Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« La conférence du Conseil de l'Europe se révèle comme un réseau de lobby pour l'adoption. | Page d'accueil | Irlande. Suspension de l'adoption internationale avec le Vietnam. »

09/01/2010

Adoption internationale. Un déséquilibre flagrant entre "l'offre et la demande"

adoptions steadly decreasing.jpgUn déséquilibre flagrant entre les besoins des enfants et le désir des candidats adoptants.
Des standards internationaux pour tenter de diminuer la pression de la demande sur les pays d’origine.

 

 

- Mars 2007. Le Centre international de référence pour les droits de l’enfant privé de famille (SSI/CIR) écrit dans son article "Le contexte global de l'adoption internationale.":

...

Depuis quelques années, force est de constater que la pratique de l’adoption internationale est confrontée à des tensions toujours plus importantes. D’un côté, les sociétés occidentales sont toujours plus enclines à adopter des enfants en provenance des pays émergents afin de palier, notamment, au problème de l’infertilité dont elles souffrent de plus en plus. La globalisation du monde, l’accélération des moyens de communication ainsi que la diffusion toujours plus large et rapide d’images d’enfants victimes de la pauvreté, de la guerre ou de catastrophes naturelles contribuent également à cet engouement pour l’adoption internationale. Mais cet « appétit » crée une pression très forte sur les pays d’origine. Ce d’autant plus que de leur côté, ceux-ci sont davantage qu’avant en mesure de contrôler les naissances, réduire la pauvreté et encourager l’adoption nationale. Ils proposent donc de moins en moins d’enfants en adoption internationale et nombre d’entre eux ne sont plus en mesure de « libérer » suffisamment d’enfants pour répondre aux demandes d’adoption des pays d’accueil.

Il est désormais commun d’analyser cette situation en termes économiques : la « demande » étant plus forte que « l’offre », l’équilibre est rompu et peut conduire à toute sorte de comportements dangereux, au mépris de l’intérêt des enfants. Ce risque est d’autant plus grand que le déséquilibre n’est pas seulement quantitatif. Il est aussi qualitatif. En effet, l’immense majorité des candidats adoptants souhaite adopter un bébé ou un enfant en très bas âge et en bonne santé. Or, en raison des évolutions dont nous avons parlé plus haut, ces enfants sont de moins en moins adoptables au niveau international. En revanche, de nombreux enfants plus âgés, porteurs d’une maladie ou d’un handicap même bénin, ou des fratries sont en besoin d’adoption. Mais il est souvent extrêmement difficile de trouver une famille d’accord de les adopter.

SSI/CIR. Fiche de formation N° 33. Mars 2007.




- Avril 2007. Dans son éditorial, l'équipe du SSI/CIR écrit "L’adoption internationale ne trouvera son équilibre que si pays d’origine et pays d’accueil prennent les mesures nécessaires."



Si les pays d’origine prennent toujours plus de mesures pour se protéger de la pression des pays d’accueil en « manque d’enfants », ces derniers doivent maintenant trouver le moyen de mieux gérer le flux de leurs candidats adoptants.


L’adoption internationale peut-elle trouver son point d’équilibre ? ...
...
L’application et le respect de la Convention des droits de l’enfant de 1989 et de celle de La Haye de 1993 sur l’adoption internationale sont indispensables à la garantie de l’intérêt supérieur des enfants, mais restent insuffisants tant que l’ensemble des acteurs impliqués ne prendra pas de véritables dispositions pour enrayer le déséquilibre croissant entre le nombre d’enfants proposés en adoption internationale et le nombre de candidats adoptants.

...


L’adoption internationale ne trouvera son équilibre que si chaque acteur fait sa part du chemin. Nous sommes conscients qu’initier de telles démarches demande un réel courage politique, ainsi qu’un véritable effort didactique de la part des pays d’accueil. Si les professionnels de l’adoption sont souvent conscients de ce phénomène, il devient de plus en plus urgent d’en informer le public et de lui proposer d’autre moyens de soutenir l’enfance en détresse.

ISS/CIR. Bulletin Mensuel n° 4/2007. Avril 2007.



- Février 2008. Dans son intervention, M. Didier Dehou, Représentant de l’Autorité centrale de la Belgique francophone écrit:

...
On assiste aujourd’hui à un déséquilibre croissant entre le nombre d’enfants en besoin d’adoption internationale et le nombre de candidats adoptants.
Ce déséquilibre – parce qu’il s’exerce par des ressortissants de pays riches sur des structures de pays plus pauvres - peut créer – s’il n’est pas régulé – une pression porteuse de tous les dangers en termes de dysfonctionnement institutionnel, en termes de dérapages éthiques, en termes d’insuffisance de garanties sur l’origine et l’adoptabilité des enfants proposés à l’adoption, en termes de corruption et de profits indus, en termes de trafics d’enfants. Essayer de réguler ce déséquilibre est l’une des responsabilités majeures des autorités centrales des pays d’accueil, sans doute la plus difficile car elle risque de heurter de plein fouet le désir d’enfant de nos candidats adoptants, désir hautement respectable en soi mais souvent soutenu sans distance, de manière démagogique ou aveugle par certains. Cette responsabilité résulte pourtant directement de l’esprit de co-responsabilité préconisé par la Convention de La Haye de 1993, convention que nos pays ont tous ratifiée.
Ne pas imposer aux autorités compétentes d’un pays d’origine la pression de « nos » candidats adoptants est l’une des conditions de base pour permettre à ces autorités d’exercer dans des conditions normales leurs responsabilités d’autorités centrales de pays d’origine, notamment en matière de garanties sur l’adoptabilité des enfants.

Fondation Terre des hommes.

 


- Décembre 2006. En Belgique francophone, le Conseil Supérieur de l'Adoption (CoSA) rend un avis sur le décalage entre l'« offre d'adoption » et la « demande d'adoption ».

Le CoSA écrit :
"Il ne peut être nié qu’un décalage existe.
Du constat qui précède découle inévitablement un déséquilibre croissant entre les possibilités d’adoption d’enfants dans les pays d’origine de ceux-ci et les demandes d’adoption introduites dans les pays où vivent les candidats adoptants. Ce déséquilibre est donc une réalité mondiale. Il a été clairement mis en lumière par les experts internationaux, parmi lesquels Madame LAMMERANT : « Il résulte de ces tendances contraires un déséquilibre croissant entre les besoins des enfants adoptables et les demandes des parents adoptifs potentiels. En France par exemple, au moins « 35% des familles agréées (pour l’adoption) chaque année ne se verront pas confier d’enfant ». Selon l’UNICEF, à l’échelle mondiale, « les demandes d’adoption semblent excéder le nombre d’enfants adoptables en ce qui concerne les jeunes enfants en bonne santé, bien qu’il soit  nettement impossible à ce stade d’en estimer la proportion. L’inverse semble toutefois avéré dans le cas des enfants considérés comme difficiles à placer, pour lesquels il y a un manque sérieux de parents adoptifs potentiels » .  "

À ces réalités viennent s’en ajouter d’autres :

1°    Les relations interétatiques en matière adoptive se situent actuellement dans un climat de concurrence, chaque autorité centrale d’États d’accueil s’efforçant de se placer en position privilégiée dans les États d’origine. Dans ce contexte, le rapport des forces entre petites entités fédérées (comme l’est la Communauté française de Belgique) est défavorable par rapport à des États puissants (comme les États-Unis d’Amérique, la France, l’Allemagne, le Canada,…). Ces derniers sont en mesure de négocier avec les pays d’origine d’enfants adoptables en vue de recevoir priorité pour leurs candidats adoptants dans l’examen des dossiers adoptifs.

2°    Dans certains États d’origine, la tendance actuelle est de prévoir des « quotas » de propositions d’enfants adoptables fixés selon l’importance des États d’accueil.


Le rapport complet de la CoSA.

 

---

Lire aussi : L'offre et la demande.
Sur le blog "Dialogue avec une cigogne" de Véro & FrancK.

 

20:14 Écrit par collectif a & a dans Avis d'expert | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : adoption internationale, ssi, cosa | |  del.icio.us