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« Haïti & France. Ces adoptions sont "précipitées et éthiquement condamnables", selon Pierre Lévy-Soussan, pédopsychiatre | Page d'accueil | Adoption en Haïti. «Ce que la France a fait est scandaleux» »

22/12/2010

Haïti. Terre des hommes dénonce une procédure d’adoption illégale

Haiti_Terre des Hommes.jpgHaïti : Un enfant pour Noël?

Le 21 décembre 2010, deux avions français ont été affrétés pour transférer en urgence 318 enfants haïtiens et les remettre à des parents adoptifs. Cependant la majeure partie de ces enfants n’a pas eu de jugement d’adoption: ils ne peuvent légalement pas être adoptés, et surtout, leur situation familiale n’a pas été vérifiée par les autorités haïtiennes. Ces enfants ont peut-être encore leur famille et n’ont pas été préparés à quitter leur pays.



La France justifie l’urgence de ces transferts en prétextant que ces enfants risqueraient d’être contaminés par le choléra. Terre des hommes travaille auprès de 8 institutions (700 enfants) dans le département de Léogâne (zone du séisme) et n’y a pas détecté de cas de choléra depuis le début de l’épidémie. Les institutions accueillant des enfants (crèches, orphelinats) ont été les premières à bénéficier d’un matériel d’hygiène suffisant, comme mesure de prévention.


“Cette décision contredit totalement la prise de position du Bureau Permanent de La Haye et des organisations internationales qui déclaraient, lors de la première vague d’adoptions après le séisme, que l’adoption internationale n’est pas une solution d’urgence”, réprouve Marlène Hofstetter, responsable du service adoption à Tdh. “Tdh dénonce donc fermement l’évacuation en masse de ces enfants.”


Après avoir subi de fortes critiques par les pays partis à la Convention de la Haye lors de la Commission spéciale de juin 2010 sur les adoptions accélérées d’enfants haïtiens, la France avait pourtant décidé de mieux réguler ces adoptions et de respecter les procédures légales, dans l’intérêt de l’enfant. Pourtant, sous le prétexte de «sauver» des enfants de la maladie ou la mort, les autorités françaises cachent une action très égoïste. En effet, qu’en est-il des autres 200’000 à 300’000 enfants qui ne bénéficient pas de la même attention et qui continuent à vivre dans des institutions en Haïti?


Source : Terre des hommes. 22.12.2010