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11/09/2012

Haïti, deux ans après : et l’adoption ? Hervé Boéchat

revue humanitaire.jpgDossier - L'adoption internationale en pleine mutation


Tout début 2011, nous consacrions un dossier spécial à l’année passé depuis le tremblement de terre en Haïti. Et Hervé Boéchat tirait déjà un bilan plus que mitigé de l’adoption internationale dans ce contexte. Une nouvelle année a passé et nous avons demandé au même auteur, sous-secrétaire général du Service social international (SSI).

Source

Pour un accompagnement des adoptants à la hauteur des enjeux psychiques : analyse comparée en France et au Québec.

Mémoire de recherche en psychologie clinique sur l’imaginaire dans la construction de la parentalité adoptive.
Présenté par Marion Labaudinière.


De quelle façon le type de parcours choisi par les couples en démarche d'adoption peut faire varier de façon spécifique leur imaginaire, c'est-à-dire leurs représentations fantasmatiques de l'enfant adopté à venir ? C’est toute la question soulevée par l’auteur, impliquée à la fois dans des travaux universitaires et dans la mission Adoption de Médecins du Monde. Cet article prend appui sur des éléments de comparaison entre la France et le Québec, dont les systèmes d'accompagnement et de préparation à la parentalité adoptive à l'étranger, tant sur les aspects juridique que psychologique, diffèrent. Il démontre notamment comment ce travail d'élaboration psychique et d'accès à l'imaginaire parental s'avère parfois difficile mais essentiel pour prévenir les risques de l'adoption.


Source : Revue Humanitaire.

12/07/2012

En Afrique, le mot “adoption” n’existe pas

logo_SSI_CIR.jpgL'éditorial du bulletin mensuel n° 06/2012 du Service Social International (SSI/CIR) est consacré à la conférence africaine qui s’est tenue à Addis Abeba les 29 et 30 mai dernier. Elle avait pour thème « Adoption internationale : alternatives et controverses » et a réuni des centaines de participants concernés par cette question à travers tout le continent.

 

C'est à l’initiative de l’organisation non gouvernementale African Child Policy Forum (ACPF) que cette première conférence africaine consacrée à l’adoption internationale a eu lieu au cœur de la capitale éthiopienne. Plus de 500 personnes se sont rendues à Addis Abeba, parmi lesquelles plusieurs délégations nationales de très haut rang, Madame la Rapporteuse Spéciale des Nations Unies sur la vente d'enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants, et Monsieur van Loon Secrétaire Général de la Conférence de La Haye, etc. Plusieurs pays d’accueil étaient également représentés (Etats-Unis, France, Pays-Bas, etc.), ainsi que la société civile, plusieurs experts internationaux et les organismes agréés.

Un point de vue africain

Tant les travaux préparatoires (dont les publications sont disponibles sur le site internet de l’ACPF), que les débats qui ont nourri ces deux jours de travaux, ont clairement souligné la nécessité et la volonté de voir les acteurs africains se réapproprier les questions liées à la protection de l’enfance. Le placement des enfants en institution ou leur adoption par des candidats occidentaux ne reflètent en effet pas les valeurs africaines traditionnelles qui privilégient les mesures de prise en charge informelles, par la famille élargie et par la communauté. Certes, les contraintes objectives auxquelles font face de trop nombreux pays (crises politiques, humanitaires, économiques sanitaires, etc.) affaiblissent ces mécanismes de protection sociale, mais la prise en charge informelle des enfants demeure la réponse la plus répandue et souvent la plus efficace à travers tout le continent. C’est dans le cadre de ce débat qu’un intervenant à souligné qu’en Afrique, le mot « adoption » n’existait pas, ce qui illustre bien le fait que ce mode de filiation reste perçu comme un modèle « importé » pour ne pas dire « imposé ». Une réflexion similaire a d’ailleurs été développée concernant les orphelinats, dont la multiplication a principalement été motivée par l’intervention d’acteurs étrangers (ONG pour la plupart), et qui échappent encore aujourd’hui à un strict contrôle étatique.

Trois rapports nationaux

Dans le cadre de la préparation de la conférence, le Malawi, le Nigeria et la République Démocratique du Congo ont tous les trois préparé un rapport national relatif à la situation de l’adoption dans leur pays respectif. Ces trois rapports se rejoignent dans leurs conclusions principales, qui soulignent la nécessité de renforcer les systèmes de protection de l’enfance, d’harmoniser le droit national avec les exigences internationales (Convention des Droits de l’Enfant, Charte Africain sur les Droits et le Bien-être de l’Enfant, Convention de La Haye de 1993), de mieux surveiller les acteurs privés (dans le cadre de l’adoption et celui des orphelinats) et de lutter contre les gains matériels indus.

Les conclusions

Les conclusions adoptées par la conférence – disponibles en français et en anglais sur le site d’ACPF - ont repris les grands principes qui doivent gouverner la protection de l’enfance et l’adoption internationale, mais ont aussi insisté sur le nécessité de connaître les besoins (par le mise en place de base de données), de préparer les enfants à l’adoption, d’interdire l’adoption indépendante et privée et de combattre l’enrichissement illicite. D’un point de vue moins formel, cet évènement a surtout été l’occasion pour les professionnels du continent, d’échanger sur leurs pratiques et les problèmes qui y dont liés. Plusieurs initiatives de coopération sous-régionale ont été évoquées, et il est à espérer qu’elles se concrétiseront, et permettront ainsi aux pays africains de réaliser les mêmes progrès que les autres pays d’origine à travers le monde ont pu atteindre.


Source : Service Social International / Centre international de référence pour les Droits de l'enfant privé de famille - juin 2012


Un premier résultat, l'Australie a arrêté les adoptions de l'Ethiopie.
Save the Children a publié en Juin un 'Policy brief' sur l'adoption internationale.
 

28/06/2012

100% cachemire

Valérie Lemercier, Marina Foïs et Gilles Lellouche adoptent.

Valérie Lemercier repassera devant et derrière la caméra à l'occasion de 100% cachemire, une comédie sur l'adoption. Le tournage est prévu cet été.
Malgré son titre, 100% Cachemire, il ne sera heureusement pas question de tricot dans la quatrième réalisation de Valérie Lemercier. Inspiré d'un fait divers, le film abordera le thème de l'adoption internationale.

Inspiré par un étonnant fait divers, 100% cachemire raconte l'histoire d'une femme qui décide d'adopter un petit garçon en Russie avant de changer d'avis, visiblement déçue de ne pas avoir trouvé ce qu'elle attendait de la maternité. Annoncé l'été dernier, le film était décrit par l'actrice et réalisatrice comme l'histoire d'une "Américaine qui a adopté un enfant russe et l'a remis dans l'avion parce qu'il ne lui plaisait pas - il avait 7 ans. Ce sera une comédie."


Source : News Yahoo

18:02 Écrit par collectif a & a dans Adoption internationale, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us

07/06/2012

Appel à l’inversion de la tendance à la hausse des taux d’adoption en Afrique

Ethiopia Street children begging in Jigjiga streets.jpgADDIS ABEBA, 7 juin 2012 (IRIN) - Le nombre d’enfants africains adoptés par des personnes vivant sur d’autres continents atteint des niveaux records. Des spécialistes, des militants, de hauts fonctionnaires et des universitaires ont appelé à enrayer cette tendance et signalé que l’adoption était trop souvent motivée par l’appât financier plutôt que par la recherche du meilleur intérêt des enfants concernés.

De 2003 à 2011, par exemple, au moins 41 000 enfants africains ont été confiés à l’adoption hors du continent, selon une étude de l’African Child Policy Forum (ACPF) intitulée L’Afrique : Une nouvelle frontière pour l’adoption internationale.

« Les intérêts commerciaux ont remplacé l’altruisme, en faisant des enfants la matière première de ce monde de plus en plus sombre et immoral qu’engendre l’adoption internationale », est-il écrit dans un autre rapport de l’ACPF, intitulé L’adoption internationale du point de vue africain.

Selon l’ACPF, pour la seule année 2010, quelque 6 000 enfants africains ont été adoptés à l’étranger, soit une multiplication par près de trois en seulement sept ans. Or, à l’échelle mondiale, les chiffres de l’adoption ont atteint leur niveau le plus bas en 15 ans.

Les participants à la cinquième Conférence internationale sur la politique africaine de l’enfance, qui s’est tenue à la fin mai à Addis Abeba, ont appelé à « inverser la tendance actuelle qui fait de l’adoption internationale une protection de remplacement facile et de confortable en Afrique, et à permettre en priorité à tous les enfants en Afrique de rester auprès de leur famille et de leur communauté ».
L’adoption internationale ne doit avoir lieu que « lorsqu’il n’existe aucune protection familiale de remplacement dans leur pays d’origine et, dans le respect de la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant, elle ne doit être utilisée qu’en dernier recours », ont déclaré les participants dans un communiqué.

Ils se sont également inquiété de ce que « les enfants [sont] parfois mis à l’adoption internationale par des moyens tels que la manipulation, la falsification et d’autres moyens illégaux destinés à sécuriser des gains financiers » et de « l’existence, dans certains cas, de pressions internes et externes qui s’exercent sur les familles et sur les gouvernements afin de rendre leurs enfants disponibles à l’adoption internationale ».

Selon l’ACPF, le nombre d’adoptions d’enfants africains a augmenté de près de 300 pour cent au cours des huit dernières années en raison de la suspension ou de la limitation de l’adoption internationale en provenance de pays qui en étaient traditionnellement la source. C’est pourquoi les pays d’accueil, les États-Unis en tête, se tournent massivement vers l’Afrique pour répondre à leurs besoins en matière d’adoption.

L’argent : un facteur clé

« L’argent ne détermine pas seulement la façon dont ces adoptions sont réalisées, mais aussi les raisons pour lesquelles beaucoup sont initiées. L’argent n’est pas seulement un enjeu important, il est le facteur clé auquel on doit s’attaquer pour que les droits de l’homme, en regard de l’adoption internationale des enfants africains, soient efficacement protégés », est-il écrit dans le rapport intitulé L’adoption internationale du point de vue africain.

Ce rapport note que de nombreux orphelinats africains ont été créés dans un but lucratif et reçoivent jusqu’à 30 000 dollars par enfant adopté de la part des parents adoptifs.

La Convention de La Haye de 1993 sur la protection des enfants et la coopération en matière d’adoption internationale stipule que l’adoption internationale ne devrait être pratiquée qu’en dernier ressort. Or, seuls 13 pays africains ont ratifié cette convention et, mise à part l’Afrique du Sud, aucun d’entre eux ne fait partie des cinq pays plaçant le plus d’enfants à l’adoption (Éthiopie, Nigeria, République démocratique du Congo, Afrique du Sud et Mali).

Les participants à la conférence d’Addis Abeba ont appelé le reste des États africains à harmoniser leur législation nationale avec les instruments internationaux de droits de l’homme et à mettre en place un système complet de protection de l’enfance.

« Nous avons beaucoup de travail à faire malgré nos récents progrès en matière de droits de l’enfant. Mais le gouvernement ne doit pas régler ce problème tout seul. Toutes les institutions concernées doivent participer à l’effort », a dit Bizunesh Taddesse, ministre éthiopienne des Affaires relatives aux femmes, aux enfants et aux jeunes.

En 2010, l’Éthiopie était le deuxième pays d’origine d’enfants adoptés à l’étranger après la Chine. Les neuf autres principaux pays africains d’origine en 2009 et 2010 étaient le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la République démocratique du Congo (RDC), le Ghana, le Mali, le Maroc, le Nigeria, l’Afrique du Sud et l’Ouganda.

Source : IRIN | 7 juin 2012.

21/05/2012

Les opinions publiques perçoivent les adoptions internationales comme du pillage de la richesse humaine de leur pays

des enfaants venus de loin.jpgLes pays d'adoption « historiques » entendent davantage contrôler les adoptions. Yves Denéchère, spécialiste de l'histoire des relations internationales, observe que les opinions publiques refusent de laisser partir leurs enfants. Elles perçoivent ces tentatives comme du pillage de la richesse humaine de leur pays. Les gouvernements font de la question de l'adoption un instrument géopolitique, dépendant de leurs liens diplomatiques.

 


De la « tribu arc-en-ciel » de la grande Joséphine Baker aux enfants adoptés par la chanteuse Madonna au Malawi, les vedettes encadrent cette histoire de l’adoption internationale. Fortement documentée, à travers les archives de l’Etat français et des associations, qui peinent souvent à canaliser le désir prégnant des adoptants, et au long de nombreux entretiens avec des parents et des enfants adoptés, cette recherche met en évidence les ajustements permanents entre le droit, la diplomatie, la force des images et la demande des adultes. Tout le monde s’exprime au nom du « bien » des premiers concernés, les enfants, qui n’ont évidemment pas droit à la parole et se trouvent souvent « chosifiés ». D’engouements médiatiques en scandales montés en épingle, l’adoption connaît des hauts et des bas qui reflètent l’histoire de la planète — l’Allemagne après guerre, la Roumanie, la Corée, Haïti en sont autant d’exemples spectaculaires. Démarche magnifique, acte individuel fort, l’adoption d’un enfant étranger reste toujours « un acte de politique internationale ».

Des enfants venus de loin. Histoire de l’adoption internationale en France. Par Yves Denéchère.

15/05/2012

L’adoption internationale en pleine mutation

adoption internationale en pleine mutation.jpg

Revue Humanitaire