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08/01/2006

Suicide, psychiatric illness, and social maladjustment in intercountry adoptees in Sweden: a cohort study. Dr Anders Hjern.

L' expérience scandinave.

En matière d’adoption internationale, les pays scandinaves ont des politiques progressistes avec un bon 15 ou 20 ans d’avance sur les autres pays occidentaux. Forts de ce recul que d’autres n’ont pas encore, la Suède ainsi que ses voisins norvégiens et danois ont réalisé de nombreuses études sur le développement des enfants adoptés. Leurs préoccupations ne sont pas que des projections théoriques que certains parents adoptants et organismes d’adoption aimeraient mieux voir reléguer à de pures lubies de médecins ou de travailleurs sociaux. La Scandinavie vit au quotidien les immenses victoires et joies de l’adoption internationale, mais aussi le revers de la médaille : la surreprésentation, par rapport au reste de la population du même âge ou de la même classe sociale, des adolescents et des adultes adoptés dans les services judiciaires, psychiatriques, de réhabilitation en toxicomanies ainsi que dans les morgues-oui, oui, les morgues.

À cet effet, voici la synthèse d’une toute récente étude, menée par le Dr Anders Hjern et son équipe du Centre d’épidémiologie du Conseil national Suédois de la santé et du Bien-être à Stockholm et publiée dans la revue médicale « The Lancet » du 10 août 2002 intitulée « Suicide, maladie mentale et difficultés d’ajustement social chez les adoptés à l’international en Suède : une étude exhaustive ». Le Dr Hjern et son équipe ont analysé de façon systématique tous les dossiers sociaux, médicaux et judiciaires de 8700 enfants adoptés en Asie et de 2620 enfants adoptés en Amérique latine dont les dates de naissance se situaient entre 1971 et 1979. De ce groupe de 11 320 personnes maintenant devenues adultes, 74 % avaient été adoptés à entre l’âge de 0 et 12 mois ; 16 % entre 1 et 3 ans ; 9 % entre 4 et 6 ans. Ils ont été comparés non seulement à 853, 419 adultes nés en Suède dans les mêmes années et vivant dans les mêmes milieux socio-économiques, mais aussi à un échantillon important d’immigrants du même âge.

Les conclusions sont les suivantes : la majorité se compare favorablement à leurs vis à vis suédois de naissance dans leur fonctionnement émotif et social. Mais un adulte ayant été adopté enfant à l’étranger présente un facteur de risque beaucoup plus élevé de problèmes psychologiques divers qu’une population comparable non adoptée. . Et ceux qui ne vont pas bien, ne vont vraiment pas bien.

- Un adulte ou un adolescent adopté à l’internationale sera 2 à 3 fois plus à risque d’avoir commis des crimes nécessitant un processus judiciaire que ses compatriotes non adoptés
- Un adulte ou un adolescent adopté à l’internationale sera 2 à 3 fois plus à risque d’avoir abusé de l’alcool que ses compatriotes non adoptés
- Un adulte ou un adolescent adopté à l’internationale sera de 5 fois plus à risque d’avoir eu des problèmes de consommations de drogues que ses compatriotes non adoptés
- Un adulte ou un adolescent adopté à l’internationale sera 3 à 4 fois plus à risque d’avoir été admis en psychiatrie pour tentative de suicide et autres problèmes de santé mentale graves que ses compatriotes non adoptés

Le Dr Hjern ne se contente pas d’énoncer platement ces chiffres, il se permet aussi de faire des recommandations précises suite à ces données. Parmi celles-ci, il invite les organismes ou œuvres d’adoption à informer honnêtement les postulants à l’adoption de la réalité des risques et des besoins particuliers des enfants qu’ils souhaitent adopter à l’étranger. Il fait également le souhait que les pouvoirs publics aient une politique claire pour que les enfants adoptés et leurs familles puissent avoir des accès faciles et rapides à tous les services diagnostiques, contrairement à ce qui se produit généralement, la capacité de prise en charge des parents adoptants étant souvent sur estimée par rapport à d’autres populations traditionnellement évaluées « plus à risque ». Dr Hjern recommande aussi que les enfants, les adolescents et les adultes adoptés à l’étranger reçoivent une côte de haute priorité lorsqu’ils font appel à des services sociaux ou des services psychiatriques. Pour finir, il en appelle à d’autres études pour élaborer la mise au point de méthodes d’interventions précoces durant la petite et la moyenne enfance afin de prévenir que de telles statistiques ne se perpétuent.

Malgré ce constat d’humilité, ces amis scandinaves ne remettent absolument pas en question la pertinence de l’adoption internationale. L’arrivée d’un enfant par adoption internationale est pour la Suède un apport social et démographique si positif et nécessaire que les parents y reçoivent l’équivalent d’environ $15 000.00 Canadiens, un peu plus de 10 000 euros, et ce, directement du gouvernement, pour payer la majeure partie de leur adoption ! Qui dit mieux ?

Auteur : Johanne Lemieux, travailleuse sociale
Bureau de consultation en adoption de Québec, Ste-Foy, Québec, Canada

Source : http://www.meanomadis.com

 

20:25 Écrit par collectif a & a dans Etude - Recherche | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Suède, Anders Hjern, Johanne Lemieux | |  del.icio.us

04/12/2005

Enfants adoptés, l'envers du décor

La première enquête française sur les ratés de l'adoption.

Environ 15 % des enfants adoptés sont placés dans les foyers de l'ASE ou en hôpital psychiatrique. Lorsqu'en septembre 2004 la Direction générale à l'action sociale (DGAS) et le Ministère de la Santé se sont décidés à "quantifier" les échecs de l'adoption, ils n'imaginaient pas un tel résultat. "Nous misions sur un
taux d'échec inférieur à 5 %"
, admet-on à la DGAS. La psychosociologue Catherine Sellenet chargée de cette enquête inédite, ne rendra ses conclusions définitives qu'à la fin de l'année 2005, mais elle est déjà "étonnée par l'ampleur des troubles constatés. Pour la plupart, ces enfants rendus ont été maltraités avant leur
adoption. Le pays d'origine et l'âge entrent peu en ligne de compte."

Elle souligne par ailleurs la nécessité de créer des structures pour les familles adoptives en difficulté, et de sensibiliser les professionnels de l'enfance à "la spécificité des enfants adoptés" et au "sujet encore tabou des risques de l'adoption".
Un état des lieux qui refroidira sans doute les ardeurs d'un gouvernement soucieux de "libérer le désir d'enfant", de ne pas laisser des familles "sur le carreau" - 23 000 en attente - et de doubler le nombre d'adoptions d'ici à 2006 - 5 000 actuellement chaque année, dont 4000 à l'étranger...

Le chiffre qui dérange : selon une étude inédite du Ministère de la Santé (France) , que le magazine La Vie s'est procurée en exclusivité, 15 % des enfants adoptés finissent par être replacés en institution. Les échecs de l'adoption sont plus nombreux qu'on ne le croit.

Ils adoptèrent, furent heureux et aimèrent beaucoup l'enfant. Dans l'imaginaire collectif, l'adoption a tout du conte de fées où l'amour triomphe de la misère, aussitôt achevé le parcours d'agrément. Les résultats partiels d'une étude inédite, commandée par la Direction générale de l'action sociale (DGAS) et le Ministère de la Santé, viennent assombrir l'idyllique tableau : 10 à 20 % des enfants adoptés - selon les départements - sont placés dans les foyers des Aides sociales à l'enfance (ASE), voire, momentanément, en hôpital psychiatrique . Des "cas explosifs" où la "greffe" ne prend pas entre adoptants et adoptés. "Tous les enfants ne sont pas adoptables, et toutes les familles ne sont pas capables d'adopter", résume la psychosociologue et auteur de l'enquête. Un constat politiquement incorrect au regard du si respecté "désir d'enfant". Un constat prévisible au vu des indices qui ne manquaient pas. Malheureusement on n'a pas voulu regarder les travaux à l'étranger, d'après lesquels 30% des enfants adoptés présentent des troubles du comportement. On a feint de ne pas voir la "surreprésentation" de ces traumatisés (environ 15 % des patients) dans les services de psychiatrie et médico-psychopédagogiques de l'Hexagone. On n'a pas souhaité entendre la parole de ceux qui, la culpabilité chevillée au corps, expriment parfois leur désamour : "Mes vrais parents ceux-là sont juste adoptifs." "Je n'étais pas préparée à venir en France et ne souhaitais pas d'autres parents." "On m'a volé mon histoire, mais retourner dans mon pays n'y changerait rien. J'y serais étranger."

L'enfant adopté n'est pas un enfant ordinaire. Il doit composer avec "un traumatisme de l'abandon qui le fragilise, et avec un passé souvent méconnu qui parasite sa vie, analyse la pédopsychiatre et psychanalyste Fanny Cohen-Herlem. Il y a des enfants tellement carencés affectivement qu'ils ont développé des mécanismes de survie les empêchant de s'attacher. Leur histoire et celle de la famille adoptive sont alors incompatibles."

Ancienne responsable des adoptions à Médecins du monde, Fanny Cohen-Herlem propose des consultations spécialisées à l'Arbre vert (1), la seule véritable structure de prise en charge des adoptants en détresse.
Mis sur pied en 2001, ce centre reçoit 60 nouvelles familles chaque année : "Les parents sortent de l'omerta. Nous leur expliquons qu'ils ne sont pas coupables mais qu'il est impératif de relever la tête pour sécuriser l'enfant et l'aider à assumer son traumatisme." Pour papa-maman, c'est la fin du mirage, de l'illusion selon laquelle l'amour cicatrise toutes les blessures. Le gamin reste hanté par ses vieux démons.
Difficile de croire au paradis familial lorsqu'on a été nourri pendant des semaines à travers les barreaux d'un lit-cage, sans jamais avoir croisé une expression de tendresse. Persuadé qu'il n'est pas aimable et ne saura aimer, incapable ou craignant de s'attacher, l'enfant cherche à rompre le lien ténu de l'adoption.
Soit par une simple mais profonde indifférence ; soit par des vols, addictions et violences.

À l'association d'adoptants Pétales France, créée en 2002 et forte de 300 adhérents, Laurence (2) participe chaque mois aux Grep, les groupes de rencontre entre parents. Le public est averti : près de la moitié des membres de l'association ont confié leur enfant tourmenté à une institution, médicalisée ou non. Aucun risque ici d'entendre le traditionnel et guère thérapeutique "vous aimez mal"... Tous s'entraident sans a priori. Chacun se raconte sans honte. Sous les regards solidaires, Laurence évoque le placement, il y a trois ans, de sa fille adoptive de 10 ans en institut médico-éducatif. Elle se remémore le déchirement de la séparation, puis convient qu'il lui fallait préserver son couple et son fils, adopté lui aussi, de la violence quotidienne d'une préadolescente déchaînée. "On sort de ces rencontres soulagés, remplis de cette énergie positive et rassurante que réclament nos petits, commente Laurence. C'est libérateur de comprendre que nous ne sommes pas directement à l'origine de leur mal-être." Des enfants dont le non-initié mesure mal la fureur: "Je finissais par avoir peur de ma propre fille, poursuit Laurence. Le matin, je ne faisais pas de bruit : une heure de sommeil en plus, une heure d'insultes en moins..." Bébé, Elsa détourne le regard, refuse d'être embrassée et ne se laisse pas laver. À sept ans, elle détruit sa chambre, explose son lit et menace d'éventrer la maison. Elle tape Laurence en hurlant: "Les papiers sont faux. Tu m'as volée. Ma maman est venue cette nuit pour me dire de ne pas t'aimer." Adoptée à quatre ans dans un orphelinat d'Éthiopie où elle avait été mal nourrie et maltraitée, Elsa submerge sa nouvelle mère d'un flot de haine : "Quand je te vois, il faut que je te fasse du mal", lui répète - telle. "Son passé l'obsède et elle pense qu'on lui ment lorsqu'on lui dit "je t'aime", se désole Laurence. Alors, évidemment, en la plaçant, on lui donne un peu raison... On lui fait du mal... Mais nous la voyons chez le juge, nous assistons aux rencontres avec les professeurs... Nous restons ses parents."
Et tous les matins depuis trois ans, comme si elle était là, Laurence ouvre les volets de la chambre d'Elsa.

D'autres enfants, une soixantaine par an, n'ont même pas le temps d'être adoptés. Ils sont "rendus" avant. Estelle a habité une année seulement chez Cathy et Serge. Elle avait 10 ans lorsque, déjà parents adoptifs d'une angélique petite Péruvienne, ils l'ont découverte au Chili. Bouleversé par cette enfant des rues errant en guenilles aux côtés de mendiants, le couple la ramène en France.
"Nous pensions qu'il suffisait de l'aimer pour l'aider. Nous imaginions qu'avec de la générosité on sauve le monde. Quelle naïveté!", reconnaît Cathy. Estelle avait appris à se débrouiller seule et à ne faire confiance qu'à elle-même. "Je vais passer quinze jours de vacances avec vous, et je repars chez moi", lançait-elle aussitôt installée dans l'avion. "Elle n'était pas prête à partir. Son passé pesait trop lourd, regrette Cathy. Quant à moi, j'étais incapable de faire face. Cette grande fille qui devait récupérer dix ans d'amour, mais me repoussait à chaque tentative... " Cathy n'a pas caché son désarroi. La Ddass a repris l'enfant pour la placer dans une famille d'accueil où la galère s'est poursuivie. Dix ans plus tard, Estelle est partie au Chili à la recherche de sa mère biologique. Déçue mais apaisée par ces retrouvailles, elle est rentrée en France, puis a contacté Cathy, dont elle a dissipé les remords : "Je n'étais pas adoptable. J'avais trop de comptes à régler", lui a-t-elle dit. L'année suivante, Cathy était témoin d'Estelle à son mariage ; Serge accompagnait "sa fille" à l'autel...

Jamais "rendu", jamais placé, jamais violent, Franck n'apparaîtra pas dans l'étude de la DGAS. Né il y a vingt-quatre ans, adopté à quinze mois, cet ouvrier du bâtiment est pourtant à la dérive : "Mon adoption, c'est une adoption à sens unique. Je n'ai rien demandé. On m'a déraciné. J'ai l'impression d'être E.T. ici. On me dit: « C'est comme si c'était tes parents, c'est comme si tu étais français. » Mais on ne se construit pas sur des comme si ! Dans la bouche du jeune homme, chaque mot pèse son poids de souffrances, chaque phrase est lourde de sens : "Avant mon adoption, il a dû m'arriver quelque chose. Je n'ai jamais supporté que mes parents adoptifs me touchent. J'ai de l'affection pour eux, mais pas d'amour." Il y a peu de chance que Franck puisse un jour éclaircir son passé : l'orphelinat du nord de Bombay (Inde) où il a été adopté est aujourd'hui fermé. Il est néanmoins convaincu de ne pas avoir été désiré, certain d'être condamné au pire. "Ma mère a accouché, mais elle n'a pas donné la vie. J'ai l'impression de ne pas exister et de ne pas être aimable... Je refuse l'amour des autres, parents ou petites amies. Je redoute la trahison ... l'abandon." Franck se raccroche à l'association d'aide aux enfants adoptés qu'il veut fonder pour faire comprendre aux services d'adoption "qu'un bébé de quinze mois a un vécu dont ils doivent tenir compte".
Des convictions qui n'empêchent pas Franck, par intermittence, de croire à des lendemains moins sombres : "Peut-être que les parents adoptifs aussi donnent la vie ?" Toutes ces questions, Hervé, 36 ans, père de deux enfants, se les est longtemps posées. "Je les ai d'abord refoulées. Je pensais : 'Vous pouvez me disputer, vous n'êtes pas mes vrais parents.' Mais je me taisais, je craignais qu'ils me rejettent. J'ai ainsi construit deux histoires en parallèle. Et au collège, tout a explosé." Fugues, acide et colle, échec scolaire. L'adolescent, né au Zaïre d'un Haïtien et d'une Belge, adopté à dix-huit mois, "teste" ses nouveaux parents, obligés d'aller le récupérer dans les rues où il mendie et les squats où il couche. "S'ils m'avaient lâché, cela aurait confirmé mes doutes. Heureusement, ils n'ont pas démissionné. Ils m'ont rassuré en me prouvant que, quelle que soit mon attitude, ils restaient mes parents." Hervé va par la suite se libérer du "fantasme biologique".
Il rêvait d'une mère africaine miséreuse violée par un soldat européen ; il découvre une femme issue de la grande bourgeoisie belge, sacrifiant son nourrisson à l'honneur familial. En bref, il aura fallu vingt-huit ans à Hervé pour se dégager de ses chimères... "L'adoption ne va pas de soi. L'amour n'est pas un dû. C'est avec le temps et les épreuves qu'on a une chance de s'apprivoiser. Lentement, la reconnaissance a cédé la place à l'amour, et j'ai compris que le lien de sang n'était pas forcément le lien suprême. Maintenant, je peux l'affirmer : j'ai adopté mes parents". Il n'y aurait donc pas d'adoption réussie sans choix. Un choix réciproque, où chacun s'efforce d'accepter l'histoire de l'autre, son deuil ou sa joie.
Adopter ne vient-il pas du latin optare qui signifie choisir ?


(1) L’ Arbre vert, centre social Caf, 4, rue d'Annam,
75020 Paris. Tél. : 01 47 97 8919.

(2) Les prénoms ont été modifiés.

Source : Québec Adoption


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01/12/2005

Rapport sur le développement des enfants élevés par des couples de personnes de même sexe.

Ce n'est pas pareil.

Un rapport sur les études psychologiques qui met en évidence leur manque de rigueur scientifique. Ce rapport cite également d’autres études qui montrent que des enfants élevés par des couples homosexuels ont davantage de problèmes psychologiques que les enfants élevés par les couples hétérosexuels.

Référence : http://www.hazteoir.org/documentos/noesigual3.pdf
Traduction : rapport_hazteoir.2.pdf

 

16:55 Écrit par collectif a & a dans Etude - Recherche | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : homoparentalité, adoption | |  del.icio.us