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06/01/2010

Devons-nous envoyer en internat notre fille adoptive, qui vole et qui ment ?

psychologiecom.jpgNous avons adopté, il y a quatre ans, une enfant roumaine de 8 ans. Très vite, elle a présenté des « troubles de l’attachement » (vols, mensonges, violence). Notre famille est malmenée. Le pédopsychiatre qui la suit depuis trois ans préconise l’internat. Aidez-nous. Paule - Grenoble.

 


La réponse de Claude Halmos. Psychanalyste.


Votre lettre, Paule, m’a fait me poser beaucoup de questions. Non pas par rapport à vous, mais par rapport aux professionnels qui s’occupent de votre fille.

 

Cette enfant en effet a déjà subi, à 12 ans, plus de traumatismes graves que bien des adultes. Elle a vécu la perte de ses parents biologiques ; connu les orphelinats roumains, dont on sait qu’ils ne sont pas des modèles d’humanité, l’arrachement à la langue qui a été celle de ses premières années et enfin l’arrivée dans une famille qu’elle ne connaissait pas. Vous étiez prêts à l’aimer ? Certainement. Mais pensez-vous qu’avec une histoire pareille, un enfant puisse encore croire un adulte et lui faire confiance ? Elle s’est mise à mentir, voler et se montrer violente ? Cela n’a rien d’étonnant. Elle ne fait que reproduire ce qu’on lui a fait.

 

La vie lui a volé ses « parents de naissance ». On lui a sans doute menti plus souvent qu’à son tour. Quant à la violence, outre celle inhérente à sa situation, les orphelinats roumains n’en sont pas exempts… Or, au lieu d’écouter sa souffrance (et la vôtre), on pose un diagnostic déshumanisé : « troubles de l’attachement ». On vous conseille d’ignorer ses provocations et, pour vous protéger, de la mettre en pension, c’est-à-dire de lui faire vivre un nouvel abandon.

 

Mais comment n’aurait-elle pas des difficultés à s’attacher ? Qui s’est attaché à elle ? Qui s’est préoccupé de ses attachements de bébé ? Un enfant adopté, Paule, arrive dans sa famille adoptive avec son histoire et il la répète toujours. Il faut donc d’abord aider ses parents adoptifs à comprendre qu’ils ne sont pas en cause. Leur donner les moyens d’analyser ce que suscite chez eux l’attitude de l’enfant. Et faire avec eux et ce dernier un travail pour décrypter ses comportements de façon à pouvoir reconstituer son passé, le lui restituer et lui permettre de le dépasser. C’est-à-dire de retrouver la force de prendre à nouveau le risque d’aimer.

 


Source: Psychologie.com

28/12/2009

Troubles autistiques ou troubles de l’attachement ? Une frontière floue et mal definie. C. Denis (1), J. Jacquart (2), W. Pitchot (3)

revue medicale de liege.jpgRÉSUMÉ : Trois cas cliniques d’enfants entre 3 et 5 ans sont analysés : la symptomatologie (retard/absence de langage, repli à la communication, retard de développement) évoque des troubles autistiques. Ces cas paraissent devoir être «lus» davantage en termes de pathologie de l’attachement avec repli «autistique». La prise en charge à moyen ou à long terme montrera une évolution plus favorable que dans les troubles autistiques. Le diagnostic différentiel entre troubles autistiques et troubles de l’attachement est discuté.

 


(1) Pédopsychiatre, Médecin Directeur, Centre de Réadaptation de l’Enfant, Liège.
(2) Médecin-Assistant, Service de Santé Mentale, ASBL Psycho-J, Liège.
(3) Professeur de Clinique, Chef de Service Associé, Université de Liège, Service de Psychiatrie, CHU de Liège.

 

Introduction

 

Dans la pratique courante en pédopsychiatrie, nous rencontrons souvent des enfants qui sont envoyés pour des «troubles autistiques». Le terme «troubles autistiques» est employé couramment, même par les professionnels, pour désigner des troubles graves du contact et de la relation. Cependant, il faut être vigilant et ne pas poser ce diagnostic trop vite.
Les enfants sont fréquemment envoyés dans les centres de réadaptation pluridisciplinaire par les PMS, les écoles ou quelquefois les médecins traitants pour des retards de développement associés à des troubles de comportement qui heureusement, interpellent les professionnels, dès l’enseignement maternel.
Les symptômes à l’avant-plan sont souvent un retard ou une absence de langage, un contact perturbé avec les autres enfants ou même avec l’enseignant, un repli sur soi, un isolement, une absence de jeu symbolique et des activités stéréotypées.
L’enfant ne s’intègre pas dans la classe maternelle et ne s’intéresse pas aux apprentissages.
Sa relation avec le parent est également souvent perturbée.
Ces dix dernières années, le nombre d’enfants présentant ce type de symptomatologie s’est considérablement accru. Ces pathologies graves en termes de retard de développement et de pronostic sont à prendre en charge sérieusement et à traiter précocement. En effet, de nombreux enfants sont adressés trop tardivement, les professionnels du domaine de l’enfance ayant parfois conseillé d’attendre avec l’espoir que le langage apparaîtrait plus tard.
L’objectif de cet article est de mettre en évidence le fait que ces troubles ne sont pas toujours à proprement parler des troubles autistiques. Il conviendrait plutôt de parler de «repli autistique», secondaire à des troubles d’attachement
majeurs. Il est primordial de marquer cette différence, car ces enfants peuvent évoluer au long cours beaucoup plus favorablement que des enfants autistes, à condition d’instaurer une prise en charge précoce et adéquate.
Pour illustrer ce propos, nous avons décidé de présenter 3 cas cliniques. Il nous a paru intéressant de réfléchir sur certaines situations cliniques en termes de diagnostic et de prise en charge permettant une relance du processus psychique et une certaine récupération du retard.


Cas cliniques

1er cas (nous l’appellerons Benji)


Le petit Benji, 4 ans, est adressé par l’école et l’ONE pour un retard de langage. Les parents, d’origine marocaine, paraissent totalement démunis et dépassés face à l’enfant. Ils disent que Benji n’obéit pas du tout. Dans la rue, il court devant et refuse de donner la main. A la maison, il passe son temps devant la télé et dans les magasins. Il prend ce qui l’attire. Selon les parents, son langage est incompréhensible. Cela ressemble à un langage «bien à lui» dont personne
ne comprend le sens. Le père déprimé, n’a aucune prise sur l’enfant et semble avoir renoncé.

Le tableau de l’enfant est dominé par un repli important. Le visage impassible, Benji s’occupe seul, déambule et observe. Son regard semble nous traverser sans nous voir. Il cherche néanmoins à s’occuper en choisissant le plus souvent des tâches concrètes telles que des puzzles ou petits légos où sa motricité fine est précise et adroite.
L’école, contactée, s’interroge sur des «troubles autistiques» tant l’enfant semble isolé, en marge du groupe, ne jouant avec aucun enfant, ne parlant avec personne, et donc très inadapté dans le groupe classe.
Dès le début de la prise en charge, l’orientation vers un Centre de jour est évoquée mais dans l’attente d’une possibilité, une thérapie individuelle, des séances de psychomotricité ainsi que des entretiens avec la famille seront mis en place durant environ 6 mois.

 

Entretiens avec les parents

 

Au départ, les parents sont focalisés sur le retard de langage. Ils voudraient que l’enfant parle, ils voudraient des progrès tout de suite. A chaque consultation, ils insistent, s’impatientent. Plus tard, nous apprendrons par la tante que le père a fait croire à sa famille que Benji parlait français et non arabe, tant il est gêné face au regard de sa famille et de la communauté marocaine.
La tension, la nervosité, la déception sont tangibles dans le contact de ce papa, qui cherche à forcer, faire répéter des mots à l’enfant.
Benji, dans les entretiens, est ignoré comme personne. On parle de lui, de ses difficultés, mais on ne lui parle pas à lui, il n’est pas investi. A sa place, on voudrait un enfant qui parle bien le français, pour réussir à l’école plus tard.
En toile de fond, commencent à s’exprimer les soucis de la famille. En effet, le père n’a pas de travail en Belgique et la famille vit dans un logement exigu. Ils sont très isolés; seules deux tantes, soeurs de la mère et du père, habitent dans la région. La mère vient d’accoucher d’une petite fille il y a quelques mois.
Peu après le début du traitement, les parents partent au Maroc pour un mois (sans nous prévenir)
et Benji est confié à sa tante maternelle. Celle-ci, qui n’a pas d’enfant, va mettre toute son énergie à tenter d’aller vers lui et de l’aider. Cela sera sans doute un élément déterminant dans les progrès que va faire Benji.
Par la suite, nous ne reverrons plus le père et, nous apprendrons, bien plus tard, qu’il a été incarcéré (pour des raisons qui ne sont pas connues). Dès ce moment, la mère va participer beaucoup plus activement aux entretiens avec sa soeur et prendre conscience progressivement qu’il ne s’agit pas que d’un simple retard de langage, mais qu’il faut d’abord aider Benji à sortir de son isolement, à communiquer et à exprimer ses émotions pour pouvoir évoluer.


Travail avec l’enfant

Pendant longtemps, les premières semaines, Benji restera impassible, ne donnant que de brefs signaux de sa présence. Souvent, lors des débuts et fins de séances, il court vers nous et fait de discrets «au revoir» presque cachés dans son manteau. Le temps de la consultation, il s’efface, «disparaît», s’occupe calmement et se ferait oublier si on n’y prenait garde.
Quelques mois plus tard, il se manifeste autrement, il aime venir, il pleure, se fâche quand il doit quitter le local de la psychomotricité. En fait, il veut rester encore. Il commence à parler, des petits mots qu’il écoute et qui l’étonnent, comme s’il s’entendait parler. Son visage s’ouvre, il regarde droit dans les yeux et vient prendre la main.
Quelques mois plus tard, il progresse encore, s’engageant dans de véritables jeux moteurs d’échange (échange de ballons, de quilles). Il rit, se délie, lui dont le visage était si fermé et, impassible. Cependant, on observe encore peu de jeux symboliques. Le langage n’en est encore qu’à des mots très simples, mais est utilisé dans la relation.
Benji vient d’entrer en Centre de jour. Sur ces quelques mois, il nous a montré qu’il était intéressé par une relation, sortant de la neutralité, de cette sorte d’indifférence totale dans laquelle il se cantonnait de longue date.

 

2ème cas (nous l’appellerons Joachim)


Le petit Joachim, 3 ans et demi, nous est adressé par la pouponnière où il est placé depuis sa naissance. La demande de suivi, pour un retard de langage, survient alors que l’enfant est rentré dans sa famille depuis quelques mois. Il en avait été séparé suite à une psychose du post-partum de la mère. Les parents, d’origine congolaise, ont fait un long cheminement avec un service d’accompagnement à la relation parent-enfant pour récupérer leur enfant.
Lors de la première consultation, l’enfant nous inquiète d’emblée. Il est figé, terrorisé, il exprime une tristesse et une détresse infinies. Il ne joue, ni ne parle, et ne sort pas de son état de sidération. Là encore, c’est au moment du départ que soudain, le petit Joachim, alors que nous ne nous y attendions pas du tout, saute, grimpe dans nos bras et s’y agrippe comme un bébé de quelques mois en jouant avec notre collier.
Très interpellés par ce tableau, nous recevons le petit Joachim avec sa maman. Celle-ci, très affairée par les démarches en cours, semble ne pas sentir les besoins et les mouvements du petit. Les gestes de la maman sont opératoires. Elle exprime peu d’affection envers son enfant, bien qu’elle nous dise sa fierté de l’avoir maintenant près d’elle.
Inquiets par la gravité du tableau clinique évoquant un repli autistique, nous contactons l’équipe de la pouponnière. Celle-ci réintervient, et après plusieurs observations à l’école et en famille, conclut à une nette dégradation de l’état de l’enfant, coïncidant avec son départ de la pouponnière. Les parents dénient et disent ne voir aucun problème avec l’enfant, nous accusant d’être le seul lieu où il manifeste son mal-être. Néanmoins, le Service de Protection de la Jeunesse (SPJ) décide le retrait de l’enfant de la famille et le retour en pouponnière.
Très vite, Joachim va retrouver un état plus serein. Le niveau de terreur et d’angoisse qui le figeait va s’estomper progressivement. Le SPJ va orienter l’enfant vers une maison d’enfants en diminuant les contacts à un jour par week-end avec les parents. Le petit Joachim sera suivi dans notre service (en psychomotricité et en psychothérapie) et très vite, les progrès se marqueront.
Investi par la maison d’enfants, le petit Joachim, retrouve vitalité et dynamisme et son développement progresse. Il rit, fait des blagues, se cache, nous étonne par son langage qui progresse de jour en jour. Maintenant, il commence à parler de lui, de ses amis d’école, de son papa. Il investit certains apprentissages (coloriage) et jeux d’échange. Un grand pas a donc été franchi en quelques mois.
Ce cas nous a beaucoup appris. En effet, le tableau clinique de départ évoquant un repli autistique a révélé que celui-ci était l’expression d’une terreur angoissante dans le lien d’attachement, qui figeait tout processus d’évolution.
La décision difficile et douloureuse de retirer l’enfant de la famille fut salutaire pour lui, même si les intervenants ont réagi eux-mêmes avec beaucoup d’appréhension et avec la crainte de précipiter un drame du côté parental ou tout simplement, de se tromper.
Insistons à nouveau sur l’importance du processus de réinvestissement de l’enfant dans une relation sécurisante (institution-thérapie) permettant la relance du développement de l’enfant.


3ème cas (nous l’appellerons Sambibila)
Exemple d’évolution au long cours

 
Ces dernières années, nous avons reçu beaucoup d’enfants d’origine africaine avec un tableau clinique similaire.
Le petit Sambila qui a maintenant 7 ans est suivi depuis 3 ans dans notre Centre. A 4 ans, mutique, il déambulait sur la pointe des pieds dans un état d’isolement complet dans le groupe classe. Après un an en Centre de jour, il a pu réintégrer l’école.
Actuellement, Sambila est un petit garçon de 7 ans qui exprime beaucoup de choses dans le cadre de sa thérapie. Il dit souvent qu’il veut retourner en Afrique, parce que l’Afrique c’est beau.
La thérapeute pressent que Sambila veut redonner le sourire à sa maman, qu’il voit souvent
triste, ailleurs, le regard perdu. La maman tourne rarement son regard vers l’enfant qui court vers elle pour lui montrer un dessin ou ses progrès. Elle est malade, atteinte du virus HIV, mais n’en a jamais dit mot. Le passé chargé de cette famille (violences, viols) a marqué d’une grande insécurité le vécu de l’enfant.


Discussion

Rappelons tout d’abord les critères précis des troubles autistiques et des troubles d’attachement.
Le diagnostic différentiel peut être difficile entre ces deux affections, surtout chez les très jeunes enfants sans langage. En effet l’expression symptomatologique est très proche sur plusieurs points, dont l’altération des interactions sociales et de la communication, le retard de langage, les stéréotypies des activités, l’absence de jeu symbolique (Tableau I).
Cependant, la classification du DSM IV fait nettement la différence entre autisme et troubles d’attachement, mettant l’autisme du côté des troubles envahissants du développement et reliant les troubles de l’attachement à des carences de soins adaptés.
Eléments importants du diagnostic différentiel entre autisme et troubles d’attachement Au premier abord, les tableaux cliniques décrits ont beaucoup de traits communs avec l’autisme : repli, retrait d’investissement et d’émotion, fixité et stéréotypies des activités, retard et /ou dysharmonies du développement.
Dans les processus «autistiques», la modalité selon laquelle s’est construite la relation à l’autre est très perturbée. Dans ces troubles, on est toujours en face d’une tentative d’annihilation de la pulsion vers l’autre et vers l’objet. Cela donne à l’interlocuteur une sensation d’inexistence, tant l’enfant s’est retiré du lien jusqu’à la fixité tonique, émotionnelle Dans les cas présentés ci-dessus, le retrait vital est marqué mais l’origine des troubles semble en grande partie secondaire aux perturbations des liens précoces et paraît relever des troubles d’attachement.
Spitz, dans son étude sur les effets de l’hospitalisme (2), décrivait déjà que les enfants les plus gravement atteints se retiraient de la relation jusqu’à parfois se laisser mourir. Ce processus de retrait d’attachement vital conduit au désintérêt, à l’abandon et à la mort dans les cas extrêmes. Dans plusieurs des cas traités, on observe non seulement chez l’enfant mais aussi chez les parents, un véritable trouble de l’investissement.
Plusieurs signes cliniques peuvent aider au diagnostic.
Dans les cas présentés, c’est à chaque fois l’enfant qui, à des moments impromptus et inattendus, fait soudain «signe» de son désir de communiquer.
L’impact de ce mouvement chez celui qui le reçoit est immédiat, révélant soudain une capacité de lien préservée sous ce dehors figé, et réveillant un espoir et des potentialités.
Chez l’enfant autistique, il est plus difficile de mobiliser la vie pulsionnelle et affective et de percevoir
s’il reconnaît ses propres états émotionnels ainsi que ceux des autres. On pourrait aussi s’interroger sur l’agressivité, peu présente chez les autistes et, par contre, plus présente, voire à l’avant plan, dans certains troubles d’attachement (réactions oppositionnelles). Le diagnostic différentiel entre ces deux pathologies est particulièrement difficile à poser chez les enfants en bas âge. Souvent, le tableau se précise par l’évolution au fil du temps. C’est ainsi qu’un repli mutique, qui semblait autistique, peut prendre un aspect beaucoup plus ludique et mobilisable. Aussi, paraît-il préférable d’examiner les choses en termes de gradation, d’intensité (± importante) de certaines défenses et modalités psychiques utilisées par l’enfant. Comme le disait A. Denis (3), il faut parler des états autistiques au pluriel, car un système autistique peut être plus ou moins complet (tous les symptômes n’étant pas nécessairement présents) et donc, révéler des degrés variables de morbidité. L’expérience et le suivi des cas au long cours nous apprennent à être très prudents, à ne pas émettre trop vite un diagnostic.
Comme le soulignent Ferrari et coll. dans un article de 2001 (4), le problème des classifications diagnostiques en pédopsychiatrie est complexe et dépend de l’état d’avancement actuel des recherches (en matière de génétique, de biologie moléculaire).
Actuellement, deux grandes manières de voir s’opposent. D’une part, les classifications américaines (DSM IV), considèrent plutôt les troubles comme innés, fixés au cours du temps et exclusifs. D’autre part, la CFMEA (Classification Française des troubles Mentaux de l’Enfant et de l’Adolescent) (5) s’interroge davantage sur les mécanismes d’organisation psychopathologique en cause, en insistant sur le processus évolutif, variable chez un même enfant ou entre plusieurs enfants dont le devenir peut être très différent. Ferrari et coll. (4) illustrent également ce point de vue en discutant notamment des affections diverses reprises sous le terme «troubles envahissants du développement», qui incluent ce qu’on appelle dans la terminologie française les psychoses ou dysharmonies psychotiques (6). Ils soulignent la variété des pathologies reprises dans ce concept «fourre-tout» et leur évolution, éminemment variable en termes de pronostic.
Si on regarde l’évolution à long terme de ces enfants, certains deviennent des adultes normaux; d’autres restent «fragilisés» pouvant évoluer vers une personnalité limite ou anxieuse. Tordjman et coll. reprennent certains de ces cas sous un nouveau terme : MCDD «Multiplex Complex Developmental Disorder» dont la symptomatologie est à survenue plus tardive et à évolution plus favorable que l’autisme (7).
Notre réflexion rejoint ces propos. Les affections que nous décrivons ne seraient pas rigides, ni fixées, et le processus d’évolution serait variable d’un cas à l’autre. Dans les cas présentés, la psychopathologie n’est pas tant du côté de la psychose, de l’altération de l’identité et du sens du réel, mais plutôt du côté des troubles de l’attachement et d’investissement du soi, donnant un tableau de retrait psychique. Aussi insistons-nous sur ces signes qui peuvent, par leur symptomatologie, être «confondus » avec des troubles autistiques, alors qu’ils sont de meilleur pronostic.


Impact des carences de soins ou des troubles des intéractions précoces dans la petite enfance


Dans certains cas de troubles de l’attachement, un ou les deux parents présentent des troubles psychiatriques.
Comme l’a bien expliqué M. Berger, certains parents peuvent, par leurs troubles, induire un état d’angoisse et de terreur chez l’enfant qui provoque une sidération, une angoisse et un arrêt du développement (8). Des détails marquants alertent sur une mauvaise qualité du lien et de l’affect dans la relation avec l’enfant notamment dans la manière dont le parent négocie la séparation pour l’examen, parle et interagit avec l’enfant pendant l’entretien. Le parent n’accompagne pas ou mal les mouvements pulsionnels de l’enfant. La question d’une «séparation thérapeutique» se pose quand la pathologie psychiatrique du parent paraît déterminante dans les troubles observés (cfr 2ème cas). D’après M. Berger (8), le lien peut induire une telle terreur et angoisse chez l’enfant, qu’un éloignement reste indispensable pour le soigner.
Ces pathologies se retrouvent aussi chez de nombreux enfants d’immigrés, notamment africains (cf 1er et 3ème cas). Dans les cas d’immigration, la problématique de l’attachement se joue à plusieurs niveaux. Outre l’attachement de l’enfant à sa mère, c’est l’arrachement des parents à leur famille et à leur culture qui les laisse solitaires et sans attache. Outre un passé souvent difficile dans le pays d’origine, la lutte quotidienne de ces parents pour survivre en Belgique, souvent dans une certaine précarité (conditions de travail difficiles – horaires de nuit – logements exigus) les laisse parfois marqués et moins disponibles pour investir l’enfant, sur lequel reposent néanmoins beaucoup d’attentes et d’espoirs. Aussi, les retards et difficultés de l’enfant sont très mal perçus, et parfois même, source d’un certain déni, d’aveuglement, avant que la souffrance plus élargie puisse s’exprimer. Les problèmes liés à l’immigration cumulent dans l’histoire parentale des drames : emprisonnement, violences, meurtre ou mort, abus dans des pays en guerre ou sous dictature, déracinement du pays et précarité parfois longue et douloureuse de l’intégration, maladies touchant un des parents (HIV…).
Dans ce contexte, où la question de survivre est à l’avant-plan, les pathologies sont difficiles à mobiliser et à traiter. Les différences raciale et de culture, nous rendent parfois maladroits ou fort démunis dans nos interventions, avec notre seule présence, là où toute l’intégration d’une famille et d’une communauté aurait bien sa place, comme on le voit dans l’abord des thérapies transculturelles.


Pronostic et conclusion


Comme nous l’avons illustré dans les cas cliniques, ces pathologies graves de l’attachement donnent un tableau pseudo-autistique, mais sont susceptibles d’évoluer plus favorablement que les troubles autistiques vers des améliorations sensibles du comportement et du développement. Comme le montre l’évolution à court, moyen, et long terme, les possibilités de récupération existent.
Chez certains enfants dont nous avons suivi l’évolution sur plusieurs années et qui ont bénéficié des traitements adaptés, nous avons constaté une amélioration lente mais progressive sur le plan développemental, se traduisant par un progrès du rendement intellectuel qui s’améliore lui aussi. De plus, des changements s’opèrent dans les modalités relationnelles à l’autre. La plupart du temps, dès qu’un mouvement d’ouverture s’est créé, l’enfant, quand il a la chance d’être pris en charge dans un milieu adapté qui lui convient, va en quelque sorte, reprendre son évolution là où elle s’était comme figée, arrêtée, tel le petit Joachim de 4 ans qui s’est mis à parler, à jouer, à rire alors qu’il était fermé, que son visage était sévère et triste. C’est un autre enfant qui a surgi. Néanmoins, les séquelles et troubles liés à ces pathologies précoces restent présents et longtemps invalidants.

Nous terminerons en insistant sur la nécessité d’un diagnostic et d’un traitement précoces, d’un travail avec les parents, parallèlement à la prise en charge de l’enfant.


Bibibliographie

1. American Psychiatric Association.— MINI DSM-IV. Critères diagnostiques (Washington DC, 1994). Traduction française. J.D. Guelfi et al. Masson, Paris, 1996, 384.
2. Spitz R.— De la naissance à la parole (La première année de la vie), P.U.F, éd, Paris, 1968; «Le non et le Oui», P.U.F. Ed. Paris, 1962
3. Denis A.— Les états autistiques chez l’enfant et chez l’adulte en relation avec la question de l’inscription sonore. Actes de la Journée d’étude. J. Capiaux et A. Denis, 12/10/2002.
4. Ferrari P, Speranza M, Raynaud J, et al.— Actualités en psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, 2001, 188-193.
5. Mises R, Quemada N.— CIM10, classification française des troubles mentaux de l’enfant et de l’adolescent, classification internationale des troubles mentaux et du comportement (chap. V de la CIM 10 OMS) : version officielle du chapitre V de l’International Statistical Classification of Diseases and Related Health Problems (ICD 10, 1992, OMS, Genève), 3 Ed. Vanves, CTNE RHI, PUF, 1993, 237.
6. Marcelli D.— Enfance et psychopathologie. Masson Collection. Les âges de la vie, 6ème édition revue et complétée, 2000.
7. Tordjman S, Ferrari P, Golse B, et al.— Dysharmonies Psychotiques, Multiplex Developmental Disorder : Histoire d’une convergence. Psychiat Enfant, 1997, 473-504.
8. Berger M.— Les séparations à but thérapeutique, 1992.

 

 

Rev Med Liege. 2009 Oct;64(10):506-11.
[Autistic or attachment disorders? An ill-defined border]

[Article in French]

Denis C, Jacquart J, Pitchot W.

Centre de Réadaptation de l'Enfant, Liège, Belgique. creasbl@scarlet.be

We report 3 cases of 3- to 5-year-old children with symptoms suggesting an autistic disorder (language delay or absence of language, communication withdrawal and developmental delay). We believe that these cases should be preferentially interpreted in terms of attachment disorder with autistic withdrawal rather than pure autistic disorder. Their prognosis is far better than pure autistic disorders. We discuss the differential diagnosis between autistic and attachment disorders.

Source : Revue Médicale de Liège.

11/12/2009

Canada. La Maison de L'Escargot : une maison pour enfants en situation d'abandon présentant des troubles de l'attachement.

Maison l Escargot.jpgLa Maison L’Escargot du Centre jeunesse de la Montérégie s’est vu remettre le Prix d’excellence santé et services sociaux de l’Institut d’administration publique de Québec après avoir remporté, il y a un mois, le Prix d’excellence du ministère de la Santé et des Services sociaux.

 

 

La maison L’Escargot est un milieu de réadaptation conçu spécifiquement pour accueillir six enfants de moins de six ans qui présentent des troubles sévères de l’attachement et vivent une situation d’abandon par leurs parents.

 

À cause de leurs retards de développement et de leurs problèmes de conduites, ces enfants « brûlent » systématiquement les familles d’accueil où ils sont placés. Sans un milieu de vie stable, sans l’accompagnement et les nombreux services spécialisés dont ils ont besoin, c’est une spirale de déplacements et de ruptures répétées qui s’enclenche et la répercussion de problèmes pour la vie.

 

La Maison L’Escargot, unique en son genre au Canada, offre à ces enfants ce milieu de vie stable, chaleureux et sécurisant. À l’aide d’un accompagnement personnalisé et d’une intervention intensive spécialisée, les enfants de L’Escargot y reconstruisent la base de leur identité et retrouvent une capacité d’attachement suffisante pour envisager un projet de vie dans une famille. Leur institutionnalisation est ainsi évitée et ils auront plus de chances de devenir des adultes responsables.

 

Une équipe d’experts a bâti un programme d’intervention novateur qui conjugue les connaissances sur les troubles de l’attachement avec les pratiques de la réadaptation, réadaptées elles-mêmes aux tout-petits. La direction et les représentants syndicaux ont convenu de règles de travail pour favoriser une présence continue auprès des enfants. Un long démarchage a permis d’obtenir les fonds supplémentaires exigés par l’aménagement du lieu, l’accompagnement plus intensif des enfants et la panoplie de services spécialisés à leur fournir.

 

Les résultats sont maintenant bien tangibles : Trois enfants ont intégré un milieu familial permanent. Un quatrième est en intégration progressive. Ils ont tous rattrapé leurs importants retards de développement. La médication de plusieurs a été réduite. Ils ont acquis la confiance et les habiletés sociales pour entrer en relation avec leur entourage. Quatre autres enfants vivent actuellement à la Maison l’Escargot. De plus, le savoir issu de cette expérience fait boule de neige dans les milieux d’intervention et scolaires de sorte que l’intervention de pointe qui s’y fait a permis de faire avancer les connaissances et les modes de pratique au profit de nombreux autres enfants vivant ces mêmes problèmes. Enfin, la couverture médiatique positive de la Maison L’Escargot a sensibilisé la population à la situation des enfants confiés à des centres jeunesse si bien que des gens d’affaires et du milieu politique s’impliquent à la cause de cette maison peu commune.

 

Ce prix vient reconnaître le caractère novateur de la Maison l’Escargot et l’apport inestimable auprès des enfants qui en bénéficient. Il reconnaît aussi la persévérance et l’expertise du personnel du Centre jeunesse de la Montérégie et la contribution indispensable des partenaires que sont la Fondation du CJM, la Fondation Lucie et André Chagnon, les gens d’affaires de Longueuil et tous les autres donateurs issus tant du milieu politique que du grand public.

 

À PROPOS DE L’INSTITUT D’ADMINISTRATION PUBLIQUE DE QUÉBEC


L’institut d’administration publique de Québec est un organisme sans but lucratif dont la mission est de promouvoir l’excellence dans l’administration publique en encourageant les pratiques exemplaires et en reconnaissant le travail des personnes qui ont atteint de hauts standards dans ce domaine.

 

À PROPOS DU CENTRE JEUNESSE DE LA MONTÉRÉGIE


Le Centre jeunesse de la Montérégie est un établissement offrant des services spécialisés de protection, de réadaptation et d’hébergement sur l’ensemble du territoire à travers 26 points de service. Les services s’adressent à des jeunes âgés de 0 à 18 ans et à leur famille. L’établissement offre aussi des services d’adoption et de retrouvailles.


Source: Santé Montérégie.

08:45 Écrit par collectif a & a dans Troubles DSM-IV | Lien permanent | Commentaires (2) | |  del.icio.us

13/11/2009

L'attachement si difficile des enfants adoptés.

attachement si diffcile.jpgDes parents à la recherche de soins pour leurs enfants se réunissent régulièrement à Vannes (France) à l'initiative de l'association Pétales.

 


Samedi 16 janvier 2009, à 14 h 30. Réunion à Saint-Vincent Ferrier, église de Kercado à Vannes.
Renseignements complémentaires auprès de Marie-France Gicquel au 18, rue Abbé-de-La-Valière, Carentoir.
Tél. 02 99 08 93 13 ou 06 07 75 11 34.

 

L'association Pétales réunit régulièrement un groupe de paroles destiné à des parents d'enfants présentant des troubles de l'attachement. Ces enfants sont principalement adoptés mais peuvent aussi avoir été prématurés, hospitalisés à quelques mois, ou avoir souffert d'une dépression profonde de leur mère.


Ces troubles empoisonnent la vie des enfants qui en souffrent : impulsifs, manipulateurs, parfois violents, il supportent mal l'intimité, ne font confiance à personne, cherchent continuellement une place de chef ou de victime.


D'une manière générale, ces jeunes ont vécu des traumatismes liés à la négligence ou à une rupture brutale des liens avec leurs parents biologiques ou l'adulte en charge de veiller sur eux. Ils n'ont pu créer un attachement sain.


«Les amis, même notre propre famille, ne comprennent pas ce que nous vivons, pour eux il s'agit de troubles de l'adolescence. Ces enfants sont souvent adorables à l'extérieur», ajoute Marie-France Gicquel, de l'association Pétales, qui sait combien la culpabilisation est fréquente chez les parents.


Des troubles bien identifiés


La théorie de l'attachement a été développée par le pédopsychiatre anglais John Bowlby. Si les liens entre l'enfant et la mère ne sont pas construits durant les douze premiers mois de la vie de l'enfant, «son développement et son humanisation sont en péril.» écrivait-il.


Ces troubles ont été particulièrement étudiés au Québec ou en Belgique, mais pas en France.


« Les médecins ou psychologues qui prennent en compte ces troubles sont rares », souligne Marie-France Gicquel. « On nous a renvoyé au complexe d'OEdipe et proposé une thérapie familiale au risque de mettre toute la famille en danger », ajoute une dame . « On culpabilise les parents. C'est comme si pour une appendicite on décidait d'opérer toute la famille. »


Ce père adoptif lance : « Quand vous êtes amputé d'un bras, vous êtes handicapé, et tout le monde le comprend. Ces enfants sont réellement amputés d'une capacité affective, ils ne savent pas s'attacher. »


Source : Ouest-France.

 

- C'est vraiment cela le but de l'adoption ?
Le travail d'association de parents (Petales) nous amène à rencontrer, depuis 9 ans maintenant et quasi quotidiennement, des familles d'enfants présentant des troubles de l'attachement. Un gros pourcentage de ceux-ci sont des enfants adoptés. Cela fait des centaines de familles adoptives entendues nous exposer les mêmes problèmes.
Ils sont très lourds. Et il est impossible d'y aller par quatre chemins pour les exposer. Dans les familles adoptives que nous rencontrons régulièrement, il y a actuellement: plusieurs enfants en institutions psychiatriques, certains probablement pour toujours; plusieurs enfants en défense sociale; plusieurs "enfants" en prison, beaucoup à la rue ou dans toutes sortes d'errances; énormément de jeunes dans les services des SAJ; un grand nombre suivi par les juges de la jeunesse; un nombre important en risque ou tentatives de suicide; ceux qui se trouvent en échec scolaire avant une déscolarisation souvent définitive; des jeunes femmes qui font des enfants avec n'importe qui et les oublient plus ou moins en cours de route, perpétuant le cycle de l'abandon; de nombreux jeunes qui agressent physiquement leurs parents; tous ceux qui choisissent la délinquance, la drogue. Et puis, ceux qui vivent gentiment, sans déranger personne, les "résilients"qui parviennent parfois à venir jusqu'à nous, expliquer leurs souffrances.
C'est vraiment cela le but de l'adoption?
Non, ce ne sont pas "des cas particuliers et tous les autres vont bien". Non.
C'est au contraire un très gros pourcentage des enfants adoptés et c'est même tout à fait normal.
Extrait de l'éditorial de l'asbl Petales Belgique - Bulletin de liaison n°85 - décembre 2009.

 

- Témoignages. Les troubles de l’attachement : « enfant velcro », « enfant sumo », « enfant solo » : quel devenir à l’âge adulte ?
Psytoyens asbl.

13/07/2009

Royaume-Uni. Un enfant sur 15 ne réussit pas à créer des liens avec sa famille adoptive.

Number of adopted children returned to care has doubled in five years.jpgLe nombre d'enfants adoptés dont les nouvelles familles se décomposent ont doublé au cours des cinq dernières années, indiquent les nouveaux chiffres d'aujourd'hui.
Ils suggèrent que près d'un enfant sur 15 qui sont adoptés par les nouveaux parents ne parviennent pas à créer des liens avec leurs familles et finissent par retourner dans le système des soins et de placement.



Number of adopted children returned to care has doubled in five years


The number of adopted children who have been returned to care homes because their new parents cannot cope with them has doubled in the past five years.

Data obtained under the Freedom of Information Act show that the number has increased by a third in the past year alone as parents struggle with often challenging children who have suffered years of neglect or abuse in their natural families.

Going back into care after living with an adoptive family is a traumatic experience for children, and for the adoptive parents who have to accept their only chance of having a family has gone. It is also a huge cost to an already over-stretched system with the children likely to need expensive specialist care.

The increase in breakdowns comes despite a fall in the number of children being adopted. Only 4,637 children were adopted in 2007, the lowest number since 1999.

The data on breakdowns is in a survey of local authorities, conducted by More4 News and shared with The Times. More4 News will broadcast its special report tonight at 8pm.

Experts say the figures show that many children are being left to suffer at the hands of dysfunctional natural parents for too long before being taken into care by social workers. By the time they are adopted, many have severe emotional or behavioural problems.

Local authorities are not obliged to keep any data on adoption breakdowns and the vast majority of those contacted by More4 News had no figures or only partial records. However, according to the numbers kept by 92 out of 450 local authorities in England, Scotland and Wales, 57 children were returned to care in 2008-09 compared with 26 in 2004-05. If the pattern is repeated across the country, it means more than 250 children were returned to the care system last year.

The Adoption Act of 2002 was supposed to speed up adoption so that children do not have to languish in the care system for too long. However, the bigger problem may be that they are allowed to stay with their natural parents for too long before social workers remove them from their home.

Lord Laming, Britain’s foremost expert on child protection, highlighted this issue in the wake of the Baby P tragedy. He urged social workers to be far more realistic about parents’ ability to turn their lives around and to act more decisively when there are problems.

The figures are also a reflection of the changing face of adoption. Before the 1970s, most adopted children were babies born to single mothers, but today more than three quarters have been removed from their homes because of abuse or neglect. The increase in alcohol and drug abuse among parents is also a growing factor in care proceedings, with parents often being given several chances to break their habit before children are removed.

According to data provided to More4 News by the local authorities, last year only four per cent of adopted children were babies, with the majority aged between one and four. A quarter were aged between five and nine.

Adoption UK, the charity which supports adoptive families, said not enough was being done to help parents to care for a challenging child.

Jonathan Pearce, of Adoption UK, said: “The figures starkly illustrate the difficulties and complexity of modern-day adoptions from care and also highlight the lack of support for adoptive families in their challenging task of being therapeutic parents for traumatised children.”

The charity says the system is still too preoccupied with the intense and lengthy approvals process for would-be adoptive parents, rather than preparing them in advance and helping them afterwards.


Case study
‘I had naively believed in love’


Initially, the adoption seemed to be going well. But Kate discovered that Alex, whom she had adopted when the child was four, had an attachment disorder and heard voices.

“She never left my side, ever,” Kate says. “She couldn’t watch television, she couldn’t play, she didn’t want to play with other children. There was nothing that she could do by herself.”

Alex’s behaviour deteriorated rapidly and she began to torture the family cat. She tried to kill her rabbit. Social services had warned Kate that her daughter’s background was “as bad as it gets”. Alex’s natural mother was an alcoholic and a drug addict.

“I naively believed that with enough love and enough attention and security we could make it all better for her,” Kate says. “But it became a nightmare caring for a child who isn’t attached to you.”

(All names have been changed))


Source: Times. 10 juillet 2009.


One in 15 children fail to bond with their adopted families according to new figures



Numbers of adopted children whose new families break down have doubled in the past five years, new figures indicated today.

They suggest that around one in 15 children who are adopted by new parents fail to bond with their new families and end up back in the state care system.

The growth in the level of failed adoptions is the latest blow to hit the system for finding new families for children who cannot live with their own parents which has been surrounded in deepening controversy for a decade.

Only slightly over 3,000 children a year now win new families by adoption from the state care system.

Numbers have dropped despite Tony Blair's 2002 adoption law which was intended to push up adoption totals back towards the high levels of the 1970s.

Many of the children who are adopted from care are not babies but older children who have been put up for adoption by social workers only after years of failed attempts to persuade their birth parents to look after them properly.

Most have spent years in care homes or living with a succession of temporary foster parents.

The Labour adoption law did, however, open the door for more single parents and gay couples to adopt children.

The new figures, gleaned from freedom of information requests, show that 57 children were returned to the state care system in the year that ended in April following failed adoptions from 92 local authorities with children's services departments.

The figure compared with 26 in 2004/05.

It suggests that among the 300 councils with children's social services there may have been almost 200 failed adoptions last year from around 3,200 adoptions of children from the care system.

The rising numbers suggest adoption may be coming too late to help many children. In the 1970s, when there were more than 20,000 adoptions from care every year, most adoptions were of babies given up by single parents.

But generous new benefits and housing for single mothers and the growing suspicion of adoption among social workers - who have been open about their dislike of the idea of supplying childless middle class women with families - cut numbers down heavily during the 1980s.

Many couples find it hard to pass the tests set for adoptive parents, which weed out those considered too old, too unfit, those with undesirable habits like smokers, and those with undesirable views on matters like race equality.

However social workers have been anxious to attract new kinds of adoptive parents since Mr Blair's law was passed.

They have been on the lookout for more single parents, sometimes on the basis that children who have grown up with single mothers should be placed with adoptive single mothers.

A series of Roman Catholic adoption agencies have been forced to stop finding homes for children because they object to placing them with gay couples, and in May, the main state-financed adoption agency, the British Association for Adoption and Foster, was forced to apologise after a publication called opponents of gay adoption 'retarded homophobes'.

Author on adoption and the family Patricia Morgan said of the new figures: 'Adopted children themselves have often suffered repeated attempts to re-unite them with their birth parents. Many have also been recycled through many foster homes and children's homes.

'By the time they are finally adopted they can be terribly disturbed and absolutely unmanageable.'

She added: 'There is also a matter of what the adoptive home is like.

'Far more children are now being placed with single mothers. There are figures which show half of placements of older children with single mothers break down.

'There are also increasing numbers of children placed with gay couples and we don't have information on breakdown rates.'

Source: Mail Online.


Looking after Children.
It is bad news that the young are returning to the care system


The Plain English campaign’s recent complaints about the inappropriate use of language in politics has missed the main target. There is no more misleading euphemism in public policy than “looked-after children”, the new term for what used to known as children in care.

The care system in Britain is expensive and ineffective. Around 60 per cent of children in care leave school with no qualifications. They are 50 times more likely to end up in prison than their peers. Neither is there any real relationship between performance and spending. Local authorities now spend £40,000 a year for every child in care. Yet there has been almost no improvement in their educational achievement in a decade. That is why it is especially discouraging news that the number of adopted children who have been returned to the care system after a failed attempt at adoption has doubled in the past five years.

British law enshrines the laudable principle that children should be kept in their natural families. Under the Children’s Act 1989 local authorities were specifically given the task of promoting “the upbringing of children by their own families”. To uphold family life is a laudable principle. But it is not the sovereign value and more than three quarters of adopted children have been victims of abuse or neglect, usually at the hands of parents with alcohol or drug problems.

This presumption often means that children are kept in their birth family for too long. Lord Laming has also pointed out that court fees for applying to take children into care can be a deterrent, falling, as they do, on councils. The Adoption Act 2002 was expressly designed to expedite the adoption process but a 2006 government study found that delays in entering the care system still significantly reduced the chances of a viable adoption.

As a consequence, when children are finally placed in their adoptive families, their problems have been simmering for too long. Then, the support on offer for adoptive parents is inadequate. The Children (Leaving Care) Act 2000 introduced personal advisers to help care leavers to prepare for independent living. The formal system is not working well enough.

The best solution is fostering. The average cost per child in care is £774 per week. For children in residential homes the average is more than £2,000. For foster care it is just £489. The system, however, is 10,000 people short. Worse, more than 90 per cent of foster carers are over 40. Since 2007 there has been a national minimum for allowances but this has by no means been implemented universally. Forty per cent of foster carers receive no fees at all and 75 per cent are paid below the national minimum wage.

The combination of an overloaded system, recalcitrant children and inexperienced parents is not one that we should expect to work very often. In a sense it is a surprise that these disappointing figures are not worse than they are. The most important factor for a child in care is a durable attachment to a trusted adult. When this is lacking, as too often it is — one in ten children is moved nine or more times — progress is all but impossible. Philip Larkin once said that an only life can take so long to climb clear of its wrong beginnings, and may never. We have a duty of care to these children and it is not being exercised.

Source : Times.

 

Repères


- Deux enfants retournés après 6 ans à cause d'une dépression post-adoption
Six ans après avoir adopté deux garçons, Michelle Brau était incapable de créer un lien avec eux. Maintenant, ces garçons se trouvent dans une nouvelle maison. Elle aurait souffert d'une condition que plusieurs ne comprennent pas encore: la dépression post-adoption.
Publié par Kim Myung-Sook sur Fabriquée en Corée.

 

- En France, le dernier ouvrage de Catherine Sellenet Souffrances dans l'adoption résonnerait-il comme un coup de tonnerre dans un ciel serein ? Mais le firmament n’est immaculé que pour ceux qui refusent de voir les nuages qui s’accumulent depuis des années.
C’est que la rumeur enfle : il y aurait de plus en plus d’échecs d’adoption. On évoque des chiffres allant de 2 à 40 %.

 

25/12/2008

Enfant en trouble de l'attachement cherche parents

Pierre Foglia.jpgIl y a une ou deux semaines, ma collègue Katia Gagnon m'a envoyé le texte qui a été publié dimanche dans La Presse en pages 2 et 3, sous le titre Sortir de la maison hantée , texte coup-de-poing, et pourtant tout en retenue, magnifiquement illustré de ces maisons rouges et noires qui hurlent à l'évidence que l'enfant qui les a dessinées a le coeur barbouillé.

 

Dans la petite note qui accompagnait son texte, Katia me disait: tu comprends, l'idée c'est de trouver une famille à cet enfant-là, si ça te tente, on ne sera pas trop de deux à en parler.

Je vous résume. L'Escargot est une dépendance, une extension exceptionnelle du centre de jeunesse de la Montérégie. On y accueille une demi-douzaine de très jeunes enfants (de 3 à 6 ans) qui ont vécu l'enfer. On rafistole du mieux qu'on peut leurs ailes toutes brisées et au bout d'un an ou deux, quand ils recommencent à voler un petit peu, on essaie de ne pas les renvoyer dans le système.

Sont trop fragiles pour le système. Trop écorchés pour se retrouver dans un centre d'accueil ou même dans une famille d'accueil traditionnelle. Qu'importe les horreurs qu'ils ont vécues, ce qui a été touché chez ces enfants, c'est la confiance. Le reste marche plutôt bien, la tête est tout allumée, le coeur assoiffé d'amour c'en est à brailler, mais c'est les pieds : ces enfants-là avancent à tout petits pas dans un champ de mines. Tu leur dis avance, avance, c'est correct, y a pas de danger... S'ils savaient le faire, ils te répondraient en te faisant un doigt. Mon cul, oui, j'y vais pas, ça va encore me sauter dans la gueule. Ça leur a sauté dans la gueule si souvent.

Vous savez combien les psys sont observateurs, ils disent que ces enfants-là souffrent d'un trouble de l'attachement. C'est le nom officiel.

Un enfant en trouble d'attachement a besoin d'une famille où il sera le seul enfant, pas quatre ou cinq comme dans une famille d'accueil traditionnelle, encore moins un régiment comme dans un centre d'accueil. Ça lui prend un lien dont il sera certain que c'est pour l'attacher lui, pas le voisin.

L'expression couper le cordon? Eux, c'est le contraire. Il faut renouer leur cordon à une maman et un papa. Et comptez sur lui pour tirer très fort dessus pour vérifier s'il est bien attaché, si c'est solide, ce truc-là, si ça va pas lâcher à la première secousse.

La DPJ a une liste de familles pour ces enfants-là. Paraît que ce n'est pas si compliqué. Une petite blonde de 4 ans toute frisottée qui zozote un peu, ça se place comme ça, en claquant des doigts.

Un gamin de 8 ans, c'est beaucoup, beaucoup moins évident. Les gens préfèrent adopter des petits enfants, c'est encore plus vrai pour des enfants de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) .

***

Simon a 8 ans. Il est arrivé à l'Escargot, il y a deux ans, un cas très lourd, je cite Katia : «À son arrivée à l'Escargot, il passait son temps sous la table de la cuisine. Il faisait des crises. Il hurlait. Il crachait comme un petit chat enragé.»

Quand je suis allé le voir l'autre jour à l'Escargot, il s'est assis à côté de moi, dans le salon, pas effrayé ni rien. Je me suis présenté comme un monsieur qui raconte des histoires dans les journaux, veux-tu me raconter une histoire, Simon?

Non. Mais je peux te montrer des photos.

Il est allé chercher un album qu'on a feuilleté. Il y avait une photo de lui avec sa classe à l'école, je lui ai demandé comment ça allait à l'école il m'a dit : ça va trop bien.

Trop, comme s'il n'y croyait pas lui-même. Jusqu'ici, dans sa vie, l'école est sa plus grande réussite. En parlant, je faisais exprès de le toucher, la main sur l'épaule ou je le poussais avec mon coude, c'était pour voir à quelle vitesse il rentrerait dans sa coquille d'escargot, mais non, il n'avait pas peur du tout. Vous me donnez deux jours et ce gamin-là, je lui fais le coup du grand monstre des rutabagas en lui disant que si je t'attrape, je te mange les oreilles, combien on parie qu'il se sauve en riant comme un fou?

Je ne me rappelle plus la couleur de ses yeux, mais c'est pas bleu. Il a les cheveux courts. Parlant de ses oreilles, elles sont un peu grandes, mais il n'a pas l'air pour autant d'un éléphant, il a l'air d'un gamin de 8 ans.

C'est son problème, trop vieux pour l'adoption, trop vieux aussi pour l'Escargot.


Enfant cherche parents.


En 35 ans de chronique, j'ai essayé de vous refiler 12 000 chats, quelques chiens, un perroquet, trois lapins. Un enfant, c'est la première fois.

L'Escargot est une maison comme une autre dans un quartier résidentiel de la Rive-Sud, mais ce n'est pas une ressource comme une autre. Une éducatrice par enfant ou presque, des services extrêmement pointus, on sort de là en se disant que dans leur grand malheur, ces enfants-là ont de la chance de pouvoir compter sur un sanctuaire aussi providentiel, une ressource de pays riche, mais pour une fois que ça sert à quelque chose d'être riche, youpi, on se sent moins pourri comme société riche que d'habitude.

Reste que cette ressource a ses limites et c'est là qu'est rendu Simon, à la limite de la ressource.

Savez comme nous sommes prompts, nous les citoyens, à déplorer à propos de tout et de rien l'absence de volonté politique. Ici, c'est clair, le politique a fait ce qu'il avait à faire. L'institutionnel si souvent dénoncé a fait son job, plutôt magnifiquement, même.

C'est maintenant aux gens de bien de prendre Simon par la main.


Qu'est-ce que l'Escargot?


C'est une ressource du centre jeunesse de la Montérégie, une maison qui accueille six enfants de moins de 8 ans. Ces enfants ont été sévèrement maltraités ou négligés, à tel point qu'ils ont conçu un trouble de l'attachement, une maladie répertoriée dans les manuels de psychiatrie. Comme ils n'ont pas pu créer avec leurs parents ce lien d'attachement primordial, ils ont beaucoup de difficulté à faire confiance à un adulte. Ils craignent par-dessus tout d'être rejetés. Dans le quotidien, ce sont des enfants très difficiles, que la plupart des familles d'accueil ont été incapables de garder. C'est pourquoi on a créé, pour eux, cette nouvelle ressource, qui existe depuis maintenant trois ans. Les enfants qui l'ont fréquentée depuis 18 ou 24 mois ont tous vu leurs comportements et leur état psychologique s'améliorer grandement. Certains sont maintenant prêts à faire la transition vers une vraie famille. Ils continueront cependant à voir leurs parents biologiques sur une base régulière.


Source : Cyberpresse.

02/08/2008

Attachement et adoption. Deborah D. Gray.

attachement-adoption.jpgEditions : De Boeck Université.
Collection : Parentalités

 

Description



Ce livre de Deborah D. Gray est avant tout destiné aux parents adoptifs et d’accueil et leur présente d’une façon claire les différentes étapes du développement de tout enfant, puis explique comment ces étapes peuvent être parcourues quand l’enfant a vécu l’abandon par sa maman de naissance. Il fourmille de conseils pratiques et de suggestions, le tout reposant sur des bases théoriques solides concernant l’attachement, le développement et les traumatismes précoces. Des sujets tels que les traumatismes, le deuil, les troubles de l'attachement, l'âge émotionnel par rapport à l'âge chronologique, les changements culturels, l'origine ethnique, l'exposition prénatale à l'alcool et aux drogues, mais aussi comment obtenir des diagnostics, identifier les défis familiaux et y faire face, former un cercle de soutien autour de la famille, rencontrer et travailler avec des professionnels de la santé mentale, sont abordés pour permettre aux parents d'évaluer le développement psychoaffectif de leur enfant, les défis particuliers de leur famille et comment permettre à leur enfant de développer son plein potentiel.

Attachement et adoption est préfacé par Cécile Delannoy, maman adoptive et auteur de Au risque de l’adoption (La Découverte, Paris, 2006), bien connue en France pour son engagement et son soutien des parents adoptifs en difficulté et par Johanne Lemieux, maman adoptive et travailleuse sociale, qui a développé au Québec depuis plus de 10 ans l’Adopteparentalité© méthode biopsychosociale d’accompagnement des familles adoptives.



Préface



Comme aurait dit Magritte, au mépris de l’évidence, ceci n’est pas un livre… Ce n’est pas un livre, c’est un guide quotidien pour parents affrontés à la dure réalité d’un enfant qui ne parvient pas à s’attacher à eux avec confi ance, sérénité, sécurité. Un guide comme en ont les jeunes parents qui élèvent leur premier nourrisson et qui doivent apprendre tous les gestes, comment le changer, que faire quand il pleure, quand peut-on introduire du jaune d’oeuf ou une croûte de pain… On le parcourt – la table des matières, puis quelques pages de ci de là – pour savoir ce qu’on y trouvera, et ensuite on le consulte autant que de besoin. Jusqu’à ce qu’il tombe en miettes, pages arrachées, bords écornés ou jaunis, couverture décollée…

C’est un livre pour parents adoptifs, ce n’est pas un livre pour professionnels en quête d’informations solides sur la théorie de l’attachement. Non que l’auteur la connaisse mal ! … Elle en est assez imprégnée pour y faire référence presque à chaque page. Mais son but, son talent, sa vocation, ce n’est pas d’exposer une théorie à des professionnels et de les convaincre de l’intérêt ou de la justesse de cette théorie. Elle ne l’expose pas de manière structurée, ne la discute pas, ne l’argumente pas. C’est pour elle une toile de fond, un contexte évident. Et pour les parents qui reconnaîtront leur enfant dans telle ou telle des nombreuses vignettes qui illustrent ce guide, l’évidence sera la même… Les parents plus exigeants en matière théorique – et bien entendu les professionnels de l’enfance – qui voudraient en savoir plus sur l’attachement peuvent se référer à d’autres ouvrages : Le petit livre d’Antoine et Nicole Guedeney, L’attachement (Masson, 2002), le gros livre de Blaise Pierre Humbert, Le premier lien, théorie de l’attachement (Odile Jacob, 2004), ainsi que l’ouvrage de Peter Fonagy, Théorie de l’attachement et psychanalyse (Erès, 2004), qui confronte théorie freudienne et théorie de l’attachement en soulignant les points de désaccord mais surtout les lignes de convergence possibles. Et ils reviendront peut-être vers Deborah Gray pour habiller la théorie de réalités charnelles, vécues, quotidiennes.



Extraits


- Préface de Cécile Delannoy.

- Avant-propos de Johanne Lemieux, travailleuse sociale au Québec.

- Introduction. Équiper les parents des enfants à risque de problèmes d’attachement.

- Chaptire 1. Qu’est-ce que l’attachement et pourquoi est-ce si important ?
  Qu’est-ce qu’un attachement normal et sain ?
  Le cycle de l’attachement
  Qu’est-ce qui interrompt l’attachement ?

Extraits chapitre 4. Réactions de deuil des enfants.
   Rôle des parents en assistant les enfants dans le deuil
   Retrait affectif
   Irritabilité et comportements d’opposition
   Pourquoi les parents sont-ils en deuil ?
   Deuil non résolu lié au vécu de l’enfance

- Extrait chaptitre 7. Autres complications pour l’attachement.
  Syndrome d’Asperger.

 

* * *

Do the terms RAD and Attachment Disorder mean anything to you ?

With so much time and attention given to adoption-studies and the new-age labeling of RAD given to adopted children, I think it's only natural for adult adoptees to seek new information relating to a disorder that focuses on an adoptee's ability/difficulty achieving fulfillment and security through close personal  relationships.
Pound Pup Legacy - Kerry