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« Ces enfants qui deviennent des marchandises. | Page d'accueil | L’adoption n’est pas une action humanitaire d’urgence »

13/02/2010

Abolir l'aide - adoption. Ou pas?

De Wereld is van Iedereen.jpg

Ceci est la traduction de l'article "Schaf de hulp adoptie af. Of niet?" paru sur le blog "De Wereld is van Iedereen".
Auteur : Michiel, père de deux enfants nés en Colombie.




L’économiste zambienne Dembisa Moyo soutient que l’aide au développement attise la corruption et sape l'autonomie des pays en voie de développement.

"Je ne nie pas que l'aide au niveau individuel améliore et sauve des vies à court terme. Les nouvelles pompes à eau potable allègent brièvement l'existence. Mais, dans son ensemble, le pays n'ira pas mieux. Au contraire, l’aide est contre-productive et contribue à créer plus de pauvreté." [de Volkskrant]

Je vois un parallèle frappant avec l'adoption internationale. Cela peut également contribuer à ce que les pays investissent insuffisamment dans la protection des enfants, de l'aide aux familles à problèmes (*) et conduire à la corruption et au trafic d'enfants.


Mais Moyo a également rencontré la critique. Premièrement, il y a beaucoup d'autres causes que la pauvreté, comme l'impact, l'influence du colonialisme. Si le monde devrait suivre l'avis de Moyo, beaucoup de gens qui vivent maintenant, seraient mortes. A cela Moyo répond: «Ce qui est encore plus cruel, c'est d'emprisonner délibérément les Africains dans la pauvreté pour soixante années supplémentaires. »


Les partisans de l'adoption internationale utilisent des arguments similaires: il y a maintenant des enfants qui ont besoin d'urgence d’une famille et qui sans l'adoption internationale auront un avenir sombre. Et même encore sans l'adoption, des enfants sont victimes de traite.
Les opposants indiquent que de nombreux adoptés ne sont pas heureux parce qu'ils sont séparés de leurs familles d'origine.

 

La principale différence entre le débat sur l'aide au développement et le débat sur l'adoption est qu'il n' y a pas dans le monde de l'adoption un "gourou" renomé, brillant et convaincant que tout le monde veut écouter.

 

(*) Michiel, l'auteur du blog "De wereld is van iedereeen" fait référence à l'étude anglaise sur la relation entre les structures de soins institutionnels et l'adoption internationale d'enfants en Europe. Shihning Chou et Kevin Browne.


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‘‘L’aide fatale’’ de Dambisa Moyo
Observatoire du Sahara et du Sahel

 

Dead aid : sortir l’Afrique de l’impasse.
Guillaume Vuillemey, Institut économique Molinari.
Le Monde


Plus de Moyo, moins de Bono.
Pierre-Antoine Delhommais.
Le Monde

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Faut-il stopper l’adoption internationale?



faut il stopper l'adoption internationale.jpgAprès le scandale de l’Arche de Zoé, le secteur de l’adoption est en crise. Christine Piffaretti, de l’association suisse Espace Adoption, s’alarme. Les enfants ne sont pas des marchandises.



Femina L’affaire de l’Arche de Zoé va-t-elle avoir des conséquences sur l’adoption en général?
Christine Piffaretti Pendant un certain temps, elle va faire planer le doute sur des ONG qui travaillent très dur pour obtenir la confiance des gouvernements. Les parents adoptifs vont aussi être soupçonnés de se constituer en un lobby qui fait pression. Les choses s’apaiseront. Mais il faut rester vigilant.



Doit-on boycotter certains pays?
Les autorités devraient avoir le courage d’interdire provisoirement les adoptions dans les pays qui n’offrent pas les garanties minimales. Le Cambodge,Haïti ou le Guatemala demandent une attention particulière en raison des risques de trafic. Certains pays d’Afrique ont même déclaré des enfants adoptables, sans savoir si leurs parents étaient décédés, sans s’assurer qu’ils n’avaient pas été volés. C’est inacceptable.



Tous ces enfants ne sont alors pas orphelins…
La notion de famille est différente selon les continents. Dans la culture africaine, par exemple, on pense famille élargie. Il est normal que des bébés soient placés auprès de tantes, de cousines ou qu’ils vivent avec leur grand-mère si leurs parents ont disparu ou sont dans l’incapacité de s’en occuper. C’est leur réalité. Pareil après la catastrophe du tsunami, les demandes d’adoption sont arrivées massivement alors que la plupart des orphelins avaient des relais autour d’eux pour rester dans leur pays d’origine.



Le malaise autour des filières de l’adoption n’est donc pas récent?
Il y a dix-huit ans, à la mort des Ceausescu en Roumanie, le monde entier s’est senti concerné en voyant les images des orphelinats. La Roumanie est devenue un véritable «réservoir d’enfants» contrôlé par le marché gris. D’où, il y a trois ans, la décision de bloquer les adoptions au niveau international.



L’explosion des demandes d’adoption venant des pays industrialisés ne pose-t-elle pas problème?
On assiste à un retournement de situation. Comme si on cherchait des enfants pour des parents adoptants, plus qu’une famille pour accueillir un orphelin… Sauf que ce ne sont pas des marchandises disponibles sur un marché international, où l’on vient s’approvisionner avec son panier. Il y a une autre confusion: l’adoption n’est pas un acte humanitaire, mais bel et bien une filiation qui va se tisser sur toute une vie. La question que l’on doit se poser aujourd’hui est la suivante: est-ce que l’intérêt de l’enfant est de quitter son pays? On a tort d’imaginer qu’il sera forcément mieux chez nous.



Les pays en voie de développement ont-ils pris des mesures concrètes?
A l’échelle mondiale, on a vu de nettes améliorations depuis que la Convention de La Haye a été signée en 2003. Ce texte veut rendre les Etats signataires attentifs à la protection de l’enfance. Des programmes de planning familial ou des structures d’accueil ont été mis en place en Inde, au Brésil ou en Colombie. L’objectif étant que les enfants restent chez eux, si c’est possible.



Et en Suisse, comment ça se passe?
La Suisse collabore étroitement avec la Colombie et la Thaïlande. Cela fonctionne bien. Mais il y a toujours des risques lorsque de futurs parents passent par des circuits privés non reconnus par l’Autorité Suisse en matière d’adoption. Au niveau national, on parle de 500 enfants adoptés par an en moyenne, dont une vingtaine nés sur territoire helvétique.



Bio express

Christine Piffaretti est née en 1953 et habite Genève. Psychothérapeute, elle est très engagée dans les questions de filiation. Directrice de l’Ecole des parents de 1988 à 1996, elle a eu la chance de côtoyer Françoise Dolto. Elle est responsable de l’Association Espace Adoption, une ONG suisse qu’elle a fondée en 1999 et qu’elle dirige depuis.
Renseignements: www.espaceadoption.ch



Source: Femina.ch

 

 

11:02 Écrit par collectif a & a dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : adoption internationale, enfant adopté | |  del.icio.us