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14/05/2013

Autriche. Les enfants tabous du Vorarlberg

En 1946, une région enclavée des Alpes autrichiennes enregistre un étrange pic démographique. Deux cents à trois cents bébés naissent de soldats «indigènes» enrôlés dans l’armée française qui occupe alors la zone. Une filiation longtemps passée sous silence.

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Gamines, l’une était surnommée « die Negerpuppe » (« la poupée nègre »), l’autre était montrée du doigt pour son nez épaté et ses cheveux très noirs. Maria Pramendorfer et Karin Trappel vivent dans des villes voisines du Vorarlberg, dans les Alpes autrichiennes, à l’extrême ouest du pays, au-delà du Tyrol. Elles ne se connaissent pas, mais elles partagent la même histoire, celle de quelques centaines de filles et de garçons nés ici dans l’immédiat après-guerre. Fruits de l’union éphémère d’Autrichiennes et de soldats « indigènes » stationnés quelques mois dans le décor d’opérette du Vorarlberg, elles sont les enfants d’une page taboue de l’histoire, dont la mémoire affleure à peine aujourd’hui alors que s’éteignent ses protagonistes.

Le 30 avril 1945, quelques jours seulement avant que l’Allemagne nazie signe à Berlin sa reddition, la première armée française entre au Vorarlberg. Formée en Afrique du Nord par le général de Lattre de Tassigny, rejointe notamment par le régiment des spahis, elle est alors constituée pour bonne moitié de Maghrébins et d’Africains. Dans ce pays coincé entre les glaciers et le lac de Constance, où les mariages endogènes ont fait des yeux bleus une norme dont l’idéologie hitlérienne a martelé l’idéal, les Autrichiens regardent venir la troupe étrangère, médusés. Au sein de ce défilé des vainqueurs, ils entrevoient des visages jamais vus ici, sombres sinon noirs. 

 

Article complet dans Libération | 3 mars 2013

12:05 Écrit par collectif a & a dans Origine - Identité, Témoignage | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us