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26/09/2010

Boris Cyrulnik, Neuropsychiatre et éthologue. Débats sur l'adoption, l'attachement et la résilience.

 

Boris Cyrulnik.jpgVéronique : Il y a vingt ans, j’ai adopté une petite fille venue de Roumanie. Elle avait 18 mois. J’ai eu beaucoup de mal à créer un lien d’attachement avec elle. Et quand je lisais dans vos livres que l’amour permet de tout rattraper, je vous en voulais. Parce que cela me faisait culpabiliser de ne pas y arriver. J’avais honte de me sentir une mère incapable… 

B.C. : Votre critique me touche et j’entends combien elle sonne juste. L’adoption est le prototype de la résilience : tous les enfants adoptés n’ont pas été maltraités, mais tous les enfants adoptés ont changé de bras, changé de culture, et parfois même leur famille a changé de couleur. Quand j’ai commencé à travailler sur la résilience, je voulais démontrer que c’était possible de « récupérer » ces enfants que l’on abandonnait. C’est vrai que dans nos premiers travaux, nous avons donné une impression d’optimisme forcené, car on récupère beaucoup de ces enfants. Mais pas tous… La résilience neuronale est plus facile à provoquer que la résilience psychologique. Les enfants abandonnés manifestent tous un retard de taille et de poids. Mais dès qu’ils sont adoptés, ils rattrapent ce retard. Voilà pourquoi je dis toujours qu’il est plus facile de changer un métabolisme que de détruire un préjugé. Les études montrent que pendant trois ans, 80 % des enfants adoptés manifestent ce que l’on appelle un attachement « évitant », par peur d’être aimé. Ils ont peur d’être aimés, cela ne veut pas dire qu’ils ne veulent pas l’être ! Nous n’avons pas su expliquer que ces enfants-là, il faut leur apprendre à aimer. J’ai eu tort de ne pas l’avoir dit assez fort. Mais, moi aussi, j’étais un débutant…

 

Véronique : Est-ce qu’il arrive un âge où il n’est plus possible de développer un attachement ?

B.C. : Il y a cinq ans, nous avons fait une étude à Toulon. Nous avons suivi des enfants qui étaient ce que j’appelle des « mal partis de l’existence », mal partis parce qu’ils ont une maladie, ou parce que leurs parents sont en difficulté, ou qu’ils sont maltraités, ou parce qu’ils vivent dans des conditions précaires qui font que la vie quotidienne est une agression constante. Nous les avons suivis et nous les avons revus régulièrement entre 15 et 20 ans. Notre conclusion est claire : les attachements qui ont été décrits par les psychologues ou les neuro logues n’indiquent que des tendances, ce ne sont jamais des fatalités. Presque tous les attachements sont flexibles : on voit beaucoup d’attachements indifférents se réchauffer, à condition qu’il y ait un lien stable, à condition qu’il y ait une autre manière d’aimer à l’intérieur de la famille. Ce que nous avons constaté, c’est que la stabilité affective se met en place après le premier amour, moment clé où les gens apprennent à aimer. À partir de là, leur score d’attachement « sécure » grimpe très vite. Ce qui signifie qu’une fois que l’on a appris à mieux aimer, on se répare. Et pour moi, c’est vrai jusqu’à l’âge de 120 ans. Après, c’est moins vrai… [Rires.]

 

Catherine : Alors c’est ça le pouvoir de l’amour ? 

B.C. : Moi, j’appelle ça le pouvoir de l’attachement. L’attachement est différent de l’amour. Je vis avec lui, avec elle, tous les jours, et je l’aime alors que chaque matin, il faut que j’attende un quart d’heure qu’il ou elle ait pris son café pour commencer à sourire… Je vis avec lui, avec elle, je suis attaché à lui, à elle. C’est très différent de l’amour.

 

Élizabeth : Je suis directrice de crèche et je m’interroge sur la garde alternée. Quels sont les risques pour ces enfants qui changent de maison une semaine sur deux de développer des troubles de l’attachement ? 

B.C. : La stabilité affective de la première année crée des attachements « sécures ». La stabilité affective, statistiquement, vient de la mère, mais elle peut également venir du père – si la mère est morte, malade ou en difficulté – ou d’une autre figure adulte. En effet, l’important réside dans la « niche sensorielle » construite autour du bébé. C’est-à-dire la façon dont l’enfant est touché, toiletté, nourri, la façon dont on lui parle. Si la mère est malheureuse, elle ne fait pas une niche sensorielle chaleureuse autour de son bébé : elle pense à autre chose quand elle le change ou le nourrit… Alors la niche sensorielle est pauvre, toutes les stimulations biologiques sont pauvres, et les bébés apprennent mal. Mais les enfants qui ont connu une stabilité affective et dont la niche sensorielle a été forte pendant leur première année apprennent à aimer.

Source : Psychologies.com

 

- Dossier troubles de l'attachement
Johanne Lemieux et d'autres textes.

 

- Dossier résilience
Psychasoc, Collectifs d'auteurs, Joseph Rouzel

 

 

Commentaires

Après plus de 40 années de recherche fondamentale en Psy, j'ai découvert - grâce à la résilience développée après une naissance sous x et une adoption "à problème"- cet Absolu "Amour" qu'il plait à toutes les Sociétés Occidentales d'ignorer. Le sujet fait l'objet de mon web site (http://blogapart.freehostia.com)que je conseille à beaucoup de consulter. J'y ai montré et démontré que toute la Psychanalyse initiée par S.FREUD était fausse au même titre que toutes les formes de psy qui en découlent; Freud, contrairement à ses assertions, n'a jamais découvert l'Inconscient.Je l'ai découvert (première mondiale) en début des années 80. L'accusation est très grave; il en découle une censure totale de mes travaux depuis 1983 (par tout religieux, politique, journaliste) date à laquelle ils ont été présentés à l'Elysée tant leurs incidences sont importantes.Celles et ceux qui sont intéressés par le sujet peuvent me joindre par mail (jean.dalliere@orange.fr). C'est avec plaisir que j'exposerais des idées dans la mesure où elles ne sont pas déjà développées dans mon blog. Bien cordialement à tous.

Écrit par : DALLIERE Jean | 21/05/2013