Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« La Slovaquie prévoit d’enlever des enfants roms à leur famille | Page d'accueil | Australie. Des familles prises dans le cauchemar de l'adoption éthiopienne. »

15/03/2010

Suisse. Les portes de l’adoption internationale se ferment.

Mince! «Voilà ce qu’on se dit. Mais c’est indiscutablement la meilleure chose qui puisse arriver à l’enfant», relate Béatrice, en évoquant le jour où elle et son époux se sont entendus dire que la tendance était aux adoptions nationales. Autrement dit à la mise en place de solutions dans le pays d’origine plutôt qu’à l’étranger.




Depuis, Priya, une adorable fillette indienne, a franchi la porte de leur maison de Muraz (VS). Mais nombreux sont les couples à voir leurs espoirs bousculés par cette réalité, qui prend de l’ampleur. «En Colombie, par exemple, le nombre d’adoptions nationales a augmenté de manière significative, passant de 5% à 30% environ ces dernières années», indique Ricardo Graells, président de l’association Adopte. ch, qui organise le 24 mars une conférence sur l’adoption(lire ci-dessous).


Moins de déracinement


«Plusieurs pays privilégient des pistes multiples, comme le placement en famille d’accueil ou parmi les proches. » Le phénomène s’explique par l’entrée en vigueur de la Convention de La Haye sur l’adoption – depuis 2003 en Suisse –, qui favorise ces alternatives au nom du bien de l’enfant, qui n’a ainsi pas à subir de «déracinement». Ricardo Graells l’attribue également à «l’émergence d’une classe moyenne» dans certains pays, en dehors de l’Afrique.


C’est la perception même de l’adoption qui évolue. Si elle a pu passer pour «rose» autrefois, elle est à considérer aujourd’hui comme «une intervention de dernier recours». «Il y a de moins en moins d’enfants adoptables», atteste Marlène Hofstetter, présidente de la Conférence suisse des organismes intermédiaires en adoption. Elle cite le cas de l’Inde, où 75% à 80% des enfants adoptés sont au bénéfice d’une solution trouvée sur place. Les couples désirant accueillir un enfant en bas âge – un critère récurrent – voient bien souvent leurs attentes déçues, certains pays réservant les poupons au réseau national. «C’est le cas de la Russie, par exemple, où il est impossible d’adopter des enfants de moins de 8 mois», relève Ricardo Graells.


La tentation de l’illégalité


Une diminution de l’«offre» qui se traduit par une érosion continue du nombre d’adoptions en Suisse: quelque 740 en 1980, 500 en 2000, 400 en 2005 et à peine plus de 300 en 2008. «La tendance n’est pas spécifique à la Suisse. Tous les pays occidentaux, en particulier la France et l’Espagne, qui sont très actifs en matière d’adoption, la connaissent. »


«On ne peut être que satisfait de cette évolution, estime Dominique Morgen, forte de son expérience de mère adoptive et qui témoignera lors de la soirée du 24 mars. Cela dit, il y a tant d’enfants qui vivent dans des conditions indécentes. Il vaudrait peut-être mieux assouplir les lois pour leur permettre de grandir dans une famille, je pense aux couples stériles en particulier, plutôt que dans un orphelinat. »
De quoi tenter certains candidats à emprunter des voies illégales, ou du moins un peu moins encadrées, comme celle que peut représenter une adoption privée (sans recours à un intermédiaire agréé), soit environ 30% des cas.


Le risque n’est pas à exclure. D’autant que la loi suisse est déjà réputée contraignante, en exigeant des futurs parents adoptifs un âge minimal de 35 ans. Difficile d’évaluer l’ampleur de ce marché gris. «Au final, les enfants quittent le pays avec une procédure d’adoption», note Marlène Hofstetter.


Béatrice a vu son vœu exaucé après trois ans et demi d’une attente faite de doutes et d’espoirs. La patience, voilà sans doute le prix de ce sourire venu d’ailleurs, qui porte la certitude de ne pas avoir été enlevé de force à sa maman biologique.


Source: 24heures.ch 11.03.2010

 

 

Dominique Nachury : « L’adoption internationale est en baisse aujourd’hui »



Aujourd’hui le nombre de pupilles est assez limité en France donc l’adoption nationale est compliquée et répond à des règles particulières.

Après une forte hausse durant les trente dernières années, l’adoption internationale est en baisse aujourd’hui. Cela peut s’expliquer par le fait que la plupart des pays susceptibles de confier des enfants en vue d’une adoption sont signataires de la convention de La Haye.
Cette convention prévoit une priorité au maintien dans le pays et la culture d’origine.

De nombreux pays ont aussi leur situation géographique et sociale qui se modifie et de ce fait, s’ouvrent moins à l’adoption. C’est le cas par exemple du Brésil, ou de la Chine.



Source : Lyonmag. 11 juin 2009.