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19/12/2011

Népal. Filles d'étain.

Tin Girls.jpgIl est facile de deviner, à Sindhupalchok, au Népal, quelle famille a vendu une fille ou perdu une mère, rien qu’en regardant les toits du village. Un toit en zinc, au lieu des traditionnelles tuiles, indique qu’un sacrifice a été fait, un acte d’abnégation dans l’espoir d’améliorer la situation d’une famille. On donne à ces femmes le surnom peu aimable de «filles d’étain» (Tin girls), d’ou le titre de cette série.

Le Népal est un pays majeur dans le trafic humain d’Asie du Sud et le nombre de victimes augmente sans cesse. ces femmes sont recrutées par des «agences», qui leur font miroiter une issue hors de la pauvreté à laquelle elles font face et ensuite trafiquées vers le Moyen-Orient comme esclaves domestiques et se retrouvent souvent dans des situations horribles. Quoique certaines d’entre elles soient assez chanceuse pour pouvoir renvoyer au pays un maigre salaire, la majorité de ces femmes se voit voler leurs passeports, visas et possessions dès leur arrivée. Dans la plupart des cas elles sont exploitées et ystématiquement battues, torturées ou violées. Elles retournent au Népal quand elles ne peuvent plus travailler, soit par épuisement, soit à cause de problèmes de santé; beaucoup d’entre elles contractent des MST, à cause des viols répétés.

Malgré ces conditions scandaleuses et les expériences qu’elles endurent, un grand nombre de ces femmes retournent travailler une deuxième, voire une troisième fois, convaincues de ne pas avoir le choix. Poussées par la perspective de gagner un peu d’argent, elles sont déterminées à se sacrifier afin de donner à leurs familles de meilleures chances de survie, avec l’espoir que leurs enfants n’auront pas à endurer la pauvreté et les privations qui sont le lot des népalais en général , et des femmes en particulier.

Alice Carfrae, photographe de documentaires, a voyagé jusque Sindupalchowk, dans le Népal du Nord-est, une région particulièrement touchée par le trafic humain. Ici les femmes sont plus vulnérables, pour plusieurs raisons. La région a été très touchée par la guerre civile, qui a fait s’effondrer beaucoup de cellules familiales. L’agriculture, dans cette région proche de l’Himalaya, est affectée par le réchauffement de la planète, alors que l’industrie artisanale de la bijouterie a beaucoup souffert de la montée du prix de l’or et des importations modernes et bons marché chinoises.

Durant son séjour à Sindupalchowk, Alice Carfrae a vécu avec des familles qui ont survécu au trafic humain. Elle a pris en photo et interviewé les femmes qui ont bien voulu partager leurs expériences.

Raconter ces histoires est pour ces femmes un actes très important, puisque qu’ainsi elles espèrent briser le stigma attaché au trafic humain, et éviter qu’elles n’arrivent à d’autres victimes.
Certaines d’entre elles reçoivent une formation juridique afin que justice soit faite.. Elles espèrent que cette autonomie et cette éducation pourra filtrer jusqu’aux nouvelles générations et que cela pourra empêcher que d’autres femmes et enfants deviennent des victimes.


http://alicecarfraephotographer.blogspot.com/2011/08/tin-...


 

15:55 Écrit par collectif a & a dans Reportage photos | Lien permanent | Commentaires (2) | |  del.icio.us

Commentaires

Quel est le rapport avec l'adoption?

Écrit par : Magali | 19/12/2011

Comme de nombreux pays en développement, le Népal est harcelé par le trafic des femmes et des enfants. Au Népal, l’exploitation des femmes et des enfants par leur intégration de force dans l’industrie du sexe, le travail domestique et en usine, la transplantation d’organes et l’adoption illégale font partie des aspects les plus alarmants de ce trafic. On estime que le nombre de femmes et de filles concernées par ce trafic se monte à 5 à 7.000 par an. Certaines études élèvent ce nombre jusqu’à 15.000. Le plus grand volume de trafic se retrouve dans le trafic transfrontalier de jeunes femmes et d’enfants du Népal vers l’Inde. Cependant, ces dernières années, le trafic s’est étendu à d’autres parties du monde. Une autre tendance nouvelle est l’augmentation du trafic des zones rurales vers les zones urbaines pour la prostitution. Un grand nombre de facteurs comme la pauvreté, le manque d’éducation, la discrimination sociale, le dysfonctionnement des structures familiales, des facteurs démographiques, ainsi que la nature lucrative du marché de la prostitution sont identifiés comme les causes majeures de la croissance du trafic des femmes et des filles au Népal.

Écrit par : Chamze | 20/12/2011