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08/01/2011

Québec. Les adoptions d'enfants haïtiens toujours suspendues

Le Soleil Quebec.jpgLes Québécois qui souhaitent adopter un enfant haïtien devront prendre leur mal en patience. Alors qu'aucune nouvelle inscription n'est permise depuis le tremblement de terre il y a un an, l'organisme Soleil des Nations mise plutôt sur le parrainage. En espérant que la situation se règle le plus vite possible.

Dans les semaines suivant le séisme, environ 200 enfants haïtiens sont arrivés en sol canadien. Mais il s'agissait de jeunes dont le dossier était très avancé. Ils avaient déjà été jumelés à une famille d'ici, et leur arrivée était imminente, séisme ou non.

Depuis, tout est suspendu. Et avant que les adoptions au Québec reprennent, il faudra que le Sénat haïtien entérine une nouvelle loi sur l'adoption. Une procédure qui peut paraître bien longue dans le contexte où le pays en pleines élections peine à restructurer son administration.

«Le projet de loi a été adopté par l'assemblée des députés, et on attend que ce le soit aussi par le Sénat haïtien. Quand l'ensemble des conditions seront réunies et que leur projet de loi sera adopté par le Sénat, le Québec sera prêt à poursuivre la collaboration», explique Noémie Vanheuverzwijn, porte-parole du ministère de la Santé et des Services sociaux, dont relève le Secrétariat à l'adoption internationale.

Responsable des adoptions en Haïti pour l'organisme Soleil des Nations, basé à Trois-Rivières, Brigitte Bonneau comprend la situation. Mais elle connaît aussi les besoins dans les crèches. «On comprend que tout doit se faire dans le respect, qu'on doit s'assurer de la provenance des enfants pour les protéger, dit-elle. Mais à la veille du tremblement de terre, il y avait aussi des centaines de parents en attente.» Mme Bonneau reconnaît toutefois que le Québec «peut être fier» de la rapidité avec laquelle il a été chercher les petits Haïtiens fin janvier 2010. Dans certains pays, en France notamment, certains sont arrivés seulement avant les Fêtes, soit près d'un an après le séisme, explique celle qui assure que son organisme serait prêt à reprendre son boulot au plus vite. «Quand Haïti va donner son go, on va avoir des parents, indique Mme Bonneau. Si, demain matin, une crèche propose huit enfants, nous on a huit familles.»

Or, la réouverture des dossiers n'a pas grand chance d'être demain matin. Si aucune personne interrogée ne veut avancer de date, tous parlent en termes de mois, voire d'années. «Haïti n'est pas capable de mettre de date non plus», explique pour sa part Louise Quintin, attachée de presse de la ministre déléguée aux Services sociaux, Dominique Vien, de qui relève le Secrétariat à l'adoption internationale.

Une note positive toutefois, elle indique que les élections en cours en Haïti ne devraient pas retarder l'adoption du projet de loi. «Une presque certitude est que nonobstant un changement de gouvernement, cette loi continuerait à suivre son cours.»

Solution parrainage

En attendant, Soleil des Nations mise sur un autre volet de sa mission : le parrainage dont la responsable est Julie Légaré, elle-même mère adoptive d'une petite Haïtienne . Pour 40 $ par mois, une personne d'ici peut parrainer un enfant de l'école Enfant-Jésus dans le village de Lamardelle.

Plus récemment aussi, la Fondation Enfant-Jésus a ouvert un refuge pour des adolescentes victimes du séisme et particulièrement vulnérables depuis.

«Les jeunes filles ont un toit où elles sont en sécurité. Elles ont aussi un support psychologique, des soins de santé, énumère Mme Bonneau. Elles ont aussi accès à une formation où elles peuvent apprendre un métier.»

On peut en savoir plus sur le programme de parrainage au www.soleildesnations.com/haiti.

 

Source: Le Soleil |08.01.2011