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18/12/2007

Le Congo suspend les adoptions internationales d’enfants

77aa38d2707d7a6e7606322e2b625f04.jpgBrazzaville, Congo – Le gouvernement du Congo a décidé de suspendre, "jusqu'à nouvel ordre", les adoptions internationales d’enfants congolais, a appris la PANA de source officielle.

"Le gouvernement a décidé de suspendre jusqu'à nouvel ordre l'adoption internationale des enfants congolais par des sujets étrangers. Cette disposition demeure d'actualité jusqu'à ce que le gouvernement décide de la lever", a déclaré, lundi, le directeur national de l'Action sociale et de la Famille, Florent Niama, en présence des responsables des orphelinats et centres d'accueil d'enfants du pays.

Il a notamment justifié cette décision par la volonté des autorités congolaises d'éviter le "drame survenu avec l’affaire de l’Arche de Zoé au Tchad".

"A la lumière des évènements qui se passent au Tchad relativement à l’adoption des prétendus enfants orphelins par l’ONG Arche de Zoé, le ministre d’Etat, Garde des sceaux, ministre de la Justice et des Droits humains suspend jusqu’à nouvel ordre, les procédures d’adoption internationale des enfants congolais sur l’ensemble du territoire national", a-t-il indiqué.


L’adoption des enfants est pourtant une disposition légale mentionnée dans le Code congolais de la famille, mais l'adoption à l'international est régie par la Convention de la Haye, que le Congo n’a pas encore ratifiée, selon M. Niama.

"Seulement, cette convention est particulière dans ce sens qu’un pays l’ayant ratifiée peut aller adopter dans un pays qui ne l’a pas encore ratifiée", a-t-il souligné.

L’affaire de l’Arche de Zoé est venue mettre la puce à l’oreille des pouvoirs publics, qui voudraient être de plus en plus regardants sur les adoptions d’enfants par des sujets étrangers, toujours à en croire l'officiel congolais.

Avant cette mesure de suspension, des enfants congolais avaient été adoptés par des ressortissants des pays signataires de la Convention de la Haye, comme la France, dont l'association humanitaire "Arche de Zoé" est dans l'oeil du cyclone depuis que ses responsables ont été accusés par le gouvernement du Tchad de tentative d'enlèvement de 103 anfants.

"Sous prétexte de la pauvreté, certains citoyens se lancent à coeur joie dans le trafic des enfants. Au Congo, certains enfants prétendus orphelins ont failli être adoptés n’eut été une enquête ayant permis de constater l’existence de leurs parents. Les contrevenants à la décision du gouvernement verront leurs centres d’accueil fermé. Tant qu’il n’y a pas un ordre contraire, ceux qui le feront, le feront à leur risque et péril", a menacé le directeur national de l'Action sociale du Congo.


Source : Afrique en ligne

 

Articles 

- La Libre Belgique et InfoSud (18.01.2008) : Adoptions suspendues au Congo-Brazzaville à cause d'abus 
- Tribune des droits humains (18.01.2008) : Arche de Zoé version congolaise

25/11/2007

La Commission des questions sociales de l’APCE appelle au respect du droit des enfants en matière d’adoption internationale et réfute “le droit à l’enfant”

efa04a001b73f15d70b4fcd5cd9b11e5.jpgStrasbourg. « L’adoption internationale doit permettre à un enfant de trouver des parents dans le respect de ses droits et non aux parents de satisfaire à tout prix un désir d’enfant. Il n’y a pas de droit à l’enfant ! » a déclaré le 8 novembre 2007 Ruth-Gaby Vermot-Mangold (Suisse, SOC), au nom de la Commission des questions sociales, de la santé et de la famille de l’Assemblée parlementaire (APCE), lors d’une réunion de la Commission à Paris.

Dans son rapport, qui s’appuie sur des missions d’enquête en Ukraine et en Moldova, Mme Vermot-Mangold condamne fermement l’utilisation de plus en plus courante de circuits parallèles favorisant la disparition de nouveau-nés à des fins d’adoption illégale en Europe. Elle dénonce l’existence d’un véritable trafic de ventes de bébés en Moldova, où 61 cas ont été portés au pénal en 2006. En Ukraine, la rapporteuse a relevé des cas de disparition d’enfants dès leur naissance, les administrations hospitalières faisant croire à leur mère que l’enfant était mort né, alors qu’on suppose qu’il était vendu aux fins d’adoption.

Ces pratiques visant à voler et vendre des enfants, notamment à la naissance, sont facilitées par l’absence de règles strictes en matière d’état-civil dans certains pays, a déclaré la Commission en adoptant aujourd’hui le rapport de Mme Vermot-Mangold sur la disparition de nouveau-nés aux fins d’adoption illégales en Europe.

C’est pourquoi la Commission préconise au niveau national, l’introduction d’une législation claire dans le domaine du droit de la famille et, au niveau international, la révision de la Convention sur l’adoption internationale des enfants  afin de mettre en place des mécanismes pour contrôler strictement des règles en matière d’adoption. « Ceci permettrait à un certain nombre d’enfants, en l’absence de solutions au niveau national, de connaître une vie plus décente et d’éviter des situations telles que survenues au Tchad », a précisé Mme Vermot-Mangold.

Le rapport sera débattu par l’APCE lors de sa session d’hiver (21-25 janvier 2008).



Source : Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe

16/11/2007

«Les parents adoptifs sont un lobby puissant»

L'analyse de Marlène Hofstetter, responsable des adoptions pour la fondation Terre des hommes.


 
Le Temps: Hormis Haïti et le Guatemala, quels sont les trous noirs de l'adoption internationale?


 
Marlène Hofstetter: Le Népal, où le système est géré par les crèches qui envoient des rabatteurs dans les campagnes. La situation est devenue telle que le gouvernement a décidé de stopper toutes les adoptions au printemps dernier: 440 dossiers restent en suspens, entre la France, l'Espagne et l'Italie, et ces trois gouvernements font pression sur Katmandou pour régulariser la situation des enfants, sans demander d'enquête sur leur provenance. Le Cambodge, le Vietnam et la Russie sont d'autres pays où la situation est catastrophique. Ce sont tous des gouvernements qui n'ont pas ratifié la Convention de La Haye. En réalité, les problèmes surviennent lorsque les autorités n'interviennent pas dans la procédure. On ne vérifie pas l'adoptabilité des bébés alors que, dans la plupart des cas, ils proviennent de familles intactes.


 
- Vous évoquiez la pression des gouvernements occidentaux...


 
- Les parents adoptifs sont un lobby puissant et leurs pays ont le souci de leur procurer des gamins. La France, par exemple - comme la Suisse - autorise l'adoption privée, ce qui augmente les risques de dérives car il est alors très difficile de vérifier les procédures. L'Espagne et l'Italie, de leur côté, imposent une foule d'intermédiaires dans les pays, ce qui multiplie les dossiers de demande d'enfants. Et je ne vous parle même pas des Etats-Unis, qui n'ont pas ratifié la Convention de La Haye!  Les pays «fournisseurs» se retrouvent inondés de dossiers de parents alors qu'ils n'ont pas assez de bébés à proposer. C'est la porte ouverte à tous les abus.


 
- Qu'en est-il de la Suisse?


 
- La Suisse a une autorité centrale responsable de traiter avec les pays ayant ratifié la Convention de La Haye. On ne se soucie pas des autres alors que ce sont ceux qui posent problème! Tout le monde se renvoie la balle, de Berne aux cantons en passant par les ambassades. Cela dit, les ambassades sont dans l'embarras car elles interviennent en bout de course; le visa est la dernière étape de la procédure et il est difficile de le refuser quand les parents se présentent avec le bébé dans les bras. Il n'y a pas de lobby des adoptants en Suisse, ce qui n'empêche pas les autorités de vouloir couvrir la demande. 
 
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Adoption ou trafic d'enfants?


 
Certains pays constituent de véritables trous noirs en matière d'adoption internationale. Cas d'école à Haïti et au Guatemala.


 
 
L'affaire Arche de Zoé
 a réveillé les consciences, alerté l'opinion sur les dérives possibles en matière humanitaire et en termes d'adoption internationale. Si l'ONG continue à défendre sa bonne foi et assure qu'elle entendait tirer 103 gamins de la misère, elle aura permis à la communauté internationale de se pencher sur la manière dont ces enfants sont «échangés» d'un pays à un autre. Des milliers sont adoptés chaque année, souvent au mépris total des lois nationales et des traités internationaux. Achetés à leurs parents, empruntés contre la promesse de les ramener bientôt, volés. Ce trafic est notamment généré par l'absence de l'Etat dans les procédures d'adoption.


 
 
Convention de La Haye


 
Signée le 29 mai 1993, la Convention de La Haye vise à prévenir les enlèvements, la vente et la traite d'enfants. Le texte instaure une coopération entre les Etats contractants et définit les critères de l'adoption internationale. L'enfant, ainsi, ne doit plus avoir ses parents et toutes les solutions de prise en charge à l'intérieur de son pays d'origine doivent avoir été étudiées. 76 Etats l'ont ratifiée. 
 

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A Haïti, un système détenu par des crèches et des avocats sans scrupule
 
 
Neuf enfants adoptés sur dix ne sont pas orphelins.
 
 
«Horizon de l'espoir», «Cœur de lumière», «Coin des cieux»... Port-au-Prince compte officiellement une cinquantaine de crèches. En réalité beaucoup plus. Toutes proposent des enfants à l'adoption internationale. Les hôtels chics plantés sur les hauteurs de la capitale regorgent de familles fraîchement constituées. Là, une Française essaie de dérider un minuscule gamin, à côté un couple cajole avec ostentation son nouvel enfant. Quelque 2500 petits Haïtiens quittent l'île chaque année, la moitié à destination de l'Hexagone. Neuf sur dix ne sont pas orphelins mais confiés aux pouponnières par leur famille, en attendant des jours meilleurs et dans l'espoir de recevoir régulièrement de l'argent grâce à ce bébé placé à l'étranger. «Les avocats ou les responsables de crèche font signer une décharge aux parents biologiques, par laquelle ils acceptent de donner l'enfant à l'adoption. Mais la plupart sont analphabètes et ne savent pas à quoi ils s'engagent», dénonce Marlène Hofstetter, responsable des adoptions pour la fondation Terre des hommes et auteure d'un rapport sur l'adoption en Haïti.


 
Si nombre de crèches œuvrent officiellement pour «tirer les gamins de la misère», d'autres affichent clairement la couleur. Leurs sites internet étalent photos de marmots et grille tarifaire; les futurs parents n'ont plus qu'à choisir. Certaines vont jusqu'à racoler dans les villages lorsque la demande ne correspond pas aux petits qu'elles ont «en magasin».


 
Terre des hommes a décidé d'agir activement pour endiguer le phénomène. La semaine dernière, Marlène Hofstetter était à Port-au-Prince afin de proposer un projet de loi destiné à lutter contre le trafic d'enfants. Le texte, rédigé en collaboration avec les autorités, vise notamment à replacer l'Etat au cœur de la procédure. Les crèches, ainsi, sont invitées à signaler aux services sociaux l'arrivée d'un nouvel enfant dans les 24 heures. L'administration se charge alors d'enquêter et de déterminer si le bébé est adoptable.


 
L'adoption plénière est en outre imposée; le bambin coupe les liens officiels avec son Etat et sa famille d'origine, mais bénéficie des mêmes droits qu'un enfant biologique dans son nouveau pays (nationalité, assurance sociale...). «Cela permet d'éviter que les crèches ne fassent miroiter un futur revenu aux parents biologiques», argue Marlène Hofstetter. La pauvreté n'est d'ailleurs plus considérée comme une raison suffisante d'abandonner un nourrisson. Les dossiers de demande d'enfants, enfin, doivent être adressés par des intermédiaires agréés et non plus par des particuliers.


 
«Les crèches ont évidemment tiqué car on leur enlève le pain de la bouche, note la responsable du secteur adoption de Terre des hommes. Une adoption internationale rapporte aujourd'hui 15000 à 20000 dollars, ce ne sera plus possible avec cette nouvelle loi.» Le texte doit encore être approuvé par le parlement haïtien. Dès que le tiers de députés actuellement manquant aura regagné l'hémicycle...
 

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Des femmes enceintes pour vendre leurs bébés


 
Le Guatemala est le troisième pays au monde à fournir des enfants.


 
Des délais de procédure très courts, une juridiction inexistante et des bébés à la peau relativement claire, le Guatemala a tout pour attirer des Occidentaux pressés d'adopter. Près de 5000 enfants quittent la contrée chaque année, plaçant le pays au troisième rang des adoptions internationales derrière la Chine et la Russie, des Etats largement plus peuplés. L'offre, pourtant, est encore inférieure à la demande.


 
«Tout est bon pour trouver des bébés, note Claudia Rivera Meza, directrice au Guatemala de l'ONG Casa Alianza. Deux cent trente bébés ont été volés entre janvier et juin de cette année. Les avocats font également paraître des annonces dans les journaux du type: «Vous êtes jeune, enceinte, désespérée. Nous allons vous aider.» Ils s'en prennent à des femmes vulnérables et leur offrent 500 ou 1000 dollars contre un petit, ce qui permet de subvenir aux besoins de la famille pendant presque une année.» Les avocats, eux, toucheront entre 20000 et 30000 dollars par enfant. «A l'extrême, certaines tombent enceintes à la chaîne et vendent les nourrissons, c'est devenu leur moyen de subsistance, déplore Claudia Rivera Meza. Elles n'attendent même pas le terme de la grossesse pour accoucher mais demandent des césariennes à sept mois, histoire de ne pas perdre de temps sur le prochain enfant.» On les appelle les «vientres alquilados», les ventres loués.
 


La très grande majorité de ces bambins sont adoptés par des familles américaines. En 2006, 4750 petits Guatémaltèques ont été accueillis aux Etats-Unis, 24 en Grande-Bretagne, 17 en Israël, 9 en Italie et 6 en Espagne. La Suisse a interdit les adoptions dans ce pays. 97% des procédures sont réalisées par les avocats, sans contrôle des autorités. Il suffit qu'une femme se présente avec un nourrisson et signe un papier pour que les formalités soient lancées. «On ne sait pas si elle est vraiment la mère, on ne cherche pas à connaître ses motivations et on ne propose surtout pas de délai de réflexion», argue la directrice de Casa Alianza.


 
Le Guatemala a ratifié la Convention de La Haye le mois dernier. Le texte, paraphé en 1993, vise à «prévenir l'enlèvement, la vente ou la traite d'enfants». Il stipule notamment que l'adoption internationale doit être envisagée en dernier recours, si aucune solution n'a pu être trouvée dans le pays d'origine. «Les autorités doivent maintenant mettre les lois nationales à niveau, mais cela traîne car il y a beaucoup d'intérêts en jeu, souligne encore Claudia Rivera Meza. Certains sénateurs possèdent des agences d'adoption et l'administration est complètement corrompue.» La Convention devrait entrer en vigueur en avril. En attendant, les adoptions internationales redoublent: en ce moment 38 enfants quittent chaque jour le Guatemala pour les Etats-Unis.


 
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Adoption: un enfant pour des parents
 
 
Acte fort de L'Arche de Zoé : enlever 103 enfants au Tchad, dont seulement quelques orphelins, pour les faire accueillir par des familles françaises. Si l'ONG clame son innocence et sa bonne foi humanitaire, le monde entier s'est ému de méthodes si cavalières. En permanence, pourtant, des enfants sont pris à leur famille, ou vendus, pour être mis sur le marché de l'adoption internationale. A un bout de la chaîne, des parents indigents à qui des crèches et des avocats véreux font miroiter la perspective d'un revenu régulier; à l'autre bout, des parents plus riches et parfois prêts à tout pour obtenir un enfant. Entre les deux, des gouvernements tantôt inexistants, tantôt indolents, tantôt complices.


 
L'adoption a changé de visage. Conçue pour améliorer le quotidien des orphelins, elle s'est répandue lors de la Première Guerre mondiale. Le nombre d'enfants abandonnés a largement diminué avec la démocratisation de la contraception. Les familles désireuses d'accueillir un petit se sont tournées vers l'étranger, dans un but humanitaire affiché. Les ONG ont contribué à sensibiliser l'Occident au sort des enfants vivant dans des zones déshéritées ou en conflit.
 
Aujourd'hui, le nombre de «petits malheureux» disponibles pour l'adoption internationale ne cesse de diminuer. Les familles d'accueil, pourtant, sont de plus en plus nombreuses; l'enfant est devenu un droit, au même titre que le logement ou la dignité. Et l'on est passé de la recherche de parents pour un bébé à la quête d'un bébé pour des parents. Certains, ainsi, cautionnent - sans forcément s'en rendre compte - les méthodes d'avocats et d'«orphelinats» sans scrupule qui vendent les bambins comme d'autres les diamants et les armes. Toujours sous le couvert de l'humanitaire.

 

Source : Le Temps

14/11/2007

L'adoption n'est pas une action humanitaire

Titulaire d’un doctorat d’études arabes et islamiques de l’université de la Sorbonne, Mohamed Al-Haddad est maître de conférences à la faculté des lettres et sciences humaines de Tunis. Il est aussi chroniqueur à Tayyarat, le supplément politique du quotidien panarabe ­Al-Hayat, et est considéré comme l’un des meilleurs connaisseurs arabes de la vie politique française.


 
L’affaire de L’Arche de Zoé comporte bien des dimensions politiques. Le Tchad accuse cette association française d’avoir enlevé une centaine d’enfants dans le but de les transférer vers l’Europe. On dit qu’ils devaient être donnés à des familles européennes en quête d’adoption. Par cette affaire, le président du Tchad, Idriss Déby, prend en quelque sorte sa revanche sur la France, qui l’a contraint à accepter la présence de 4 000 soldats étrangers sur son territoire, dans le cadre d’une force internationale qui sera déployée prochainement à la frontière avec le Darfour.



Aujourd’hui, certains indices montrent qu’un commerce est en train de se développer autour des enfants pauvres d’Afrique et d’Asie. Parallèlement, dans les pays riches s’expriment des désirs de paternité et de maternité que chiens et chats ne suffisent plus à combler. Cela concerne des milliers de gens qui avaient voué aux gémonies les valeurs familiales et le mariage dans leur jeunesse, mais qui ont vieilli et commencent à se sentir seuls. Il y a aussi les couples qui n’arrivent pas à procréer pour des raisons médicales. Et puis les couples homosexuels. Pour tous ceux-là, l’adoption est le seul moyen d’avoir un enfant. Quand un produit est très demandé, l’offre suit toujours. Et ce produit, ce sont les enfants du tiers-monde. Les motivations ne sont pas toujours infâmes ; elles sont le plus souvent innocentes, voire philanthropiques.


 
Pourquoi les riches ne s’occuperaient-ils pas des pauvres ? Alors, on interdit l’immigration aux pauvres, mais on l‘autorise à leurs enfants ? Mais, pour décider si un enfant peut être adopté, on ne peut pas appliquer les mêmes critères en Occident et dans le tiers-monde. En Occident, la famille est “nucléaire” ; la condition pour qu’un enfant devienne “adoptable” est donc l’absence de son père et de sa mère. Dans de nombreux pays africains, en revanche, la famille est “élargie”, c’est-à-dire qu’elle englobe également les grands-parents et les oncles maternels et paternels : tous sont solidaires pour s’occuper de l’enfant.



Les registres d’état civil, dans de nombreux pays du tiers-monde, souffrent des guerres, de la corruption ou de lacunes administratives. C’est pour cela que la France va imposer le test ADN comme moyen pour contrôler la véracité des actes d’état civil. Si l’on accorde si peu de crédit aux documents officiels de ces pays, pourquoi alors accorder foi à des attestations d’orphelinat ? Et puis, pourquoi le marché mondial de l’adoption ne fonctionne-t-il que dans un sens ? Un Africain ou un Asiatique, fût-il riche, ne pourra jamais adopter un enfant européen ou américain, fût-il orphelin. Quelle peut être la crédibilité des organismes?d’adoption après le scandale de L’Arche de Zoé, sachant que ces organismes se font payer par les demandeurs d’adoption au titre de dédommagements et de défraiements ?



Le mélange entre adoption et action humanitaire pose en effet problème. L’adoption ne relève pas forcément de l’humanitaire. Il existe souvent d’autres solutions pour aider les enfants sur place. Le travail humanitaire doit être un sacrifice, l’adoption n’en est pas un : elle correspond à la volonté de satisfaire un besoin. Autrefois, les pauvres vendaient leurs enfants pour payer leurs dettes. En Europe et dans l’Empire ottoman, on enlevait les enfants des populations soumises. Il n’est pas acceptable que la piraterie d’enfants redevienne d’actualité et il faut espérer que ce scandale déclenchera une réflexion sérieuse. Que les instances internationales et organisations des droits de l’homme prennent leurs responsabilités et endiguent le retour de toutes sortes de traites humaines que l’on croyait appartenir au passé.



Source : Courrier International
 

02/11/2007

Le Congo suspend les adoptions internationales

Le gouvernement entend également vérifier la situation de 17 enfants congolais récemment adoptés par des familles espagnoles.



Le ministre congolais de la justice Me Emmanuel Aimé Yoka a annoncé jeudi 1er novembre la suspension des procédures d'adoptions internationales d'enfants au Congo. Cette décision intervient alors que des membres de l'association l'Arche de Zoé sont actuellement retenus au Tchad, accusés d'avoir tenté d'enlever des enfants pour les emmener en France: "Le cas de l'Arche de Zoé, actuellement poursuivie pour trafic d'enfants tchadiens, nous interpellent tous. Ce qui est arrive au Tchad peut également arriver dans d'autres États africains", a mis en garde Loamba Moké.
 

Prévenir le trafic d'enfants



"Cette affaire est une véritable coïncidence car elle intervient quelques jours seulement après l'adoption de 17 enfants congolais par des familles espagnoles", a ajouté le ministre, précisant que des démarches officielles allaient être entreprises par le Congo afin de vérifier la situation de ces enfants actuellement établis en Espagne.

Déjà en août dernier l'Association des droits de l'homme et de l'univers carcéral (ADHUC), avait mis en garde les autorités congolaises contre un  réseau de trafic d'enfants vers l'Europe, organisé par l'ONG espagnole ADIC (Association pour l'adoption des enfants congolais).

Cette décision satisfait le président de l'ADHUC, Loamba Moké, qui demande au gouvernement de "s'impliquer désormais sur la situation en prenant des mesures pratiques de lutte contre ce fléau".

Il a également mis en cause des magistrats, qui représentent ces ONG: "L'ADIC par exemple est représentée au Congo par trois magistrats. Dans ces conditions, on comprend aisément la facilité avec laquelle ces procédures d'adoption aboutissent", affirme-t-il, jugeant que "la présence des magistrats dans ces réseaux rend ainsi difficile la lutte contre le trafic illicite des enfants".


Risque d'amalgame


Alors que les procédures d'adoption d'enfants étrangers relèvent déjà du parcours du combattant pour les familles françaises, Marie-Claude Arnauld, vice-présidente de l'association "Enfance et famille d'adoption" chargée de l'adoption internationale, déplore "l'amalgame" de cette décision, jugeant cela "très triste parce que ça va rendre l'adoption dans certains pays difficile, voire impossible dans certains cas".

Selon Marie-Claude Arnauld, en 2006, 20 enfants ont été adoptés par des familles françaises au Congo-Brazzaville, contre 44 en 2005. "Pour ces familles, ca va être la catastrophe, pour plusieurs raisons", a-t-elle noté. "Ces familles connaissent déjà l'enfant, ont sa photo, des détails sur lui. Pour ces familles ça va être dramatique".

"Tant que cette affaire n'est pas éclaircie, certains pays vont être un peu plus frileux pour ne pas être taxés de laxisme", conclue la vice-présidente. (AP)



Source : Nouvel Observateur

13/08/2004

Des limites à l’adoption d’enfants provenant de l'étranger.

C'est une grande frustration pour un couple uni par un amour solide que de ne pas pouvoir enfanter. L'enfant, les enfants sont le couronnement et le prolongement naturels de l'union amoureuse et fondent la véritable famille. Aussi peut-on comprendre qu'un couple stérile cherche par tous les moyens à combler ce manque.

Les progrès de la technologie médicale permettent aujourd'hui de remédier à de nombreuses stérilités. En ce cas, la joie des parents et la fierté des médecins évacuent peut-être un peu vite toute préoccupation quant à la santé future des enfants qui en résultent, et plus encore quant à celle de la santé collective. Si la procréation assistée ne réussit pas, les parents potentiels se tournent volontiers vers l'adoption, parfois sans réfléchir suffisamment à toutes ses conséquences. Car si l'hérédité est déjà une loterie, on peut dire de l'adoption qu'elle est une loterie plus hasardeuse encore.

 

La DDASS multiplie les précautions, avec une réglementation si pointilleuse que l'adoption devient pour les demandeurs un véritable parcours du combattant. De sorte que beaucoup se découragent et finalement s'efforcent d'adopter des bébés étrangers, le plus souvent originaires du tiers-monde. Mais nous entrons alors dans une dérive que les pouvoirs publics ne devraient pas tolérer, car ces démarches n'ont d'adoptions que le nom. Il ne s'agit plus que d'acheter au prix fort des bébés que l'on ne connaît pas et dont on ne sait même pas si les trafiquants de chair humaine qui les proposent ne les ont pas tout simplement kidnappés. C'est ainsi que de nombreux petits enfants brésiliens et vietnamiens ont été, au cours de ces dernières années, « importés » par des familles françaises qui, sous couleur de satisfaire leur instinct maternel ou paternel, ne font que succomber à la déviance de leurs instincts possessifs.

 

De quel droit ?

 

Ces pseudo-adoptions ne peuvent plus se faire aujourd'hui que par l'intermédiaire d'associations accréditées supposées prendre toutes les précautions nécessaires pour que ces immigrés involontaires soient réellement des enfants orphelins ou abandonnés. Mais pourquoi personne ne songe-t-il à poser les questions fondamentales, à savoir :

1°- De quel droit peut-on arracher de force de jeunes enfants au pays de leurs aïeux et les couper de leurs racines ancestrales ?

2°- De quel droit peut-on vouer ces mêmes enfants, lorsqu'ils auront grandi, à toutes sortes de dramatiques difficultés d'adaptation à une communauté humaine dont les caractéristiques physiques et ataviques sont très différentes des leurs ?

3°- De quel droit enfin ces pseudo-parents pourraient-ils, à seule fin de satisfaire leur obsession, contribuer à détruire un peu plus l'identité nationale en prétendant aller chercher de futurs « Français » au fond de l'Asie ou de l'Amazonie ?

 

Ces gens qui veulent jouer à la poupée vivante à n'importe quel prix se prennent volontiers pour des parents-gâteau, mais sont en réalité des monstres d'égoïsme. Ils achètent des enfants comme d'autres des chats et ne se soucient ni de l'avenir de leurs victimes déracinées ni de celui de leur propre pays. Bien sûr, ils se donnent bonne conscience en se disant que les chers petits seront mieux nourris et soignés en France que dans leur pays natal. Mais personne n'a le droit de décider pour d'autres êtres ce qui est bon pour eux.

 

En fait, ces achats d'enfants du Tiers-monde ne sont rien d'autre qu'une sorte de « traite des bébés » et constituent la forme la plus sournoise d'un nouveau colonialisme aux allures « angéliques ». J'estime que le législateur doit absolument interdire l'adoption d'enfants originaires d'autres pays que ceux de la communauté européenne et les pouvoirs publics doivent faire cesser ce honteux « safari des berceaux ».

 

Extrait du « Grand livre de Réponse à tout » (Édition 1998) : « Nombreux sont les témoignages de parents qui avouent avoir dépensé de 100 000 à 200 000 FF pour adopter leur enfant. (...)

 

Entre 1979 et 1994, 33 667 enfants étrangers ont été adoptés en France. (...) En 1990, 683 enfants sont arrivés du Brésil, 332 de Colombie, 311 de Roumanie, 209 de Pologne, 198 du Sri Lanka, 167 de Corée, 151 du Chili, 123 de Madagascar, 108 de l'Inde, 85 du Pérou, 78 d'Éthiopie, 69 du Mali, 61 d'Haïti, 58 de Djibouti, 57 du Vietnam, 55 du Mexique, 36 du Rwanda, 35 de Thaïlande, 20 du Liban, 20 du Guatemala, 19 du Salvador, 15 du Sénégal, 14 des Philippines, 14 de l'île Maurice, 11 du Népal, 8 des îles du Cap-Vert, 6 de Bolivie, 6 du Burkina-Faso, 5 du Honduras et 2 de Yougoslavie. (Ces chiffres n'incluent pas les enfants entrés illégalement.) »

 

Pierre Lance.


Source :  Les 4 vérités.