Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« Boris Cyrulnik, Neuropsychiatre et éthologue. Débats sur l'adoption, l'attachement et la résilience. | Page d'accueil | Mères d’origine, les oubliées de l’adoption internationale »

30/09/2010

L’adoption internationale chute. Le nombre d'adoptions d'enfants étrangers : moins 40% en cinq ans.

L adoption internationale en baisse.jpg. Il n'est pratiquement plus possible d'adopter des enfants chinois,qui constituait en Belgique francophone la principale "source" d'adoptions internationales
. La Communauté française de Belgique entend évaluer le décret qui règle les adoptions, quitte à en modifier certaines dispositions.
. L'écart va croissant entre le nombre de demandes d'adoption et le nombre limité d'enfants "adoptables".

Adopter un enfant à l’étranger devient de plus en plus difficile. Et, depuis quelques années, on constate une baisse significative du nombre d’adoptions internationales. La Communauté française n’échappe pas au phénomène.

En 2004, on dénombrait 366 adoptions (y compris celles d’enfants belges). Avec, au fil des ans, un recul progressif : 334 adoptions en 2005 ; 248 en 206 ; 212 en 2007 ; 180 en 2008 et, malgré tout, une
légère hausse en 2009 (220 dossiers). Laquelle, selon Didier Dehou, le directeur de l’Autorité centrale communautaire, « se confirmerait en 2010, avec des chiffres légèrement supérieurs ».

En cinq ans, le nombre d’adoptions internationales a diminué de 40 %. Plusieurs facteurs expliquent cette réalité…

Un : de plus en plus de pays d’origine se ferment, officiellement ou non, à l’adoption internationale. C’est le cas de la Chine (lire ici), de la Russie, de l’Inde, de Madagascar, des Philippines, etc. Autant de pays historiquement très investis dans le secteur.

Deux : les législations évoluent, les procédures deviennent çà et là plus contraignantes, beaucoup d’Etats préconisent d’abord l’adoption interne. Comme le stipulent d’ailleurs les textes internationaux
(Convention de La Haye du 29 mai 1993 et Convention sur les droits de l’enfant du 20 novembre 1989). Lesquels visent « l’intérêt supérieur de l’enfant » ; son droit d’avoir une famille, d’être protégé et, le cas échéant, adopté « si c’est la meilleure solution pour lui ».

Trois : « On constate un écart croissant entre le nombre toujours plus grand de demandes d’adoption et le nombre limité d’enfants “adoptables” », rappelle Didier Dehou. Un écart de 1 à 10 ou 11, selon
les endroits. Avec, dans certains Etats, l’instauration de « quotas » annuels ou de moratoires.

Quatre : confrontés à des dérives éthiques (enlèvements, vols, traite…) ou victimes d’affaires très médiatisées (Arche de Zoé, Haïti…), les pays d’accueil veillent désormais à soigner leur image à
l’étranger.

Dans ce contexte, rappelle Geneviève Gilson, la présidente des organismes d’adoption agréés s en Communauté française, « la pression est forte. Avec des moyens mis en œuvre pour investir le “marché“, à la limite parfois du raisonnable ».

Avec 17.433 adoptions déclarées en 2008, les Etats-Unis restent le principal pays d’accueil (près de la moitié des dossiers enregistrés). Derrière, on retrouve l’Italie (3.977), la France (3.271), l’Espagne (3.156), l’Allemagne (1.251), le Canada (1.208), etc.

Actions et/ou pressions diplomatiques auprès des pays d’origine, aides humanitaires liées, politique de coopération pro-active… « Ici, on financera une école, un orphelinat, un hôpital, explique un expert.
Des centaines de milliers de dollars légalement (ou non) déversés en échange de l’assurance que les places disponibles seront réservées à leurs ressortissants. »

Mais cela dure un temps. « Lorsque la pression que subit un pays d’origine devient trop forte, constate le Service social international, les abus surgissent immanquablement, suivis par une prise de conscience politique, puis légale, et aboutissant enfin à la mise en place de structures plus respectueuses des droits de l’enfant, mais souvent aussi plus restrictives. »

Il n’empêche : plus que jamais, l’adoption internationale est devenue un véritable « marché ». Avec une « demande » toujours plus forte (malgré la mise en place de procédures pour les candidats adoptant dans certains pays, la filière dite « libre » reste majoritaire). Et une « offre » globalement en baisse (moins d’orphelins de père et de mère ; moins d’abandons ; plus de règles éthiques, etc.).

Dans ce contexte, la (très petite) Communauté française de Belgique s’efforce de faire valoir sa législation parmi les plus contraignantes du… monde en matière de respect des droits de l’enfant. Elle tente également de nouer de nouveaux partenariats, en Afrique notamment (Togo, Burkina, Côte d'Ivoire…).

Enfin, elle développe aussi l’adoption d’enfants « à besoins spécifiques » (fratrie, enfants handicapés ou plus âgés). Une approche qui, sous cette forme-là, intéresse assez largement les pays d’origine. « Dans la grande majorité des cas, rappelle Didier Dehou (ACC), les parents souhaitent un enfant seul, en bas âge et en bonne santé. Ça n’est pas la seule voie possible. »

Ce que confirme Jean-Michel Charlier, de l’ASBL Emmanuel adoption : «C’est vrai qu’adopter un enfant à particularité, ça nécessite une ouverture supplémentaire, mais c’est une démarche extrêmement riche
dans une société où domine le culte d’une certaine norme et de la performance à tout prix. »


Source : Le Soir. 27 septembre 2010.

 

- La dure réalité des chiffres 

Les statistiques des principaux pays d’accueil confirment une fois encore la diminution du nombre d’adoptions internationales réalisées à travers le monde. Si les principaux pays d’origine restent plus ou moins les mêmes, leur évolution diffère sensiblement. La situation de la demande dans les pays d’accueil reste toutefois une grande inconnue.

Editorial du bulletin Mensuel n°8/2009 SSI/CIR

 

- Adoptions internationales: une situation toujours plus tendue 

Les premières statistiques concernant l'année 2006 indiquent une tendance à la diminution du nombre d'adoptions internationales. Ce ralentissement n'est pas sans soulever de nombreuses questions, tant quant à ses causes possibles qu'à ses éventuelles conséquences à long terme.

Editorial du bulletin Mensuel n° 3/2007 SSI/CIR

 

08:24 Écrit par collectif a & a dans Adoption internationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : belgique | |  del.icio.us