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14/03/2010

La Slovaquie prévoit d’enlever des enfants roms à leur famille

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Amnesty International estime que le fait de créer des internats pour les enfants roms et de « les détacher progressivement de leur mode de vie actuel dans les campements » serait discriminatoire et constituerait une atteinte flagrante au mode de vie des Roms.


Ce 8 mars 2010, le Premier ministre slovaque, Robert Fico, a annoncé que le gouvernement proposait un système dans lequel les enfants roms vivant dans des campements seraient placés dans des internats.



« L’idée que les enfants roms doivent être enlevés de leur famille et placés dans des internats, alors qu’ils pourraient être scolarisés dans des écoles classiques près de leur domicile, est de toute évidence contraire au principe de l’intérêt supérieur de l’enfant. C’est une atteinte à leur identité de les déraciner de leur environnement et de les enlever à leur famille », a déclaré Halya Gowan, directrice du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International.



Les difficultés que rencontrent certaines familles roms vivant dans des campements – comme d’autres familles en Slovaquie – pour assurer l’éducation de leurs enfants en raison de la pauvreté, des barrières linguistiques et d’autres facteurs mettent en évidence la nécessité que le gouvernement apporte à tous son soutien et son assistance pour surmonter ces obstacles.



« Isolés du monde extérieur, les enfants roms auront plus de mal à participer pleinement à la société slovaque. La proposition du gouvernement perpétuera la ségrégation qu’ils subissent actuellement. En fait, elle va même l’officialiser, a souligné Halya Gowan.



« La proposition du gouvernement est complètement inadaptée aux évolutions de l’Union européenne. Si elle est adoptée, elle sera absolument contraire au droit slovaque et aux engagements internationaux en matière de droits humains sur la non-discrimination auxquels la Slovaquie est tenue. »



Amnesty International a déjà fait part à plusieurs reprises de ses graves préoccupations face à la discrimination et la ségrégation que subissent les enfants roms dans les écoles slovaques, notamment par le biais de leur placement dans des établissements spéciaux et des classes destinées aux élèves atteints de handicap mental.



« Au lieu de créer un nouveau système parallèle d’éducation distincte pour les enfants en fonction de leur origine ethnique, il faut que le gouvernement slovaque concentre ses efforts sur l’objectif d’intégrer tous les enfants dans l’enseignement général, quelles que soient leur origine sociale, leur langue ou leurs aptitudes », a insisté Halya Gowan.



Amnesty International engage le gouvernement slovaque à traiter le fond du problème : la ségrégation persistante dont sont victimes les enfants roms dans l’éducation, qui devrait être vaincue par des réformes du système scolaire afin de garantir un enseignement réellement ouvert à tous les enfants. Le gouvernement doit apporter un soutien adapté aux familles et aux élèves qui en ont besoin, pour que ces enfants puissent s’intégrer pleinement dans les écoles élémentaires classiques et y développer au mieux leurs capacités.



Pour voir le document Slovakia : Roma Children Still Lose Out : Segregation persists in Slovak schools despite new law - Campaign Digest, cliquez ici.


Source: Amnesty International.be | 8 mars 2010


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Les Roms, abandonnés comme jamais



Citoyens européens, les Roms sont de plus en plus institutionnellement maltraités. La non-scolarisation de milliers d’enfants est un scandale criant, dénoncé aujourd’hui par certains parlementaires



Nous sommes en 2010, aux portes de Paris. Le 7 février, deux enfants roms de trois ans et quinze mois mouraient dans l’incendie de leur cabane, située sur un terrain d’Orly (94). Censées avoir les mêmes droits que tous les citoyens, les familles roms continuent de subir les discriminations les plus violentes. Quelques jours après, les 11 et 12 février, le secrétaire d’État aux Affaires européennes, Pierre Lellouche, se rendait en Roumanie pour « renforcer la coopération bilatérale en matière de répression des trafics et d’insertion sociale » [on notera l’ordre des priorités, ndlr]. Il s’agira clairement de limiter la libre circulation, dont le principe, déclare le ministre, « ne doit pas servir d’alibi au trafic d’êtres humains ». Trop de « rapatriés » (8000 personnes l’an dernier) – avec une aide au retour de 300 Ä par adulte et 100 Ä par enfant – seraient revenus en France, et un fichier avec empreintes digitales, comme au bon vieux temps, doit être mis en place d’ici quelques mois. Il s’agit, rappelons-le, de citoyens européens. Mais visiblement de seconde zone. De fait, originaires de différents pays européens mais à 90 % Roumains, ils sont à distinguer des gens du voyage qui, eux, sont citoyens français. Les Roms bénéficient en principe des mêmes droits que les autres communautaires… excepté l’accès au salariat pour une période transitoire censée s’achever fin 2011.
Le volet insertion est incontestablement plus compliqué. D’ailleurs l’office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) prévoit en principe une aide de 4000 Ä aux Roms initiant un projet professionnel. Qu’y aura-t-il de plus ? On ne sait. Les collectivités locales de chaque pays pourraient, au mieux, coopérer pour présenter un projet. Une conférence européenne sur les Roms doit avoir lieu à Cordoue au mois d’avril.


Une quarantaine de camions d’enseignement en France



Dans le contexte actuel de cette improbable insertion, il existe un élément clé, pivot d’avenir : la scolarisation. Entre cinq et sept mille enfants roms sont, en France, directement concernés, selon le réseau Romeurope. Pourtant, « l’exclusion de l’école constitue presque la norme pour les enfants roms présents en France, plus encore qu’en Roumanie » : le 10 février, quelques députés et sénateurs (Verts, PCF, PS) ont reçu les associations de soutien et quelques enfants roms à l’Assemblée nationale. Il y a été dit qu’environ 2200 habitants de bidonvilles avaient été expulsés dans les deux derniers mois de 2009 ; deux éducatrices spécialisées ont témoigné des obstacles administratifs érigés par les communes pour l’inscription des enfants à l’école. À cette discrimination sociale, ethnique, Romeurope répond, dans une étude de 78 pages, par quelques propositions, dont certaines sont un rappel du droit commun : recensement par les communes des enfants en âge d’être scolarisés, respect du principe de leur affectation dans l’école du secteur, contrôle par l’inspection académique… Le fait, par exemple, qu’il existe une quarantaine de camions d’enseignement en France ne doit pas dédouaner les élus de scolariser les enfants dans leurs communes. En outre, les classes d’initiation (CLIN) et d’accueil (CLA) doivent enfin bénéficier de moyens suffisants, et la scolarisation dès la maternelle favorisée. Les conseils généraux devraient prévoir aussi des aides incitatives (cantine, transport, fournitures…), et les professionnels de l’Éducation nationale disposer de formations adaptées [1].
Évidemment intolérable, cette situation contrevient aux engagements du pays pour les droits de l’enfant.



Source: Lien Social N° 962 du 25 février 2010

07:09 Écrit par collectif a & a dans Communiqué | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : slovaquie, roms, amnesty international | |  del.icio.us