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31/05/2010

Mâles en péril. Le krach du sperme.

Le krach du sperme et autres menaces Pierre Duterte.jpgEn 50 ans, la population mâle européenne a vu son taux de fertilité diminuer de moitié. À ce rythme-là, en 2060, le taux de spermatozoïdes ne sera plus que le quart de ce qu'il était en 1950. Le nombre de cancers du testicule et de malformations congénitales de l'appareil reproducteur masculin ne cesse de croître. Pourquoi ?

Le Krach du sperme met à jour les causes de ce constat alarmant en expliquant les résultats des recherches scientifiques modernes. Au banc des accusés, des molécules mises sur le marché - PCB, DDT, bisphénols, phtalates, pesticides - semblent être à l'origine de cette baisse de la fertilité chez les hommes. L'ouvrage s'interroge sur d'autres pathologies que pourraient créer ces produits : obésité, troubles du comportement, cancers chez les moins de 15 ans...;

Toutefois, des solutions existent, qui passent par une prise de conscience collective de ce problème et une volonté de mettre en oeuvre de vrais changements de comportements.

 


Depuis les années 1990, un nombre de scientifiques sans cesse croissant enquêtent sur des anomalies médicales de plus en plus alarmantes. La première est une chute spectaculaire du nombre de spermatozoïdes dans les populations occidentales : plus de 50% en vingt ans. La deuxième est un accroissement de 400% des cancers du testicule chez les jeunes. La troisième, une augmentation vertigineuse des obésités, variant selon les régions (un tiers de la population en France). La quatrième un accroissement de 1% par an des cancers de l'enfant. La cinquième, une augmentation de 373% en vingt ans des cas d'autisme et de troubles mentaux tels que l'hyperactivité.

 

Et il y en a d'autres.

 

Des centaines d'études ont confirmé et précisé les soupçons des scientifiques au cours des années : les causes de ces pathologies sont les plastiques. Du biberon au supermarché, des parfums aux produits cosmétiques, des bouteilles de liquides alimentaires aux revêtements de sols, nous en absorbons sans cesse. Ils sont partout, dans l'air, dans l'eau le sol. Leur nocivité procède de ce qu'ils contiennent de fausses hormones féminines, perturbateurs endocriniens selon leur nom scientifique.

 

Alors a commencé une campagne de déni et même de désinformation.

 

Le Dr Pierre Duterte et Gerald Messadié dévoilent dans ces pages rigoureusement documentées, des faits au moins aussi graves pour l'avenir des humains que le réchauffement de la planète. La situation a été publiquement dénoncée au Conseil de l'Europe, mystérieusement, l'opinion publique n'en est pas informée ou ne l'est que partiellement, comme dans l' « affaire des biberons ».

 

Les auteurs n'appartiennent à aucun parti. L'un médecin, l'autre journaliste scientifique, ils sont de longue date rompus à la recherche de l'information scientifique de haut niveau et à son analyse.

 

- La fertilité masculine menacée

Féminisation de la nature d’un côté, diminution du nombre de spermatozoïdes chez l’homme de l’autre. Dans « Mâles en péril », le documentaire qu'ils ont réalisé, Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade livrent une enquête édifiante sur ces phénomènes inquiétants. Une véritable investigation scientifique qui met au jour de bien troublantes questions…
Sur ARTE. Edité le 28 octobre 2008.

 

- Accepter sa stérilité

Via le blog Biosphère.

11:42 Écrit par collectif a & a dans Livre - Revue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : stérilité, infertilité | |  del.icio.us

28/05/2010

Haïti : faire face à la problématique des enfants abandonnés !

Logo MINUSTAH.jpg


Le phénomène d’enfants abandonnés constituait en Haïti, depuis plusieurs années, un problème préoccupant. Mais, avec le séisme du 12 janvier, il s’est exacerbé. Et les centres résidentiels accueillent, depuis, un nombre sans précédent d’enfants séparés de leurs parents. Une situation à laquelle les pouvoirs publics et leurs partenaires internationaux tentent tant bien que mal d’apporter une réponse.


Depuis le 17 février, Maurice (nom d’emprunt), 10 ans, vit à SOS Village des enfants, à Santo 19, un quartier périphérique de la capitale. Cet enfant, qui est en 4e année du cycle primaire, n’est pas orphelin. Il ne se retrouve pas non plus par hasard dans cette résidence. Il y a été abandonné par son père.

 

Il y vit avec deux de ses trois frères et ses deux petites sœurs, dont Claudine (nom d’emprunt) qui n’avait que de 45 jours lorsqu’elle fut laissée sur la cour de SOS Village des enfants. « Le père n’a rien laissé avec eux, pas même des habits de rechange », souligne Jeanide qui fait office de « maman » dans cette maison. Dans cette tâche, elle est soutenue par trois collègues qui y jouent le rôle de « tantes ». Un encadrement qui visait à reconstituer un environnement familial.

 

Le cas de Maurice n’est cependant pas un épiphénomène. Ils sont nombreux les enfants qui sont abandonnés par leurs parents. Certes, bien avant le 12 janvier, l’abandon d’enfants a été un problème récurrent en Haïti. Car on les retrouvait souvent sur la cour ou dans les hôpitaux, dans les rues, dans les poubelles ou même jetés dans des fosses septiques.

 

Une situation qui s’est aggravée

 

Depuis le séisme du 12 janvier, ce phénomène a pris une ampleur considérable. A titre d’illustration, SOS Village d’enfants qui, avant, recevait uniquement des orphelins, a dû mettre en place un programme d’urgence pour faire face à cette nouvelle réalité.

 

Aussi, de 152 enfants, cette institution caritative a vu son effectif passer à 427, dont  plus de 200 enfants abandonnés ou « séparés de leur parents », selon une terminologie chère à l’UNICEF. Pour ce dernier, l’enfant peut ne pas être « sciemment abandonné » mais se retrouve dans l’impossibilité, pour « des raisons diverses », de retrouver ses parents.

 

Comme SOS Village d’enfants,  d’autres institutions travaillant dans la prise en charge des enfants ont eu  à recueillir également des enfants séparés. Ces derniers, elles peuvent les retrouver directement. Elles peuvent aussi être informées par l’Unicef et autres partenaires, des cas d’abandon. Selon les données dont dispose l’Unicef, le nombre d’enfants ainsi enregistrés s’élèverait à 1505.

 

Si le facteur économique n’est certes pas le seul paramètre pouvant expliquer les séparations, il y joue néanmoins un grand rôle. Comme le souligne la responsable du projet « enfants séparés » de l’Unicef, Mme Christina Torsein, « la situation économique était déjà difficile. Mais avec le séisme, elle est exacerbée. Beaucoup de parents n’ont pas les moyens financiers de s’occuper de leurs enfants ». Cependant, fait-elle remarquer : « en dépit de tout, il importe de travailler au renforcement des liens familiaux afin de prévenir les séparations ».

 

Une perception que partage Jules Bernard Richard, coordonnateur des travailleurs sociaux à SOS Village des enfants. En effet, souligne-t-il, « même lorsque les parents sont identifiés, certains affirment être incapables de faire face à leurs obligations envers leurs enfants et refusent de les reprendre ». Le travailleur social d’ajouter : « la médiation ne permet pas toujours de convaincre les parents que la pauvreté n’est pas une raison pour que l’enfant soit séparé de son milieu familial».

 

Réintégrer l’enfant au sein de sa famille

 

La prise en charge des enfants dans un centre résidentiel est d’abord provisoire. Ils y sont en attendant qu’on retrouve leur famille. Ils ne seront considérés comme définitivement placés dans un centre après que toute recherche de famille ou tentative de réunification familiale se sera révélée vaine. Ainsi, le centre, de concert avec l’Institut du Bien-être social et de Recherche (IBESR), pourra alors entamer un « processus de recherche de famille d’adoption pour l’enfant ».

 

Pour l’instant, les acteurs planchent sur la réunification familiale des enfants séparés. Un travail réalisé conjointement par des institutions nationales comme l’IBESR et la brigade de Protection des Mineurs (BPM) de la Police nationale d’Haïti (PNH) ainsi que des partenaires de la communauté internationale.  Parmi ces derniers figurent entre autres l’UNICEF, Save the Children, World Vision, Terre des Hommes, Heart Land Alliance, IRC (International Rescue Comitee), Comité International de la Croix Rouge (CICR), Catholic Relief Service (CRS). Chacune de ces agences a juridiction sur une zone.

 

Ce processus comprend l’identification des enfants séparés, leur enregistrement, la recherche des parents et la réunification familiale. Et pour faciliter la récupération de ces enfants, l’UNICEF a mis en place un « centre d’appel » qu’institutions et particuliers peuvent utiliser pour informer sur d’éventuels cas. Le centre, pour sa part, contactera l’agence sur le « territoire » de laquelle a été retrouvé l’enfant afin qu’elle puisse faire le suivi.

 

Les institutions engagées dans la réunification familiale se donnent pour tâche, par le biais de rencontres avec les parents identifiés, de les convaincre de l’intérêt qu’ont les enfants de vivre au sein de leur famille. Toujours selon l’UNICEF quelque 200 enfants ont déjà réintégré le foyer familial. Et le travail de réunification se poursuit.

 

Des mesures d’accompagnement

 

D’autres mesures sont également mises en œuvre. Parmi elles, un travail de prévention et de réponse contre les violences sexuelles sur les enfants. Aussi, à l’aide de supports écrits et audio sont transmis des messages relatifs aux comportements à adopter ou aux actions à entreprendre en vue de prévenir des agressions. De même sont fournis, par exemple, des renseignements sur l’appui médical disponible en faveur d’éventuelles victimes.

 

Toujours avec ses partenaires, dont l’IBESR, l’UNICEF avait, peu après le séisme, procédé à un travail d’évaluation des centres résidentiels dans les endroits affectés. L’évaluation portait aussi sur les besoins et la qualité de la prise en charge offerte par les centres qui, en outre, ont reçu un appui matériel. Et suite à cette évaluation, l’OEA et des agences de protection de l’enfant, avec le soutien technique de l’UNICEF ont entrepris l’enregistrement systématique des enfants dans les centres.

 

Pour permettre aux enfants de se retrouver dans un environnement qui soit le plus proche possible de leur environnement traditionnel, les acteurs  ont créé à leur profit « espaces amis-enfants ». Il s’agit d’un espace de jeux récréatifs, de sensibilisation…Un espace qui leur appartient et où ils peuvent s’exprimer. C’est aussi un espace qui offre l’opportunité d’identifier les besoins particuliers des enfants, comme par exemple des signes de malnutrition, afin d’intervenir.

 

Avec la Brigade de Protection des Mineurs, la Police des Nations Unies (UNPol) affectée au BPM, le Fond des Nations Unies pour l’enfance, de concert avec l’IBESR et Heart Land Alliance, réalise un travail de prévention et de réponse à la traite des enfants. Il s’agit d’un travail de formation et de sensibilisation à l’endroit des policiers basés à la frontière ainsi que des agents de l’immigration également déployés à la frontière ou dans les aéroports.

 

A ce travail de prévention contre le trafic d’enfants participe également l’Unité « Child Protection » (Protection de l’Enfant), ainsi que la Section des Droits de l’Homme de la MINUSTAH. Une intervention qui s’est traduite par un appui technique au « Sub cluster » (sous-groupe de travail) Protection d’enfants. De même, Child Protection effectue un travail de terrain comprenant des visites dans les camps, dans les orphelinats et dans des hôpitaux, un ensemble d’endroits qui accueillent des enfants séparés.

 

L’Unité, avec d’autres composantes de la MINUSTAH, a par ailleurs effectué des enquêtes sur les allégations de trafics d’enfants. Et dans le cadre de ses démarches de prévention, elle a fait de la sensibilisation auprès du personnel des hôpitaux et lui a fourni les directives devant l’aider à être plus vigilant face à des actions ou tentatives pouvant déboucher sur des cas de trafic d’enfants. Des numéros de téléphone sont mis à la disposition des hôpitaux afin qu’ils puissent signaler des cas d’enfants non accompagnés ou tout mouvement suspect pouvant viser un enfant séparé de ses parents.

 

A propos de l’adoption, un domaine qui peut laisser porte ouverte à des trafics, Child Protection, de concert avec l’UNICEF et l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), a aussi joué sa partition. Aussi a-t-elle effectué, dans le cadre du vote de la loi sur l’adoption, un travail de plaidoyer auprès des parlementaires et fourni un appui technique notamment aux commissions parlementaires travaillant sur la problématique des enfants. Une initiative dont l’objectif est d’aider à avoir une loi qui soit adaptée et capable de prévenir le trafic d’enfant.

 

Toutes ces mesures répondent à la nécessité de faire face à une situation exceptionnelle. Car, comme l’a fait remarquer Mme Christina Torsein, «avec l’urgence, les besoins et la vulnérabilité des enfants se sont accrus de manière exponentielle et les réponses doivent aussi être exponentielles ». Des réponses qui ont eu cependant pour préalable le partenariat entre les pouvoirs publics et l’ensemble des acteurs de la communauté internationale

 


Source : Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïtï.

14:56 Écrit par collectif a & a dans Avis d'expert | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : haïti | |  del.icio.us

26/05/2010

On vend des enfants pauvres pour des parents riches

Logo Fabriquee en Coree.jpg

- Il n'y aurait pas autant d'enfants dans les orphelinats s'il n'y avait pas autant de gens prêts à payer tant d'argent pour eux.
- Ceux qui paient trop cher et 20 000 € c'est trop, contribuent à soutenir un système corrompu.
- Il n'y a pas de meilleur endroit pour un enfant que celui où il est né.


De plus en plus tard: notre société a tendance à retarder le moment d'avoir des enfants. Viennent d'abord la carrière, les voyages, puis la difficulté à trouver sa moitié. "Et tout à coup, on a trente et quelques années et on réalise que ce n'est plus aussi facile, qu'il faut avoir recours à l'adoption si on veut être parent", a déclaré Rudi Tarneden, porte-parole de UNICEF-Allemagne.


Sur le chemin de la quarantaine, beaucoup ne veulent pas attendre 10 ans dans leur pays pour se voir attribué un mineur "en détresse", souvent un mineur dont les parents biologiques ont encore la garde et des droits sur lui. "En outre, poursuit Tarneden, les politiques de planification familiale, l'utilisation généralisée de moyens contraceptifs et les mesures sociales pour la protection des mères célibataires ont diminué, dans nos pays, le nombre d'enfants donnés à l'adoption."


L'étranger devient alors un raccourci attrayant emprunté par beaucoup. Là aussi, la demande dépasse l'offre, et pourtant, les agences internationales promettent des enfants en relativement peu de temps. Ceci dit, chercher ailleurs coûte presque toujours 10 000, 20 000 ou 30 000 €. Mais comment voulez-vous mettre un prix sur le désir de fonder une famille?


"Au cours des trente dernières années, on a observé une augmentation significative du nombre de familles des pays riches qui souhaitent adopter des enfants originaires d'autres pays. Dans le même temps, la carence de réglementation et de mécanismes de surveillance, en particulier dans les pays d'origine, ainsi que les opportunités de faire de gros profits qui existent dans le domaine des adoptions internationales, ont encouragé le développement d'une industrie de l'adoption, dans laquelle la priorité est donnée à des avantages matériels au détriment de l'intérêt supérieur des enfants. Parmi les abus rencontrés, on trouve l'enlèvement et la vente d'enfants, l'intimidation de parents et des pots de vin. UNICEF - 2007."


"Certains parents s'imaginent que leurs enfants vont étudier à l'étranger pendant un certain temps, et ils se rendent compte seulement plus tard qu'ils ont renoncé à tous les droits sur eux et qu'ils ne reviendront plus jamais. Il y a des mères qui passent par des temps difficiles et laissent leurs enfants aux soins de l'État dans des foyers d'accueil pour un temps déterminé, et quand elles reviennent ils ont disparu, ils ont été mis en adoption dans une famille vivant dans un autre pays", rapporte Roelie Post, directrice de l'organisation Against Child Trafficking. Les cas d'enfants enlevés, de parents biologiques trompés, de documents falsifiés, de paiements illégaux, de médecins et de juges corrompus remplissent les étagères des ONG.


On dénombre qu'une vingtaine d'États à travers le monde qui permettent à leurs enfants d'être adoptés par des couples qui vivent au-delà de leurs frontières. Le chiffre exact est inconnu car des plaintes obligent sans cesse à suspendre cette pratique dans certains pays, alors que la pression de la demande conduit d'autres pays à accepter delivrer leurs enfants à travers les frontières. Mais une chose est claire, affirme Tarneden, "La direction est toujours la même: les pauvres donnent et les riches reçoivent, et il est actuellement pratiquement impossible de savoir si la procédure était légale et si les droits de l'enfant ont été respectés".


"On peut douter que des pays comme l'Éthiopie, qui sont déjà dans de grandes difficultés pour lutter contre la corruption présente dans tous les domaines, soient en mesure de garantir que les adoptions ne soient entachées d'aucune irrégularité", souligne Bernd Wacker, ex-membre de Terre des Hommes-Allemagne et expert en matière d'adoption internationale. D'autre part, les autorités des pays d'accueil n'ont pas la capacité, ni les connaissances nécessaires, pour vérifier que tout s'est passé légalement à l'origine. En fait, cela ne les intéresse pas trop, "parce que, du moins c'est ce qui se passe ici et j'imagine que ce n'est pas différent ailleurs, les autorités pensent qu'après tout, les enfants sont mieux avec nous", dit Wacker.


Cependant les experts conviennent qu'il n'y a pas de meilleur endroit pour un enfant que celui où il est né. Un enfant ne devrait être envoyé à l'étranger que lorsque toutes les possibilités d'être accueilli dans son environnement naturel sont épuisées, c'est-à-dire lorsqu'il n'est pas possible de contribuer à ce que ses parents biologiques ou sa parenté prennent soin de lui et aussi qu'il n'y a pas de famille de son pays en mesure de l'adopter.


"Les gens sont très naïfs", remarque Tarneden. "Parfois, quand des catastrophes naturelles se produisent dans les pays du Tiers-Monde, ils nous appellent pour nous demander si nous ne pouvons pas les aider à adopter un enfant de cet endroit. Ils le font avec toute la bonne volonté du monde, mais ils n'ont aucune idée de ce qu'ils demandent; ils ne se sont même pas arrêtés cinq minutes pour réfléchir à ce que suppose enlever un petit, qui vient déjà de vivre un événement traumatique, de l'enlever de l'environnement qu'il connait pour l'emmener dans un autre pays où les gens parlent une autre langue, où ils ont une toute autre allure et des coutumes totalement différentes. Et non seulement ça, ils ne se sont pas arrêtés cinq minutes pour penser que l'enfant a très probablement une famille qui l'aime (un père, une mère, des frères dont il ne veut pas se séparer). Certaines personnes sont suffisamment naïves pour croire qu'un enfant ne peut être heureux que dans le bien-être matériel que peut offrir un pays développé".


"Je n'appellerais pas cela naïf, mais une vieille pensée coloniale", déclare Post, "c'est cette idée, que nous seuls pouvons aimer un enfant comme il le mérite, que nous seuls pouvons répondre correctement à ses besoins, et que ces parents pauvres du Tiers-Monde ne savent pas, comme nous le savons, ce qui est important pour un enfant."

 

"Les gens voient les enfants dans les orphelinats et ressentent une peine énorme. Je dis: s'il n'y avait pas autant d'adoptions internationales, il n'y aurait pas autant d'enfants dans les orphelinats. La plupart sont là parce que beaucoup de gens sont prêts à payer beaucoup d'argent pour eux ", révèle Post.

 

On estime qu'environ 90% des enfants destinés à l'adoption internationale ne sont pas des orphelins, mais ils se retrouvent dans ces refuges parce que leurs parents, du moins supposément, ne peuvent pas s'occuper d'eux. "D'où sortiraient autant d'enfants orphelins?", demande Post, "dans presqu'aucun de ces pays, il n'y avait pas eu de guerres, de catastrophes, ou de massacres. Même l'histoire des "orphelins du sida" est un mensonge: quand vous examinez un peu, ils ont toujours de la famille. Même Angelina Jolie et Madonna n'ont pas réussi à adopter de vrais orphelins... "

 

Les ONG ont constaté que quand un pays suspend les adoptions internationale pendant une longue période, le nombre d'enfants dans les orphelinats diminue. "Il y a beaucoup d'argent qui circule là-dedans, voilà le problème", dit Tarneden. Les couples du "Premier Monde" sont prêts à faire tout l'effort financier nécessaire pour l'enfant si désiré. "Mais tous ceux qui veulent adopter un enfant doivent être conscients du fait que le paiement des montants excessives (et 20 000 euros est une quantité démesurée) contribue à maintenir un système corrompu qui n'agit pas dans l'intérêt de l'enfant mais dans un but lucratif."

 

"Si quelqu'un gagne de l'argent avec des adoptions, c'est de la traite d'enfants. Nous devons commencer à appeler les choses par leur nom", dit Post. "L'adoption ne devrait pas être régie, comme cela se fait aujourd'hui, par la loi de l'offre et de la demande", ajoute Tarneden, "Il ne s'agit pas de criminaliser les parents adoptifs (bien qu'ils devraient savoir que si le processus d'adoption s'opère avec des pratiques illégales, ils commettent également un délit). Il existe bien sûr des cas particuliers où l'adoption internationale est le meilleur intérêt pour l'enfant. Mais en regardant le fonctionnement global de cette pratique, je dois dire que, malheureusement, nous nous retrouvons devant une vente systématique d'enfants pauvres dans le seul but de satisfaire les désirs de couples riches".

 

"L'UNICEF estime que chaque année, au Guatemala, entre 1 000 et 1 500 bébés sont vendus à des couples américains ou européens. Avant de se rendre en Amérique Centrale pour chercher les enfants, les candidats à l'adoption peuvent consulter par l'Internet l'offre des "enfants disponibles" et choisir l'un d'eux. Alors que la mère biologique reçoit 30$ pour son enfant, les couples en déboursent entre 15.000 et 20.000. UNICEF, 2007."


"Le lobby des adoptions est très puissant. Ce sont des personnes très importantes et ayant de bonnes relations, des personnes qui bénéficient de soutien au plus haut niveau. Je n'ai aucune idée du pourquoi et du comment. Tout ce que je sais c'est que, malgré les plaintes, jamais il ne leur arrive quoi que ce soit, et ils ont toujours des personnalités politiques pour défendre leurs intérêts. Et quand la pression devient trop élevée et qu'un certain pays interdit les adoptions, ils passent au pays suivant. En fin de compte, vous rencontrez toujours les mêmes agences partout", indique Post.


"Il y avait des signes inquiétants de trafic d'enfants au Népal. Nous avons réussi, avec Terre des Hommes, à ce que le pays arrête temporairement les adoptions internationales", dit Tarneden. Dès cet été, le Guatemala pourrait à nouveau permettre l'envoi d'enfants à l'étranger, qui avait été arrêté en 2008. "Ce pays a apporté d'importants changements dans sa législation, ce qui ne veut pas dire que c'est maintenant un endroit sûr pour adopter. La sécurité à cent pour cent n'existe pas."

 

"Au début, je me disais en moi-même, «Roelie, tu as une imagination perverse». Mais avec le temps, j'ai appris que la réalité dépasse tout ce que je pouvais imaginer", conclue la militante, et le porte-parole d'UNICEF envoie un dernier message aux couples qui décident d'adopter en dehors de leur pays: "Ils doivent avoir en tête des choses très claires. Tout d'abord, que la famille avec des enfants adoptés est une famille très spéciale. Que les enfants peuvent être malades, qu'ils peuvent garder des souvenirs de leurs parents biologiques. Qu'il faut beaucoup de forces pour réussir et suffisamment de tolérance pour un jour les accompagner dans la recherche de leurs racines, un moment qui arrive presque toujours. Mais surtout, qu'ils doivent reconnaître que chaque enfant a le droit de connaître la vérité... et que si la vérité est «tu sais, un jour on a payé 20 000 euros pour t'avoir» c'est quelque chose qu'aucune famille ne peut supporter."


Convention de la Haye contre versus Convention des Nations Unies

Le 25 mai 1993, entrait en vigueur la Convention de La Haye pour la protection des enfants dans le domaine de l'adoption internationale. La signature de cet accord est souvent utilisée par les agences d'adoption afin de mesurer le sérieux des pays d'origine des enfants. "Pour nous, la Convention est importante car elle établit que l'intérêt de l'enfant est au-dessus de tout et que sa ratification traduit un positionnement politique", explique Rudi Tarneden porte-parole UNICEF-Allemagne, "mais ce document comporte de nombreuses lacunes et on ne peut pas dire qu'il assure la protection des enfants."


On reconnait majoritairement que le principal défaut de la Convention est qu'elle ne prévoit pas de mesures de contrôle: personne ne vérifie que ses principes soient respectés.


Ceci dit, Roelie Post, directrice de l'organisation Against Child Trafficking, va plus loin dans sa critique du texte: La Convention de La Haye agit uniquement pour protéger les parents adoptifs, elle leur accorde un cadre juridique, les tampons et les signatures dont ils ont besoin pour être sûr que personne ne sera capable d'agir légalement contre leur adoption. Il existe un document qui défend véritablement les intérêts de l'enfant : la Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant. Celle-ci réglementait déjà l'adoption internationale et était entrée en vigueur en 1990, seulement trois ans avant la Convention de la Haye, de sorte qu'on se demande pourquoi d'autres lois ont été nécessaires. La réponse est simple: la Convention de La Haye est beaucoup moins stricte et beaucoup plus vague dans ses formulations (elle laisse plus de place à des interprétations différentes), et elle restreint beaucoup plus les droits des parents biologiques des enfants que la Convention des Nations Unies."

 

Traduit par Greg. Article en espagnol "Se venden niños pobres para padres ricos", publié sur le site periodismohumano.com, le 21 mai 2010.
Article en anglais "Selling poor children to rich parents" sur Pound Pup Legacy et United Adoptees International News.

Publié par sur Fabriquée en Corée.

 

 

 

24/05/2010

La première urgence est de donner aux habitants du « tiers-monde » les moyens de garder et d’élever dignement leurs enfants.

femme et enfant.jpg"Solutions locales pour un désordre global - que j’ai vu récemment - je me demande si la première urgence n’est pas de donner aux habitants du « tiers-monde » les moyens de garder et d’élever dignement leurs enfants. Ces pays ne sont-ils pas devenus les pourvoyeurs involontaires de toute notre abondance en se trouvant contraints à un « partage » très désavantageux des ressources de toute sorte.



C'est la pauvreté qui est la principale raison pour les abandons d'enfants. C’est pourquoi j’évoquais la nécessité d’un changement « radical » des relations économiques que ces pays entretiennent avec les pays dits riches. L’autonomie ou l’autogestion sanitaire, sociale, culturelle, etc., me semble être par ailleurs, à long terme, la seule voie véritablement sensée."

Extrait d'un billet écrit par Pascal sur Blogosapiens, 29/04/2010




La priorité est d'abord que les pays d'accueil (dits "riches") aident les pays d'origines (dits "pauvres") par des programmes visant à prévenir l'abandon en offrant une alternative à l'orphelinat et à l'institutionnalisation.



Dans beaucoup de ces pays d'origines (« tiers-monde ») - en plus des conditions socio-culturelles qui amènent les familles de naissance à abandonner leur enfant - c'est la pauvreté qui est la principale raison des abandons d'enfants.
Une aide (par exemple) pourrait ce faire en mettant en place des programmes de formation destinés au personnel travaillant dans les centres maternels du pays ainsi que dans les différentes structures accueillant des mères en difficulté et donc avec un risque d'abandonner (ou de "laisser partir") leur enfant.


"Dans un monde idéal, aucun enfant ne devrait être séparé de celle qui l'a mis au monde, et toutes les mères devraient pouvoir élever et voir grandir leurs enfant auprès d'elle. ...", écrit aussi Véronique dans "Adoption, trafic d'enfants et autres réflexions" le 21 mai 2010.



L'objectif prioritaire est de prévenir la première des violences faites aux enfants: l’abandon à la naissance.


En Europe, l' Assemblée Parlementairee du Conseil de l'Europe a d'ailleurs montré la voie à suivre dans Doc. 10921 du 2 mai 2006 et Doc. 11538 du 25 mars 2008.


Dès lors, il est donc nécessaire et utile que les pays "riches" aident les pays "pauvres" pour qu'ils puissent garder leurs enfants, les élever, les voir grandir.


Il ne sera bien sûr pas possible d'éradiquer la pauvreté dans le monde en quelques jours. C'est un rêve utopique, mais une utopie peut devenir une réalité.


Dans un célèbre discours, Martin Luther King a dit "J'ai fait un rêve".



Commentaire de z e n c h sur Blogosapiens

 

Violence structurelle, mort sociale, et adoption internationale

À lire la recherche de Jane Jeong Trenka sur la façon que l'adoption internationale fonctionne en Corée, modèle pour toute adoption internationale, publiée en 4 parties sur le site Conducive Magazine.
Kim Myung-Sook sur Fabriquée en Corée.

 

 

 

 

 

 

 

09:06 Écrit par collectif a & a dans Abandon | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : adoption internationale | |  del.icio.us

23/05/2010

Une lueur d'espoir pour les nés sous X en France?

ne sous X.jpgFrançois FILLON, Premier ministre, vient de confier au député Brigitte Barèges, député, une large réflexion sur la pratique de l’accouchement “sous X” ou accouchement dans l’anonymat.


L'accouchement dans l'anonymat a toujours existé dans la société française. Ce dispositif n'est que l'un des éléments figurant dans le système très complexe qui régit les questions d'état civil et de filiation de l'enfant.



Un décret-loi du 2 septembre 1941 a consacré la possibilité de demander le secret de son identité lors de son entrée dans l'établissement médical. La femme entre sous le nom de « Madame X » d'où l'appellation d'accouchement sous X. Un décret du 29 novembre 1953 confirme ce droit à l'anonymat.



Depuis la loi du 8 janvier 1993, l'accouchement anonyme a fait son entrée dans le Code civil à l'article 341-1. Après de très vifs débats ayant opposé l'Assemblée Nationale au Sénat sur la portée civile de cette disposition, il résulte de l'article 341 C.civ. que cette demande d'anonymat constitue une fin de non recevoir à une action en recherche de maternité.



Cet ensemble complexe de textes (complétés en 1996 et en 2002) permettent à de nombreuses femmes, souvent en détresse « d'accoucher sous X ». Pourtant ce dispositif est au coeur d'un débat focalisant les critiques et contre lequel a été dressé un véritable réquisitoire :

 - il exerce des souffrances inutiles pour l'enfant (l'empêchant presque définitivement de l'accès à la connaissance de ses origines) et la mère qui peut regretter son geste et rester prisonnière de pressions momentanées ou de son immaturité,
 - laisse la place aux trafics d'enfants,
 - établit une contradiction avec la convention internationales sur les droits de l'enfant réputée être porteuse d'un droit de l'enfant à connaître ses origines.


« Le système français est sans doute déséquilibré précise Brigitte Barèges car les interrogations les plus fortes viennent sans doute de la quasi irréversibilité de l'acte. Il s'agit d'un débat de société complexe dans lequel tous les acteurs doivent être impliqués. Car selon un sondage commandité par l'UNICEF 67% des adultes et 87% des enfants des pensent que la recherche des origines est légitime. Il y a donc lieu de réfléchir sur la légitimité de l'accouchement sous X ».



C'est pourquoi le premier ministre a confié une mission de réflexion à Brigitte Barèges qui s'articule sur 3 points essentiels :

 - procéder à un état des lieux de la législation actuelle en France et dans d'autres pays,
 - évaluer la législation de l'accouchement dans le secret (avantages, inconvénients),
 - faire des recommandations sur l'opportunité d'une éventuelle évolution du droit d'accoucher dans le secret et en déterminer les modalités de mise en oeuvre.

« Nadine MORANO, secrétaire chargé de la famille et de la solidarité, a proposé, dans un rapport remis dès 2006, une évolution à moyen terme de l'accouchement dans le secret vers un accouchement « dans la discrétion ». Je souhaite dit Brigitte Barèges que le débat qui va s'instaurer, dans le cadre de la mission qui m'est confiée, conduise à une réflexion équilibrée et concertée permettant de respecter les droits de la mère et de l'enfant. »



Source : Forum CADCO - Pierre VERDIER.

 

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13:17 Écrit par collectif a & a dans Nés sous X | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : france, accouchement sous x, cadco, nés sous x | |  del.icio.us

19/05/2010

Les experts demandent que les enfants adoptés à l'étranger maintiennent le contact avec leurs familles biologiques

[Via Fabriquée en Corée]

Logo Fabriquee en Coree.jpg

 

L'Espagne a près de 50.000 enfants adoptés et un grand nombre d'entre eux devenant adultes s'interrogent sur leurs origines. Il y a au monde 13 millions d'orphelins de père et de mère et 95% d'entre eux sont âgés de plus de cinq ans. "Il ne faut pas chercher des enfants pour les familles adoptives, mais des familles pour les enfants."

 

Quinze ans après le début des adoptions internationales en Espagne, il est temps de faire le point. Il y a près de 50.000 enfants adoptés et un grand nombre d'entre eux devenant adultes s'interrogent sur leurs origines. Les restrictions imposées par les pays d'origine et la crise économique dans une moindre mesure ont ralenti le baby-boom de l'adoption , et conduisent maintenant à la réforme et la redéfinition de certaines pratiques. Les experts demandent un contrôle plus important sur les enfants qui sont offerts pour l'adoption et proposent un modèle "d'adoption ouverte" qui permette plus de transparence et plus de contact avec les origines biologiques.

 

Diana Marre, anthropologue à l'Université Autonome de Barcelone (UAB), note qu'à présent "il n'y a pratiquement pas d'orphelins, mais que des orphelins sociaux". L'UNICEF le dit aussi, qui tout en parlant de l'existence de 132 millions orphelins en Afrique sub-saharienne, Asie, Amérique latine et les Caraïbes, reconnait que seulement 13 millions d'entre eux ont perdu leurs deux parents, ce qui serait la donnée la plus juste en accord avec le concept d'orphelin le plus répandu. Et de ces enfants, 95% ont plus de cinq ans et la plupart vivent avec leurs grands-parents ou d'autres parents. La deuxième remarque est qu'il faut changer la tendance actuelle d'aller chercher des enfants pour les familles qui veulent adopter pour une autre idée: celle de chercher des familles appropriées pour des enfants ayant des besoins spéciaux. Diana Marre l'explique: "Il y a des familles qui ne sont pas préparées pour l'accueil d' enfants avec certaines circonstances familiales, tels que ceux qui gardent une mère biologique, ou ceux qui ont certaines séquelles, qu'elles proviennent d'abus ou de maladies. Ce sont des réflexions qui font partie du projet de recherche sur l'interaction familiale et sociale des mineurs adoptés (Perspectives interdisciplinaires et comparatives développées par l'équipe UAB qu'elle dirige elle-même). Ce travail a reçu l'appui du Ministère des Sciences et des Innovations qui vient de renouveler son soutien pour trois ans avec une aide de 150.000 euros. La première partie du projet a été présentée lors de journées organisées par ce groupe de recherche hier et aujourd'hui à Barcelone.

 

Barbara Yngvesson, anthropologue au Hampshire College, a ressorti, lors de ces journées, la réaction des enfants adoptés devenus adultes et l'expérience des mères de Corée et d'Inde qui se sont rassemblées pour pouvoir rencontrer les enfants qu'elles ont abandonné un jour, comme deux indications de changement dans les perspectives de l'adoption internationale. Yngvesson, mère adoptive d'un garçon né en Afrique du Sud, a défendu le principe de l'adoption ouverte et de l'amélioration des relations avec les parents biologiques. "Pas tous les enfants adoptés, ni toutes les familles adoptives le veulent, a-t-elle ajouté, parce qu'il est plus aisé de se réduire à une seule famille." A côté de çà, elle a expliqué qu' il y a de plus en plus de parents qui abandonnent leurs enfants dans les pays les plus pauvres, généralement pour des raisons économiques, mais ne veulent pas perdre le contact avec eux. C'est ce que lui ont dit beaucoup de mères de Colombie, du Chili ou d' Inde qu'elle a interviewées. "En Afrique du Sud, nous avons vu des cas où l'amour pour un enfant implique la séparation, comme le cas d'une mère qui disait rechercher de bons parents qui garantiraient à son enfant une bonne éducation et une bonne vie qu'elle n'avait pas et ne pouvait pas offrir. Il y avait même le cas d'une autre mère, également en Afrique du Sud, dont le fantasme était d'être une amie de la mère adoptive.

 

Pour cette chercheuse, il ne fait aucun doute que la recherche des origines peut être complexe et problématique. Elle a rappelé des cas où retrouver la famille biologique aboutissait au sentiment d'avoir à financer son avenir avec des envois d'argent. Pour cette raison elle a défendu la nécessité de rechercher des formules plus souples, sans cadres rigides, permettant à chaque adopté de connaître ses origines.

 

Diana Marre regrette "la hâte dans la recherche d' enfants à adopter" qu'ont parfois les ECAI, les organismes officiels d'inter-médiation, et estime que cet aspect devrait également être revu pour éviter les échecs.

 

Beatriz San Román, membre du comité exécutif du CORA, une fédération de 26 associations d'enfants adoptés, dans le dernier numéro de la revue Afín demande clairement une "réforme urgente" de l'adoption internationale. À son avis, le déséquilibre entre "l'offre" des enfants adoptables et la "demande" des familles, n'a pas seulement allongé les délais d'attente (en Chine, ça peut prendre jusqu'à trois ans), mais a aussi fait proliférer les cas de corruption. Des recherches récentes menées par l'UNICEF et Terre des Hommes au Guatemala et au Népal et par les États-Unis sur le Vietnam, décrivent le phénomène pervers de la "fabrication d' orphelins". San Román remarque que ce sont plus les pays pauvres qui ont ralenti l'adoption (Brésil, Ukraine, Lettonie, Pologne, Mexique) alors que les pays d'adoptions n'ont pratiquement pas révisé leurs contrôles. CORA a demandé maintenant un moratoire pour adopter d'Éthiopie devant toutes les plaintes pour falsifications de documents. L'adoption "n'est pas un moyen de satisfaire le désir de paternité ou de maternité des citoyens Occidentaux" rappellent-t-ils.

 

Traduit de l'article Los expertos piden que los niños adoptados en el extranjero mantengan contactos con su familia biológica publié sur le site lavanguardia, le 8 mai 2010.

16:05 Écrit par collectif a & a dans Origine - Identité | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : adoption | |  del.icio.us

06/05/2010

USA. Le côté sombre des adoptions chinoises.

la face sombre des adoptions chinoises.jpgWhen Americans adopt babies from China, most assume they've been abandoned. But a scandal in 2005, in which 6 orphanages were found to be buying babies, threw that in doubt. Scott Tong reports that baby selling may be more widespread.

 

KAI RYSSDAL: A key Russian politician said this week there's been no formal ban on U.S adoption of Russian children. There is, though, a new agreement being worked out between the two sides. Last month, a Tennessee woman sent her Russian-born son back to Moscow unaccompanied.

Russia is the number three source of international adoptions for American parents. China has been at the top of that list for years. Beijing is generally assumed to run a clean program -- orphanages that are above board and children who've actually been abandoned. But a scandal five years ago shook a lot of that confidence. Six orphanages were found to have been buying babies who were then adopted by families from other countries. One of the convicted middlemen in that case is now out of jail. He and his mother spoke to our China correspondent, Marketplace's Scott Tong.

SCOTT TONG: As Chen Zhijing tells it, her family stumbled into the baby-selling business.

In the late '90s, she worked at an orphanage in Hunan province, and every so often, she would find a baby abandoned on a street corner, or at a bus stop and bring it to the orphanage.

Chen would get maybe a dollar to cover her travel costs. But then, around the year 2000...


CHEN ZHIJING: The orphanage asked for more babies. It started paying $120 dollars each. Then $250. Then $500 by 2005.

At that time, China's international adoption program was booming. In 2005, the government decided to approve more adoption requests than ever before. Nearly 8,000 hopeful families came from the U.S. alone that year. For each baby, an orphanage gets $3,000 from the adopting parents. That's Chinese policy.

Chen Zhijing's son, Duan Yueneng, says all that foreign money created a lucrative baby market.

 

DUAN YUENENG: We sold babies to orphanages. Others did, too. They bought them because foreigners wanted them, and then made big profits when the babies were adopted.

To meet the demand, Duan says he enlisted his wife and sisters to locate more babies. They started buying infants from a supplier in Guangdong province 600 miles away. They say this woman systematically collected unwanted babies from local hospitals.

The babies were then transported by train to Hunan. But it all ended in late 2005, when Duan and his family were arrested and convicted on charges of trafficking 85 infants. Duan got five years in jail. He's just out. His wife got eight years, his sister 15.

Duan shows us court papers, documenting his baby trade: receipts, bank transfers, orphanage logs. They're consistent with his claim that his family sold far more than 85 infants; he reckons he trafficked 1,000 or more. Duan says the orphanages falsified foreign adoption papers for each of the trafficked babies.

In China, every orphan has a file -- listing where it was found, when, and by whom. Duan says in many cases the babies were not found locally, as the adoption papers say. They were bought from far away. The documents we saw indicate at least one went to American parents.


YUENENG: Sometimes the orphanages listed my sister as the finder, or they just put down a fake name. For Americans who adopted babies, let me put it this way: When were the kids really born? Who really found them?

Duan makes no apology for selling babies. The money, he says, encouraged him to deliver kids to orphanages, and to a better life.

Brian Stuy rejects that argument. His company, Research China, investigates Chinese orphans and their history. Stuy says the money orphanages get paid for each adoption invites corruption. Three grand in China, he says, has the buying power equivalent to $40,000 in the States.

 

BRIAN STUY: There's the potential for tremendous dark side activity. People kidnapping kids to bring them to the orphanages. People having babies simply to give them to the orphanages. If the international adoption program was not there, these children probably would not have ended up in the orphanage to begin with.

Stuy says baby selling is systemic in China, and he says it's still happening today. He just investigated 20 kids from one orphanage, and he says in more than half the cases...

 

STUY: The information as it relates to their finding was fabricated. Everything about the origin of the child was fiction.

We got one orphanage director on the phone. She told us she's willing to pay $150 for a healthy baby girl. Chinese media report at least 88 baby trafficking convictions since the Hunan trial. But many parents and social workers in the U.S. say that trial was an aberration in China's otherwise clean program.

 

Chuck Johnson represents adoption agencies at the National Council for Adoption in Washington.


CHUCK JOHNSON: China is considered one of the premier inter-country adoption programs. They have a very strong system of laws and an extremely involved, authoritative central authority.

Johnson says China's adoption ministry -- the CCAA -- investigated the Hunan scandal, and according to its findings...

 

JOHNSON: None of the children were adopted by American families.
That seems to conflict with the court documents we saw, which indicate that at least one was. Johnson's response...


JOHNSON: I'm not going to comment on that because I have not seen the documents. And also, we've had to rely on the investigation completed by the CCAA.

So we tried to contact the CCAA on this. It didn't respond.

American Cathy Sue Smith in Shanghai sometimes wonders where her adopted daughter was really born. She discovered through DNA matching that her 8-year-old Janna Mae has a biological sister. And here's the thing: the blood sisters were adopted from different provinces, Hunan and Guangdong. The exact route used by the Duan family trafficking network.


CATHY SUE SMITH: It adds to the whole possibility of trafficking.

Smith knows her daughter is not the child court documents show as having been trafficked by Duan. That girl went to another American family. But Smith says she's not surprised by these goings on. She's been in China nine years. Long enough, she says, to know rules get bent.

In Hunan, central China, I'm Scott Tong for Marketplace.


RYSSDAL: Scott's assistant Cecilia Chen helped report that story.


Via : Pound Pup Legacy.

10:47 Écrit par collectif a & a dans Trafic d'enfants | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : usa, chine | |  del.icio.us

04/05/2010

Les chiffres sont secrets et tabous en France : officiellement 2 % des adoptions sont vouées à l’échec en France. Mais officieusement, les spécialistes parlent carrément d’un cas sur dix.

Logo France Soir.jpgUn terrible constat



Les échecs de l’adoption, on en parle peu. Pourtant, même en France, des histoires déchirantes d’enfants adoptés remis aux institutions, puis renvoyés dans leurs pays sont fréquentes et bien réelles. Sujet tabou, polémique, aucune statistique officielle n’est mise en avant. Le dossier de l’adoption est trop sensible et le constat de l’échec enfoui sous les centaines de demandes en attente. Si des chiffres de 2 à 3 % d’échec circulent, c’est déjà énorme, car cela signifie que sur environ 4.000 enfants adoptés par an, plus de 80 sont abandonnés chaque année, rendus comme un simple appareil qui ne fonctionne pas !



Qu’advient-il ensuite de ces petits rejetés coup sur coup, par leur famille biologique puis adoptive ? Comment pourront-ils se reconstruire ? Et comment expliquer qu’après tant de démarches et d’attente, des parents adoptifs se révèlent incapables de garder cet enfant tant rêvé ?


Pourquoi ces échecs ?


« Dans le cadre de l’adoption, explique-t-on à l’AFA (Agence française de l’adoption), il y a très souvent l’enfant rêvé et l’enfant réel. Et les deux ne se rejoignent pas toujours. L’adoption est vraiment une greffe qui prend ou qui ne prend pas. » En effet souvent les parents vont bien au-delà de leur projet initial en se disant qu’ils pourront assumer un enfant plus grand, avec un passé psychologique chargé ou un problème physique voire pathologique… Mais au fil des mois, les choses se compliquent… Le docteur Geneviève André-Trevennec, directrice de Médecins du monde, explique : « Il faut faire prendre conscience aux parents de la responsabilité qu’ils ont eue dans leur démarche d’adoption. Ils se sont engagés, c’est comme lorsqu’on a un enfant biologique qui né avec des difficultés, on l’assume et on l’aime jusqu’au bout, quoi qu’il arrive. »


Que deviennent ces enfants rejetés ?



Lorsque l’adoption plénière a été reconnue, l’enfant reste à jamais lié juridiquement à ses parents. Il est placé par les services sociaux, mais il ne sera plus jamais adoptable plénièrement. Lorsque qu’il est étranger et que son pays d’origine a prononcé un jugement, son pays n’en veut plus. Et s’il n’est pas encore enregistré à l’état civil français, il se retrouve un peu apatride. Cela arrive particulièrement lors d’adoptions individuelles.


Pour éviter cela, des préparations psychologiques à la parentalité adoptive et un suivi des familles sont progressivement mis en place par les organismes d’adoption. « Avec la tendance actuelle de l’adoption internationale qui propose des enfants de plus en plus grands, issus de situations complexes, cela devient vital. Sinon les échecs se multiplieront ! Une famille soutenue et avertie réagit pour ne pas arriver à des situations extrêmes », atteste Geneviève André Trevennec. Mais c’est encore insuffisant et de nombreux signes d’alarmes passent inaperçus. Pourtant, un échec de l’adoption n’arrive jamais du jour au lendemain. Tant de vies brisées dans les premières années d’existence ne peuvent laisser indifférent…


« Plus de 30 % des agréments accordés devraient être refusés »


Le Dr. Pierre Lévy-Soussan est pédopsychiatre, médecin directeur Consultation filiations à Paris.


France-Soir. Qu’est-ce qu’un véritable échec de l’adoption ?
Pierre Lévy-Soussan. Les plus graves sont ceux qui se traduisent par une maltraitance, avec abandon et remise de l’enfant à l’ASE (Aide sociale à l’enfance). Ils vont bien au-delà des 2 % annoncés. Puis il y a les équivalents d’échecs lorsque la situation a dégénéré, à tel point que les parents ou les enfants n’éprouvent plus rien ensemble sauf l’indifférence ou la haine. Les professionnels évaluent globalement ces échecs à 10 ou 15 %. Et c’est énorme…


F.-S. Que faudrait-il faire pour éviter de tels drames ?
P. L.-S. Etre plus sélectif sur les agréments et arrêter l’amateurisme institutionnalisé en matière d’adoption. Un dossier rejeté par la commission peut ensuite être sauvé par un président de conseil général ou un juge. Amateurisme ! N’importe qui peut donc obtenir un agrément. Le taux de refus national est de 10 %, avec 70 % des départements entre 0 et 10 % ! Plus de 30 % devraient être refusés car les régions qui travaillent le mieux ont un taux de refus entre 30 et 40 %. Aucun politique ne veut remettre en question la loi et les enfants en font les frais !


F.-S. Comment agir concrètement ?
P. L.-S. En assumant une sélection efficiente des candidats, en faisant un travail d’appariement des familles : tel enfant pour tel parent, car n’importe quel enfant ne peut pas aller avec n’importe quel parent. Il faut arrêter de s’en remettre au hasard de l’arrivée des dossiers comme le fait l’AFA.


F.-S. Fait-t-on un dossier trop rose de l’adoption par rapport à sa réalité ?
P. L.-S. Bien sûr, et la peopolisation y contribue, l’adoption a une image de conte merveilleux. Les réalités et les difficultés sont mises à l’écart et cela n’aide pas les futurs parents adoptifs qui se retrouvent souvent dépassés par les obstacles qu’ils rencontrent.


F.-S. Une histoire comme celle du petit garçon russe aurait-elle pu arriver chez nous ?
P. L.-S. Non seulement ça aurait pu, mais cela arrive en France. Des enfants qui sont renvoyés avec leur valise à l’ASE cela n’a malheureusement rien d’exceptionnel…


Source: France Soir | 03.05.10

 

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- Enfants adoptés, l'envers du décor

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