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05/08/2011

Un juge guatémaltèque ordonne à un couple américain de rendre la jeune fille adoptée à sa mère de naissance

A Guatemalan judge has ordered a U.S. couple to return their adopted daughter to her birth mother, siding with a human rights group that says the girl was stolen by a child trafficking ring and put up for adoption.

Judge Angelica Noemi Tellez Hernandez confirmed Wednesday that she ruled in favor of the mother, who is represented by the Survivors’ Foundation.

The rights group, which released a copy of the ruling Tuesday night, claims the girl was kidnapped in 2006 and taken out of the country under a new name two years later and was last known to be living in Missouri.

Tellez’s ruling also says Guatemala’s government must cancel the passport used to take the girl out of the country. It further orders that if the girl is not returned within two months, Guatemalan authorities should solicit help locating the girl from Interpol, the international police organization.

Nine Guatemalans, including a judge, have been charged in the case. The foundation doesn’t allege the U.S. couple knew the girl had been kidnapped.

The court identified the couple as Timothy James Monahan and Jennifer Lyn Vanhorn Monahan of Liberty, Missouri, a suburb of Kansas City.

Attempts to reach the couple for comment were unsuccessful. An unidentified woman answering the door at the address listed by the court said she couldn’t talk with an Associated Press reporter because she was on the phone. No one answered the door on a second attempt to reach the couple.

The ruling says the U.S. parents can appeal the ruling in Guatemalan courts and asks the U.S. Embassy in Guatemala to help locate the girl.

The embassy referred questions to the U.S. Justice Department in Washington, which had not responded to a request for comment by Wednesday evening.

Guatemala’s adoption system once sent more than 4,000 children to the United States each year. But adoptions were suspended in 2007 amid widespread claims of kidnapping and fraud by suspect adoption brokers. Guatemala started a small, reformed program of international adoptions later but the United States has declined to participate.

Norma Cruz, of the Survivors’ Foundation, said she believes this is the first time a Guatemalan court has ordered a child to be returned on the grounds that an adoption was fraudulent.

“We’re working on two other cases and we hope for the same result,” she said.

Cruz said the girl was born Oct. 1, 2004, and was stolen from outside the family’s house in the town of San Miguel Petapa near the Guatemalan capital on Nov. 3, 2006. According to the foundation, the girl was then adopted in Guatemala and taken to the United States using a passport under a new name on Dec. 9, 2008.


Source : The Washington Post | 3 août 2011

Repères

Adoption illégale: quand l’enfant devient une marchandise
Emmanuelle Werner, membre de Casa Alianza Suisse, montre par quelle logique le Guatemala est devenu la principale origine de bébés achetés sous un droit laxiste.
Casa Alianza | Septembre 2007.

29/07/2011

Corée. Une nouvelle ère pour l'adoption.

corée,adoptés,adoption internationaleComme vous savez sans doute, la loi sur l'adoption en Corée a été modifiée. J'espère qu'on cherchera maintenant davantage à aider des personnes fragiles qu'à en abuser comme je vous l'ai laissé voir dernièrement par l'interview de la leader de l'association de mères célibataires coréennes Miss Mama Mia.  Bon, il y a sans doute encore beaucoup de chemin à faire... En France, le délai de rétractation est de deux mois pour un accouchement sous X. Par contre, par ici, on a encore du chemin à faire par rapport à la Corée maintenant... concernant les droits de l'homme, un droit à la connaissance de ses origines, un droit bien inscrit dans la Convention Internationale sur les Droits de l'Enfant pourtant.
 

 
La loi sur l'adoption modifiée marque la fin d'une ère dans laquelle l'adoption était associée avec les meilleurs intérêts d'un enfant et ceci au dépend de sa famille d'origine.

Le 29 juin, l'Assemblée Nationale a révisé la loi sur les adoptions internationales et quelques adoptions nationales, donnant aux adoptés le droit d'avoir accès à leurs informations d'adoption et affichant son engagement de prendre comme meilleure méthode de protection des droits de l'enfant, celle de préserver la famille.
 
Ce virage pris et tourné vers la préservation de la famille se remarque déjà dans la modification même de l'intitulé de la loi permanente, passant de "la Loi Spéciale sur la Procédure et la Promotion de l'Adoption à "la Loi Spéciale sur l'Adoption". Ceci marque la fin d'une ère en Corée du Sud pendant laquelle il a été pensé que l'adoption était dans le meilleur intérêt d'un enfant, plutôt que soutenir la famille d'origine à élever l'enfant.
 
Le projet de loi n°1812414 a été soutenu par le gouvernement et a obtenu 188 voix en sa faveur, 0 contre et quatre abstentions, après être passé par des examens constitutionnel et législatifs.

Ce processus de réforme de la loi a été au début mis en place en 2008 quand le Ministère de la Santé et des Affaires Sociales a donné une mission d'enquête à un groupe consultatif composé de travailleurs d'agences d'adoption, d'assistants sociaux et d'universitaires pour commencer à examiner la révision de la loi permanente sur l'adoption en vue de se préparer à ratifier de la Convention de La Haye sur l'Adoption. Le problème avec ce groupe nommé par le gouvernement initial,  c'est que des parents isolés, des membres de la famille de naissance et des adoptés, c'est à dire les personnes mêmes qui ont été directement affectées par la loi permanente, n'ont pas été consultés.
 
Au vu de tout celà, des avocats de droits de l'enfant, des organisations de femmes, des adoptés, des chercheurs et des organisations d'adoptés se sont mobilisés pour rassembler des témoignages et suivre des auditions publiques tenues par le gouvernement coréen commencées en janvier 2009. Ensemble avec les avocats So Rami et Hwang Pillkyu de Gonggam Public Interest Lawyers, et avec le soutien de la Représentante du Démocratic Party, Choi Young-Hee, la Coalition pour la Réforme de l'Adoption a commencé à rédiger le meilleur projet de loi possible.
 
Au moment du passage de la loi, la coalition comprenait le groupe Dandelions de "parents de naissance" , l'association de familles de mères célibataires coréennes KUMFA, et des associations concernant des adoptés KoRoot, ASK (Adoptee Solidarity Korea ) et TRACK (Truth and Reconciliation for the Adoption Community of Korea).  La signature du projet de loi concernera les deux adoptions extérieures et intérieures avec le but primordial d'encourager la préservation de la famille d'origine.
 
Alors que les mères célibataires étaient encouragées à signer un formulaire pour renoncer à leurs droits parentaux avec leurs bébés toujours dans l'utérus, une semaine doit maintenant s'écouler après la naissance du bébé avant qu'un accord d'adoption ne soit signé. Alors que le conseil principal aux mères célibataires consistait en beaucoup d'informations sur l'adoption, la loi ordonne maintenant que ceux qui sont près de devenir parents doivent recevoir conseils et informations suffisants en matière d'éducation.
 
Par ailleurs, des enfants pourront être adoptés à l'étranger seulement après qu'aucun foyer ne soit trouvé pour eux en Corée et les adoptants étrangers devront se rendre en Corée pour les prendre à moins qu'ils ne fassent reconnaître des circonstances spéciales par le  Ministère de la Santé et des Affaires Sociales.
 
La loi actuelle établit une base légale pour conduire la Corée du Sud à respecter les normes internationales données par la Convention de la Haye sur l'Adoption Internationale. une autorité centrale sous le Ministre de la Santé et des Affaires Sociales.  Parmi d'autres fonctions, l'autorité centrale doit protéger pour les adoptés un droit de l'homme , celui à la connaissance d'informations médicales propres et à son identité.
 
 
Le projet de loi qui est passé établit une base légale pour aider à porter la Corée jusqu'à des normes (standards) internationales selon la Convention d'Adoption de la Haye. En plus d'avoir des adoptions qui passent par décisions de justice, il y aura une nouvelle autorité centrale de l'information qui protègera les adoptés le droit de l'homme à la connaissance de ses origines et d' informations médicales propres à lui. Son président sera nommé par le Président de la Corée puis controlé par le Ministère de la Santé et des Affaires Sociales et un conseil de direction formé d'adoptés.
 
Une base de données sera constituée afin que les adoptés puissent s'en servir pour la recherche de leurs familles d'origine. Dans le cas d'un parent biologique décédé ou de la non obtention d'un consentement pour des raisons inévitables, ou dans le cas où l'adopté a besoin d' informations dans un but thérapeutique , les informations pourront lui être révélées sans permission du parent biologique.
 
Il est dans l'espoir de la coalition que sous ces nouvelles protections légales les adoptés ne seront plus soumis à un traitement injuste et irrégulier pendant la recherche d'informations
 
C'est l'espoir de la coalition que sous ceux des nouvelles protections légales, des adoptés ne seront plus soumises au traitement déloyal (injuste) et irrégulier pendant la recherche d'informations sur leur origine.
 
La coalition est heureuse de voir des hommes de lois et du personnel du Ministère de la Santé et des Affaires Sociales et du Ministère de la Justice travaillant sur cette question.
 
Bien que la loi ait changé, l'interprétation de la loi au niveau politique et sa mise en oeuvre dans la pratique doivent être faits par beaucoup d'autres organismes, incluant le Bureau du président, l'autorité centrale prévue en matière d'adoption , le Ministère de la Santé et des Affaires Sociales, le Ministère de la Justice et les agences d'adoption. À cet égard, il est impératif que ces organismes restent ouverts aux recommandations en cours des parties affectées et assurent aussi que la loi soit exécutée.
 
Il y a toujours beaucoup de travail à faire en Corée pour une pleine égalité en droits entre hommes et femmes et pour les droits de l'enfant , mais on devrait louer le gouvernement de faire ces pas significatifs dans la bonne direction.

 
Ecrit par Jane Jeong Trenka (présidente de TRACK), Tammy Ko Robinson (professeur de l' Université de Hanyang ) et Kim Stoker (Représentant Adoptee Solidarity Korea  ASK), tous membres de la Coalition pour la Réforme de l'Adoption

Article traduit par Greg.


Sources : [Viewpoint] A new era for adoption | Korea Joongang Daily | 7 juillet 2011
[Op-Ed] New adoption law puts family preservation first | The Hankyoreh | 7 juillet 2011
  
   
 
 

07/07/2011

Haïti. L'adoption internationale, une priorité qu'on veut nous imposer

Le Nouvelliste en Haiti.jpgCet article est dédié à tous les parents haïtiens qui jusqu'à ce jour gardent l'espoir de retrouver leurs enfants séparés d'eux à la suite du tremblement de terre du 12 janvier 2010.
Quelques jours après le tremblement de terre de 2010, un journaliste étranger écrivait : l'adoption internationale n'est pas une aide humanitaire. Suite au tremblement de terre, en effet, l'adoption internationale a dominé l'actualité internationale ; aujourd'hui encore elle semble être le thème central de ceux-là qui prétendent oeuvrer pour la protection et le bien-être des enfants.

 

"Adoption internationale", un thème prioritaire également pour de nombreux pays « amis ». Au cours de la visite éclair en Haïti d'Alain Juppé, le ministre français des Affaires étrangères, pour assister à l'investiture du président Michel Martelly, le ministre français a pris le temps de visiter un orphelinat et la Fondation Solidarité Internationale, engagée dans l'adoption internationale. De plus, selon des sources autorisées, le ministre Juppé aurait soulevé la question de l'adoption internationale lors de son entretien privé avec le président Martelly (qui a dû peut-être paraître fort surpris du choix d'un tel sujet, compte tenu des grands problèmes auxquels sont confrontées actuellement les familles haïtiennes).

Il faut donc se demander pourquoi ce focus sur l'adoption internationale, alors que selon l'UNICEF « 1,2 millions d'enfants étaient déjà considérés comme étant extrêmement vulnérables avant le tremblement de terre. Un an plus tard, les enfants d'Haïti sont encore au bord du précipice » ( voir « Un an après - Des secours à la reconstruction : un long parcours », Janvier 2011 UNICEF Haïti).

Pour répondre à cette question, il faut remonter à 2010. Le 20 Janvier 2010, l'ex-Premier ministre Bellerive, sur la demande de certaines organisations de droits humains, adopte une mesure d'urgence selon laquelle le Premier ministre est le seul habilité à autoriser le départ d'enfants haïtiens du territoire national et que dans ces cas, il doire s'agir d'enfants pour lesquels le processus d'adoption avait été déjà engagé et approuvé, ce, de concert avec les ambassades concernées. Cette mesure, conforme aux principes de droits humains, visait à assurer que la priorité dans cette situation de catastrophes soit donnée aux efforts visant la réunification des enfants avec leurs parents ou les membres de leur famille, à éviter toutes tentatives prématurées ou irrégulières de sortir un enfant de son pays. Malgré cette mesure, des enfants haïtiens ont continué à sortir du pays au vu et au su de tous. Pourtant, bien que foulée aux pieds dès les premiers jours, cette mesure gêne.

Nombreux sont ceux (étrangers pour la plupart) qui ne veulent que rouvrir l'adoption internationale avec tout ce qu'elle comporte d'illégalité, c'est-à-dire, la traite d'enfants, la vente d'enfants, le trafic d'organes, la prostitution infantile, la pédophilie, etc. Et pour cela, les pressions et les pièges « diplomatiques » s'intensifient, particulièrement à la veille de la tournée du président Martelly en Europe à la fin du mois de juin.

L'enfant a le droit de grandir dans un milieu familial et l'Etat a pour obligation de donner une famille permanente à l'enfant pour lequel une famille appropriée ne peut être trouvée dans son pays d'origine. Cependant, l'adoption internationale telle que pratiquée en Haïti n'est pas toujours un moyen visant à assurer à l'enfant dans une situation de vulnérabilité un environnement familial au contraire, l'adoption internationale, et plus souvent qu'on ne le suppose, est un mécanisme utilisé par beaucoup pour s'enrichir sans aucune considération pour la situation de l'enfant ou pour exercer toutes sortes de violence sur l'enfant. Les anecdotes relatives à la vente d'enfants, vente d'organes, aux primes d'assurances sont nombreuses. Vrai ou faux ! Comme dit le proverbe il n'y a pas de fumée sans feu.

D'un côté, il y a les crèches. Selon l'UNICEF des 700 centres d'enfants actuellement répertoriés, seulement 300 sont accrédités. Les crèches sont des institutions hébergeant des enfants en bas âge et dont le seul but est de les donner en adoption internationale. Généralement ces crèches sont liées à des organismes étrangers d'adoption, se chargent de chercher des enfants et des parents adoptifs étrangers, le plus souvent sans autre considération que monétaire. Il s'agit là d'un commerce extrêmement lucratif. 80 à 90% sont des adoptions individuelles, c'est-à-dire une relation directe entre les propriétaires de crèches et les parents adoptifs étrangers. En plus des rémunérations (et mensualités) payées par les parents adoptifs, les crèches recevaient des subventions via des ONGs et ONGIs (certaines d'entre elles allant jusqu'à prendre en charge des mères adolescentes).

D'un autre côté, les orphelinats, ou des milliers d'enfants-vivent des situations abusives. Selon des estimations, près de 50 000 enfants sont placés en institutions; de ce nombre, à peu près 20 000 sont orphelins de père ou de mère ; les autres n'y sont qu'en raison de pauvreté. Suite au séisme de 2010, les orphelinats sont devenus l'une des activités les plus lucratives après les ONGs nationales et internationales.
Les illégalités dans les procédures d'adoption sont pourtant connues de tous. Il s'agit de véritables réseaux criminels dédiés à la traite d'enfants et à des adoptions irrégulières. Ces réseaux, opérant à travers les crèches et les orphelinats, s'approvisionnent en enfants en utilisant souvent la menace, la fraude ou le mensonge, convainquant ainsi les parents biologiques à donner leurs enfants en adoption. Ces réseaux, experts dans la fabrication de faux documents, de fausses mères, de déclarations d'abandon ou de consentement frauduleux, collaborent également avec des avocats et des juges de paix.

A la racine de ces réseaux se trouvent les responsables (ou du moins) des propriétaires de crèches et d'orphelinats vivant de ce commerce et opérant le plus souvent avec la complicité de certains fonctionnaires de l'IBESR.

Plus de 2 400 enfants ont laissé Haïti depuis le tremblement de terre (plus du double du nombre d'adoption autorisée en 2009). Ce chiffre (bien que partiel) en lui-même constitue la preuve de l'illégalité de ces procédures d'adoption. Des billets gratuits ont été offerts à travers le net à ceux-là qui accepteraient de se rendre en Haïti pour ramener des enfants ; comme on ramène des « patates ».


Comment avec des institutions jusqu'à ce jour affaiblies par la catastrophe de janvier 2010 (des ministères, les tribunaux, les services d'Etat civil) a-t-on pu garantir la légalité de ces procédures, s'assurer de l'identité des enfants et de leur adoptabilité, vérifier le consentement des parents, etc. Ce n'est donc pas surprenant que plusieurs cas de traite d'enfants sous le couvert d'adoption internationale irrégulière aient été identifiés à divers points de la frontière entre Haïti et la République Dominicaine et dans certains aéroports, particulièrement l'aéroport Guy Mallary. Le souvenir des 33 Américains arrêtés à la frontière est toujours bien frais; à ce souvenir vient s'ajouter le cas récent des pédophiles allemands.

Il ne fait aucun doute que l'aide humanitaire, comme ce fut le cas dans d'autres pays, a emmené avec elle les prédateurs et les vautours de l'urgence dont le seul objectif est de profiter des situations de chaos pour exercer leurs méfaits ; leur proie de prédilection: les enfants. Alors que la situation de l'irrégularité des adoptions internationales était déjà inquiétante suite au contrôle plus serré des adoptions dans certains pays dont le Guatemala, depuis le tremblement de terre, Haïti attire tous les dossiers frauduleux. Le tremblement de terre est venu en effet mettre à nu des situations d'illégalité, des réseaux de traite et de vente d'enfants, le plus souvent sous le couvert d'adoptions internationales.


Certaines ambassades ont clairement exprimé leur doute quant aux procédures d'adoption postséisme. Cependant, d'autres s'intéressent de plus en plus à l'adoption internationale. Ces dernières, dont celle de France et du Canada s'apprêtent d'ailleurs à célébrer une réunion dite « Réunion du Groupe de Montréal » du 22 au -24 Juin prochain à l'Hôtel Le Plaza à Port-au-Prince. Cette réunion fait suite à une réunion du même type célébrée l'année dernière à Montréal. Le thème central de cette réunion: « l'adoption internationale »; le but: rouvrir la vanne de l'adoption internationale, faire « plaisir » à leurs ressortissants et s'assurer de leur vote.

Suite au tremblement de terre, la France a fait évacuer plus de 1 000 enfants haïtiens. Pour certains Français, la décision du gouvernement français était "logique et raisonnable". Aussi les 21 et 23 décembre 2010, à la veille de la Noël, des centaines d'enfants ont-ils quitté leur pays dans deux avions affrétés « pour évacuation urgente » à cause du choléra. Ces enfants ne faisaient l'objet que d'un consentement des soi-disant parents et d'une autorisation de l'IBESR. Parmi les enfants arrivés en France, près d'une centaine se trouvent dans une situation juridique floue, vu qu'ils n'ont pas de jugement d'adoption mais un simple apparentement (voir Imbroglio juridique pour les enfants haïtiens adoptés - 31 March 2011).

« Quelques jours après le tremblement de terre, décrète un « Humanitarian Parole Policy », à la faveur de cette politique, des centaines d'enfants haïtiens « orphelins » ou séparés de leurs parents à cause du tremblement de terre ont été « évacués ». Certains se retrouvent aujourd'hui dans les « foster care », abandonnés par les parents adoptifs ».

L'Hollande, quant à elle, suite au séisme, a décidé « qu'en raison de la situation inquiétante en Haïti, d'admettre les enfants sans qu'ils disposent de documents de voyage en règle. Le gouvernement hollandais décide alors que les enfants seront rapatriés d'abord, et l'approbation des autorités haïtiennes viendra après. (Voir déclaration du ministre de la justice hollandais Hirsch Ballin).

Comme l'a dit un observateur. « C'est la pauvreté qui transforme les enfants en cheptel adoptable pas les familles occidentales riches en mal d'enfants. »

Ce qui étonne, c'est que tous ces pays ont ratifié la « Convention de la Haye sur la protection des Enfants et la Coopération en matière d'adoption Internationale » ; laquelle convention considère l'adoption internationale comme une mesure de dernier recours, et oblige les Etats parties à adopter toutes les mesures visant à maintenir l'enfant dans sa famille d'origine, à envisager l'adoption nationale, et a s'assurer que les parents adoptifs soient réellement aptes à adopter un enfant.

« Il faut en finir avec le marché aux enfants haïtiens, et avec leur pieuse importation » ; ces mots d'un observateur illustrent bien la problématique de l'adoption internationale.

Il est temps que ceux-là qui prétendent s'intéresser à la situation de l'enfant haïtien se penchent sur les vrais problèmes de l'enfance : l'assistance aux familles nécessiteuses, l'accès à l'éducation et à la santé pour tous les enfants. Rouvrir l'adoption internationale sans mettre des balises solides, c'est livrer des milliers d'enfants à la merci de groupes prédateurs.

La construction de l'Etat de droit passe par la chasse à ces organisations criminelles, et la lutte contre l'impunité devant les crimes perpétrés contre les enfants haïtiens. L'Etat de droit exige des investigations sérieuses visant à démasquer les réseaux de traite et de vente d'enfants, les procédures d'adoption bidon, les individus et les institutions dont le seul but est de s'enrichir aux dépens des petits haïtiens. L'Etat de droit exige également que l'adoption, tant nationale qu'internationale, puisse enfin répondre à sa vraie vocation : celle d'offrir aux enfants abandonnés ou orphelins un environnement familial permanent, chaleureux et sain.

Pour arriver à cet état de fait, il faut (Que peut faire le président Martelly ?):
1) Décréter un moratoire (i.e. suspension provisoire) ferme sur les adoptions internationales, particulièrement les adoptions d'enfants haïtiens par les étrangers, jusqu'à la ratification par Haïti de la Convention de la Haye sur la protection de l'enfant et la coopération en matière d'adoption internationale ;
2) Reformer et épurer l'Institut du Bien-être Social ;
3) Mettre l'action publique en mouvement contre les avocats, juges, propriétaires de crèches et d'orphelinats, fonctionnaires de l'Etat et tous ceux engagés dans la fabrication de faux documents, la vente d'enfants, la traite d'enfants ;
4) Mettre sur pied une commission spéciale ayant pour mission
a. Entreprendre des investigations afin de retracer/retrouver les nombreux enfants perdus pendant le tremblement de terre ;
b. Revoir les adoptions internationales autorisées depuis le 12 janvier 2010
c. Adopter un plan de placement familial pour les enfants et adolescents qui croupissent dans les crèches et orphelinats pour le simple fait que leurs parents n'ont pas les moyens de s'occuper d'eux.
d. Entreprendre des investigations sérieuses sur les irrégularités et les illégalités dans les procédures d'adoption, l'existence et le fonctionnement de ces crèches, orphelinats et maisons d'enfants;
5) Adopter une loi sur l'adoption répondant aux critères et standards internationaux
6) S'assurer qu'Haïti ratifie la Convention de la Haye sur la protection des enfants et l'adoption internationale


Source : Le Nouvelliste en Haïti |27 juin 2011

30/06/2011

Interview avec une mère coréenne qui avait donné son bébé à une agence d'adoption.

A l'automne dernier, en Corée, j'ai rencontré une personne à qui je pense beaucoup encore. Souvent des histoires pas jolies à l'origine d'adoptions me font penser à elle. D'ailleurs je vous l'ai déjà un peu présentée quand j'ai rapporté une de ces histoires "Enfants volés en Espagne". C'est  une jeune femme que la famille a poussé à donner son enfant pour l'adoption, un bébé qui a été vite envoyé à l'étranger ( La Corée du Sud est actuellement le pays qui donne les enfants les plus jeunes pour l'adoption internationale, des enfants tous âgés de moins d'un an pratiquement .) un bébé qu'elle a voulu reprendre à l'agence d'adoption très peu de temps après de l'avoir donné... en vain. Elle n'a obtenu aucune information sur son enfant, un enfant qui doit avoir plus de six ans maintenant.


 
Dernièrement, il a été diffusé dans un reportage à la télévision française intitulé "Adoption: blessures secrètes" . On n'a pas parlé de blessures du côté des "mères de naissance". Par contre, on parlait souvent d'un spécialiste de l'adoption, "le guide de l'adoption" ( suivre son livre qui s'intitule ainsi),qui parlait de pays fiable au niveau des dossiers pour la Colombie, un des pays au monde au top des indices de corruption administrative... qui parlait d'Ethiopie comme un pays dont les enfants destinés pour l'adoption internationale étaient de vrais orphelins, et qui se révélaient être parmi les moins problématiques côté éducation adoptive, un pays dont des cas de trafic d'enfants pour l'adoption se révèlent tous les mois pratiquement... 
 

On se penche souvent par ici sur les personnes qui adoptent, un peu moins sur les personnes adoptées, et pratiquement jamais sur les personnes qui donnent leurs enfants pour l'adoption: des mères célibataires dans l'immense majorité, partout au monde.  On découvre souvent par là,si on si penche, une grande injustice sociale où un "droit à avoir des enfants" créé chez des riches devance de façon très prioritaire une solidarité sociale (parrainage dans des pays pauvres, protection sociale dans des pays riches comme la Corée maintenant.).

 
Il y a un peu moins de deux ans une petite association coréenne de mères célibataires  avait attiré l'attention du New York Times : "Group Resists Korean Stigma for Unwed Mothers"  
Elles s'entraident pour pouvoir garder et élever leurs enfants, et elles militent pour une plus juste reconnaissance dans la société coréenne.

 
Le mois dernier, on m'a communiqué le petit film d'une interview en coréen. On y questionne amicalement Hyung Sook Choi, leader de cette association coréenne des familles de mères célibataires: Miss Mamma Mia. Cela a été réalisé par Yeon-Ah Paik  qui prépare un film-reportage sur l'histoire de Hyung Sook Choi (Sortie prévue à l'automne prochain sous le titre de "A Bittersweet Joke" ). Cette interview a été présentée début mai dans une conférence à l'université du Minnesota, état des Etats-Unis où se trouve un nombre important d'adoptés originaires de Corée. J'ai souhaité que ce soit sous-titré en français... On l'a fait (La personne qui l'a fait ne maîtrise pas très bien le français. Pardon de sa part.) 

 
Ce n'est pas le discours d'un sociologue, ni celui d'un psychologue, ni celui d'un pédiatre... Ce n'est pas le témoignage d'un éducateur spécialisé plus ou moins bon, ni celui d'un parent adoptif plus ou moins bon, ni celui d'une personne qui a été adoptée plus ou moins bien... C'est le simple témoignage d'une mère qui a failli devenir une "mère de naissance", comme on dit communément en anglais (birthmother). C'est le simple témoignage d'une mère qui a donné, il y a quelques années seulement, son bébé au plus rodé des systèmes d'adoption internationale au monde, comprendre "le meilleur" donc, celui de Corée du Sud. C'est le simple témoignage d'une mère qui a donné son enfant à une agence d'adoption... et qui a eu beaucoup de mal à le récupérer par la suite. C'est le simple témoignage d'une personne qui dévoile quel genre de personne peut souvent se trouver derrière une "mère de naissance", derrière une mère qui doit avoir souvent bien du mal à témoigner... pas une" mauvaise personne".

 
L'interview est visible par le lien suivant vidéo de Jane Jeong Trenka dans Youtube, Coréenne adoptée au Minnesota , écrivain et présidente d'une association (TRACK) qui milite notamment en Corée pour mettre fin au système coréen d'adoptions internationales :  

 
Greg  
 

11:18 Écrit par collectif a & a dans Adoption internationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : corée, mère de naissance | |  del.icio.us

24/06/2011

Le Président Martelly annonce la fin prochaine des adoptions privées ou individuelles à Haïti

haïtiDes représentants de dix pays adoptants, dont la France, premier pays d'accueil d'enfants haïtiens en 2010, étaient réunis ce jeudi matin, en colloque, à l’hôtel le Plaza de Port-au-Prince, en présence du Président Michel Martelly, pour faire le point sur l'adoption en Haïti.

Lors de ce colloque, organisé par un groupe de Montréal sur l’adoption internationale, dont le but est d'envisager la reprise des adoptions «gelées», le Président Michel Martelly s'est engagé devant les participants à ratifier, au cours de son mandat, la Convention de la Haye sur les adoptions, qui empêche les adoptions dites « privées ou individuelles ».

« Dans l’attente du vote de cette loi, dans des délais que je souhaite aussi rapprochés que possible, j’entends prendre un arrêté présidentiel, rendant obligatoire le passage des demandes d’adoption devant des organismes agréés, comme le prévoit la Convention de La Haye » a déclaré le Chef de l’État.

Cette mesure empêchera de facto, toutes les procédures d'adoption individuelle d’enfants haïtiens.


Source: Haiti Libre | 23.06.2011

 

haïtiHaïti veut interdire les adoptions individuelles - un premier pas selon Tdh

Communiqué de presse Terre des Hommes – 27.06.2011

 


Terre des hommes – aide à l’enfance (Tdh) félicite le président d’Haïti Michel Martelly de son intention d’organiser les demandes d’adoption à travers des organismes agréés. Tdh appelle à la fin des trafics d’enfants, en demandant l’approbation d’une loi nouvelle sans tarder et en renonçant aux adoptions individuelles dans les faits.

Responsable du service adoption de Tdh, Marlène Hofstetter a accompli plusieurs missions ces dernières années en Haïti, notamment sur mandat de l’Unicef, pour que les autorités mettent un terme aux trafics d’enfants. “ll faut que soit approuvée une nouvelle loi d’adoption, qui reste en souffrance au sénat haïtien”, souligne-t-elle. “Les organismes agréés doivent respecter la Convention de la Haye, notamment la priorité à l’adoption dans le pays d’origine. Quand les enfants ne sont pas orphelins, les parents biologiques doivent avoir donné leur consentement, sur la base d’une information complète. La pauvreté ne saurait être une raison suffisante pour une adoption.”

Lire aussi la réaction de Tdh lors du transfert de 318 enfants haïtiens à des parents français avant Noël dernier.

10:42 Écrit par collectif a & a dans Adoption internationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : haïti | |  del.icio.us

13/06/2011

Chine. Les « donations » pour adoption favorisent des comportements criminels

donation chine adoption.jpgLes familles étrangères qui souhaitent adopter un enfant chinois font presque toujours un don à l'institution d'adoption, ce qui pousse ces institutions à proposer davantage d'enfants à l'adoption et à recourir à des pratiques illégales pour trouver plus d'enfants, d'après les experts du secteur.

Un accord préparé par le Centre d'adoption de Nanchang, capitale de la Province du Jiangxi, dans l'Est du pays, comporte ainsi une clause mentionnant les donations volontaires.

Le montant suggéré est de 35 000 Yuans (5 405 Dollars US), a dit hier une personne bien informée au Beijing News.

Fu Yuechan, Directeur du Centre d'adoption, a reconnu la mention d'une donation, mais ajouté que le montant « pouvait en être négociable ».

Il a précisé que la donation fait partie de la Convention de La Haye sur l'Adoption Internationale, un accord international entre les pays participants sur les meilleures procédures.

A la question le Centre « vend »-il des enfants pour faire des bénéfices, M. Fu a répondu que les donations étaient utilisées pour couvrir les frais d'éducation de ces enfants.

Aux termes de la Convention de La Haye et de la Loi chinoise sur l'adoption, les parents adoptifs ne sont pas tenus à faire une donation et il est strictement interdit à quiconque d'exploiter ce processus pour en tirer profit, a dit l'article.

Tan Mingzhu, Secrétaire du Parti de la Maison de Bienfaisance de Nanchang, a dit au Beijing News qu'elle ne tirait aucun profit des donations, qui sont versées sur un compte spécial géré par le Bureau des Finances de Nanchang.

Mais le journal a découvert que certaines de ces institutions, avides de gagner de l'argent, recouraient à des méthodes illégales pour chercher des enfants qui seront ensuite proposés pour l'adoption.

Ainsi, une institution de la ville de Hengyang, dans la Province du Hunan, dans le Centre du pays, avait naguère ordonné à chaque employé de trouver trois enfants par an susceptibles d'être adoptés. Ils ne recevaient leur salaire et leur bonus que quand ils avaient rempli leur quota, avait rapporté antérieurement le Southern Metropolis Daily.

En 1996, le Ministère de la Sécurité Publique a publié une note imposant des mesures strictes pour examiner l'identité de chaque enfant avant de lui délivrer un passeport, a précisé l'article.

Cela n'a pas empêché certaines institutions de fabriquer de faux certificats pour faire passer les enfants ayant fait l'objet d'un trafic pour des enfants légalement disponibles à l'adoption, a dit l'article.

C'est ainsi qu'en 2005, six institutions de Hengyang ont fabriqué de faux documents pour des enfants ayant fait l'objet de trafic et prétendu qu'ils avaient été abandonnés, a dit le Phoenix Weekly de Hong Kong.

Et d'après une personne bien informée qui a souhaité rester anonyme et qui en a parlé au Beijing News, les gouvernements de certaines zones touchées par la pauvreté voient dans les donations une source majeure de revenus, et encouragent donc les institutions à proposer davantage d'enfants à l'adoption internationale.

D'après le New Century Weekly qui avait annoncé l'information en mai, des fonctionnaires des autorités chargées du planning familial du Hunan auraient enlévé des bébés à des familles n'ayant pas respecté les règles du planning familial et les auraient proposés à l'adoption.

C'est ainsi qu'à la fin de 2005, au moins seize enfants ont été arrachés à leur famille par des fonctionnaires de la ville de Gaoping, dans le Hunan. Les bébés furent ensuite envoyés dans des institutions qui pouvaient gagner beaucoup d'argent grâce aux adoptions, a dit le magazine.

La Chine est l'une des plus grandes sources de l'adoption internationale. Ses procédures relativement souples ont attiré de nombreuses familles étrangères.

Quelque 120 000 enfants chinois ont été adoptés par des familles aux Etats-Unis depuis 1992.



Source: le Quotidien du Peuple en ligne | ShanghaiDaily | 10.06.2011

18:00 Écrit par collectif a & a dans Adoption internationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chine | |  del.icio.us

10/06/2011

Québec. Pour une adoption sans rupture du lien de filiation d'origine.

vers l adoption ouverte au Quebec.jpgSelon la DPJ, la réforme de la loi ne sera pas complète tant que Québec n'aura pas revu sa politique en matière d'adoption, attendue ce printemps, et maintenant espérée pour l'automne. La DPJ souhaite que l'on autorise l'adoption ouverte, par laquelle des enfants pourraient être adoptés de façon permanente sans pour autant perdre contact avec leurs parents biologiques. La question est cependant loin de faire l'unanimité.

Nathalie a goûté à ce que cela pourrait donner. Elle a adopté deux enfants. Dans le cas de l'aîné, la mère biologique a consenti à l'adoption, mais non dans celui de la benjamine. Aussi Nathalie a-t-elle dû se rendre régulièrement à des visites supervisées. Elle y laissait l'enfant avec sa mère en présence d'une travailleuse sociale. «La mère était elle-même un produit des centres d'accueil, elle avait été elle-même abandonnée. À lire le dossier, on avait presque le goût d'adopter la mère tellement sa vie avait été misérable.»

Les visites se passaient mal. La petite, qui connaissait à peine sa mère biologique, pleurait sans cesse. La mère, elle, a perdu progressivement tout intérêt. Les visites se sont faites plus courtes, puis plus rares, et l'adoption a pu être prononcée.

Même si, légalement, tout est encore fait pour maintenir les liens biologiques, Nathalie a eu le sentiment que les travailleurs sociaux étaient conscients qu'il était dans l'intérêt de l'enfant d'être avec sa famille d'accueil. «Ils redoutaient les juges et ils disaient que, dans leurs dossiers, ils espéraient souvent tomber sur celui qui n'en a pas que pour les liens du sang.»

Si l'adoption devenait ouverte au Québec et que les enfants adoptés gardaient néanmoins contact avec leurs parents biologiques, les juges seraient peut-être plus enclins à consentir à l'adoption.

Aussi, fait observer Sylvie Desmarais, directrice-conseil à la Protection de la jeunesse, «les parents accepteraient peut-être plus facilement de confier leur enfant à l'adoption s'ils savaient qu'ils pourront toujours recevoir des photos ou des nouvelles d'eux. Je ne dis pas que l'adoption ouverte serait une panacée, mais ça pourrait aider dans certains dossiers».

En même temps, croit Josée, travailleuse sociale de la DPJ à la retraite depuis peu, «des couples auraient-ils vraiment envie d'adopter s'ils étaient obligés, pendant des années, de garder contact avec des parents biologiques qui ne sont pas faciles?»

Presque tous les parents adoptifs sont stériles, rappelle Josée, et cela suppose de faire le deuil de la grossesse. S'ils décident d'adopter un enfant et qu'ils doivent maintenir des contacts avec les parents biologiques, «cela leur rappellera sans cesse que cet enfant n'est pas le leur, et ce n'est pas facile».

Le Dr Yvon Gauthier, qui a été pédopsychiatre à l'hôpital Sainte-Justine jusqu'à sa retraite et qui a tenu une clinique de l'attachement, n'est pas contre l'idée de permettre l'adoption ouverte avec maintien du lien biologique, mais il relève que cela n'est pas simple. «C'est bien beau, la génétique, mais le danger, c'est de mêler l'enfant. Si l'adoption devenait ouverte, je suis d'avis que, avant l'âge de 8 ou 10 ans, il ne devrait pas y avoir plus d'une visite par an avec les parents biologiques. Avant cela, c'est dur pour un enfant de comprendre ce qui se passe.»

Source : Cyberpresse Québec Canada