Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

06/07/2008

Psychologies.com - Réponse d'expert : Claude Halmos, psychanalyste

ClaudeHalmos.jpg... ... ...  Devons-nous envoyer en internat notre fille adoptive, qui vole et qui ment ?
Nous avons adopté, il y a quatre ans, une enfant roumaine de 8 ans. Très vite, elle a présenté des « troubles de l'attachement » (vols, mensonges, violence). Notre famille est malmenée.
Le pédopsychiatre qui la suit depuis trois ans préconise l'internat. Aidez-nous.

Paule - Grenoble




La réponse de Claude Halmos



Votre lettre, Paule, m'a fait me poser beaucoup de questions. Non pas par rapport à vous, mais par rapport aux professionnels qui s'occupent de votre fille.

Cette enfant en effet a déjà subi, à 12 ans, plus de traumatismes graves que bien des adultes. Elle a vécu la perte de ses parents biologiques ; connu les orphelinats roumains, dont on sait qu'ils ne sont pas des modèles d'humanité, l'arrachement à la langue qui a été celle de ses premières années et enfin l'arrivée dans une famille qu'elle ne connaissait pas. Vous étiez prêts à l'aimer ? Certainement. Mais pensez-vous qu'avec une histoire pareille, un enfant puisse encore croire un adulte et lui faire confiance ? Elle s'est mise à mentir, voler et se montrer violente ? Cela n'a rien d'étonnant. Elle ne fait que reproduire ce qu'on lui a fait.


La vie lui a volé ses « parents de naissance ». On lui a sans doute menti plus souvent qu'à son tour. Quant à la violence, outre celle inhérente à sa situation, les orphelinats roumains n'en sont pas exempts… Or, au lieu d'écouter sa souffrance (et la vôtre), on pose un diagnostic déshumanisé : « troubles de l'attachement ». On vous conseille d'ignorer ses provocations et, pour vous protéger, de la mettre en pension, c'est-à-dire de lui faire vivre un nouvel abandon.


Mais comment n'aurait-elle pas des difficultés à s'attacher ? Qui s'est attaché à elle ? Qui s'est préoccupé de ses attachements de bébé ? Un enfant adopté, Paule, arrive dans sa famille adoptive avec son histoire et il la répète toujours. Il faut donc d'abord aider ses parents adoptifs à comprendre qu'ils ne sont pas en cause. Leur donner les moyens d'analyser ce que suscite chez eux l'attitude de l'enfant. Et faire avec eux et ce dernier un travail pour décrypter ses comportements de façon à pouvoir reconstituer son passé, le lui restituer et lui permettre de le dépasser. C'est-à-dire de retrouver la force de prendre à nouveau le risque d'aimer.


Source : Psychologies.com

 

 

En savoir plus sur les troubles de l'attachement

 

->  Troubles de l'attachement.
Johanne Lemieux, travailleuse sociale, Québec, Canada.

->  Touchez pas à mon coeur.
Johanne Lemieux, travailleuse sociale, Québec, Canada.

->  L'histoire de Marie. Johanne Lemieux.
Johanne Lemieux, travailleuse sociale, Québec, Canada.

->  Guide de traitement des troubles sévères de l'attachement
Niels Peter Rygaard, psychologue. Danemark.

->  Les enfants adoptés sont-ils plus fragiles que les autres ?
Si la plupart vont bien, l'étude "The Mental Health of US Adolescents Adopted in Infancy" met en évidence un peu plus de troubles du comportement, d'anxiété et de dépression que chez les non-adoptés.
Le Figaro

->  Enfants adoptés, l'envers du décor. La première enquête française sur les ratés de l'adoption.
Revue La Vie

17/06/2008

Des enfants adoptés, déracinés et qui souffrent.

Parents, éducateurs, spécialistes sont déconcertés par les « troubles de l'attachement » qui s'emparent de certains enfants adoptés. L'association Petales fédère et soutient les parents concernés.

 

C'était un gamin enjoué, peu avare de risettes au temps du berceau. Et puis, les années passant, sa métamorphose comportementale s'est accomplie. Il est devenu impulsif, accaparant, incapable de contrôler ses humeurs et ses pulsions.

Manipulateur, parfois violent - envers les autres mais aussi envers lui-même - le gosse adorable d'hier s'est mué en un « empoisonneur » dont parents et éducateurs ont un mal fou à comprendre et gérer les écarts de conduite, à la maison, à l'école ou, plus tard, au travail.

Les pédopsychiatres qualifient de « troubles de l'attachement » cette pathologie qui survient au cours des deux ou trois premières années de la vie. Elle concerne, pour une très large part, des enfants adoptés.

D'une manière générale, des jeunes qui, pour des causes diverses (naissance prématurée, hospitalisation de la mère, séparation des parents...), ont mal vécu une rupture avec leurs parents biologiques.

 

Une réunion interrégionale à Angers.

 

L'association Petales France (1) connaît le problème : 95 % de ses centaines d'adhérents sont des parents adoptifs. Elle organise, le 21 juin, à Angers, une réunion interrégionale sur ce thème douloureux. Elle aura lieu de 13 h 30 à 17 h, au parc de loisirs du lac de Maine.

« Pour l'instant, hélas, il n'y a pas de solutions pour ces enfants qui souffrent », commente la Bretonne Marie-France Gicquel, en évitant pudiquement d'entrer dans les détails de son drame personnel.

La « théorie de l'attachement », dont elle relaye les principes pour aider les autres à mieux comprendre, c'est le pédopsychiatre anglais John Bowlby, mort en 1990, qui l'a établie.

« La construction des premiers liens entre l'enfant et la mère répond à un besoin biologique fondamental, écrivait-il. Et, s'ils ne sont pas construits durant les douze premiers mois de la vie de l'enfant, son développement et son humanisation sont en péril. »

Des carences affectives précoces, des traumatismes liés à la négligence ou à une rupture de ces premiers liens gomment donc chez l'enfant « le sentiment de baigner dans un environnement favorable et protecteur » et font émerger chez lui, a contrario, l'idée d'un abandon.

Du coup, explique Marie-France Gicquel, « on assiste chez lui à d'étonnantes métamorphoses. Il fabule. Il ment. Il provoque parfois des punitions en jouant aux victimes. Il est capable de violences et d'automutilations. Les éducateurs, qui s'interrogent sur la signification de ces comportements, ont souvent tendance à incriminer les parents, sans connaître les drames intérieurs que ceux-ci vivent, impuissants... »

Les groupes d'entraide de Petales France s'évertuent à briser justement l'isolement des parents. La réunion d'Angers contribuera à rechercher des solutions susceptibles de déboucher sur des soins adaptés aux enfants. Faute, aujourd'hui, d'une thérapie efficace.

 

(1) Le sigle "Petales" signifie Parents d'enfants présentant les troubles de l'attachement : Ligue d'entraide et de soutien.
Contact : www.petalesfrance.fr/index.html ; BP 50 132, 02303 Chauny Cedex ; tél. 03 23 39 54 12.

 

Sources : Ouest France. Vitré et sa région.


Sur le même sujet


-> Les enfants adoptés sont-ils plus fragiles que les autres ?
Etude "The Mental Health of US Adolescents Adopted in Infancy."

-> Troubles de l'attachement.
 Meanomadis.

-> L'histoire de Marie.
Meanomadis.

-> Touchez pas à mon coeur.
Meanomadis.

12/06/2008

De graves problèmes chez les enfants adoptés d'origine roumaine aux Pays-Bas.

UniversiteitUtrecht.jpgErnstige problemen bij Roemeense adoptiekinderen in Nederland

 

Roemeense adoptiekinderen ervaren ernstige problemen in ontwikkeling en gedrag.
Het is voor ouders en leerkrachten moeilijk om hier goed mee om te gaan, en om geschikte hulpverlening te vinden. Dat concludeert promovenda Kathinka Rijk.

 

Roemeense adoptiekinderen in Nederland zijn in de periode vóór hun adoptie blootgesteld aan (ernstige) verwaarlozing in de Roemeense kindertehuizen. Dit heeft ingrijpende gevolgen voor hun ontwikkeling en gedrag. De Rijk volgde voor haar onderzoek 80 kinderen. Van deze kinderen laat ongeveer de helft gedragsproblemen zien in een mate dat professionele hulpverlening geadviseerd wordt. Deze problemen nemen weinig tot niets af over een periode van vijf jaar. Het percentage kinderen in het speciaal onderwijs (47%) is veel hoger dan normaal.

 

De problemen die de kinderen ervaren, vormen voor de adoptieouders een extra uitdaging in de opvoeding. Ondanks deze zwaardere belasting, lijken de ouders de opvoeding over het algemeen goed aan te kunnen. De ouders geven aan dat ze in de opvoeding een warme en accepterende houding aannemen, en dat een zeer consequente en gestructureerde aanpak het beste is voor deze kinderen. Ze blijken het wel moeilijk te vinden om adequate hulpverlening te vinden voor de complexe en specifieke problemen van hun kind.

 

Ook de leerkrachten en hulpverleners benadrukken het belang van een warme, extreem gestructureerde en consequente aanpak. Sommigen van hen worstelen met het feit dat ze weinig kennis hebben over de effecten van verwaarlozing. Kathinka Rijk benadrukt dat adoptieouders van verwaarloosde kinderen en andere direct betrokkenen goed begeleid moeten worden.

 

Promotie : 13-06-2008, 10:30 uur, Academiegebouw, Domplein 29, Utrecht.
 
Kathinka Rijk, Sociale Wetenschappen
Proefschrift: Coping with the effects of deprivation 
Promotor 1: Prof.dr. W. Koops 
Copromotor 1: Prof.dr. R.A.C. Hoksbergen 


Bron : Universiteit Utrecht, Nederland

 

- Adoption of Romanian children in the Netherlands: Behavioral problems and parenting burden of upbringing for adoptive parents. (2004)
René A. C. Hoksbergen, Jan Ter Laak, Cor van Dijkum, Kathinka Rijk.
Igitur Archief Universiteitsbibliotheek Utrecht.

 

- Adoptie van Roemeense kinderen in Nederland : gedragsproblemen van kinderen en opvoedingsbelasting voor adoptieouders. (2002)
René Hoksbergen, Felici Stoutjesdijk, Kathinka Rijk & Cor van Dijkum.

 
Abstract
 
This is the first report of the second part of a longitudinal study of adopted children born in Romania. Seventy two Dutch adoptive parents, who adopted 80 Romanian children, filled in the Child Behavior Checklist (CBCL) and ‘The Nijmegen child earing questionnaire’ (NVOS). They also participated in a semi-structured interview (respons 83%). Of the adoptees scored on Total Problems 36% and on the Externalizing dimension 34% in the clinical range of the CBCL. They frequently scored clinical for ‘Attention problems’, ‘Thought problems’ and ‘Social problems’. A significant number of children who were two years or older at placement and less than five years in the adoptive family scored in the clinical range on almost all CBCL yndromes. The CBCL-scores predicted for 56% of the mothers who filled in the NVOS and for 51% of the fathers, the positive or negative judgement of family-stress.
 
Source : Pedagogiek. 2002, vol. 22, no1, pp. 55-69

 

- Adoptieouders, zwaar belaste ouders ?
René Hoksbergen, Felici Stoutjesdijk, Kathinka Rijk & Cor van Dijkum.
Pedagogiek. 2002, vol.22, n°4, pp. 338-354

 


Résumé
 
  
Les enfants adoptés roumain rencontrent de graves problèmes de développement et de comportement. Il est difficile pour les parents et les enseignants de s'y prendre avec eux et de trouver une assistance appropriée. C'est la conclusion de Kathinka Rijk, candidate au doctorat.

 

Ls enfants roumains adoptés aux Pays-Bas dans la période précédant leur adoption ont été exposés à des abandons et négligences (graves) dans les orphelinats roumains. Ceci a des conséquences profondes sur leur développement et leur comportement. Rijk a mené son enquête sur 80 enfants. De ces enfants, la moitié montrent des problèmes de comportement de telle sorte qu' une aide professionnelle est conseillée. Ces problèmes ne diminuent peu ou pas sur une période de cinq ans. Le pourcentage d'enfants dans l'enseignement spécial (47%) est beaucoup plus élevé que la normale.

 

Les problèmes que ces enfants rencontrent, forment un défi supplémentaire pour les parents adoptifs en matière d'éducation. Malgré la lourde charge, les parents semblent en générale se débrouiller avec l'éducation. Les parents indiquent qu'ils adoptent une attitude chaleureuse et tolérante dans l'éducation, et qu'une approche très cohérente et structurée est la meilleure pour ces enfants. Toutefois, ils semblent  éprouver des difficultés à trouver une aide adéquate pour surmonter la complexité et des problèmes spécifiques de leur enfant.

 

Les enseignants et les équipes soignantes aussi soulignent l'importance d'une approche chaleureuse, très structurée et cohérente.
Certains d'entre eux ont du mal avec le fait qu'ils ont peu de connaissances sur les effets de l'abandon. Kathinka Rijk souligne que les parents adoptifs d'enfants abandonnés et autre parties concernant doivent être bien accompagnés.

 

 

- Ce n'est pas nouveau

 

En particulier, les enfants adoptés à l'étranger présentent une problématique psychosociale plus importante que les enfants non-adoptés. (Feigelman, 2000; Haugaard, 1998; Hoksbergen, 1996; Moore & Fombonne, 1999; Peters, Atkins & McKernan McKay, 1999; Stams, 1998; Wierzbicki, 1993).

- Feigelman, W. (2000). Adjustments of transracially and inracially adopted children. Child and Adolescent Social Work Journal, 17, 165-184.
- Haugaard, J.J. (1998). Is adoption a risk factor for the development of adjustment problems? Clinical Psychology Review, 18, 47-69.
- Hoksbergen, R.A.C. (1996). Traumabeleving door geadopteerden. Tijdschrift voor Orthopedagogiek, 35, 279-293.
- Moore, J.M., & Fombonne, M.D. (1999). Psychopathology in adopted and non-adopted children: A clinical sample. American Journal of Orthopsychiatry, 69, 403-409.
- Peters, B.R., Atkins, M.C., & McKernan McKay, M. (1999). Adopted children’s behaviour problems: A review of five explanatory models. Clinical Psychology Review, 19, 297-328.
- Stams, G.J.J.M., Juffer, F., Rispens, J., & Hoksbergen, R.A.C. (1998). Give me a child until he is seven. The development and adjustment of children adopted in infancy. Part I: a comparative study. In G.J. Stams.(red.), Give me a child until he is seven. A longitudinal study of adopted children, followed from infancy to middle childhood (pp. 113-159). Diss. Universiteit Utrecht.
- Wierzbicki, M. (1993). Psychological adjustment of adoptees. Journal of Clinical Child Psychology, 22, 4, 447-454.

 

- Adolescents adoptés et troubles du comportement : Perspectives psychopathologiques (2007)
Alexandre BEINE, Eric CONSTANT, Serge GOFFINET

Résumé

A l'adolescence, les enfants adoptés sont plus fréquemment orientés vers des services de soins psychiatriques ambulatoires ou hospitaliers. Ils souffrent davantage de troubles du comportement que leurs contemporains non adoptés. Cette observation semble indiquer l'existence de processus psychopathologiques particuliers à la situation d'adoption. Cet article se propose d'en discuter les principales hypothèses étiologiques. Il aborde ainsi la théorie de l'attachement à la lumière des observations cliniques, les hypothèses systémiques concernant la révélation de l'adoption par les parents adoptifs et l'application spécifique au statut d'adopté des réflexions psychanalytiques sur la subjectivation adolescentaire.

Acta psychiatrica Belgica  




- Adolescence et adoption (2007)
Daniel Gorans , Pédopsychiatre, chef de service, SHIP, hôpital Saint-Jacques, 85, rue Saint-Jacques, 44093 Nantes Cedex 1.

Résumé   Summary 

L’adoption est une filiation particulière qui comporte des risques à moyen terme. L’adolescence de l’enfant adopté est parfois l’occasion d’accidents relationnels. À partir de ce qui est observé depuis quelques années dans un service d’hospitalisation pédopsychiatrique, vignettes cliniques, description de facteurs de risque et hypothèses sur leurs mécanismes d’action sont évoqués.

L'Information Psychiatrique. Volume 83, Numéro 5, 377-81, Mai 2007, Adoption

 

15:40 Écrit par collectif a & a dans Troubles DSM-IV | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : kathinka rijk, utrecht, adopté, roumain | |  del.icio.us

15/02/2008

Petales s’ouvre à Victoriaville. Pour ces enfants «handicapés du cœur»

Petales Québec, joli acronyme pour évoquer les Parents d’enfants présentant des troubles de l’attachement, ligue d’entraide et de soutien, s’implantera à Victoriaville. Il s’agit du premier bureau qu’ouvre l’association en région, elle qui n’est actuellement présente qu’à Montréal et à Québec.


Deux mamans d’ici, Danielle Perreault et Julie Morneau, ayant toutes deux eu besoin de l’association pour leurs fillettes adoptives, travaillent activement à rendre ses services accessibles aux parents des Bois-Francs.

 

L’assemblée de fondation du bureau victoriavillois a lieu le samedi 1er mars à 13 heures, à la Maison des familles située au 86, rue St-Paul à Victoriaville.

 

La présidente de Petales Québec, Danielle Marchand, participera à cette rencontre pour expliquer la mission de cet organisme que des parents québécois ont importé de Belgique où il avait été créé en 2001.


 
«Handicapés du cœur»

 

On y parlera bien sûr des enfants présentant des troubles de l’attachement, de ces petits «handicapés du cœur» comme les désigne Petales.
Plus ou moins sévères, se manifestant de diverses manières, les troubles de l’attachement surviennent en raison d’une ou de coupures du lien affectif du bébé avec ses parents, avec sa maman surtout, dit-on.

 

Diverses circonstances peuvent rompre ces précieux liens affectifs. Un bébé séparé de sa mère parce que né prématurément, un accident, une maladie, une dépression post-partum, un traumatisme, de la négligence, un abandon, tout cela risque de fragiliser, voire de détruire ces liens d’attachement dont l'enfant a besoin pour construire ses relations au monde.

 

Et ces mauvais départs dans la vie ont des conséquences plus ou moins graves sur l’enfant, allant jusqu’à des troubles sévères parfois irréversibles. Les troubles de l’attachement peuvent aussi induire des difficultés d’apprentissage et de comportement. Toute la famille et l’environnement de l’enfant (garderie, école) en sont évidemment affectés.

 

Danielle et Julie racontent comment elles ont découvert que leurs petites filles, l’une originaire d’Haïti, l’autre de la Chine, étaient affligées de ce genre de troubles, de ce «bobo au cœur», comme elles disent.

 

Un sujet tabou

 

Les enfants adoptés sont plus à risques de développer des troubles de l’attachement, expliquent-elles. Ça a été le cas de la deuxième fille adoptive de Julie, la première, une autre petite Chinoise, pourtant adoptée elle aussi, n'a pas développé ce genre de problèmes.
«Elle se débattait quand on voulait lui donner son biberon, elle avait des terreurs nocturnes. Plus tard, elle voulait tout faire toute seule, elle n’avait qu’une relation «utilitaire» avec moi. Elle ne me faisait pas confiance», se rappelle Julie.

 

Danielle était déjà la mère biologique d’un petit garçon avant d’adopter sa fillette. Bien sûr, elle se rappelle l’air effrayé du bébé quatre mois et demi qu’elle tenait sur elle dans l’avion l’amenant d’Haïti. Pendant de longs mois, Danielle s’est inquiétée du comportement étrange de sa fille, allant jusqu'à douter de ses capacités d’être mère. «J’étais déboussolée, je ne sentais pas que j’étais pour elle sa mère à 100%. Je ne sentais aucun investissement affectif de sa part. Un jour, alors que je la tenais et que je pleurais, ce qui aurait fait craquer mon garçon, elle m’a regardée, et sans aucune émotion, m’a tapoté l’épaule en me disant «Pauvre p’tite maman!»»

 

Danielle et Julie ont frappé à bien des portes afin de trouver de l’aide…

 

Mais, disent-elles, il n’y a pas vraiment ici de services spécialisés pour ce genre de troubles. Même que, ajoutent-elles, les troubles de l’attachement auxquels se confrontent des parents adoptants ou même des parents biologiques sont encore mal perçus.

 

«Il y a d’ailleurs un tabou autour de ces problèmes. Les troubles d’attachement sont perçus comme des échecs dont on préfère ne pas parler. Et puis, bien des parents craignent d'être jugés», dit Julie.

 

Un groupe de soutien

 

Depuis un an, toutes deux font partie du groupe de soutien né sous l’aile de l’association Parents-ressources des Bois-Francs à la suite de la conférence de la travailleuse sociale Joanne Lemieux, spécialiste au Québec en adoption internationale.
Et c’est au cours des discussions entre parents, notamment sur la question des troubles de l’attachement qu’on a cru bon démarrer ici l’association Petales Québec.

 

La ligue s’ouvre tout autant aux parents adoptants qu’aux parents biologiques, aux parents qui se questionnent, aux grands-parents qui veulent comprendre, aux familles d’accueil, aux éducatrices en garderie et en milieu scolaire, aux professionnels de la santé, enfin à tous ceux qui vivent ou travaillent avec des enfants ayant des troubles de l’attachement.

 

L’association offre une diversité d’activités : des rencontres d’échanges et de soutien, des ateliers de formation, des conférences, de l’accompagnement aux parents cherchant de l’aide dans les milieux scolaires ou de santé, même une ligne d’écoute et d’information. «Parce que les troubles de l’attachement sont bien mal connus, le monde scolaire, entre autres, n’a pas vraiment développé de plans d’intervention pour ces enfants souvent inquiets et anxieux», précise Julie.

 

«Si la rentrée scolaire est parfois difficile, elle peut rendre complètement dysfonctionnel un enfant qui a des troubles d’attachement», ajoute Danielle.

 

Petales cherche, par ailleurs, à développer des services cliniques, à prévenir les troubles. Elle se présente aussi comme un groupe de pression. «Chez Petales, on offre du soutien et des références, parce que nous ne sommes pas des thérapeutes», précise Julie.

 

Une fois que la section victoriavilloise aura été créée, les deux mamans veulent aller à la rencontre de l'équipe de base en santé mentale jeunesse pour faire connaître Petales. «On se réjouit d'ailleurs de la création de cette équipe», souligne Julie

 

La ligne d’écoute, ce sont Danielle (819 758-1737) et Julie (819 357-4838) qui ont accepté de la tenir. Il faudrait d’ailleurs communiquer avec elles avant le 25 février si l’on veut participer à l’assemblée de fondation du bureau victoriavillois de Petales. On peut aussi se renseigner sur l’organisme au http://www.petalesquebec.org/.

 


Source : La Nouvelle Union

31/01/2008

Cahier Labiso n°85 - Présentation de l'asbl Pétales

9a7265b488b32941a28336c240d55451.jpg

L’asbl Pétales regroupe des parents soucieux de faire connaître et reconnaître la problématique des troubles de l’attachement. Cette association belge, créée en 2001, regroupe plus de soixante familles adhérentes et des dizaines d’autres sympathisantes. Elle est présente dans toute la partie francophone du pays et à Bruxelles.

 

Cahier en ligne sur : Labiso


 Autres associations

- En Belgique néerlandophone : Wat nu ?
- En France : PETALES France
- En Hollande : De Knoop
- Au Québec : PETALES Québec 

10:05 Écrit par collectif a & a dans Troubles DSM-IV | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : troubles de l'attachement, Petales | |  del.icio.us

25/12/2007

Un diplomate néerlandais accusé d'abandonner sa fille adoptée

Jade.jpgRaymond Poeteray, le vice-consul des Pays-Bas à Hongkong, fait les titres de la presse asiatique et néerlandaise. L’opinion lui reproche d’avoir abandonné Jade, sa fille adoptive de 8 ans. Cette petite Sud-Coréenne a été adoptée à l’âge de 4 mois, alors que Meta Poeteray, la femme du diplomate, se croyait stérile. Après l’adoption, elle a mis deux garçons au monde. Selon le South China Morning Post, un quotidien hongkongais qui a largement couvert le choc provoqué par cette nouvelle dans la communauté sud-coréenne, le couple aurait décidé de se séparer de Jade en 2006, lorsque l’enfant a manifesté des troubles du comportement. «Nous n’avons jamais voulu nous débarrasser de notre fille», rectifie Raymond Poeteray.

 

«Contact».

«Jade, l’enfant jetable», a titré De Telegraaf, le plus grand quotidien néerlandais. Rappelé à La Haye le 17 décembre pour une séance d’explication aux Affaires étrangères, le diplomate, en poste à Hongkong jusqu’à la mi-2008, nie tout abandon. «Nous subissons tous un sérieux traumatisme», a t-il indiqué le 13 décembre dans un communiqué. Selon lui, sa fille souffre d’une forme sévère «d’angoisse de l’attachement». «Il nous a toujours paru très difficile d’établir un contact réel avec elle.»

 

Selon des sources proches de l’ambassade de Corée du Sud à Hongkong, le couple aurait aussi expliqué que Jade ne s’est jamais faite à sa nourriture, pas plus qu’à la «culture néerlandaise».

 

Courant 2006, des assistants sociaux et l’organisation Mother’s Choice ont recommandé de placer Jade dans une autre famille, de manière temporaire. «Les spécialistes ne sont pas certains que Jade pourra nous retrouver, précise le père adoptif. Nous espérons que si et ferons tout notre possible pour trouver une solution afin que Jade puisse être heureuse dans sa vie.» Fernando Cheung, un député de Hongkong, affirme de son côté que la fillette est «normale et en parfaite santé, sous la garde de ses parents actuels».

 

Nationalité.

Pour compliquer le tout, Jade n’a pas été naturalisée néerlandaise. Elle n’est pas non plus une résidente de Hongkong. De nationalité sud-coréenne, elle parle le néerlandais, l’anglais et le cantonais. Son sort reste pour le moins incertain. Hilbrand Westra, président de l’antenne néerlandaise de United Adoptees International, une organisation pour enfants adoptés, rappelle que ce ne serait pas la première «adoption ratée». Dans la mesure où Jade parle néerlandais, il suggère une solution «morale et éthique» : qu’elle soit prise en charge par l’employeur de son père, l’Etat néerlandais. «Formellement, nous n’avons pas de responsabilité, indique un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.C’est une question privée et à notre connaissance, rien d’illégal ne s’est produit.»

 

Toute l’affaire, cependant, a relancé le débat sur l’adoption internationale en Asie. Des responsables politiques, en Corée du Sud, ont demandé son interdiction. Aux Pays-Bas, plus de 90 % des 1 300 enfants adoptés chaque année sont étrangers. Sur ce total, 60 % viennent de Chine, et sont des filles.

 

Source : Libération


Sur le même sujet

 

-> Adoptie mislukt. Diplomatenpaar geeft kind terug

Ze zou zich niet kunnen aanpassen aan de Nederlandse cultuur, inclusief de eetgewoonten. In Hongkong en Nederland is grote ophef ontstaan over een Nederlands diplomatenechtpaar dat het zevenjarige geadopteerde dochtertje om deze reden weer zou hebben afgestaan. Het meisje werd door het echtpaar geadopteerd toen ze vier maanden oud was.
Wereldomroep

-> Diplomat 'dumped his adopted child because she did not fit in'
A diplomat accused of “dumping” his adopted daughter flew home yesterday after triggering a row about the ethics of Europeans adopting Asian children.
Times online

-> Dutch diplomat gave up adopted girl on medical advice
A Dutch diplomat who caused an uproar when he returned an adopted Korean girl after seven years said he did so on medical advice because she had such severe problems fitting into the family.
Reuters

-> Diplomatenpaar reageert op rel rond adoptiekind
De Nederlandse consul Raymond Poeteray en zijn vrouw Meta reageren vanuit Hongkong op de rel rondom hun zevenjarige adoptiedochter Jade.
In Hongkong spreken de media schande van het diplomatenpaar Poeteray. Heel Azië sprak schande van het feit dat de familie Poeteray het Zuid-Koreaanse meisje had ‘gedumpt’ en teruggegeven omdat ze ‘onaangepast was en niet mee kon komen met het Hollandse gezinsleven’.
Elsevier

-> 'Onze dochter is ziek'
"Onze dochter is ziek, daarom hebben we afscheid moeten nemen." dat zegt het Nederlandse diplomatenechtpaar in een verklaring over de uithuisplaatsing van de geadpoteerde Jade.
De Telegraaf

-> Rupture d'adoption est une option!
Si vous croyez que l'histoire du couple qui retourne leur fille adoptive après sept ans est un cas isolé, détrompez-vous!
Fabriquée en Corée


-> Mes commentaires sur l'affaire Jade et les autres cas de rupture d'adoption. Selon les articles, l'histoire de Jade a alimenté la colère parmi la communauté coréenne qui critique le couple néerlandais pour avoir renoncé à la garde de leur fille adoptive sept ans plus tard, après avoir négligé le processus de naturalisation.
Fabriquée en Corée

-> Adoption Disruption and Dissolution
The term disruption is used to describe an adoption process that ends after the child is placed in an adoptive home and before the adoption is legally finalized, resulting in the child's return to (or entry into) foster care or placement with new adoptive parents.
The term dissolution is used to describe an adoption that ends after it is legally finalized, resulting in the child's return to (or entry into) foster care or placement with new adoptive parents.
Child Welfare Information Gateway

27/12/2006

Au-delà des frontières : notre attachement aux enfants et aux familles

Pour aider un enfant ...

Michel Lemay, Pédopsychiatre au Centre hospitalier universitaire mère-enfant Sainte-Justine à Montréal (*) 


La vie d'un enfant ne commence pas à sa naissance mais bien avant. À partir du moment où un adulte désire un enfant et devient ainsi déjà une mère ou un père potentiel, la représentation que ce couple va se faire du bébé à venir génère celui-ci puisqu'il devient une image, se met à occuper une place avant d'exister, mobilise chez les futurs géniteurs leur propre histoire d'enfant.

 

Cet enfant du rêve, est-il un petit être qu'on veut accompagner au fil des années pour qu'il devienne un sujet «individué» ou est-il déjà un objet destiné à réparer les manques, les carences, les souffrances d'un potentiel parent en détresse? Une fois qu'il est devenu embryon puis foetus, est-il déjà inscrit comme le prolongement absolu d'un parent, est-il vu comme une possession qui doit combler le vide?

 

Tous les intervenants de la petite enfance savent que ce passage du bébé de rêve au bébé réel est déterminant. Si un bébé est peu à peu vécu comme un persécuteur auprès d'un parent confronté à la solitude, à l'absence de réseau, à la dépression éventuelle, ce parent reste hanté par l'espoir de pouvoir se réparer par son bébé qui devient en grand danger. S'il ne se constitue pas une structure cohérente d'aide, ce petit enfant risque de connaître la négligence, la maltraitance, les abandons successifs entrecoupés de reprises angoissées et agressives puisqu'il deviendra un sujet mal compris.

 

Si nous sommes éducateurs travaillant auprès d'adolescents ayant connu des placements successifs, des séries d'investissements ratés, nous savons combien ces jeunes, tout en possédant très peu d'images intériorisées d'une mère ou d'un père, ont soif de rejouer leur enfantement puis leur enfance ratée grâce à un bébé poupée dont ils voudraient tout recevoir sans pouvoir beaucoup leur donner.

 

Tout ce que nous faisons pour devenir envers eux des personnes significatives auxquelles ils puissent un peu s'attacher et, de là, tout ce que nous pourrons interpeller sur les motifs de leurs désirs d'enfants, sur la vraie place d'une maternité et d'une paternité, sur les joies et les pièges qui les guettent, sèmera déjà quelques graines susceptibles de germer. Elles aideront ces adolescents devenus parents à être plus disponibles à l'accueil de leur futur bébé.

 

La découverte de l'attachement

Cela mène à parler de l'attachement. La découverte de ce processus revient essentiellement à John Bowlby qui eut l'intuition géniale que le bébé, de la même manière que maintes créatures animales, possédait une capacité innée de se tourner dès les premières semaines de la vie vers un partenaire de son espèce afin de se protéger et d'envoyer des signaux tels que s'accrocher, sucer, se blottir, pleurer, sourire pour établir un lien.

 

Si le bébé cherche à se tourner vers des gens, il faut que ces derniers répondent adéquatement à ses signaux, à ses appels, à ses demandes puis à ses désirs pour qu'un pont puisse se bâtir entre un organisme désirant se créer et un entourage capable de fournir des matériaux permettant d'édifier une vie psychique. Cette mise en évidence des mécanismes d'attachement est certainement l'une des grandes découvertes de ces dernières décennies tout en nous confrontant à d'immenses responsabilités.

 

On connaît bien à présent ce qu'on appelle les troubles de l'attachement, qui vont des états anxieux, des comportements d'ambivalence et d'évitement aux attachements désorganisés débouchant sur les carences relationnelles, les dysharmonies d'évolution, les mouvements apparemment incohérents de petits êtres qui n'ont jamais pu combler le vide issu de leurs premières années. Ils se retrouvent dans des structures familiales profondément détériorées par des facteurs immédiats, mais surtout par l'inaptitude du parent à répondre à leurs besoins du fait de leur passé -- qui ressemble comme deux gouttes d'eau à ce qu'ils sont en train de faire vivre à leurs tout-petits.

 

Comment réparer ces parents, comment les soutenir, réanimer en eux leurs propres capacités d'attachement? C'est le défi que nous, intervenants, avons sans cesse à relever. Il n'est «relevable» que si des structures d'aide à la petite enfance et à la parentalité s'installent de manière stable et cohérente en s'appuyant autant sur des rencontres à domicile, des lieux d'accueil et des ateliers éducatifs parents-enfants que sur des structures d'appoint visant le soutien, l'offre de modèles éducatifs, mais aussi des rencontres à valeur d'apports affectifs substitutifs.

 

Les processus d'attachement ne sont pas en effet réservés à la petite enfance. Ils sont des phénomènes permanents se déroulant durant toute l'existence. On peut donc, dans de nombreux cas, réanimer des potentialités parentales en mettant en place des réseaux d'aide, y compris en envisageant des parentalités partielles tandis que l'enfant séjourne également en famille d'accueil.

 

On sait aussi qu'un trop long acharnement thérapeutique, une trop grande vision utopique des intervenants peuvent prolonger de manière catastrophique des situations pathogènes en désorganisant la personnalité émergente de l'enfant. Il faut donc se donner des balises tant pour l'évaluation des aptitudes parentales que pour la durée, la qualité et l'intensité des interventions. Il faut oser se poser la question redoutable d'un retrait et ceci exige que chacun exerce ses responsabilités au bon moment, puisse s'appuyer sur les collègues d'autres disciplines, ne s'engage pas dans des positions dogmatiques du genre «il faut à tout prix sauvegarder les liens de sang» ou «il faut à tout prix briser les transmissions intergénérationnelles en plaçant le plus vite possible».

 

C'est ici sans doute que la définition de la place de chacun, les limites respectives des actions, la complémentarité des interventions deviennent non seulement des souhaits, mais des obligations éthiques.

 

La part du cerveau

Toute l'évolution d'un être humain n'est donc pas seulement liée à son environnement. Il y a une formidable organisation progressive d'un cerveau dont les circuits neuronaux peuvent être déréglés par des facteurs génétiques, pré, péri et postnatals, mais aussi environnementaux. Ces circuits sont en effet littéralement sculptés par les stimulations, les informations, les stress et les joies offerts par le monde extérieur et créés par ses propres évocations.

 

Le cerveau fabrique des représentations, mais il les reprend, les module, les censure, les transforme au point que nous nous construisons certes en fonction de ce que la réalité nous apporte, mais aussi à partir des représentations que nous nous faisons de cette réalité. Les distorsions, les élaborations d'images nous entraînent dans un univers cognitif et affectif à propos duquel nous avons à nous situer sans jamais trop savoir la part des événements concrets et celle de nos rêveries, de la chimie de nos neurotransmetteurs, et la part des éléments culturels dans ce que nous devenons.

 

Quelles sont nos complémentarités, nos limites, par rapport à cet amalgame d'éléments pouvant déclencher les déboires, les aléas des enfants et adolescents qui nous sont confiés?

 

Il y eut un temps naïf où nous pensions qu'une seule théorie pouvait à la fois nous apprendre ce qu'était un être humain et ce que nous pouvions faire pour l'aider. Tout gourou qui prétend que sa théorie peut offrir une synthèse des processus fondateurs de notre personnalité, et de là un type isolé d'intervention miracle permettant de rectifier les aléas éventuels, est peut-être intéressant dans certaines de ses idées, mais il se ment à lui-même et à nous-mêmes en formulant une telle espérance.

 

De la même manière, si nous pouvons espérer avoir une vision relativement synthétique des mécanismes adaptatifs qui sont à notre disposition, nous sommes incapables de manier correctement les différents moyens qui sont à notre disposition. Il en résulte la nécessité de reconnaître les bienfaits des approches interdisciplinaires.

 

L'enfant-objet

Nous avons à nous définir dans nos spécificités en fonction d'objectifs dépendant de la personnalité du sujet accompagné, de ses forces, de ses faiblesses, en fonction du réseau sociofamilial dans lequel il est inséré, en raison de nos tâches qui peuvent cibler le langage, la motricité, les représentations intérieures, les comportements adaptatifs ou toute autre situation.

 

Cette «centration» sur un aspect ne me gêne pas si elle comprend le rôle de chacun et si elle reste hantée par l'idée de construire un tissu d'accueil qui touche tous les besoins d'un être humain. Je la trouve dangereuse si elle oublie cette vision globale et, prenant comme un dogme l'application de tel modèle qui renie les autres, elle kidnappe l'enfant en le transformant en un objet dont il faut façonner les comportements, les pensées et les désirs au nom de l'effacement de tel symptôme ou, ce qui est pire, au nom d'une vision préconçue de ce qu'il doit être. Nous sommes alors, et souvent à notre insu, dans une violence psychologique qui frise l'abus.

 

En 50 années de psychiatrie, je pense que nous devons accumuler nos connaissances, les vérifier quand cela est possible, les élaguer, oser les remettre en cause tout en gardant les acquisitions qui semblent des pas en avant, conserver comme un trésor les fils qui paraissent solides, bâtir des réseaux d'interventions en sachant que chacune d'entre elles a ses indications et contre-indications, ses richesses et ses limites.

 

Seuls nous ne pouvons rien faire. Nous sommes seulement des médiateurs, c'est-à-dire des sujets qui, par nos professions, sommes placés entre l'être en souffrance et son environnement que vous, collectivités de vie, vous constituez. Si vous ne vous engagez pas au sein de chaque famille, au sein de chaque école, au sein de chaque quartier, au sein de chaque région pour accueillir ces sujets démunis qui vous heurtent, les drames non seulement continueront, mais progresseront.

 

* Extraits d'une allocution prononcée cet automne par l'auteur dans le cadre du congrès international «Au-delà des frontières: notre attachement aux enfants et aux familles», qui se tenait à Montréal.
Le texte intégral est disponible sur le site Internet de l'Association des centres jeunesse du Québec .

08:00 Écrit par collectif a & a dans Troubles DSM-IV | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Québec, Michel Lemay, pédopsychiatre | |  del.icio.us