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« Racket d'adoption découvert à New Delhi. Quatre arrestations. | Page d'accueil | Haïti & France. Ces adoptions sont "précipitées et éthiquement condamnables", selon Pierre Lévy-Soussan, pédopsychiatre »

21/12/2010

Espagne. Niños robados. Enfants volés

Espana_ninos_robados_vidas_ficcion.jpgHistoriquement, je croyais la Corée du Sud championne du monde dans le domaine des adoptions pas très nettes. A présent, je crois que c'est peut-être l'Espagne. Bon, il y a de grandes différences:  il s'agit là d'une histoire intranationale ... et ces adoptés, en se construisant durant leur l'enfance n'ont pas, je pense souffert psychologiquement d'un déracinement total et/ou d'un sentiment d'étrangeté permanent.  Ils ignoraient qu'ils étaient volés, et même souvent qu'ils avaient été adoptés.
 
Je crois néanmoins intéressant de présenter ce qui suit car je pense qu'on peut trouver beaucoup de choses similaires dans d'autres pays, notamment comment peut se développer un sacré sale système à partir de quelque chose qui doit en principe aider, protéger des enfants. Je crois aussi intéressant de présenter ce qui suit car celà présente une réaction civile intéressante. 
 
Il y a plus d'un an un juge espagnol, Baltasar GARZON (très connu pour avoir ouvert plusieurs enquêtes internationales en tapant très haut au niveau des droits de l'homme. Il a coincé quelques temps Pinochet à Londres notamment.), se pencha sur des enfants volés aux républicains par les nationalistes après la guerre civile espagnole (1936-1939). Aujourd'hui, El Mundo, l'un des quotidiens espagnol le plus important du pays, vient en aide à l'association ANADIR (Association Nationale des Victimes d'Adoptions Illégales) 

Greg

Avec son aimable autorisation, voici la traduction non officielle en français de "Familias ficticias; vidas robadas"

 
Des vies de fiction. (1er onglet)
Des familles fictives; Des vies volées.

par Raquel Quílez
 
"Mes parents m'ont confessé qu'ils m'avaient acheté"; "Ils ont payé pour moi davantage que pour un appartement"; "Un religieux leur a permis de choisir entre un petit garçon ou une petite fille", "Ils ont eu à employer une mère porteuse"... Ces témoignages n'appartiennent pas des scénarios de film. Ce sont des histoires réelles de personnes qui, devenues adultes, ont découvert que leur vie est un mensonge. Dans l'hôpital des nouveaux-nés ont changé de mains avec au préalable un paiement de leurs parents adoptifs. Qui est leur vraie mère ? Qui s'est enrichi avec leur vente ? Énormément de questions se bousculent sans réponse dans leurs têtes.
 

Selon l'avocat Enrique Vila, entre 200.000 et 300.000 personnes  pourraient être concernés. Des cas qui trouvent leurs racines à l'époque du franquisme  apparaissent maintenant à la lumière avec des protagonistes qui découvrent que leur famille n'est pas celle qu'ils croyaient. Leurs histoires rappellent des scénarios de film : des enfants en échange d'argent en plein jour, des bébés qui sortaient de salles d'accouchements en étant déclarés morts, des sages femmes qui falsifiaient des documents...
[ Lien au deuxième onglet : "Ainsi se déroulaient leurs histoires."]
 
Juan Luis Moreno a su qu'ils l'avaient acheté pour 150.000 pesetas quand son père le lui a confessé dans son lit de mort [ LIEN A SON HISTOIRE (en espagnol) ]; Maria Labarga a découvert que son acte de naissance était falsifié et que celle qu'elle croyait être sa mère  ne l'est pas [ LIEN A SON HISTOIRE (en espagnol) ]; Paloma Mosset cherche sa fille, déclarée morte après être née [ LIEN A SON HISTOIRE (en espagnol) ]... Elles sont nombreuses les personnes, après des années de soupçons, qui ont décidé d'enquêter sur leur cas. Une centaine d'entre elles se sont associés dans ANADIR (lien) [ l'Association Nationale de Victimes d' Adoptions Illégales] avec la volonté qu'on les écoutent dans les tribunaux, quelque chose de compliqué jusqu'à présent, puisque les demandes devant divers tribunaux provinciaux ont été mésestimées. Une seule donne lieu à une enquête par le Ministère public d'Algésiras-. " On nous dit que ce sont des délits prescrits parce qu'ils ont déjà plus de 40 ans. Mais il n'y a pas prescription sur la disparition de personnes jusqu'à ce que celles-ci apparaissent et de plus, ce type de cas est fréquent ", affirme Vila, avocat au service d'ANADIR qui prépare une plainte collective devant le Ministère Public Général de l'État pour les mois suivants.
 
Cet avocat enquête depuis 10 ans sur ce genre de cas. Il a commencé par représenter des adoptés à la recherche de leurs origines et il a ainsi découvert que plusieurs figurent comme des enfants naturels dans leur acte de naissance, malgré le fait que leurs propres familles leurs ont racontés qu'ils ne le sont pas. Qui a falsifié leurs papiers ? Qui se cache derrière ces inexactitudes ? Il assure qu'entre 10 et 15 % de ceux qu'il représente se trouve dans cette situation. Selon ses calculs, en Espagne il y aurait environ 2.000.000 d' adoptés nationaux, ce qui, en extrapolant cette donnée, ferait qu' entre 200.000 et 300.000 cas seraient illégaux. Après avoir vérifié que leurs albums de familles reflétaient une fausse réalité, les victimes de ces histoires rompent leur silence et réclament justice.
 
 
Ainsi se déroulaient leurs histoires. (2ème onglet)
Des réseaux de religieux, de médecins et de fonctionnaires 

 
L'histoire des enfants "appropriés" - ainsi préfèrent-ils que l'on les appelle - plonge ses racines dans le franquisme. Bien que dans les premières années elle a été chargée d'idéologie - On volaient les enfants de prisonniers politiques et de femmes républicaines pour les donner aux familles conservatrices - rapidement celà s'est converti en des histoires purement économiques qui ont étendu leurs tentacules au-delà de la dictature. De cela témoigne Francisco Tena, sociologue et expert dans le domaine  qui suit depuis des années les traces de l'origine de certaines de ces personnes. "Les cas plus nombreux se trouvent entre 1963 et 1970, bien que je m'occupe de cas allant de 1943 à 1995. En 50 ans: imagine-toi toutes les victimes qui ont pu exister !",  s'exclame-t-il. L'avocat Enrique Vila représente des "appropriés" de jusqu'à 1979.
 
En étudiant les cas, on découvre un "modus operandi " qui revient souvent. "Des couples mariés qui ne pouvaient avoir des enfants, souvent bien agés, se mettaient en rapport au moyen de connaissances avec des personnes qui pouvaient leur en fournir. Dans une première rencontre on leur disait dans quelle ville ils auraient à aller et l'argent qu'ils devaient payer pour [ lien : CE FUT LE CAS JUAN LUIS ET D'ANTONIO (en espagnol)] et le jour indiqué, ils se déplaçaient là où l'échange était fait, généralement dans des maisons ou des parcs. Après ils ordonnaient à une matrone ou à une infirmière de leur propre ville de falsifier, avec aussi un paiement préalable, le certificat de naissance, puis avec celui-là ils se présentaient à l'état civil où ils inscrivaient le bébé comme propre à eux. Tous emportaient de l'argent",  décrit Vila.
 
Le centre de l'affaire se situait entre les murs des hôpitaux où était vécu des situations bien différentes. Il y avait des mères qui voulaient donner l'enfant pour l' adoption, de jeunes femmes ou des mères célibataires qui, pressées par leurs familles et la morale de l'époque, décidaient de ne pas poursuivre leur maternité, des prostituées qui ne pouvaient pas avoir le bébé... Mais il y avait aussi des cas plus tragiques. "Il y avait des femmes sans histoires avec des accouchements sans problèmes à qui on retirait le nouveau né en leur disant qu'il était mort. Plusieurs ne virent jamais voir le corps du bébé, ni le certificat de décès, ni rien de rien", affirme Francisco Tena. Cet enfant sortait de la clinique avec pour destination un autre foyer et dans la majorité des cas, comme dans celui d'Antonio Barroso  ou de Maria Labarga (liens- en espagnol), on modifiait les historiques médicaux et les actes de naissance pour effacer toute trace de ce qu'on avait fait.
 
"Il y avait pratiquement toujours des personnes religieuses impliquées dans ces histoires. Elles se croyaient dotées d'un pouvoir moral leur permettant de retirer des bébés à des mères sans ressources pour les donner à des familles conventionnelles. Mais elles figurent là parce qu'en ces années elles travaillaient comme infirmières dans les hôpitaux, et non parce que c'était une affaire institutionnelle de l'Église", explique Vila. La dimension du scandale est arrivée à atteindre de grandes proportions. "Il y a eu de nombreuses familles à qui on a enlevé des enfants. Les mères étaient pauvres culturellement et écomiquement. Il s'agissait de célibataires, de jeunes sans défense qui se résignaient quand on leur disait que l'enfant était mort. Certaines sont encore aujourd'hui en cours de traitement psychologique", dénonce Francisco Tena, qui relève que "la majorité des adoptants l'ont fait de bonne foi" et qu'on ne peut pas les accuser d'un délit parce que, bien qu'ils ont payé pour les enfants, "on leur disaient que c'était pour des frais médicaux, des frais administratifs, etc.". " Les intermédiaires en ont la responsabilité et il y a eu beaucoup de gens qui se sont enrichis avec cela. Le Ministère Public devrait intervenir et étudier à quel niveau celà se trouve dans les atteintes à l'humanité . Celà est d'une dimension terrible ", juge-t-il.

 
La carte de la tragédie. (3ème onglet)
Des hôpitaux dans le colimateur


 
Selon les études du sociologue Francisco Tena, la majorité des adoptions irrégulières se sont produites à Madrid et à Bilbao. Mais à ANADIR on a associé des personnes de Saragosse, de Malaga, de Barcelone, de Cadix, d'Alicante, de Valence, d'Almería ... [ voir la carte à droite de cette page] "Il y a des noms de cliniques qui se répètent fréquemment dans les histoires. Où l'on trouve le plus de personnes touchées c'est à Madrid, et souvent par la maternité O'Donnell; à Cadix par l'hôpital Zacamola, le Miguel Servet à Saragosse", on raconte à l'association. Il y a aussi Santa Isabel à Valence, et Santa Cristina ou le déjà fermé Saint Raymond dans la capitale.
 
Tena, lui-même, a réalisé une étude sur la maternité O'Donnell qui est rapportée dans son livre "Enfants invisibles dans la chambre obscure", dans lequel il enquête sur une étrange épidémie d'otite qui a provoqué, selon les archives de l'hôpital, de nombreuses morts de bébés en 1964, quand il n'était pas habituel de décéder à cause de çà. On avait soumis cette clinique à une rénovation profonde après.
 
Cependant, l'avocat Enrique Vila relève qu'il s'agissait davantage d'histoires personnelles que de celles de centres hospitaliers. "Dans presque toutes villes il y avait un centre dans lequel plus de cas se produisaient, mais je crois qu'on avait affaire à des réseaux extérieurs aux hôpitaux. Le problème pour les victimes se présente quand elles rendent à ces centres hospitaliers à la recherche de leurs historiques ou de ceux de leurs mères pour retrouver leurs origines." Il y a beaucoup de personnes à qui l'hôpital refuse l'accès à ses rapports, on leur dit qu'ils ont disparu ", dénonce Francisco Tena. On a répondu à Juan Luis et Antonio (lien- en espagnol) qu'ils ne figurent pas comme nés en ces centres, comme non plus leurs mères en tant que personnes admises pour y accoucher . David Rodríguez et Marie Labarga  (lien- en espagnol) ne savent même pas où chercher leurs dossiers. Comme ceux-là, des centaines de victimes essaient ces jours-ci d'éclairer leurs vies. Un objectif pour lequel Internet s'est mis à leur service au moyen de forums et d'adresses "virtuels" comme http://www.buscapersonas.org/  ou http://www.quiensabedonde.es/  où presque chaque jour s'ajoutent de nouveaux noms à la recherche de leurs parents perdus.
 

Que faire ? ( 4ème onglet)
Que doit-on faire si on soupçonne que l'on est un "enfant volé" ?

 
La publication de ces histoires a fait réveiller de nombreux soupçons. Des dizaines de personnes ont contacté le quotidien ELMUNDO à elmundo.es [ENVOYEZ VOTRE HISTOIRE (lien)] pour raconter leurs cas et pour demander une aide devant ce qu'ils considèrent comme pouvant être une irrégularité. Des femmes pour qui on a déclaré un bébé comme mort dans l'hôpital, des personnes qui se sont vu forcées par leurs familles à donner un enfant pour être adopter, des enfants qui croient ne pas avoir grandi dans la famille correcte...
 
Après avoir lu les histoires de Juan Luis Moreno, d'Antonio Barroso, de Maria Labarga, de David Rodríguez ou Paloma Mosset (liens)  ces personnes ont eu l'inquiétude que leurs cas soient similaires, mais elles n'ont pas de preuves qui soutiennent leurs intuitions. Que peuvent- elles faire dans ces cas ? Quels pas doivent-elles faire pour éclaircir leurs histoires ? Les fondateurs d'ANADIR (lien) [l'Association Nationale de Victimes des Adoptions Illégales] et un avocat, Enrique Vila, ont élaboré cette liste d'indications:
 
- Dans le cas des enfants qui soupçonnent qu'ils n'ont pas vécu avec leurs vrais parents...
 
1 º. Contacter des amis, des voisins, des proches, des collègues... de vos supposés parents qui peuvent vous raconter si votre mère a été ou non une femme enceinte ou s'il y a eu quelque chose de bizarre dans votre famille autour de la date de votre naissance.
 
2 º. Faire des tests ADN avec la mère. Le moins cher - pour environ 200 euros - est de se présenter à une pharmacie où on emporte de suite les échantillons de salive à un laboratoire pour les analyser. Ces tests n'ont pas de validité juridique, mais ils serviraient à sortir de doutes. Pour obtenir une preuve valide il faudrait directement faire ces tests dans des centres homologués, où un technicien ou un avocat certifient l'origine des échantillons. Enrique Vila travaille avec l'Université du Pays Basque. Le prix est de 400 euros et en 15 jours les résultats sont obtenus.
3 º. Vérifier l'acte de naissance (état civil ) et l'acte d'accouchement (archives de l'hopital). Si vous figurez comme des enfants naturels, il est clair qu'ils ont été manipulés et qu'il y aurait quelques personnes impliquées dans çà.
 
4 º. Se présenter à la clinique dans laquelle vous êtes supposément nés et demander votre historique clinique, celui de l'accouchement et celui de l' admission de votre mère. On ne peut pas vous le refuser, bien que dans la majorité des cas on vous dira qu'ils ont disparu ou qu'on ne garde pas de si vieux documents . "Souvent la mère adoptive ne rentrait même pas dans le centre hospitalier. On sortait l'enfant et on lui donnait dans un autre lieu, bien que parfois on faisait de faux actes. Le plus probable c'est qu'il n'y est pas de documents et que l'enfant ait été inscrit dans un autre hôpital ou même dans une autre ville", explique Vila.
 
5 º. Contacter ANADIR où il y a déjà 110 membres qui peuvent vous assister légalement et juridiquement, ou un avocat particulier pour étudier les actions légales pertinentes.
 
- Si c'est est la mère qui a un soupçon :
 
1 º. Se présenter à l'hôpital auquel vous êtes rentré pour accoucher et demander votre historique clinique dans lequel les conditions de l'accouchement devraient être établies. La mort d'un bébé doit être inscrite.
 
2 º. Se présenter au cimetière auquel on a supposément emporté le corps de l'enfant et demander à connaitre les entrées en provenances de votre hôpital autour des jours de l'accouchement.
 
3 º. S'il n' y a dans aucun de ces endroits de données fiables, c'est alors le plus probablement que quelque chose se cache derrière. Dans ce cas, contacter ANADIR ou un avocat pour étudier le cas.

Commentaires

Search for Spain’s ‘lost babies of Franquismo’

DOZENS of families are hoping to finally find their long-lost children during a new police investigation into Franco’s crimes.

The Cadiz public prosecutor has ordered the police to trace ‘the lost babies of Franquismo’ after around 25 families across the province came forward with new allegations.

Majority of the victims claim their children have been taken away at birth and later pronounced dead.

The children were later adopted, often without ever learning of their true parents.

This heartless policy was authorized by Franco to punish former Republican sympathizers.

Similar investigations are taking place across the country.

In particular, Madrid authorities are now compiling a new statistical database of newborn deaths to prove the extent of the forced adoptions.

Écrit par : Olive Press | 30/12/2010

necesito informacion por favor de vosotros

Écrit par : martinez | 30/12/2010

Spanish mother reunited with daughter she was told had died at birth

Case is latest in growing scandal over babies allegedly stolen by doctors and sold for adoption over several decades

A Spanish mother has been reunited with her daughter four decades after being told the child had died at birth.

It is the first proven case in a growing scandal over babies stolen by Spanish hospital doctors and sold for adoption.

A DNA test proved the blood tie between the two women after the daughter hired private detectives to trace her biological mother.

"The adoption was legal, with her birth certificate saying she was 'adopted from an unknown mother'," Antonio Barroso, the head of an organisation investigating cases of missing babies, said.

The mother was left to mourn her baby after being told she had died at birth in a Barcelona clinic. "The doctors told her that her daughter had died. She even has the death certificate," Barroso said. "We went to a laboratory and the result left no doubt. It is only now that the girl has seen her own death certificate."

Barroso said mother and daughter – who have asked not to be named – were reunited in December and the case had since been passed on to the attorney general's office.

Another spokesman for the group, Juan Luis Moreno, told El Pais newspaper that the mother had always suspected her child had not really died, but hospital authorities in Barcelona had told her they would take charge of burying the baby.

Many of those now seeking lost babies are women who never saw their baby's corpse because hospitals said they would take charge of burial.

Barroso's organisation has asked the attorney general to investigate several hundred cases of illegal adoption.

The attorney general agreed to co-ordinate the different investigations that will be carried out by prosecutors at a provincial level.

Barroso said the case opened up the possibility that many children who were adopted in circumstances that may have seemed legal at the time were actually stolen.

These would be added to existing cases where adopted children were apparently registered as the biological children of their adoptive parents.

Barroso helped found the group after discovering that his own parents had paid an intermediary who produced children for adoption from a hospital in Zaragoza.

The cases go back many decades. Although they began during the dictatorship of General Francisco Franco, they seem to have carried on after his death in 1975. On Tuesday, the Catalan Republican Left party will ask Spain's parliament to aid those seeking lost children, with the creation of a DNA bank to help them.

Écrit par : Guardian | 21/02/2011

L'Espagne exhume ses bébés volés depuis Franco

Des centaines de témoignages affluent, et les questions de milliers d'Espagnols ressurgissent : « Mon bébé, mon frère, était-il vraiment mort lorsque les médecins nous l'ont enlevé ? »

Les vols de bébés, qui auraient été pratiqués depuis la guerre civile jusqu'au début des années 90, remuent les tréfonds de l'Espagne : plus de 700 cas ont été recensés en 2011. Les enfants auraient pu être adoptés jusqu'en France et
en Allemagne.

Les histoires se succèdent, toutes plus invraisemblables, et à une
échelle proprement hallucinante. Et les dossiers affluent maintenant sur les bureaux des juges.

« Si les plaintes sont avérées, l'Espagne pourrait avoir été la scène secrète d'un trafic d'enfants organisé sur son territoire », écrivait Luis Gómez, journaliste d'El País, dans le premier volet d'une grande série d'enquêtes quotidiennes que le journal dédie depuis début mars à ces « vies volées ».

Des curés et religieuses ont pu organiser les adoptions
La plateforme d'échange ouverte sur le site du quotidien accumule les témoignages. Du goutte à goutte émouvant, on est passé au déversement fangeux.

On apprend dans le quotidien que Doña Mercedes, une élégante dame bien comme il faut et « très croyante », aurait régenté d'une main de fer jusqu'à huit appartements à Bilbao entre 1965 et 1984 : huit « maison-berceaux » où cohabitaient entre 10 et 22 femmes enceintes.

Il s'agissait le plus souvent de filles de notables ayant « fauté » et que l'on cachait là pour éviter l'embarras à leur entourage jusqu'à la naissance.

Mais afin de sauver pour de bon leur réputation, mieux valait placer l'enfant en adoption, leur susurrait Mercedes Herrán de Gras, dont le réseau visant à fournir des bébés, moyennant paiement, à des couples, a pu s'étendre sur toute l'Espagne et jusqu'en France et aux Etats-Unis.

C'est ce que laisse entendre le témoignage d'une religieuse de Tenerife, sœur Juana Alonso, cité dans ce reportage d'El País :

« Doña Mercedes nous appelait quand elle s'était engagée [à fournir un enfant, ndlr] et elle nous demandait un petit, et parfois on lui répondait “ Quand même, laissez-nous en ! ”, parce que nous aussi on avait reçu une autre demande. »

Les parents payaient une petite fortune pour dissimuler leurs filles dans ces appartements, mais d'autres femmes enceintes sans le sou venaient aussi s'y réfugier. Les auteurs du reportage expliquent :

« Dans ces cas, c'étaient des curés […] et des religieuses […] qui repéraient les jeunes femmes enceintes et les envoyaient voir Doña Mercedes. »

« Je ne l'ai plus jamais revu ma fille »
C'est le cas de Dolores Chumillas, qui fuyait, enceinte, un compagnon violent et des parents peu compréhensifs. Elle a dû payer son séjour chez Doña Mercedes à coups de ménages épuisants, notamment chez Madame où elle époussetait ses « photos avec le Pape, avec Franco. C'était comme un palais ».

Dolores n'avait jamais parlé de placer son enfant en adoption avant l'accouchement, en 1978.

« Ma fille était splendide à la naissance : 3,8 kilos. Une religieuse l'a prise en photo et me l'a donnée.

C'est la seule que j'ai d'elle, parce que deux jours plus tard, on m'a renvoyée de la clinique San Francisco Javier de Bilbao où j'avais accouché. La religieuse m'a dit que ce serait mieux que la petite reste.

Quand je suis revenue la chercher, on m'a dit : “Vous n'avez jamais accouché ici.” Une fille de la maison m'a expliqué plus tard qu'ils avaient vendu ma petite pour 200 000 pesetas [environ 1 200 euros, ndlr]. »

Dolorès n'a pas perdu espoir de la retrouver.


« Les tentacules du franquisme »
L'Espagne avait commencé à parler, timidement, du cas des enfants disparus du franquisme avec l'adoption de la loi sur la mémoire historique en 2006.

Pendant la guerre civile et sous les premières années de la dictature, les enfants étaient arrachés aux mères républicaines prisonnières et aux familles de « rouges » pour les remettre à des notables franquistes et leur assurer ainsi une « bonne éducation ».

Malgré une tentative menée par le juge Baltasar Garzón, ces cas n'ont pas encore fait l'objet d'une enquête coordonnée à l'échelle nationale.

Avec les centaines de témoignages récents, l'Espagne découvre cependant que les vols, cette fois motivés par l'argent, ont peut-être continué jusque bien après la mort de Franco.


L'omerta d'une société ultra-hiérarchisée
Le trafic ne semble pas avoir été coordonné mais la majorité des histoires se ressemblent : une femme d'origine modeste vient d'accoucher à l'hôpital lorsqu'on annonce à la famille que l'enfant est mort. Elle ne peut pas voir le corps mais on lui offre de s'occuper gratuitement de l'inhumation.

Le respect de l'autorité, de la figure du médecin, voire de l'Eglise dans les hôpitaux religieux, empêche les parents d'exiger de pouvoir dire adieu à l'enfant qu'ils viennent de perdre. Mar Soriano, coordinatrice de la Plateforme des enfants volés, fondée en mars 2008, explique :

»L'Eglise exerçait une forte pression en Espagne, où elle insistait sur l'image de la bonne mère : jeune, de bonne famille et surtout mariée.

Même une fois le franquisme disparu, ses tentacules sont restés présents, notamment à travers certaines lois en vigueur encore dix ans après la mort de Franco et qui ont pu donner une sensation d'impunité totale aux responsables de ces réseaux monstrueux. »

Jusqu'en 1987, les parents adoptifs pouvaient par exemple faire inscrire leur enfant comme étant un enfant biologique, assure Mar Soriano qui recherche depuis dix ans sa sœur, née dans une clinique madrilène en 1964.

Le registre de l'hôpital la donne pour morte d'une otite peu après l'accouchement. Une cause invraisemblable, selon Mar.

« Sur la même page figurent dix autres cas de décès à cause d'une otite ! »

Pour elle, il s'agissait en fait de différencier les véritables morts et les cas d'enfants donnés en adoption ou vendus.

Elle pense aujourd'hui que sa sœur pourrait se trouver en Allemagne.

« Le médecin qui a signé le décès de ma sœur exerce encore »
Si la plupart des cas n'ont pas encore été élucidés, la mobilisation récente et croissante commence à porter ses premiers fruits : les familles de 261 enfants disparus sous le franquisme ont déposé plainte ensemble en janvier.

Le gouvernement s'est lui engagé à payer les testsADN que la justice pourrait leur réclamer et mettra un coordinateur national à leur disposition. Les familles seront reçues par les députés le 15 mars.

Reste le danger du temps qui passe, des registres disparus, des responsables décédés et surtout l'épineuse question juridique. Certains experts craignent en effet qu'il y ait prescription ou que les lois de l'époque n'aient pas prévu de punir de tels faits à l'époque.

D'autres leur rétorquent que puisqu'il s'agit de « disparition sforcées », le délit ne prescrit pas. Mar Soriano tonne :

« Ce n'est pas vrai que tous les responsables sont morts. Le médecin qui a signé le décès de ma sœur exerce encore. »

Écrit par : Rue89 | 15/03/2011

Stolen Babies: Confronting Spain's Dark Past
By Lisa Abend / Madrid

It has been four decades since Pilar Maroto lost her newborn son, but tears still fill her eyes when she speaks of him. She perfectly remembers the moments after his birth in April 1972, when she heard his first cry and then, later, the sudden, devastating news that her little boy had died. On Tuesday, she stood outside Spain's Congress of Deputies and hoped that, finally, someone in power would take seriously her insistence that her baby didn't actually die on that day — instead, he was stolen by the hospital where she delivered him.

Rumors of widespread, organized efforts to steal newborns from their parents have circulated in Spain for decades. But it was only on March 15 when those who believe themselves to be victims of the crime had their first opportunity to tell their stories to the Spanish government. Their testimony, given in an attempt to persuade Spain's legislature to pass a law that would both help those who have had their babies taken from them and make it easier to prosecute perpetrators, is accompanied by legal cases that have, after years of effort, recently been admitted to the regional courts for investigation. Finally, it seems, Spain is ready to confront a horrifying aspect of its recent past. (See remarkable pictures from Europe's past and present.)

There appear to be two distinct phases of baby theft that occurred in Spain during the 20th century. The first, which was not only approved by dictator Francisco Franco but also promoted by his government as a means of "improving" the Spanish "race," was politically inspired. In the years after Franco won Spain's civil war, he had tens of thousands of former Republicans and other dissidents arrested. The small children of imprisoned women dissidents were sent first to state-run centers or convents, and then reassigned to families whose values better coincided with the regime's. "The state considered these children in need of re-education," says University of Barcelona historian Ricard Vinyes, who has written a book on the subject. "It was actually proud of these efforts and would publish the results of how many children had been 'welcomed' annually."

Based on the documentation he has uncovered, Vinyes estimates that tens of thousands of children were taken from their parents during a campaign that lasted until the end of the 1940s. In many cases, they were never recovered. "The state allowed these children to change their names, making it harder for them to be located," he says. "And they were brought up being taught that their parents were murderers, so many had no desire to find them." (See pictures of a vanishing way of life in a Galician village.)

As the regime became both less virulent about persecuting its enemies and more open to the outside world, the wave of politically motivated thefts receded — but then a new form of baby stealing emerged. In what appear to be thousands of cases throughout Spain, individual doctors and nurses — many of the latter nuns — took newborns from obstetric wards and sold them to prospective adopted parents. That's the claim by victims who, in many cases, can support their theory with death certificates that have clearly been falsified or cemetery documents that contradict what parents were told at the supposed time of death. (Comment on this story.)

Mar Soriano believes her elder sister was one of the stolen children. On Tuesday, she told a commission of legislators how her mother delivered an apparently healthy baby girl on Jan. 3, 1964, at a hospital in Madrid. Later that day, however, her parents were told the child had died, and when her father went to claim his daughter's body, he was told she had already been buried in a mass grave at the Almudena cemetery. "They said she had died of an ear infection," Soriano testified. "Along with Beatriz, there were 10 other children born in the same hospital and during the same month whose cause of death was listed as ear infection." In total, 37 newborns supposedly died at that hospital during January 1964. (See a brief history of baby lifts.)

Soriano's story is remarkably similar to that of the 1,000 or so people — parents who believe their babies were taken from them, and men and women who believe their siblings or they themselves were stolen — who have joined a suit recently filed in Valencia's provincial court. In each case, the woman gave birth to what she believed to be a healthy child, only to later be told that the infant had died and that it was impossible to see the body. Those babies were then allegedly sold to couples who paid, on average, the equivalent of $8,000. And the people accused of doing the selling are in many cases the very doctors and nurses who had delivered the babies. This is according to testimony given to lawyers and journalists by people who unwittingly bought the babies — many were told the charges were to cover the mother's expenses.

"There was no longer any legal cover for what they were doing," says lawyer Enrique Vila, who, in the Valencia case, is representing Anadir, an association of parents and children who believe they were the unwitting victims of these thefts. "But some doctors, priests and nuns realized that there were economic benefits to the practice."

Economic and, it seems, spiritual. Many of the women who believe their children were stolen were unmarried at the time, a shocking breach of social norms during the strict years of the Catholic Franco regime. Journalist Natalia Junquera has been investigating the cases for a series that the national newspaper El País is publishing this month. "From what I've seen, the most important motive was ideological," she says. "Nuns and priests who simply decided that the child would be better off with families they trusted than with the ones to which they had been born." The thefts are believed to have continued into the early 1980s.(See pictures of immigration in Europe.)

So far, according to Anadir, only one mother-child pair has been reunited. A woman, born in 1971 and believing herself to have been adopted, joined the association in the hopes of simply locating her biological parents. When Anadir ran her information through its database, it discovered overlapping details with an older woman. According to Anadir, DNA testing confirmed that they were mother and daughter, though the elder woman had been told her child had died in the Barcelona hospital where she was delivered. Both women have kept their identities secret.

Spain's Episcopal Conference, the ruling body of the Catholic Church in Spain, has thus far not commented on the cases, saying only that it learned of their existence through the media. Vila emphasizes that he does not believe it was church policy to facilitate these thefts, but rather, a high number of nuns and priests are implicated because they formed an important part of hospital staff at the time. Still, he notes, "It's possible that the church simply looked the other way." (See pictures of the saga of Barcelona's Sagrada Familia.)

A similar attempt to bring these charges to court failed several years ago, when the investigating court ruled that there was insufficient evidence to doubt the children's causes of death. But this time, the government seems to be listening. In addition to Tuesday's hearing, it has authorized free DNA tests for any mother and child who believe themselves to be victims of a theft. The Valencia case, whose first, investigatory phase is expected to take six months, is being joined by similar ones in the Basque Country, Madrid, Catalonia, Andalusia and the Canary Islands. (Comment on this story.)

For Pilar Maroto, these recent developments are a vindication. Waiting to enter the Congress building, she clutched the letter from the Almudena cemetery informing her that it has no record of her son being buried there, and issued a plea to the women who may have adopted a stolen baby. "Any mother with a minimal amount of dignity has to tell her child that he was bought," she told TIME. "First, so that those responsible for these crimes can be punished. And second, so that maybe those of us who lost our children can be reunited with them." Pausing to compose herself, Maroto noted that her son would now be 39 years old. "I still have hope we'll find each other."

Écrit par : Time | 19/03/2011

bonjour
Savez vous comment faire pour retrouver une trace d'adoption de ma mère déposé à l'hopital de Valencia en 1910
ce sont les informations qui sont sur son acte de naissance.
Je vous remercie pour votre aide

Écrit par : mariaelena | 26/03/2012