 traditional Khmer homes inside a “large, airy, well-maintained gated compound” with gardens, a basketball court, a playground and plenty of open space. The people caring for the children had been orphans themselves or were widows, and the orphanage tried to make sure each child had at least one “parent and sibling.”


As for the African and Asian orphanages, the report in PLoS says, “Many institutions grew out of the community to meet the need of caring for the new wave of orphans and are a part of the community in a way that institutions in other regions and perhaps of the past were not.”


The pressure to move children quickly out of orphanages could endanger them, Dr. Whetten said, by sending them back to abusive or neglectful families.


“We’re not saying kids should be in institutions,” she emphasized. “We’re saying they’re not necessarily a bad option. We need to look at it as a feasible option for communities that are overwhelmed.”



Source:  The New York Times. Denise Grady. 17.12.2009

 

- Orphanages Rival Foster Homes for Quality Child Care
Contrary to popular melodramas and musicals, orphanages in many countries seem to take care of abandoned children just as well as adoptive homes.
Scientific American.



- Study finds orphanages are viable options for some children
Science Blog.

 

- Orphanages Not So Bad, After All
Family Preservation Advocate

09:22 Écrit par collectif a & a dans Etude - Recherche | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : orphelins, orphelinat | |  del.icio.us

17/12/2009

Trois articles de la revue "Wereldkinderen". La plus importante agence d'adoption aux Pays-Bas

BetterCareNetworkNL.jpg[Via Better Care Network Netherlands.]

 


150 millions d'orphelins ??
Ina HUT, directrice
Opinion de Wereldkinderen. Enfants du monde. Février 2008.


"L'adoption n'est pas un but en soi."
Ina HUT à propos de l'adoption, l'aide projet et les médias.
Directrice du plus grand organisme d'adoption aux Pays-Bas.
Opinion de Wereldkinderen. Enfants du monde. Septembre 2007.


Vision sur l'adoption internationale.
L'avenir de l'adoption : compétition internationale ou à terme plus nécessaire?
Opinion de Wereldkinderen. Enfants du monde.

Source: Better Care Network Netherlanths. Documentatie.

 

Repères


- Pays-Bas. ”Enfants du Monde” arrête...
Récemment, Ina Hut, l'ancienne directrice d'Enfants du Monde avait démissionné après des intimidations du Ministre de la Justice suite aux enquêtes [...] être lu sur TT.com En savoir plus - Adoption agency in child kidnap probe The Vienna- [...]
Lire la suite


- Pays-Bas. La directrice de l'organisme...
[Via United Adoptees International - News] Ina Hut, la directrice d'Enfants du Monde, dit que l'Autorité Centrale des Pays Bas l'a forcée à renoncer à [...] : L'industrie de l'abandon des nourrissonsqui décrit la façon dont le programme d' [...]
Lire la suite

 

- ”En Occident, le désir d'enfants et les...
2009-08-20 11:25:00 Ina HUT, directrice de Wereldkinderen, la plus importante agence pour l'adoption internationale aux Pays-Bas. [...] Ina Hut, la directrice d'Enfants du Monde la plus grande agence d'adoption aux Pays-Bas, dit qu'elle est lasse [...]
Lire la suite

10:31 Écrit par collectif a & a dans Avis d'expert | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ina hut, adoption internationale, nederland | |  del.icio.us

16/12/2009

"Les forces économiques sont entrées en jeu qui, en dépit des intentions sincères de la plupart des parents adoptifs et d'un suivi consciencieux des autorités, ont conduit inévitablement à des effets indésirables". Brigitte Slot.

De Standaard.jpgKind zoekt ouders

   

De STANDAARD ANALYSE — 'Adoptie bevindt zich wereldwijd in crisis' kopte De Standaard gisteren. In Brussel ging die dag een staten-generaal van start die de knelpunten voor Vlaanderen onder de loep moet nemen. Eén van de grootste problemen? Te weinig kinderen voor te veel ouders. Er staan in Vlaanderen meer dan 400 kandidaat-ouders op een wachtlijst. Ter vergelijking: vorig jaar werden 210 buitenlandse kindjes door Vlamingen geadopteerd. Dat terwijl Bulgaarse weeskinderen nog altijd in erbarmelijke omstandigheden opgroeien of de straten van Calcutta overspoeld worden door bedelende weeskinderen.


Dat tekort aan buitenlandse kinderen er niet altijd geweest. Brigitte Slot, beleidsmedewerker bij het ministerie van Financiën in Nederland, schrijft in Justitiële Verkenningen over de beginjaren van adoptie: 'Het aanbod was vele malen groter dan de vraag. Oorlog, armoede, sociale ontwrichting, waren oorzaak van een niet onaanzienlijk aanbod van kinderen.'


Redmiddel


Uit die situatie vloeide een specifieke mentaliteit voort, typisch voor de jaren zeventig. 'Adoptie werd lange tijd gezien als een daad van mededogen', zegt Slot. 'Als laatste redmiddel om een kind zonder ouders kans te bieden op een menswaardig bestaan. In professioneel opzicht was adoptie het exclusieve terrein van maatschappelijk werkers, psychologen en juristen. Adoptie werd uitsluitend door een humanitaire bril bezien.'


Maar adoptie is ook handel, zo concludeert Slot, en het is dat steeds meer geworden. 'Met het groeiende aantal internationale adopties ontstond een nieuwe situatie. Vraag en aanbod werden door professionele partijen op elkaar afgestemd. Daaromheen ontstond een dienstverlenende industrie om adoptie in goede banen te leiden en problemen waar mogelijk op te lossen. (...) Op deze manier zijn economische krachten in het spel gekomen die, ondanks de oprechte bedoelingen van de meeste adoptieouders en een gewetensvol toezicht door overheden, onvermijdelijk tot onwenselijke effecten leiden.'


Die 'ongewenste effecten' kwamen genadeloos aan het licht wanneer geadopteerde kinderen op volwassen leeftijd op zoek gingen naar hun roots. 'Er zijn heel wat schrijnende situaties bekend van kinderen die helemaal niet afgestaan waren', zegt Inge Demol van Vereniging voor Kind en Adoptiegezin vzw (VAG). 'Het kind was gewoon naar het ziekenhuis gebracht, bijvoorbeeld, omdat het ziek was. Wanneer het weer beter was, ging het naar het weeshuis. De ouders wisten van niets. Kan je je inbeelden wat dat met iemand doet?'


Misbruiken


Het zijn dat soort misbruiken die in 1993 tot het Verdrag van Den Haag geleid hebben. Elk land dat kinderen ter adoptie aanbiedt en dat het verdrag ratificeert, engageert zich om eerst binnen de eigen landsgrenzen een oplossing te zoeken voor het kind, alvorens het aan te bieden voor internationale adoptie. Landen aan de 'ontvangende' kant engageren zich dat de adoptieprocedure zo zorgvuldig mogelijk plaatsvindt.


De inhoud van het verdrag wijst op een mentaliteitsverandering sinds de jaren zeventig. 'Terwijl vroeger eerder de mentaliteit heerste dat het kind dankbaar moest zijn dat het gered werd, vindt men nu dat het kind in de eerste plaats in het herkomstland een plekje moet krijgen', zegt Demol. 'Het Haagse Verdrag heeft in eerste instantie de bedoeling om het kind te beschermen. Een kind is dus pas “adoptabel, als het geen familie in eigen land heeft. Het is vandaag (gisteren, red.) ook op de staten-generaal gezegd: er moeten ouders gezocht worden voor het kind en geen kind voor de ouders.'


Sinds China in 2006 het verdrag ratificeerde, daalde het aantal adopties in Nederland met een derde. Iedereen is het over eens dat het Haagse Verdrag aan de basis ligt van het slinkende aanbod. Maar met de misbruiken en schandalen die aan het licht kwamen, ontstond ook een gevoel van schaamte dat het aanbod mee kan hebben beïnvloed. 'Autoriteiten gaan daarom eerst in eigen land op zoek gaan naar een oplossing', zegt Leen Du Bois van Kind en Gezin. 'We krijgen vaak te horen dat er zoveel weeskinderen zijn die wereldwijd op straat opgroeien, maar zo simpel ligt het dus niet. Omdat ze op straat leven, zijn ze nog niet adoptabel.'


Bron: De Standaard. Valerie Droeven. 15.12.2009.

 

14/12/2009

France. La Voix des adoptés: "Il faudrait des structures réservées à la post-adoption, comme il en existe en Espagne dans toutes les régions, ouvertes à tout âge et sans délai d’attente."

La Voix des Adoptes Fr.jpgCéline Giraud, Présidente de la Voix des adoptés, revient sur la place et les attentes des adoptés en France.



La Croix. Quel est l’apport des adoptés en France sur les questions liées à l’adoption nationale et internationale ?


Céline Giraud : L’essentiel se fait dans leurs interventions auprès des parents adoptifs. Les professionnels apportent de leur côté beaucoup de chiffres, de notions, de données psychologiques, mais les adoptés apportent leur vécu. Cela permet aux parents adoptifs de s’identifier à une expérience concrète plus qu’à des statistiques, parce qu’ils se projettent, eux et leur enfant, dans nos témoignages et nos ressentis. Aujourd’hui, La Voix des adoptés s’est également aperçue qu’elle était capable d’apporter une analyse à partir des expériences ; un point de vue complémentaire qui intéresse aussi bien les associations que le service de l’adoption internationale. On peut aussi faire bouger les lignes sur certains sujets, tels que la recherche des origines ou encore le trafic d’enfants, dont je suis moi-même issue et qui demeure encore tabou.


Quelles évolutions constatez-vous concernant la recherche des origines dans les familles adoptives et chez les adoptés eux-mêmes ?


Il y a cinquante ans, être adopté restait quelque chose d’un peu honteux : toute une génération dans les années 1950 a ainsi vécu sous le sceau du secret, voire du mensonge. Aujourd’hui, c’est une énorme évolution que l’on connaît : on doit pouvoir en parler en famille, accepter cette éventualité de la recherche des origines.  Mais cette évolution n’est pas terminée. Il y a encore beaucoup de parents dépositaires d’une histoire qu’ils jugent nécessaire ou pas de retransmettre à leur enfant. En même temps, tous les professionnels, les associations et les instances officielles vont dans le sens de l’intérêt premier de l’enfant et de l’accès à ses origines s’il le désire. Or, les parents adoptifs agissent beaucoup en fonction de ce qu’ils entendent au moment où ils adoptent. Actuellement, ils sont beaucoup moins démunis et peuvent profiter de nombreux points d’information, des maisons de l’adoption, des espaces adoption ou d’Internet…


Internet, justement, vient-il bouleverser la manière d’enquêter sur ses origines ?


Le recours à Internet se développe en effet depuis plusieurs années, mais il y a un revers à la médaille. Les sites ou réseaux sociaux comme Facebook sont si nombreux que c’est devenu un moyen de recherche, notamment pour des adolescents. On a des retrouvailles par Internet. Mais cela peut être dangereux, surtout sur le plan psychologique pour une personne isolée par exemple, car les informations tombent d’un coup. Alors que l’accompagnement dans ces moments est fondamental. Il ne faut pas oublier que si l’on a été adopté, c’est souvent parce qu’on venait d’une famille malheureuse, qu’il y a tout un lot d’histoires douloureuses derrière; et la découverte de la vérité peut être violente, encore plus à l’époque si fragilisante de l’adolescence. On déconseille d’ailleurs assez souvent les recherches à l’adolescence, en proposant des alternatives comme la possibilité d’être parrainé par un adulte adopté.


Un projet de réforme de l’adoption est en cours. Quelles sont les améliorations qui s’imposent, selon vous ?


La grande réforme prévue à la suite du rapport Colombani a trait surtout aux démarches de l’adoption. Elle a le souci de l’accompagnement des parents, mais elle porte très peu sur la post-adoption. Ce sujet est bien trop peu abordé. Une fois que les enfants sont arrivés dans leur famille adoptive, il leur reste tout un chemin à parcourir. Les questions peuvent venir très tard, même soixante ans après. Ce n’est pas encore acquis chez les acteurs du monde de l’adoption... Les associations font déjà un très bon travail, mais n’ont pas les moyens d’aller suffisamment loin. Il faudrait des structures réservées à la post-adoption, comme il en existe en Espagne dans toutes les régions, ouvertes à tout âge et sans délai d’attente. Il s’y déroule des groupes de parole, des ateliers, des suivis personnalisés ou encore des thérapies familiales, et c’est cela qui manque encore en France.


Source: La Croix.

 

Repères

 

- Des adoptés à la recherche de leur passé.
Pour bien des adoptés, il est difficile de construire un avenir sans connaître ses origines. Récit de trois parcours parfois douloureux.
Source: La Croix. 11.12.2009.

- Connaître ses origines personnelles : quels droits pour l’enfant

- La recherche des origines par les enfants adoptés en Belgique francophone.
Novembre 2005.

- Belgique. Initiatives en matière d'accompagnement post-adoptif.


- La post adoption: vers un équilibre des droits et intérêts des adoptés des adoptants et des familles d'origine.
Contribution d' Isabelle Lammerant (SSI/CIR) au Séminaire européen sur la post-adoption organisé à Florence par ChildONEurope le 26 janvier 2006.

12/12/2009

Vietnam. Rapport d'évaluation du SSI sur l'adoption internationale et domestique.

Vietnam rapport SSI adoption.jpgAdoption from Viet Nam.
Findings and recommendations of an assessment.



Cette évaluation a été effectuée par Hervé Boéchat, Nigel Cantwell et Mia Dambach du Service Social International (SSI)
Novembre 2009.



Résumé des principales observations


- The level and nature of intercountry adoptions (ICA) from Viet Nam are essentially influenced by foreign demand.
Thus, the availability of children who are “adoptable” abroad corresponds more to the existence of foreign prospective adopters than to the actual needs of “abandoned” and orphaned children. As a result, the overwhelming majority of adopted children are under 1 year of age, the age-group most sought by prospective adopters.  Since only a relatively small and ever-decreasing number of other “countries of origin” are currently making children of this age “adoptable” abroad, foreign actors have proved willing to accept conditions put in place by Viet Nam for processing these adoptions. There is also considerable pressure from abroad for Viet Nam to continue as a “source” of very young children.


- The circumstances under which babies become “adoptable” are invariably unclear and disturbing.
Declarations of so-called “abandonment”, which is notoriously difficult to investigate, are intriguingly frequent, but with unexplained “peaks” and “troughs”. Procedures for verifying the child’s status and, inter alia, for ensuring free and informed consent to adoption are inadequate and inconsistent. Decision-making on the availability of a child for ICA as opposed to a domestic solution (including return to the biological family) seems to take no account of the subsidiary nature of adoption abroad, with little or no effort being made to establish the child’s real need for the latter or to identify in-country care opportunities.


- The ICA procedure is influenced by a remarkably unhealthy relationship that can exist between agencies and specific residential facilities.
It involves compulsory and sizeable financial contributions by agencies in the form of “humanitarian aid” to facilities that they themselves have identified as potential “partners” in ICA. The question of “aid” generally seems to be given far more importance than ensuring that ICA is resorted to as an exceptional measure on a case-by-case basis. Agencies compete with each other to secure children and tend to expect that children will be “indicated” to them for ICA processing according to the amount of humanitarian aid provided. Agencies are subject to little or no monitoring, and neither they nor the residential facilities they work with have any incentive to address or notify problems, since the way the system presently functions is to the advantage of both.


- Governments and Central Authorities of “receiving countries” – collectively at least, and individually in many instances – have not effectively committed themselves to applying the basic principles of the THC-93, or the recommendations of the Special Commission on the treaty’s practical operation, in their dealings with Viet Nam.
They have therefore been sending out mixed – and hence eminently unhelpful – messages on the acceptability of the current system. These frequently seem to respond more to pressures within their respective countries than to tackling identified problems. In most cases, embassies have virtually no knowledge of how their country’s agencies are operating, let alone being in a position to verify the compliance with international standards of adoptions to their country.


- Viet Nam’s desire for rapid accession to the THC-93 constitutes a highly positive perspective.
It will nonetheless require not only far-reaching legislative changes, which Viet Nam already envisages, but also a fundamental change in outlook, including in particular a total divorce between “humanitarian aid” or other financial contributions and the ICA of those of its children who may require this measure. The success of reform efforts will depend not only on Viet Nam itself but also on the willingness and ability of foreign actors other than agencies to provide active assistance, including in the development of preventive child welfare measures and of functioning child protection systems, based on a deinstitutionalisation strategy and the consequent expansion of alternative care options for vulnerable children.



ICA: Intercountry adoption
THC-93: The Hague Convention of 29 May 1993 on Protection of Children and Co-operation in Respect of Intercountry Adoption


Source: Office of the Minister for Children and Youth Affairs, Hawkins House, Dublin 2.

 

Repères


- Unicef queries circumstances of adoptions from Vietnam
The Irish Times | 24.11.2009

- Vietnamese adoptions face scrutiny
The Irish Times | 21.09.2009

11/12/2009

Canada. La Maison de L'Escargot : une maison pour enfants en situation d'abandon présentant des troubles de l'attachement.

Maison l Escargot.jpgLa Maison L’Escargot du Centre jeunesse de la Montérégie s’est vu remettre le Prix d’excellence santé et services sociaux de l’Institut d’administration publique de Québec après avoir remporté, il y a un mois, le Prix d’excellence du ministère de la Santé et des Services sociaux.

 

 

La maison L’Escargot est un milieu de réadaptation conçu spécifiquement pour accueillir six enfants de moins de six ans qui présentent des troubles sévères de l’attachement et vivent une situation d’abandon par leurs parents.

 

À cause de leurs retards de développement et de leurs problèmes de conduites, ces enfants « brûlent » systématiquement les familles d’accueil où ils sont placés. Sans un milieu de vie stable, sans l’accompagnement et les nombreux services spécialisés dont ils ont besoin, c’est une spirale de déplacements et de ruptures répétées qui s’enclenche et la répercussion de problèmes pour la vie.

 

La Maison L’Escargot, unique en son genre au Canada, offre à ces enfants ce milieu de vie stable, chaleureux et sécurisant. À l’aide d’un accompagnement personnalisé et d’une intervention intensive spécialisée, les enfants de L’Escargot y reconstruisent la base de leur identité et retrouvent une capacité d’attachement suffisante pour envisager un projet de vie dans une famille. Leur institutionnalisation est ainsi évitée et ils auront plus de chances de devenir des adultes responsables.

 

Une équipe d’experts a bâti un programme d’intervention novateur qui conjugue les connaissances sur les troubles de l’attachement avec les pratiques de la réadaptation, réadaptées elles-mêmes aux tout-petits. La direction et les représentants syndicaux ont convenu de règles de travail pour favoriser une présence continue auprès des enfants. Un long démarchage a permis d’obtenir les fonds supplémentaires exigés par l’aménagement du lieu, l’accompagnement plus intensif des enfants et la panoplie de services spécialisés à leur fournir.

 

Les résultats sont maintenant bien tangibles : Trois enfants ont intégré un milieu familial permanent. Un quatrième est en intégration progressive. Ils ont tous rattrapé leurs importants retards de développement. La médication de plusieurs a été réduite. Ils ont acquis la confiance et les habiletés sociales pour entrer en relation avec leur entourage. Quatre autres enfants vivent actuellement à la Maison l’Escargot. De plus, le savoir issu de cette expérience fait boule de neige dans les milieux d’intervention et scolaires de sorte que l’intervention de pointe qui s’y fait a permis de faire avancer les connaissances et les modes de pratique au profit de nombreux autres enfants vivant ces mêmes problèmes. Enfin, la couverture médiatique positive de la Maison L’Escargot a sensibilisé la population à la situation des enfants confiés à des centres jeunesse si bien que des gens d’affaires et du milieu politique s’impliquent à la cause de cette maison peu commune.

 

Ce prix vient reconnaître le caractère novateur de la Maison l’Escargot et l’apport inestimable auprès des enfants qui en bénéficient. Il reconnaît aussi la persévérance et l’expertise du personnel du Centre jeunesse de la Montérégie et la contribution indispensable des partenaires que sont la Fondation du CJM, la Fondation Lucie et André Chagnon, les gens d’affaires de Longueuil et tous les autres donateurs issus tant du milieu politique que du grand public.

 

À PROPOS DE L’INSTITUT D’ADMINISTRATION PUBLIQUE DE QUÉBEC


L’institut d’administration publique de Québec est un organisme sans but lucratif dont la mission est de promouvoir l’excellence dans l’administration publique en encourageant les pratiques exemplaires et en reconnaissant le travail des personnes qui ont atteint de hauts standards dans ce domaine.

 

À PROPOS DU CENTRE JEUNESSE DE LA MONTÉRÉGIE


Le Centre jeunesse de la Montérégie est un établissement offrant des services spécialisés de protection, de réadaptation et d’hébergement sur l’ensemble du territoire à travers 26 points de service. Les services s’adressent à des jeunes âgés de 0 à 18 ans et à leur famille. L’établissement offre aussi des services d’adoption et de retrouvailles.


Source: Santé Montérégie.

08:45 Écrit par collectif a & a dans Troubles DSM-IV | Lien permanent | Commentaires (2) | |  del.icio.us