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29/10/2010

Discussions à propos du livre "La blessure primitive" (The Primal Wound) de Nancy Verrier

"Primal Wound" or "The Blight Man Was Born For"

Over the last week or so , discussions at http://osolomama.wordpress.com have centered around the idea of the “primal wound” (even though that was not the blogger’s plan). The “primal wound” in question is the posited emotional injury done to infants separated from their birth mothers. Those who support this idea believe that such an injury occurs even if the baby is placed with other caregivers at birth, and that the “wound” continues to cause pain all through life, unless it is resolved and healed in some way. Adult adoptees commenting at osolomama and elsewhere have made it very clear that they experience ongoing distress in close relationships, that they feel they have had this experience throughout their lives, and that they attribute their sense of distress to their history of early separation. (I am stating this simply and unemotionally for the sake of brevity, but the adult adoptees tell their stories vividly and with intense emotional engagement.)

CHILDMYTHS, Jean Mercer


Using and Abusing Metaphors: Attachment, Bonding, and Primal Wound

Several posts ago, I referred to ideas like the “Primal Wound” (a posited psychological injury caused by separation of a baby from its birth mother) as metaphors that could be helpful in therapy or in thinking through personal problems. One reader felt insulted by this statement and equated it with saying that proponents of the Primal Wound approach are “stupid”. I certainly didn’t intend to say that, although I think that if they considered the facts of infant development they would be aware that the Primal Wound is a socially constructed concept rather than a “natural kind”. I did mean just what I said-- that thinking metaphorically can be one of our best ways to figure out puzzling and complicated problems.

CHILDMYTHS, Jean Mercer

 

Wond

Op verschilldende Amerikaanse blogs woedt een discussie over het boek "Afgestaan" (The Primal Wound) van Nancy Verrier. Hierin betoogt zij dat er een emotionele verwonding ontstaat als een kind wordt gescheiden van zijn moeder. Net als het boek "Ik ben haar kind" beschrijft het boek indringend wat de gevoelens zijn van (sommige) geadopteerden. Alleen al daarom is het beslist lezenswaardig. Het probleem is de verklaring die Verrier geeft voor die gevoelens. Die draait om de psychoanalytische notie over een natuurlijke band tussen moeder en kind die - indien verbroken - zorgt voor een oerverwonding bij het kind en bij de moeder.

De wereld is van iedereen

 

10:31 Écrit par collectif a & a dans Livre - Revue | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : attachement, adoption, nancy verrier | |  del.icio.us

25/10/2010

Adoptés en Colère

De Wereld is van Iedereen.jpgTraduction non-officielle de l'article "Boze geadopteerden" paru sur le blog "De wereld is van iedereen"


Parmi les parents adoptifs, il y a parfois du sarcasme à propos des adoptés militants, tels que par exemple les membres dirigeants de United Adoptees International (UAI). Ils seraient en colère et considérés comme des personnes frustrées traînant toute la misère à propos de leur statut adoptif. Cette qualification me mets moi aussi en colère. Il tue le point de vue, la vision de leurs messages: il y a beaucoup d'erreur et de malheur dans l’adoption internationale et pour de nombreux adoptés l'adoption n'est pas apparue comme la bonne solution. Le moins que l'on puisse faire en tant que parent adoptif (prospectif) est de les écouter.

 

Margie, une mère de deux Coréens, a commencé récemment un blog sur l'adoption. En solidarité avec les adoptes "colériques" le blog s’appelle Angry Adoptive Mom (Maman Adoptive en Colère). De belles et courtes contributions sont écrites avec une certaine auto-dérision, ce qui est hélas plutôt rare dans le petit monde de l’adoption. Mais parfois aussi avec colère. Et cela est nécessaire aussi.

22/10/2010

Affaire de l’arche de Zoé. « Certains enfants ont pu perdre leur sécurité affective », dit Sandrine Dekens, ethnopsychologue.

ZOE-CADY.jpgPour les enfants enlevés, ce n’est pas le retour dans leur famille qui pose problème mais le fort sentiment d’abandon qu’ils ont dû éprouver.

Quelles répercussions ont pu avoir l’affaire de l’arche de Zoé sur les enfants ?

Il est difficile de faire de la psychologie clinique sans avoir vu ces enfants et avec le peu d’informations dont on dispose. Mais il est probable qu’ils aient éprouvé un fort sentiment d’abandon. Ils vivaient dans leur famille et se sont retrouvés confiés à des étrangers très étranges, car blancs (il est possible que certains n’en aient jamais côtoyé). 

Arrachés de leur milieu affectif habituel, dans un milieu inconnu, avec des inconnus. Il est probable qu’ils n’aient par ailleurs rien compris de ce qui leur arrivait. Car les familles africaines n’expliquent pas toujours aux enfants ce qu’ils vivent avec des mots. Et ils se sont retrouvés avec des adultes dont ils ne comprenaient pas la langue, qui ne leur ont sans doute pas expliqué grand-chose, voire leur ont menti.

Quels ont pu être les effets de cet « abandon » ?

Plus l’enfant est petit, plus il risque d’être dans le non-sens total, et plus la séparation peut avoir des répercussions sur son développement. Le bébé est juste centré sur la perte : il va essayer de retrouver une figure d’attachement stable et déprimer s’il n’en trouve pas une rapidement. 

Plus l’enfant est grand, plus il va essayer de se raconter une histoire sur ce qui lui arrive pour lui donner du sens. Si la séparation n’a pas été trop longue, on peut imaginer que certains ont dû attendre qu’une mère, une tante, une voisine vienne les chercher.

Les personnes qui s’occupaient de ces enfants n’étaient pas nécessairement leur « mère »…

Au Soudan et au Tchad, ce qu’on appelle chez nous « la mère » n’existe pas : il n’y a pas de figure unique qui aurait à la fois accouché de cet enfant et serait sa figure de référence. Les fonctions maternelles peuvent être réparties sur plusieurs personnes. Les enfants peuvent avoir une mère du ventre, une mère de lait, une mère d’éducation, une petite mère de la journée. 

C’est donc un argument ethnocentré de légitimer la rupture du lien en disant « ce n’était pas vraiment sa mère ». Et il est erroné de penser que si l’enfant n’avait plus sa mère biologique ou ne vivait pas avec elle, la rupture serait moins grave. Ce n’est en tout cas pas cela qui doit motiver le recours à une adoption internationale, même légale.

Il existe d’ailleurs peu de pays d’Afrique qui acceptent qu’on adopte leurs enfants, même de façon « légale »…

Ces pays veulent prendre en charge leurs enfants eux-mêmes et qu’on leur en donne les moyens. Si les familles ont du mal à les nourrir, elles ne vont absolument pas demander qu’on leur retire leurs enfants. Elles vont chercher un lieu où on délivre des soins, de la nourriture, des médicaments. 

C’est là qu’il y a eu un marché de dupes, qui consiste à présenter l’adoption comme un moyen de secourir les populations pauvres en les soulageant de leurs enfants ! Les enfants plus grands ont pu être dupés eux aussi, si on leur a fait miroiter qu’on allait les « sauver », ou que l’adoption allait leur permettre de manger, d’aller à l’école, de se construire une nouvelle vie… qui sont en réalité des enjeux de migration et non de filiation. 

L’adoption, même faite dans un cadre légal, n’est pas une opération de « sauvetage », ni un geste humanitaire, ni une migration. C’est l’établissement d’une filiation. Or ces enfants-là ne semblent pas avoir été en attente de parents.

Comment ont-ils pu vivre ensuite le retour dans leur famille ?

Ce n’est pas le retour qui pose problème, mais la séparation, le sentiment d’abandon et les perturbations qu’ils entraînent : certains enfants ont pu perdre leur sécurité affective, peuvent ne plus supporter des séparations ultérieures, avoir des problèmes de sommeil, beaucoup pleurer, être considérés comme « difficiles ». 

Les familles n’ont ainsi pas forcément retrouvé l’enfant qu’elles ont laissé. De leur côté, ces familles ont pu éprouver un fort sentiment de culpabilité. Certaines ont pu être considérées comme des victimes par leur communauté, mais d’autres être rendues responsables d’avoir abandonné leur enfant et considérées comme de « mauvais parents ». 

 

Source: La Croix. 22/10/2010

 

- Les enfants oubliés de l’Arche de Zoé

Trois ans après la révélation de l’affaire, que sont devenues les victimes ? Le 25 octobre 2007, plusieurs membres de l’Arche de Zoé étaient arrêtés au moment d’embarquer 103 enfants tchadiens vers la France. Notre reporter a retrouvé quelques-unes de ces victimes, à la frontière soudanaise.

Le dossier complet sur le devenir de ces enfants sur Osi Bouaké

 

18:07 Écrit par collectif a & a dans Trafic d'enfants | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : arche de zoé, tchad, france, sandrine dekens | |  del.icio.us

20/10/2010

Mères d’origine, les oubliées de l’adoption internationale

Logo - ISS SSI.jpgL'éditorial du bulletin mensuel n° 9/2010 du Service Social International (SSI/CIR) offre une place spéciale aux mères d’origine, en se penchant sur leur vécu difficile et en ouvrant la réflexion sur le chemin qui reste à parcourir pour leur offrir un accompagnement de qualité.

Si les recherches concernant les enfants adoptés et la création du lien d’attachement avec la famille adoptive sont nombreuses, tel n’est pas le cas pour les mères biologiques des enfants. Elles sont
pourtant des actrices centrales du processus d’adoption, puisqu’elles en sont finalement à l’origine. La récente publication d’une recherche centrée sur les mères ukrainiennes nous donne l’occasion de revenir sur cette question critique et trop souvent ignorée.

 

Pourquoi cette ignorance voire cet ostracisme ?

Une première réponse peut être recherchée dans la perception même de l’adoption internationale : une vision trop simple qui ne veut voir que l’aide à l’enfant en détresse, et qui occulte ses origines afin, consciemment ou non, de rassurer les adoptants dans la justesse de leur démarche. De récentes enquêtes ont toutefois grandement contribué à faire changer cette image idéale : qu’il s’agisse du rapport de Terre des Hommes au Népal, le reportage d’ABC News en Ethiopie, le cas des enfants Ruc au Vietnam (bulletin 11-12/2008), la parole donnée aux mères fait ressurgir la honte, le chagrin et les larmes.
Ainsi, bien que les avancées législatives en la matière soient notables aujourd’hui – la CLH-1993 ainsi que de nombreuses législations nationales reconnaissant le droit et les intérêts de ces femmes – il convient de s’interroger sur la pratique. Peut-on prétendre qu’un véritable choix est offert à ces mères de garder ou non leur enfant ? Il en va pourtant de l’avenir de l’enfant et du sens même de toute adoption, fondée sur la décision finale de la mère, prise en connaissance de cause, avec discernement et en toute liberté.


Des proies faciles…

Les mères d’origine sont au coeur des pressions sociales et financières. Elles sont souvent les proies faciles de certains intermédiaires, du crime organisé ou d’agences d’adoption. Concernant ces dernières, leur rôle s’avère parfois (et pour le moins) ambigu, en particulier lorsqu’elles accueillent à la fois les mères d’origine et qu’elles placent des enfants en adoption. Un conflit d’intérêt évident se pose alors notamment au niveau financier: les mères peuvent se sentir redevables envers l’institution qui leur a prodigué des soins qu’elles ne sont pas en mesure de payer. De plus, leur consentement peut être recueilli de manière abusive si elles sont illettrées, etc. Ces situations ne sont malheureusement pas rares et entrainent des séparations abusives et traumatisantes à vie.

De la responsabilité de la société et des professionnels

Selon les pays où elles vivent, les mères d’origine doivent également endurer une condamnation morale : issues de milieux socioéconomiques défavorisés, elles sont soumises à de fortes pressions culturelles, familiales et religieuses (par exemple par le rejet des grossesses hors mariage). Le regard que la société et les professionnels portent sur elles est, consciemment ou non, accusateur et jugeant.
Comment parler librement dans de telles conditions? La responsabilité qui pèse sur les professionnels accompagnant ces femmes est dès lors essentielle : une grande partie de leur décision repose sur le professionnalisme, la pluridisciplinarité et la qualité humaine du personnel qui les entoure. La question se pose de la capacité de ce dernier à amener ces mères à exprimer librement leurs sentiments par rapport aux circonstances de leur grossesse, aux peurs qui l’entourent et au rejet éventuel de l’enfant.
Permettre à ces dernières d’ouvrir leur coeur peut les aider à devenir mère d’un enfant dont elles prennent conscience de l’existence au niveau physique et psychique, et assumer leur responsabilité quant à son projet de vie, quel qu’il soit. A cette fin une méthode d’intervention basée sur des critères précis (par exemple : durée de la prise en charge avant/pendant et après la décision finale ; accompagnement de proximité ; mise en oeuvre des droits élémentaires et sociaux tels que l’accès au logement, à l’emploi, à la crèche, etc.) permettrait de répondre aux besoins des mères à chaque étape de leur prise en charge, en mettant en exergue leur vécu propre et en tenant compte de leur évolution au fur et à mesure que le bébé devient plus réel. Tel est le défi de la pratique.

Vers une vraie place des mères d’origine dans le processus décisionnel ?

L’observation attentive de l’adoption internationale montre que les pays prennent de plus en plus conscience que la prévention de l’abandon passe par un soutien des mères d’origine au plus près de leurs besoins et de leur réalité, un principe clairement posé par les Lignes Directrices des Nations Unies relatives à la protection de remplacement pour les enfants (Section IV). Des programmes de soutien ont ainsi été mis en place, par exemple au Chili (mise en place des crèches au sein des écoles permettant aux mères adolescentes de poursuivre leurs études) et en Roumanie (voir bulletin 5/2008).
Moins nombreux sont les programmes de soutien mis en place en amont, dès le début de la grossesse de la mère.
Prétendre offrir aux mères d’origine un réel choix de garder leur enfant s’avère donc être une tâche délicate et complexe à laquelle les pays doivent continuer à s’atteler. S’il en va ainsi pour les
mères d’origine, ne parlons pas des pères d’origine souvent très absents des discussions autour de l’adoption internationale. Quelle place leur est accordée dans le processus décisionnel ?
Une question qui pourrait inspirer de nouvelles recherches.

 

Source : Centre international de référence pour les droits de l’enfant privé de famille - SSI/CIR - Septembre 2010.